THEA — 1752 — T11LB
nés, remporta le prix de la lyre aux jeux pythiques ; mais ayant osé défier les Muses, il fut vaincu par elles , et fut en punition frappé de cécité ; il laissa tomber sa lyre dans le fleuve Balyra en Messénie. On lui attribuait l’invention du mode dorien. ainsi que plus, poèmes, a uj. perdus. — Voy. thomyrîs.
THANÉ, nom donné par les Anglo-Saxons au chef d’une bande ou d’un canton. Après l’établissement des Anglo-Saxons dans la Grande-Bretagne , ce nom fut donné à tout vassal immédiat de la couronne : le thane était au-dessus de Vearl ou comte. V. leudes.
THANET (île), île d’Angleterre (Kent), formée par l’embouchure de la Tamise et les deux bras de la Stour : 16 kil. sur 12; 20.060 hab Commerce avec Londres. Cette île fut cédée en 449 aux Saxons par les Bretons, lorsqu’ils appelèrent ceux-ci à leur secours contre les Pietés. Bientôt ils voulurent les en chasser, et y furent battus en 463.
THANLAOUADDY, riv. d’Asie. Voy. kiayn-deayn.
THANN, v.de France, ch -l.decant.(Haut-Hhin), à 33 kil. N. E. de Béfort, sur laThur, dans une valléequi se lie à celle de St-Amarin; 5,086 h. Belle église, surmontée d’une jolie tour, quia i00““de haut; collège. Près de là, ruines du château d’Engelbourg, Amidon, poudre, produits chimiques. Filatures de coton, toiles peintes, machines à hier et à tisser ; entrepôt des salines de l'Est. Aux environs, bons vins. — Fondée au xii* siècle et comprise dans le Sundgau ; prise par les Suédois en 1632. — A l’E. de Thann est le village dit Vieux-Thann ; 600 hab.
THAPSAQUE, Thapsacus , auj. Dèir , antique et célèbre ville de la Palmyrène, sur la rive droite de l'Euphrate, à 10. de Circesium. C’était la dernière ville de l’empire de Salomon du côté du N. E. Alexandre traversa l’Euphrate à Thapsaque.
THAPSE, Thapsus , auj. Dcmsas , ville d'Afrique, en Byzacène, à F Fl., célèbre par la victoire décisive que César y remporta sur Melellus Scip-, Pétréius et Juba , victoire qui anéantit en Afrique le parti de Pompée, en 46 av. J.-C.
THABGELIES, fêtes athéniennes en l’honneur du Soleil et des Heures, se célébraient le 6 et le 7 du mois deThargélior (juillet) : on y sacrifiait, diton, 2 victimes humaines, un homme et une femme.
THASO (île), Æthria, Chrysa, Thasos des anciens, lie de la Turquie d’Flurope (eyalet de3 îles), sur la côte de la Boumélie : 28 kil. sur 20. Ch.-l., Volgaro (600 h.). Mont., sol fertile, boisdeconstrm lion. Jadis beau marbre et mines d’or. Patrie de Polygnote.
THAU (étang de), dans le dép. de l’Hérault, s’étend le long des côtes de la Méditerranée depuis Agde jusqu’aux limites du dép. du Gard, sur une ongueur de 66 kil. 11 n'est séparé de la mer que par une langue de terre fort étroite, et sur laquelle est flâtie Cette. Sur ses bords sont les villes de FYon- Jgnan, Maguelonne, Pérols, Mauguio, Balaruc, dont i prend les noms dans la partie qui les avoisine. Le canal de Celte le fait communiquer avec la mer.
THAUMANT1AS, surnom d’iris, tiré de son père fhaumas. fils de l’Océan et de la Terre.
THFiAKI. Voy. ithaoue.
THÉANO, fille de Cissée, et femme d’Anténor, grande-prêtresse de Minerve à Troie , livra le Palladium aux Grecs. — Fille de Pythagore, était habile dans la philosophie. Son père en mourant lui confia ses manuscrits ; Théano, malgré sa pauvreté, lie consentit jamais à les vendre.
THÊAT1NS, congrégation de Clercs re'guJersètdLblie en 1524 à Borne par S. Gaétan de Tiene et J .-P. Carafta,évêq. deCliieli (en lat. Teateou Theate), depuis pape sous le nom de Paul lV.Ceprélaten futle 1er supérieur, et comme on l’appelait Évêque théatin, le nom de Théatins fut don né à tous ses religieux. Le but de l'institution était de réformer les mœurs du ciergé en faisant revivre la vie apostolique. Les Clercs régulitrs ont tous les devoirs de moines et de urètres. .Iis
rivent sans fonds, sans revenus, s’interdisant même la quête et comptantuniquem. surlesaumônes.lls prêchent., visitent les malades, assistent les condamnés. Ils se signalèrent aussi parleur zèle contre les hérétiques et dans les missions étrangères. — Cet ordre avait uneseule maison en Fr ance (àParis, quai Malaquais).
THËALLON (A.), auteur dramatique, 1787-1841, a composé seul ou en société plus de 260 pièces de divers genres, qui ont été jouées sur presque tous les théâtres de Paris, et qui brillent par l’esprit et la gaieté. Les principales sont : le Petit Chaperon rouge , la Clochette , opéras ; V Indiscret , comédie en 5 actes et en vers; le Bénéficiaire, le Chiffonnier, etc.
THEBAIDE, Tliebuïca regio , auj. le Saïd et partie S. du Ouestanieh, région de l’Egypte mérid. dans laquelle on comprend, tantôt seulement les 7 nomes de l’Egypte supérieure (Tentyra , Coptos, Thèbcs, Hermonthis, Latopolis, Apollinopolis-la-Grande, Ornbos), tantôt, outre ces 7 nomes, les 8 qui forment la partie S. de l’Egypte moyenne (Diospolis-la-Petite, Abydos, This, Chemmis , Aphroditopolis, Antæopolis, Hypselis , Lycopolis) , ainsi que la Grande- Oasis, qui sous les Bomains fut aussi un nome; total 16 nomes. Cette partie de l’Flgypte fut la première habitée et civilisée. C’est dans la Thébaïde qu’ont résidé les rois des plus anciennes dynasties des rois d’Egypte. {Voy. egyi te). La Thébaïde était fameuse par les déserts qui à l’È. et à 10. environnaient sa partie habitée; c’est dans ces déserts que vécurent les premiers ermites et anachorètes chrétiens.
THEBËENNE ou THËBAINE (légion), légion romaine toute composée de chrétiens, et commandée par saint Maurice, se laissa massacrer plutôt que de sacrifier aux idoles; cet événement se passa sous Dioclétien, à Octodurus (Martigny) en Helvétie. On ne sait si cette légion prend son nom de la Thèbes d’Egypte ou de celle de Grèce. Voy . Maurice.
THEBES , Tpè en vieil égyptien , la Theba hecalompylos (ou aux cent portes) des Grecs et des Latins, ville de l’Egypte supérieure, qui prit d’elle le nom de Thébaïde , sur les deux rives du Nil, par 30° 26’ long. Ë. , 26° 40’ lat. N., fut fondée à une époque très reculée, mais inconnue. Elle fut pendant un temps comprise dans le roy. de This, puis devint elle-même la capitale d’un état qui embrassa, tantôt une forte partie de l’Egypte, tantôt l’Egypte entière (sous la 18* dynastie); mais bientôt (au plus tard sous la 21* dynastie) les monarques d’Egypte quittèrent Thèbes pourMi mphis, qui prit alors le rang de capitale de l’Egypte. Thèbes n’en resta pas moins une ville fort importante. Sa vaste enceinte, fermée par 100 portes, sa situation sur le Nil, et non loin de l’Ethiopie dont elle avait ainsi le commerce, ses superbes monuments, la sainteté qu’on lui attribuait, la maintinrent pour longtemps encore au rang de lr« ville de l’Egypte supérieure. Elle fut prise par Cambyse , livrée au pillage par Ptolémée Lathyre , contre qui elle s’élait révoltée; presque entièrement détruite par Cornélius Gallus ouverneur de l'Egypte sous Auguste, 28 ans av. .-C., et tomba enfin sous la domination des Arabes, sous laquelle elle dépérit de jour en jour. 11 n’en reste auj. que des ruines qui couvrent une surface immense; de ses débris se sont formés cinq villages : Med-Amoud, Karnak, Louqsor, à la droite du Nil, Medinet-Abou, Gournou, à la gauche. Parmi ces ruines on distingue surtout: 1° à gauche du Nil , le gigantesque palais de Ramsès Méiamoun^ le Memnomurn (où se voient deux colosses, dont un fut la statue harmonieuse de Memnon), le tombeau d Osymandias, le petit temple d’Athor, la grande Syringe avec de longues galeries souterraines; 2° à droite du Nil le palais d’Aménophis-Memnon (Aménothph III), l’allée des 600 sphinx, longue de plug de 2,000 mètres, le palais de Karnak, le plus grandiose des monuments qu’offre Thèbes, Les obélisque».
THÉJI — 1753 — THÉO
les colonnes, les statues abondent dans ces ruines, qui ont enrichi le Musée égyptien (du Louvre). A l’ouest de Medinet-Abou se voient les tombeaux des rois des 18*, 19* et 20* dynasties. Voy. this et Égypte.
thèbes, Thebce, auj. Tiva, ville de la Grèce ancienne, dans la Béotie, vers l’E. sur l'ismène, fondée vers 1580 av. J. -G., par Cadmus, qui bâtit la citadelle appelée Cadmée , puisagrandie par Zétbus et Amphion (1457) , forma un royaume jusqu’en 1 126, adopta ensuite !a forme républicaine, et fut longtemps la cité dominante de la fédération béotienne. Elle fut surprise en 382 par les Lacédémoniens, mais recouvra son indépendance en 379, lorsque Télopidas eut chassé la garnison lacédémonienne, entra dès lors en lutte avec Sparte, et joua quelque temps le premier rôle en Grèce, grâce au génie d’Épaminondas ; maissapuissancedéclina dès la mort de ce grand homme (303). Thèbes engagea ensuite la Guerre Sacrée et appela en Grèce Philippe, qui peu après ne tarda point à dominer dans tout le pays. S'étant révoltée contre Alexandre, elle fut bientôt prise et détruite par le conquérant, qui ne respecta que la maison de Pindare. Thèbes se releva ensuite, mais elle ne recouvra jamais sa grandeur. — Thèbes joue un grand rôle dans l'histoire fabuleuse des Grecs; c’est là que régnèrent Labdacus, Laïus , OEdipe , et les deux frères ennemis Étéocle et Polynice; c’est contre Tbcbes qu’eurent lieu les guerres des Sep t-Chefs (1313 on 1207 av. J.-C. ?) et des épigones (1303 ou 1 1*97 ?). Patrie d’Amphion et Pindare.
THECLE (Ste), vierge d Isaurie, convertie par S. Paul, échappa miraculeusem.au supplice. F. le 23 se'oL
THEIL (le), ch.-l. de cant. (Orne), sur l’Huisne, à 36 kil. de Mortagnc ; 870 hab.
THE1SS, Tiiza en hongrois, Tibiscus, Palhyssus ou Parlhiscus en latin, riv. de Hongrie, sort des monts Carpathes dans le comitat de Marmarosch , arrose les comitats de Ugoes , Szathmar , Beregh, Szabolcs, Unghvar , Zemplin , Borsod , Hevesch , Pesth, Csongrad , Csanad et Bacs, l'Esclavonie militaire et le Banat, baigne les villes de Szigeth, Szolnok, Csongrad , Szegedin , etc. , et se jette dans le Danube, à 32 kil. S. E. de Petervaradin, après un cours d’environ 1,000 kil. Affluents: le Bodrog, le Sajœ, le Szamos, le Kœrœs, le Maros. — La Theiss donne son nom à 2 des quatre grandes divisions de (a Hongrie ; le Cercle au delà de la Theiss , au S. E., qui comprend 12 comilats , et le Cercle en deçà de la Theiss , au N. O. qui en renferme 10.
THELAV1, ville de Russie. Voy. télavi.
THÈME, division territoriale de l empire d’Orient, qui, au vne siècle, fut substituée aux divisions en diocèses et provinces: on nommait ainsi un gouvernement gardé par une légion. T. orient (Emp.d’).
THEMIS, c.-à-d. la Justice, déesse de la Justice chez les Grecs, fille d’Uranus ou de Titan, et nourrice d’Apollon , posséda la première le temple de Delphes, et y rendit des oracles. On la représente un <daive d’une main et une balance de l autre.
° THEM1SCYRE, Themiscyra , auj. Thermeh , ville du Pont occidental, sur les bords du Thermodon, près de son embouchure, était célèbre dans la fable comme résidence principale des Amazones.
THEMISON, célèbre médecin grec, de Laodicée, disciple d’Asclépiade , fonda ou restaura la secte des Méthodiques, opposée à celle des Empiriques. 11 vivait du temps d’Auguste.
THÉMIST1US, dit Eupkrad'es , c.-à-d. le beau parleur, rhéteur et sophiste grec, né en Paphlagonie, vers 317, embrassa la philosophie péripatéticienne, parcourut diverses villes d’Orient , où il fit briller son éloquence, se fixa à Constantinople , devint sénateur (366), jouit d’un grand crédit à la cour sous tept princes différents, depuis Constance jusqu’à Théodose, surtout sous Julien, fut nomme préfet de Constant inople en 384, et, quoique païen, sut obte¬
nir l’estime des Chrétiens par la pureté de sa morale et par sa tolérance. 11 mourut au plus tard sous Arcadius. On a de Thémistius 33 Discours , et des paraphrases sur divers ouvrages d’Aristote (la Physique, le traité de l’Ame, les Dernières analytiques t les livres de la Mémoire , du Sommeil, de Sa Veille).
11 avait laissé, dit-on, des Commentaires sur toutes les œuvres d’Aristote , et beaucoup de Lettres. L’édition la plus complète qu’on ait de ses Œuvres est celle de Hardouin, Paris, 1 684,in-f. Un nouv. discours a été publié par Ang. Mai, Milan, 1816, in-8. G. Dindorfa édité à part tous les Discours, en grec, Leips., 1832, in-8. Plus, ouvrages de Th. sont encore inédits.
THEM1STO, fut épousée par Athamas, roi de Thèbes, après que ce prince eut répudié Ino ; elle en eut deux fils. Jalouse dlrio, elle voulut faire périr les enfants que celte lr* femme avait eus d’Athamas, Léarque et Mélicerte; mais par la ruse d’Ino, elle massacra ses propres (ils : elle se tua de désespoir.
THEMISTOCLE, Themistocles , illustre Athénien, né vers 636 av. J.-C., était d’obscure naissance. Il se signala de bonne heure par son courage et eut part à la bataille de Marathon où commandait Miltiade (490). Depuis, il répétait souvent que les trophées de Miltiade l’empêchaient de dormir. Prévoyant la 2* guerre médique , il détermina par ses conseils les Athéniens à se créer une formidable marine , et quand Xerxès envahit la Grèce, en 480 av. J.-C., il fut mis à la tête des forces athéniennes. Il fit comprendre à ses concitoyens la nécessité d’évacuer Athènes et de se réfugier sur leurs vaisseaux, montra un calme admirable dans ses discussions avec le général en chef des Grecs, Eurybiade de Sparte, en lui disant ce mot célèbre : « Frappe, maisécoute ! » et enfin porta un coup mortel à la flotte des Perses par la victoire navale de Salamine, 480 av. J.-C. 11 releva ensuite les murs d’Athènes et fortifia le Pirée malgré l’opposition de Sparte, accrut la puissance maritime de sa patrie, fit tousses efforts pour abaisser Sparte, et pour assurer aux Athéniens la prééminence sur tous les autres états de la Grèce. Sparte de son côté intrigua contre lui dans Athènes, et réussit à le faire bannir pour 6 ans par l’ostracisme. Thémistode alla chercher un asile d’abord chez le roi des Molosses, Admète, pui3 chez le roi des Perses, Artaxerce I, qui lui donna une magnifique hospitalité, mais qui voulut lui faire porteries armes contre la Grèce. Thémistode s’empoisonna , dit-on, pour ne pas être forcé d’obéir, 470 av. J.-C. Thémistode avait du génie et du patriotisme, mais il était peu scrupuleux sur les moyens de réussir. On connaît sa fameuse proposition secrète de mettre le feu en pleine paix aux vaisseaux de Sparte, proposition que fit échouer Aristide, en déclarant aux Athéniens que si rien n’était plus utile, rien aussi n’était plus injuste.
THENEZAY , ch. -1. de canton (Deux-Sèvres), à 1 5 kil . N. E.de Parlhenay ; 2,066 hab. Vin blanc, etc.
THENON ch.-l. de canton (Dordogne) , à 40 kil. S. E. de Périgueux : 1,660 hab.
THEOBALD. Voy. Thibaut.
THEOCRITE, Theocritus , poète bucolique grec, natif de Syracuse, florissait dans le ine siècle avant J.-C. Il quitta la Sicile à cause des troubles politiques qui l’agitaient ; passa une partie de sa vie à la cour des deux premiers Ptolémées, revint ensuite dans sa patrie, jouit de la faveur de Hiéron II, et mourut très âgé. 11 porta la poésie bucolique au plus haut point de perfection, On n’a de lui que 30 idylles et 23 épiyrammes ou inscriptions. Il avait laissé encore des hymnes , des élégies , des iambes qui sont perdus. Des grâces simples et naïves, un naturel exquis, un dialogue vif, serré, varié, piquant, des descriptions ravissantes, placent Théocrite parmi les modèles du genre. On trouve dans ses idylles quatre ou cinq morceaux d’un ordre
plus relevé, qui appartiennent à l’épopée. Les mei.îeures éditions de ce poète sont celles de Walckenaer, Leyde, 1779, in-8, et de Heindorf, Berlin, 1810, 2 vol. in-8. 11 a été traduit en prose par Gaü, 1792 ; Geoffroy, 1800 ; Gin, 1801 ; et en vers par Longepierre, 1688; Geoffroy, 1800, A. Cros, 1822, Servan de Sugny, 1829, F. Didot, 1833. Théocrite de Chio, orateur etsopliistc d’Athcnes, contemporain et antagoniste deThéopompe, se prononça contre 1 intervention des rois de Macédoine en Grèce. Antigone le Gt mettre à mort, irrité, dit-on, de plusieurs épigrammes qu'il avait lancées contre lui. Ce Tnéocrue avait écrit un Traité de Grammaire , une Histoire de la Libye, etc., mais il ne nous en reste rien THEODAT roi des Ostrogoths, neveu de Iheoüoric I, épousa en 534 sa cousine Amalasonte, apres la mortd’Eutheric, son 1er époux, et d Athalaric, son fils, et fit bientôt après périr cette pri ncesse. J usti nien , sous prétexte de venger Amalasonte, fil envahir I Italie par Bélisaire (535 et 36), et lui enleva la Sicile, la Basse-Italie, Naples. Les Goths, mécontents de leur roi, le déposèrent et le remplacèrent par V itigès. Théodat voulut s’enfuir, mais il fut tué sur la roule de Ravenne. Théodat a été mis sur la scène par Cor¬
neille (1672), mais sans succès. *
THEODEBEBT 1 , 2« roi de Metz ou d’Austrasie (534-48), était fils de Thierri I. 11 se fit céder la Bavière par l’Ostrogoth Vitigès (538) pour prix des secours qu’il lui promit contre Justinien; mais ayant reçu en même temps de l’argent de Justinien pour trahir Vitigès, il franchit les Alpes, pillant à la fois amis et ennemis. Il se préparait à marcher sur Constantinople, lorsqu’il mourut par accident , au milieu de ses projets ambitieux. Ce fut le plus brillant et le plus brave des descendants de Clovis.
THÉodebekt il 6* roi d'Austrasie (596-612), nis de Childebert II , lui succéda à 1 1 ans. R se gouverna d abord par les conseils de Brunehaut, son aïeule, puis il l’expulsa à la sollicitation de sa femme(599). Après diverses querelles avec Clotaire II et avec Thierri 11, son frère, roi de Bourgogne, il fut battu parce dernier à Toul et à Tolbiac en 612 , fut pris et livré à Brunehaut, qui le fit mourir.
THEODEMI B, prinse wisigoth d’Espagne, battit sur mer les Maures en 695, les Arabes en 711, fut, avec Roderlc , défait à Xérès (71 1), se maintint danslaSierra-Morena, puis dans Orihuela, et forma un petit état qui embrassait Murcie, Valence et laNouvelle-Castille actuelle, où il se soutint jusqu’à sa mort.
THEODOBA , impératrice d’Orient, femme de Justinien, avait d’abord été danseuse et courtisane. Elle monta «ur le trône avec son époux en 527. Elle eut sur Justinien la plus grande influence, soutint le courage de ce prince pendant la fameuse sédition de 532, mais fut souvent funeste à l’empire par ses intrigues et ses caprices : elle protégea les désordres d’Anlonine, femme de Bélisaire, puis, s’étant brouillée avec cette favorite, elle se vengea en faisant rappeler Bélisaire au milieu de ses victoires; elle obéra le trésor par ses prodigalités, anima la folle passion de Justinien pour les discussions théologiques, et tomba dans des hérésies qui la firent condamner par les papes Agapet et Vigile. Sa mort eut lieu en 548. Procope lui impute dans scs Anecdotes secrètes toutes sortes de débordements; néanmoins le même auteur la loue dans son Histoire. — On compte trois autres Théodora, impératrices d’Orient: 1° la femme de Léon V l’Arménien; — 2° la femme de Théophile, née vers 815, veuve en 842, régente sous son fils Michel III; elle fut dépouillée du pouvoir en 857, et enfermée dans un couvent où elle mourut vers 867 ; — 3° la fille cadette de Constantin IX : elle régna quelques semaines avec Zoé, sa sowir, en 1012, puis seule après la mort de Constantin X (1054-1056), mérita l’estime publique par son administration, et désigna
pour lui succéder Michel Slratiotique ; en elle finit la dynastie macédonienne.
théodora, dame romaine, parente d’Adalbert II, margrave de Tuscie, célèbre par sa beauté, ses dérèglements et ses crimes, était vers l’an 908 toute-puissante à Rome. Elle avait2 filles qui acquirent le même genre de célébrité qu’elle : l°M.irozie (Voy. ce nom); 2° Théodora la Jeune, femme du consul Gratien. Ces 3 femmes étaient à Rome Taine d’un parti sans cesse en lutte avec les Allemands, et «pii ne nomma pas moins de huit papes, Sergius 111, Jean X , Jean XI, Léon VII, Etienne VI II , Martin 111, Agapet 11, JeanXll, peu dignes pour la plupart d’occuper la chaire de S. Pierre.
THÉODORE de cyrène, dit T Athée,, vivait ver* 325 av. J. -G. 11 embrassa les doctrines d’Aristippe. Banni df sa patrie à cause de ses opinions impies, il vint se fixer à Athènes, mais il y déplut à l’aréopage, qui le condamna, dit-on, à boire la ciguë. Théodore enseignait l'égoïsme le plus complet, et vouait à la risée la morale, la religion et ses ministres. Son ouvrage capital était un Traité des Dieux , où il prétendait prouver qu’il n'y a pas de divinité.
Théodore d'amasée (saint), né en x\rménie ou en Syrie, était soldat à Amasée lorsqu’il confessa courageusement Jésus-Christ, en 307, et mit le feu à un temple de Cybèle. 11 fut appliqué à la torture et brûlé. On le fête 1<? 9 novembre.
Théodore de mopsueste, né en 350 à Antioche, mort en 428, condisciple de saint Jean Chysostôme, combattit Ta pol li iiansmeavc‘etaleiit,obti n t en récompense de son zèle l’évêché de Mopsueste en 392; mais ne tarda pas à tomber lui-même clans Terreur, en favorisant le pélagianisme. Ses écrits, qui faisaient partie de3 Trois-Chapitres (Voy. ce mot) r furen anathématisés au 2* eoncile de Constantinople (553), comme infectés de nestorianisme. En effet, il avait eu Nestorius pour disciple. On a porté le nombre de ses écrits à 10,000 : il ne reste d’entier qu’un Commentaire sur les Psaumes (dans la Chaîne du P. Corder). On trouve des fragments des anfres dans le De Tribus Capitulis de Facundus, dans le Scripiorum veterum nova colleclio e valicanis codicibus de Mai (Rome, 1825, in-4, etc.).
Théodore de césarée , dit Ascidas , fut d’abord moine à Jérusalem, puis vint vers 535 à Constantinople, où il s’acquit les bonnes grâces de Justinien et de l’impératrice Théodora, qui le fît archevêque de Césarée , eut une part essentielle à la condamnation des Trois-Chapitres, présenta le résumé de la doctrine de Théodore de Mopsueste, d’Ibbas d’Edesse, de Théodoret de Cyr, et fut l’âme d’une foule d'intrigues et de mesures tyranniques relatives à ce débat théologique, mais il vit son crédit baisser après la mort de l’impératrice , et finit par être privé de son siège et excommunié.
Théodore de pharan, ainsi nommé de la ville de Pharan en Arabie dont il était évêque, vécut sous Héraclius. 11 passe pour l’auteur du monothélisme. C’est néanmoins à Sergius , patriarche de Constantinople, à Cyrus, évêque de Phaside, à Athanase, patriarche des Jaeobites, que cette secte, née vers 626, doit sa célébrité.
Théodore studite (saint), né à Constantinople en 753, fut moine, puis abbé (795) du monastère de Saccudion, près de Constantinople, fut persécuté par Constantin V pour avoir refusé de communiquer avec lui depuis son divorce, se réfugia, lors de l’invasion des Barbares, au couvent de Stude (dans Constantinople même), qui ne comptait alors que douze religieux ci qui, sous sa conduite, en réunit au delà de mille. Sa fermeté le fit bannir par Nîcé- 1 phore; réintégré sous Michel I, il trouva de nouveau un persécuteur dans l’iconoclaste Léon Y, qui | le fit emprisonner et flageller. Michel II le rendit à la liberté (820). Théodore mourut six ans après, laissant plusieurs ouvrages dont nuelaucs uns on*
été publiés par le P. Sirmoml, Paris, 1696, in-fol. Ou le fête le 12 novembre.
Théodore prodrome, moine grec du xn« siècle, est auteur du roman de Rhodantke et Dosiclès , d’un dial, de V Amitié exilée , de la Galéomachie et autres ouvrages, presque tous inédits. On a souvent publié son dialogue de Y Amitié exilée ; Bhodantea été édité parGaulmin, Paris, 1625, in-8, et traduit en français par Godard de Beauchamp.
Théodore, nom commun à 2 papes peu célèbres : l'un qui régit l’église romaine de 642 à 649, et qui montra de la vigueur contre le monothélisme ; l’autre qui mourut en 898, après un pontificat de 20 jours.
THÉODORE GAZA. Voy. GAZA.
Théodore i et h, emp. de Nicée. Voy. lascaris.
Théodore, roi de Corse. Voy. neuhoff.
THEODORET, écrivain ecclésiastique, né à Antioche en 387, mort vers 458, donna sa fortune aux pauvres pour aller vivre dans un couvent près d’Apamée, devint, en 423, évêque de Cyr en Syrie, fut quelque temps en querelle avec saint Cyrille au sujet du nestorianisme ou plutôt de Nestorius, qu’il regrettait de voir en butte aux inimitiés des orthodoxes, bien qu’il n’approuvât pas ses opinions, se réconcilia ensuite avec Cyrille , mais eut bientôt le malheur de déplaire à la coHr impériale de Constantinople par son ardeur contre l’eutychianisme, fut condamné dans le prétendu concile dit Brigandage d’Éphèse (449), et ne put revenir dans son diocèse que sous Marcien (après 450). Théodoret est surtout connu par une Histoire ecclésiastique en cinq livres, qui va depuis 325 jusqu’en 429; on a encore de lui une Histoire pieuse qui contient la vie de 50 solitaires ; un Traité de la Providence fort estimé, et plus, ouvragesde théologie. Lesmeill. édit, de Théodoret sontcelles du l\Sirmond,1684, in-f., et de J.-L. Schulze, Halle, 1709-74, 10 v. in-8 (gr. -latin).
THEODORIC, roi des Ostrogoths, de la race royale des Amales, né vers 455 en Pannonie, où son père Théodemir s’était établi de l’aveu des empereurs d’Orient, fut envoyé dès l’âge de huit ans comme otage à Constantinople, où il prit des idées de civilisation, et devint en 472, par la mort de son père, chef des Ostrogoths. Il eut part en 477 au rétablissement de l’empereur Zénon, qui avait été détrôné par Basil isque, et fut en récompense nommé patrice, consul (484), et capitaine des gardes. En 487 , d’accord avec l’emp. d’Orient, il envahit l’Italie, qui était alors au pouvoir d’Odoacre, parcourut tout le pays en vainqueur, se fit céder la Sicile par le roi des Vandales Thrasimond, vint enfin assiéger Odoacre dans Ravenne, et le força à capituler, mais en promettant de partager le trône avec lui (493); quelques jours après, il le poignarda dans un festin, et resta ainsi seul maître de l’Italie, à laquelle il joignit la Rhétie, la Norique, la Pannonie, l’illyrie. En même temps, il rattachait à lui la plupart des chefs barbares, épousait ia sœur de Clovis, et faisait épouser des princesses de son sang au roi des Wisigoths et à plusieurs autres princes. Nommé en 607 tuteur de son petit-fils Amalaric, roi des Wisigotlis, il régna de fait sous son nom, chassa l’usurpateur Gésalic, défit un fils de Clo\is devant Arles, et conserva la Septimanie aux Wisigoths , malgré les attaques des Francs. En même temps , il rétablissait l’ordre en Italie , favorisait le commerce, l’agriculture , les lettres , appelait auprès de lui les hommes les plus habiles , les Cassiodore , les Boèce, les Symmaque, et faisait revivre plusieurs des anciennes formes de F administration romaine. Vers la fin de sa vie, il devint défiant, cruel, et fit périr, sur de faux soupçons, Boèce (524) et Symmaque (525). Il mourut lui-même peu après (526), en proie à une profonde mélancolie. Théodoric est sans contredit le plus grand des rois barbares qui envahirent l’emDire romain : il possédait le génie
de la civilisation et avait des vues libérales. On lui doit un code connu sous le nom de loi gothique ou oslrogothique , qu’il fit rédiger vers 500. Quoique arien, il toléra les Catholiques; cependant il les persécuta à la fin de sa vie. Du Roure aécr.son Hist., 1846.
théodoric i, roi des Wisigoths, qui régna de 420 à 451, successeur de Wallia, fit trois fois la guerre aux Romains, de 426 à 436, et tenta de s’emparer de Narbonne sans pouvoir réussir ; néanmoins il augmenta son territoire tant en Gaule qu’en Espagne. Il fut longtemps l’allié de Genséric, dont il fit son gendre, mais ensuite il se brouilla avec lui. Théodoric prit part à la ligue contre Attila, ainsi qu’à la bataille décisive de Châlons, dans laquelle il périt (451).
théodoric il, fils du précédent, acquit le trône en 453 par le meurtre de Thorismond, son frère, mais fut tué en 466 par un autre frère, Euric. Il avaitpendant son règne accru l’empire des Wisigoths de plusieurs districts des deux Aquitaines, et poussé presque jusqu’à la Loire ; il avait vaincu le roi suève Réchiaire (456) ; enfin il avait élevé sur le trône d’Occident Avitus, et, après avoir combattu Majorien, il avait obtenu de Ricimer la Narbonnaise lr«.
théodoric iii, roi des Wisigoths, le même que Théodoric-le-Grand, roi des Ostrogoths. V. ci-dessus.
THEODOSE I, dit le Grand , Flavius Theodosius, empereur romain, né en Espagne en 346, était fils du comte Théodose, «jue Valens, empereur d’Occident, fit mettre à mort sur de faux soupçons, quoiqu’il lui eût rendu les plus grands services. Avant de monter sur le trône, le jeune Théodose avait déjà repoussé une invasion des Quades et des Marcomans (372) ; il combattait les Wisigoths et venait de remporter sur eux un avantage, lorsque Gratien, sentant qu’il avait besoin de s’adjoindre un homme capable de défendre le trône, le proclama à Sirmium empereur d'Orient à la place de Valens qui venait de mourir, l’an 379. Théodose acheva la soumission des Wisigoths par sa conduite généreuse envers leur roi Athanaric, et s’en fit d’utiles auxiliaires. Gratien, son collègue, ayant été en 383 renversé par l’usurpateur Maxime, qui menaçait du même sort le jeune Valentinien II, frère de Gratien, Théodose interposa sa médiation, et, en reconnaissant Maxime comme auguste, obtint la paix pour Valentinien. Maxime reprit néanmoins les armes contre Valentinien (387); alors Théodose marcha contre lui, le battit en Pannonie, le prit et le mit à mort dans Aquilée (388). Deux ans après, Valentinien périssait victime du Franc Arbogast, son favori, et le rhéteur Eugène le remplaçait sur le trône. Théodose marcha contre eux et les vainquit près d’Aquilée (394). 11 se trouva par la mort de Valentinien II seul maître de tout l’empire. Mais lui-même mourut l’année suivante (15 janvier), laissant deux fils, Honorius, qui eut l’empire d’Occident, et Arcadius, qui eut l’Orient. Théodose fut aussi grand dans la paix que dans la guerre; il fit tous ses efforts pour réparer les maux de l’empire pur une sage administration. Toutefois, ce grand prince ne put que retarder l’instant de la ruine de l’empire : elle commença sous ses deux fils. Théodose avait été obligé de comprimer avec rigueur les fréquentes séditions des grandes villes. Il fut sur le point de massacrer les habitants d’Antioche; il fit égorger 7,000 habitants de Thessalonique ; pour le punir de cet emportement, saint Ambroise lui interdit l'entrée de l’église de Milan; Théodose se soumit à la pénitence, et obtint son pardon par un repentir sincère. Fléchier a écrit la Vie de Théodose .
théodose ii, fils d’ Arcadius et petit-fils du précédent, naquit en 399, monta sur le trône en 408, et régna jusqu’en 450 (c.-à-d. 42 ans). Ce prince faible fut gouverné toute sa vie : d’abord par le sage Anthémius, son ministre, puis par sainte Fulchéirie, sa sœur aînée, qui s'efforça de corriger ses défaut*
et de le rendre digne de son aïeul, par sa femme Athénaïs ou Eudoxie, et enfin par l'eunuque Chrysaphe, son chambellan. Les principaux événements de son règne sont : 1° une guerre avec la Perse (elle fut terminée par la paix de 4 33. qui dura 79 ans, et par un partage de l’Arménie): 2° les querelles religieuses du nestorianisme et de l’eutychianisme, qui donnèrent lieu au concile œcuménique d’Ephèse en 431, puis au prétendu concile dit par les orthodoxes brigandage d'Ephèse, en 449; 3° la rédaction du code dit théodosien (438), le premier code officiel connu. Tremblant devant Attila, il lui paya tribut ; il tenta plus tard, mais sans succès, de le faire assassiner.
théodose in, receveur à Adramyle, fut nommé empereur d’Orienl par l’armée, qui venait de se révolter à Rhodes, refusa en vain la couronne, se rendit à Constantinopte, força Anastase II à abdiquer, et abdiqua bientôt lui-mêrne dès que Léon III se présenta comme son compétiteur.
THEODOSIE, T/iéodosia, auj. Caffa , ville de la Chersonèse Taurique ou Crimée, à- 70 k. S. 0. de l’entrée du Bosphore Cimmérien. Voy. caffa.
THEODOSIEN (Code), recueil de lois romaines rendues depuis Constantin, fut rédigé par l’ordre de Théodose li, promulgué en Orient l’an 438, et ntroduit en Occident par Valentinien 111.
THEODOSIENNE (table). Voy. peutinger.
THEODOSIOPOLIS, dite aussi Colonia Septimia Resainesiorum , ville d’Asie, au S. E. d'Edesse, est la même que Resena. Voy. resena.
THEODOTIEN, auteur d’une des traductions de l’Ancien Testament recueillies dan3 les llexaples d’Origène, était de Sinope et vivait sous Commode, il était de la secte des Ebionites.
THEOGNIS, poète gnomique, né vers580 av. J.-C., à Mégare , d’une f.i mille noble et riche, fut banni de sa patrie et choisit Thèbes pour retraite. On a de lui des vers élégiaques qui contiennent des Bentences (en grec gnomè). Ces sentences ont été imprimées une foule de fois, soit seules, soit dans des collections diverses. Les meilleures éditions qu’on en ait sont celles de Brunck (dans ses Poetœ gnomici ), Strasbourg, 1784 ; de Bekker, Leipsick, 1815, in-8. Théognis a été traduit en français par Lévesque dans les Moralistes anciens , 1783, et par Coupé, Paris, 1796, in-8 (avec Phocylide).
THÊON, fameux mathématicien d’Alexandrie, et un des professeurs les plus illustres de cette ville, florissait de 365 à 390 ap. J.-C., et fut père de la sélèbre Hypatie. On a de lui 1 ’Ecdose (ou Commentaires sur les Eléments d’ Euclide) , et un Commentaire sur l'Almageste de Ptolémée. Le premier ouvrage est excellent; le second est, après celui de Ptolémée, l’ouvrage d’astronomie le plus précieux que nous aient laissé les Grecs. On lui attribue encore un Commentaire sur Aratus , qui est probablement d’un autre auteur. Le Commentaire sur Euclide a été publié à la suite de 1 Euclide de Grynée, Bâle, 1533, in— fol., et souvent réimprimé; le Commentaire sur l'Almageste, qui était en treize livres, mais dont on a perdu le livre onzième et partie des neuvième et douzième, parut à la suite de l’édition princeps de Ptolémée, Bâle, l538,in-fol. Halma a donné la traduction française des deux premiers livres, Paris, 1821, 2 vol. in-4, avec le texte et des notes. — Un autre Théon, mathématicien de Smyrne sous Trajan et Adrien, a laissé un abrégé des quatre sciences mathématiques (arithmétique, musique, géométrie, astronomie), dont les deux premières parties ont été publiées par Boulliau , sous ce titre : Eorum quæ in mathematicis ad P latonis lectionem utilia sunt exposilio , Paris, 1644, grec-lat.avec notes, et la 4e par Th. -H. Martin, 1849. — Sophiste d’Alexandrie, sous les Antonins, est connu par ses Progymnarnaia , espèce de cahiers de rhétorique. La meilleure édition de cet ouvrage
est celle de Daniel Heinsius, Leyde, 1626, in-8.
THEOPHANO , impératrice d’Orient, avait d’abord été cabaretière. Devenue femme de Romain il (959), elle ne se signala que par ses désordres, empoisonna son mari (963), donna le trône à son amant Nicéphore II (Phocas), qui l’épousa, fit assassiner ce dernier par un autre amant, Jean I (Zimiscès) ; mais celui-ci, à peine devenu empereur (976), l’exila. L’avénement de ses deux fils, Basile II et Constantin IX (983), la fit revenir à la cour.
THEOPHILANTHROPES, c.-à-d. amis de Dieu et des hommes, nom que prit à la fin du dernier siècle une secte qui professait le pur déisme , et dont le directeur La Réveillère - Lepaux était le chef. Ce culte, qui fut tourné en ridicule dès son apparition, fut établi en 1797 à Paris, et pratiqué dans plusieurs églises; mais un arrêté du 12 vendémiaire an x (3 octobre 1800) mit fin a ces profanations.
THEOPHILE (S.), évêq. d’Antioche, né au commencement du il® siècle, de parents idolâtres, se convertit en lisant les livres saints, fut fait évêque l’an 168, et mourut vers 190. On a de lui une Apologie de la religion chrétienne, en 3 livres, Hambourg, 1724, in-8. On l’hon. le 6 déc. avec S. Nicolas.
Théophile, empereur d Orient (829-842), fils et successeur de Michel II, punit sévèrement les meurtriers de Léon V, montra beaucoup d’animosité contre les images, et fit presque continuellement la guerre au calife Motassern ; il insulta ce prince en détruisant sa ville natale, Zapetra en Syrie; mais celui-ci se vengea en saccageant Amorium, patrie de Théophile (842). Ce dernier en mourut de chagrin.
Théophile, jurisconsulte, enseigna le droit â Constantinople, et fut, avec Dorothée et Tribonien, un de ceux qui rédigèrent les Insiitules de Justinien. 11 a déplus laissé sur cet ouvrage une paraphrase grecque excellente, qui fut découverte au xvi* siècle, et dont les meilleures éditions sont celles de Fabrot, Paris, 1638, in-4, et deReiti, La Haye, 1751, 2 vol. in-4, grec-latin.
Théophile, dit le Moine ou le Prêtre , écrivain du xii'siècle, a laissé un ouvrage curieux intit. Diversarum artium schedula (imprimé dans les Mém. d'hisL. eide littéral., Brunswick, 1 781 .trad.en franç.parM. de l’Escalopier, avec le texte, et une introd. de M. Guichard, Paris, 1843, in-4). 11 y traite de la peinture, des couleurs à employer sur murs, toile, bois, vélin; de Part de peindre sur verre, des mosaïques à cristaux colorés, de l’orfèvrerie, de l’art de nieller, etc. Il y donne une recette pour mêler les couleursavec l’huile de lin et les faire sécher sans les exposer au soleil.
Théophile de viAU, pl us connu par son seul prénom de Théophile, poète fiançais, né aux environs d’Agen en 1590, mort en 1626, vint à Paris en 1610, fut quelque temps lié avec Balzac, avec lequel il rompit à la suite d'un voyage en Hollande, se fit connaître par ses saillies et par ses vers qui le mirent en faveur près de quelques jeunes seigneurs, mais s’attira des ennemis par sa causticité, et leur donna des armes contre lui par sa \erve obscène et impie. 11 était calviniste ; or l’accusa d’athéisme et d’immoralité , et il fut exilé. De retour en France , il reçut de Louis Xlll une pension ; mais accusé d’être Faut, d’un recueil rempli d’obscénités sacrilèges, qui avait paru en 1622, il perdit sa pens. et fut condamné à mort. Le connétable de Montmorency obtint que sa peine fût commuée en un simple bannissement de la capitale. Théophile garda même sa pension , et bientôt revint à Paris , mais il y mourut presque aussitôt, à 36 ans. Ses Œuvres furent publiées à Paris en 1621, en deux parties; une 3e partie parut à Rouen en 1626; il faut y joindre sa Correspondance, impr. en 1644. M. Alleaume a donné en 1856 ses OEuv. compl. annotées, 2 v. in-1 6. On trouve dans ses poésiesde l’imagination, de l’espntetdela facilité, mais elles sont pleines de négligences; trop souvent