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fuite. Il aLa s'enfermer au château de Cirey (en Champagne), chez la marquise Du Châtelet, femme déjà célèbre par son goût pour les sciences, et avec laquelle il avait formé une liaison intime. Dans cette retraite où il resta cinq ans (1735-40), il étudia les sciences, à l’exemple de son amie, et rédigea les Éléments de la philosophie de Newton (1738); c’est là aussi qu’il ût Alzire , Mahomet , Mérope , les Discours sur l'homme , qu’il prépara le Siècle de Louis XIV , Y Essai sur les Mœurs et l' Esprit des nations, et composa ce poème trop fameux , qui , en insultant à la chaste héroïne de la France , ne fit tort qu’à sa propre gloire. En 1740, il fit un court voyage à Berlin, se rendant aux pressantes invitations du roi Frédéric II, l’un de ses plus grands admirateurs. A son retour, il se vit tout à coup recherché par le ministère qui l’avait persécuté jusque là , et fut chargé en 1743 , auprès du roi de Prusse, d'une mission qui obtint un plein succès. Il composait vers le même temps pour la cour la Princesse de Navarre , le Temple de la Gloire , opéras qui furent représentés à Versailles, et chantait les victoires du roi dans le Poème de Fontenoy Ü745). Il obtint alors , par le crédit de M“« de Pompadour, qui s’était déclarée sa protectrice, le brevet d’historiographe de France, avec une charge de gentilhomme de la chambre du roi, et put enfin entrer à l’Académie (1746), dont les portes lui avaient été deux fois fermées. Mais sa faveur dura peu ; pour le dégoûter, on affecta de lui préférer Crébillon; il se vengea en refaisant avec une grande supériorité les tragédies de son rivai; c’est à cette lutte que l’on dut Sémiramis (1748), Oreste (1750), Home sauvée (1752); il donnait à la même époque Nanine (1749) , la meilleure de ses comédies. Repoussé de Versailles, Voltaire se vit accueilli à Sceaux, chez la duchesse du Maine, à Nancy, où régnait Stanislas, et finit, après la mort de Mm* Duchâtelet (qu’il avait perdue en 1749), par se rendre à Berlin, où les sollicitationsdu roi l’appelaientdepuislongtemps (1750). Frédéric le logea dans son palais à Potsdam, le nomma chambellan, lui donna 20,000 fr. de pension, et fit tout pour le fixer près de lui. Voltaire goûta dans ce séjour quelques instants de bonheur, mais bientôt il excita l’envie, et se ût, par son penchant à la raillerie, des ennemis acharnés, surtout parmi les écrivains français établis à Berlin ; il eut de violentes querelles avec Maupertuis, président de l’Académie, qu’il livra à la risée publique dans sa Diatribe du docteur Akakia. Ses ennemis parvinrent à lui nuire dans l’esprit du roi, et, après plusieurs réconciliations feintes, les deux amis se séparèrent définitivement (1753). Voltaire parcourut alors une partiede l’Allemagne, s’arrêta chez la duchesse de Saxe- Weimar , à la prière de laquelle il rédigea les Annales de l Empire , le plus médiocre de ses ouvrages ; séjourna à Strasbourg, à Colmar, à Lyon, et dans plusieurs autres villes de France, mais sans pouvoir revenir à Paris; habita quelque temps les Délices , sur le territoire de Genève (1755) , et finit par se fixer à Ferney , dans le pays de Gex (1758). C’est là qu’il passa ses vingt dernières années; il s’y construisit une magnifique demeure, et lit par sa présence prospérer toute la contrée : ses admirateurs venaient de tous les points de l’Europe pour visiter celui qu’on appelait le patriarche de Ferney. Pendant son séjour en ce lieu, Voltaire, étendant encore le cercle de ses travaux , rédigea d’éloquents facturas pour Calas, pour Sirven , pour Lally, victimes de déplorables erreurs judiciaires, réclama l'affranchissement des serfs de l’abbaye de Saint-Claude dans le Jura, publia des Commentaires sur Corneille , afin de doter une niece de ce grand homme; mit la dernière main à l'Essai sur les Mœurs et l’Esprit des nations , écrivit Y Histoire de la Russie sous Pierre-le-Grand (1759-63], 1 Histoire du Parlement de Paris; composa une foule de
poésies des genres les plus divers, satires, épîtres, contes, épigrammes , poésies légères; écrivit ses romans en prose, si pleins d’esprit, mais aussi de malignité et de cynisme, et fit en outre de nombreuses tragédies, dont quelques-unes, l'Orphelin de la Chine, Tancrède fl ‘60), oont dignes de ses meilleures années , mais dont plusieurs n’obtinrent pas même l’honneur de la représentation ( les Scythes , les Guèbres, les Pélopides , etc.), et quelques comédies , entre autres Y Ecossaise, dirigée tout entière contre Fréron. En même temps il entretenait une correspondance immense , animait de son esprit les Encyclopédistes, et lançait une foule de pamphlets, où il employait contre ses adversaires l’arme du ridicule, mais trop souvent aussi l’invective et l’injure; parmi les victimes de ses sarcasmes on connaît surtout Desfontaines, Fréron, Labeaumelle, Nonotte, Sabatier, Trublet. Enfin, et c’est ce qui l’occupai 1 le plus, il soutenait contre la religion chrétienne une lutte acharnée , et publiait sous le voile de l’anonyme un grand nombre d écrûs impies : la Philosophie de l’histoire, la Bible commentée , l 'Examen important de mylord Bolingbroke , Y Histoire de T établissement du Christianisme , etc.; c’est en grande partie dans le même but que fut rédigé son Dictionnaire philosophique. En 1778, à 84 ans. Voltaire, à la sollicitation de Mme Denis, sa nièce, qui le gouvernail, fit un voyage à Paris afin de faire représenter Irène , une de ses dernières productions. Il fut reçu dans la capitale avec un enthousiasme impossible à décrire ; mais accablé d’honneurs de tous genres, il ne put résister à tant d’émotions, et succomba trois mois après son arrivée (30 mai 1778). 11 logea et mourut chez le marquis de Villette,sur le quai qui a conservé son nom. Il n’avait pas reçu les secours de la religion. On refusa de l’enterrer à Paris ; son corps fut transporté à l’abbaye de Scellières, dont l’abbé Mignot , son neveu , était commendataire. Ses restes ont été solennellement transportés en 1791 au Panthéon, où ils reposent encore. Voltaire est l’écrivain le plus universel des temps modernes ; doué d’une merveilleuse souplesse , il a embrassé presque tous les genres, et a manié avec bonheur les styles les plus divers. Comme poète , il a surtout brillé dans la tragédie , où il s’est placé auprès de Corneille et de Racine; dans l'épopée, où il occupe le premier rang parmi les poètes français, quoiqu’il soit resté bien au dessous d’Homère, de Virgile et du Tasse; dans la poésie philosophique, où il égale Pope; dans la poésie légère, où il est sans rival ; mais il a été moins heureux dans la comédie, dans l’opéra, et a échoué dans l’ode. Partout ses vers sont faciles et corrects : mais on leur reproche du prosaïsme et des rimes négligées. Comme prosateur, il a traité avec un égal succès la philosophie, l’histoire, le roman , le genre épistolaire : son style est irréprochable dans ses ouvrages sérieux; il est toujours simple, clair, élégant. 11 brille surtout par l’esprit. En histoire, il fut un des premiers à porter la critique dans l’étude des faits; ses récits sont partout pleins d’intérêt ; mais trop souvent il est partial et altère les événements au gré de ses passions. Comme philosophe, il ne fit qu’adopter et propager les idée* de Locke et de Condillac ; d’ailleurs la philosophie n'était guère pour lui que l'incrédulité, et, bien qu’il affectât de respecter la croyance en Dieu et les véritéf morales, il n’employa le plus souvent son talent qu’à saper les fondements de toule religion : aussi la plupart de ses ouvrages furent-ils condamnés à Rome et en France. Comme homme, Voltaire est un singulier mélange de qualités et de défauts ; il était d’une mobilité, d’une irascibilité extrême; il se montra vindicatif, peu scrupuleux et quelquefois hypocrite ; mais il eut aussi de nobles mouvements, fit du bien et défendit en plus d’une occasion les droits delà justice et
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de l'humanité. Voltaire est assurément l’homme de qui on a dit le plus de bien et le plus de mal ; tout en condamnant sévèrement sa haine insensée contre la religion, on ne peut nier qu’il soit un des plus beaux génies que la France ait produits, et qu'il ait exercé pendant plus d’un demi-siècle une véritable dictature sur la littérature et la philosophie. — Les Œuvres de Voltaire ont été plusieurs fois réimprimées, soit en totalité, soit en partie. Parmi les éditions complètes, les plus remarquables sont celles de Kehl, 1784-89, 70 vol. in-8, avec des notes de Condorcet, Decroix et Beaumarchais, et une table des matières publiée en 1801 ;de Desoër, Paris, 1817-19, 13 vol. gr. in-8; de Lefebvre et Déterville, Paris, 1817-1820, 42 vol. in-8; de Lequien, Paris, 1822-26, 70 vol. in-8; de Dupont, 1825-27, 70 vol. in-8; de Dalibon, Paris, 1824 et années suivantes, 75 vol. in-8; de Jul. Didot , 1827-1829, 4 vol. in-8, compacts; enfin celle de M. Beuehot, chez Lefebvre, Paris, 1829-34, 70 vol. in-8, avec préface, avertissements, notes, tables; cette dernière édition, qui renferme beaucoup de pièces inédites et de nombreux éclaircissements, est la meilleure de toutes. La vie de Voltaire a été écrite par Condorcet, le marquis de Luchet, l’abbé Duvernet; et de nos jours, par MM. Mazure, Paillet de Warcy et Lepan. Frédéric U, Laharpe, Iïarel ont composé son Eloge.
YOLTERRA, Volalerræ , ville de Toscane (Pise;, à 45 kil. S. E. de Pise ; 6,000 hab. Evêché. Murs de fondation étrusque, citadelle; musée d’antiquités étrusques ; ateliers d'objets étrusques. Aux environs, gypse, salines très productives , houille ; eaux thermales. Patrie de Perse, de saint Lin, de l’érudit MatTei et du peintre Daniel Ricciarelli, dit le Voherran. Jadis beaucoup plus importante ; quelue temps république indépendante ; soumise par lorence en 1361.
VOLTERRAN (Daniel ricciarelli, dit le), ainsi nommé du nom de sa ville natale, né en 1509, mort en 1566, sculpteur et peintre célèbre, vint de bonne heure s’établir à Rome, fut collaborateur dePerino de! Vaga, travailla pour le pape Paul III, pour beaucoup de riches familles, pour Marguerite d’Autriche, fille de Charles-Quint (pour laquelle il peignit les Hauts faits de Char les- Quint ), pour Catherine de Médicis, qui le chargea d’exécuter en bronze la statue équestre de Henri II (il ne put faire que le cheval, qui depuis a servi à porter la statue de Louis XIII, élevée en 1639 dans la Place- Royale et renversée en 1792). Sa Descente de Croix est un des chefs-d’œuvre de la peinture; comme sculpteur, personne n’a plus approché de la manière de Michei-Ange. — (raphael). Voy. maffei.
VOLTUMNA, déesse de la volonté et du bon conseil, était surtout adorée des Etrusques. Elle avait à Vulsinies un temple où se tenaient les grandes assemblées de la fédération étrusque.
VOLTURARA, ville du royaume de Naples (Capitanate), à 24 kil. O. de Lucera; 2,800 hab. Evêché. — Ville de la Principauté-Ultérieure, à 18 kil. S. E. d’Avellino; 4,000 hab.
VOLTURNO, Vulturnus, riv. du roy. de Naples, naît dans le Sannio, coule au S., au S. E., au S. O., arrose Gapoue, reçoit le Calore, et tombe dans la mer Tyrrhénienne à Castel-Volturno. Cours, 140 kil.
VOLUMN1E, femme de Coriolan , se mit avec Véturie, mère de ce général, à la tête des femmes qui se rendirent à son camp pour le fléchir, et obtinrent la levée du siège de Rome.
YOLUS1EN (C. vibius), fils de l’empereur Gallus, fut associé par ce prince à l’empire après la mort d’Hostilien, fils de Dèce, en 252. 11 fut massacré en 263 par les soldats en même temps que son père.
YOLV1C, Vialoscensis pagus, bourg du dép. du Puy-de-Dôme, à 8 kil. S. O. de Riom , 3,449 hab. Aux environs, belles pierres vena-nt de laves vol¬
caniques et dites pierres de Volvic ; on s’en sert beaucoup pour trottoirs. Ecole d’architecture fondée eü 1820 par le comte Chabrol de Volvic.
VONA ou VONO , J us onium promont. , cap de la Turquie d’Asie (Sivas), sur la mer Noire, à 50 kiî. N. O. de Keresoun, par 41 ° 7’ lat. N., 35° 28’ long. E.
VONDEL (Juste van den), célèbre poète hollandais, né à Cologne en 1587 de parents anabaptistes, mort en 1679, était bonnetier et n’avait point reçu d’éducation littéraire. H se forma lui seul et cultiva les lettres tout en continuant son commerce. Il a laissé 32 tragédies, dont les meilleures sont : le Sac d' Amsterdam et l'Exil de Gisbert (1637), des Satires dignes de Juvénal, de belles poésies lyriques, des traductions en vers des Métamorphoses d’Ovide et de tout Virgile , etc. Il avait entrepris une épopée, Constantin-le-Grand, mais il détruisit lui-même ce poème avant de l’avoir achevé. Vondel a beaucoup aidé par ses écrits au perfectionnement de la langue hollandaise. Malheureusement sa tournure d’esprit mordante, la guerre qu’il fiL aux Gomaristes triomphants, sa conversion au catholicisme , les tracasseries d’une direction théâtrale, le réduisirent à une position fort gênée, et il fut obligé de solliciter une chétive place d’employé au mont-de-piété d'Amsterdam, qu’il occupa dix ans. Ses Œuvres ont été imprimées à Amsterdam, 1820, 10 vol. in-4. Les tragédies l’ont été séparément, Amsterdam, 1720, 2 vol. in-4.
VON DER HARDT (Hermann), critique, né en 1660 près d’Osnabruck en YVestphalie, mort en 1746, s’attacha aux langues orientales, surtout à l’hébreu ; devint conservateur de la riche bibliothèque du duc de Brunswick, Rodolphe-Auguste, puis professeur de langues orientales à Helmstadt (1690), et recteur du gymnase de Marienbourg (1709). 11 interprétait allégoriquement plusieurs des faits les plus merveilleux de la Bible; la témérité de ses interprétations lui attira de nombreux désagréments. On a de lui, entre autres ouvrages, Ænigmala Judœontm, 1705; Ænigmata prisci or bis, \7Ü3. Quelques-uns de sesouvr. furent supprimés par l’autorité eeclésiastiq. : son Hist. du concile de Constance fut mise à VIndex.
\ONlTZA, Anactorium , v. du nouveau royaume de Grèce (Hellade occid.), sur le golfe d’Arta, à 10C kil. S. de Janina; 2,000 hab. Archevêque grec.
VONONE I, roi des Parthes, avait été envoyé en otage à Rome par Phraate IV, son père. L’an 14 de J. -G., il fut mis en liberté par Auguste, qui le choisit pour roi des Parthes ; mais bientôt ceux-ci le chassèrent et le remplacèrent par Artaban 111. Vonone alla se réfugier en Arménie; mais Artaban l’en expulsa aussi. Réduit à fuir sur les terres romaines, il fut confiné à Pompciopolis en Galatie, et, ayant essayé de s’évader, il fut tué l’an 19.
vonone h, roi des Parthes, régna l’an 50, mais quelques mois seulement.
VOORN ou VOERN, petite île de Hollande, à l’emb. de la Meuse, à 10. de l’île Stregen ; 28,000 hab. Ch.-L, Briel.
VOP1SCUS (Flavien), historien latin , natif de Syracuse, jouit à Rome sous Dioclétien et Constance Chlore d’une considération méritée. H a écrit les vies d’Aurélien, de Tacite, de Florien, de Probus, de Carus, de Numérien, de Carin, lesquelles font partie de V Histoire Auguste. Des six biographes auteurs de ce rec. , il est le plus estimé. Il a été tr. par Moulines (dans 17/. Auy.), et par Taillefertet Chenu, 1847.
VORAGINE. Voy. varagine.
VORARLBERG, cercle du Tyrol, à l’O., a pour bornes , au N. et au N. E. la Bavière , à l’E. le cercle de l’Innthal supérieur, au S. le canton des Grisons, à 10. la principauté de Lichtenstein et le canton de Saint-Gall, au N. O. le lac de Constance : 80 kil. sur 46; 104,000 hab. Ch.-l., Bre- «enz. Ce cerele tire son nom de la chaîne de l’Arl-
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berg qui te traverse. Rivières : l’Aach , l’IU , le Fussach, le Leeh, l’iller. Vins, fruits. Forêts et pâturages. Mines de fer, tissus de coton, boissellerie.
VORCHHEIM, ville de Bavière. Voy. forchheim.
VOREY, ch.-l. de canton (Haute-Loire), à 16 kil. N. du Puv; 2,083 hab.
VORGANIÜM, aujCar/ifiLr (etnon Concarneau), v. de Gaule (Lyonnaise 3e), capitale des Osismii.
VORMARK, marche d'Allemagne. Voy. vriegnitz.
VORONA, rivière de la Russie d’Europe, naît dans le gouv. de Penza, coule dans la partie E. de celui de Tambov et sur la limite de celui de Voronèje, et tombe dans le Khoper; cours, 360 kil.
VORONÈJE, ville de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouv. de Voronèje, à 520 kil. S. de Moscou, à 1,290 kil. de Saint-Pétersbourg ; 15,000 hab. Archevêque grec. Palais archiépiscopal, deux cathédrales, hôtel du gouvernement, séminaire, gymnase, bibliothèque. Draps, fonderie de canons et boulets, poudre, savon, tanneries, suif. Climat très variable. Voronèje, fondée vers 1117 par les Khazares, dépendit d abord de la principauté de Kiazan, fut prise et pillée par Batou-Khan en 1237, et par les Cosaques de l’Ukraine en 1590. Pierre-le-Grand y établit en 1697 des chantiers de construction et de vastes magasins, que les incendies de 1703, 1748, 1773 détruisirent. — Le gouv. de Voronèje a au N. celui de Tambov, à l’O. ceux de Koursk et d’Ukraine, au S. celui d’Ekatérinoslav, à l’E. le pays des Cosaques du Don : 464 kil. du N. au S. sur 330 de largeur moyenne; 1,500,000 hab. Vastes plaines, climat tempéré, sol fertile (sauf au S.). Beaux pâturages, bétail, pêche active (dans le Don, etc.); grès, nitre, moellons, terres utiles dans les arts. Draps, savons, suif, distilleries d eau-de-vie, etc.
voronèje, riv. de Russie, naît dans le gouv. de Tambov, passe à Voronèje où elle est assez profonde pour porter des vaisseaux de 80 tonneaux, et tombe dans le Don. Cours total 240 kil.
VORORT (c.-à-d. en place de). Directoire fédéral chargé en Suisse d’expédier les affaires en l’absence delà diète. Il se compose du conseil d étal du canton dirigeant, de Favoyer de ce canton, qui est le président, et d’un chancelier.
VOROSVAGAS, ville de Hongrie. F. cservenitsa.
VORT1GERN, roi breton, d abord chef des Dumnonii, se fit élire pentheirn ou roi de toute la nation après le départ des Romains (445), appela les Saxons Hengist et Horsa pour le défendre contre les Pietés et les Scots, établit le premier de ces princes dans l’île de Thanet (comté de Kent). Il eut bientôt à combattre ces dangereux alliés. Hengist fut vaincu et demanda la paix, mais il invita les principaux chefs bretons à un festin dans lequel il les üt tous égorger traîtreusement ; toutefois il conserva la vie à Vortigern, qui devint ainsi suspect aux siens. Bientôt Ambrosius Aurelianus fut élu à sa place et vint l’assiéger dans son château de Cambri. Vortigern y périt en 486 dans un âge très avancé.
VOSGES (les), Vogesus mons, grande chaîne de montagnes qui couvre de ses ramitications le N. E. de la France, le S. E. de la Belgique, et les provinces prussiennes et bavaroises situées à l’O. du Rhin. On y distingue : 1° la côte d'Or, qui court à travers les départ, de Saône-et-Loire et de la Côte-d’Or ; — 2^ ‘e plateau de Lanyres, dans le S. E. du dép. de la Haute-Marne; — 3° les monts Faucilles, qui traversent de FO. à l’E. le dép. des Vosges ; — 4° les Vosges proprement dites ; celles-ci courent au N. E. jusqu’au mont Tonnerre (Bavière- Rhénane), en formant la limite des dép. des Vosges et du Haut-Rhin, de la Meurthe et du Bas-Rhin, et séparent les bassins de la Moselle et du Rhin. Au S. se détachent les ballons de Servance et d’Alsace, et un chaînon qui unit les Vosges au Jura; les Vosges se lient vers le N. E. au Hunds-
ruck; au N. O., aux Ardennes par les monts Faucilles. Les plus hauts sommets des Vosges sont le Guebviller, 1,466™, le ballon d’Alsace, 1,428™, le ballon de Servance, 1,400™ environ, etc. (c’est la forme arrondie de plusieurs de ces sommets qui leur a fait donner le nom de ballons ). Belles forêts de sapins et de merisiers. Mines de cuivre, fer, plomb argentifère, houille, sel gemme, etc.; sources minérales et thermales. La Moselle, la Sarre, la Meurthe, 1 111, la Lauter, la Meuse, la Saône sortent des Vosges.
vosges (dép. des), dép. de l’intérieur, borné par ceux de la Meurthe au N., de la Haute-Saône au S., du Haut et Bas-Rhin à l’E., de la Haute-Marne à l’O. ; 5,859 kil. carrés; 41 1,034 hab. Ch.-l., Epinal. Formé aux dépens de la Lorraine. Beaucoup de montagnes (dans l’E. les Vosges proprement dites, au S. les monts Faucilles), collines, vallées. Climat varié, froid dans les mont, (la neige y reste pendant six mois), tempéré dans la plaine. Fer, antimoine, houille, marbre, granit, pierres meulières, grès blanc et sable à verre, terre à porcelaine, tourbe, etc. Eaux minérales. Sol varié ; pâturages dans les mont. ; très vastes forêts (elles occupent 2,220 kil. carrés ou près de moitié du dép.) : grains, pommes de terre, fruits (surtout fruits à noyaux, merisiers), lin, chanvre, navette, houblon, angélique, etc. Chevaux, petit bétail, moutons, porcs, chèvres. Hauts-fourneaux et autres usines à fer ; toiles de coton, dentelles; instruments de musique ; kirschenwas8er ; boissellerie ; papier renommé , faïence, verre, poterie; térébenthine; fromage façon Gruyère. — Ce dép. a 6 arr. (Epinal, Mirecourt, Remiremont, Saint-Dié, Neufehâteau), 30 cant., 547 coram. ; il appartient à la 5* division militaire, àlacour impér. fie Nancy, eta unévêché âSamt-Diêc
VOSGIEN i nllaborateurde Ladvocat. V. ladvocat.
VOSS îJ.-Henri), littérateur allemand, né en 1761 près de VVahren (Mecklembourg), mort en 1826, professa d’abord au séminaire philologique ou école normale de Gœttingue que dirigeait Heyne, devint recteur du collège d’Otterndorf en Hanovre (1778), passa bientôt à Eutin avec ce même titre, y resta 23 ans (1780-1803), et reçut du duc d’Oldenbourg une pension en récompense de ses longs services. II fut depuis 1806 attaché à l’université de Heidelberg. De longues et vives querelles tant avec Heyne qu’avec le comte Frédéric de Stolberg et Creuzer empoisonnèrent une partie de sa vie. It avait, comme poète et comme traducteur, un rare talent. Outre des poésies originales (18 idylles, des poésies diverses, un poème de Louise en trois chants, qui a inspiré à Gœthe Hermann et Dorothée), on lui doit les traductions complètes en vers d'Homère (1781, 2* édition, 1821), de Virgile (1799), d' Horace (1806, 2e édition, 1820), d'Hésiode et de V Argonautique d'Orphée (1806), de Théocrite, Dion et Moschus (1806), de Tcbulle (1810), d'Aristophane (1821) , d Aratus (1824), de divers passages des Métamorphoses d’Ovide (1798). Il a aussi trad. environ un tiers des pièces de Shakespeare (18 18-26). On estime beaucoup ses traductions de poètes grecs, surtout celle d Homère : chaque vers grec est rendu par un ver» allemand qui calque avec la dernière fidélité les formes et l'allure de l'original.
VOSSIUS (Gérard-Jean), savant allemand, né en 1577 à Heidelberg, mort en 1649, fut professeur de grec à Leydc, de philosophie à Steinfurt, prit ensuite la direction du collège théologique de Leyde fut suspendu en 1620 comme gomariste , et alla occuper une chaire d’histoire à Amsterdam (1633), Ses Œuvres complètes en latin forment 6 vol. infol., Amsterdam, 1701, et comprennent, entre autres ouvrages ; Y Histoire du Pélayiamsme (qui fut l’origine de sa destitution), un Traité de l'Idolâtrie ; un autre De la manière d'écrire l histoire, un Die-