ADAM
1860, réussit en 1813 à faire entrer l’empereur d’Autriche et le roi de Naples, Murat, dans la coalition contre Napoléon; fut en 1814 un des signataires du traité de paix avec Louis XVIII , et fut élevé la même année à la pairie héréditaire; devint successivement ministre des affaires étrangères dans le cabinet du duc de Wellington (1828-30), des colonies dans le premier ministère de R. Peel (1834-35), des affaires étrangères dans le second (1841-46), et présida lui-même, de 1852 à 1855, un cabinet mixte composé de whigs, de peelistes et de radicaux, qui fit conclure une alliance offensive et défensive avec la France; mais, ayant montré quelque lenteur à soutenir la guerre contre la Russie , il fut renversé et remplacé par lord Palmerston. Bien qu’appartenant au parti tory, lord Aberdeen se déclara en faveur des dissidents religieux (presbytériens et catholiques), et accepta la révolution de Juillet ainsi que les réformes économiques de R. Peel.
ADAM (Adolphe), compositeur, né à Paris en 1803, mort en 1856 , avait pour père un habile pianiste alsacien, Louis Adam (1760-1848), professeur au Conservatoire de Paris, à qui l’on doit une excellente méthode de piano. Ad. Adam reçut, avec les leçons de son père, celles de Boïeldieu , se fit de “bonne heure remarquer par la facilité de ses improvisations, obtint en 1825 le 2e grand prix de l’Institut et commença bientôt après à travailler pour le théâtre. Doué d’une merveilleuse fécondité, il composa, le plus souvent pour l’Opéra- Comique et en collaboration avec Saint-Georges ou Scribe, un grand nombre de pièces charmantes , entre autres: le Chalet ( 1834), le Postillon de Lonjumeau (1836) , le Fidèle Berger (1837), Gisèle , ballet délicieux (1841), le roi d’Ÿvetot (1842) , le Toréador (1849) , Giralda (1850) , le Corsaire (1856), ballet , le dernier de ses ouvrages et l’un des meilleurs. Élu en 1844 membre de l’Académie des Beaux-Arts, il fut nommé en 1849 professeur de composition au Conservatoire. Dans le but d’offrir aux jeunes compositeurs le moyen de se produire, Adam avait créé en 18461e Théâtre Lyrique , pour lequel il composa plusieurs jolis opéras (ie Bijou perdu, Si j’étais roi, etc.) ; mais les événements de 1848 lui ayant fait éprouver dans
ALGÉ
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cette entreprise des pertes ruineuses, il dut, pour les réparer, s’imposer de pénibles sacrifices et des travaux excessifs qui abrégèrent sa vie. Gomme compositeur, Adam se distingue par une musique fraîche, gracieuse, facile et correcte. Il possédait au plus haut degré l’entente de la scène lyrique, et excellait dans la disposition des voix. M. Halévy a lu à l’Acad. , en 1859, une Notice hist. sur Adam.
AFFfiE (Denis-Aug.) , archevêque de Paris, né en 1793 à Saint-Rome-de-Tarn (Aveyron), était neveu de l’abbé Boyer. Il étudia au séminaire de St-Sulpice, professa quelque temps la philosophie et la théologie, exerça successivement les fonctions de grand vicaire à Luçon, à Amiens et à Paris, fut nommé en 1839 coadjuteur de Strasbourg, avecle titre d’évêque in partibus de Pompéiopolis, fut, à la mort de M. de Quélen, élu vicaire capitulaire par le chapitre métropolitain de Paris, et fut sacré , en 1840, archevêque de cette ville. Dans cette haute position, il déploya beaucoup de zèle, de fermeté et d’indépendance. Il s’efforça en outre de faire fleurir les études ecclésiastiques et littéraires, et fonda dans ce but la maison des Carmes. Profondément ému du spectacle des discordes civiles, il voulut, le 25 juin 1848, s’interposer entre les combattants au faub. St-Antoine ; mais la lutte, un instant suspendue par sa présence, s’étant tout à coup rallumée, il fut atteint d’une balle, partie d’une main inconnue; il mourut deux jours après. Animé jusqu’au dernier soupir des plus nobles sentiments d’un évêque , il répétait ces belles paroles : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. >» L’Assemblée nationale lui fit ériger un monument dans la cathédrale. L’Académie française proposa sa mort héroïque pour sujet du prix de poésie. Outre ses Mandements et ses Instructions pastorales , Mgr Affre avait publié divers ouvrages qui se font remarquer par la solidité de l’instruction et la force de la logique, entre autres : Traité de V administration temporelle des paroisses, 1827 ; Essai historique et critique sur la suprématie temporelledes papes, 1829, où sont combattues les exagérations de l’abbé de Lamennais et de son école; Traité de l'appel comme d'abus , 1843, où sont réfutés des excès contraires; Introduction philosophique à l'étude du christianisme , 1844, ouvrage dirigé contre le rationalisme moderne. Ce prélat était resté attaché aux anciennes maximes de l’Église de France. M. l’abbé Cruice a publié sa Vie, 1849, in-S.
AIMÉ MARTIN. Voy. Martin (Aimé).
AIN-TAGUIN. Voy. Taguin.
ALBERT de Saxe-Cobourg , dit 2e Prince Albert , 2e fils d’Ernest, duc de Saxe-Cobourg, et frère du duc régnant, né en 1819 au château de Rosenau, mort en 1861, épousa en 1839 la reine Victoria, dont il eut neuf enfants. Il resta, conformément à la constitution anglaise, en dehors de la vie politique, mais il honora par son caractère son rôle de prince-époux et acquit une grande popularité par la protection libérale et intelligente qu’il accorda aux arts, aux lettres, à l’industrie et à l’agriculture : c’est à son initiative que l’on doit la grande Exposition universelle de 1851.
ALGÉRIE. Depuis l’époque où le général Bugeaud remplaça le maréchal Valée (29 déc. 1840), les principaux événements accomplis en Algérie sont : en 1841 , la destruction des places d’armes de l’émir , Tagdempt , Boghar, Thaza , Saïda ; l’occupation de Msilah et de Zamorah , la prise de Mascara; — en 1842, la prise de Sebdou, dernière . place d’Abd-el-Kader ; la réduction des Hachems et des tribus de l’Ouaransenis, qui avaient donné refuge à l’émir ; la soumission de l’anc. province de Titterie ; — en 1843, le brillant combat de Taguin, livré le 16 mai par le duc d’Aumale, qui
surprit Abd-el-Kader et dispersa sa smalah; la fuite de l’émir et sa retraite dans le Maroc; — en 1844, l’occupation de Bathna, de Biskara, de Dellys; les hostilités avec le Maroc, qui donnait appui à l’émir; le bombardement de Tanger, 6 août; la victoire décisive remportée près de l’Isly, dans le Maroc, par le maréchal Bugeaud, 14 août; la prise de Mogador par le prince de Joinville, 15 août; la signature de la paix avec le Maroc, 10 septembre; — en 1845, les nouvelles tentatives d’Abd-el-Kader, rentré dans la province d’Oran; l’insurrection du Dahra, excitée par Bou- Maza, mais bientôt réprimée par les colonels Saint- Arnaud et Pélissier; la soumission de l’Aurès par le général Bedeau ; le massacre d’un détachement de la garnison de Djemma-Ghazouat , attiré par trahison au marabout de Sidi-Brahim, 22 septembre; — en 1846, le châtiment des Issers, des Ouled-Naïls, des tribus de l’Ouaransenis , qui avaient de nouveau accueilli l’émir; enfin l’anéantissement de la puissance d’Abd-el-Kader, qui, rejeté dans le Maroc et réduit à l’extrémité , prend le barbare parti de massacrer les prisonniers français;— en 1847, la soumission spontanée des Kabyles habitant entre Bougie et Sétif ; la reddition de Bou-Maza, qui, depuis deux ans, agitait le Dahra; l’expédition contre la Grande-Kabylie (à l’E. de Dellys), accomplie par le maréchal Bugeaud, qui, peu après, contrarié dans ses plans, se retire et est remplacé par le duc d’Aumale (il sept.); enfin , la soumission d’Abd-el-Kader, qui, inquiété dans le Maroc, vient se rendre au général Lamoricière (23 décembre) et est transféré en France; — en 1848 , à la suite de l’insurrection de juin, la création de colonies agricoles, composées surtout d’ouvriers inoccupés des villes ; — en 1849, la répression de plusieurs tentatives d’insurrection, de celle notamment de l’oasis de Zaatcha, dans le Zab, enlevée par le colonel Canrobert après un assaut meurtrier (26 novembre); — en 1850, la destruction de Narah, dans l’Aurès, foyer de rébellion pour les Kabyles; la réduction du sahel de Sétif par le général de Barrai ; la transportation à Lambessa des insurgés de juin non graciés; — en 1851 , l’expédition contre la Petite- Kabylie (entre Djijelli et Collo), dirigée par le général Saint-Arnaud, et couronnée du plus brillant succès (mai-juin); — en 1852, l’expédition non moins heureuse du général Mac-Mahon contre la partie la plus orientale de la Petite-Kabylie (àl’E. de Collo); la répression des tribus soulevées par le chérif Bou-Bargla; la réduction définitive du Djurjura par les généraux Camou et Pélissier; la prise de Laghouat (4 déc.), et la soumission d’Aïn- Mahdy ; — en 1853, la défaite du chérif d’Ouargla et la prise de cette ville; — en 1854, l’expédition contre le Sébaou ; la reddition de Tuggurt (2 déc.) ; la mort de l’agitateur Bou-Bargla, tué par le caïd des Beni-Abbès; — en 1855, le développement des travaux civils (création de villages, routes, cultures diverses, mines, etc.); — en 1856, la prompte répression d’insurrections partielles sur les rives du Sébaou , dans les monts Babor et dans le Djurjura; — en 1857, la réduction définitive, opérée par le maréchal Randon, des parties non soumises de la Grande-Kabylie, bientôt suivie de l’ouverture de nouvelles routes et de la création de chemins de fer : le 1er a été ouvert en 1862.
Définitivement divisée en trois grandes provinces, celles d’Alger au centre, d’Oran à l’O., de Constantine àl’E., l’Algérie offre dans chacune de ces provinces plusieurs subdivisions, qui sont administrées les unes civilement, les autres militairement, et dont le nombre a varié avec les progrès de la colonie.
La population indigène est évaluée à 3 millions