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BAOU

sans nom, le Vieillard et le Jeune homme, sortes de poèmes philosophiques qu’il fit paraître successivement, en sont des épisodes; les Essais de Palingénésie sociale, qui parurent en 18*27 (en tête d'Orphée ), en sont l'introduction. Il exposa des idées moins chimériques dans ses Institutions sociales (1828). Les écrits de Ballanche valent surtout par la beauté de la forme et la noblesse des conceptions; mais ses idées sont présentées sous un voile symbolique qui ne permet pas toujours de les bien saisir: elles sont d’ailleurs empreintes d un mysticisme qui leur ôte toute valeur scientifique. Ses OEuvres ont été réunies par lui en 1830, 4 vol. in-8 , et en 1832, 6 vol. in-8. M. Al. de St- Priest,. son successeur à l’Académie, l’a fort bien apprécié dans son discours de réception.

BALTARD (L. -Pierre), architecte et graveur, né en 17G4 à Paris, mort en 1846, manifesta de bonne heure d’heureuses dispositions pour le dessin, fut remarqué par le baron de Breteuil , ministre de la maison du roi , qui lui procura les moyens de visiter l’Italie, et prit à Rome le goût de l’archüecture. Rappelé en France par la Révolution, il s’enrôla , fut adjoint au génie militaire, et devint successivement professeur d’architecture à l’Ecole polytechnique, à l’École des Beaux-Arts, architecte du Panthéon, membre des conseils des bâtiments et des travaux publics. On doit à Baltard plusieurs constructions monumentales ( Palais de justice de Lyon , Chapelles de St-Lazare et deSte- Pélagie , etc.). Enoutre ila gravé, avec un talent qui l’égale au célèbre Piranesi, une foule de planches soit au burin , soit à l’eau-forte ou à Vaqua-tinla , notamment des Vues des monuments de Rome (1801) ; les planches du Voyage en Égypte deDenon (1802); Paris et ses monuments (1803) , la Colonne de la Grande armée (1810), ainsi que les planches du Voyage en Espagne d’Alex, de Laborde , du Voyage à Thèbes de Caillaud , des Antiquités de la Nubie de Gau , et les Grands prix d'architecture , collection continuée par son fils. — Celui-ci, M. Victor B., né en 1805, est lui-même un de nos architectes les plus distingués : il a achevé le Nouvel hôtel du Timbre , a commencé les Halles centrales et publié la Villa de Médicis, 1848.

BALZAC (Honoré de), fécond romancier, né à Tours en 1799, mort à Paris en 1850, était fils d’un ancien secrétaire du conseil du roi. Il étudia au collège de Vendôme, débuta fort jeune dans la carrière littéraire par des romans médiocres, publiés pour la plupart sous le voile du pseudonyme; fut imprimeur à Paris de 1826 à 1829, quitta, après de graves pertes, une profession qui convenait peu à ses goûts, et se remit à écrire, mais en adoptant une manière toute nouvelle, qui le conduisit rapidement au succès. Il donna en 1830, sous son vrai nom cette fois, la Physiologie du mariage, vive satire de l’état conjugal, qui assura sa réputation; il ne'cessa depuis de produire des romans et des nouvelles, qui parurent pour la plupart dans les recueils ou les feuilletons du temps, et qui furent lus avec avidité. Après une vie laborieuse et précaire , il était enfin arrivé à la renommée et à l’aisance, et venait de contracter une alliance honorable en s’unissant à la comtesse Eveline de Hanska, lorsqu’il fut enlevé par une mort prématurée, dans la force de l’âge et du talent. Balzac avait entrepris de décrire sous toutes ses faces la société contemporaine , et il a , dans ce but , mais après coup , distribué toutes ses œuvres sous un certain nombre de chefs qui devaient tout embrasser : Scènes de la vie privée , — de la vie parisienne , — de la vie de province, — de la vie politique, — de la vie militaire, — de la vie de campagne , Études philosophiques, Éludes analytiques ; le tout devait

fôrmer la Comédie humaine; mais il n’a pu remplir un si vaste cadre. Parmi ses œuvres publiées, dont le nombre ne s’élève pas à moins de 90, on remarque, outre les romans déjà cités, la Femme de trente ans , la Femme abandonnée , le Père Goriot , les Parents pauvres , le Lis dans la vallée, Eugénie Grandet, V Illustre Gaudissart , César Birotteau , Un Prince de la Bohème, le Médecin de campagne , le Curé de village, la Peau de chagrin, la Recherche de l’oüsolu, le Député d'Arcis (laissé inachevé, et terminé par M. Rabou). Balzac s’essaya aussi sur la scène, mais avec moins de bonheur : son drame de Vautrin, joué en 1840, fut défendu comme immoral et dangereux; cependant, Mercadet le Faiseur et la Marâtre t, représentés après sa mort, obtinrent un succès de vogue. Balzac est incontestablement un grand peintre de mœurs : on trouve dans ses romans, avec un intérêt vif et soutenu, avec un style pittoresque et original, quoique peu correct, une rare profondeur d’observation, une vérité de description frappante, ainsi qu’une grande subtilité d’analyse; il a créé des types qui resteront: il a surtout excellé à peindre la femme et à saisir les ridicules de la bourgeoisie ; mais il s’est plu à représenter le côté le plus défectueux de notre société; enoutre, affectant le ton d’un homme sans principes , prenant tous les rôles, il se montre alternativement, et comme indifféremment, moralisle sévère, mystique rêveur, ou cynique effronté. On doit à M. Ste-Beuve des Études littéraires sur Balzac. Une édition illustrée de ses OEuvres a été publiée par Furne (20 vol. in-8 , 1842-1852).

BANDERALI (David), célèbre chanteur, né en 1789 à Palazzo, en Lombardie, mort à Paris en 1 849, se fit remarquer dès l’âge de 1 7 ans au théâtre de la Scala, à Milan , fut apprécié de la princesse Amélie, femme du prince Eugène, vice-roi d’Italie, qui le choisit pour maître de chapelle et pour professeur de musique de ses enfants, devint quelques années après professeur au Conservatoire de Milan , et compta parmi ses élèves Rubini , Pellegrini et Mme Pasta. Appelé en 1828 au Conservatoire de Paris , il y forma de nombreux élèves, dont plusieurs brillent encore sur nos scènes lyriques. Banderali avait une méthode large et expressive, et un goût exquis. Il a laissé des vocalises et des compositions qui sont restées classiques.

BAOUR-LORMIAN (Louis), poète français, né en 1770 à Toulouse, mort à Paris en 1854, était fils d’un imprimeur. Après avoir débuté dans sa ville natale, il vint à Paris, y publia dès 1795 une traduction en vers de la Jérusalem délivrée , œuvre imparfaite , qui fut vivement critiquée , surtout par Lebrun, ce qui l’engagea dans une guerre d’épigrammes avec ce poète; donna en 18ul une traduction, également envers, des Poésies d'Ossian, qui obtint la vogue et lui valut la faveur du Premier Consul ; fit représenter en 1809 Omasis ou Joseph en Égypte, trag. en 5 actes, qui réussit, grâce à l’élégance de la versification , mais où l’action dramatique était presque nulle, et la fit suivre en 1 8 1 1 de Mahomet II, où il fut moins heureux. S’essayant en outre dans les genres les plus divers, il publiait des Veillées poétiques et morales (1811), imitées d’Younget d’Hervey, enfantait une épopée, l’Atlantide ou le Géant de la Montagne (1812), écrivaitdes Satires, où, tout en attaquant ses adversaires, Chénier, Lebrun, etc., il se montrait piquant sans être amer; chantait dans des Odes et des Hymnes les divers gouvernements qui se succédaient en France; donnait des opéras ( Jérusalem délivrée , Aminte , l'Oriflamme , Alexandre à Babylone ), et composait des contes et des romans. En 1819, il refondit entièrement sa traduction du Tasse, qui cette fois obtint un

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