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Juillet, il sévit forcé de céder son commandement et de quitter la France. Il tenta inutilement, de concert avec la duchesse de Berry, de relever la cause royale en armant la Vendée ( 1 832), puis il se mit au service de don Miguel, en Portugal, mais sans obtenir plus de succès. Ayant enfin renoncé atout rôle politique, il put rentrer en France, et alla finir ses jours dans son château de Bourmont.

BOYER (Pierre-Denis), théologien, né en 1766 à Séverac près de Rodez, mort en 1842, s’unit à l’abbé Ëmery pour relever le séminaire de Saint- Sulpice, dont il devint directeur api ès lui. Il seconda l’abbé Frayssinousau début de ses célèbres conférences, et se livra avec succès à la prédication des stations et des retraites ecclésiastiques. L’abbé Boyer était gallican. Cet homme sage combattit avec force toutes les exagérations; c’est dans ce but qu’il publia les ouvrages suivants : De la liberté des cultes selon la Charte, 1 8 1 9 ; Examen de la doctrine de M. de Lamennais, 1834: Défense de l'ordre social contre le carbonarisme moderne , 1835. On estime surtout ses Discours pour les retraites ecclésiastiques, 1842. L’abbé Boyer était oncle de l’abbé Affre.

Boyer (J. -Pierre) , président de la République d’Haïti, ne en 17 76 au Port-au-Prince, mort à Paris en 1850, était homme de couleur, né d’un colon provençal et d’une négresse de Guinée. Reconnaissant des décrets par lesquels la République française avait aboli l’esclavage, il seconda d’abord de tout son pouv ir les généraux français qui tentèrent de rétablir à Saint-Domingue l’autorité de la métropole, et combattit avec eux contre les Anglais et contre Toussaint-Louverture ; mais, après le mauvais succès de l’expédition du général Leclerc et la proclamation de l’indépendance d’Haïti, il s’unit à Pétion.qui le prit d’abord pour secrétaire, et qui l’éleva rapidement aux grades de colonel et de général: il l’aida en 1806 à renverser le tyran Dessalines et à combattre Christophe, qui l’avait remplacé, mérita d’être désigné par Pétion mourant pour lui succéder dans la présidence, fut reconnu avec acclamation en 1818, réunit sous sa domination l’île entière par l’effet de la mort du roi Christophe (1820) et de la soumission de la partie espagnole (1822), fit reconnaître l’indépendance de la République parla France en 1825, en stipulant une indemnité de 1 50 millions, et porta la nouvelle République à son plus haut degré de prospérité, mais n’en fut pas moins attaque par une opposition aussi violente qu’injuste. Voyant l’insurreclicn près de triompher, il se démit de la présidence en 1843 et se retira d’abord à la Jamaïque, puis en France, où il termina ses jours dans la retraite. Après sa chute, Haïti a été livrée à de perpétuelles révolutions.

BKACONNOT (Henri), chimiste, né à Commercy en 1780, mort en 1854, servit pendant six ans comme pharmacien militaire, vint, à la paix de 1802 , compléter à Paris ses études scientifiques, puis alla se fixer à Nancy, devint en 1807 membre de l’Académie de cette ville et directeur du jardin botanique, et fut élu en 1823 correspondant del’Institut. Il se livra surtout à la chimie végétale et avança cette science par ses analyses exactes : on lui doit la connaissance des acides bolétique , aconi tique, nancéique, ellagique, pectique, pyrogallique , la découverte de la légumine, celle de la stéarine, ainsi que l’invention de la bougie stéarique (1818) , enfin la curieuse découverte du sucre de bois (1819). Aussi modeste et timide que savant, il ne se montra pas moins bienfaisant : il légua 280 000 fr. à la ville de Nancy. M. J. Nicldès, professeur à la Faculté de Nancy, a donné une notice sur Braconnot , sa vie et ses travaux , 1856.

BRAZIER (Nicolas), fécond vaudevilliste, fils

d’un instituteur, né à Paris en 1783, mort en 1835, était membre et l’un des plus joyeux convives du Caveau moderne. Il a composé, le plus souvent en société avec Dumersan, Garmouche, Théaulon. Mélesville, Dartois, Merle, Vanderburch, Ourry, un nombre prodigieux de petites pièces, pleines de gaieté et d’à-propos, dont plusieurs obtinrent la vogue, entre autres le Ci-devant jeune homme, le Savetier et le Financier, le Coin de rue , le Soldat laboureur , les Ouvriers , Préville et Taconnet,les Cuisinières (ces trois dernières avec Dumersan), la Laitière de Montfermeil. Il a aussi donné plusieurs recueils de chansons et a écrit l’ Histoire des petits théâtres ( 1 838), histoire que personne ne pouvait mieux connaître.

BRÉA (J.-B.-Fidèle) , général français, l’une des plus déplorables victimes de l’insurrection de juin 1848, né en 1790 à Menton (principauté de Monaco), était sous-lieutenant à 17 ans. Il se distingua en 1813 à la prise de la redoute de Holzhausen et à la bataille de Leipsick, où il fut laissé pour mort; en 1815, à celle des Quatre-Bras, où il enfonça un régiment écossais; prit une part honorable aux campagnes d’Espagne et de Belgique sous la monarchie, et parvint en 1 845 au grade de maréchal de camp. Chargé en 1848 d’opérer contre les insurgés de la rive gauche de la Seine, il avait déjà réussi à les rejeter hors des murs : dans l’espoir d’amener par des moyens pacifiques la fin des hostilités, il s’avança pour parlementer en dehors de la barrière Fontainebleau ; mais il fut traîtreusement saisi et, après mille outrages, lâchement assassiné (25 juin). Menton, sa patrie, et la ville de Nantes, où il avait longtemps commandé, lui ont élevé des monuments.

BRIFAUT (Ch.), poète, né à Dijon en 1781, mort en 1857 , a composé un poème de Rosamonde (1813), imité d’Addison : plusieurstragédies dont la meilleure est Ninus II (1814); un opéra, Olympie (1820). mis en musique par Spontini; des Dialogues , Contes et autres poésies (1824) , et a laissé plusieurs ouvrages inédits, que MM. Rives et Bignan ont publiés après sa mort (1858 , 3 vol. in-8). On y remarque une tragédie de François Ier à Madrid , des comédies, l'Amour et l’Opinion la Tante et le Neveu, le Protecteur ; d’intéressantes nouvelles et de piquants souvenirs ( Récits d'un vieux parrain à son jeune filleul, Passe-temps d’un reclus). Il avait été reçu à l’Académie française en 1826. Dévoué à la légitimité, M. Brifaut exerça sous la Restauration les fonctions de censeur dramatique et fut pensionné par Charles X.

BR1ZEUX (A,), poète breton, né en 1808 à Quimperlé (Finistère), mort en 1858 à Montpellier, mena une vie modeste et cachée, qui fut remplie par un amour également vif pour la poésie et pour la Bretagne, son pays. Il débuta en 1831 par le poème de Marie , où il ne faisait qu’exhaler ses sentiments intimes, publia en 1842 les Ternaires, où il essayait un rhythme nouveau, et consacra la plus grande partie de sa vie à un poème national, les Bretons, qui parut peu d’années avant sa mort. On lui doit aussi une traduction estimée, en prose, de la Divine Comédie de Dante (1843). Sa poésie se distingue par la pureté, la facilité et par une sensibilité vraie.

BRONGNIART (Alexandre), minéralogiste, né en 17 70 à Paris, mort en 1 847 , était fils du célèbre architecte. Élève de l’École des mines, il devint ingénieur des mines en 1794, professeur d’histoire naturelle à l’École centrale des Quatre- Nations en 1796, remplaça Haüy comme professeur de minéralogie au Muséum; fut dès 1800, nommé directeur de la manufacture de porcelaine deSèvres , fonctions qu’ilconserva jusqu’à sa mort, et entra en 1815 à l’Institut. Il avait débuté dans

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les publications scientifiques par un Mémoire sur l'art de l’émailleur, qui attira l’attention de Berthollet ; il donna en 1807 un Traité élémentaire de minéralogie, rédigea en 1 8 1 2, de concert avec Cuvier, la Géographie minéralogique des environs de Paris, donna en 1832 l'Histoire naturelle des crustacés fossiles (avec Desraarets) , et publia en 1844 un Traité des arts céramiques ou des Poteries, 2 vol. in-8, avec atlas, œuvre capitale, qui résume les recherches de toute sa vie. Al. Brongniart avait aussi cultivé avec succès la zoologie : on lui doit la division des reptile? en quatre ordres {sauriens, batraciens , chéloniens , ophidiens) ; parmi les fossiles, il étudia surtout les trilobites, dont le nom même lui est dû. On a de lui une foule de Mémoires sur les sujets les plus ardus, et d’intéressants Voyages. Comme directeur de la manufacture de Sèvres, il renouvela et perfectionna l’industrie de la peinture sur verre, que l’on croyait perdue , et créa le Musée céramique (dont il a luimême publié la Description avec M. Riocreux, 2 vol. in-4, et atlas). — Son fils, M. Adolphe Brongniart, né en 1801, membre de l’Institut et du conseil de l’instruction publique, est surtout connu par ses travaux sur la Botanique fossile et sur Y Organographie.

BRUAT (Armand-Joseph), amiral, né à Colmar en 1796, mort en 1855, se forma à l’école de Brest. 11 était capitaine de vaisseau lorsqu’il fut nommé, en 1843, gouverneur des îles Marquises, puis des établissements de l’Océanie. Il réussit, malgré les intrigues anglaises, à faire accepter par la reine de Taïii, Pomaré, le protectorat de la France, obtint a son retour le grade de contreamiral, fut nommé en 1849 gouverneur des Antilles françaises, maintint l’ordre et le travail dans les colonies troublées par la récente émancipation des esclaves, remplaça en 1854 l’amiral Hamelin dans le commandement en chef de la flotte française en Crimée, se distingua par une expédition hardie dans la mer d’Azov, ainsi que par la prise de Kinburn (15 octobre 1855), et reçut en récompense le titre d’amiral; mais il fut fieu après enlevé par une maladie sur le vaisseau même qui le ramenait en France.

BRUÉ (A. -H.), un des meilleurs cartographes modernes, né en 1786, mort en 1832 à Paris, du choléra, a donné divers atlas et des cartes spéciales, qui sont également remarquables par la pureté de la gravure et l’exactitude des renseignements, et qui sont devenus classiques. Son principal titre est son Atlas universel : publié d’abord en 1 820 en 36 cartes , cet atlas a été graduellement augmenté par lui et par M. P. -Ch. Picquet, qui s’en rendit acquéreur. Brué dessinait directement sur cuivre (en grec cypron) : il a donné aux cartes dressées par ce procédé le nom de cartes ency protypes .

BRUNEL (Marc-Isambert), ingénieur français, né en 1769 à Hacqueville (Eure), mort à Londres en 1849, montra de bonne het«.re un goût instinctif pour la mécanique, servit quelque temps dans la marine française, émigra en 1793, résida six ans aux États-Unis, où il exécuta d’importants travaux, alla en 1799 se fixer en Angleterre, y appliqua plusieurs inventions ingénieuses qui l’enrichirent promptement, notamment une machine à fabriquer des poulies pour la marine, une scierie de bois de marqueterie, un moulin à scier pour l’arsenal de Chatam, et mit le sceau à sa renommée en formant et exécutant le hardi projet d’un tunnel sous la Tamise ; conçus dès 1819, ses plans ne commencèrent à être mis à exécution qu’en 1824; le travail ne fut terminé qu’en 1842. Élu dès 1813 membre de la Société royale de Londres, Brunei en devint en 1833 le viceprésident. Il était correspondant de l’Institut. —

Son fils , né à Portsmouth en 1808, mort en 1859, le seconda dans la plupart de ses travaux, dirigea la construction du chemin de fer le Great-Westcrn , et s’appliqua également avec succès à la construction des bâtiments et des machines à vapeur ; c’est lui qui construisit les steamers colossaux le Great-Eastern et le Leviathan.

BUCH (Léopold de), géologue prussien, né en 17 74 à Stolpe (Uckermark), m. en 1853, consacra sa vie à des excursions géologiques, visitant le Vésuve, les volcans éteints de l’Auvergne, les Alpes et les montagnes de l’Allemagne, les îles Scandinaves, les Hébrides, les Canaries, et fit faire de grands pas à la géologie et à la paléontologie. Le roi de Prusse, pour rendre hommage à son mérite , le nomma chambellan. Élève du minéralogiste Werner, L. de Buch avait d’abord adopté la doctrine neptunienne de son maître; ses études personnelles le conduisirent plus tard à se rallier aux doctrines vulcaniennes et à la théorie des soulèvements, développée depuis par M. Élie de Beaumont. On a de lui: Description géognostique de la Silésie (1797), Observations géognostiques faites en Allemagne et en Italie (1802-1809), Voyage en Norvège et en Laponie ( 1 8 1 0) , Description physique des îles Canaries (1825), etc. Il a donné un grand nombre de mémoires (notamment sur les ammonites , les cér alites , les térébratules ,etc.b Un de ses plus important s travaux est sa Carte géognostique de l'Allemagne (1832) . De Buch était associé étranger de l’Institut. M. Flourens a lu à l’Institut en 1856 une Notice sur ce savant.

BUCHON (Jean-Alexandre), né en 1791 près de Bourges, mort en 1846, prit une part très-active aux luttes du parti libéral contre la Restauration, puis se renferma dans les travaux d’érudition. Après avoir longtemps voyagé et avoir rassemblé de nombreux documents, il fut nommé en 1828 inspecteur des archives et bibliothèques, mais fut destitué sous le ministère Polignac, à cause de ses opinions libérales. En 1830, il fut chargé d’une mission en Grèce , d’où il rapporta des documents précieux. Il a publié une Collectioji de chroniques françaises du xme au xvie siècle, 1824-29, 47 vol. in-8, qu’il compléta en éditant les Chroniques étrangères relatives aux expéditions françaises du xme siècle, 1840, et de nombreux Mémoires historiques (dont plusieurs inédits), insérés dans le Panthéon littéraire, vaste publicationdont il fut un des fondateurs. On lui doit aussi de savantes Recherches historiques sur la domination française dans les provinces de l'empire grec, 1840-1842. Il avait entrepris, avec plusieurs collaborateurs . une Histoire universelle des religions, 1844, qui n’a pas été achevée.

BUCKLAND (le révérend W.), célèbre géologue , né en 1782, près d’Eastminster, mort en 1856, étudia en théologie à Oxford , se livra en même temps avec succès aux sciences naturelles, devint en 1813 professeur de géologie et de minéralogie à l'université de cette ville, et joignit à ce titre en 1845 le doyenné de Westminster. Il obtint, tant par ses cours que par ses travaux, une très-grande autorité dans la science et mérita d’être nommé correspondant de l’Institut. Il s’efforça surtout de confirmer par les découvertes de la” géologie les récits de la Genèse. Ses principaux ouvrages sont: Reliquiæ cliluvianæ (1823) ; La géologie et la minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle (1837) : ce dernier ouvrage fait partie des Traités dits de Briclgewater et a été traduit avec succès par M. L. Doyère (1838, 2 vol. in-8).

BUGEAUDde LaPiconnerie (Thomas- Robert), maréchal de France , né à Limoges en 1784, d’une famille noble, mort à Paris en 1849, s’engagea en 1804 comme simple vélite, fit avec distinction les

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