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ritime, ou en s’emparant des événements de l’histoire nationale. Il brille par la parfaite fidélité des descriptions plus encore que par l’intérêt du récit. Le premier de ses romans qui ait fait sensation en Europe est l'Espion (1821), dont le sujet est tiré de la guerre de l’indépendance; vinrent ensuite les Pionniers, le Pilote, le Dernier des Mohicans, la Prairie, les Puritains d'Amérique, le Corsaire rouge , l’Écumeur des mers , le Bravo , le Bourreau de Berne , les Lions de mer. Tous ces romans, dont quelques-uns balancèrent la vogue de ceux de Walter Scott, furent traduits à mesure qu’ils paraissaient par M. J. -B. Defauconpre't ou par M. B. Laroche; il a été donné en outre deux recueils des OEuvres traduites deFen. Cooper, l’un par M. Defauconpret (chez Furne, 1838-45), l’autre par MM. B. Laroche et A. Montémont (chez Didot, 1835, et années suiv.). Fen. Cooper a laissé une Histoire de la marine des États-Unis et quelques écrits politiques qui n’ont d’intérêt que pour ses compatriotes.
CORBINEAU (J.-B.-Juvénal, comte), un de nos plus braves généraux de cavalerie , né à Marchiennes (Nord), en 1776, mort à Paris en 1848, était sous- lieutenant au régiment de Berry en 1792 II prit une part glorieuse à toutes les campagnes de la République et de l’Empire , déploya les plus grands talents militaires à la bataille d’Ocana (1809), s’empara de Grenade, dont il fut nommé gouverneur (1810), sauva la grande armée au passage.de la Bérésina (1812), en découvrant un gué , remplaça Vandamme fait prisonnier à Culm, et assura” la retraite de l’armée française en enfonçant le corps du général Kleist (1813); arracha à une mort certaine l’Empereur, surpris par les Cosaques près de Brienne (30janv. 1814), reprit Reims sur les Russes le 6 mars, et réussit, en défendant contre des forces considérables cette ville ouverte, à retarder la marche de l’ennemi. Général de division et aide de camp de l’Empereur en 1814, il fut après les Cent-Jours mis en disponibilité , et ne reprit du service qu’en 1830. Il avait été fait sous l’Empire comte et grand officier de la Légion d’honneur : Louis-Philippe le nomma grand cordon et pair de France (1835). — De ses deux frères, l’un, Constant, l’aîné, aide de camp de l’Empereur , fut tué en 1807 à Eylau d’un coup de canon; l’autre, Hercule, major de la garde à Wagram , fut laissé pour mort, puis amputé de la jambe; il mourut en 1826 receveur général à Châlons-sur-Marne. — Les trois frères, également distingués par leur bravoure, avaient été surnommés dans l’armée les trois Horaces. Napoléon donna pour armes à cette famille héroïque ; trois Iras.
CORTOT (Jean-Pierre), statuaire, né à Paris, en 1787, de parents pauvres, mort en 1843, suivit l’école gratuite de dessin de Bachelier, fut admis fort jeune à l’École des Beaux-Arts-, y remporta en 1809 le grand prix', fut envoyé à Rome, où son talent se mûrit promptement, et fut nommé, en 1825, membre de l’Institut et professeur à l’École des Beaux-Arts. Il a exécuté une foule d’ouvrages, la plupart pour des établissements publics, parmi lesquels on remarque; Sainte Catherine, pour l’église Saint-Gervais, à Paris; P, Corneille , pour la ville de Rouen; Louis XIII , pour la place Royale, à Paris; la Captivité de Louis XVI, bas-relief pour le Palais de justice; les statues colossales de Brest et de Rouen, pour la place de la Concorde; Casimir Périer, en bronze, au Père-Lachaise; le Soldat de Marathon, aux Tuileries ; un grand nombre de bustes, plusieurs sculptures pour l’Arc de triomphe de l’ Étoile ; enfin, le fronton de la Chambre des Députés, vaste travail qu’il ne termina qu’en 1841, et qui lui valut la croix d’officier de la Légion d’honneur.
COURTOIS (Bernard), chimiste, né à Dijon en 1777 , mort en 1838 , était fils d’un salpêtrier. Après avoir étudié la chimie , il se livra à l’industrie , et établit en 1804 une nitrière artificielle (fabrique de salpêtre). En traitant les eaux-mères des soudes qu’il employait dans ses fabrications, il y découvrit, en 1812, un corps nouveau qu’il isola, mais dont il laissa l’étude à d’autres. Ce corps, qui a pris depuis une si grande importance dans l’industrie et dans la médecine, est celui auquel Gay-Lussac donna le nom d'iode. Ruiné par la paix, qui ouvrit la France aux salpêtres étrangers, Courtois luttait contre la misère, lorsque l’Académie des Sciences, sur la proposition de Thénard, lui décerna un prix de 6000 francs pour sa découverte.
COUSIN d’Avallon (Charles), infatigable compilateur, né en 1769 , à Avallon (Yonne) , mort dans la misère , en 1840 , mit à la mode les recueils d’anecdotes et bons mots connus sous la désignation d ’ Ana (Voltairiana, Roussæana, Molierana, etc.), écrivit des histoires de Kléber, Desaix, Pichegru, Moreau, Bonaparte, etc.; coopéra au Dictionnaire historique de Prudhomme, et composa des romans ainsi que des ouvrages de circonstance.
CRAMER (J. -J.), pianiste et compositeur, né en 1771 à Manheim, m. en 1860, eut pour premier maître son propre père, habile violioniste établi à Londres , reçut ensuite à Vienne des leçons de démenti pour le piano, se perfectionna par l’étude approfondie des œuvres de Bach , de Hændel , de Haydn; se fit admirer partout pour la merveilleuse souplesse , la pureté et l’élégante simplicité de son jeu , et créa une grande école à laquelle on peut rapporter Kalkbrenner, Moschelès, Bertini, Chopin, etc. On a de lui des sonates, des rondos, des concertos, et 84 Études, qui sont restées classiques.
CRESCENTINI (Girolamo), célèbre soprano, né près d’Urbin en 1769, mort à Naples en 1846, débuta à Rome en 1 788 , chanta ensuite à Padoue , à Venise, à Milan, à Vienne et à Lisbonne, et excita un tel enthousiasme qu’on le surnomma l’ Orphée italien. Il excellait surtout dans les opéras de Giulio Sabino , de Romeo e Giulietta , de Semiramide. Napoléon l’attira en France par des avantages considérables : à la suite d’une représentation de Roméo et Juliette , où Crescentini avait arraché des larmes à tout son auditoire, il le nomma chevalier de la Couronne de fer. Crescentini quitta la France en 1812, pour se rendre à Naples, où il était appelé comme professeur de chant. Ce célèbre chanteur était en même temps bon compositeur; on lui doit une admirable Prière de Romeo et un bon recueil de vocalises.
CREUZER (Fréd.), un des savants les plus distingués de l’Allemagne, né à Marbourg en 1771 , m. en 1858, fut nommé en 1804 prof, de philologie et d’histoire ancienne à Heidelberg , fonctions qu’il conserva jusqu’à la fin de sa longue vie, et fonda dans cette ville un séminaire philologique. Il publia à Leipsickde 1810 à 1812, en allemand, la Sy mbolique et la Mytho logie des peuples anciens ; cet ouvrage , que M. Guigniaut a traduit en le refondant, rendit son nom célèbre par toute l’Europe, mais souleva en Allemagne une vive polémique. On lui doit en outre un grand nombre de travaux éminents sur l’histoire et l’archéologie ; De l'art historique chez les Grecs (1802); Dionysus,seu Commentationes de rerum bacchicarum orphicarumque originibus( 1 SOS) ; Études sur les antiquités romaines (1824); De l’histoire et de l’archéologie romaines (1836) ; ainsi que plusieurs éditions d’auteurs anciens, entre autres une édition magnifique des Ennéades de Plotin, imprimée à Oxford en 1835, 3 vol. in-4, dont malheureuse-
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ment la correction n’égale pas la beauté. Il fit paraître en 1848 son autobiographie sous le titre de Vie d'un vieux professeur. Fr. Creuzer était membre de presque toutes les sociétés savantes de l’Europe et associé de l’Institut.
CZAR.TORYSKI (Adam), prince polonais, né à Varsovie en 1770, mort en 18G1, était fils du prince Adam Casimir. Envoyé comme otage en Russie après la défaite des Polonais en 1792, il gagna l’amitié du grand duc Alexandre , qui le fit nommer ambassadeur à Turin. Il accompagna ce prince devenu empereur dans toutes ses campagnes contre les Français, fut nommé en 1815 sénateur palatin du royaume de Pologne et em¬
ploya son crédit à protéger ses compatriotes; mais, n’ayant pas tardé à reconnaître son impuissance, il alla vivre dans la retraite. Il prit part au soulèvement de 1830 et fut quelque temps président du gouvernement provisoire, mais il se vit bientôt débordé et résigna ses fonctions : il servit alors comme simple soldat et ne posa les armes qu’après le triomphe définitif des Russes. Dépouillé des biens immenses qu’il possédait en Pologne, il vint se réfugier à Paris*, il habitait l’hôtel Lambert (île Saint-Louis), qu’il restaura magnifiquement et qui devint le rendezvou de l’émigration polonaise ; il était luf-même comme le roi constitutionnel de la Pologne.
DAGUERRE (L. -Jacques Mandé), peintre, l'un des inventeurs de la photographie , né en 1788 , à Cormeilles-en-Parisis , mort en 1851 , se consacra d’abord à la peinture de décors, et exécuta en ce genre des tableaux remarquables, notamment les décorations d'Aladin, à l’Opéra ; inventa, en 1822 , le Diorama , spectacle de jour d'jm genre tout nouveau , qu’il exploita avec M. Bouton , et reproduisit sur ses merveilleuses toiles les plus belles vues de l’univers ; se lia peu après avec M. Niepce, de Dijon, qui depuis longtemps recherchait les moyens de reproduire les gravures par la seule action de la lumière, et s’associa à ses travaux, mais ne découvrit qu’en 1839, six ans après la mort de Niepce, le procédé aujourd’hui employé pour fixer les images sur la plaque métallique, procédé qui a reçu en son honneur le nom de Daguerréotype. Cette admirable découverte fut aussitôt livrée au public, et Daguerre reçut de l’État, outre des récompenses honorifiques, une pension de 6000 fr. Il a publié r Historique et description du daguerréotype et du diorama , 1839; Nouveau moyen de préparer les plaques photographiques , 1844. La Société libre des Beaux- Arts , dont il était membre , lui a élevé un monument à Petit-Brie (Seine), où il est mort.
DALTON (John), physicien et chimiste, né en 1766 à Englesfield (Cumberland), d’une honorable famille de quakers, mort en 1844 à Manchester, enseigna longtemps les mathématiques dans cette dernière ville, puis s’appliqua à la physique et à la chimie. Il étudia surtout les phénomènes produits par l’action de la chaleur sur les gaz et les vapeurs, et imagina (1802) ou plutôt mit en lumière la théorie atomique , qui , dès 1789 , avait été entrevue par Higgins : il supposait que les corps sont composés de particules indivisibles qui s’unissent entre elles dans des proportions définies que le calcul détermine. Ses principaux ouvrages sont : Meteorological observations (1 793) ; New System of Chemical philosophy (1808-18 1 0). Dalton était membre de la Société royale de Londres et associé de l’Institut. Plusieurs de ses Mémoires ont été traduits dans le Journal des Mines.
DAMIRON (Philibert) , professeur de philosophie, né en 1794 à Belleville (Rhône), mort en 1862, fut admis à l’École normale en 1813, y puisa le goût de la philosophie dans les leçons de M. Cousin, dont il resta toute la vie le fidèle disciple, enseigna dans divers collèges des départements et de Paris, fut avec Dubois et Jouffroy un des fondateurs du Globe, ce qui le fit destituer sous la Restauration , devint après 1830 maîtrede conférences à l’École normale, puis professeur à la Faculté des Lettres de Paris et fut admis en 1836 à l’ Académie des sciences morales. On a de lui un Cours de
philosophie , rédigé au point de vue spiritualiste et remarquable par la solidité, l’indépendance et l’élévation des idées, une Histoire de la philosophie en France au xixe siècle, le meilleur de ses ouvrages, et de savants mémoires sur plusieurs philosophes du xvm siècle (d 'Alembert, Diderot, d'Holbach, Naigeon , etc.). Vrai philosophe, Damiron se distinguait par sa modestie, par la pureté de sa vie et la bienveillance de son caractère autant que par la justesse de son esprit et la sagesse de sa doctrine.
DARCET (J. -Pierre-Joseph ) , membre de l’Institut, commissaire général des monnaies , fils du célèbre Jean Darcet, né en 1777 , mort en 1844, continua les travaux de son père, créa les premières fabriques de soude et de potasse artificielles ainsi que d’alun, perfectionna la savonnerie , le clichage , fit de nombreuses recherches sur les alliages, l’affinage des métaux, la fabrication et l’essayage des monnaies, et réussit à diminuer, au moyen des ventilateurs, les dangers d’un grand nombre d’industries (dorure, soufroirs, vidanges, etc.) ; il est surtout connu par ses expériences sur la gélatine , substance dont il paraît s’être exagéré les vertus alimentaires. Il a laissé une foule de savants Mémoires , qui ont été réunis par Th. Grouvelle, son neveu (1843 et ann. suiv.).
DAVID (Pierre- Jean), dit David d'Angers , né en 1792, à Angers, mort en 1856, vint jeune à Paris, étudia sous Roland, remporta en 1809 le grand prix et fut envoyé à Rome; exécuta, peu après son retour, la statue du Grand Condé qui figure dans la cour d’honneur de Versailles; fut élu en 1826 membre de l’Institut, et nommé, la même année, professeur à l’École de Peinture et de Sculpture. Il a produit une foule d’ouvrages de genres divers, monuments, tombeaux, statues, bustes, médaillons, bas-reliefs, qui tous sont empreints d’un talent vrai et énergique. Préférant le réel à l’idéal , il s’attacha surtout à la fidèle représentation des personnages illustres; la plupart de ses ouvrages sont de véritables portraits. On lui doit : le nouveau fronton du Panthéon ; les tombeaux des généraux Foy et Gobert, au Père- Lachaise ; le monument de Fénelon , à Cambrai ; le mausolée de Marco Botzaris , à Missolonghi; Philopémen blessé , sur la terrasse des Tuileries; les statues de Corneille , à Rouen, de Racine , à la Ferté-Milon, d 'Ambroise Paré, à Laval, de Larrey, au Val-de-Grâce , de Bichat , à l’École de Médecine , de Bernardin de Saint-Pierre et Delavigne, au Havre , de Cuvier, au Jardin des plantes, de T aima , au 'théâtre-Français; les bustes de La Fayette et Washington , dans la salle du congrès des États-Unis; de Camille Jordan , au Père-Lachaise ; de Goethe, à Dresde; de Visconti , à l’Institut;