DROZ
de Saragosse (1809) et de Badajoz(18 10), s’enferma dans Glogau après le désastre de Russie et s’y maintint jusqu’à la paix, commanda en chef le génie dans l’expédition d’Espagne en 1823, fit prévaloir l’avis de marcher droit sur Madrid, emporta le Trocadéro, assiégea Cadix, et fut à son retour créé pair de France avec le titre de vicomte. Nommé en 1840 président du conseil des fortifications, il eut en cette qualité la direction des fortifications de Paris, et acheva en cinq années, avec autant d’économie que de succès, cette œuvre immense : reçut en récompense le bâton de maréchal (1847).°Dode a rédigé les travaux de siège dans l 'Expédition d'Égypte et publié un Précis des opérations devant Cadix.
DOMBASLE. Voy. Mathieu de Dombasle.
DOMINICAINE (République). Voy. Haïti.
DONIZETTI (Gaëtan), compositeur italien, né à Bergame en 1798 , était fils d’un employé. Il se voua à la carrière musicale malgré son père qui le destinait au barreau, reçut à Bergame les leçons de J. Simon Mayer, et°à Bologne celles du P. Mattéi, savant contre-pointiste ; débuta à Venise en 1 8 1 8 par l’opéra Enrico di Borgogna, écrivit à Rome en 1822 Zoraïde di Granala, qui commença sa réputation, fit paraître à Milan en 1831 Anna Bolena, en 1834 Lucrezia di Borgia , qui toutes deux renferment des beautés supérieures ; vint en 1835 à Paris, où il donna Marino Faliero; composa la même année à Naples, en six semaines, la Lucia di Lammermoor, son chef-d’œuvre, qui fit bientôt le tour du monde; revint en 1840 à Paris, donna en cette seule année à l’Opéra-Comique la Fille du régiment , à l’Académie de musique les Martyrs, opéra tiré du Polyeucte de Corneille, -qui , malgré de mâles beautés, eut peu de représentations; puis, la Favorite , l’une des plus charmantes partitions de notre première scène lyrique, et fit enfin représenter en 1843 Don Sébastien, vaste ouvrage qu’il avait écrit en deux mois. La composition hâtive de cette dernière œuvre, jointe à l’abus des plaisirs, épuisa ses forces : atteint bientôt d’aliénation mentale, puis frappé de paralysie, il fut transporté dans sa ville natale , où il mourut en '1848, à 50 ans. Doué d’une facilité prodigieuse, Donizetti avait, dans sa courte carrière, composé plus de 60 opéras. Aux œuvres déjà citées nous ajouterons: la Parisina , Florence, 1 833 ; Gemma di Vergi, Milan, 1835; Linda di Chamouni , qui fut représentée avec un grand succès à Vienne en 1842, et valut à l’auteur le titre de maître de la chapelle impériale ; VÉlixire t Don Pasquale, qui brillent par une musique vive et piquante; Catarina Cornaro, sa dernière œuvre, donnée à Naples en 1844. Donizetti procède de Rossini : d’abord simple imitateur, il se montre, à partir de 1831, vraiment original : à la tendresse du sentiment, ce maître sait unir la noblesse et la vigueur; il est à regretter qu’il ait abusé de sa facilité jusqu’à la négligence. P .Scudo lui a consacré une notice dans la Revue des Deux-Mondes (juillet, 1848).
DOUBLE (François-Joseph), habile praticien , né en 1776 à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne), mort à Paris en 1842 , étudia la médecine à Montpellier, vint à Paris vers 1 803, s’y fit connaître par les succès de sa pratique et par ses ouvrages, et remplaça Portai à l’Académie des Sciences en 1 832; il était en concurrence avec Broussais. Ses principaux ouvrages sont : Traité du croup (1811), qui obtint la première mention honorable dans le concours ouvert pour l’étude de cette maladie; Séméiologie générale, traité des signes et de leur valeur en médecine, 3 vol. in-8, 1811-1822. On a en outre de lui un grand nombre de Mémoires et Rapports lus à l’Académie de Médecine, notamment un rapport sur le choléra-morbus. La pairie
lui avait été offerte sous Louis-Philippe, à la condition qu’il renoncerait à l’exercice de son art ; il se fit honneur en refusant.
DROUET d’Erlon, maréchal de France, né à Reims en 1765, mort én 1844, s’enrôla en 1792 . devint général de division en 1803, fut blesse à Friedland , servit sous Masséna en Espagne , résista aux Anglais jusqu’à la fin, combattant sur l’Adour, à Orthez, à Toulouse) I814);futundesplusempressés à reconnaître Napoléon au retour de l’île d’Elbe, commanda le premier corps d’armée pendant les Cent-Jours, fut condamné à mort par contumace en 1816, trouva un asile en Prusse, rentra en France en 1825, mais ne reprit du service qu’en 1830, et fut nommé en 1834 gouverneur général de l’Algérie. Il adopta quelques mesures utiles , notamment la création des bureaux arabes , l’introduction du régime municipal , l’établissement d’un collège; mais comme il ne déployait pas contre Abd-el-Kader la vigueur nécessaire, il fut rappelé dès 1835; il n’en fut pas moins nommé maréchal en 1843. Un camp créé par lui près de Bouffarick conserve le nom de camp d'Erlon. Drouet a écrit lui-même sa Vie militaire, 1844.
DROUOT (le comte) , célèbre général d’artillerie, né à Nancy en 1774, mort dans cette ville en 1847, était fils d’un boulanger, et se forma à l’École d’artillerie de Metz. Nommé en 1808 major de l’artillerie de la garde impériale , il assista aux grandes batailles de l’Empire , et contribua puissamment à nos succès, surtout à Wagram, àla Moskowa, à Lutzen, à Bautzen; fut après cette dernière affaire nommé général de division, battit l’ennemi à Wachau, la veille de labataillede Leipsick (16 oct. 1813), sauva les débris de l’armée devant Hanau en lui frayant un passage (30 oct.). défendit pied à pied le territoire français en 1814, fit des prodiges à Nangis et au défilé de Yauclor, suivit à i’île d’Elbe Napoléon, qui le nomma gouverneur de l’île, l'accompagna également à sonretour enFrance en 1815, bien qu’il eûtdésapprouvél’entreprise ;fit à Waterloo des efforts incroyables, mais inutiles ; se retira après ce désastre au delà de la Loire avec la garde impériale, dont il avait été nommé commandant par la Commission provisoire; sut contenir cette troupe, qu’on craignait encore, et aida à la licencier ; ne s’en vit pas moins proscrit par Louis XVIII, et traduit devant un conseil de guerre, mais fut acquitté. Retiré depuis dans sa ville natale, il refusa constamment d’accepter aucune fonction publique; il devint aveugle danssesdernières années. Drouot n’était pas moins remarquable par son sang-froid au milieu du danger que par son habileté à diriger l’artillerie. Il possédait en outre toutes les vertus antiques; Napoléon l’avait surnommé le Sage ; il lui laissa par son testament 100 000 fr. Animé d’une piété sincère, Drouot pratiqua, même au milieu des camps, les devoirs de la religiort. M. J. Nollet a donné sa Biographie (1850). Le P. Lacordairea prononcé son Éloge funèbre dans la cathédrale de Nancy. La ville de Nancy lui a élevé une statue; une rue de Paris, l’anc. rue de La Grange-Batelière , a reçu son nom.
DROZ ( Franc. -Xavier-Joseph) , écrivain estimable, né à Besançon en 1773, d’une famille de magistrats, mort en 1850, s’enrôla en 1792 dans le bataillon du Doubs , où il fut aussitôt élu capitaine, mais quitta bientôt une carrière qui convenait peu à ses goûts paisibles , professa les belleslettres à Besançon, vint en 1803 se fixer à Paris, où il occupa pendant plusieurs années un emploi dans les bureaux de Français (de Nantes) , directeur général des droits réunis, fut admis dans la société d’Auteuil, où il devint l’ami de Cabanis et de Ducis, débuta comme écrivain par un roman sentimental, Iïîuj, qui fut peu remarqué, publia
DUMÉ