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ROUS

coloris est moins vif, mais qui se rapproche davantage de la nature : à cette seconde manière appartiennent plusieurs sujets empruntés à la vie des montagnards. Outre les tableaux de genre , C . Roqueplan a laissé quelques tableaux d’histoire, ainsi que des marines , des paysages , des portraits, etc. Ce peintre a su, par l’habile emploi de procédés particuliers, donner à ses tableaux une durée dont il paraît avoir dérobé le secret aux anciens. — C. Roqueplan était frère deM. Nestor, qui a été directeur de l’Opéra-Comique.

ROSELLINI (Hippolyte), antiquaire, né à Pise en 1800, mort en 1843, fut professeur de langues orientales , puis d’archéologie à l’Université de Pise, se lia avec Champollion le jeune, qui lui donna le goût des études hiéroglyphiques, fut mis par le grand-duc de Toscane, en 1828, à la tête d’une^ expédition scientifique qui visita l’Égypte en même temps que l’expédition française dirigée par Champollion ; publia, de concert avec le savant français , les Monuments d’Égypte et de Nubie (1833-45, 10 vol. in-8, avec atlas), mais ne put achever cette importante publication, qui fut terminée après sa mort par ses amis.

ROSENMULLER (Jean-Georges), théologien luthérien, né en 173G à Ummerstadt, près d’Hildburghausen mort en 1815, professa la théologie àErlangen, àGi.essen, à Leipsick (1785) , réforma sur quelques points la liturgie protestante, rédigea des Instructions religieuses pour la jeunesse, ouvrage estimé de ses coreligionnaires, et se lit un nom dans l’exégèse par ses Scholia in Novum Testamentum, 6 vol. in-8, Nuremberg, 1777-1782, dont son fils a donné une 6e édition de 1829 à 1831, — Ce fils, Ernest-Frédéric Rosenmuller, 1768- 1835, professeur de langues orientales à l’Université de Leipsick et conservateur de la bibliothèque , l’a surpassé dans ses Scholia in Vêtus Testamentum , 25 vol. in-fol., 1788-1835, le plus complet répertoire d’exégèse que l’on connaisse. On lui doit en outre des Manuels de bibliographie biblique, 1797-1800, d’ Archéologie biblique, 1823, et de savants travaux sur l’arabe. Il prit une part active à la rédaction de la Gazette littéraire de Leipsick. — Les ouvrages théologiques des deux Rosenmuller sont entachés de rationalisme.

ROSMINI (Carlo), né en 1758 à Roveredo (Tyrol), d’une famille noble et aisée , m. en 1827, publia divers écrits qui le firent admettre dans les académies de la Crusca et de Turin , et qui lui assignent un rang honorable parmi les biographes : Vie d'Ovide, 1702 et 1821; — de Sénèque , 1793; — de Victoria de Lcltre , 1801 ; — de Philelphe , 1803; — de Guarini de Vérone , 1805; — de J.- J. Trivulce , 1815; — Histoire de Milan jusqu’en 1735, 1820.

Rosmini (l’abbé Antonio), philosophe, né en 1797 à Roveredo, mort en 1855, s’efforça de ramener les savants à la religion et les catholiques à la science, initia l’Italie aux principaux systèmes contemporains, et écrivit lui-même sur presque toutes les parties de la science de solides ouvrages, que caractérise un éclectisme spiritualiste. Outre une Histoire comparée des systèmes, on a de lui des traités à’ Anthropologie, de Psychologie, de Logique, de Morale, de Théodicée, qui forment plus de 30 volumes. Non moins charitable que laborieux et savant, il fonda en 1828, à Domo d’Ossola , sous le nom d 1 Institut de charité , un ordre dont les membres devaient se vouer à tous les genres de bonnes œuvres , et qui admettait des laïques comme des prêtres. Quelques propositions de ses écrits ayant été condamnées à Rome, il se soumit aussitôt et conserva toute la confiance du Saint-Père. Nommé cardinal, il refusa cette dignité; néanmoins, il entra comme ministre de l’instruction publique dans le

ministère Rossi. Il fut l’adversaire de Gioberti et de Lamennais et l’ami de Manzoni , qui rédigea , pour servir d’introduction à ses OEuvres, un dialogue sur Y Invention (traduit, avec une Notice sur A. Rosmini, par M. de Fresne, 1858).

ROSSI (Pellegrino) , économiste et diplomate, né en 1787 à Carrare (duché de Modène), fut reçu dès 19 ans docteur en droit à Bologne, entra au barreau de cette ville, y plaida et y enseigna plusieurs années avec éclat, mais fut forcé de s’exiler en 1815 à cause de son attachement au parti français , et se réfugia à Genève , où il ouvrit des cours libres. Il fut en 1819 appelé par les autorités de Genève à la chaire de droit romain, entr^ bientôt après au Conseil représentatif et y prit un grand ascendant; représenta en 1832 le canton de Genève dans la diète constituante qui devait reviser le pacte fédéral, proposa un projet de pacte que la diète adopta unanimement , mais qui n’obtint pas la sanction des communes, quitta la Suisse peu après cet échec , vint en France , attiré par des offres honorables, fut pourvu de la chaire d’économie politique du Collège de France, vacante par la mort de J. -B. Say, puis appelé à l’École de droit de Paris pour remplir une chaire de droit constitutionnel récemment créée; remplaça en 1836 Sieyès à l’Académie des Sciences morales, devint en 1840 membre du Conseil de l’instruction publique , fut fait en 1844 pair de France et comte; fut envoyé en 1845 à Rome, d’abord comme ministre plénipotentiaire , puis comme ambassadeur: obtint quelques concessions relativement au séjour des Jésuites établis en France, et sut gagner la confiance du pape Pie IX. Pressé par le pape, après la révolution de Février 1848, d’accepter le poste de chef de son ministère, il se chargea , après quelque hésitation , de cette périlleuse mission (14 sept.). Il travaillait avec ardeur à donner aux États pontificaux un gouvernement constitutionnel, ainsi qu’à préparer l’unité de l’Italie, lorsqu’il périt assassiné par un fanatique, le 15 nov. 1848; il fut frappé au moment où, bravant des avis secrets, il allait entrer dans la Chambre des Députés. Ce crime, qui excita l’indignation de toute l’Europe, resta impuni ; il trouva même des approbateurs parmi les républicains de Rome ; les coupables ne furent recherchés qu’après le rétablissement de l’autorité papale. « Rossi, dit M. Mignet, a été un théoricien circonspect, un professeur consommé, un législateur conciliant. Il a eu plusieurs patries, mais il n’a servi qu’une cause , la cause de la liberté réglée par la loi. » Ses principaux ouvrages sont ; Traité du droit pénal , 1829,3 vol. in-8, où il concilie le principe d’utilité de Bentham avec celui de la justice absolue; Cours de droit constitutionnel, recueillipar des sténographes, 1835- 36; Cours d'économie politique , 1840-54, 4 vol. in-8 (dont 2 posthumes, publiés par ses fils) ; il y réunit, par un judicieux éclectisme, des principes trop longtemps opposés. Ses fils ont publié en 1857 ses Mélanges d’économie politique, d’histoire et de philosophie , 2 vol. in-8. M. Mignet a lu à l’Académie des Sciences morales en 1S49 une excellente Notice historique sur Rossi. M. Huber Saladin a publié Rossi en Suisse de 181 G à 1833, Paris, 1849. Pie IX a fait ériger dans Rome un monument à sa mémoire.

ROUS3IN (Albin-Reine), amiral , né à Dijon en 1781, mort en 1854, était fils d’un avocat au parlement de Bourgogne , et s’engagea comme mousse à 12 ans pour sauver son père (1793). Il prit une grande part, en 1810, au célèbre combat du Grand-Port (Ile-de-France) , à l’issue duqueril fut nommé capitaine de frégate et décoré , reçut à son retour le commandement de la frégate la

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