‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 189 sur 1261 · BRUN — 271 — - BRUN · texte numérisé non relu

BRUN — 271 — - BRUN

phonse, roi de Castille , pour lui demander du secours, et fut forcé de s’exiler lorsque les Gibelins eurent triomphé (1260). Il se réfugia à Paris et séjourna 24 ans dans cette ville, cultivant et enseignant les lettres et la philosophie ; il y compta le Dante au nombre de ses élèves. Il ne retourna dans son pays qu’en 1284 et y mourut en 1294. Brunetto Latini composa à Paris le Trésor de toutes choses , écrit en français, espèce d’eneyelopédie où il traite de l’histoire sacrée et civile , de la géographie, de la morale, de la politique, etc. Cet ouvrage, resté manuscrit, se trouve à la Bibliothèque royale (n. 7066- 69); il a été traduit et publié en italien par Buono- Giamboni, Trévise , 1474, et réimprimé à Venise, 1533, et à Florence, 1824. On a encore de lui une grammaire, le Livre de la bonne parleure , et plusieurs ouvrages de rhétorique et de morale en italien.

BRUNFELS (Othon), botaniste et médecin, né à la fin du xve siècle, mort en 1534, était d’abord religieux. 11 quitta le cloître lors de la prédication de Luther, devint maître d’école à Strasbourg , puis se fit recevoir médecin à Bàle (1530), et exerça la médecine à Strasbourg et à Berne. 11 publia un assez grand nombre d’ouvrages sur la médecine , la matière médicale et la botanique. Le plus important est Herbarum vivee icônes, Strasbourg, 1530-36, 3 vol. in-fol. , qui renferme des gravures d’une fidélité remarquable.

BRUNI (Léonard), connu sous le nom de l'Aréiin , écrivain italien, né en 1369 à Arezzo, mort en 1444 à Florence, fut secrétaire apostolique auprès d Innocent VI et de trois de ses successeurs ; se retira ensuite à Florence où il fut nommé chancelier en 1415. Il a surtout cultivé l’histoire ; le plus important de ses ouvrages est une Histoire de Florence , en 12 livres, écrite en latin, et publiée en 1610. On a de lui les Vies de Dante et de Pétrarque et des Lettres qui sont précieuses pour l’histoire de son temps. Il étudia un des premiers la langue grecque et traduisit plusieursouvrages d’Aristote, de Plutarque, etc.

BRÜNN, ville des Etats autrichiens (Moravie), sur la Zwittau et la Scnwartza, à 107 kil. N. E. de

Vienne ; 40,000 hab. Eglise St-Jacques, hôtel-deville, palais du prince de Lichtenstein, institutions de bienfaisance et d’instruction publique; théâtres; fabriques de draps, flanelles, lainages, soieries, mousselines, toiles, etc. Commence de transit imp. Prisoti du Spielberg. Ane. place forte ; mais les V rançais 1 ont démantelée en 1809. Brünn a été la capit. de toute la Moravie; elle est auj. ch.-L du cercle de Brünn et de tout le gouvernement de Moravie et Silésie. — Le cercle de Brünn est entre ceux de Hradisch, d’Olmütz, de Znaym, 1 Autriche et la Bohême ; il a 88 kil. sur 62, et 300,000 hab.

brünn, bourg d’Autriche , à 13 kil. S. O. deVicnne; 1,550 hab. Bons vins.

' BRUNNEN, bourg de Suisse (Schwitz^, sur le lac de Lucerne, à 4 kil. S. O. de Schwitz. Célèbre par l’alliance perpétuelle qu’y firent en 1315 les cant. de Schwitz, d’Uri et d’Underwald ; celte alliance fut l’origine de l’indépendance de la Suisse. Le canton de Lucerne entra dans la ligue en 1332 ; Zurich y fut reçu en 1351, Glaris et Zug en 1352, Berne en 1353; ce qui forma les 8 anciens canions.

BRUNO ou BRUNON, dit le Grand , archevêque de Cologne et duc de Lorraine, 3e fils de 1 empereur Henri-l Oiseleur, et frère d Othon I, succéda en 953 à Wicfred, archevêque de Cologne, et mourut en 965. Il eut une part active aux affaires de son temps. 11 n’était point étranger aux lettres.

bruno, fils de Ludolf (chef de la 1 re maison de Saxe), fut lui-même duc de Saxe de 859 à 880, et bâtit vers 861 la y. de Brunswick , qui prit son nom.

i l’archevêché de Reims (1080), il se retira avec six de ses compagnons dans un désert voisin de Grenoble, appelé la Chartreuse (1084), et y fonda un monastère où il mena la vie la plus austère ( Voy . chartreux). Appelé à Rome en 1089 par le pape Urbain II, dont il avait été le maître,, il l’aida de ses conseils dans le gouvernement de l’Église; mats il refusa les dignités que le pape lui offrait, et sa retira en 1094 pour aller fonder en Calabre, auprès de Squillace, une nouvelle Chartreuse. Il y mourut saintement en 1 101. Il a laissé quelques écrits théologiques, Paris, 1524, et Cologne, 1611 et 1640. Sa vie a été écrite par le P. de Tracy, 1786. Son histoire, représentée en 26 tableaux par Lesueur, ornait le cloître des Chartreux de Paris ; ces tableaux se trouvent aujourd’hui au Luxembourg. Sa fête est célébrée le 6 octobre. — Il ne faut pas le confondre avec un autre saint Bruno, connu sous le nom de saint Bruno d’Asti, né à Soleria, près d’Asti, en | Piémont, évêque de Segni, mort en 1125, et qui est ' aussi auteur de quelques écrits théologiques.

bruno (Jordano), philosophe italien, né vers 1550 à Noie en Campanie, tut d’abord dominicain. Ayant eonçu des doutes sur la vérité de la religion, il sortit de son couvent, se rendit à Genève (1580), conféra avec le célèbre Théodore de Bèze, et embrassa le calvinisme. Il vint ensuite à Paris, où il enseigna la philosophie et attaqua Aristote; passa de là en Angleterre (1585), puis séjourna à Wittemberg, à Prague, à Francfort. Ayant eu l’imprudence de rentrer en Italie, il fut arrêté à Venise par l’inquisition, conduit à Rome et brûlé vif, comme hérétique et violateur de ses vœux, en 1600. Jordano Bruno s’était fait un système de philosophie fort analogue à celui qu’a depuis enseigné Spinosa: il admettait que Dieu est la substance et la vie de toutes choses; l’univers est un animal immense dont Dieu est, l’âme. Il mêlait à ce système des idées pythagoriciennes ; il accordait en outre une grande importance à l’art de Lulle. Il a composé un très grand nombre d’ouvrages ; les plus importants sont .- De umbris idearum , Paris, 1582 ; Spaccio délia Beslia trionfanti ( Expulsion de la bêle triomphante ), Londres, 1584, allégorie dans laquelle il combat la superstition; Délia causa , principio e uno , 1584; Deir infinito universo e mondi, 1584 ; De monade, numéro et figura, Francf., 1591. Ses Œuvres ont été recueillies par A. Wagner, Leips. ,1829-30, 2 v.in-8, et par Gfrœrer, Stuttgard, 1834-6 (en latin). On doit à M. Chr. Bartholmess J. Bruno , Paris, 1847, 2 v. in-8.

BRUNON1S vicus, nom latinisé de Brunswick.

BRUNOY, village du dép. de Seine-et-Oise, à 15 kil. N. de Corbeil ; 1,000 hab.

BRUNSWICK, Braunschweig en allemand, Bru • nonis vicus ou Brunopolis en latin moderne , ville d’Allemagne, capit. du duché de Brunswick, sur l'Ocker, à 50 kil. S. E. d’Hanovre; 36,000 hab. Jolies promenades, château dit Graue hof, résidence du duc; prévôté, maison provinciale, bâtiments de la chambre des comtes , arsenal , monnaie, opéra , bel hôtel-de-ville; muséum d’antiquités, de peinture, etc. Célèbre Collecjium Carolinum, collège de chirurgie et d’anatomie; deux gymnases, deux bibliothèques. Industrie : soieries, lainages, toiles, couleurs, tabac, amidon, sel de Glauber, produits chimiques, porcelaines, ouvrages de carton, etc. Grand commerce ; deux foires qui ont fait la prospérité du pays. Brunswick doit son nom à Bruno, duc de Saxe, qui la bâtit ou l’agrandit vers 8G1. Brunswick est la patrie du romancier Aug. Lafontaine.

Brunswick (duché de), état de la Confédération germanique, est situé entre les États de Prusse, de Hanovre, d’Anhalt et de Hesse. Il se divise en six districts : Brunswick, Wolfenbuttel, Helmstædt, Gandersheim, Holzminden, Blankenburg ; il faut y joindre la principauté d’OEls en Silésie ; 251 ,000 hab.

— 272 — BRXJT

Capit., Brunswick Sol fertile, quoique sablonneux ; mines assez nombreuses; industrie. La majorité des habitants professe la religion luthérienne. Le gouvernement est monarchique et constitutionnel ; deux chambres; la succession passe aux femmes en cas d’extinction des mâles. — Une première maison de Brunswick, qu’on nomme aussi Brunswick-Hanovre, commença sous Othon I avec Bruno, son neveu, et s’éteignit dès 1090, avec Ekbert IL Ses possessions passèrent par une suite de mariages aux Nordheim, aux Supplenbourg, enfin aux célèbres Welfsou Guelfes (issus de la maison d’Est), en la personne d’Henrile-Superbe, duc de Saxe et de Bavière. Quand les Guelfes eurent définitivement été vaincus, Othonl’Enfant, leur héritier, recueillit ce qu’il put des riches débris allodiaux de sa maison, en fit hommage à l’empereur Frédéric II, et les reçut de lui en fief immédiat avec le titre de duché de Brunswick (1235). A partir de 1252, la maison de Brunswick se divise en deux lignes : maison de Brunswick et maison de Lunebourg. La première forme elle-même, en 1279, les branches de Grubenhagen, éteinte en 1696, et de Gœttingue, scindée à son tour dès 1347 en rameau de Gœttingue et rameau de Brunswick. En 1368, l’ancienne ligne de Lunebourg s’éteignit, mais le rameau de Brunswick se subdivisant encore fournit, en 1431, la moyenne maison de Lunebourg et la moyenne maison de Brunswick. Celle-ci s’éteignit en 1634 après s’être divisée (1416) en branche de Wolfenbtittel et branche de kalenberg, subdivisée à son tour (1491) en deux rameaux , Brunswiek-Wolfenbtlttel et Kalenberg. La moyenne maison de Lunebourg se divisa, en 1521 , en ligne de Harbourg (éteinte en 1642), et ligne de Zelle, partagée dès 1569 en deux branches : Danneberg ou nouvelle maison de Brunswick, Lunebourg ou nouvelle maison de Lunebourg, dite aussi maison (royale) de Hanovre. Cette dernière obtint la dignité électorale en 1692, en la personne d’Ernest-Àuguste, duc de Brunswick-Lunebourg ( Voy . ci-dessou-s). Après s’être divisée encore en deux rameaux, Lunebourg ou Zelle , Kalenberg ou Hanovre, elle est réduite aujourd’hui à une seule branche : c’est elle qui est montée sur le trône d’Angleterre en la personne de George 1. La nouvelle maison de Brunswick s’était de même partagée en deux branches : 1° Brunswick- Wolfenbüttel , 2° Brunswick-Bevern; mais celle-ci a cessé en 1809, et il n’y a plus aujourd’hui qu’un duc de Brunswick souverain. Le duché de Brunswick fut annexé par Napoléon en 1806 au roy. de Westphalie ; mais il a recouvré son indépendance en 1814. Le duc régnant est Guillaume-Auguste, couronné en 1831, après la déposition de son frère aîné Charles.

Brunswick (nouv.), un des gouv. de la Nouvelle- Bretagne, dans !a partie N. O. de la Nouvelle- Écosse, par 45°-70° lat. N., 66°-70° long. 0. On y comptait 35 à 40,000 individus en 1806 : auj. la popul. s’élève à 233,000 âmes. Ch.-L, Frédoricktown. Autres villes : St-Jean, St-André, Newcastle. Pays extrêmement froid.

BRUNSWICK (Othon, duc de), dit V Enfant , chef de la maison ducale de Brunswick, issu des Gueifes, et petit fils de Henri-le-Lion, succéda à son père Guillaume à 10 ans. 11 s’empara de la ville de Brunswick en 1 227 et, du consentement des citoyens, prit le titre de duc avant d’avoir reçu de l’empereur l’inuestiture de ce duché. Il fit sa paix avec l’empereur en 1235, à la diète de Mayence, et en reçut l’investiture de ses états, comme fiefs de l’Empire, avec le titre de duc de Brunswick et de Lunebourg. Il mourut en 1252, laissant plusieurs enfants. Sesdeux fils aînés, Henri et Jean, se partagèrent ses états, et furent la tige, l’un de la maison des ducs de Brunswick , et l’autre des ducs de Brunswick -Lunebourg.

rrunswick (Othon de), prince cadet de la maison de Brunswick, quitta son pays où il n’avait pas d’hé¬

ritage à espérer, alla faire le métier de condottiere en Italie, et s’y fit bientôt une telle réputation que Jeanne I, reine de Naples, veuve pour la troisième fois, le choisit pour époux, afin d’avoir en lui un appui contre les ennemis qui la menaçaient (1376). Il ne put cependant empêcher Charles de Durazzo de s’emparer de Naples et d’en chasser Jeanne (1381). Fait lui-même prisonnier, il ne sortit de captivité qu’au bout de trois ans. Il passa ensiiite au service de Louis II d’Anjou, prit Naples (1387) et punit ceux qui s’étaient déclarés contre Jeanne.

brunswick-lunebourg (Ernest-Auguste, duc de), électeur de Hanovre, né en 1620, mort en 1698, s’unit en 1675 à l’empereur et à l’Espagne contre la France, et remporta quelques avantages sur le maréchal de Créqui. L’empereur, en récompense de ses services, lui conféra la dignité d’électeur (1692), et créa en sa faveur un 9e électorat. 11 avait épousé Sophie, fille de l’électeur palatin Frédéric et petitefille, par Elisabeth sa mère, de Jacques I, roi d’Angleterre : ce qui donnait à sa famille des droits au trône d’Angleterre, sur lequel monta en effet son fils George-Louis, sous le titre de George I.

Brunswick (George-Louis, duc de), fils du précédent. {Voy. george i, roi d’Angleterre.)

Brunswick (Ferdinand, duc de), habile général, né en 1721, mort en 1792, servit d’abord sous Frédéric-le-Grand, roi de Prusse, puis commanda pour George II les troupes anglaises et hanovriennes dans la guerre de sept ans; s’empara de Minden, et chassa les Français de la Hesse (1762). 11 quitta le service à la paix (1763), et consacra le reste de sa vie à la franc-maçonnerie et à des pratiques théosophiques.

brunswick-lunebourg (Charl.-Guill.-Ferd., duc de), général au service de la Prusse, longtemps nommé le Prince héréditaire , né en 1735, fit ses premières armes sous Ferdinand de Brunswick, son oncle, se distingua dans la guerre de sept ans (1756-63), puis dans une campagne des Prussiens contre la Hollande (1787), et se fit une telle réputation qu’en 1792-, lorsque la Prusse et l’Autriche se coalisèrent contre la France, on crut ne pouvoir remettre le commandement en de meilleures mains. Nommé général en chef des armées coalisées, il commença par publier un manifeste menaçant et entra en Champagne avec une armée considérable ; mais il n’osa pas livrer une bataille décisive, et traita avec Dumouriez après quelques démonstrations insignifiantes. Ayant.repris un commandement en 1806, il fut blessé* d’un coup de feu près d’Auerstadt, et mourut peu de jours après. — Son fils fut tué en 1815, aux Quatre-Bras.

BKUSQUET, fou du roi, remplaça Triboulct et vécut à la cour de François I et de ses successeurs.

H avait d’abord exercé la médecine et avait été employé au camp d’Avignon ; mais il fit tant de victimes par sou ignorance qu’on allait le pendre, quand le dauphin, depuis Henri II, eut pitié de lui et le prit à son service. Il obtint la place de maître de poste à Paris, et il y fit fort bien ses affaires ; mais ayant été soupçonné d’huguenotisme, il fut pillé et forcé de fuir (1662). Il mourut l’année suivante. Brantôme raconte de lui une foule de tours des plus comiques.

BRUT1UM, auj. Calabre , prov. de l'Italie mérid., avait au N. la Lucanie, et partout ailleurs était baignée par la mer. Elle se divisait en Brutium cismontain ou occidental, et Brutium transmontain ou oriental. Elle faisait partie de la Grande-Grèce et avait pour villes principales Thurium (l’ancienne Sybaris), Locres, Rhegium, Crotone, Pandosie, Scvlacium, Hipponium. Le mot Brutii voulait dire esclaves fugitifs ; il avait été donné à ce pays, dit-on, parce qu’il servait de refuge aux esclaves qui se révoltaient contre leurs maîtres et venaient chercher un asile dans les montagnes de celte contrée, ou bien à cause de la lâcheté avec laquelle les habitants s’étaient soumis à Annibai sans comnat.

BRUX — 273 — B IJC

BRUTUS (L. Junius), Romain célèbre par son r.mour pour la liberté, était fils de Tarquinie, 2e fille de Tarquin-1’ Ancien. Ayant vu de bonne heure son père et son frère assassinés par Tarquin-le-Superbe , et craignant le même sort, il contrefit l’insensé pendant plusieurs années (d’où son surnom de Brutus), jusqu’à ce qu’il se présentât une occasion favorable pour se venger. Après l’outrage fait à Lucrèce par Sextus Tarquin, Brutus leva le masque, harangua le peuple, fit chasser les rois (509 av. J.-C.) et établit la république. 11 fut nommé aussitôt consul avec Collatin, mari de Lucrèce. Dans son amour pour la liberté, il ne balança point à condamner et à faire exécuter ses propres fils qui avaient conspiré pour rétablir les Tarquins. Il périt quelques mois après dans un combat singulier avec Aruns, fils de Tarquin, en perçant aussi mortellement son adversaire.

brutus (M. Junius), rigide républicain, fils de Scrvilie, sœur de Caton, suivit le parti de Pompée dans la guerre civile, et combattit à Pharsale. Après le combat, César, qui l’aimait, et qui, dit-on, était son père, l’appela auprès de lui et le combla de faveurs. Les caresses du dictateur ne l’empêchèrent point d’entrer dans la conspiration formée contre lui. César, au moment de mourir, le voyant au nombre des conjurés, s’écria : «Et toi aussi, mon fils? » Après ce meurtre, Brutus, poursuivi par Antoine, se réunit à Cassius, et livra bataille à Antoine et à Octave dans les plaines de Philippes en Macédoine. Il fut vaincu, et se tua de désespoir, l’an 42 av. J.-C. On dit qu’il s’écria en mourant : «Vertu, tu n’es qu’un nom ; » mais cette parole désespérante n’a rien d authentique. Brutus cultivait les lettres et la philosophie : il embrassa le stoïcisme. Il avait composé un éloge de Caton d’Utique et d’autres ouvrages qui ne nous sont pas parvenus; il ne reste de lui que quelques lettres à Cicéron et à Atticus.

brutus (Decimus Junius), parent du précédent, fut au nombre de ceux qui s’engagèrent dans la conspiration contre César. Après la mort du dictateur, il s’enferma dans Modène, força Antoine à lever le siège de cette ville, le chassa de l’Italie, et fut honoré du triomphe; mais il fut vaincu àson tour parce triumvir, et périt assassiné en se retirant dans les Gaules.

BRUX, ville des États autrichiens (Bohême), à 75 kil. N. O. de Prague ; 3,000 hab.

BRUXELLES. Brüssel en allemand. Bruxellæ en iat. mod., cap. de la Belgique, ch.-l. du Brabant, sur la Senne, à 280 k. N. E. de Paris : 100,000 hab. Magnifiques promenades (le Parc, l’Allée-Verte, les nouveaux boulevards), 14 portes, 27 ponts, belles églises (entre autres celles de Sainte-Gudule , des Sablons, de Notre-Dame , etc.) ; nombreuses fontaines ; places Royale et Saint-Michel ; palais du Roi, du Prince-Royal, des États, de justice ; hôtel- ■le-ville gothique, salles de spectacle, monnaie, etc. Univers. libre, acad.roy. des sc. et belles-lettres; sociétés royales des beaux-arts, de Concordia, de Flore; athénée, jardin botanique, bibliothèques, observatoire superbe, serres du jardin d'horticulture, nombreuses collections en tout genre. Industrie et commerce très développés: dentelles renommées, tissus et étoffes de laine, de fil, etc. ; bonneterie, chapeaux, bougies, amidon, tabac, vitriol, produits chimiques; calandres, filatures ; imprimeries de toute espece, employées surtout à la réimpression et à la contrefaçon d’ouvrages français ; brasseries, tanneries, raffineries de sel et de sucre ; carrosserie et sellerie. Aux environs, château royal de Laekcn, villages riches, belles villas. Chem, de fer. — Bruxelles fut fondée au vir siècle ; elle était importante dès le Xe (Othon 11 y tint sa cour en 976); elle fut la capitale des Provinces-Unies depuis 1507, du roy. de Belgique depuis 1832. De 1815 à 1832 elle a été une des deux capit. du roy. des Pays-Bas. Elle a appartenu à la France de 1795 à 1814;

elle ''lait alors le ch.-l. du dép. de la Dyle. Bombardée en 1695 par les Français, prise en 1747 par le maréch. de Saxe. Patr. des deux Champagne, des l Duquesnoy, de Van der PJeulen, Van-llelmont, Yé saie. Fcller, Clerfayt. du prince de Ligne, etc.

BRUYÈRES, ch.-l. de cant. (Vosges), à 19 kil. N. E. d’Épinal ; 2,359 hab.

BRUYS (Pierre de), hérésiarque du xn« siècle, parcourut le Dauphiné, la Provence et le Languedoc, déclamant contre les abus du clergé, abattant et brûlant les croix, rebaptisant les enfants, enseignant que les églises sont inutiles, que l’on ne doit pas prier pour les morts, que Dieu n’est pas dans l’eucharistie, etc. 11 fut brûlé vif par les habitants de Saint-Gilles (GardL en 1147. — Ses disciples, dont le plus célèbre est Henri, dit aussi de Bruys, furent a\ï[)(i\ésPélrobrusiensA\& furent les prédécesseurs des Vaudois.

BRUZEN DE LA MART1NIÈRE. Voy. lamàrti-

Page 1