‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 213 sur 1261 · CARCASSONNE · texte numérisé non relu

CARCASSONNE

C ARC ASSEZ, partie du Languedoc, entre la chaîne Cévenno-Pyrénéenne à l’O. et les diocèses de Narbonne, de Béziers, d’Agde, àl’E., avait pour ch.-l. Carcassonne; autres places : Alzonne, Mas- Cabardès. Auj. partie du dép. de l’Aude.

CARCASSONNE, Carcaso , ch.-l. du dép. de l’Aude, sur l’Aude, à 690 kil. S. de Paris (774 par Toulouse); 18,907 hab. Evéché. Murs délabrés, vieux châteaux-forts. Quelques monuments, cathédrale, hôtel -de-ville, préfecture, quais, places. Bibliothèque, lycée. — Prise par Louis VIII en 1226, puis par Raimond de Traincavel, qui céda ses droits sur elle à Louis IX, 1247. Patrie de Fabre-d’Eglantine. — L’arr. de Garcassonne a 12 cantons (Alzonne, Capendu, Conques, La Grasse, Mas-Gabardès, Monthoumet, Montréal, Peyriac, Saissac, Tuchan, plus Carcassonne qui en forme deux), 141 communes et 94,329 hab.

CARCATllIOCERTA. Voy. diarbek.

CÀRCHÉDON, nom grec de Carthage.

CARCHEM1S, premier nom de Circesium en Mésopotamie.

CARCINITE (golfe), Carsinites sinus, auj. le golfe de Negropoli , dans le Pont-Euxin, à l’O. de la presqu’île Taurique, a sur ses bords une v. de Carcine.

CARDA1LLAC (Jean de), d’une ancienne famille du Quercy, professa le droit à Toulouse, futnommé en 1351 évêque de Caldasd’Orense en Galice; en 1360, évêque de Braga en Portugal, et enlin administrateur perpétuel de l’archevêché de Toulouse, 1376. 11 donna des preuves éclatantes de son dévouement dans les guerres de Charles V contre les Anglais, 1368, et alla en Guyenne pour encourager les habitants à secouer le joug de l’étranger.

CARDAN (Jérôme), savant du xvie siècle, né en 1501 à Pavie, mort en 1576, professa les mathématiques, puis la médecine à Milan et à Bologne; voyagea en Ecosse, en Angleterre, en France, opérant des cures merveilleuses, et termina sa vie à Rome où le pape lui fit une pension. On lui attribue quelques découvertes en mathématiques, entre autres une méthode pour résoudre les équations algébri ques qui porte encore le nom de formule de Cardan. Avec de profondes connaissances, il avait l’imagination la plus déréglée : il croyait à l’astrologie, prétendait avoir un démon ou génie familier, se disait doué d’une clairvoyance surnaturelle, et débitait de telles extravagances qu’on croit qu’il avait des accès de folie. On l’a aussi accusé d’athéisme. On prétend qu’ayant prédit l’époque de sa mort, il se laissa mourir de faim pour justifier sa prédiction. Parmi ses nombreux écrits, on remarque : Ars magna, seu de regulis algebræ, Nuremberg, 1550; Desubtilitate , 1550; De rerum varietate , 1557 ; De sanüate tuenda , 1580; De vita propria, 1643 : ce dernier ouvrage renferme la confession la plus franche, ou plutôt la plus impudente de ses vices. Ses œuv. on tété réunies p. Spon,10 vol. in-f. , Lyon, 1663. La plup. sontàl’/ndex.

CARDIE, Cardia, auj. Caridia, ville maritime de Thrace, sur le golfe Mélane, à l’embouchure du fleuve Mêlas. Patrie d’Eumène. Bâtie avant l’arrivée des colonies athéniennes, qui l’agrandirent. Près de là, on construisit un mur pour joindre les deux extrémités de l’isthme. Philippe, roi de Macédoine, battit àCardiel’AthénienDiopithe(343). Peu après, Cardie,

GARD

fut détruite. — Il y avait une autre Gardie en Bithynie, près de Dascylium.

CARDIFF, ville d’Angleterre, dans le pays de Galles (Glamorgan) , sur la nier; 6187 hab. Port pour bâtiments de 300 tonneaux. Église, belle tour, canal qui met la ville en communication avec les usines de Merthyr-Tydvil. Cardiff a été fondée en 1079. Robert, duc de Normandie, fut enfermé dans le châ teau de cette ville après sa défaite à Tinchebray. Cromwell prit ce château et le détruisit.

CARDIGAN, ville d Angleterre, ch -1. du comté de Cardigan, à 3 k:l. du canal St-Georgcs, à 35 kil. N. U. de Caermarthen; 3 ,000 hab. Église gothique, hôtel-de-ville , châti-au en ruines. Bataille où les Anglais furent défaits par les Gallois, 1136.

cardigan (comté de) , dans le pays de Galles, entre ceux de Mérioneth, Montgomery, Radnor, Brechnock, Caermarthen et la mer; 71 kil. sur 35, 64.780 hab. Plomb, cuivre, argent, mais mal exploités; culture arriérée.

CARDINAUX, grands dignisaires de l’église romaine, conseillers et assesseurs du pape, furent ainsi nommés du mot latin cardinalis , c’est-à-dire principal. Déjà s ms l’empire romain depuis Théodose, le titre de cardinalis était donné à des officiers de la couronne, à des généraux d’armée, au préfet du prétoire en Asie et en Afrique, parce qu’ils remplissaient les principales charges de l’empire. Dans le clergé, on appelait ainsi dans l’origine les curés des principales paroisses, spécialement à Rome. Ils étaient alors inférieurs aux évêques, et ils restèrent (lins cet état jusqu’au xie siècle. Mais en 1181 les cardinaux prêtres de Rome étant devenus maîtres d’élire seuls le pape Lucius 111, à l’exclusion du clergé et du peuple de Rome, ils obtinrent par là la prééminence sur les évêques. Aujourd’hui ils sont au nombre de 70 et forment le sacré collège, qui, réuni sous le nom de conclave, procède à l’élection des papes. Ils prennent souvent le nom d’une des églises de Rome. Iis portent un chapeau rouge, un vêtement de pourpre, une barrette et un rochet. Ils sont choisis par le pape dans tous les royaumes de la chrétienté.

CARDONA, Athanagia, ville d’Espagne (Barcelone), à 22 kil. N. O. de Manresa, au pied d’une mont, de s< l gemme qui i env. 160 mètres de haut.

CARDON E (Raymond I de), général aragonais, fut mis, en 1322, par le pape Jean XXI l, à la tête des armées gueifes.il prit Tortone et Alexandrie en 1323, mais depuis il n’éprouva à peu près que des revers> en 1325 , il fut batiu à la tête d’une armée florentine, et tomba entre les mains deCastruccio, général ennemi.

cardonnë (Raymond 11 i»e), fut nommé vice-roi de Naples par Ferdinand-le-Calholique en 1509; commanda les armées du pape et des Vénitiens contre celles de l’empereur Maximilien et des Français, commandées par Gaston de Foix, et perdit la fameuse bataille de Ravetme , où Gaston fut tué (1512). Profitant de cette mort, Cardone porta ses armes contre les Florentins et contre les Vénitiens que Ferdinand avait trahis. 11 ternit ses succès par des actes de barbarie qui firent abhorrer les Espagnols en Italie. A la paix de 1515 il rentra dans sa vice-royauté. Il mourut vers 1525.

CARDONNË (Denis-Dominique), savant orientaliste, né à Paris en 1720, mon en 1783, se rendit fort jeune en Orient, où il apprit les langues orientales; à son retour, il fut nommé successivement professeur des langues turque et persanne, secrétaireinterprète du roi pour les langues orientales, censeur royal, etc. Cardonnë a laissé entre autres écrits une Histoire de l' Afrique et de l'Espagne sous la domination des Arabes , 1765, 3 vol. in-12; des Mélanges de littérature orùntale, 1770,2 vol. in-12; des Contes et Fables indiennes , 1778, 3 vol. in-12. CARDUEL, prov. de Géorgie. Voy. karthli.

CARH - 312 - CARI

CARDUQUES f Carduchi, les Kourdes actuels.

Voy. GORDYÈNE.

CAREL DE SAINTE-GARDE (Jacques), mauvais poëtedu xvne siècle, né à Rouen, était aumônier et tonseiller du roi. Il publia en 1666 un poëme intitulé : les Sarrasins chassés de France , dont le héros était Childebrand. C’est de lui que Boileau a dit :

O le plaisant projet d’un poëte Ignorant,

Qui de tant de héros Ta choisir Childebrand!

CARÉLIE, partie mérid. du grand-duché de Finlande, avait pour places principales : Kexholm, Viborg, Kuopio. Elle était autrefois beaucoup plus grande que maintenant. Auj. on n’appelle plus Carélie que les environs de Kexholm, dans le gouvernement de Yiborg. La Carélie appartint d’abord aux Russes; elle fut presque toute conquise par les Suédois au XVIIe siècle; mais le traité de Nystadt, 1721, l’a rendue à la Russie.

Carélie, contrée de la Turquie d’Europe, faisait jadis partie du gouvernement du capitan-pacha , et répondait à peu près à l’anc. Acarnanie; auj. elle est comprise dans l’état de Grèce.

CARÊME (du latin quadragesimus, quarantième), temps d’abstinence et de jeûne observé chez les Chrétiens, et qui dure 40 jours, en souvenir des 40 jours que J.-C. passa dans le désert sans boire ni manger, lorsqu’il fut tenté par le démon. Le carême commence le mercredi des Cendres et se termine lejour de Pâques (les dim. ne sont pas compris dans les 40 j. de jeûne). — D’autres relig. ont des j<eûnes analogues à notre carême ( le ramadan n’est rien autre chose), et presq. toutes le placent au renouvellenîent du printemps, époque où la chair des animaux contient des principes dangereux pourlasanté.

CARÊME (Marie-Antoine), célèbre cuisinier, né à Paris en 1784 , mort en 1833. Abandonné de ses parents encore enfant, il remplit d’abord les fonctions tes plus infimes dans les cuisines du plus bas étage ; mais à force d’étude et de travail il parvint à élever l’art culinaire presque au rang d’une science et se fit un nom célèbre dans toutes les cours de l’Europe. Il a laissé plusieurs ouvrages où il a rédigé les préceptes de son art ; les plus connus sont : Le Pâtissier royal parisien, 1810; Le Cuisinier parisien et l’Art de la cuisine au XIXe siècle.

CARENTAN, Carenlo , ch.-l. de cant. (Manche), à 24 kil. N. O. de Saint-Lô; 2,801 hab. Dentelles, étoffes de coton. Commerce.

CARENTOIR, b. du Morbihan, à 45 k. E. N. E. de Vannes; 560h. Ane. ch.-l. de canton. Cristaux blancs.

CAREY (Jean), philologue, né en Irlande en 1756, mort en 1829 , a donné un grand nombre d’ouvrages d’éducation , et a publié 50 vol. de la collection des Classiques du Régent de Valpy.

carey (William), orientaliste anglais, né en 1762, mort à Sérampour en 1834 , fut envoyé en 1793 dans le Bengale pour y répandre l’Évangile ; apprit plusieurs des dialectes de l’Inde , surtout le sanscrit et le bengali ; fut professeur de sanscrit à Calcutta, 1801; publia plusieurs grammaires et dictionnaires qui ont beaucoup avancé l’étude des langues orientales. — Son fils Félix Carey a surtout étudié le dialecte birman.

CAREZ (Joseph) , imprimeur à Toul , est considéré comme l’inventeur du clichage. Il donna dès 1785 plusieurs éditions remarquables où il employait ce procédé ; il les appelait éditions homotypes , pour exprimer la réunion en un seul corps de plusieurs caractères. 11 fut quelque temps sous-préiet à Toul, et mourut dans cette ville en 1801.

CARGHKSE, village de l’île de Corse, à 19 kil. N. O. d’Ajaccio. Granit de diverses couleurs.

CARHAIX, Vorganium chez les Osismii, ch.-l. de cant. (Finistère), suc l’Hière, a 49 kil. N. E. de Quitnpar; 2,000 hab. C’est uue des plus auc. villes 1

de l’Armorique. Patrie de Latour-d'Àuvergnc , dit le Premier Grenadier de France ; on y voit sa statue .

CARIATI , Paternum , ville du roy. de Napies (Calabre Citérieure), sur le golfe de Tarente , à 45 kil. N. de San - Severino ; 2,300 hab. Mûriers . manne excellente.

CAR1BERT ou CIIEREBERT, l’aîné des fils de Clotaire I, eut en partage le roy. de Paris, et régnade561 àôGTic’estsousluiquecommençaen'Neustrie la puissance des maires du palais. Caribert est aussi le premier roi de France qui ait été exclu par son évêque de la communion des fidèles à cause de %a luxure. — Fils de Clotaire II. F. aribert.

caribert, roi de Hongrie. Voy. charobert.

CARIE, Caria, auj. livah de Menlech , anc. contrée de l’Asie Mineure, dans l’angle S. O. de la péninsule, était bornée à l’U. par la mer Egée, au N. par la Lydie, au S. O. par la Méditerranée, au S. E. par la Lycie. Villes principales: Halicarnasse, Malet, Cnide, Caune, Alinde, etc. Cos , Rhodes et plusieurs autres îles dépendaient de la Carie. De bonne heure les Phéniciens y fondèrent des colonies qui bientôt devinrent des puissances maritimes. Ensuite vinrent des colonies grecques, soit ioniennes, soit doriénnes. Cyrus conquit toute la Carie, sauf quelques villes maritimes, qui plus tard devinrent sujettes ou protégées des Perses. Alexandre ne soumit que nominalement la Carie; à sa mortelle appartint successivement à Cassandre , au roy. d’Asie et Syrie d’Antigone, au roy. de Thrace et Asie antérieure de Lysimaque, à la république de Rhodes et enfin aux Romains. Sous Constantin elle fit partie du diocèse d’Asie. Les Cariens n’avaient aucune ressemblance avec les Grecs : ceux-ci les traitaient de barbares dès le temps d’Homëre , et employaient comme synonymes les mots de Carien et d’esclave. Mais c’est à tort qu’on a fait dériver caryatide du mot carien. Voy. caryatides.

CARIEE, Callifce, ville du roy. de Naples, à 15 kil. S. E. d’Ariano; 2,300 hab.

CARIGNAN, Carignano , ville des États sardes, à 20 kil. S. de Turin, sur le Pô; 7,250 hab. Belle place, murailles anciennes. Filature de soie. Confitures d’écorce de citron. Carignan a donné son nom à une branche de la maison de Savoie qui règne aujourd’hui. Cette ville a été prise plusieurs fois, notamment en 1544.

carignan, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 17 kil. S. E. de Sédan, sur le Chiers ; 1,500 hab. Fer-blanc, commerce de grains. Cette ville se nommait d’abord Yvoy ; on lui donna le nom de Carignan parce qu’elle fut possédéë par des princes de la maison de Carignan. d’une branche cadette établie en France.

CARIGNAN (Thomas-François de Savoie, prince de), 5* fils de Charles-Emmanuel I, duc de Savoie, et chef de la maison de Carignan, naquit en 1596. Il commanda en 1635 les Espagnols contre la Franee, et perdit la bataille d’Avein contre les maréchaux de Châtillon et de Brézé; mais en 1638 , il battit le maréchal de La Force , et lui fit lever le siège de Saint-Omer. Il passa quelques années après au service de la France (1642) , fut nommé généralissime des armées de France et de Savoie en Italie, et y fit la guerre avec succès. 11 mourut à Turin en 1656, dans une expédition entreprise pour secourir le due de Modène, attaqué par les Espagnols. Il avait tenté, mais inutilement, d’enlever à sa belle-sœur Christine la tutelle de sès enfants. 11 avait épousé une comtesse de Soissons. — La maison de Carignan règne aujourd’hui yur la Sardaigne. Elle monta sur le trOne en 1831, en la personne de Charles-Albert (auj. régnant), après l’extinction de la branche aînée. C’est aussi à cette famille qu’appartenaient le fameux prince Eugène et la malheureuse princesse de Lamballo .

CARILLO-D’ ACUNHA (don Alphonse), archevêque de Tolède, parvint au ministère sous Henri IV , roi

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