‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 232 sur 1261 · CATO · texte numérisé non relu

CATO

toria(Étrurie) dans un dernier combat que lui livra Pétréius, lieutenant d’Antonius, collègue de Cicéron. C histoire de cette conjuration a été écrite par Salluste ; ce morceau trop court est un chef-d’œuvre.

CÀT1NAT (Nicolas), maréchal de France, né à Paris en 1637, mort en 1712. 11 quitta dans sa jeunesse le barreau pour les armes, devint lieuten. gén. en 1 688, et vainquit le duc de Savoie en 1 690 à Staffarde, en 1693 à Marsaille. Le bâton de maréchal fut le prix de ces exploits. Placé une seconde fois à la tête des troupes françaises en Italie, il eut à combattre le prince Eugène; mais le mauvais état de 1 armée, le manque d’argent et de subsistances paralysèrent ses efforts , et il éprouva quelques échecs qui amenèr.unedisgràce,1701.11 subit en philosophe cet injuste traitement, et vécut depuis dans la retraite, fuyant la cour et pratiquant toutes les vertus. Catinat avait écrit des Mémoires qui ont été publiés à Paris, 1819, 3 vol. in-8. Son Éloge a été composé par La Harpe, 1775, in-8. 1

CATMANDOU , ville de l’Inde, dans le Népal, par 27» 42' lat. N., 82° 34’ long. E.; 5,000 maisons (22,000 jadis). Elle est remarquable par le nombre de ses temples et par ses manufactures de coton. Les Anglais y ont un représentant. On la nomme aussi Khatypour.

CATON (M. Porcius), surnommé l'Ancien ou le Censeur , Romain célèbre par ses vertus, né à Tusoulura, l’an 234 avant J.-C., d'une famille obscure; aervit d’abord sous Fabius Maximus pendant la seconde guerre punique. Nommé préteur en Sardai-

fie, il acheva de soumettre ce pays aux Romains.

nvoyé avec le titre de consul en Espagne et en Grèce (195), il mérita, par sa valeur et sa prudence, les honneurs du triomphe. Censeur huit ans après, 11 exerça ses fonctions avec une sévérité qui passa en proverbe, et mérita qu’on lui élevât une statue avec eette inscription : A Caton , qui a corrigé les mœurs. Dans ses dernières années , craignant la rivalité de Carthage, il terminait tous ses discours en disant qu’il fallait la détruire: Delenda Carthago. Il mourut l’an 149 avant J.-C., à 85 ans. Caton s’appliqua aux sciences et aux lettres; il étudia jusque dans sa vieillesse et apprit, dit-on, le grec à près de 80 ans. Cependant il regardait comme dangereux certains arts de la Grèce, et il en empêcha l’introduction à Rome. ( Voy . Carnéade.) 11 laissa en mourant un grand nombre de lettres, des harangues, un ouvrage Intitulé: Origines romaines , et quelques écrits secondaires. Il ne reste de lui qu’un petit traité, intitulé r De re rustica, trad. par Saboureux de la Bonneterie, 1771, et quelques fragm. M. Léon a réuni le tout sous le titre de Catoniana, Goett., 1826. Plutarque a écrit la Vie de Caton. On reproche à ce sage païen son goût pour le vin et son avarice.

Caton (M. Porcius), surnommé d’Utique, arrière pet.-fils du précédent, montra de bonne heure une âme ferme et courageuse. Amené à quatorze ans au palais de Sylla, et apercevant les têtes sanglantes des proscrits, il demanda un poignard, afin, dit-il, d’affranchir Rome de son tyran. Tout en se défiant de Pompée, il s’opposa de tout son pouvoir à l’ambition de César, et vota contre la mesure qui donnait à ce dernier le commandement des Gaules pour cinq ans, disant aux sénateurs qu’fis se décrétaient un tyran pour l’avenir. Pendant la guerre civile, il se prononça pour Pompée, et remporta quelques avantages sur les troupes de César à Dyrrachium. A la nouvelle de la défaite de Pharsale , et peu après l’assassinat de Pompée, il rassembla les débris de l’armée républicaine et se rendit en Afrique, où Q. Métellus Scipion, à ia tête de quelques troupes, se préparait à résister à César; mais Métellus ayant été battu, Caton s’enferma dans Utique et s’y perça de son épée, l’an 46 «vant J.-C. On dit qu’avant de se

CATU

frapper il lut et médita le Phédon, dialogue oit Platon traite de l’immortalité de l ame.

Caton (Dionysius), auteur latin, qui vivait vers le iii* siècle de notre ère, a laissé 4 livres de Distique « moraux qui ont eu une grande vogue au moyen âge et qui ont été traduits dans toutes les langue* de l’Europe. L’édition la plus estimée des Distiques est celle d'Othon Arntzenius, cum notis variorum, Amsterdam, 1754 ; ils ont été traduits en français en 1 533 sous ce titre : Les Mots et sentences dorés de maître de sagesse Caton, etc., et réimprimés en 1798 par M . Boulard.‘(Vl. J. Chenu les a tradu is eu 1843 , dans la ooilect. Panckoucke. — 11 ne faut, pas confondre ce Dionysius Caton avec VaJerius Calo, qui vivait vers le temps de Sylla, et dont il reste un poëme intitulé Dirœ { trad. par M. Cabaret, 1842), où il maudit ceux qui l’ont dépouillé de ses biens.

CATORCE, la plus riche mine d’argent du Mexique, dans l’intendance de San-Luis-Potosi; elle pro* duit par an près de 20,000,000 de f-rancs.

CATROU (le Père), jésuite, né à Paris en 165S, mort en 1737, s’est fait un nom comme critique. Il fonda en 1701 le Journal de Trévoux , où il rendait compte des ouvrages nouveaux, et il en fut pendant douze ans le principal rédacteur. On lui doit en outre plusieurs ouvrages historiques : Histoire du Mogol, 1705; Histoire du fanatisme protestant, 1733; Histoire romaine , en 21 vol. in-4, 1725-37. Ses histoires ont le tort de n’être guère que des gazettes. 11 a aussi traduit Virgile.

CATS, poète hollandais. Voy. catz.

CATTARO, ville et port des Etats autrichiens (Dalmatie), à 62 kil. S. E. de Raguse, par 16° 20’ long. E., 42° 26’ lat. N.; 3,000 hab. Très beau port sur le golfe de Cattaro : château sur le roc inaccessible de la Pella. Évêché. Commerce actif. Cattaro est entourée de montagnes si hautes qu’en hiver à peine Voit-on le soleil dans cette ville. — Fondée au vi* siècle, souvent ruinée par les tremblements de terre, notamment en 1563 et 1667. Longtemps république indépendante, puis prov. vénitienne; elle passa entre les mains de l’Autriche en 1797 , appartint à la France de 1807 à 1814 ;auj. elle est à lAutriche.

Cattaro (cercle de), Dalmatie mèrid. des anc., partie de la prov. autrichienne de Dalmatie, entre la Turquie d Europe et l’Adriatique ; 88 kil. sur 22; 30,000 hab. Ch.-l., Cattaro. Ce cercle est coupé en deux par les bouches du Cattaro ; il est montueux. boisé, et très fertile; il produit des vins excellents,

cattaro (golfe et bouches du), petit golfe de l’Adriatique sur la côte de Dalmatie : 130 kil. de tour; deux écueils le divisent en trois parties ou entrées qu’on nomme bouches ; le fond du golfe en arrière des bouches est dit canal de Cattaro. — Les bouches du Cattaro formaient au S. E. la limite des possessions directes de Napoléon.

CATTÉGAT, bras de mer qui unit la mer du Nord à la Baltique par le détroit du Sund et les deux Belt, entre le Jutland à 10., et la Suède & l’E.; 220 kil. sur 110. Navigation dangereuse. Pêohe du hareng.

CATTENOM, ch.-l. de canton (Moselle), à 9 kil. N. E. de Thionville; 1,000 hab.

CATTES, Catti, peuple de la Germanie, au S. des Chérusques, au N. E. des Mattiaci , habitait la Hesse électorale actuelle, ainsi qu’une partie du duché de Nassau et delà Westphalie, et avait pour ville principale Castellum Cattorum (Cassel). Ils furent battus, mais non soumis par les Romains. Au m* siècle il# s’absorbèrent dans la confédération des Francs.

CATTS-HILL. Voy. bleues (montagnes).

CATULLE, C. Valerius Catullus , poète latin, né l’an 86av. J.-C. à VéroneouàSirmio(auj Sermione), sur le lac Benacus, réussit surtout dans l’épigramme et dans le genre érotique ; il est à regretter qu’il n’ait pas toujours respecté la décence On a aussi ds

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lui quelques morceaux d’un genre plus sérieux, entre autres, l’épisode des Noces de Thètis et de Pélée, qui prouvent qu’il pouvait s’élever à la hauteur de l’épopée. Ce poète fut lié avec les hommes les plus distingués de son temps; il ne craignit pas d’attaquer César dans ses vers, mais le dictateur, au lieu de s’en irriter, sut gagner son amitié. Il mourut jeune, à 30 ans selon les uns, à 40 selon d’autres. Parmi les nombreuses éditions de ses poésies on remarque celles d’Isaac Vossius, Londres, 1684, in-4, enrichie d’un précieux commentaire ; et de Doëring, Leipsick, 2 vol. in-8, 1788-92. Catulle a été traduit par Pezay, 1771; par Noël, 1803, et par L.-Théodore Paulinier, 1840, avec le texte en regard.

CATULUS. Voy. lutatius.

CATUMBELA, riv.de la Nigritie maritime, naît à 40 kil. N. E. de Caconda, coule au N., puis à 10., tombe dans l’Océan à 19 kil. N. de St-Philippe-de- Benguela; cours, 440 kil.

CATURIGES, peuple de Ta Gaule Cisalpine, dans les Alpes Graiæ, faisait, du temps d’Auguste, partie des états du roi Cottius. Leur ch.-l. s’appelait aussi Caturiges (auj. Chorges). Leur territoire répond aux vallées de Chorges et d’Embrun.

CATUS, ch.-l. de cant. (Lot), à 14 kil. N. O. de Cahors ; 1,300 hab.

CATZ (Jacob van), poëte hollandais, né à Brouwershaven , en Zélande, en 1577 , mort en 1660, fut un des créateurs de la langue et de la poésie hollandaise. Il remplit dans sa patrie les premières fonctions administratives et diplomatiques, fut ambassadeur en Angleterre (1627), et grand-pensionnaire de Hollande (1636-1651); il consacra tous ses loisirs à la culture des lettres. Ses poésies se composent d’emblèmes, d’allégories et de fables: il a mérité d’être appelé le La Fontaine de la Hollande. Ses œuvres ont été réunies, Amsterdam, 1712, in-fol., et 1790, in-8.

CAUC A, ville d’Hispanie (Tarraconaise), à 70 kil. S. O. de Clunia. Patrie de Théodose. Auj. détruite.

Cauca, riv. de Colombie, sort du Paramo deGuanacas, forme plusieurs bras qui se réunissent, et tombe dans la Magdalena, à 150 kil. S. E. de Carthagène, sous 9° 28’ lat. N., après un cours de 320 kil. du S. au N. — Elle a donné son nom au dép. de la Cauca, dans la ci-devant république de Colombie; il était divisé en 4 prov. (Popayan, Pasto, Buenaventura, Choco).

CAUCASE, Caucasus , nom général sous lequel on comprend un grand système de mont, qui sépare l’Europe de l’Asie au S. E, et qui s’étend entre la mer Caspienne et la mer Noire, au N. du Kour et du Rioni, par 40°-45° lat. N., et 35°-47° long. E. La chaîne principale, ou Caucase proprement dit, va du S. E. au N. O., depuis la péninsule d’Apchéron jusqu’à la forteresse d'Anapa, sur une longueur d’environ 350 kil. Beaucoup de chaînes se détachent à droite et à gauche de la chaîne principale ; ce sont : au N., l’Elvend et l’Elbrouz (C eraunii montes); au N. O., les collines qui bordent la mer Noire ( Caraxici montes). Les hautes montagnes de la Crimée doivent aussi être considérées comme une dépendance du groupe caucasien ; enün, au S. O., le Caucase se rattache à l’extrémité orientale du Taurus, qui couvre toute l’Asie-Mineure. Les principales cimes du groupe caucasien sont le mont Elbrouz, qui a 5,600 mètres d’élévation; le Mquinwari ou Kazbek, 4,800, et le Chat-Elbrouz, sur les confins du Daghestan, 4,000. Un grand nombre de fleuves prennent leur source dans le Caucase ; les plus importants sont : le Kouban au N. O., le Terek au N. E., le Rioni ( Phasis ) au S. O., l’Alazan au S. E. Les diverses chaînes du Caucase offrent plusieurs déûlés dont quelques-uns sont célèbres, savoir : les Portes Caucasiennes (auj. défilé de Dariel ), sur la route de Mozdok à Tiflis; les Portes Atbaniennes ou Sarma-

tiques, le long des côtes du Daghestan, dans le district de Kagmancharie; les Portes Caspiennes, prè* de Téhéran; les Portes Ibérietines, auj. Schaourapé. — Le Caucase fut connu dès la plus haute antiquité; il joue un rôle important dans la mythologie des Grecs ; c’est sur les cimes du Caucase que ces derniers plaçaient le supplice de Prométhée. Les nombreuses peuplades qui habitent ces mont., et qui sont aujourd'hui connues sous les noms de Tcherkesses, Nogaïs , Abazes, Ossètes , etc., furent presque toujours indépendantes. Chez les anciens, Mithridate seul sut pendant quelque temps leur faire reconnaître son autorité ; chez les modernes, la domination des Turcs sur les montagnards du Caucase était purement nominale ; les Russes, pour les soumettre, ont été forcés d’établir des lignes de forteresses sur toutes les cimes du Caucase ; encore sont-ils exposés à des révoltes continuelles. — Les savants ont regardé comme sortie du Caucase la race blanche qui couvre toute l’Europe et une grande partie de l’Asie, et lui ont donné le nom de race caucasienne.

caugase (gouvernement du), prov. de la Russie d’Europe, entre l’Astrakhan au N., les Cosaques de la mer Noire à l’O., la Circassie et le Daghestan au S., la mer Caspienne à l’E. , est situé au N. de la principale chaîne du Caucase ; il a 880 kil. sur 360, et 130,000 hab. Ch.-l., Stavropol. Autres villes : Georgievsk, Kisliar, Mozdok. Sol plat; beaucoup de lacs

CAUCASE INDIEN. Voy. H1NDOU-KHOUCH.

CAUCASIENNES (portes), Caucasiæ pylœ, auj. défilé de dariel. Voy. dariel.

CAUCHON (P.), évêque de Beauvais, se vendit aux Anglais qui avaient envahi la France, réclama le droit de juger la malheureuse Jeanne d’Arc qui avait été prise dans son évêché, et fut leplus acharné de ses juges. Il fut chassé de son siège par les habitants de Beauvais, et mourut tourmenté de remords en 1443.

CAUC1, peuple germain. Voy. chauci.

CAUCOL1BERUM, ville delà Gaule Narbonnaise,

auj. COLLIOURE.

CAUDEBEC, Latomagus, ch.-l. de cant. (Seine- Inf.), sur la Seine, à 10 kil. S. d’Yvetot ; 5,295 hab. Cette ville était autrefois capit. de tout le pays de Caux ; son industrie fut jadis très florissante; on y faisait surtout un grand commerce de chapeaux, dits caudebecs. Elle souffrit beaucoup pendant les guerres religieuses du xvr et du xvne s. Église gothiq.

CAUD1NES (fourches), Furculœ Caudinœ. Voy.

CAUDIUM.

CAUDIUM, auj. Airo/aouAriewso.v.du Samnium, à 28 kil. S. E. de Capoue, entre Bénévent et Calatie, sur les frontières de la Campanie. Aux environs se trouve un défilé célèbre par l’échec que les Romains y éprouvèrent sous le consulat de T. Veturius Calvinu3 et Sp. Posthumius Albinus. Ils s’y laissèrent enfermer par Pontius Hérennius, général des Samnites, et furent obligés de passer sous le joug (321 av. J.-C.). De là le nom de Fourches Caudines donné au défilé. Plus tard, les Romains délirent les Samnites aux environs de Caudium.

CAULET (Franç. de), évêque de Pamiers, d’abord abbé de Foix, fils d’un président au parlement de Toulouse, 1610-80, fut sacré en 1644, se signala par sa piété, fit d’utiles réf. dans son diocèse, ramena Rancé à la vie religieuse; mais prit parti pour Port- Royal, refusa la signature du formulaire et le paiement du droit de régale. Il fut saisi dans s^n temporel , et se vit par là réduit à une grande gère.

CAUL1NCOURT, bourg du dép. de l’Aisne, à 10 kil. O. de St-Quentin ; 350 hab. Patrie de Caulinoourt, duc de Vicence.

CAUL1NCOURT (Àrmand-Augustin-Louis de), duc de Vicence, né en 1773 à Caulincourt en Picardie, mort en 1827, prit part à presque toutes les guerres de la révolution, et se fit remarquer de Bo-

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