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COUT — 433 — COVE

On volt près de là le château gothique de Villebon, où mourut Sully.

COUSANCE, bourg du dép. du Jura, à 18 kil. S. 0. de Lons-le-Saulnier ; 1,200 hab. Carrières de marbre. Grand commerce de volailles.

COUSERANS. Voy. conserans.

COUSIN ( Jean ), peintre, surnommé le Michel- Anye français , né vers 1600 à Soucy près de Sens, mort en 1690 ; est regardé par quelques-uns comme le fondateur de l’école française. 11 excella à la fois dans la peinture sur verre , dans la peinture à l’huile et la sculpture, et jouit d’une grande considération sous François 1, Henri II et Charles IX. On estime surtout son grand tableau du Jugement universel. Il mêlait souvent dans ses compositions la mythologie païenne aux traditions chrétiennes. Il a laissé : la fraie science de la pourtraicture , l’art de desseigner , et le Livre de perspective , traités enc. estimés. On voit au Louvre ses bustes de F rançois 1, Ph. Chabot, etc.

cousin (Louis) , ordinairement nommé le président Cousin, érudit, né en 1627 à Paris , mort en 1707, fut président à la cour des monnaies, puis censeur, et fut reçu en 1697 à l’Académie Française. On a de lui : Hist. de Constantinople depuis Justin, 8 vol. in-4 , 1672, traduite des principaux auteurs byzantins; Histoire de l'Église , 4 vol. in-4, 1676, trad. d’Eusèbe, Socrate, Sozomène, etc. ; Histoire romaine par Xiphilin , Zonaras et Zozime, 1678; Hist. de l'empire d'Occident, 1683, trad. d’Eginhard, Luitprand, Witikind, etc. Il a, par ces publications, éclairé plusieurs des parties obscures de l’histoire.

cousin-despréaux (Louis) , homme de lettres , né à Dieppe en 1743, mort dans la même ville en 1818, a publié les Leçons de la Nature, 4 vol. in-12, ouvrage de théologie naturelle , imité de Sturm , et où il montre partout l’action de la Providence. Il est aussi auteur d’une Histoire de la Grèce , en 16 vol. in-12.

COUSIN JACQUES. Voy. BEFFROY.

COUSSAC - BONNE VAL , village du dép. de la Haute-Vienne , à9 kil. E. de Saint-Yrieix ; 3,013 hab. Usines pour l’exploitation des mines de fer qui sont aux environs. Patrie de Bonneval.

COUSSEY, ch.-l. de cant. (Vosges), à 7 kil. N. de Neufchâteau; 700 hab.

COUSTOU (Nicolas), statuaire français, né à Lyon en 1658, mort à Paris en 1733, décora Paris, Versailles et Marly de plusieurs morceaux précieux. Ses chefs-d’œuvre sont Commode représente' en Hercule, à Versailles, 1 eBerger chasseur, la Seine et la Marne aux Tuileries. Son frère, Guillaume, se rendit aussi célèbre par le nombre et la beauté de ses ouvrages. Les principaux sont l 'Océan et la Méditerranée , la Seine et la Fontaine d’Arcueil , les 2 Chevaux indomptés des Champs-Elysées. — Le fils de celui-ci, nommé aussi Guillaume, a fait le tombeau du dauphin, père de Louis XVI, et un Vulcain recevant les ordres de Vénus pour forger les armes d’Énée.

COUTANCES, Constantin , ch.-l. d’arrond. (Manche), à 26 kil. S. 0. de Saint-Lô, sur la Soûl le; 7,663 hab. Évêché; lycée. Belle cathédr. gothique, aqueduc romain, salle de spectacle, jardin botaniq. Coutils, siamoises, dentelles; commerce de grains, volailles, chevaux, bestiaux. Près de là naq. l’abbé de Saint-Pierre et le consul Lebrun. Coutances était le chef-1. de l’ancien Cotentin. — L’arr. a 10 cant. (Brehal, Cerisy-la-Salle, Gavray, La Haye-du-Puits, Lessay, Saint-Malo de Lalande, Montmartin-sur- Mer, Périers, Saint-Sauveur-Lendelin, plus Coutances), 139 communes, et 135,980 hab.

COUTHON (Georges), né à Orcet en Auvergne (Puy-de-Dôme), en 1756, était avocat à Clermont lorsqu’éclata la révolution française. Il fut député à l’Assemblée législative et à la Convention, et y prof, les doctrines les plus violentes. Ami de Robespierre, memb. du Com. de Sal. public, il appuya tou¬

tes les mesures sanguinaires. Envoyé à Lyon après la prise de cette ville , il y établit le règne de la terreur , et fit démolir les édifices les plus remarquables. La chute de Robespierre entraîna celle de Couthon; Fréron l’accusa de vouloir se faire roi. Quelque dérisoire que fût cette accusation , il fut condamné et périt sur l’échafaud en 1794. Couthon était paralysé des jambes.

COUTO (DiégoDE), historien portugais, né en 1542, mort à Goa en 1616, continua l’ouvrage de Barros sur P Histoire des Indes, Lisb., 1602-1616, travail qui lui valut le titre d’historiographe de Portugal et la garde des archives de Goa. On a encore de lui une Vie de Paulo de Lima, et une Réfutation de la Relation d' Éthiopie de Louis deUrreta.

COUTRAS, Corterate, ch.-l. de cant. (Gironde), à 15 kil. N. de Libourne; 3,172 hab. Grand commerce de grains pour l’approvisionnement de Bordeaux. Cette ville est célèbre par l’éclatante victoire que le roi Henri IV y remporta sur les Ligueurs commandés par le duc de Joyeuse, en 1587.

COUTURE (Guill.), architecte, né à Rouen en 1732, mort à Paris en 1799 , fut reçu en 1775 à l’Académie d’architecture. On le chargea en 1777 de continuer les travaux de l’église de la Madeleine, commencés depuis 1764 par Contant d’Ivry ; il fit recommencer presque tout sur un nouveau plan et éleva la colonnade que l’on admire aujourd’hui; mais les événements de la révolution l’empêchèrent d’achever son œuvre.

COUTURES (J. parrain, baron des), gentilhomme normand, né à Avranches, mort en 1702, adonné la Morale d'Épicure, 1685, une trad. de Lucrèce , 1685; la Morale universelle, 1687.

COUVINS , ville de Belgique (Namur) , à 4 kil. de Philippeville ; 3,500 hab. Usine pour l’artillerie.

COVARRUVIAS (Diégo), né à Tolède en 1512, professa le droit canoD à Salamanque avec une telle réputation qu’on le surnomma le Barthole espagnol. Il fut nommé par Philippe II à l’évêché de Ciudad-Rodrigo, se rendit au concile de Trente, fut choisi avec Buoncompagno (depuis Grégoire XIII) pour dresser le décret de réformation. A son retour en Espagne, il fut nommé évêque de Ségovie. Il mourut à Paris en 1577, à 66 ans, président du consel de Castille. Ses ouvrages ont été publiés en 2 vol.

COVE, ville d’Irlande (Cork), à 16 kil. S. E. de Cork, sur la mer; 6,000 hab. port, beaux quais: bains de mer très-suivis.

COVENANT, du latin conventus, c.-à-d; alliance ou ligue. On désigne ainsi en anglais une alliance que conclurent en 1586 les Protestants d’Ecosse pour défendre leur nouvelle religion contre les Catholiques, et particulièrement contre le roi d’Espagne Philippe II qui semblait la menacer; ceux qui signèrent le Covenant ou qui en adoptèrent les principes sont connus sous le nom de Presbytériens et de Puritains. En 1638, lorsque Charles I voulut introduire dans les églises d’Ecosse la nouvelle liturgie établie par l’évêque Laud, les Presbytériens renouvelèient le Covenant, et ils formèrent avec le parlement, en 1643, une alliance solennelle qui précipita la chute du roi.

COVENTRY, ville d’Angleterre (Warwick), à 16 kil. N. de Warwick, près des canaux d’Oxford et de Coventry ; 27,000 hab. Les rues sont étroites, et les maisons fort anciennes. Plusieurs églises remarquables. Horlogerie; fabriq. de draps , lainages, soieries, rubans, bonneterie, etc. En 1459, pendant la guerre des Deux-Roses, on y tint un parlement contre les chefs de la faction d’York; ce parlement est connu sous le nom de Parlementum diabolicum. Marie Stuart, reine d’Ecosse, fut quelque temps retenue prisonnière dans cette ville. On y voyait autrefois un grand monastère. C’est auj. un évêché.

COVENTRY (John), mécanicien anglais, né en

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1735, mort en 1812, perfectionna l’hygromètre, le télescope, et surtout le micromètre.

COY1LIIAO, ville du Portugal (Beïra) , à 26 kil. S. O. de Guarda ; 5,000 hab. Eaux thermales.

COWBU1DGE, Domium, ville d Angleterre, dans le pays do Galles (Glamorgan), à 11 kil. S. E.deBridgend; 1,100 hab. Jadis assez importante.

COWES, nom de deux petites villes de l’île de Wight, presque contiguës ; on les distingue par les noms de West-Cowes et East-Cowes. West-Cowes, la plus importante, est sur la côte septentrionale de l’île, à 14 kil. S. O. de Portsmouth; 3,600 hab. Port très commode. Bains de mer. Climat salubre et agréable. Henri Vlll y avait construit un châteaufort qui est auj. détruit.

COWLEY (Abraham), poëte anglais, né à Londres en 1618, mort en 1667, fit des vers dès son enfance et publia un premier recueil à 15 ans ( les Fleurs poétiques). Pendant la guerre civile, il s’attacha au parti de Charles I, suivit la reine en France où ii lui servit de secrétaire, et fut chargé de plusieurs missions secrètes, il fut mal récompensé de son zèle au retour de Charles II. Cowley a été regardé jusqu’à Milton comme le premier poëte de sa nation. 11 brille surtout par l’esprit, mais on trouve chez lui bien des traces du mauvais goût qui régnait alors. On a de lui des Odes pindariques , des poésies d’amour, des satires, des comédies, un poëme épique, la Davidéide, des mélanges, des poésies latines, entre autres un poëme sur les Plantes , en six chants. On estime surtout ses odes. Ses œuvres ont été plusieurs fois imprimées, notamment en 1700 par Sprat, in-fol., et en 1802, Londres, 3 vol. in-8. Cependant elles sont peu lues.

cowley (Hannah) , dame anglaise, née en 1743, morte en 1809, femme d’un capitaine au service de la Compagnie des Indes , a composé plusieurs pièces de théâtre qui eurent du succès, entre autres : le Stratagème , qui est restée au théâtre ; le *)evin de Sparte, et quelques petits poëmes.

COWPER (William), poëte anglais, né en 1731 dans le comté d’Hertford , mort en 1800, ne commença à faire des vers qu’à 40 ans. 11 était sujet à des accès de mélancolie, et c’est dans les intervalles lucides que lui laissait la maladie qu’il composa ses poëmes. On a de lui des hymnes mystiques imités de madame Guyon , plusieurs petits poëmes, la Tâche, le Sofa, Jean Gilpin , et une traduction de Ylliade et de Y Odyssée en vers blancs, 1791, 2 vol. in-4; elle est estimée pour sa fidélité.

COX (Richard) , théologien anglais, né en 1499, mort en 1581; fut professeur aux universités de Cambridge et d’Oxford , puis précepteur du roi Edouard qui le nomma doyen de Westminster. Exilé sous Marie Tudor, il obtint l’évêché d’Ely sous Elisabeth , et fut chargé de la révision de la liturgie anglicane.

cox (sir Richard), historien irlandais, né en 1050, mort eu 1733. Protestant zélé, il fut nommé par Guillaume 111 gouverneur du comté de Cork et lord chancelier d’Irlande; mais il perdit ses emplois à la mort de la reine Anne (1714). On a de lui une Histoire d’Irlande , 1689-1700, qui fut mise à Ylndex.

COYE, village du dép. de Seine-et-Oisc, à 6 kil. N. de Luzarches; 700 hab. Porcelaine et faïence.

COYPEL (Noël) , peintre français, né à Paris en 1628, mort en 1707, fit un grand nombre de tableaux pour les maisons royales. 11 était membre et secrétaire perpétuel de l’Académie de Peinture. On a de lui un Traité sur le coloris, 1741, in-4. La nature de son talent lui a fait donner le surnom de Poussin. — Ant.. Coypel, son fils aîné, 1661-1722, peignit pour le Palais-Royal les princip. scènes de l' Enéide; il réussit aussi dans la grav. — Noël-Nic., autre fils de Noël, 1692-1737, se distingue par un dessin gracient cl correct, par un pinceau moelleux. — Ch. Ant., fils

d’Ant., 1694-1732, inférieur aux précédents, joignit le talent d’écrivain à celui de peintre.

COYSEVOX (Ant.), sculpteur, né à Lyon en 1640, mort en 1720. Ses principaux ouvrages sont: les chevaux ailés qui ornent l’entrée des Tuileries; le Flûteur, une Flore, une Hamadryade, dans le même jardin; des groupes à Versailles et à Marly; les tombeaux du cardinal Mazarin, de Lebrun et de Colbert, les bustes de L. XIV, Bossuet, etc. Membre de l’Acad.des B. -Arts, il en fut quelque temps chancelier.

COYTHIER (Jacques), médecin de Louis XI, né à Poligny dans la Franche-Comté, prit un grand ascendant sur l’esprit du monarque superstitieux et lui fit croire que, s’il le congédiait, il mourrait luimême avant huit jours. Coythier profita de cet ascendant pour arracher au roi des sommes considérables. A la mort de Louis XI , il fut accusé juridiquement de s’être enrichi aux dépens de l’état, mais il conjura l’orage en donnant 50,000 écus au roi Charles VIII.

COZÈS, ch.-l. de canton (Charente-lnf.), à 24 kil. S. O. de Saintes; 1,900 hab.

COZUMEL, île de la mer des Antilles, sur la côte du Mexique (Yucatan), par 89° 14’ long. O., 19° 32’ lat. N. Déc. par Corlez en 1519. Au Mexiq.

CRABBE (George), écrivain anglais, né en 1754 dans le Suffolk, mort en 1832, entra dans les ordres, obtint par le crédit de lord Rutland, 6on protecteur, plusieurs bénéfices avantageux, et fut en dernier lieu doyen de Trowbridge. Il se distingua comme prédicateur et comme poëte. 11 publia en 1807 un Recueil de poésies; en 1810, le Village, poëme; en 1812, des Contes en vers; en 1819, ses Contes du château ; puis Y Histoire naturelle de la vallée de Delvoir, en prose. On trouve dans ses poésies des descriptions d’une admirable fidélité, mais peu d’invention. On l’a surnommé le Téniers de ta poésie.

CRACINA, nom latin de l’île de Ré. Voy. ré.

CRACOVIE, Carrodunum en latin, Krakov en polonais, Krakau en allemand, ville capitale de la petite république de Cracovie, sur la Vistule, à 248 k. S. de Varsovie, par 17° 36’ long. E., 50° 3’ lat. N.; 40,000 hab. Elle communique par un pont avec Podgorze, ville autrichienne, dans la Galicie. Évêché. Trois faubourgs. Château-fort, murailles et fossés; cathédrale où reposent les cendres des rois de Pologne; université, observatoire, 4 bibliothèques, etc. Industrie active. Centre du commerce entre les Polognes russe et prussienne, la Galicie et la Hongrie. — Fondée, dit-on, dès le vu® s. par Cracus, Cr. fut longtemps cap. delà Pologne. Lors du 3* partage de la Pologne, 1795, elle échut à l’Autriche; elle fit partie du grand-duché de Varsovie en 1809, devint ville libre en 1810, et enfin en 1 8 1 5 forma une petite république, sous la protection immédiate de la Russie, de l’ Autriche et de la Prusse. Ces trois puissances la déclarèrent à jamais neutre : cependant l’Autriche l’occupe auj. militairement. Elle prit part à l’in8urrect . de 1 846 , aui fut aussitôt compri mée. La R . de Cracovie a pour bornes au N. et à l’E. le roy actuel de Pologne, au S. la Vistulequi la sépare de la Galicie, et à l’O. la Brinica qui forme sa frontière du côté de la Prusse. Elle comprend, outre Cracovie et son territoire, deux villes très petites (Claratomba ou Mogila et Krzeszowice), et 77 villages; elle a 65 kil. sur 22 en superficie, et compte 114,000 hab. Cette république est Puisque débris qui soit resté libre de l’antique Pologne. Le gouvernement est démocratique; un président élu pour deux ans régit le pays de concert avec un sénat composé de 12 membres. Le pouvoir législatif appartient à un corps de 15 députés qui se réunissent tous les ans pendant un moi*. — Cette républ. a cessé d’exister en 1846. VA q Suppl,

cracovie (vayvodie de), une des 8 divisions de la Pologne russe, "à l’angle S. E., bornée au S. E. par la Galicie. et à l’O. nar la Silésie; 1 62 kil. sur 105;

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101,000 hab. Ch.-l., Kielce. Sol bas, uni, fertile en grains ; forêts ; prairies. La ville de Cracovie n’en fait point partie.

CKAGUS, mont, de Lycie, au S. O., très près de la mer, entre Patare et Telmisse. Cette montagne fut primitivement un volcan. Yoy. chimère.

CRAIG (Jean), géomètre, né en Écosse, fut un des premiers à introduire en Angleterre le calcul différentiel de Leibnitz (1685). Il est surtout connu pour avoir appliqué le calcul à l’appréciation des témoignages : il prétendait que la force des preuves sur lesquelles repose le christianisme allait toujours diminuant et se réduirait à zéro au bout de 1454 ans (à partir de 1699). La dissertation où il soutint ce système est intitulée : Theologiœ christianœ principia maihemaiica , Londres, 1699, publiée en 1755 par J. Daniel Titius, avec une réfutation.

CRAIL, ville d’Ecosse (Fife), sur le Forth, à 13 kil. S. E. de St-André; 1,800 hab. Abbaye ancienne. Ruines d’une roule construite par les Danois en 874.

GRA1LSKE1M, ville du roy. de Wurtemberg (eercle del’Iaxt), à 20 kil. N.d'Ellwangcn ; 2,700 hab. Etoffes tie coton, lainages, etc., alun, vitriol.

CRAJOVA, ville de la Turquie d’Europe (Valachic), à 75 kil. N. E. de Widdin; 8,000 hab. Régulièrement bâtie. Commerce actif.

CRAMAI L (Adrien de montluc-montesquiou , comte de), prince de Chabanais, petit-fils du célèbre Montluc, né en 1568, mort en 1646, fut sous Louis XIII l’un des plus écervelés parmi les galants de cour appelés les Intrépides. Impliqué dans une conspiration contre le cardinal Richelieu, il resta 12 ans enfermé à la Bastille (1630-1642). 11 s’occupait de littérature, et a publié sous le pseudonyme de Devaux dos Caros: Les Jeux de ! Inconnu, 1630; la Comédie des Proverbes , 1639; les Nouveaux et illustres Proverbes historiques , 1665, 2 vol.

CRAMER (J.'André), minéralogiste allemand, né en 1710 à Quedlinbourg en Saxe, mort en 1777, a feit faire de grands pas à la métallurgie. On a de lui : Jïlemenla artis docimasticœ , Leyde, 1739, 1744, trad. en français par de Villiers, 1755 ; Principes de métallurgie , 1774.

cramer (Gabriel), géomètre, né à Genève en 1704, mort en 1752, fut nommé en 1724 professeur de mathématiques à Genève, et en 1750 professeur de philosophie. 11 se lia a\ec les Bernouilli et fut le rival d'Euler. On lui doit une Introduction à C analyse des lignes courbes , Genève, 1759. 11 étaii de l’Académie de Berlin.

cramer (J. -André), littérateur allemand, né en 1723 à Jostadt ou Josephstadt, près d’Annaberg en Saxe, mort en 1788, entra dans la carrière ecclésiastique et devint chapelain de la cour à Copenhague, puis professeur de théologie à l’université de cette ville, et enfin à Kiel. Il est estimé comme orateur, historien, et surtout comme poète lyrique ; on admire ses Odes à David , à Luther , à Mélanchthon , et sa traduction des Psaumes. 11 était lié avec Klopstock. — 11 laissa deux fils qui furent des savants distingués.

cramer (Ch. -Frédéric), fils du précédent, né à Kiel en 1748, mort à Paris en 1808, exerça l’état d’imprimeur à Paris, puis se livra à la littérature. Il a traduit en français plusieurs ouvrages de Klopstock, de Schiller, et a fait, un dictionnaire portatif allemand et français estimé, 1805.

cramer (André-Guill.), 2e fils de J.-André (professeur à Copenhague), né à Kiel en 1760, mort en 1833, a publié un grand nombre d’ouvrages utiles sur la philologie et la jurisprudence, notamment des fragments inédits des discours de Cicéron.

cramer (Ch.-Gottlob), fécond romancier, né en 1758 en Saxe, mort en 1817, a publié environ 90 vol. Les plus estimés de ses romans sont Erasmus Schleicner, Leipsick, 1789, et le Pauvre George, traduit en français par W.-A. Üuval 1801, — «n **»«v-* »

CRANACH (Luc ou Lucas de), peintre et graveur allemand, né à Cranach, petite ville de Bavière, prèfi de Bamberg, en 1472, mort en 1553, travailla pendant 60 ans pour les électeurs de Saxe, et fut très lié avec Luther. 11 excellait dans le portrait : on lui doit celui de Luther. Quoique d’un mérite éminent, il est inférieur à Albert Durer et à quelques autres de ses contemporains.

CRANBROOKE, ville d’Angleterre (Kent), à 19 kil. S. de Maidstone ; 3,700 hab. C’est dans cette ville que, sous le règne d’Edouard III, s’établirentdes Flamands qui introduisirent en Angleterre les premières manufactures d’étoffes de laine.

CRANMER (Thomas), archevêque de Cantorbery, né en 1489 dans le comté de Noltingham. N’étant encore que professeur de théologie à Cambridge, il écrivit en 1530 pour appuyer le divorce de Henri VIII avec Catherine d’Aragon, et fut envoyé par le roi k Rome pour solliciter la dissolution de son mariage. Nommé à son retour archevêque de Cantorbery, il prononça lui-même le divorce que le pape avait refusé, et confirmal’union de HenriavecA.de Boulen (1532) Il s’éleva violemment contre la primauté du pape, contribua puissamment à introduire le schisme en Angleterre, et se maria lui-même en Allemagne. A l’avénement de la reine Marie, il fut arrêté comme hérétique, abjura, dans l’espérance de sauver sa vie, et se rétracta ensuite lorsqu’il vit qu’il n’avait rien à espérer. Il mourut sur le bûcher en 1556.

CRANON, ville de Thessalie (Pélasgiolide), sur les frontières de la Magnésie, à l’E. de Pharsale. Les Athéniens y furent battus par Antipater et Cratère, l’an 322 av. J.-C.

CRANSAC, bourg du dép. de l’Aveyron, à 27 kil. N. E. de Villefranche ; 700 hab. Eaux minérales ferrugineuses acidulés froides. Mines de houille.

CRANTOB, philosophe académicien, natif de Soli en Cilicie, florissait vers 306 av. J.-C. 1! fut disciple de Xénocrate et de Polémon, et enseigna assez fidèlement le système de Platon, qu’altéra après lui la nouvelle Académie. Il s’occupa surtout de morale. II reste de lui quelques fragments peu importants.

CRAON, Credonensis viens , chef-lieu de canton (Mayenne), à 18 kil. N. O. de Château-Gonthier ; 3,813 hab. Lainages; commerce en grains, lin, fil. Patrie de Yolney. Cette ville a donné son nom aux seigneurs de Craon.

CRAON, nom d’une ancienne famille de France. Le plus connu de ses membres est Pierre de Craon, qui, en 1384, accompagna le duc d'Anjou dans son expédition contre le royaume de Naples, et se fit ensuite chasser de la cour du roi Charles VI pour ses intrigues et ses débauches. S’imaginant alors que celte disgrâce était due à l’instigation du connétable de Clisson, Pierre de Craon tenta de l’assassiner (1392) :il fut en punition de ce crime dépouillé de tou* ses biens. Son fils périt à la bataille d’Azincourt en 14 1 5. Le dernier représentant de cette maison gouverna quelque temps la Bourgogne, pour Louis XI, après la mort de Charles-le-Téméraire. — Il ne faut pas confondre cette famille avec les princes de Craon de Ja maison de Beauveau ; cette 2r maisun prit le titre de Craon pour avoir épousé l’héritière du nom.

CRAONNE, ch.-l. de cant. (Aisne) , à 17 kil. S. E. de Laon ; 900 hab. Napoléon y battit les alliés les 6 et 7 mars 1814. Vins estimés.

CRAPONNE, ch.-l. de cant. (H.-Loire), à 27 kil. N. du Puy ; 1 ,300 hab. Dentelles et draperies.

craponne (canal de) , compris en entier dans le dép. des Bouches-du-Rhône, joint le Rhône b la Durance en partant d’Arles, et par un embranchement communique avec l’étang de Berre en formant une île au-dessous de Salon. 11 doit son nom à l’ingénieur Craponne.

CRAPONNE (Adam de), gentilhomme provençal et habile ingénieur, natif de Salon, fit en 1558 le canal

."'"CRAl! — 436 — CRED

qui porte son nom. Des envieux le firent empoisonner à Nantes, sous le règne (le Henri II, à 40 ans.

CRASSUS (L. Licinius), célèbre orateur romain, né vers l’an 150 av. J.-C., fut le plus célèbre jurisconsulte de Rome au rapport de Cicéron. 11 fut consul l’an 96 av. J.-C. et m. de pleurésie en 87.

crassüs (M. Licinius), triumvir, célèbre par ses richesses. Nommé préteur l’an 71 av. J.-G., il mil fin par une victoire décisive à la guerre de Spartacus. Il fut nommé consul l’année suivante, puis censeur. L’an 60, il forma, avec Pompée et César, le premier triumvirat, se fit nommer gouverneur de Syrie et charger de la guerre contre les Parthes. La campagne s’ouvrit heureusement : Babylone et Séleucie allaient se rendre à lui ; mais ayant laissé l’ennemi réunir ses forces, il fut battu complètement à Garrhes par Suréna, général d’Orode, roi des Parthes, l’an 53 av. J.-C. Trente mille Romains restèrent sur le champ de bataille, et Crassus lui— môme, s’étant rendu dans la tente de Suréna pour y traiter de la paix, fut mis à mort par les ordres dece général Plutarque a écrit sa Vie.

CRATERE, lieutenant et iavori d’Alexandre , sut conserver l’amitié de ce prince malgré sa franchise. Après la mort du conquérant, il partagea la direction des affaires d’Occident et eut le commandement de la Macédoine et de l’Ëpire; il seconda Antipater à la bataille de Cranon (322), contribua à la ruine de Perdiccas, et fut tué l’an 321 dans une bataille contre Eumène.

CRÀTÈS, philosophe cynique, disciple de Diogène , était Thébain et ilorissait environ 324 ans av. J.-C. ; il eut pour disciple Zénon, fondateur de l’école stoïcienne. Pour mieux suivre les préceptes de Diogène , Cratès avait vendu tous ses biens, et en avait distribué le prix à ses compatriotes. Il était contrefait et d’une malpropreté dégoûtante; il inspira cependant une telle estime à Hipparchie, riche et belle Athénienne, qu’elle l’épousa, malgré ses propres représentations. Il nous reste sous le nom de ce philosophe quelques lettres apocryphes ; elles se trouvent dans la collection des Èpistolæ cynicœ. On ne les connaissait que par une traduction latine, lorsque M. Boissonade en a retrouvé le texte, qu’il a publié en 1827 dans la Notice des manuscrits de la Bibliothèque Royale , tome XIe.

CRATH1S, riv. de Lucanie, auj. le crati.

CRATi, Cralhis, riv. du roy. de Naples (Calabre Citérieure), sort des mont, de la Sila, et tombe dans le golfe de Tarente, à 20 kil. N. O. de Rossano.

CRAT1NUS, un des poëtes les plus estimés de l’ancienne comédie, né à Athènes vers l’an 525 av. J.-C., mort à 95 ans, est loué par Horace et Quintilien. Il poussa jusqu’à l’excès la hardiesse de ses attaques. Il reste de lui quelques fragments réunis par Runkel, Leipsick, 1827.

CRATIPPE., philosophe péripatéticien , né à Mitylène, enseigna d’abord la philosophie dans cette ville, alla ensuite à Athènes, et eut pour disciples le fils de Cicéron et Brutus. Pompée alla le voir après la bataille de Pharsale, et reçut de lui des consolations. il a écrit sur la Divination et sur l’Interprétation des Songes.

CRATO, ville murée du Portugal (Alentéjo), à 22 kil. N. O. de Portalègre ; 3,000 hab. C’était la résidence du grand-prieur de l’ordre de Malte.

CRATO, ville du Brésil (Céara), à 275 kil. S. O. de l’Assomption, a une église qui est très vénérée dans le pays.

CRATO (prieur de). Voy. Antoine.

CRAU (la), Lapidei Campi , vaste plaine du dép. des Bouches-du-Rhône, entre le Rhône et l’étang de Berre, a 980 kil. carrés de superficie, et est traversée par le canal de Craponne qui l’a rendue en partie à l’agriculture. Grains, légumes, fruits, manne, kermès, bon? vin? Les anciens attribuèrent

l’origine de la Crau à une grêle de pierres qui Jupiter lança un jour sur un antagoniste d’Heicule que ce héros ne pouvait venir à bout de vaincre.

CRAVANT, bourg du dép. de l’Yonne, à 15 k.S. E, d’Auxerre; 1,000 h. Les Français et les Écossais y furent battus par les Bourguig., unis aux Anglais, 1423.

CRAVEN (lady). Voy. anspach (margravine d’).

CRAYER (Gaspard de), peintre, né à Anvers en 1585; mort àGand, 1669. Parmi ses tableaux on cite Sainte Catherine enlevée au ciel; la Résurrection de J.-C.; la Vierge intercédant pour les infirmes ; te Centenier aux pieds de J.-C., etc.

CRÉBILLON (Prosper jolyot de), poète tragique, né à Dijon en 1674, mort en 1762, à 88 ans, était fils du greffier en chef de la chambre des comptes de Dijon. 11 fut placé à Paris chez un procureur pour apprendre la chicane; mais son patron, appréciant son talent, fut le premier à l’engager à travailler pour le théâtre. Il donna successivement Idoménèe (1705), Atrée (1707), Electre (1709), Rhadamiste (1711), qui le placèrent auprès de nos grands maîtres. Il eut moins de succès dans Xerxès (1714). Sémiramis (1717), Pyrrhus (1726). Après cette dernière pièce, il resta 22 ans sans rien produire : on attribue ce long silence au peu d’encouragement qu’il obtenait du gouvernement. Cependant en 1749 il rentra dans la carrière, à 72 ans, et donna Catilina , l’une de ses meilleures pièces. Il fit jouer sa dernière tragédie, le Triumvirat, en 1755, à 81 ans. Crébillon a surtout visé à exciter la terreur ; il a même poussé le terrible jusqu’à l’horrible et à l’atroce. Ce poëte était d’un caractère fier, incapable de s’abaisser s courtiser les grands. 11 avait d’ailleurs des habitudes cyniques et peu engageantes : aussi restat-il la plus grande partie de sa vie dans un état voisin de la misère. Pendant longtemps, il n’eut pour vivre qu’une place de censeur de la police. Vers 1 âge de 60 ans, Mme de Pompadour lui fit obtenir une pension de 1,000 fr. et une place à la Bibliothèque. Il fut reçu à l’Académie en 1731, et prononça son discours en vers. Voltaire fut jaloux des succès de Crébillon, et, pour montrer sa supériorité, il refit plusieurs des sujets que son rival avait traités, entre autres Sémiramis , Catilina , qu’il intitula Rome sauvée. Les œuvres de Crébillon ont été imprimées à l’Imprimerie Royale en 1750 , 2 vol. in-4. On en a donné depuis une foule d’éditions. Les meilleures sont celles de Renouard, 1818, 2 vol. in-8, et de Parelle, avec notes, 1828, 2 vol. in-8.

crébillon (Claude-Prosper jolyot de), fils du précédent, né en 1707, mort en 1777 , est auteur de plusieurs romans légers et même graveleux. Malgré la licence qui règne dans ses écrits, il eut des mœurs honnêtes; il habitait avec son père et vivait dans la meilleure intelligence avec lui. Les plus connus de ses romans sont : Lettres de la marquise de ***, 1732; Tanzaï et Néadarné , 1734, qui le fit enfermer à la Bastille à cause de certaines allusions ; les Egarements du cœur et de l’esprit, 1736; le Sopha , 1745; Lettres athéniennes, 1771.

CRECY ou CRESSY, ch.-l. de canton (Somme), sur la Maie, à 16 kil. N. d’Abbeville ;, 1 ,650 hab. C’est près delà qu’Edouard 111 battit Philippe VI en 1346; il dut surtout la victoire à l’emploi du canon.

crécy, ch.-l. de canton (Seine-et-Marne), sur le Grand-Morin, à 12 kil. S. de Meaux; 1,100 hab. Crécy était jadis flanqué détours dont on voit encore des vestiges, et possédait un château appartenant aux comtes de Champagne et de Brie.

crécy-sur-canne, bourg du dép. de la Nièvre, â 17 kil. N. E. de Decize; 2,000 hab.

crécy-sur-serre, ch.-l. de canton (Aisne), à 15 kil. N. de Laon; 2,052 hab.

CRED1TON, ville d’Angleterre (Devon), à 11 kil. S. E. d’Exeter; 6,000 hab. Cette ville fut importante sous les Saxons ; c’étaR jadis un évêché. Elle

CREM — 437 — CREâ

éprouva deux incendies terribles en 1743 et 1769.

CREECH (Thomas), écrivain anglais, né à Blandford en Angleterre, 1659, mort en 1700. Amoureux d’une demoiselle qui ne répondait point à ses vœux, il se pendit de désespoir. On a de lui plusieurs traductions d’ouvrages latins et grecs ; celle de Lucrèce en vers anglais, Oxford, 1682, in-8, est la plus estimée. 11 a aussi donné une bonne édition de ce poëte, Londres, 1694, in-8.

CREEES, peuple de l’Amériq. du Nord. Foy. cries.

CR EFELD, ville des États prussiens. Voy. crevelt.

CRE1L, ch.-l. de canton (Oise), sur l’Oise, à 10 kil. N. O. de Senlis; 1,600 hab. Grande manufacture de faïence fine. Commerce de grains, farine, houille, bois, etc. Aux environs, pierres de taille. Château où fut enfermé Charles VI . Chemin de fer.

CRE1LS11E1M, ville du roy. de Wurtemberg. Voy. CRAILSHE1M.

CRELL1US (Jean), unitaire, disciple de Socin, né près de Nuremberg en 1590, mort en 1633, fut pasteur à Cracovie et y répandit sa doctrine. Ses principaux ouvrages sont: De uno Deo, 1631; Vindiciœ pro religionis libertaie , 1637, trad. par Naigeon sous ce litre : De la Tolérance (1769). — Son fils, Christophe, et son petit-ûls , Samuel , furent aussi de zélés unitaires : on doit à ce dernier Fides primorum Christianorum, etc., 1697.

CR EMA, Forum Diuguntorum , ville du roy. Lombard-Vénitien (Lodi), sur le Serio, à 40 kil. S. E. de Milan; 9,000 hab. Évêché. Quelques édifices remarquables, cathédrale, palais épiscopal, etc. Soieries, dentelles, toiles, chapeaux; filatures de lin. Confitures renommées. Aux environs, lin magnifique. — Cette ville fut fondée en 570 par des fugitifs que la cruauté d’Alboin, roi des Lombards, avait forcés à chercher un asile dans cet endroit; détruite bientôt par les Lombards, Crema ne fut rebâtie qu'en il 85. Les Français l’occupèrent en 1796.

CREMERA, auj. la Valea , ruisseau J Etrurie, tombait dans le Tibre après avoir passé à Veïes. C’est sur ses bords qu’eut lieu le célèbre combat des 306 Fabiens contre l’armée des Étrusques, 477 avant J.-C.

CREM 1 EUX, Crimiacum , ch.-l. de canton (Isère), à 24 kil. N. O. de La Tour-du-Pin; 2,000 hab. Toile commune. Commerce de volaille. Près de là est la célèbre grotte de la Balme. — V. édit de Crémieux.

CREM NES, auj. Marioupol , ville de la Sarmatie, sur la côte O. du Palus-Méotide. Entrepôt de commerce dans l’antiquité.

CRÉMONE, Cremona , ville du roy. Lombard- Vénitien, ch.-l. delà délégation de Crémone, à 65 kil. S. E. de Milan, sur le Pô : 10 kil. de tour; 27,000 hab. Évêché. Belle cathédrale, et quelques églises remarquables, grande tour, plusieurs palais. Collège, gymnase. Draps, étoffes de soie et de coton, chapeaux; fabrique de cordes musicales et de violons. Patrie d’Amati, Guarneri, Stradivarius. — Cr. fut bâtie par les Gaulois, et reçut une colonie romaine l’an 291 avant J. -G. Octave partagea le territoire de celte ville entre les vétérans de ses armées pour la punir d’avoir embrassé le parti d’Antoine. C’est aux environs de Crémone que se livra la fameuse bataille de Bédriac, l'an 69 de J.-C. Elle fut prise en 1702 par les Impériaux qui y firent prisonnier le maréchal de Villeroi. Les Fr. la prirent en 1796 et 1800; elle fut alors réunie à la France et devint le ch.-l. du départ, d’ Alto-Pô (Haut-Pô). Elle fut rendue à l’Autriche en 1814.

CREMON1NI (César), né à Cento, dans les Etats du Pape, en 1650, enseigna la philosophie à Padoue pendant 30 ans et mourut en 1631. Il professait les doctrines d’Aristote et de sescominentateurs, A lexandred’Aphrodisée et Averrhoès. Il prétendait que l’on ne peut par la seule raison démontrer l'immortalité de l’àrne j ce qui le lit accuser de matérialisme et

d athéisme. Ses principaux ouvrages sont : Dlatyposis naturalis Aristotelicœ philosophiœ; Contemplaliones de anima ; De Sensibus et faculiate appetiliva. Il a aussi composé des Fables pastorales.

CREMS, ville des États autrichiens (Autriche propre), à 100 kil. O. de Vienne; 3,600 hab.

CREON, ch.-l. de cant. (Gironde), à 18 kil. S. E, de Bordeaux ; 900 hab.

CRÉON, prince thébain, fils de Ménécée et frère de Jocaste, s’empara deux fois du trône de Thèbes: la lre après la mort de Laïus, la 2e après celle d’Étéocle et de Polynice, et régna en tyran, Antigone ayant, malgré sa défense formelle, enseveli son frère Polynice, il la fit enterrer vive. Peu après, il fut tué par Thésée, qui lui avait déclaré la guerre pour avoir refusé de rendre les derniers devoirs aux guerriers morts devant Thèbes, vers 1250 av. J.-C. — Un autre Créon, fils de Sisyphe, fut roi de Corinthe et père de Créuse, qu’épousa Jason. Voy. creuse.

CREPI (pays de), dans la Guinée. Voy. ker rapat.

CRÉPIN et CRËP1N1EN (saints). Ces deux frères vinrent de Rome annoncer le christianisme dans les Gaules, et s’arrêtèrent à Soissons, où ils exercèrent le métier de cordonniers. Le préfet, n’ayant pu ébranler la foi des deux frères, leur fit trancher la tête vers l’an 287. Saint Crépin est le patron des cordonniers. On le fête le 25 octobre.

CREPSA insula, dans l'Adriatique, auj. cherso.

CRËPY, ville de France. Voy. CRESPY.

CRÉQUI (maison de), ancienne maison de France, originaire de l’Artois, tirait son nom du petit village de Créqui près de Fruges (Pas-de-Calais). Elle remonte au ix* siècle et s’est divisée en un grand nombre de branches, qui ont fourni une foule de personnages distingués. La branche aînée, dite des sires de Créqui, se fondit en 1543 avec la maison de Blanchefort, d’où sont sortis les ducs de Créqui ef les princes de Poix. Parmi les membres les plus illustres de cette famille, nous citerons Jacques et Charles de Créqui.

créqui (Jacques de), dit de Heilly, connu dans l’histoire sous le nom de maréchal de Guyenne. Il commanda l'armée de Jean-sans-Peur duc de Bourgogne, contre les Liégeois révoltés (1408); fut nommé en 1 4 1 3 lieutenant-général en Guyenne; s’opposa d’abord avec succès aux efforts des Anglais, mais fut fait prisonnier à Bordeaux. S’étant échappé des mains de l’ennemi, il assista à la bataille d’Azincourt (1416), fut pris de nouveau et mis à mort.

créqui (Charles de), prince de Poix, gouverneur du Dauphiné, pair et maréchal de France, défit les troupes d’Espagne au combat du Tésin en 1636, et fut tué dev.le fort de Brême (Piémont) en f 638 à. 60 tu 11 avait épousé successivement les deux filles du due de Lesdiguières, Madeleine et Françoise de Bonne. — Un de ses fils, François de Bonne de Créqui, duc de Lesdiguières , fut aussi maréchal de France, scx-vit avec gloire sous Louis XIV dans les campagnes de Flandre, d’Alsace et de Lorraine, de 1667 à 1678, mais fut battu àConsarbruck, 1075; il prit Luxemb. en 1684. — Son fils François périt ci Luzzara, en 1702.

crEqui (la marquise de), née Renée-Caroline de Froulay, femme cél. par son esprit, née enl714,m. en 1803, avait épousé en 1737 le marquis de Créqui, lieutenant-général, qu’elle perdit dès 1741. Ses salons furent longtemps le rendez-vous de la bonne société : c’est ce qui adonné l’idée de publier, sous le titre de Souvenirs delà marq. de Créqu>( 1834-36, 9 vol. in-8), des mémoires qui n’ont aucune authenticité ; ils sont l’œuvre de M. de Courchant. M. E. Fournier a publié en 1856 de véritables Lettres de la marquise.

CRESCENCE ou CRESCENTIUS, patrice romain voulut, vers la fin du x* siècle, rétablir le gouvernement républicain dans sa patrie. 11 fui élu consul el mis a la tète du gouvernement par Jepeupleen 972 Soiï efitrsurise ayant échoué, il fufolligé de se re-

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