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gués. Il avait composé des dialogues philosophiques qui ne nous sont pas parvenus. Platon a donné le nom de Cri ton à un dialogue dans lequel il met en scène le noble refus de Socrate.
CROATIE, Liburnia , région d’Europe, bornée à 10. par l’illyrie, à l’E. par l’Esclavonie et la Bosnie, estauj. partagée en deux parties, dont l’une appartient à l’Autriche, l’autre à la Turquie :
Croatie autrichienne, Uorvalh Orszag en madgyar, entre la Hongrie au N., la Slavonie à l’E., la Bosnie au S., le gouv. d’Illyrie à l’O.; 1 ,050,000 hab. Ch.-l., Agram. Elle se divise en Croatie civile ou Royaume de Croatie ; qui fait partie des pays hongrois et qui est formé de trois gouvernements (Agram, Kreuz, Warasdin); et Croatie militaire ou génèralat réuni de Carlstadt-Warasdin et du banat de Croatie; celle-ci est divisée en huit régiments. Pays montagneux; sol peu fertile, sauf au N. et à l'E. ; forêts. Beaucoup de mines et de carrières. Industrie nulle, peu de commerce. Les Croates sont de souche slave.
Croatie turque, région de la Turquie d’Europe, comprise dans l’eyalet de Bosnie, où elle forme le sandjak de Bagna-Louka, au N. de l’Herzegovine, entre la Verbass et l’Unna, forme l’extrémité occident. de l’empire ottoman, et a pour villes principales G radisca (ou Bebir), Dubicza, Novi, Unnacz.etc.
La Croatie forme la partie de l’Illyrie à laquelle les Romains donnèrent les noms de Liburnie , puis de Corbavie. De 625 à 64 1 elle se forma en royaume indépendant ; mais elle fut obligée de reconnaître la suprématie de Charlemagne au vm* siècle ; elle se mit ensuite sous la protection des empereurs grecs au ixe, et finit par être conquise en grande partie par les Hongrois, de 1091 à 1102. Depuis ce temps la Croatie n’a point cessé d’être comprise dans le roy. de Hongrie. Une partie seulement fut conquise par les Turcs et resta sous la domination ottomane. Les Français ont possédé la Croatie autrichienne de 1809 à 1815.
CROC1ATONUM, ville de la Gaule Lyonnaise, e8t auj. Valognes , ou plutôt Turqueville , suivant M.Walckenaër. Crociatonorum portas serait Rarneville.
CRUCOD1LOPOLIS , ville d’Égypte , la même qu’Arsinoé d’Heptanomide, auj. Medunet-el-Fayoum. — Autre ville d’Égypte, la même qu Athribis , auj. athrib.
CROCQ, ch -1. de canton (Creuse), à 16 kil. E. de Felletin ; 500 hab.
CROI. Voy. croy.
CR01A, Eribœa , ville de la Turquie d’Europe (Roumélie), dans l’ancienne Albanie, à 30 kil. S. E. d’Alessio, sur une colline. Environ 6,000 hab. Château-fort. Patrie et résidence de Scanderbeg.
CROISADES. On donne spécialement ce nom à plusieurs expéditions qui, depuis 1096 jusqu’en 1270, furent entreprises, sous les auspices du saint-siège, par différents rois et seigneurs d'Europe, dans le but de chasser les Infidèles des saints lieux où mourut le Sauveur. Tous ceux qui prenaient part à ces expéditions portaient sur leurs vêtements une croix rouge ; d’où ils recevaient le nom de Croisés. On compte généralement huit croisades. La première eut lieu de 1096 à 1100, sous le pontificat d’Urbain II : prêchée par Pierre l’Ermite, puis par Urbain même, elle eut pour chefs Godefroy de Bouillon, Eustache et Baudoin, ses frères; Hugues de Vermandois, Robert II, duc de Normandie, Boëmond, prince de Tarente, Tancrède, son nev., et Raymondde Toulouse. Les faits les plus imp. de l’exp. sont la bat. de Dorylée ,1097), où les Musulmans furent entièrement défaits; la prise de Nicée, d’Edesse (1097), d’Antioche (1098) et celle de Jérusalem (1099). Les Croisés formèrent à Jérusalem un roy. chrétien, dont ils déférèrent la couronne à Godefroy de Bouillon ; et dans les villes voisines plusieurs principautés où régnèrent
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les autres chefs des Croisés. — La deuxième croi- j sade, de 1147 à 1149, entreprise sous le pontificat d’Eugène 111, et prêchée par saint Bernard, eut pour chefs Louis VII, roi de France, et Conrad, empereur d’Allemagne (1147). Ces deux princes n’éprouvèrent que des revers. Ils étaient cependant sur le point de prendre Damas (1 148), lorsque la discorde se mit entre les seigneurs de leurs armées, et les contraignit à abandonner leur entreprise et à revenir en Europe. — La troisième croisade, de 1189 à 1193, fut entreprise sous le pontificat de Clément III, et prêchée par Guillaume, archevêque de Tyr. 11 s’agissait dereconquérir Jérusalem, retombée au pouvoir des Infidèles en 1187. Trois souverains partirent avec de nombreuses armées pour la Terre-Sainte: Philippe-Auguste, roi de France, Richard Cœur-de-Lion, roi d’Angleterre, et Frédéric- Barberousse, empereur d’Allemagne. Mais le succès ne répondit point à l’espérance générale. L’armée de Frédéric fut presque entièrement détruite en Asie, et lui-même périt en Cilicie (1190); une fâcheuse rivalité s’établit ensuite entre Richard et Philippe ; celui-ci revint bientôt en France (1191), et tout le courage de Richard n’aboutit qu’à obtenir du fier Saladin une trêve de 3 ans. — La quatrième croisade, de 1202 à 1204, prêchée par Foulques de Neuilly sous le pontificat d’innocent III, fut entreprise par Baudoin IX, comte de Flandre; Boniface li, marquis deMontferrat, et Henri Dandolo, doge de Venise. L’armée des chrétiens n’alla pas plus loin que Constantinople. Elle en chassa d’abord l’usurpateur Alexis l’Ange (1203), et plaça sur le trône Alexis-le-Jeune ; mais l’année suiv., elle reprit Constantinople sur Ducas Murtzuphle , et cette fois ses chefs se partagèrent l’empire grec : Baudoin eut le titre d’empereur. — La cinquième croisade, entreprise sous le pontificat d’Honorius 111 (1217 ), eut pour chefs Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem, et André II, roi de Hongrie. André fut bientôt rappelé dans ses états par la révolte de ses magnats; Jean de Brienne prit Damiette. — La sixième croisade, de 1228 à 1229, fut accomplie sous le pontificat de Grégoire IX, par l’em-
ftereur Frédéric II. Le sultan Mélédin lui céda Jérusaem sans combat. — Enfin les deux dernières croisades furent entreprises par saint Louis, roi de France : l'une, de 1248 à 1254, sous le pontificat d’innocent IV; l’autre, de 1268 à 1270, sous le pontificat de ClémentIV. La première (7f) fut dirigée contre l'Égypte : le roi de France prit Damiette et remporta même une victoire à la Massoure (1250); mais la peste s’étant mise ensuite dans son armée, il fut contraint de reculer devant l’ennemi, et il fut lui-même fait prisonnier. 11 racheta chèrement sa liberté, passa quatre ans en Palestine, occupé à fortifier quelques places, et revint en France en 1254, après la mort de la reine Blanche, sa mère, qu’il avait instituée régente. — Dans la huitième croisade, saint Louis était accompagné de ses trois fils et di prince Edouard d’Angleterre : il se dirigea sur Tunis, espérant, disent quelques historiens, convertir le maître de cette ville, Mohammed Mostanser; mais à peine était-il arrivé sous les murs de Tunis qu’il fut enlevé à son armée par une maladie contagieuse. Charles d’Anjou, qui était venu le rejoindre, se mit alors à la tète des troupes (1270); il obtint quelques avantages et revint en France après avoir forcé Mohammed à payer les frais de la guerre. — Après cette dernière expédition, les colonies chrétiennes qui avaient été établies en Orient par les Croisés ne tardèrent point à être détruites, et la Palestine retomba tout entière sous le joug musulman. — On a étendu le nom de crçisades à plusieurs expéditions dirigées contre les hérétiques, et particulièrement à la guerre contre les Albigeois ( Voy . albigeois). Une foule d’ouvrages ont été publiés sur ces expéditions : l’ouvrage français le plus estimé est celui
de M. Michaud, Paris, 1811-22, 7 vol. in-8.,sous le titre d Hisioired.es Croisades. M. Mills, auteuranglais a présenté un tableau abrégé des Croisades, qui a été trad. par M. Paul Tiby, 3 vol. in-8, 1825-35.
CR01SIC (le), ch.-l. decant. (Loire-lnf.), à 8 kil S. O. de Guérande ; 2,47 1 hab. Pêche de sardines, cabotage. Ecole d’hydrographie. Patrie de P.Bouguer.
CROISILLES, ch.-l. de canton (Pas-de-Calais), à
10 kil. N. de Bapaume ; 950 hab.
CROISSANT, symbole de l’empire turc, paraît
avoir appartenu de toute antiquité à la ville de Byzance. — Sélim III forma un ordre dit du Croissant , destiné aux chrétiens qui auraient rendu des services à l'empire ; il avait pour insigne un croissant d’argent. L’amiral anglais Nelson en fut décoré le premier (1799).
CROIX-ROUSSE (la), ville du dép. du Rhône, contiguë à Lyon, dont elle forme un des faubourgs; 17,934 hah. Elle est surtout habitée parles ouvriers.
CROMAKTY , ville et port d’Ëcosse, ch.-lieu d en comté de même nom, à 20 kil. N. E. d’Inverness; 3,000 hab. Construction de petits bâtiments. Position favorable au commerce. — Le comté de Cromarty est fort petit; il se compose de divers morceaux enclavés dans le comté de Ross.
CROMAZIANO (Agatopisto). Voy. buonafede.
CROM ER, petite ville d’Angleterre (Norfolk), à 30 kil. N. de Norfolk. Bains de mer. EU souffre beaucoup des empiétements de la mer.
CROMFORD, ville d’Angleterre (Derby), à 20 kil. N. E. de Derby : c’est là que fut établie la première mull-jenny (ou mécanique à filer le coton)d’Ark wright.
CROMNE, Cromnum , ville d’Arcadie, au S. de Mégalopolis. Les Arcadiens y battirent le roi Spartiate Archidamus, l’an 364 av. J.-C.
CROMWELL (Olivier), protecteur d’Angleterre, né en 1599 dans le comté de Huntingdon, d’une famille assez distinguée, entra de bonne heure dans la secte des Puritains , où il puisa l’esprit d’intolérance ; fut député par l’université de Cambridge au long-parlement (1640), et s’y fit remarquer par ses déclamations contre le papisme et la royauté. Lorsque la guerre entre le roi et le parlement s’engagea, il leva à ses frais u n régi men t, et se signala par son habileté et sa bravoure, mais aussi par ses cruautés. Nommé, peu de temps après, lieutenant-général de cavalerie, il décida le succès des combats de Marston-Moor (1644) et de Naseby (1645), qui amenèrent la ruine du parti royaliste et les infortunes de Charles I. Dès cette époque, Cromwell songea à remplir le premier rôle. 11 sut se concilier l’esprit de l’armée; et comme dans le parlement il se trouvait bien des gens qui semblaient deviner son ambition et vouloir s’y opposer, il purgea ce corps, c’està-dire qu’il en chassa à main armée les membres suspects. Avec les hommes sûrs qui y restaient, il fit condamner à mort le malheureux Charles (1649), et proclamer la république. Trois ans après, il fut reconnu chef de l’état sous le nom de protecteur. Depuis ce moment, Cromwell régna en souverain absolu sur l’Angleterre. Son règne fut un des plus prospères. Il enleva la Jamaïque aux Espagnols, et abaissa la marine hollandaise ; au dedans il fit respecter les lois, remplit les tribunaux d’hommes intègres et éclairés, et fit fleurir le commerce. Presque toutes les puissances reconnurent son autorité et recherchèrent son alliance. Il mourut en 1658.
11 dut ses succès à une profonde hypocrisie , autant qu’à son habile politique, à son courage et à son infatigable activité. L7/isioire de Cromwell a été écrite par M. Villemain, Paris, 1819, 2 vol. in-8. -- Son fils, Richard Cromwell, fut reconnu pour son successeur au protectorat; mais d’un caractère faible, il ne conserva l’autorité que pendant quelques mois. Il abdiqua de lui-même en 1659, à la suite de quelques troubles et à la nouvelle de Rapproche de