AN GO
de ses vaiseeaux en pleine paix (1530), il arma contre eux pour son propre compte, bloqua le port de Lisbonne, et ne cessa ses hostilités que lorsqu’ils eurent envoyé un ambassadeur en France pour demander la paix. II éprouva à la fin de sa vie des pertes considérables et fut presque ruiné ; il en mourut de chagrin , en 1551. François I, sous le règne duquel il vivait, l’avait nommé gouverneur de Dieppe.
ANGOLA, état d’Afrique, dans la Nigritie mérid., entre le Congo au N. et le Benguclaau S., s’étend env. de 8° à 15° lat. S. et de 11° à 16° long. E. ch.-l. Loanda. Aux Portugais depuis 1485. Avec le Benguela et q uelques forts du Congo, il forme la capitainerie-générale d’Angola et de Congo. On y faisait jadis un grand commerce d’esclaves. De plus , on en exporte de l’or, de l’ivoire, de la gomme, des drogues médicinales, du fer, du cuivre, de Ta cire, du miel, du piment, de l’huile de palmier, etc.
ANGORA ou ANGOURI, l’ancienne Anajra, ville de la Turquie d’Asie, ch.-l. d’un district d’Anatolie, près de la Tabana, à 265 kil. N. de Konieh; 40,000 hab. On y trouve des espèces particulières de chèvres, de chats et de lapins à poils longs et soyeux, connues sous le nom d 'angoras. Voy. ancyre.
ANGOSTURAou SAN THOME DE LA GUYANA, capit. de la Guyane espagnole, sur l'Orénoque, à 270 kil. de Yieja Guyana ; 5,000 hab. Il s’y tint, en 1819, sous la présidence de Bolivar, un congrès qui réunit laNouv .-Grenade et leVénézuelasous le nom deColomfcie : ce quivalut à cette v. le nom de Ciudad-Bolivar,
ANGOULÊME, Inculisma, ch.-l. du dép. de la Charente, sur une colline au pied de laquelle coule ia Charente, à 438 kil. S. O. de Paris, à 90 kil. de la mer; 16,910 hab. Evêché. Port sur la Charente (au faubourg de l’Iloumeau). Enceinte murée, ancien château ; belle cathédrale ; nouveau quartier très beau. On y avait établi sous la Restauration une école royale de marine; elle a été transportée depuis 1827 à Brest. Lycée impérial (créé en 1841), cabinet de physique et de chimie, biblioth. Papeteries renommées, poudrerie, fonderiede canons. Commerce actif ; entrepôt de Bordeaux et des dép. du S. — Ville ancienne, célébrée par Ausone dès le ive siècle Elle fut ruinée par les Normands au ixe siècle. Patrie de St-Gelais, de Balzac, de la reine Marguerite de Valois, de Poltrot, Ravaillac; de Coulomb . etc. — L’arr. d’Angoulême a 9 c. (Blanzac, Hiersac, Montbron, Larochefoucault, Rouilîac, St-Amand de Bouexe, Lavalette, plus Angoulême qui en fait 2), 144 comm. et 130,466 hab.
angoulême (comté et duché d’), à peu près équivalant à l’Angoumois, fut joint, lors de l’origine du système féodal, au comté de Périgord. Le premier comte de Périgord et d’Angoulême est Vulgrin I (856); le plus illustre est Guillaume-Taillefer , sous qui le comté devint arrière-fief de la couronne et fief du duché d’Aquitaine. Le dernier est Vulgrin 111, mort en 1181, et dontla fille Mathilde porta le comté à Hugues IX, sire de Lusignan et comte de la Marche. Le comté d’Angoulême fut réuni à la couronne en 1308, donné à Philippe d’Evrcux en 1328, confisqué sur Charles-le-Mauvais en 1351, et donné en nrême temps au connétable Charles d’Espagne; cédé aux Anglais en souveraineté, 1360, repris en partie en 1372 et années suivantes. 11 devint ensuite l’apanage de Louis, duc d’Orléans, fils de Charles V et frère de Charles VI, et passa au fils puîné de ce prince, qui fut la tige des seconds Valois. François I, issu de cette branche, porta d’abord le titre de comte d’Angoulême ; devenu roi, il fit de ce comté un duché qu’il donna à sa mère. 11 le réunit à la couronne à la mort de celle-ci. Ce duché fut encore un apanage de 1574 à 1650, en faveur de Diane et de Charles de Valois, enfants naturels, l’une de Henri II, l’autre de Charles IX. Depuis ce temps, le titre de duc d’Angoulême n’a plus été qu’un pur titre.
3 — ÀNGU
ANGOULÊME (Charles de Valois, dûcd’), fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, né en 1572, mort en 1650, porta d’abord le titre de comte d’Auvergne, qu’il échangea plus tard (1619) contre celui sous lequel il est connu. Il fut un des premiers à reconnaître Henri IV et combattit vaillamment dans les rangs de son armée; mais ensuite il entra dans une conspiration contre ce prince et fut condamné à une détention perpétuelle (1606). Ayant obtenu de Louis XIII sa liberté, il servit l’état avec dévouement et se distingua dans les guerres de Languedoc , d’Allemagne et de Flandres. On a de lui quelques écrits, dont le plus intéressant consiste dans des Mémoires sur les régnes de Henri III et Henri IV, Paris, 1662. — Il laissa un fils, Louis-Emmanuel de Valois, duc d’Angoulême, né en 1596, mort en 1653, qui embrassa l’état ecclésiastique, et le quitta ensuite pour le métier des armes. Ce prince se distingua au siège de la Rochelle.
ANGOULEVENT (Nic.-Joubert, sieur d’), fou célèbre sous le règne d’Henri IV. On lui donnait le nom de Prince des sots ou Prince de la sottise. Il eut un procès curieux avec les comédiens de l’hôtel de Bourgogne, en 1604, au sujet des droits attachés à sa principauté. En 1615, on publia sous son nom un recueil pseudonyme, intitulé les Satires bastardes, et autres œuvres fo las très du cadet Angoulevent , dont le véritable auteur est inconnu.
ANGOUMOIS , Agesinates , ancienne prov. de France, partie du grand gouvernement de Saintonge, Angoumoiset Aunis, était située entre le Poitou au N. et le Périgord au S. Elle forme auj. le dép. de la Charente, moins quelques cant. de l’arr. de Barbezieux, Voy. ANGOULÊME.
ANGOURI ou ANGOURIEH. Voy. angora.
ANGOXA, état de l’Afrique orient., côte de Mozambique, fait partie de la capitainerie portugaise de Mozambique. — angoxa (îles dj, dans le canal de Mozambique, par 37° 51’ long. E., 16° 26’ lat. S.
ANGRA, ch.-l. de l’île Terceire et de toutes lea Açores, sur la côte S. de Terceire. Evêché, port, fortifications. Commerce en miel, vins, lin, froment.
angra do ilheo, ville de la Nigritie mérid., sur la côte, vis-à-vis de l’île de Fernando-Po, appartient aux Portugais.
angra dos reys, ville du Brésil, sur une petite baie de même noin. Bon port. Long. O. 46°, lat. S. 23°.
ANGRAN D’ALLERAY (Denis-François), lieutenant civil au Châtelet de Paris, né en 1715, remplit ses fonctions avec autant de lumières que de désintéressement. II fut membre de l’assemblée des notables en 1787. Quoiqu’il se fût ensuite retiré des affaires , il périt sur l’échafaud révolutionnaire en 1794. Son crime était d’avoir envoyé de l’argent à ses enfants émigrés. Un de ses juges lui ayant demandé s’il ignorait la loi qui le défendait : « Non , répondit-il; mais j’en connais une plus sacrée : c’est celle qui ordonne aux pères de nourrir leurs enfants. »
ANGRIE, Angrivarii, ancienne prov. d’Allemagne, partie du duché de Saxe tel que le posséda IIcnri-le-Lion (avant 1180), contenait les pays de Brême, Verden, Oldenbourg , Ostfrise, Grœningue, Osnabrück, Hoya, Calenberg, Lippe, Munster, Minden, Pyrmont, Corvey, Pederborn, Waldeck. On la regardait aussi comme une partie de la Westphalie.
ÀNGR1VARII, peuple de la Germanie, habitait le pays nommé depuis Angrie. Voy. ce nom.
ANGU1LLARA, bourg de l’Etat ecclésiastique, à 30 kil. N. O. de Rome, érigé en duché par Benoit XIV (1758).— Bourg du royaume Lombard-Vénitien, à 30 kil. S. de Padoue, sur l’Adige; 2,000 hab.
ANGUILLARA (Andrea dell’), poète italien, né en 1517 à Sutri (Toscane), mort vers 1570, était correcteur d’imprimerie. On a de lui une trad. estimée des Métamorphoses d’Ovide en octaves (Pa^-
ÀKHO
i is, 1554, et "Venise, 1584), et diverses autres poésies.
ANGUILLE (île de 1’), Snake’s islatid en anglais, une des Antilles anglaises, lapins septentrionale des îles du Vent, par 60° 50’ long. O., 18° 12’ lat. N., a 40 kil. sur 12 ; port commode.
ANGUS ou FORFAR. Voy. forfar.
ANHALT, principauté d’Allemagne (Confédération germanique), qui doit son nom au vieux château d’Anhalt ( am holtz, près de la forêt), situé dans la forêt de Harzgerode et dont il ne reste plus que des ruines. Elle est enclavée dans la Prusse et bornée au N. par le Brandebourg, à l’O. par la Saxe prussienne et le Brunswick, au S. par le royaume de Saxe. Elle forme aujourd’hui 3 duchés: 1° Anhalt-Dessau. Ce duché a la suprématie et renferme 15 bailliages. Il est baigné par la Mülde. Il compte 52,947 hab. , et a pour ch.-l. Dessau. — 2° Anhalt-Bernbourg . Ce duché, coupé en plusieurs portions par le territoire prus- Bien, et partagé en haute et basse principauté, renferme 9 bailliages, 37,050 hab., et a pour ch.-l. Bernbourg. — 3° AnJiali-Coëlhen. Ce duché, situé à l’E. du duché de Dessau, renferme 7 bailliages; 32,475 h.; ch.-l., Coëthen. 11 a été réuni en 1847 à celui d’Anh. -Dessau, faute d’héritier. — Un 4e duché, celui d'Anhalt-Zei'ôst, qui était situé au N. de celui de Dessau , avait déjà cessé d’exister en 1793, par l’extinction de la branche régnante : son territoire fut partagé entre les 3 autres branches.
ANHALT (maison d’), une des plus anciennes familles princières de l’Allemagne, est une branche de la célèbre maison d’Ascanie [Voy. ce nom). Les princes d’Anhalt, d’abord comtes, puis ducs au xin* siècle, et enfin princes immédiats de l’Empire, relevaient primitivement du duché de Saxe. Leur principauté, qui en 121 1 se trouvait tout entière entre les mains de Henri, petit-fils d'Albert-l'Ours, électeur de Brandebourg, se démembra après Joachim I1(153G-SG), et forma les 4 duchés de Bernbourg, de Coëthen, de Zerbst et de Dessau. Cette dernière branche, à laquelle appartient Catherine II, a donné naissance à un grand nombre de guerriers et de personnages distingués, parmi lesquels on remarque :
anhalt-dessau (Léopold , prince d’), feld-maréchalde Prusse et de l’Empire, né en 1676, mort en 1747. Il assista à toutes les campagnes de la guerre de succession, prit une part glorieuse au gain de la bataille d’Hochstedt, combattit vaillamment à Turin, et accompagna le roi de Prusse, Guillaume I, en Poméranie pour combattre Charles XII. Sous Frédéric II il remporta en 1745 la célèbre victoire de Kesseldorf sur les Saxons et les Autrichiens. Il fut le créateur de cette infanterie prussienne, si célèbre au xvme siècle, et la conduisit 40 ans.
Anhalt-dessau (Léopold-Frédéric-François, prince d’), petit-fils du préc.,né à Dessau en 1740, mort en 1817. 11 suivit d’abord avec distinction la carrière des armes; mais sa santé l’ayant obligé d’y renoncer, il s’appliqua tout entier à l’administration de son duché. Après divers voyages dans les différentes cours d’Europe, il revint à Dessau, où il forma plusieurs établissements utiles, entre autres le collège appelé Philanlhropinum. Le Dessau lui doit aussi un grand nombre de routes, des palais magnifiques, un pont sur l’Elbe, etc. Plein d’estime pour ce prince, Napoléon respecta toujours l’indépendance du pays d’Anhalt. Le duc d'Anhalt fit partie de la confédération du Rhin et fournit de nombreux contingents à l’empereur; mais en 1813, il se sépara de la confédération du Rhin et entra dans la Confédération germanique.
anhalt-dessau (la princesse d’), nièce du roi de Prusse, Frédéric II, femme d’un esprit cultivé, reçut d’Euler dans les années 1760-62 des leçons de physique et de philosophie qui ontétépubliéessous le titre d eLetlres à une princesse d.' Allemagne. Voy .euler.
ANKOLT, petite ville des États prussiens (West-
ANJO
phalie), à 29 kil. O. de Borken, sur l’Ussel, résidence du prince de Salm-Salm, à qui elle appartient.
ANI ou ANISI, Abnicum , ville de la Turquie asiatique (Erzeroum), à 90 k. N. O. d’Erivan,anc.cap. de l’Arménie, fut prise par les Grecs en 1045 , par Alp-Arslan en 1064, puis appartint successivement aux princes de Géorgie, de Perse, d’Arménie, et aux Mongols; elle fut à peu près ruinée par un tremblement de terre en 1319.
ANIAN (détroild’), nom donné par qqs géographes et navigateurs des xvic et xvue siècles à un détroit qui devait conduire de l’Atlantique dans la mer Pacifique par le N. O. de l’Amérique. Ce détroit, qu’il ne faut pasconfondre avec celui que Ton a si longtemps cherché au N . 0. de l’Europe, parait n’être autre chose que celui qui depuis a reçu le nom de Behring. V. ce mot.
ANIANE ou SAINT-BENOIT-D’ANIANE, ville de France (Hérault), à 26 kil. N. O. de Montpellier. Tannerie. Maison de détention, dans un anc. couvent bâti sous Charlemagne par saint Benoît d’Aniane.
ANIANUS, référendaire ou chancelier du roi visigoth Alaric, était chargé de certifier en y apposant sa signature les exemplaires officiels du recueil de lois'publié par ce prince en 506, à Aire en Gascogne; ce qui a fuit supposer à tort qu’il en était l’auteur.
anianus, astronome et poëte latin du xve siècle, a fait un poëmc en vers hexamètres léonins, intitulé : Compuius manualis magisiri Aniatii , Straab., 1488. 11 est auteur de ce distique si connu sur le zodiaque ; Surit aries , etc. [Voy. zodiaque.)
ANICET, Anicelus , affranchi, dirigea d’abord l’éducation de Néron, et devint dans la suite l’instrument de ses crimes. Il inventa le vaisseau qui devait submerger Agrippine, et conduisit les soldats chargés de donner la mort à cette princesse. Il aida ensuite Néron à faire condamner Octavie comme adultère, en se déclarant complice du prétendu crime de la princesse.
anicet (saint), pape, 157-168, souffrit le martyre sous le règne de Marc-Aurèle. Sa fête tombe le 1 7 avril.
ANIC1UM ou PODIUM, auj. le puy-en-velat.
ANIELLO. Voy. mazàniello.
ANIEN. Voy. anianus et anio.
ANIMAS (Rio de las), riv. du Mexique, reçoit la Nabajoa et tombe dans le Rio Colorado, après un cours de 350 kil.
ANIO ou ANIEN, auj. le Teverone , petite riv. du Latium, se jette dans le Tibre, à 0 kil. environ au N. E. de Rome. Camille y batt. les Gaulois, 367.
ANISI, ville de la Turquie d’Asie. Voy. ANI.
AN1SSON (Laurent), imprimeur à Lyon, vers 1670, est le premier de son nom qui se soit distingué. D’importantes collections sont sorties de ses presses. — Jean, son fils, fut aussi imprimeur à Lyon; il eut en 1701 la direction do l’imprimerie royale à Paris, et porta au plus haut point la prospérité de cet établissement qui est resté longtemps dans sa famille. Il mourut en 1721. — Étienne- Alexandre- Jacques, petit-fils du précédent, connu sous le nom d’Anisson-Duperron, dev. directeur de l’imprimerie royale en 1783 ; il fut privé de cet emploi à la révolution, et périt sur la guillotine en 1794. — Hippolyte, son fils, fut remis en 1815 à la tète de l’établissement que ses ancêtres avaient dirigé avec tant de succès, et en conserva la direction jusqu'en 1830.
ANISUS, nom de l’Ens en latin moderne. Voy. ENS.
ANISY-LE-CHATEAU, ch.-l. de cant. (Aisne), à 13 kil. S. O. de Laon; 1,100 hab.
ANJOU, Andecavi, ancienne prov. de France, entre la Normandie, le Poitou , le Maine, la Bretagne et la Touraine, avait pour capitale Angers, et pour villes principales Château -Gontier, Baugé, Brissac, Craon, Chollet, Beaupréau. Elle forme auj. le dép. de Maine-et-Loire, et une portion des dép. de la Mayenne, de la Sarthe et d’ Indre-et-Loire.
Anjou (comté d’). L’Anjou fut érigé en comte vers