‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 59 sur 1261 · ANNE — 81 — ANNI · texte numérisé non relu

ANNE — 81 — ANNI

épousa Henri I, roi de France, en 1044, et fut mère de Philippe I.

Anne comnène, fille de l'empereur Alexis Comnène, née en 1083, morte en 1148, conspira, après la mort de son père, pour détrôner Jean Comnène son frère, et mettre en sa place son époux Nicé-

Shore Bryenne. Ayant échoué par la faiblesse de ficéphore, elle alla vivre dans la retraite et se livra à l’étude des lettres. Elle composa la Vie d'Alexis Comnène, son père. Cet ouvrage se trouve dans la Byzantine et a été traduit par le président Cousin, Paris, 1651, in-fol.

anne de France, connue sous le nom de dame de Beaujeu, fille de Louis XI, roi de France, et soeur aînée de Charles Y1II, née en 1462, morte en 1522, fut mariée à Pierre II, sire de Beaujeu, duc de Bourbon. Pendant la minorité de Charles VIII, elle gouverna l’état avec autant de prudence que de fermeté. Elle eut pour compétiteur dans la régence le duc d'Orléans, qui régna depuis sous le nom de Louis XII ; mais elle lui livra bataille et le fit prisonnier à St-Aubin-du-Cormier, 1488.

anne de Bretagne, fille et héritière du duc de Bretagne François II, née en 1476, morte en 1514, fut d’abord mariée par procuration à Maximilien d’Autriche ; mais cette union ne s’étant pas effectuée, elle épousa Charles VIII, roi de France (1491). Cette princesse, qui joignait les qualités de l’esprit à la beauté, gouverna le royaume pendant l’expédition de Charles VIII en Italie. Après la mort de ce prince, elle épousa Louis XII (1499).

anne de Hongrie, fille de Ladislas VI, porta la couronne de Hongrie et de Bohême à son époux, Ferdinand d’Autriche, en 1527. Zapolski, vayvode de Transylvanie, étant venu assiéger Vienne, Anne montra beaucoup de courage et de fermeté. Elle mourut à Prague en 1547.

anne d'Autriche, reine de France, fille aînée de Philippe III, roi d’Espagne, naquit en 1602, épousa Louis XIII en 1615, et devint mère de Louis XIV en 1638, après 23 ans de mariage. Du vivant de son époux, cette princesse n’eut aucun crédit et fut entièrement sacrifiée à l’ambition jalouse de Richelieu. A la mort de Louis XIII (1643), Anne d’Autriche eut la régence ; elle donna toute sa confiance à un étranger, au cardinal Mazarin, et excita des mécontentements universels qui donnèrent naissance aux troubles de la Fronde (1648-1652). Elle mourut en

anne, reine d’Angleterre, fille de Jacques II et d’Anne Hyde, sa première femme, née en 1664, fut élevée dans la religion anglicane, et mariée au prince Georges, frère du roi de Danemarck. Après la mort du roi Guillaume III, époux de Marie, sa sœur aînée, les Anglais l’appelèrent au trône en 1702. Les victoires de Marlborough, son général et son favori, firent rejaillir sur son règne une gloire immortelle. Elle eut une grande part au traité d’Utrecht, et y fut l’arbitre de l’Europe ; mais elle essaya en vain d’ouvrir à son frère, Jacques III, le chemin du trône. L’un de ses actes les plus mémorables, c’est d’avoir consommé définitivement l’union de l’Ecosse et de l’Angleterre en formant un seul parlement : on admit 16 pairs écossais à la chambre haute et 4 5 députés de la même nation à la chambre des communes. Sous son règne, la littérature anglaise brilla du plus vif éclat. Elle mourut en 1714.

ANNE iwanownà, impératrice de Russie, fille d’Iwan V, empereur de Russie, née en 1693, morte en 1740,, épousa le duc de Courlande, et succéda au czar Pierre II, en 1730. Cette orincesse fut subjuguée par Jean de Biren son favori, et quoiqu’elle fût naturellement humaine, elle laissa commettre par ce ministre de grandes cruautés.

ANNEBAUT, bourg de l’ancienne Normandie, dans s dép. de l’Eure, à 13 kil S. E, de Pont-Aude"

mer; 1,150 hab. Ruines de l’ancien château des seigneurs d’Annebaut.

ANNEBAUT (Claude d’), baron de Retz, d’une ancienne famille de Normandie, fut fait prisonnier en 1525, à la bataille de Pavie, avec François I, reçut le bâton de maréchal en 1538, fut nommé amiral en 1543, et chargé ensuite de l’administration des finances avec le cardinal deTournon ; il mourut en 1552. — Le cardinal d’Annebaut, son frère, lui survécut 6 ans. — Son fils, Jacques d’Annebaut, fut tué à la bataille de Dreux, en 1562.

ANNECY, Annesium,x. de France, ch.-l. du dép. de H.-Savoie, à 646 k. de Paris, à 29 k.S. de Genève, sur le lac d’Annecy (16 k. sur 4) ; 10,500 h. Évêché, fondé en 1535, réuni à celui de Chambéry en 1801, rétabli en 1823; lycée, musée. Anc,capit. des comtes deGénevoisqui habilaient un vieux château voisin, (auj. en ruines). Saint François de Sales en fut évêque, et ses reliques sont conservées dans la cathédrale.

ANNESE (Gennaro), remplaça Masaniello dans le commandement des Napolitains révoltés (1647). Trahissant la confiance de ses compatriotes, il trait* avec don Juan d’Autriche, et lui remit les clefs de la ville (1648); il fut lui-même une des premières victimes du prince auquel il avait donné la couronne.

ANNI BAL, général carthaginois, fils d’Amilcar, né l’an 247 av. J.-C. Son père lui avait fait jurer dès son enfance une haine implacable aux Romains. Il servit 3 ans en Espagne sous les ordres de son b.-fr. Asdrubal, et à la mort de ce général il fut unanimement proclamé général en chef de l’armée carthaginoise, quoiqu’il eût à peine 25 ans. Il ralluma la guerre avec les Romains en prenant et saccageant, au milieu de la paix et contre la foi des traités , la ville de Sagonte , alliée des Romains (219 av. J.-C.). Pensant qu’on ne pouvait vaincre les Romains que dans Rome, il quitta l’Espagne, traversa les Gaules, franchit le Rhône et les Alpes, et envahit l’Italie, où il marcha d’abord de succès en succès. Il remporta sur 3 consuls les 3 grandes vict.du Tésin, delaTrébie(218), duTrasimène(217), et pénétrant enfin jusqu’au fond de la péninsule, battit complètement les Romains à la fameuse bataille de Cannes (216), où il leur tua 40,000 hommes. S'il avait marché droit à Rome après cette victoire, peut-être s’en fût-il rendu maître; mais ses délais laissèrent aux Romains le temps de reprendre courage, et ses troupes cantonnées en Campanie s’amollirent dans les délices de Capoue. Marcellus le vainquit 2 fois à Noie , et dès lors la fortune sembla changer pour lui. Asdrubal, son frère, qui amenait des troupes fraîches, fut battu et tué près du Métaure avant d’avoir effectué sa jonction. D’ailleurs, Annibal n’obtenait de Carthage qu’avec peine, et en petite quantité, l’argent et les renforts dont il avait besoin. Cependant il se maintint encore 10 ans par ses propres forces en Italie, et ne quitta cette contrée que lorsque Scipion eut transporté la guerre en Afrique ; il se vit alors forcé de repasser la mer pour aller défendre sa patrie. A peine arrivé, il livra bataille aux Romains dans la plaine de Zama (202): mais il fut vaincu et forcé de s’exiler. Il se réfugia chez Antiochus, roi de Syrie, à qui il persuada de déclarer la guerre aux Romains; et enfin chezPrusias , roi de Bithynie. Celui-ci ayant promis de le livrer à ses ennemis, Annibal s’empoisonna pour ne pas tomber vivant entre leurs mains (183 av. J.-C.V Il avait alors 64 ans. La Vie d' Annibal a été écrite par Cornélius Népos.

ANNIBALIEN (Flavius Claudius), neveu de Constantin; ce prince le fit roi de Pont, de Cappadoce et d’Arménie, et lui donna sa fille en mariage. Après la mort de Constantin, ses soldats, excités par l’empereur Constance, son cousin, le massacrèrent (338).

ANNIUS de Viterbe, dont le vrai nom est Jean Nanni Dominicain et maître du sacré-palais, né en

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1432, mort en 1502, est surtout connu pour avoir publié à Home, en 1498, un recueil intitulé : Anliquitaium vanarum volumina XVII, dans lequel se trouvent des écrits attribués à des auteurs de la

Ïilus haute antiquité, tels que Bérose, Manéthon, fabius Pictor, Myrsile, Sernpronius, Archiloquo, Caton, Mégaslhène, etc. On a beaucoup disputé sur l’authenticité de ces écrits ; on convient aujourd'hui qu’ils sont fabriqués, mais il paraît qu’Annius en les publiant était de bonne foi, et qu’il fut le premier dupe d un faussaire.

AN N O BON ou ANABOA, petite île d’Afrique, dans le golfe de Guinée, a environ 30 kil. de tour et renferme une petite ville de même nom sur la côte E.; 900 hab. Déc. en 1471, le jour de l'an. A l’Espagne.

ANNONAY, ville de France, ch.-I. de cant. (Ardèche) , sur la Dieume et la Canze, à 26 kil. N. O. de Tournon; 5,500 hab. Ses papeteries sont très renommées. Patrie de Montgolüer et de Boissy-d’Anglas.

ANNONCIADKS, nom donné à plusieurs ordres religieux et militaires institués en l’honneur du miracle de l’Annonciation. Tels sout : 1° l’ordre des Servîtes ou serviteurs de Marie, établi en 1232 par sept marchands florentins ( Voy . sekvites); — 2° l’ordre de VAnnonciade de Savoie, créé en 1434 par Amédée VI 11, duc de Savoie (pape sous le nom de Félix) ; — 3° les Annonciades, instituées à Bourges (1500) en l’honneur des dix vertus de la Vierge , par Jeanne de Valois, fille de Louis XI ; — 4° les Annonciades célestes on Filles bleues , instituées en 1604 à Gênes,

Êar Marie-Victoire Fornaro : elles portaient un habit lanc et un manteau bleu, d’où le nom de Filles bleues. ANNONCIATION, fête instituéeen mémoirede l’incarnation du Verbe, annoncée à la Ste Vierge par fange Gabriel, remonte aux 1*““ siècles; on la cél. le 25 mars.

ANNOT, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), à 34 kil. N. E. de Castellane; 1,250 hab.

ANNULUS, poète latin moderne. Voy. aneau. ANOSSY, pays de l’île de Madagascar, sur la côte S. E., où se trouvent le port de Ste-Lucie et les ruines du Fort-Dauphin, qui appartenaient aux Français.

ANOUPCHEHH,v.de l’Inde anglaise (Calcutta), sur le Gange, qui y est guéable, à 23o kil. S. O. de Delhi. Comm. d'indigo et coton. Cédée aux Anglais en 1801. , ANQUETIL (L.-Pierre) , historien, né à Paris en 1723, mort en 1808 ; entra de bonne heure chez les Génovéfains, devint directeur du séminaire de Reims, du collège de Senlis, et enfin curé à Paris. Emprisonné pendant la Terreur, il recouvra bientôt la liberté, fut nommé membre de l’Institut et attaché au ministère des all'aires extérieures. Ses principaux ouvrages sont 1 Esprit de lu ligue, 1767, 3 vol. in-12; Précis de l'histoire universelle, abrégé de la grande Histoire universelle des Anglais, 1797, 9 vol., et 1807, 12 vol. in- 1 2 ; Motifs des guerres et des traités de paix sous Louis XIV, XV et XVI, 1798, in-8 ; Histoire de France, 1805, 14 vol. in- 12. Ses deux histoires ont été plusieurs fois réimprimées: la 2° [Hist.de France) se ressent de la vieillesse de fauteur; c'est cependant celui de ses ouvrages qui est le plus connu On estime son Histoire île Reims, 1756.

ANQüetil-du perron (Abraham - Hyacinthe), savant orientaliste, frère de f historien, né h Paris en 1731, mort en 1805. Voulant étudier les langues de l’Orient sur les lieux mêmes, il s'engagea comme soldat dans un régiment qu’on envoyait dans l'Inde (1754) ; il parvint, en courant les plus grands dangers, à apprendre les différents idiomes du pays, et rassembla 180 manuscrits rédigés dans presque toutes les langues de l’Asie. De retour en France en 1762, il consacra le reste de sa vie à la publication des précieux matériaux qu'il a\ait amassés. II fut nommé en 1763 membre de l'académie des Inscriptions et belles-lettres ; il fut compris dans I organisation de l Institut, mais il donna peu après sa démission. Anquetil vivait très retiré et de la ma¬

nière la plus sobre ; c’était un homme d’un caractère ferme et indépendant. Ses principaux ouvrages sont une Traduction du Zend-Avesta, précédée d’un Voyaae aux Grandes-Indes, Paris, 1771, 3 vol. in-4.; Législation orientale, Amsterdam, 1778, 1 vol. in-4; l'Inde en rapport avec l Europe, Paris, 1798, 2 vol. in-8 ; Recherches historiques et géographiques sur l'Inde, avec une lettre sur V Antiquité de l’Inde , Berlin, 1786, 2 vol. in-4, et une grande carte du pays ; Oupnek’kat, id est, secretum legendum , avec des notes et explications, Paris et Strasbourg, 1804, 2 vol. in-4. Anquetil l’historien a rédigé une Notice sur la vie d' Anquetil-Duperron, son frère.

ANSASGA (val d’), Vallis Antuatium, vallée des États sardes, à 12 kil. S. O. de Domo d'Ossola, bornée au N. O. par le mont Rosa , a 35 kil. de long. Mines d’or exploitées dès le temps des Romains.

ANSE, eh.-l. de cant. (Rhône), à 7 kil. S. de Villefranche , près de la Saône ; 1,700 hab. 11 s’y tint 4 conciles. Site délicieux.

ANSE (la grande-), grand bourg de la Martinique, sui la côte N. de file, a 1 7 sucreries importantes : 4,000 h.

ANSÉATIQUES (villes). Voy. hanse, hanséatiques.

ANSELME (saint), célèbre théologien et philosophe du xr siècle, né en 1033 à Aoste, mort en 1109, fut d’abord abbé du Bec en Normandie, puis archevêque de Cantorbérv en Angleterre. Zélé défenseur des prérogatives du clergé et du pape, il lutta constamment contre Guillaume-le-Roux qui voulait les restreindre. Ce prince le fit sortir d’Angleterre; mais Henri I, son frère et son successeur, l’y rappela. 11 fit observer rigoureusement le célibat ecclésiastique en Angleterre. Saint Anselme joue un rôle important dans la théologie aussi bien que dans la politique de son temps : on l’a considéré comme un second saint Augustin. Il essaya d'appuyer la religion sur la philosophie, et donna même de nouvelles démonstration* de l’existence de Dieu, qu’il voulait prouver, comms le fit plus tard Descartes, par 1 idée de l’être parfait. Ses œuvres ont été publiées par D. Gabr. Gerberon, avec une vie de fauteur, Paris, 1675, 1721; Venise, 1744, 2 vol. in-fol. On y remarque surtout les deux traités suivants : Monologium sive exernpium me ditandi de ratione jidei ; Proslogium seu Jides quœrens intelleclum , que M. H. Bouchitté a exposés dans le livre intit. Rationalisme chrétien , Paris , 1842, in-8. On bon. ce saint ,e 21 avril. — Ans. /’ Ecolâtre, disciple du urée . ouvrit à Laon une école célèbre. M. en 1 117.

Anselme (Pierre de Guibours, dit le Père), Augustin déchaussé, est connu par une Histoire généalogique et chronologique de la maison de France et des grands-ojficiers de la couronne , H>74, 2 vol. infol., et 1726-33,9 v. in-fol. Cet ouvrage er.t surtout devenu important par le travail des savants qui font continué. Du Fourni et le,P. Ange de Sainte-Rosalie.

ANSES-D’ARLET (les), bourg de la Martinique (Antilles), à 15 kil. S. de Fort-Royal ; 1,600 hab. On y récolte le meilleur café de 1 île.

ANSLO (baie d ), plus communément baie de Christiania, prend son nom de l’ancienne ville d’Anslo, qui forme auj. un quartier de Christiania.

ANSON (Georges), amiral anglais, né en 1697, mort en 1762. Chargé d’une expédition contre les établissements espagnols dans l'Amérique méridionale (1740-1745), il y réussit complètement, et fut comblé à son retour des faveurs de Georges 11. Une victoire qu’il remporta en 1747 sur le chef d’escadre français la Jonquère lui valut la pairie et le grade de contre-amiral; enfin il fut nommé amiral en 1761. On a publié la Relation de son voyage autour du monde dans les années 1740-1745, Londres, 1748, in-4; traduit en français, Amsterdam,' 1749, 1 vol. in-4.

ANSPAGH, Onoldinum, villede Bavière, sur la Rezot, à 40 kil. S. O. de Nuremberg ; 14,000 hab., avec un joli château, un gymnase et diverses fabr. Elle

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