MALT
frique, par 12° long. E., 36° lat. N. Elle a 28 kil. de long sur 16 de large ; 103,000 hab. Ch.-l., Cité- Valette. Ce n’est qu’un rocher couvert d’un peu de terre végétale , mais admirablement cultivé (coton , oranges, miel, soude, etc.); le gibier, le poisson y abondent. Sa position, presque au centre de la Méditerranée, à mi-chemin de 1 Afrique et de l’Europe, la rend précieuse ; l'Angleterre y a un gouverneur et 4,000 hommes de garnison. C est la grande station des flottes britanniques dans la Méditerranée. —Malte fut possédée successivement par les Phéniciens , les Carthaginois , les rois ou tyrans de Sicile, par les Romains (218 av. J.-C. -445 apres J.-C.), par les Vandales, auxquels les empereurs grecs l’enlevèrent (534); parles Arabes (870), par les Normands de Sicile (1090), par les Hohenstaufen, en conséquence du mariage de Constance, héritièie de Sicile, avec Henri VI; par la maison d’Anjou (1266), puis par celle d’Aragon (1282), qui la conserva jusqu’en 1530. A cette époque Charles-Quint, héritier de cette maison, céda Malte aux Frères- Hospitaliers ( Voy . hospitaliers), chassés de Rhodes par Soliman II, et qui prirent depuis ce moment le nom de chevaliers de Malle. Entre les mains de l’ordre, Malte forma un petit état souverain électif, qui pendant plusieurs siècles rendit les plus grands services à la chrétienté et fut la terreur des pirates musulmans. Bonaparte s’empara de l île en 1798, avant de se rendre en Egypte , et mit ainsi fin à l’ordre de Malte comme état. Les Anglais enlevèrent Malte aux Français en 1800; ils devaient la rendre par le traité d’Amiens, mais ils n’en firent rien, et ils furent confirmés dans cette possession en 1815. — L’ordre de Malte se partageait en huit langues ou nations : Provence , Auvergne , France , Italie, Aragon , Allemagne , Castille , Anglo-Bavière: celte dernière remplaça, au xvme siècle, la langue d’Angleterre (la 6* de l’ordrel , oui n’existait plus depuis la réforme. — Auj. l’Ordre de Malien est plus qu’une institution charitable et purement honorifique. Son chef réside à Rome; il y entretien! 2 hôpitaux. — La croix de Malte est en émail blano à 8 pointes ayantdes fleurs de lys dans les angles, et suspendue à un ruban noir. Pour l’obtenir, il faut 200 ans de noblesse. — Vertot a écrit VHisi. de l'ordre de Malte , et M. Miége VHist. de Vile de Malle , 1840.
MALTE-BRUN (Conrad), savant danois, né en 1775 dans le Jutland , mort à Paris en 1826, se fit d’abord connaître dans sa patrie comme poët-e et comme écrivain politique ; fut contraint en 1796 de quitter le Danemark pour avoir écrit en faveur de la liberté; se réfugia en Suède, puis vint se fixer en France (1800). 11 rédigea dans le Journal des Débats les articles de politique étran-> gère, et publia en même temps de savants ouvrages de géographie qui ont fait faire un grand pas à ia science. On a de lui : Géographie mathématique, physique, politique (en société avec Mentelle), 16 vol. in-8, Paris, 1803-7; Précis de la géographie universelle, 7 vol. in-8, 1820-27; il a rédigé, avec M. Eyriès, les Annales des Voyages, de 1808 à 1826. Le Précis de géographie a été plusieurs fois réimprimé : M. J.-J.-N. Huot, en 1841, M. Th. Lavallée, en 1856, en ont donné des éditions refondues et considérablement améliorées, 6 vol. gr. in-8.
MALTHUS (Thomas-Robert), économiste anglais, oé en 1766 à R jokery (Surrey), mort en 1834, était professeur d’histoire et d’économie politique au collège de la Compagnie des Indes orientales , dans le comté de Hartford. Il a publié de savants écrits d’économie et de statistique; les principaux sont : Essai tur le principe dépopulation, Londres, 1798, réimprimé pour la cinquième fois en 1817, traduit en rançais par M. Prévost de Genève ; Recherches sur ta. nature et les progrès du revenu, 1815. Effravé oe 1 accroissement de la population qui, selon lui.