Voy. le texte de ce décret à la page en face du titre
PRÉFACE l)E LA PREMIÈRE ÉDITION.
En publiant le Dictionnaire classique des noms propres de V Antiquité sacrée et profane , où nous avions rassemblé tout ce qui se rapporte aux temps anciens, ou nous donnions l’explication des noms propres de tout genre que 1 on trouve dans les auteurs grecs ou latins et dans les écrivains sacrés, nous n avions satisfait qu en partie a ce besoin que l’on éprouve a chaque instant de s’expliquer les noms inconnus qui se rencontrent dans la lecture ou dans la conversation. Pour que notre travail liit complet , il fallait y comprendre les temps modernes , qui donnent lieu a des questions bbn autrement nombreuses, et dont l’étude acquiert tous les jours plus d importance dans P éducation.
L’accueil si bienveillant qu’a obtenu notre premier ouvrage, i honorable sanction que lui a donnée le Conseil royal de l’Université dès son apparition (*) , nous imposaient l’obligation de compléter notre œuvre et de la perfectionner. C’est ce que nous avons tenté de faire dans ce Dictionnaire universel d’ Histoire et de Géographie , où, supprimant la limite arbitraire qui sépare les temps anciens des temps modernes, les contrées classiques des autres contrées du monde, nous avons embrassé tous les âges ainsi que tous les pays.
Le nouveau Dictionnaire que nous publions aujourd’hui offrira une réponse succincte aux diverses questions que l’on peut s’adresser sur les personnages historiques ou fabuleux, sur les lieux, les événements, les institutions, les cultes, les sectes qui ont attiré l’attention des hommes a quelque titre que ce soit. Réunissant une foule de notions utiles qui sont disséminées dans des collections volumineuses ou dans des ouvrages dispendieux, il mettra a la portée de tous ce qui autrement fut resté le partage d’un petit nombre; résumant tous les dictionnaires d’histoire, de mythologie, de biographie, de géographie ancienne et moderne, il pourra remplacer a lui seul un grand nombre de livres divers, dont la multiplicité devient bientôt un embarras : onerat disceti tem lurba , non instruit (**).
La réunion en un seul corps d’ouvrage de tant de matières diverses, mais analogues entre elles, et qui ne se trouven t ordinairement traitées que dans des dictionnaires séparés , nous a procuré des avantages importants que ne pouvait offrir aucun de ces dictionnaires. Au lieu de scinder ce qui est naturellement et nécessairement uni, nous avons pu rassembler et coordonner des éléments inséparables, qui sont comme les matériaux d’un même édifice; établir une juste proportion entre toutes les parties, et donner a chaque sujet l’étendue que lui assignait son importance relative; fondre en un seul et même article les renseignements de toute nature qui se rapportent au même sujet. Nous avons pu rapprocher, en les distinguant, tous les personnages, tous les lieux qui ont porté un même nom et que l’on eut été tenté de confondre ; faire mieux saisir ie passage de la fable à l’histoire, de la géographie ancienne à là géographie moderne ; montrer l’origine des noms des grandes familles dans les noms mêmes des lieux qui leur ont servi de berceau, ou réciproquement expliquer les dénominations des lieux en les plaçant auprès des personnages ou des peuples dont ils ont emprunté le nom. Nous avons pu appliquer d’un bout a l’autre les mêmes systèmes de chronologie, degéographie, d’interprétations mythologiques, le même système
i l Arrêté du 18 mars 1820. (**) Sénèque, De tranquilliiate animes, chap. IX.
métrique, la même nomenclature; faire enfin régner partout un seul et même esprit, et par l'a échapper a ces contradictions sans nombre qu’offrent les ouvrages sortis de mains différentes. Nous avons pu aussi éviter de fréquentes répétitions : souvent, en effet, les mêmes noms, les mêmes articles se trouvent également, par exemple, dans les dictionnaires consacrés a l’histoire ou a la biographie, et dans ceux qui traitent de la mythologie ; les personnages fabuleux placés sur les confins du monde historique et du monde mythologique ont autant de titres a figurer d’un côté que de l’autre. Il en est de même de l’histoire et de la géographie, qui empiètent a chaque instant l’une sur l’autre : comment, en effet, parler d’un peuple sans faire connaître le théâtre où se sont développés les événements qui composent son histoire? Gomment parler d’un pays sans retracer les vicissitudes qu’il a subies, les révolutions qui se sont accomplies a sa surface? En évitant toutes ces redites, nous avons gagné un terrain précieux : c’est ce qui explique comment ce Dictionnaire universel a pu être aussi complet dans chacune des parties qu’il réunit que la plupart des dictionnaires spéciaux.
Embrassant un si vaste champ, nous avons du avant tout bien déterminer les limites dans lesquelles il fallait nous renfermer. Au milieu de cette multitude infinie de noms et de détails qui remplissent d’innombrables volumes , ce n’était pas une médiocre difficulté que de faire le triage des noms qui méritaient d’être admis dans cette espèce de Panthéon historique , que de choisir les traits caractéristiques et vraiment essentiels qui devaient entrer dans chaque article. Il y avait un milieu a garder entre le trop et le trop peu, entre une abondance qui , en donnant a ce livre une étendue démesurée, l’eut empêché de devenir usuel, et une pénurie, une sécheresse qui, en le réduisant a une aride nomenclature, lui eussent enlevé tout intérêt, toute utilité.
Dans l’histoire et la biographie, nous avons donné place a tous les événements qui ont laissé quelque trace dans la mémoire des hommes ou amené des résultats de quelque importance, a tous les personnages dont le nom rappelle quelque grande action, quelque découverte, quelque production remarquable. Dans la géographie, nous nous sommes fait une loi d’admettre tout ce qui figure parmi les divisions soit naturelles, soit politiques et administratives de chaque contrée ou de chaque état, tous les lieux auxquels se rattachent des souvenirs historiques ou qui se recommandent a l’attention par quelque monument , par quelque industrie. Pour la France, nous avons du entrer dans des détails plus amples encore : nous avons fait connaître non seulement les grandes divisions anciennes et nouvelles, les grands centres de population et d’industrie , mais tous les chefs-lieux de canton , quelque peu importants qu’ils pussent être par eux -mêmes, parce que toute division administrative est un point de repère auquel on a fréquemment besoin de recourir.
Dans le choix des articles, nous avons eu sans cesse en vue les besoins du public auquel nous nous adressions, et de l’époque pour laquelle nous écrivions. lien est des noms propres comme des mots de la langue ; ils sont emportés par un mouvement qui précipite les uns dans l’oubli, qui fait revivre les autres :
Multa rcnascenlur quee jam cecidere , cadentquc
Quœ nunc sunt in honore vocabula, si volet usus , etc.
Ainsi tel dictionnaire qui eut un grand succès dans le siècle dernier est rempli de longues généalogies, de minutieuses descriptions d’armoiries, de notices détaillées sur une foule de casuistes et de controversistes, qui de nos jours intéresseraient bien peu de lecteurs , tandis qu’on y chercherait vainement des articles sur certains personnages du moyen âge, sur certains écrivains étrangers , sur certains philosophes, dont les noms
sont aujourd’hui dans toutes les bouches. C’est que depuis un siècle tout a changé, les manières de voir, les goûts, les jugements, et pour ainsi dire les faits euxmèmes; tant la critique et les recherches nouvelles ont transformé l’histoire! Sans nous asservir a ces caprices de la mode, nous avons suivi dans une juste mesure le mouvement des esprits, et nous avons réglé le choix, le nombre et l’étendue des articles sur l’importance réelle qu’ils devaient avoir pour notre époque.
Nous avons donné une attention toute particulière aux articles consacrés aux gen9 de lettres, aux savants, aux philosophes, qui occupent généralement bien peu de place dans les traités d’histoire générale, et qui souvent sont fort négligés ou tout a fait onus dans les dictionnaires abrégés. Bacon a dit ingénieusement : « L’histoire du monde sans l'histoire des savants, c’est la statue de Polyphême à qui on a arraché l’œil, et qui a ainsi perdu ce qui donne au visage la vie et l’expression (*). » Nous n’avons pas voulu qu'on pût nous reprocher d’avoir ainsi défiguré notre œuvre. Nous nous sommes surtout attaché à résumer clairement et a bien caractériser les systèmes des philosophes, qui sont généralement si peu compris et si mal appréciés. On ne 6’étonnera pas que cette partie ait été traitée avec quelque prédilection par l’auteur, qui, voué a l'étude de la philosophie , a consacré vingt années de sa vie a cet enseignement.
Est-il nécessaire d’ajouter que, dans la rédaction des articles, nous nous sommes fait une loi d’observer la plus stricte impartialité? Cela ne veut pas dire qu’indifférent au mal comme au bien, nous ayons pu rapporter, sans les flétrir, les actes odieux qui ont mérité la réprobation du genre humain, ou citer, sans les honorer, les traits de générosité, de dévouement, qui ont immortalisé leurs auteurs; que nous ayons parlé des grands maîtres en tout genre, dans les sciences, dans les lettres, dans les arts, sans leur payer un juste tribut de reconnaissance et d’admiration ; mais dans ces appréciations, nous n’avons fait que reproduire les jugements prononcés par la postérité et consacrés par l’histoire; supprimer ces jugements, c’eût été être infidèle et incomplet. Du reste, pour tout ce qui est encore en litige et qui peut être un objet de doute aux yeux des hommes de bonne foi, pour tout ce qui est trop récent, et pour ainsi dire actuel , nous nous sommes abstenu de prononcer, pensant que ce livre, destiné à être consulté par des personnes de toutes les opinions, n’en devait heurter aucune, et qu’ici notre rôle devait se borner a rappeler les faits, a les exposer fidèlement, et à mettre ainsi devant les yeux de chacun les pièces du procès.
Les matériaux s’offraient en abondance pour remplir le vaste cadre que nous nous étions tracé. Sans entreprendre ici la longue et fastidieuse énumération des ouvrages de toute espèce qu’il nous a fallu consulter, nous indiquerons sommairement ceux qui nous ont servi de base. La réputation dont la plupart de ces ouvrages jouissent à si juste titre nous dispensera de tout éloge. Ce sont :
Pour l'histoire et la chronologie, Y Art de vérifier les Dates , dont les supputations sont généralement admises dans l’enseignement; les Précis et Cours d'histoire publiés par MM. les professeurs des collèges royaux, et revêtus de l’approbaLion de l’Université; — pour les événements contemporains qui ne sont pas encore entrés dans le domaine de l'histoire, les Annuaires historiques de M. Lesur et leurs continuations; — pour l' histoire sainte, le Dictionnaire historique et géographique de dont Calmet ; — pour l’histoire de la plulosophie , le Manuel de l'histoire de la philo -
(*) De Augmentas scientiarum, livre II, ch. 4, § 1 (vol, I, p, 118 de notre édition).
Sophie de Tennemann, traduit de l’allemand par M. V. Cousin, et les Cours d* histoire de la philosophie de ce savant professeur ;
Pour la partie biographique , la grande Biographie universelle , de M. L.-G. Michaud, dans laquelle nous avons fondu les suppléments publiés jusqu’ici , et que nous avons complétée, pour les articles étrangers a la France, en recourant directement aux dictionnaires biographiques rédigés en Angleterre ou en Allemagne ; — pour la bibliographie, annexe indispensable delà biographie littéraire, le Manuel du libraire de J. -Ch. Brunet;
Pour la mythologie, le Dictionnaire de ta Fable de Fr. Noèl, et la Biographie mythologique annexée a la Biographie universelle , dont le savant auteur, M. Val. Parisot , a mis a profit les travaux récents des orientalistes et des plus ingénieux interprètes des fables anciennes , notamment ceux de Creuzer et deM. Guigniaut ;
Pour la géographie ancienne (outre les ouvrages que nous avions déjà pu consulter pour notre Dictionnaire de l'Antiquité) , le Dictionnaire de Géographie comparée , ancienne , du moyen àge} et moderne , de MM. Fr. -H. -Th. Bischoff et J. -II. Mœlier ( Vergleichendes Wœrterbuch der allen , miltleren und neuen géographie) , et la Géographie ancienne et comparée des Gaules , de M. Walekenaér, ouvrages capitaux, qui nous ont permis de faire a notre premier travail d’importantes rectifications ; — pour la géographiemoderne, le Dictionnaire géographique universel , rédigé par une société de géographes et publié par A. -J. Kilian et Ch. Picquet, que nous avons complété, pour les changements survenus depuis une quinzaine d’années, soit avec le secours d’ouvrages plus récemment publiés, notamment de l'Abrégé de Géographie d’Adrien Balbi, soit au moyen des atlas de MM. Brué, La pie , Meissas et Michelot, etc. , et des meilleures cartes spéciales ; — pour la géographie comparée des différents âges, le savant Précis de Géographie historique universelle de MM. Barberet et Magin, et Y Allas historique des Étals européens de Chr. et Fr. Kruse , traduit et amélioré par MM. Le Bas et Ansart.
En outre, nous avons eu sans cesse sous les yeux plusieurs ouvrages généraux dont le plan était plus ou moins analogue au nôtre, notamment la dernière édition du grand Dictionnaire historique connu sous le nom de Morèri (10 vol. in-fol., Paris , 1759 et ann. suiv. ) , corrigée et augmentée par le savant abbé Goujet et par Fr. Drouet, d'après les critiques et les travaux de Bayle, de Chauffepié, de Prosper Marchand, mine inépuisable, d'où nous avons tiré d’abondants matériaux; le Dictionnaire géographique . historique et critique de Bruzen de La Martinière (La Haye et Amsterdam, 1726, 10 vol. in-fol.), ouvrage précieux surtout pour la géographie des temps modernes ; enfin les diverses Encyclopédies publiées soit au xvme siècle, soit dans celui-ci. Parmi les ouvrages de ce dernier genre, ceux qui nous ont été les plus utiles sont le Conversations Lexicon, qui a obtenu en Allemagne une vogue si bien méritée; la partie historique et géographique de la publication anglaise intitulée The Brilish Cyclopœdia , par Ch.-F.-Partington , et Y Encyclopédie des Gens du monde , publiée par la librairie Treuttel et Wùrtz , ouvrage consciencieusement fait et rempli de renseignements exacts, mais oui malheureusement était loin de son terme lorsque notre livre a du paraître.
En puisant a tant de sources diverses , nous avons eu soin de soumettre a un contrôle sévère les renseignements qu’elles nous fournissaient.; nous avons minutieusement vérifié les faits, les dates, les positions, les distances; nous avons rapproché et discuté les autorités diverses ; nous avons enfin , dans les cas douteux , recouru aux auteurs originaux autant que cela nous était possible.
Ï1 nous reste a donner quelques explications sur la marche que nous avons suivie dans l’exécution des différentes parties que comprend ce dictionnaire.
Pour l’histoire et la biographie, tout a été rapporté à une seule ère, F ère de Jésus- Christ. Il sera facile de réduire a celle-lâ les autres ères principales qui ont été suivies par divers auteurs, en se rappelant, pour l’ère de la création du monde, qu’elle est fixée a Fan 4963 avant J.-C. par les Bénédictins , a l’an 4004 par Usserius; pour l’ère des Grecs, que le commencement de la première Olympiade date de l’an 776 avant J.-C.; pour l’ère des Romains, que la fondation de Rome est de l’an 753 avant J.-C.; pour l’ère des Mahométans, que l’hégire coïncide avec l’année 622 de J.-C. ; pour l’ère de la République Française, qu’elle commence au 22 septembre 1792. Nous avons aussi dû adopter un système uniforme de chronologie, et nous avons donné la préférence a celui qui a été proposé par les savants Bénédictins, auteurs de F Art de vérifier les Dates. Dans le Dictionnaire de V Antiquité , nous avions suivi Usserius , qui a longtemps été en faveur; si nous l’abandonnons aujourd’hui, ce n’est pas que, pour les temps anciens, le système des Bénédictins offre une certitude tout a fait incontestable ; c’est plutôt pour mettre cet ouvrage en harmonie avec la chronologie adoptée aujourd’hui dans l’enseignement. Du reste, la différence des deux systèmes n’affecte guère que les temps les plus éloignés et les plus incertains. Quand cette différence était très sensible, nous avons eu soin de la signaler.
Pour la géographie, nous avons de meme tout réduit a une mesure commune. Rien de plus divers , de plus confus que les évaluations des distances que l’on trouve, non pas seulement chez des auteurs d’âges et de pays différents , mais même chez les géographes d’un même pays. Ainsi pour la France, les uns comptent par lieues de poste, les autres par lieues communes de 25 au degré, ou par lieues marines de 20 au degré, d’autres par milles (*) ; on ne s’accorde pas même sur Fé^ tendue de la lieue la plus usuelle, la lieue de poste, les uns lui donnant 2,000 toises (c’est-a-dire 3,898 mètres), les autres 2,200 (4,287 mètres). Pour sortir de ces contradictions, nous avons adopté pour base de tous nos calculs le mètre et son multiple, le kilomètre (1 ,000 mètres), seules mesures qui soient bien déterminées. C’était d’ailleurs nous conformera la loi qui prescrit de n’employer, a partir de 1840, d’autres mesures que celles qui dérivent du système métrique (**). Peut-être notre exemple, en propageant l’usage des nouvelles mesures, contribuera-t-il a hâter le moment où elles seront seules employées. Du reste, pour la commodité des personnes qui sont plus familiarisées avec les mesures anciennes, nous donnons un tableau de réduction des kilomètres en lieues. [F oyez à la fin de la préface.)
Les distances ont été partout prises en ligne droite, comme on l’avait fait dans le Dictionnaire géographique universel, qui nous a servi de base. La diversité des routes qui conduisent a un même point, les changements fréquents qu’elles peuvent subir par l’adoption d’un nouveau tracé, l’espèce de révolution opérée dans cette partie par les nouvelles lignes de chemin de fer, nous mettaient dans l’impossibilité d’employer une autre manière de calculer ; cependant, pour les villes importantes, nous avons indiqué, outre la distance en ligne droite, la distance donnée par les routes les plus fréquentées. La position des lieux a été déterminée le plus souvent par leur rapport avec des lieux plus connus , et surtout avec le chef-lieu de la circonscription ad-
O C’est cette dernière memre qui est adoptée par M. Balbi.
D Loi du 4 juillet 1837 : « Art. 3. A partir du 1» janvier 1840, tous poids et mesures autres que les poids et mesures établis par les lois constitutives du système métrique décimal seront interdits »
" 5‘ t C0'7ter (lpla même époque, toutes dénominations de poids et mesures autres que celles
portées dans le tableau annexé h la présente loi sont interdites * ' •
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ministrative dans laquelle ils étaient compris : cette méthode est a la fois la plus lumineuse et la plus instructive. Quand elle nous a paru insuffisante, nous avons donné en outre la position astronomique. Lorsque les déterminations astronomiques n’étaient pas d’accord entre elles, nous nous sommes décidé pour celle qui était indiquée dans l’excellent ouvrage de M. Ph.-J. Coulier, intitulé : Table des principales positions géographiques du globe d’après les autorités les plus modernes.
La population a été fixée, autant qu’on l’a pu, d’après les tableaux officiels les plus récents. Pour la France, on a suivi les tables de population annexées a l’ordonnance royale du 30 décembre 1836, la seule qui fasse autorité jusqu’à cejour (1842); pour l’Angleterre, on a adopté les évaluations contenues dans l’ Encyclopédie Britannique (The British Cyclopœdia ), de b. Partington, qui lui-même a partout suivi le dernier recensement officiel; pour l’Allemagne, on a de même eu recours a des ouvrages spéciaux. Pour quelques pays , comme la Prusse , le royaume de Naples , les Etats-Unis, etc., on a mis a profit des documents officiels publiés en 1841 et 1842.
Quoique nous ayons consacré bien des années a l’exécution de cet ouvrage , nos seules forces n’eussent pas suffi pour mettre fin a une si vaste et si longue entreprise. De zélés collaborateurs ont bien voulu nous prêter leur concours, et nous sommes heureux de pouvoir leur offrir ici le témoignage public de notre reconnaissance. M. Val. Parisot, professeur d’histoire, l’un des plus actifs et des plus savants rédacteurs de la Biographie universelle de M. Michaud, auteur d’un Dictionnaire de Mythologie que nous avons déjà eu occasion d’apprécier, et de plusieurs ouvrages d’histoire et de géographie, a rédigé ia plus grande partie des articles de Géographie ancienne et moderne et des articles historiques qui accompagnent le nom de chaque pays, ainsi qu’un bon nombre de notices biographiques et mythologiques ; sa coopération, qui nous avait été déjà d’un si grand secours pour notre Dictionnaire de V Antiquité , nous a été plus utile encore dans ce nouveau travail : car nous avons pu profiter de tout ce que \ 5 années d’études avaient ajoutéa son érudition. M. Alfred Magin, ancien professeur
d’histoire, aujourd’hui Inspecteur supérieur de l’instruction primaire, auteur d’ouvrages de géographie et d’histoire justement estimés, nous a donné d’importants arti¬
cles sur les matières qui avaient été le plus particulièrement l’objet de ses recherches. M. Le G ouëz, répétiteur au collège Bourbon , nous a, pendant plusieurs années, secondé avec un véritable dévouement dans la pénible tâche de tout reviser, de tout vérifier. Nous avons aussi de grandes obligations â M. Wibratte, qui s’est chargé défaire une lecture a la fois littéraire et typographique de tout l’ouvrage : si ce Dictionnaire se distingue par l’exactitude et la correction du texte, c’est a lui en grande partie que nous en sommes redevable.
Dans l’impossibilité de mentionner toutes les personnes qui ont bien voulu nous fournir d’utiles documents ou nous aider de leurs conseils , nous ne pouvons passer sous silence les noms de M. Langlois, savant orientaliste et membre de l’Institut, qui nous a donné des éclaircissements sur la mythologie indienne, et amis anotredis- ' position son Théâtre indien , où nous avons puisé d’excellentes notices ; de M. Weiss, professeur d’histoire , a l’obligeance duquel nous devons plusieurs articles sur quelques uns des points les plus obscurs de l’histoire du moyen âge; de M. Spiers, professeur de langue anglaise, auteur d’ouvrages devenus classiques, â qui nous avons soumis les principaux articles relatifs a la littérature ou a l’histoire de l’Angleterre; de M. Adrien Fleury, avocat, et de M. Geffroy, docteur en droit, qui ont rédigé plusieurs notices sur des magistrats, des jurisconsultes, des orateurs, des avocats.
Malgré tant d’efforts, nous ne nous flattons pas d’avoir réussi à éviter toute erreur; mais nous espérons que l’on voudra bien juger avec quelque indulgence un ouvrage comme celui-ci, qui contient plus de 40,000 articles, tous remplis de noms propres et de chiffres, et dont chaque ligne, chaque mot, pour ainsi dire, offrait un écueii.
Tel qu’il est cependant, nous avons la confiance que ce livre sera utile. S’adressant a toutes les classes de lecteurs, il rappellera aux uns des faits qu’ils étaient près d’oublier ; il donnera aux autres de premières notions que viendront compléter des études plus approfondies; il fournira a tous les moyens de vérifier un fait, de retrouver une date, de comprendre une allusion. 11 sera surtout du plus grand secours aux jeunes gens, et pourra s’adapter avec succès a toutes les formes et a tous les degrés de l’enseignement. Au moyen d’un tel livre, le maître pourra satisfaire immédiatement la curiosité légitime de l’élève qui l’interroge sur un fait nouveau pour lui; il pourra combattre chez quelques-uns cette habitude, si funeste aux progrès de l’intelligence, de se contenter de mots auxquels ils n’attachent aucun sens, de sauter par-dessus les difficultés sans les résoudre ; il pourra exiger de tous qu’ils rendent compte des noms propres qui se rencontreraient dans leurs lectures, et qu’iLs fassent, pour ainsi dire, Y analyse historique comme on fait l’ analyse grammaticale.
Voué a l'éducation de la jeunesse, l’auteur a surtout désiré être utile aux élèves de l’Uni versité. Témoin de l'ardeur qu’ils apportent dans leurs études, il a voulu seconder leurs ellorts et les aider pour sa part a surmonter quelques-unes des difficultés qui (es arrêtent a chaque pas. 11 a cru pouvoir y réussir en mettant entre leurs mains un livre qui, suppléant aux grands ouvrages qu’ils n’ont ni le loisir ni les moyens de consulter, leur fournît sur-le-champ, d’une manière exacte et précise, les i enseignements dont ils ont sans cesse besoin; qui fût pour les études historiques ce que sont les vocabulaires pour l’étude des langues; qui otlrn a l’ecolier encore inexpérimenté la véritable orthographe d’un nom, l’epoqne précise d’un événement, la position d’un lieu; qui, anrès la leçon d’histoire, lui donnât les moyens de retrouver les détails que le professeur a dû omettre, et d’achever ainsi le tableau dont on lui a seulement présenté I esquisse; qui, eu mettant l’humaniste en présence des personnages qu’il doit faire parler, lui permît de s'inspirer de la réalité, et de donner a ses discours ou a ses vers un corps, une substance sans lesquels tous les efforts d’imagination n’enfanteront jamais que de vains mots. Un tel livre manquait a nos classes; nous avons espéré, en comblant cette lacune, contribuer pour notre part au progrès des études.
Au collège Bourbon, le 1** juillet 1842.
Réduction des Kilomètres en Lieues de poste de 2,000 Toises (ou 3,898 Mètres).
Kil.
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Lieues
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Lieues
Kil.
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Lieues
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UNIVERSEL
AARH
A., dans les abréviations des noms propres, signi- Aait Aulus, et plus souvent Augustus ; A U. C. est pour ab Urbe conditd , et veut dire: l’an de la fondation de Rome; A. K., ante kaletidas, avant les calendes; A. D., anno Domini, l’année du Seigneur.
AA. Ce nom, qui en celtique veut dire eau , est porte par un grand nombre de petites rivières, dont une en France, qui se jette dans la Manche à Gravelines (dép. du Nord) , et plusieurs en Suisse, en Hollande, en Prusse (où une rivière d’Aa passe à Munster), et dans divers autres états d’Allemagne. Parfois le nom d’Aa est joint à un nom qui le précède et dont on peut le détacher à volonté, comme Boulderaa, Treideraa, Gouldenaa. Voy. boulder,
TREIDER.
AA (van der). Voy. van der aa.
AALBORG, ville de Danemarck, ch.-l. du bailliage et du dioc. d’Aalborg, sur le Limflord,à71 kil.N. E.de Viborg; 9,000 hab. Évêché, bon port, mais dont l’entrée estdiliicile; école de navigation, biblioth., collège. Grande pêche de harengs et commerce de grains.
Aalborg (dioc. d’), en Danemarck, se compose de la partie septent. du Jutland et de l’île de Lessoë, et tire son nom d’Aalborg, ville cap. du bailliage et du dioc. de même nom.
AALEN, ville du Wurtemberg (cercle d’Iaxt), sur le Kocher, à 1 1 kil. S. d’Elwangen ; jadis v. impér.; 2,400 hab. Filatures, mines de fer.
AALTEN, ville de Hollande (Gueldre), à 35 kil. S. E. de Zutplien; 3,700 hab.
AAR , Arola ou Arula , rivière de Suisse , sort par deux sources des monts Schreckhorn et Finster, traverse les lacs de Rrîpn* Tiiun , ot tombe
dans le Rtiin, après avoir baigné les villes de Thun, Berne, Soleure, Aarau. Elle a 265 kil. de cours. Le 17 août 1799, le prince Charles, voulant tenter le passage de cette rivière, en fut repoussé avec perte par les généraux français Ney et Heudelet.
AARAU ou ARAU, ch.-l. du cant. d’Argovie (Suisse), sur l’Aar qu’on y passe sur un pont couvert, à 40 kil. S. E. de Bâle; 4,660 hab. Fonderie de canons. Patrie adoptive du romancier Zschokke.
AARBOURG ou AR BOURG, ville du cant. d’Arvie (Suisse), sur l’Aar, à 13 kil. S. O. d’Aarau. tadelle qui sert de dépôt d’armes et de munitions de guerre, construite en 1660; 1,653 hab.
AAKGAU. Voy. argovie.
AARHUUS, ville de Danemarck, ch.-l. du bailliage et du dioc. d’Aarhuus, à 58 kil. S. E. de Viborg, par 7« 52’ loDg. E., 56° 10’ lat. N., sur le Cattégat.
ÀRAD
Évêché fondé par Othon I, bon port, la plus haute cathédrale du Danemarck , biblioth., musée d’antiquités ; 6,000 hab.
aarhuüs (dioc. d’), se compose de la partie E. de la presqu’île du Jutland et des îles d’Anholt, Knoben, Nordvest^Rev, Hielm et Endelave.
A ARON, frère aîné de Moïse, de la tribu de Lévi, né en Égypte vers l’an 1574 av. J.-C. selon Usher, en 1728 selon l’Art de vérifier les Dates , eut part à tout ce que fit son frère pour délivrer les Hébreux du joug des Pharaons, et fut désigné de Dieu pour exercer le sacerdoce, lui et toute sa postérité. * En l’absence de Moïse, qui était alors sur le mont Sinaï pour recevoir les tables de la loi, les Hébreux pressèrent Aaron de leur construire une idole, et il eut la faiblesse de leur faire ériger un veau d’or, qu’ils adorèrent à l’imitation du bœuf qui était adoré en Egypte. Il obtint cependant son pardon ; il fut même élevé par son frère à la dignité de grandprêtre, charge qu’il exerça le premier. Il parlait avec éloquence et portait ordinairement la parole à la place de Moïse. 11 mourut dans sa 123e année. ÀARSCHOOT. Voy. aerschoo,j.
AASI ou ASSI, Oronte ou Axius , riv. de Syrie sort du Djebel-el-Chaïk ou Antiliban , et se jette dans la Méditerranée.
ABA ou ABÆ, ville de Phocide, au N. E., sur la Céphise , fondée , dit-on , par Abas , roi d’Argos et célèbre par un oracle d’Apollon. Ses habitants la quittèrent lors de l’invasion de Xerxès et allèrent s’établir dans rFnU<so qui reçut deux, dit-on, le fini» ci Abanlis.
ABA (Samuel, dit), roi de Hongrie, monta sur le trône en 1041, après avoir défait Pierre, dit l’Allemand, contre lequel les Hongrois s’étaient révoltés à cause de ses exactions. Il abusa lui-même de l’autorité, et ses sujets le chassèrent après trois ans de règne pour replacer Pierre sur le trône.
ABACÉNE, v. de la Sicile anc. , près de Tyndaris. ABACUG, prophète d’Israël. Voy. habacuc.
ABAD 1, Mohammed - ben -Ismaël- ben -Aboul- Cacim-ben-Abad, premier roi maure de Séville, chef de la dynastie des Abadites, fut élevé au trône à cause de ses richesses et de ses qualités, l’an 1015, et régna 26 ans. Il ajouta à ses états le royaume de Cordoue, dont il avaii fait périr le souverain.
abad il, Ahou-Amrou-ben-Abad, fils du précédent, régna de 1041 à 1068, et recula les bornes des états que lui avait légués son père.
abad ni, Mohammed-al-Motamed-il-ÀUali-ben
ÀBAR
Abad,flls d’Abad II, succéda à son père en 1068, et eut d’abord un règne fort heureux ; mais s’étant allié avec un prince chrétien , Alphonse VI , auquel il donna sa fille en mariage , les princes maures se liguèrent contre lui et le détrônèrent vers l’an 1095. Il fut emmené prisonnier en Afrique où il mourut dans la misère.
ABADÉS ou ABABDÉS, peuple nomade d’Afrique, parcourt le désert entre la vallée du Nil et la mer Bouge, depuis le parallèle de Derr (22° 30’ N.) jusqu’à Cosseïr, et se trouve ainsi en Nubie et en Egypte : trois de leurs tribus sont fixées tout près de la Basse- Égypte et vers Suez. C’est à tort qu’on les confond avec les Arabes Bédouins, leurs ennemis. La résidence de leur cheik est Reden. C’est dans leur territoire que sont les fameuses mines d’émeraudes de Djebel-Zabourahet les ruines de Bérénice. Us peuvent mettre de 1,500 à 2,000 hommes sous les armes.
ABADIOTES. Voy. abdiotes.
ABADITES, dynastie de rois maures fondée par Abad 1. Voy. ce nom.
ABAFFI I (Michel), prince de Transylvanie, fut élu en 1661 par l'influence de la Porte qui l’opposa à J. Kemeni que l’Autriche avait fait <5iiie; son com- Détiteur étant mort l’année suivante, il fut reconnu sans contestation dans toute la Transylvanie. Après le siège de Vienne, il fit en 1687 un traité avec l’empereur auquel il avait jusque-là fait la guerre. Il mourut à Weissembourg en 1690.
abaffi h (Michel), fils du précédent, n’avait que 13 &ns à la mort de son père (1690), et eut pour compétiteur Tékéli. L’empereur Léopold Ier le reconnut d’abord pour prince de la Transylvanie et lui nomma un tuteur; mais l’ayant attiré à Vienne sous un prétexte , il le força à céder ses états à l’Autriche contre une pension , i) mourut à Vienne en 1713, à 36 ans.
ABA1LABD. Voy. abélard.
ABAKA , 2e kan mongol de Perse , de la race de Gengis-Kan, succéda en 1265 à Houlagou , son père, et mourut en 1282. Il régna sur les provinces occidentales de l’empire de Gengis-Kan , principalement sur la Perse, et repoussa les invasions des Tartares septentrionaux. Bibars lui ravit la Syrie.
ABAKAN, riv. de Russie d’Asie (Tomsk), sort des monts Altaï et tombe dans l’Iénisséi à Oulianova, après un cours de 350 kil. environ.
ABAKANSK, fort de la Russie d’Asie (Tomsk), sur l’iénisséi, à 230 kil. S. O. de Krasnoïarsk; 1,000 hab. Il a été bâti par Pierre-le-Grand en 1707 et réparé en 1725.
ABALLO , ville de la Gaule transalpine, dans la Lugdunensis prima , est auj. avallon.
ABANCOURT. Voy. willemain d’abancourt.
ABANO , Aponus , ville du royaume Lombard- Vénitien, à 8 kil. S. 0. de Padoue ; 2,900 hab.; eaux thermales. Elle dispute à P».rioixe la gloire d’avoir donné naissance à Tite-Live.
ABANO (Pierre d’). Voy. pierre.
ABANTES, peuple grec, originaire de Thrace. Ils se répandirent dans le Péloponèse;danslaPhocide,où ils fondèrent Aba; dans l’Eubée, qui leur dut le nom d’Abantis; enfin dans la Thesprotie.
ABANT1DAS, tyran de Sicyone, s’empara du pouvoir vers l’an 265 av. J. -G., en faisant périr le premier magistrat de la république, Clinias, père du célèbre Aratus; il fut bientôt après assassiné luimême.
ABANTIS, nom de l’Eubée. Voy . aba et abantes.
ABARBANEL. Voy. abrabanel.
ABARES. Voy. avares.
ABAR1M, montagnes de la Palestine, dans la tribu de Ruben. Le mont Nébo, d’où Moïse vit la terre promise et sur lequel il mourut, faisait partie des monts Abarim.
ABARiS, personnage fabuleux, sorti de la Scythie ou des réglons hyperboréennes , était prêtre d’A-
ÀBÀY
pollon. Il parcourut, dit-on, toute la terre sans rien manger, portant avec lui une flèche mystérieuse, ou, selon d’autres, porté sur cette flèche, avec laquelle il traversait rapidement les airs. Il savait prédire l’avenir, était très habile dans la médecine, et délivra plusieurs peuples de la Grèce des fléaux qui les désolaient. On ne 8ait quand il vivait; les uns le font contemporain d’Orphée, les autres de Pythagore.
ABAS, roi d’Argos, fils de Lyncée et d liypermnestre monta sur le trône vers 1510 av. J.-G. et régna 13 ans. Il eut pour fils Prœtus et Acrisius, et pour descendants Danaé, Persée, Sthenelus, etc.
ABASGAL (don José Fernando), marquis de la Goncordia, général espagnol, né en 1743 à Oviédo, mort en 1821, fut successivement gouverneur de Cuba, 1796, commandant-général de la Nouvelle- Grenade et enfin vice-roi du Pérou. Il signala son administration par une foule de mesures utiles.
ABASC1E ou ABAZ1E, Abasci et Achœi chez les anciens, région de la Russie d’Asie, au S. du Caucase, située entre 42° 30’ — 44° 45’lat. N. et 34° 50 — 38° 21 long. E. Environ 150,000 hab. Villes principales : Soouksou, SokoumVnleh. Pit7nundu., Anapa. (< est chez les Abazes qu’était la fameuse Dioscuriade. Ce pays est tout en montagnes et en vallées, sauf le long delà mer N-oire. Le sol en est très fertile. Les Russes n’y sont maîtres que de nom. Les Abazes ont une langue à eux, très différente des autres langues caucasiennes. Chrétiens au iv® siècle, ils embrassèrent l’islamisme lorsqu’ils échappèrent au joug des Romains, pour vivre sous les Persans, les Géorgiens et les Turcs. Sous ceux-ci, ils vendaient des esclaves ; les Russes ont mis fin à ce trafic.
ABASSIDES. Voy. abbassides.
ABATUCG1 (Jacques-Pierre), général corse, né en 1726, mort en 1812, fut le perpétuel antagoniste de Paoli ; néanmoins il se réunit à lui pour s’opposer aux armes des Français. Après la conquête, il se soumit à la France, fut créé maréchal-de-camp par Louis XVI, et fut chargé, en 1793, de défendre la Corse contre Paoli et les Anglais. N'ayant pu sauver l’île, il se retira en France.
abatucci (Charles), fils du précéd., officier d’artillerie, né àZicavo en 1770, fut, en 1794, aide de camp de Pichegru, se signala en Hollande, fut nommé dès 1796 général de division, défendit vaillamment Huningue et fut tué pendant le siège, n’étant âgé que de 27 ans. Unmonumentluiaété érigé à Ajaccio en 1854.
ABAUJYAR, comitat de la Hongrie (cercle en-deçà de la Theiss), entre ceux de Saroch, Zemplin, Borchod, Torna et Zips, est tout couvert de montagnes qui recèlent du fer, du cuivre, des mines d’opale ; il produit des vins exquis, entre autres ceux de Tokay. 11 a pour ch.-l. Kachau.
ABAUZIT (Firmin), né àüzès, en 1679, de parents protestants, mort en 1767 à 88 ans, vécut à Genève où sa famille s’était réfugiée à la révocation de l’édit a« îio.r,tPa. Abo-uait cultiva toutes les sciences, parcourut les principaux pays de 1 Europe ot ae lia avec les savants les plus illustres do son temps, tels que Bayle, Jurieu, Newton, etc. Il ne se fit pas moins estimer par ses vertus que par ses connaissances et passa pour un sage. La ville de Genève le nomma son bibliothécaire et lui conféra spontanément le droit de bourgeoisie. On a publié à Genève, 1770, et à Londres, 1773, 3 vol. in-8, ses œuvres diverses, qui se composent de morceaux d’histoire, de critique et de théologie. On y remarque deux écrits, l’un Sur la connaissance du Christ , l’autre Sur l'honneur qui lui est dû, qui paraissent avoir inspiré à l’auteur de YEmile la profession de foi du vicaire savoyard. Ses Réflexions sur les Évangiles sont à l’Index.
ABAYTE, riv. du Brésil (Minas Geraes), tombe dans le San-Francisco après un cours de 200 kil. C’est dans l’Abayte qu’a été ramassé le plus gros diamant connu.