‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 754 sur 1261 · MOIS O · texte numérisé non relu

MOIS O

vent plusieurs oulouss forment comme une confédération plus ou moins soumise à un chef suprême ; Gengis-Khan les réunii (1206), et après avoir conquis sur les Tartares l’Asie centrale, soumit par lui-même ou par ses llls le Kharizm, la Perse, moitié au moins de la Russie d’Europe, et mourut (1227) aumomentde s’emparer de la Chine méridionale, que subjuguèrent ses successeurs. L’empire de Gengis- Klian est le plus vaste qui ait jamais existé. Mais dès 1227 il se partagea en 4 grands royaumes, Kaptchak, Iran, Djaggathaï, Mongolie propre ou Chine et Mongolie: les rois des trois premiers états se nommaient khans, celui du dernier était le khan suprême ou grand khan ; les 4 états étaient censés former un tout indivis, mais avant même la fin du XIII* siècle la séparation était complète. On nomme comme grands khans : Gengis, Oktaï (1227-41', Gaïouk (1242-51), Mangou (1261-59), Kublaï (1259- 1294), en qui commence la dynastie chinoise.

MONGOLS, peuple d'Asie. Voy. Mongolie.

mongols (empire des) aux Indes, vulgairement dit empire du Grand-Mogol , est censé avoir été fondé parTamerlan de 1398 à 1405, mais en réalité ne commença qu’en 1506 sous Babour, son petit-fils. Il ne comprit d’abord que l’Hindoustan sept, avec le Khoraçan, mais il s’étendit à partir d’Akbar sur PHindoustan entier et sur l’E. de l’empire persan. Cependant beaucoup de districts de l’Inde restèrent sous l’administration de leurs princes nationaux (dits radjahs), vassaux ou tributaires. Les pays plus immédiatement soumis au grand Mogol formaient 12 grandes provinces ou soubabies, subdivisées en provinces secondaires ou nababies. Delhi était la capitale des Mongols de l’Inde. Ce vaste empire fut durant un siècle et demi (1655-1706) le plus brillant et le plus riche de l’Asie ; mais sa décadence, dont les germes datent de la 2e partie du règne d’Aureng-Zeyb, marcha rapidement sous les successeurs de ce prince. L'invasion de Nadir-Chah et le )remier pillage de Delhi la hâtèrent encore (1 739). jes Abdalis, les Mahrattes, les Rohillas, enfin les français, et surtout les Anglais, se jetèrent sur ce malheureux empire et le démembrèrent. Auj. plus des trois quarts de l’empire mongol sont à l’Angleterre, et le dernier roi, Chah-Alem II, a langui 18 ans prisonnier de la Compagnie (1788-1806).

Liste des grands Mogols.

Babour, 1506 Aureng - Zeyb ou

Houmaïoum , pour la lre lois, 1630-1641 ( 6 usurpateurs : Chir- Chah, 154 1-46; Selim- Chah, 1546-48; Feroz- Chah , Adel - Chah , Ibrahim - Khan , Ahmed-Khan ou Sikander-Chah, 1552-65).

Houmaïoum , pour la 2e fois, 1555

Akbar I, 1555

Géangir, 1605

Chah-Djihan I, 1627

Alemguir I, 1657 Azcm-Chah et Chah- Alem I , 1706

Chah-Alem I (seul), 1707 Djihander-Chah, 1712 Farouksiar, 1713

Rafiou - der - Djat (3 mois), 1716

Chah-Djihan II, 1716 ( N ekossi a r , co m pé! i teu r) Mohammed-Chah, 1717 Ahmed-Chah, 1747 Alemguir 11, 1753

Chah-Alem 11 , 1759

MON1ME, femme grecque d’une grande beauté, native de Stratonicée, inspira une violente passion à Mithridate, qui l’épousa. Ce prince ayant é!é quelque temps après vaincu par Lucullus, et se croyant sans ressources, envoya à Monime l’ordre de se donner la mort; elle voulut s’étrangler avec son diadème; mais le bandeau s’étant brisé entre ses mains, elle 9e fit percer d’une épée.

MONIQUE (sainte), mère de saint Augustin, née en 332, mourut en 384. Elevée dans le christianisme, elle épousa un païen , habitant de Tagaste en Numidie, et le convertit. Restée veuve encore jeune, cette femme, modèle des mères, donna les soins les plus tendres et les plus éclairés à l’éducation de ses

! n?s, et eut. la gloire de former par ses leçons le pbn ' >\'tnri rtpç Père* latins. Sa fête se célèbre le 4 mai.

MONISTROL, ch.-l. de canton (H.-Loire), à 14 kil. N. d’Yssengeaux ; 3,825 hab. Quincaillerie, dentelles, etc. Teinturerie, mégisserie, papeterie.

MONK (George), général anglais, né en 1608, dans le comté de Devon, fit ses premières armes en Espagne et en Flandre. Lors des guerres civiles, il prit d’abord parti pour le roi, et obtint de Charles I le grade de major-général de la brigade irlandaise; mais ayant été fait prisonnier par Fairfax (1644), il fut forcé, pour recouvrer sa liberté, de prendre du service dans l’armée parlementaire. Il se montra alors tout dévoué à Cromwell, et devint un des adversaires les plus redoutables du parti royaliste: battit les Hollandais sur mer (1653), soumit les Ecossais, et fut nommé gouverneur-général de l’Écosse. Mais après la mort de Cromwell, il se rapprocha des royalistes, entra en Angleterre à la tête de son armée, fit dissoudre le Long-Parlement, et proclama Charles 11 dans Londres (1660). Il fut comblé d’honneurs et de récompenses par le roi, et crée duc d’Albemarle. Il remporta de nouveaux avantages sur les Hollandais, et mourut en 1670.

MONLËON-EN-BAROUSSK. Voy. mauléon.

MONMOUTH, ville d’Angleterre, ch.-l. du comté de Monmouth, sur la Monnow et la Wye, à 215 kil. N. O. de Londres; 5,000 hab. Aspect champêtre. Joli hôtel— de-ville ? prison de construction moderne. Un peu de commerce. Ville fort ancienne; ce fut d’abord une station romaine. Henri V y naquit. — Le comté de Monmouth est situé entre ceux d’Hereford an N., de Glocester h l’E., de Glamorgan à 10., et le canal de Bristol au S.: 63 kil. sur 41; 100,000 hab. Ch.-l., Monmouth. Les canaux de Monmouth et de Breeknock le traversent. Pays montucux; le plus haut sommet est le Sugar-Loaf ( pain de sucré), qui a 55 1 mètres au-dessus de la mer. So! fertile : grains, légumes, beaucoup de fruits. Houille, fer, chaux, etc.

monmouth, ville des États-Unis (New-Jersey), à 32 kil. S. E. de New-Brunswick ; 4,800 hab. Victoire de Washington sur les Anglais, 1778.

MONMOUTH (Jacques, duc de), fils naturel de Charles II, naquit à Rotterdam en 1649, pendant 1 exil de son père. Après la restauration, il rendit quelques services au roi en combattant les Ecossais révoltés (1679); mais ayant été éloigné de la cour, sur la demande du duc d’York (Jacques II), à qui il portait ombrage, il conspira. Monmouth obtint son pardon en faisant des révélations et fut exilé en Hollande. A l’avénement de Jacques II, il entra dans une nouvelle conspiration avec le comte d’Argyle, prétendit avoir droit au trône comme fils de Charles II, et prit les armes à la tête de quelques partisans. Il débarqua h Lyme-Regis, mais fut battu et pris à Sedgemoor. Il fut décapité (1685), après avoir inutilement tenté de fléchir Jacques.

monmouth (GeoiTroy de). Voy. galfrid.

MONO-ËMUGl (roy. de) ou NINKANA1, nom d’un empire imaginaire de l’Afrique intérieure qui serait situé , dit-on, entre leZanguebar, le Monomotapa et le Congo; mais il paraît n’avoir jamais existé.

MONOMOTAPA, empire de l’Afrique australe, s’étendait jadis de la Cafrerie à la côte de Sofala et de Mozambique, par I6°-19° lat. S., 27°-3l° long. E., et avait pour bornes au N. le Zambèze, à l’E. la Manzora, au S. et à 10. des montagnes (monts Foura, monts des Botongas). Capitale , Zimbaoé. Le souverain du Monomotapa portait le titre de quitevo — Cette contrée est montagneuse et a quelques rivières (Zambèze, Maçaras, Manzora, Luanza). Mines de fer et d or (dont les Portugais ont vainement tenté de s’emparer au xvr siècle); sol fertile le long des rivières ; riz, maïs, millet, céréales. Les habitants sont des Gafres d’un beau noir et bien faits.

MONK - 1207 — MOiNS

A la fin du xviii* siècle et au xixe, l’empire du Monomotapa est tombé en dissolution par l’effet des guerres civiles, et les Maravi, les Cazembes, les Boruros, les Meropua, les Movizas, qui en étaient les principaux peuples, sont devenus indépendants. Un des plus puissants démembrements du Monomotapa est l’état de Mocarangua. \'oy. ce nom.

MONOPHYSITES (du grec monos, seul, et physis, nature), hérétiques qui ne reconnaissent qu’une seule nature en Jésus-Christ, la nature divine. Cette erreur fut enseignée au v« siècle par Eutycbès (Voy. ce nom) , et trouva bientôt un grand nombre de partisans. Les Monophysites, qui ont la prétention de former une Eg’ise à part, se sont subdivisés en trois sectes, les Jncobites , les Coptes et les Arméniens.

MONOPOLI, ville du roy. de Naples (Terre de Bari) , à 44 kil. S. E. de Bari, sur l’Adriatique; 15,000 hab. Evêché. Citadelle. Ecole royale de belles-lettres. Près de là, ruines d 'Egnatia.

MONOT H ÉLITES (de monos, seul, et thélein , vouloir), hérétiques ainsi nommés, parce qu’ils soutenaient qu’il n’y a qu'une seule volonté en Jésus- Christ. Us s’appuyaient sur le monophysisme, qui n’admet qu’une seule nature en Jésus-Christ, tandis que l’Église reconnaît deux natures et par conséquent deux volontés. Héraclius publia en faveur de cette hérésie un édit célèbre appelé Ecthèse. Elle fut en outre approuvée par les patriarches Cyrus et Sergius, mais combattue par Sophrone, évêque de Damas, et condamnée par le pape Martin 1. 11 en résulta un schisme qui divisa longtemps l’empire et l’Eglise. Le monothélisme a fini par se fondre dans l’eutvchéisme. Voy. Théodore de pharan.

MONO VA K, ville d’Espagne (Valence), à 31 kil. N. O. d’Alicante ; 9,300 hab. Aux environs, source salée et mine de sel gemme.

MONPON, ch.-l. de cant. (Dordogne), à 30 kil. S. O. de Kibérac; 1,300 hab. Saccagée par les Calvinistes en 1616.

MONPOX, ville de la Nouv.-Grenade, à 200 kil. S. E. de Carthagène, dans une île formée par 3 riv. (Cauca, Uba, San-Jorge) ; 10,000 bal). Climat brûlant, environs fertiles. Jadis commerce actif.

MONDE A LE, ville de Sicile (Palerme), à 4 kil. dePalerme, dont on la regarde comme un faubourg; 8,000 hab. Env. pittoresques. Cathédrale gothique.

MON RO (Alexandre), médecin écossais, né à Londres en 1697, mort en 1767, enseigna ( anatomie à Edimbourg. On a de lui : Anatomie du corps humain , 1726, traduit en français par Le Bègue de Presle ; Essai sur les injections anatomiques , traduit en latin, Leyde, 1741, in-8. — Deux de ses fils se sont distingués dans la même carrière. On a de Donald, l’un d’eux, une Dissertation sur Fhydropisie, traduite par Savary, Paris, 1760, in-8, et la Médecine d'armée, traduite par Le Bègue, 1766.

MONROE (James), président des Etats-Unis, né à Monroë’s Creek , en Virginie (1 766), mort en 1831. Lors de la révolution, il se rendit à l’armée comme , volontaire, se distingua à la bataille de Brandywine, et fut nommé colonel par Washington ; à la fin de la guerre, il fut député au congrès, et devint en 179 ': ministre plénipotentiaire près de la république française. Pendant la présidence de Jefferson, il fut élu gouverneur de la Virginie, remplit des fonctions diplomatiques auprès des gouvernements français et espagnol, et coopéra au traité par lequel les Etats- Unis obtinrent la Louisiane. Pendant la guerre contre les Anglais (181 4), il fut revêtu du commandement en chef des forces américaines. En 1817 , il fut élu président, et fut réélu en 1821. Après sa présidence, il se retira dans la Nirginie et travailla à la réforme de la constitution de cet état.

MONROE, nom commun à beaucoup de villes des Etats-Unis, ainsi nommée en l’honneur du. président Monroë : la principale est située dans 1 état de»

Tennessee, à 180 kil. N. O. deKnoxvfile ; 2,500 hab.

MONROVIA , ville de la Guinée sept., ch.-l. de la colonie américaine de Liberia, par 12° 44’ Ion". O 6° 16’ lat. N., à 400 kil. S. O. de Freetown5; hi bliothèque, écoles, temples, etc.; 1,000 hab. Fondée en 1821 et ainsi nommée en l’honneur du président Monroë.

MONS, Bergen en flamand, Mons Hannonice ou Castri locus au moyen âge, v. du roy. de Belgique, ch.-l. du Hainaut, à 58 k. S. O. de Bruxelles, sur 1s Trouille et un canal* 23,000 h. Belle citadelle; église de Ste-Wuudru, hôlel-de-ville, hôtel du gouvernement, grande place, etc,. Industrie: tricot, siamoise, dentelle, draps, porcelaine, poterie, raffineries , etc. Commerce de grains, houille, pierres meulières et à fusil. Aux environs, riches mines de houille renommée. — Mons a souvent été pris et repris, notamment parles Français en 1691,1701,1740, 1746, 1792, 1794. Sous la République et l’Empire, cette ville fut le ch.-l. du dép. de Jemmapes.

MONSEGUR, cn.-l. de cant. (Gironde), à 13 kil. N. E. de La Réole; 1,500 hab.

MONSELIGE, ville du roy. Lombard-Vénitien, à 20 kil. S. O. de Padoue, sur le canal de Monselice ou de Battaglia; 4,600 hab. Toile, drap, chapeaux.

MONS-EN-PUELLK ou EN-PEWÉLE, village de France (Nord), à i7 kil. S. de Lille; 1,750 hab. Philippe-le-Bel y batlit les Flamands (1304).

MONSERADO. Voy. mesurado.

MONSERRAT. Voy. montserrat.

MONSIEUR. Ce nom pris absolument, c.-à-d. sans être suivi d'un nom propre, servait à désigner le frère ou l’aîné des frères du roi de France. Les deux derniers princes qui aient porté ce titre furent le comte de Provence (Louis XVIII), sous le règne de Louis XVI, et le comte d’Artois (Charles X), sous le règne de Louis XVIII.

MONSIEUR (canal de), dit plutôt auj. canal du Rhône-au-Rhin, parcourt 4 dép. (Doubs, Jura, Haut- Rhin, B. -Rhin), joint la Saône au Doubs, longe le Doubs ou se confond avec lui jusqu’au point le plus au N. de cette riv., et tombe peu avant Strasbourg dans l’1 11 (affluent du Ithin), après avoir baigné Dôle, Orchamps, Besançon, Baume, Montbéliard, Dannemarie, Neuf-Brisaeh. Longueur totale, 321 kil. Le canal de Huningue en est un embranchement. — En unissant ainsi la Saône et le Rhin, ce canal met en communication la Méditerranée et la mer du Nord. Il a été commencé en 1804 et terminé sous la Restauration vers 1826; il a pris son nom de Monsieur, comte d’Artois, frère de Louis XVIII,

MONSIGNY (P. -Alex.), compositeur français, né en 1729 en Artois, était commis lorsqu’il sentit naître en lui le goût de la musique à la représentation d’un opéra de Pergolèse. Il fut un des créateurs de l’opéra-comique à ariettes, et donna, à partir de 1753, bon nombre de pièces qui réussirent, entre autres le Maître en droit , 1760; le Cadi dupé , 1761 ; le Roi et le Fermier, 1762 ; le Déserteur, 1769; le Faucon, 1772; la Belle Arsène, 1775 ; Félix, 1777 (la plupart avec Sedaine) ; sa musique se distingue parle naturel et la vérité. Monsigny cessa de travailler pour le théâtre dès l’égede 48 ans. Il fut nommé en 1800 inspecteur de l’enseignement au Conservatoire , en 1813 membre de l’Institut, et mourut en 1817 à 88 ans. Une rue de Paris porte son nom.

MONSOL, ch.-l. de cant. (Rhône), à 2b kil , N. O. de Villefranehe ; 1,200 hab.

MONSTRELET (Enguerrand de), chroniqueur français, né vers 1390 en Flandre, mort en 1453, : fut prévôt de Cambrai et de Walincourt, et écrivit une relation des événements arrivés de son temps, ; principalement des guerres de France, d’Artois et Picardie. Sa chronique commence où finit celle de Froissard, et va de 1400 à 1453; elle est écrite avec la simplicité' et la naïveté des auteurs de ce siècle

On a fait diverses continuations de cet ouvrage. Il existe plusieurs éd. de Monstrelet : les plus récentes e t les plus estimées sontcelles de Buchon, dans la Collection des Chroniques , avec un mémoire de Dacier, Î826-27, etdeM. L. d’Ouet d’Arcq, 1 858, in-8.

MONTAGNAC, ch.-l. de cant. (Hérault), à 26 kil. N. E. de Béziers; 3,609 hab. Laines, serges.

MONTAGNANA, ville murée du roy. Lombardvénitien (Padoue), à 36 kil. S. 0. de Padoue ; 8,600 hab. Chapeaux, lainages, soie, tanneries.

MONTAGNE (la), nom qui fut donné à la fraction la plus exaltée du parti révolutionnaire dans la Convention (les Jacobins et les Cordeliers), parce qu’elle siégeait sur les gradins les plus élevés delà salle, était opposé à celui de Plaine que l’on donnait aux Girondins, placés au centre. Le parti de la Montagne domina longtemps dans la Convention, renversa celui des Girondins le 31 mai 1793, et fut renversé à son tour, en même temps que Robespierre, le 9 thermidor an il (1794).

MONTAGNE (pays de la) , ancienne petite contrée du duché de Bourgogne, au N., dans les montagnes. Ch.-l. , Châtillon-sur-Seine. 11 fait auj. partie des dép. de la Côte-d’Or et de l’Aube.

MONTAGR1ER, ch.-l. de cant. (Dordogne), à 11 kil. E. de Riberac; 800 hab.

MONTAGUE ou MONTAGU (Edouard de), comte de Sandwich, général et amiral anglais, issu de Drogo de Monte-Acuto, un des guerriers qui accompagnèrent Guillaume dans la conquête de l’Angleterre, était né en 1626. Il servit d’abord dans l’armée parlementaire contre Charles I, devint membre du Parlement, et obtint une place dans la trésorerie sous Cromwell. Après la mort de celui-ci, il travailla au rétablissement des Sluarts, et seconda Monk, sous lequel il commandait. Il fut comblé de faveurs par Charles II, qui le créa baron, puis comte de Sandwich, et enfin amiral. Il remporta plusieurs avantages sur les Hollandais en 1664; mais en 1672, le vaisseau qu’il commandait ayant été abordé par un brûlot ennemi, il périt au milieu des flammes, plutôt que de se rendre.

montague (lady Mary wortley), dame anglaise, célèbre par son esprit, son instruction et sa beauté, fille du duc de Kingston, née en 1690 dans le comté de Noltingham, épousa en 1712 lord Wortley- Montague, de la famille du précédent, et l’accompagna en 1716 dans son ambassade à Constantinople. Elle apprit la langue turque , obtint la faveur du sultan Achmet 111, put pénétrer dans le sérail, et acquit ainsi une connaissance des mœurs turques plus exacte qu’on ne l’avait eue jusque-là. Pendant son séjour en Turquie, elle eut occasion d’observer l’inoculation de la petite-vérole , et fit connaître ce procédé en Europe après en avoir fait l’application sur son propre fils. De retour en Angleterre après trois ans, sa maison deTwickenham devint le rendezvous des hommes de lettres et de la société la plus distinguée; mais ayant essuyé quelques désagréments de la part des Tories, dont elle combattait les opinions, elle quitta l’Angleterre (1739) et alla se fixer à Venise où elle séjourna 22 ans. Elle ne revint dans son pays qu’en 1761 pour régler quelques affaires, et y mourut l’année suivante. On a de lady Montague des Lettres écrites pendant ses voyages et qui renferment sur les pays qu’elle a visités, principalement sur la Turquie, des renseignements précieux; elles ont été imprimées après sa mort et ont eu un grand succès; les Anglais les placent auprès de celles de madame de Sévigné. Ses œuvres ont été publiées à Londres, 1803, 6 vol. in-12. Il en a été fait tout récemment une édition beaucoup plus complète par tord Wharnclifife, son arrière-petit-fils. Ses lettres ont été traduites en français par Anson, 1806, 2 vol. in-12. Lady Montague était aussi bizarre dans ses manières et sa conduite aue remarquable par son

esprit : d e avait une grande érudition, était pleine d’ambition et regrettait vivement d’être femme. — Elle a laissé un fils, Edouard Wortley-Montague , 1714-1776, qui s’est fait remarquer par son goût pour les voyages et sa vie aventureuse. Dans son enfance, il s’échappa trois fois de chez ses parents, se fit mousse, puis conducteur d’ânes en Portugal; fut enfermé au Châtelet de Paris pour une accusation d’escroquerie, voyagea en Asie, et finit par se faire musulman. On a sous son nom quelques écrits, entre autres : Réflexions sur les anciennes républiques, 1769; Histoire du gouvernement des anciennes républiques, 1769; Voyage au mont Sinaï.

montague (Elisabeth), dame anglaise, née en 1720, morte en 1800, fille de Matthieu Robinson, épousa en 1742 un des descendants du comte de Sandwich, resta veuve de bonne heure et profita de sa fortune pour réunir chez elle les gens de lettres les plus célèbres de l’époque. Elle a écrit de3 Dialogues des morts et un Essai sur Shakespeare, 1769, dans lequel elle venge ce grand tragique des sarcasmes de Voltaire.

montague (Charles), comte d’Halifax. Voy , HALIFAX.

MONTAIGNE (Michel eyquem de) , philosophe, né en 1633 au château de Montaigne en Périgord, d’une famille originaire d’Angleterre, fut élevé avec le plus grand soin par son père; il apprit le latin en se jouant, n’ayant été entouré dès sa première enfance que de personnes qui parlaient cette langue. Il acheva ses études au collège de Bordeaux, étudia le droit, et fut pourvu dès 1664 d’une charge de conseiller au parlement de Bordeaux. Là il eut pour collègue La Boétie, avec lequel il forma la plus étroite amitié. Il quitta de bonne heure les affaires, et se mit, pour se distraire, à écrire et à voyager;

11 parcourut la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, et reçut à Rome le titre de citoyen. A son retour, il fut nommé maire de Bordeaux; il vint plusieurs fois à la cour, fut très considéré de Henri II, de Catherine de Médicis, de Charles IX, qui le nomma chevalier de St-Michel; il vécut dans l’intimité de Marguerite de France, et fut député aux états de Blois (1677). Ses dernières années furent troublées par les guerres religieuses; il tenta vainement de se porter médiateur entre les Catholiques et les Protestants, et se vit en butte à la haine des deux partis. 11 se lia intimement dans sa vieillesse avec mademoiselle de Gournay, que l’admiration avait attirée auprès de lui, et qu’il nomma sa fille d'alliance, et avec le théologien Charron, qui se fit son disciple. Il mourut en 1592, d'une esquinancie. Montaigne s’est rendu à jamais célèbre par ses Essais. Il commença à les écrire vers l’âge de 39 ans et publia une l«e éd. à Bordeaux en 1580; elle ne se composait que de deux livres. Il en ajouta un troisième dans une nouvelle édition qu’ü donna en 1688. Montaigne a traité dans ses Essais les sujets les plus divers et s’y est peint lui-même avec une entière sincérité; son ouvrage est, comme il l’appelle, un livre de bonne foi. Il les écrivait sans ordre, sans plan, et à mesure que les occasions lui suggéraient des réflexions. Son style a une facilité, une naïveté que la langue a perdues depuis. Les plus remarquables de ses essais sont ceux sur Y amitié, sur Y institution des enfants, mrYaffection des pères, le chap.

12 du 2e livre qui contient la Théologie naturelle de Sébonde. Montaigne était sceptique et avait pris

pour devise : Que sais-je ? Son scepticisme n’est guèrç que ce doute qu’excite dans un esprit de bonne foi la considération de la faiblesse humaine et de la contradiction des jugements; néanmoins, il peut conduire à de dangereuses conséquences : aussi les Essais on t-ils été condamnés à Rome. Parmi les nombreuses éd itions des Essais, on remarque celle que donna M,le de Gournay d’après les manuscrits re vus par l’auteur, 1595 et 1 635; celles d’Amaury-Duval, 1822-26, 6 vol.

MONT — 1 3

in-8, et de M. J.-V. Leclerc, 1826-27, 5 vol. in-8, avec des notes précieuses. M. Villemain a écrit YÉloge de Montaigne, couronné en 1812 par l’Institut.

MONTAIGU, ch.-l. de cant. (Vendée), à 33 kil. N. E. de Bourbon-Vendée ; 1,200 hab. Prise en 1678 par les Réformés; en 1588 par le duc de Nevers; en partie brûlée dans les guerres de la Vendée.

montaigu-les-combrailles, ville de l’ancienne Auvergne, auj. ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), à 40 kil. N. O. de Riom ; 1,700 hab. Jadis seigneurie.

MONTAIGU (P. guérin de), d une famille noble d’Auvergne, fut élu en 1208 grand-maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, secourut les chrétiens d’Arménie, remporta quelques avantages sur Soliman, sultan d’Iconium; engagea en 1228 le pape à rompre une trêve conclue avec les Musulmans, et mourut en 1230.

montaigu (Gilles avcelin de), né en Auvergne, de la même famille que le précédent, fut nommé en 1290 arch. de Narbonne, de Rouen, en 1311; soutint Philippe-Ie-Bel contre Bonifaee VIII , eut part à ta condamnation des Templiers, et fut, en récompense, élevé à la dignité de chancelier. 11 mourut en 1318. Il avait fondé en 1314 à Paris le collège de Montaigu (rue de3 Sept-Voies), démoli en 1844.

montaigu (Jean), vidame du Laonnais, fut sous Charles VI surintendant des finances, grand-maître de France (1408); mais il se üt de puissants ennemis par son orgueil et son avidité; lors de la démence de Charles VI, le duc de Bourgogne et le roi de Navarre s’unirent pour le perdre, et le firent condamner par des commissaires comme coupable de sortilège et de malversation (1409). Son corps fut attaché au gibet de Montfaucon. Sa mémoire fut réhabilitée trois ans après.

montaigu, famille d’Angleterre. Voij. montagu. MONTAIGUT, ch.-l. de cant. (Tarn-et-Garonne), à 26 kil. N. de Moissac; 4,172 hab.

MONTALBAN, ville d’Espagne (Saragosse), à 42 kil. N. de Térucl; 3,700 hab. Lainages, chanvre, lin. Houille, couperose, alun ; marbres.

MONTALCI.NO, Mons Alcinus, ville d’Italie (Toscane), à 40 kil. S. E. de Sienne; 6,200 hab. Evêché.

MONTALEMBERT, village de France (Deux-Sèvres), à 26 kil. S. E. de Melle; 800 hab.

MONTALEMBERT (Marc-René, marq. de), gén.

franç., issu d’une famille noble et ancienne, né à Angoulêrne en 1714, mort en 1800, servit avec distinction dans la guerre de Sept-Ans, et introduisit d’importants perfectionnements dans l’art des fortifications, malgré l’opposition du corps des ingénieurs. Pendant la révolution, il mit ses talents au service de la république et aida Carnot de ses lumières. On a de lui la Fortification perpendiculaire ou Y Art défensif suoérieur à V offensif, 1776-96, 11 vol. in-4, ouvrage capital, et des Mém. sur ses campagnes. Il avait été admis à l’Acad des Sc. dès '747.

montalembert (René-Anne-Marie, comte de), né en 1777, mort en 1831, émigra en 1792, et entra comme capitaine dans un corps d’émigrés que commandait son père. Lors du licenciement de l’armée de Condé, 1799, il prit du service dans l’armée anglaise, fit les campagnes d’Egypte, des grandes Indes et d’Espagne, comme attaché à l’état-major, et parvint au grade de colonel. Il rentra en France à la Restauration, fut élevé à la pairie en 1819, fut nommé ministre plénipotentiaire en Suède, 3 826, et conserva ce poste jusqu’en 1830. — Il est père de M. le comte Charles de Montalembert, anc. pair, connu par d’éloquents discours et par plusieurs écrits. montalembert (André de) , sire d’Essé. V. essé. MONTAL1VET (J. -P. bachasson, comte de), homme d’état, né à Sarreguemines en 1766, d’une famille noble du Dauphiné, suivit d’abord la carrière de la magistrature, et fut dès l'âge de 19 ans conseiller au parlement de Grenoble, il perdit

— MONT

sa charge à la révolution , et pour se soustraire à la proscription s’engagea comme volontaire. De retour dans sa patrie, il fut nommé maire de Valence (an m). Sous le Consulat et l’Empire il fut successivement préfet de la Manche, de Seinc-et-Oise directeur des ponts-et-chaussées (1806), et enfin ministre de l’intérieur (1809-14). Il se montra dévoué à Napoléon et seconda habilement ses grandes vues. Il se retirades affaires à la Restauration ; fut cependant appelé en 1819 à la Chambre des Pairs et prit rang parmi les constitutionnels. 11 mourut en 1823. — 11 est le père de M. de Montalivet, ancien ministre, depuis pair de France et intendant de la liste civile.

MONTALTE, Montalto en italien, Mons allus en latin, ville des États de l’Église, à 15 kil. N. E. d’Ascoli ; 1,600 hab. Evêché. Patrie de Sixte-Quint

MONTAN, hérésiarque. Voy. montanus.

MONTANCHES, Mons Anyuis , ville d’Espagne (Badajoz), à 33 kil. N. de Mérida, sur une montagne; 4,900 hab. Château fort.

MONTANER, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à 35 kil. N. E. de Pau; 900 hab.

MONTANS1ER (Marguerite brunet, dite mademoiselle), directrice -de théâtre, née à Bayonne en 1730, morte en 1820, fit d’abord partie d’une troupe qui jouait dans les colonies; revenue en France avec quelque fortune, elle dirigea divers théâtres, au Havre, à Nantes, à Rouen, à Versailles, et enfin à Paris ; en 1789 elle acheta au Palais-Royal la salle dite Beaujolais, qui a reçu d’elle le nom de salle Montansier. Elle fit aussi construire à ses frais, en face de la Bibliothèque royale , le beau théâtre où l’on établit depuis l’Opéra; mais à peine était-il terminé (1783), que le gouvernement d’alors s’en empara , prétextant que ce théâtre n’avait été construit que pour incendier la Bibliothèque nationale. Mademoiselle Montansier ne reçut d’indemnité qu’en 1812. Elle releva sa fortune en s’associant au théâtre des Variétés, qui obtint un grand succès.

MONTANUS , hérésiarque du ne siècle , né eu Phrygie, se fit passer pour prophète, et à la faveur de prédictions, de guérisons et de prétendus miracles , se fit un grand nombre de partisans, entre autres deux dames phrygiennes , Priscille et Maximille, Sabellius et le célèbre Tertullien. II mourut, à ce qu’on croit, sous Caracalia, en 212. Les Montanistes affectaient une grande austérité , et refusaient d’admettre à la communion ceux qui avaient commis quelque crime , condamnaient les secondes noces, et s’imposaient des jeûnes extraordinaires.

MONTARG1S, ch.-l. d’arr. (Loiret), sur le Loing, à la jonction des canaux de Briare , d’Orléans et du Loing, à 66 kil. E. N. E. d’Orléans, et à 78 S. de Paris; 7,757 h. Ville jadis forte. Collège. Filât, de colon hydraulique et à vapeur, tanneries, etc. Commerce de grains, cire, miel, cuir, laine, safran, etc.

• — Jadis ch.-l. du Gâtinais ; vainement assiégée par les Anglais en 1427 ; prise par trahison en 1431, et possédée par eux jusqu’en 1438. Elle a beaucoup souffert pendant les guerres de religion. — L’arr. de Montargisa 7 cant. (Montargis, Bellegarde, Château-Renard, Ghatillon-sur-Loing, Courtenay, Ferrières, Lorris), 95 communes et 70,281 hab. —

Voy. A U BUY DE MONTDID1ER.

MONT-ARMANGE. Voy. saint-florentin.

MONTASTRUC, ch.-l. de cant. (H.-Garonne) , à 17 kil. N. E. de Toulouse ; 80ü hab.

MONTAUBAN, Mons Aureolus et Mons Albanus, ville de France, ch.-l. du dép. de Tarn-et-Garonne, sur le Tarn , à 678 kil. S. S. O. de Paris ; 23,865 hab. Evêché. Ville propre et bien bâtie. On y remarque le faubourg de Ville-Bourbon, la cathédrale (bâtie en 1739), l’Tiôtel— de-v ille , des portes de ville élégantes; collège, séminaire , école de dessin, petite bibliothèque; société d’agriculture, sciences et arts, faculté de théologie (pour la confession helvé-

nom

MONT

tique). Drap, cadis, bonneterie, serges, savon, teintureries , etc. Commerce de ces objets et d’amidon, minots, etc. — Montauban fut fondée en 1 1 14 par le comte de Toulouse Alphonse, au pied du mont Alban, et peuplée par les habitants du bourg de Montauriol: elle embrassa le calvinisme en 1558 et fui une des principales places de sûreté des Huguenots Yainementassiégée par L. XIII en 1621 : Richelieu .' prit en 16*29 et en lit raser tes fortifications, bile souffrit beauc. des drcigonudes. Pat. de Cahusac, Lefrancde Pompignan.Guibert.— L’arr. a 11 c. (Maussade, Caylus, la Française, Molière*, Montclar, Montréal, Négrepelisse, St-Antonin, Villebrumier, plus Montauban qui fait 2), 90 comm.,et 106,799 hab.

montauban , ch. -1. de canton (Hle-et-N daine) , a 6 lui. N. O. de Montfort : 2,900 hab.

MONTAUS1ER (Charles dksainte-m\ito? ducde), né en 1 6 1 0, m . en 1 690, d’une anc. famille de iburam : > servit avec distinction eu Italie et en Allemagne, et obtint à 28 ans le grade de maréchal-de-camp. Il fut successivement gouverneur de l’Alsace , de 1.2 Saintonge, de la Normandie; se fit partout estimer pour son intégrité , et resta fidèle au roi pendant la Fronde. Louis XIV le nomma en 1668 gouverneur du dauphin ; il s’adjoignit Bossuet et Huet comme précepteurs , et fit faire pour l’usage du prince les éditions connues sous le nom d’Ad usum Dclphini. Il déploya dans ses fonctions de gouverneur une grande sévérité , et se fit remarquer à la cour par son caractère austère et son amour pour la vérité. 11 était né dans la religion protestante et l’avait abjurée. Fléchier a écrit son Oraison funèbre; c’est un de ses meilleurs morceaux. — Le duc de Montausier avait épousé en 1645 Julie de Rambouillet, morte en 1 67 1 , fille de Catherine de Yivonne , et femme remarquable par son esprit et ses vertus. Elle fut nommée par Louis XIV gouvernante des enfants de France , et chargée de l’éducation du Dauphin (1661) jusqu’au moment où il passa entre les mains de son mari. Le due de Montausier lui avait adressé avant son mariage, sous le nom de Guirlande de Julie , une offrande poétique composée de fleurs dessinées par 1e peintre Robert et de madrigaux écrits par le calligraphe Jarry ; cette guirlande fit beaucoup de bruit dans le temps.

MONTAUT (Philippe de), sire de Navailtes. T ’oy.

Page 1