MOKA
Morava de l’Est, et qui se joignent à 5 kil. N. de Kruchovatz, coule 150 kil. au N. après la jonction, (et tombe dans le Danube à Kulica, 8 kil. au-dessous de Semendrie.
morava ou march, riv. de Moravie. Voy. march.
MORAVES ( Frères) , association religieuse qui remonte au xvi* siècle ; elle fut établie d’abord en Bohême sous la direction du curé Michel Bradacz, qui dès 1457 réunit, sous le nom de Frères de l’ Unité ou de Frères Bohèmes, les débris des anciens Hussites qui refusaient d’accepter les déci- Bions publiées par le concile de Bâle en 1433. Opprimés par l'empereur Ferdinand, un grand nombre se réfugièrent en Pologne et en Prusse, où ils jouirent d’une certaine liberté religieuse. Leurs coréligionnaires restés en Bohême, protégés plus tard par Maximilien 11, s’établirent àFulneck en Moravie, d’où leur vint le nom de Frères Moraves. Dispersés après la guerre de Trente-Ans, ils trouvèrent enfin en 1721 un asile à Hernhuü, dans la Haute-Lusace, chez le comte Zinzendorf qui se déclara leur protecteur, et là ils changèrent encore leur nom en celui de Hemuies ou Hernhutiers. Les Hernutes, qui ont beaucoup emprunté aux Piétistes, n’admettent la présence réelle que sous une forme spirituelle ; ils prétendent arriver à la perfection par la lumière intérieure et la communication avec Dieu ; ils se servent dans leur liturgie de termes mystiques. Leur association est une espèce de république où les intérêts individuels le cèdent aux intérêts généraux. Ils obéissent à des anciens ou chefs ecclésiastiques qui règlent tous les actes de leur vie civile. La surveillance de ces chefs s’étend jusque sur la vie privée. Ils président à l’éducation physique et morale des enfants, infligent les pénitences, prononcent les exclusions, marquent le rang à chacun de3 frères dans l’une des trois classes qui composent la communauté : les commençants, les progressifs et les parfaits. Cette secte religieuse, qu’on a appelée les Quakers de l’Allemagne, s’est créé aujourd’hui des établissements non seulement en Allemagne, mais en Suisse, en Angleterre, en Hollande, en France, en Russie, aux Indes, dans les colonies danoises d’Afrique et d’Amérique , ainsi qu’aux États-Unis. Le chef-lieu de leur société est à Hernhutt, où réside le collège-directeur.
MORAVIE, Mœhren eh allemand, Morava on langue morave, contrée d’Europe, comprise depuis 1526 dans la monarchie autrichienne, et qui, jointe à la Silésie autrichienne, forme le gouvernement de Moravie-et- Silésie, un des quinze gouvernements de la monarchie autrichienne, par 12° 50’-l4° 44’ long. E., et 48° 41’-50°-25’ lat. N., à l’E. de la Bohême, à 10. de la Hongrie, au S. de la Silésie prussienne et au N. de l’Autriche : 26,080 kil. carrés; 2,000,000 d’hab. Ch.-l., Brünn (jadis Olmütz). Division, 8 cercles : Brünn, Olmütz, Hradisch, Prerau, Iglau, Znaïm , Troppau , Teschen (ces deux derniers appartiennent à la Silésie autrichienne). Beaucoup de montagnes et de bois ( les monts de Moravie). Rivières, la March ou Morava (qui donne son nom à la province) et ses nombreux affluents. Climat âpre, sol médiocrement fertile ; chevaux assez mauvais, gros bétail, moutons, chèvres, etc.; ours, loups, rysows (espèce de loups-cerviers) et autres bêtes fauves. Argent, ter, cuivre, alun, soufre, vitriol, topazes et autres pierres précieuses , marbre , etc. Industrie active : toile, coton, lainages, papeteries, ustensiles de fer, etc. Commerce de cuirs, beurre, chanvre, fil, etc. — La Moravie, habitée au temps des Romains par les Quades et les Marcomans, devint ensuite la demeure des Rugiens (d’où le nom de Rugifand que porta un instant ce pays), puis des Hérules, chassés d’Italie par Théodoric-le-Grand. En 548, des Slaves vinrent s’établir sur les bords de la Morava et y fondèrent