NORM — 1284 — NORM
de Caen, du Bessin,du Cotentin, de l’Avranchin, du Bocage, du pays d'Houlmeet de la campagne d’Alençon. La Normandie forme aujourd’hui quatre départements, Seine-Inférieure, Lure, Calvados, Manche et une partie du département de l’Orne. Elle est arrosée par un grand nombre de rivières, telles que la Seine (qui vient s’y joindre à la mer); l’Eure, VEpte, l’Andelle et la Rille; la Touque, la Dive, l’Orne, l’Aure et la Drôme, qui se rendent directement à la mer. — Cette province est une des plus riches et des plus fertiles de la France; les côtes offrent un grand nombre de bains et de ports; elles sont très poissonneuses. Le climat est humide et même un peu froid. Sol excellent pour la culture des grains, lin, chanvre, colza, etc; pâturages magnifiques qui nourrissent des chevaux, des bœufs et des moutons estimés. Pas de vignes, mais des pommiers en abondance (le cidre est la boisson du pays). Houille, fer, cinabre, salines (dans l’Avranchin), granit, kaolin, pétunzé, etc. Eaux minérales. Le Normand est fin, intéressé et intelligent, surtout pour tout ce qui regarde le commerce ; on lui attribue (principalement au Bas-Normand) l’amour de la chicane. — La Normandie fut habitée anciennement par un grand nombre de peuples, dont les principaux furent les Veliocasses , les Caleti , les Aulerci- Eburovices, les Lexovii, les Bajocasses et les Abrinsatui. Après la conquête romaine, elle fut comprise dans la 2e Lyonnaise. Clovis la conquit. Sous les successeurs de ce prince, elle fit partie d’abord du roy. de Soissons, puis du roy. de Neustrie. A partir de la fin du règne de Charlemagne, cette province fut en proie aux ravages continuels des pirates Normands ou Danois ; ceux-ci finirent par s’y établir en 912, pendant le règne de Charles-le-Simple, sous la conduite de Rollon, leur chef, qui épousa Gisèle, fille du roi de France. Le pays prit dès lors le nom des conquérants. Rollon et ses successeurs régnèrent sur la Normandie avec le titre de ducs et comme vassaux du roi de France. En 1066, Guillaume-le- Bàtard, un des descendants de Rollon, ayant conquis l’Angleterre, la Normandie se trouva de la sorte annexée à la Grande-Bretagne, sans toutefois cesser d’être vassale de la France. En 1203, Philippe-Auguste la confisqua sur Jean-sans-Terre, lorsque celui-ci eut assassiné Arthur, son neveu, héritier de la Normandie, et il la réunit à la couronne; mais, en 1346, Edouard 111, roi d’Angleterre, l’envahit et s’en empara; elle resta alors entre les mains des Anglais jusqu’au règne de Charles V qui la reprit; Charles VI la perdit de nouveau; mais elle fut reconquise sous Charles VII (1460). — Quatre princes du sang de la maison de France ont porté le titre de ducs de Normandie : Jean , fils de Philippe de Valois et depuis roi (1332): Charles , fils du roi Jean, depuis Charles-le-Sage (1366) ; Charles de France, frère de Louis XI (1464), et Louis- Chur les, 2' fils de Louis XVI, connu depuis sous les titres de dauphin et de Louis XVII. Après la mort de ce dernier, plusieurs imposteurs , qui voulaient passer pour le dauphin, ont pris le titre de duc de Normandie.
Voici la liste des ducs héréditaires de Normandie: Rollon ou Raoul (dit (dépouillé en I 106).
Robertapr son bapt.),9 1 2 Henri l(roi d’ A ngl .), 1 ] 06 Guillaume l, Longue- Etienne de Blois,
Épée, 920 ou 927 roi d’Angl. 1136
Richard 1, Sans-peur, 913 Mathilde et Geof- Richard II, le Bon, 996 froy Plantagenet, 1144
Richard III, 1027 Henri II, 1151
Robert 1, le Diable , 1028 (roi d’Angl. en 1154), Guillaume I, le Con- Richard IV (1 comme roi quérant , 1035 d’Angleterre), 1189
Robert II, Courte- Arthur et Jean-sans-
heuse , 1087 Terre, 1199-1203
Les sources de leur hist. sont Dudon de St-Quentin, Guillaume de Jumiéges, Orderic Vital, Wace, Benoît.
NORMANDS ou NORTHMANS, c.-à-d. Hommes du Nord , nom donné en France et en Espagne aux pirates danois et Scandinaves (norvégiens et suédois) à partir du vu* siècle. En Angleterre, on les nomma plus spécialement Danois. Tous les peuples riverains orientaux de la mer du Nord (Frisons, Saxons, Danois, Jutes, Angles) ont plus ou moins mené la vie de pirates. Dès le Ve siècle, les Saxons ravageaient la Britannie et la Gaule romaine; l’expédition d’Hengist (449), ne fut qu’une course heureuse suivie d’un établissement, et la formation de l’Heptarchie (451-684) ne fut qu’une invasion des mêmes pirates qui dura un siècle et demi. Au vne siècle (vers 625), le roi de Leithra , Ivar Vidfamne , se fil chef de tous les petits princes Scandinaves , et bientôt des Normands allèrent fonder en Irlande les États ou royaumes de Dublin, d’Ulster, de Connaught. Il y eut aussi un royaume de Man. Vers 777, le célèbre Regner Lodbrog soumit la Biarmie, la Sambie et entreprit la conquête de l’Angleterre, mais il échoua dans le Northumberland. Enfin vers 812 ou 813, Charlemagne voyait des barques de Normands tenter des descentes sur les côtes de la France, et fortifiait l’entrée des rivières pour leur en défendre l’approche. Sa mort fut comme le signal d’une invasion générale des pirates. Dès 832 (en Angleterre) ils dévastent l’île de Sheppey, et quoique battus par Egbert (833 et 836), ils reviennent sans cesse à la charge. En France ils avaient pillé les îles Bouin et de Ré en 820, Noirmoutiers en 830. Nouveaux ravages en 836 et 838. Ces nombreuses et terribles expéditions embrassèrent près d'un siècle (de 820 à 911). Elles ravagèrent non seulement l’Angleterre et la France, mais aussi l’Espagne. La tactique des Normands consistait à remonter le cours des grands fleuves et à surprendre les villes. Leur but était le butin ; mais, pour le grossir, ils étaient sans pitié, et tout était mis à feu et à sang sur leur passage. L’impuissance du gouvernement sous les successeurs de Charlemagne secondait admirablement leur audace. Les Normands, n’éprouvant pas de résistance sérieuse, finirent (depuis 860) par garder pour eux les pays dans lesquels ils n’avaient d’abord fait que de courtes invasions ; mais ici il faut distinguer les simples stations (850 à 879) et les établissements proprement dits. Les grandes stations des Normands en France furent au nombre de quatre; la lr« aux Bouches de la Meuse, à Walcheren et à Duerstad (d’où ils se jetaient sur l’Escaut, sur Amiens); la 2e sur la Seine (camp près de Vernon, à l’île d'Oisse’l et à Jeufosse; pillage de Paris, Melun, Meaux, Troyes, etc.); la 3e sur la Loire ou aux environs (à Nantes’, à Angers, à Noirmoutiers, à Saintes; pillages jusqu’à Orléans et Bourges) ; la 4e dans la Camargue à l'embouchure du Rhône. A peine dans tout l’espace baigné par ces fleuves et leurs affluents resta-t-il un village intact. Souvent pourtant les Normands étaient battus. Charles-le-Chauve chassa d’Angers Hasting, et força le roi Weland d’embrasser le christianisme] lui et sa famille (862). Robert-le-Fort, tige des Capétiens , battit à Brissarthe les Normands de la Loire (866). Quant aux établissements, le premier fut le comté de Chartres donné au même Hastin" en 879; ensuite vint la cession faite par Char* les -le -Gros du pays entre le Rhin et la Meuse- Inférieure au duc Godefroy, vers 882 ; mais Charles le fit assassiner un peu après. Plus tard (912) Charles- le -Simple abandonna au duc Rollon la Neustrie, qui prit le nom de Northmannie (depuis Normandie), toutefois en stipulant et la suzeraineté et la conversion des Normands. Ainsi commença le duché de Normandie. Les Normands dès lors ne furent plus dangereux. Maîtres de la Manche et de la Seine- Inférieure, ils fermèrent l’entrée aux autres pirates. Pendant ce temps, d’autres Normands s’étaient signalés au nord
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Garnie avait découvert les îles Foeroer , et s’y était j établi (861). Nadod et Floke avaient débarqué en Islande, et Ingolf s’y était aussi établi (870-875): Eric-Ie-Rouge avait atteint le Groenland (982), d où probablement ses successeurs descendirent au sud , pénétrant aussi en Amérique cinq ou six siècles avant Colomb. D’autres pirates avaient trouvé les îles Shetland, conquis les Orcades (dont ils exterminèrent les habitants primitifs), fondé en Ecosse le roy. de Caithness (qui ne revint aux Écossais qu’en 1196), soumis les Hébrides et la presqu’île de Cantyre (que les Norvégiens ne perdirent qu’en 1166). — Même après leur établissement définitif en France, les Normands se signalèrent encore par de grandes entreprises; les plus célèbres sont leurs expéditions en Italie et en Sicile, où ils formèrent le royaume des Deux-Siciles au milieu du xi® siècle ( Voy . Sicile , robert guiscard, etc.) , et la conquête de l’Angleterre par Guillaume-ie-Bâtard (1066). Les Normands étaient, au physique, grands, forts et bien constitués ; au moral, avides, guerriers, cruels, amoureux de voyages et d’aventures. En principe, il» regardaient la piraterie comme noble. Ils professaient la religion barbare d’Odin. Convertis , ils gardèrent en partie leur caractère guerrier et aventureux. On peut lire sur les Normands la Chronica de gestis Normannorum in Francia , et surtout i Histoire des invasions des Normands , par M. Depping.
NOROY-LE-BOURG ou L’ARCHEVÊQUE, ch.-l.
de cant. (Haute-Saône), à 11 kil. E. de Vesoul ; 1,047 hab. Houille exploitée, calicot, teinturerie».
NORRBOTTEN. Voy. botnie et norrland.
NORRENT-FONTÈS, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 17 kil. N. O. de Béthune; 1,000 hab.
NORRIS (Jean), théologien anglais, né en 1657, mort en 1711, occupa diverses cures. Il était grand partisan de Platon et adopta la doctrine de Malebranche sur la Vision en Dieu. On a de lui, entre autres écrits : la Raison et la religion ou les fondements et les mesures de la dévotion , etc., 1689, in-8 ; Discours concernant l'immortalité naturelle de l'âme , 1708 ; Tableau de l'amour sans voile , 1682 ; la Théorie et les lois de l'amour , essai moral, 1688 ; De la lumière divine , 1692; Lettres sur l’amour de Dieu , 1705; Théorie du monde idéal , 1701-4 : c’est l’ouvrage capital pour ses opinions philosophiques.
NORRKOEP1NG. Voy. nordkqeping.
NORRLAND. Voy. nordland.
NORT, ch.-l. de cant. (Loire-Infér.), sur l’Erdre, rive droite, à 33 kil. S. de Châteaubriant ; 3,634 hab. Commerce de bois, fer, houille, etc.
NORTE (Rio-del-), ou Rio Bravo del Norte , riv. du Mexique, sort de la Sierra Verde (Nouv. -Mexique), coule au S., puis au S. E., baigne les états de Durango, Cohahuila, Tamaulipas, faisant auj. la limite (contestée, il est vrai) entre le Texas et le Mexique, reçoit le Puerco et le Conchos, et tombe dans le golfe du Mexique, par 99° long. O., 26° lat. N.; cours, 2,000 kil. environ.
NORTH (Fréd., lord), comte de Guildford, né en 1732, mort en 1792, débuta d’une manière brillante à la Chambre des Communes, fut nommé lord de la chancellerie à 26 ans (1758), succéda commechaneelier de l’échiquier à Ch. Townshend (1767), prit la place du duc de Grafton comme premier lord de la trésorerie en 1 7 70, et fut à la tête du cabinet j usqu'en 1782. Beaucoup de désordres et de malheurs signalèrent cette période de douze ans, entre autres l’insurrection de l’Amérique anglaise. Les fausses mesures de lord North ont souvent été présentées comme la cause de la révolte des Etats-Unis et des revers qu’éprouva la métropole dans la lutte qui suivit. Lord North fut un instant rappelé au ministère en 1783 ; mais il n’eut le temos de rien faire.
NORTHAMPTON, Camulodunum ? ville d’Angleterre, eh.-L du comté de Northampton, à 103 kil.
j N. O. de Londres, sur la gauche de la Nen ; 15,000 hab. Bien percée et bien bâtie; églises d’AU-Hallows et de Saint-Pierre; infirmerie générale, hôtel-ducomlé; près de la ville, on voit le Queen’s cross (monument élevé par Edouard I à Eléonore, sa femme). Dentelles, fil, soieries, souliers et botte» (pour l’exportation). Foires de chevaux de trait (jadis les premières de l’Angleterre). — Northampton fut brûlé en 1675 et rebâti avec soin. Aux environs eut lieu en 1460 une des plus célèbres bataille» de la guerre des Deux-Roses : la reine Marguerite y fut défaite par Warwjck ; Henri VI y fut fait prisonnier. Plusieurs conciles et synodes se sont tenus dans cette ville.
northampton (comté de) , comté central de l’Angleterre, entre ceux de Huntingdon et de Bedford; à l’E., de Buckingham au S. E., d’Oxford au S. e! au S. O., de Warwick à l’O., de Leicester et de Rutland au N. O.; 180,000 hab. Ch.-l., Northampton. Grandes forêts, nombreux pâturages. Dentelles de soie et de fil, lainages, chaussures, fouets (à Daventry). Commerce de grains, bétail, légumes, boi» de construction, et des objets de ses fabriques.
NORTHAMPTON, ville des Etats-Unis (Massachusetts),,, sur le Connecticut, vis-à-vis de Hadley ; 3,000 hab. Agréablement située ; commerce important. — Plusieurs comtés des États-Unis (dans la Caroline du Nord, la Pensylvanie, la Virginie) portent le même nom.
NORTHAMPTON (Henri howard, comte de). Voy