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de cavalerie achéenne auxiliaire des Romains , fut envoyé à Rome en otage ( 166) , et ne recouvra sa liberté que 17 ans après. Pendant son séjour à Rome, il s’acquit l’amitié des deux fils de Paul-Emile, surtout du second Scipion l’Africain , qu’il accompagna au siège de Carthage (146) ; il voyagea ensuite en Afrique, en Esp.,en Gaulu, fut chargé par les Romains dediv. missionsprès des Grecs, et m. en 124, à 82 ans. 11 avait écrit la Vie dePhilopœmen, la Guerre de Nu mance , une Tactique , une Histoire générale , en 40 livres, où il menait de front l’histoire de Rome et celle des autres états contemporains ; nous possédons seulement les S premiers livres de son Histoire générale et des fragments assez considérables des^ autres livres. Ces fragments se composent : 1° d une double série d’extraits formés par ordre de Constantin VI.1 , et intit. Ambassades et Exemples des vertus et des vices : 2° de passages recueillis dans les auteurs anciens; 3° de fragm. récemm. découvertspar A. Mai dans les palimpsestes, p. C. Muller à l’Escurial, p. M. Mynasau mont Àthos. L 'Histoire de Polybe ne s’étend que de 220 à 146 av. J.-C.; mais dans les 2 premiers livres, il présente un tableau des événements antérieurs. L’exactitude, le jugement, l’impartialité sont les qualités de Polybe : il scrute les causes et les ressorts des événements ; il fait comprendre les opérations diplomatiques ou militaires, il révèle les caractères et les talents des acteurs politiques; c’est l’historien des hommes d’état, des hommes de guerre et des penseurs. La lre édition grecque de Polybe est de 1530 ; auparavant on n’avait que la traduction latine des cinq premiers livres par Perotti ; ensuite vinrent les éditions d’isaac Casaubon, Paris, 1609 ; de Jacq. Gronovius , 1670 , 3 vol. in-8. Celle de Schweighæuser, Leipsick , 1792, 8 vol. in-8, et celle de Bekker, Berlin, 1844, sont le ïheill.F, Didot a réimprimé l’édition de Schweighæuser avec des notes inédites de ce savant, et les nouveaux fragments, Paris, 1840, grand in-8. L 'Histoire de Polybe a été trad. en franç. par dom Thuillier, 1727-30, 6 v. in-4,et par F. Bouchot, 1847 , 3 v. in-12. V. fuyard.
POLY CARPE (saint), évêque de Smyrne, s’était converti fort jeune au christianisme, et s’était attaché à saint Jean l’Evangéliste. Il subit le martyre l’an 166 ou 169 de J.-C. ; il avait près de 95 ans . Sa fête est célébrée le 26 janvier. On a une Lettre de lui.
POLYCLÈS, sculpteur grec qui fiorissait vers 180 av. J.-C., passe pour être l’auteur de Y Hermaphrodite Borghèse ; il fit avec Dionysius, son frère, une Junon et un Jupiter magnifiques.
POLYCLÈTE, statuaire et architecte de Sicyone ou plutôt d’Argos, né vers 480 av. J.-C., est célèbre surtout par sa belle Junon colossale , faite pour le temple d’Àrgos, et par une statue-modèle , dite le Canon, c’est-à-dire la règle, dans laquelle il avait réuni toutes les perfections du corps humain. C’est un des artistes grecs qui exercèrent le plus d’influence sur l’art. Il avait écrit un livre sur les proportions du corps humain.
POLYCRATE, tyran de Samos (535-524 av. J.-C.), amassa de grandes richesses , et fut longtemps célèbre par son bonheur. On raconte qu’inquiet luimême de l’étonnant succès qu’obtenaient toutes ses entreprises, il voulut, pour prévenir la jalousie des dieux, s’imposer un sacrifice en jetant à la mer une pierre précieuse à laquelle il tenait beaucoup; mais, quelques jours après, cette pierre fut retrouvée dans le corps d’un poisson. Ce même Polycrate eut la fin la plus malheureuse. Pendant qu’il méditait la conquête de l’Ionie, il fut pris en trahison par Orétès, satrape de Cambyse, qui le fit mettre en croix.
POLYDECTE , roi de l’île de Sériphe, recueillit Danaé et Persée , livrés à la mer dans un colï're ; mais plus tard, ayant voulu faire violence à Danaë, il fut pétrifié par la tête de Méduse que lui présenta Persée, vainqueur des Gorgones.
POLYDORE , fils de Priam. Voy. polymnestor.
POLYDORE DE CARAVAGE. Voy. CARAVAGE.
polydore virgile , historien. Voy. virgile.
POLYEN, Polyœnus , écrivain grec, natif de Macédoine, était avocat à Rome sous Marc-Aurèle. 11 a laissé : Stratagèmes , ou Ruses de guerre , en 8 livres, publiés par Is. Casaubon, Paris, 1589; par Coray, Paris, 1809, in-8 ; trad. par dom G.-A. Lobineau, de la congrégation de Saint-Maur.
POLYEUCTE (saint), martyr d’Arménie, vivait vers l’an 250 et servait à Mélitène dans l’armée romaine, lorsqu’il fut converti par son ami Néarque. Ayant confessé J.-C., pendant une persécution, il eut la tête tranchée. On le fête le 13 février. Les actes de ce martyr sont peu avérés. Polyeucte a inspiré à Corneille "une de ses plus sublimes tragédies.
POLYrGNOTE, de Thasos, peintre qui fiorissait vers 396 av. J.-C., fut un deceux qui firent faire le plus de progrès à l’art. On admirait surtout son dessin et le beau caractère de ses figures. Ses ouvrages les plus estimés, parmi lesquels des fresques, se trou-
vnipnf a npîohpa
POLYHISTOR ‘(Alexandre). Voy. Alexandre po-
LYHISTOR.
POLYMNESTOR, roi de la Chersonèse deThrace, gendre de Priam, qui lui confia Polydore , son plus jeune fils , lit tuer ce prince après la chute de Troie et s’empara de ses richesses. Débarquée par hasard sur la côte de Thrace, la mère de Polydore, Hécube, ayant retrouvé Polymnestor, se jeta sur lui, lui arracha les yeux et tua ses enfants.
POLYMNIE ou POLYHYMNIE (de polys , beaucoup, eihymnos , hymne), muse delà poésie lyrique.
POLYNÉSIE. Voy. océanie.
POLYN1CE , fils d’OEdipe et de Jocaste, frère jumeau d’Etéoclc. Les deux frères nourrirent toujours l’un contre l’autre une haine mortelle. Aprèg la catastrophe d’OEdipe , Polynice convint avec Etéocle, son frère, qu’ils régneraient chacun un an à tour de rôle ; il laissa Etéocle commencer , mais au bout de l’année il demanda en vain à prendre sa place. Aidé par Adraste, roi d’Argos, dont il avait épousé la fille , il vint , accompagné de six autres princes grecs , mettre le siège devant Thèbes , et commença cette guerre connue sous le nom de Guerre des Sept-Chefs. Les deux frères s’étant rencontrés dans le combat se tuèrent réciproquement. Créon, leur oncle, qui était resté maître de Thèbes, défendit de rendre les derniers honneurs à Polynice, et fit périr Antigone pour avoir contrevenu à ses ordres. On place ces événements vers l’an 1315 av. J.-G. POLY'PERCHON. Voy. polysperchon.
PCLYPHÈME, fameux cyclope, fils de Neptune et de la nymphe Thoosa, habitait en Sicile un antre voisin de la mer , et faisait paître ses troupeaux dans de vastes prairies. Dédaigné par Galatée qu’il aimait, il écrasa d’un coup de pierre Acis, son rival. Lorsque la tempête jeta Ulysse et son équipage sur les côtes de Sicile , il les enferma dans sa caverne pour les dévorer ; mais Ulysse, ayant réussi à l’enivrer , lui creva son œil unique avec un pieu et sortit de l’antre.
POLYPHONTE, tua le roi de Messénie Cresphonte, son parent, et tous les princes de la famille royale, sauf Téléphonie ( Æpytus), fils du roi, qui lui échappa ; puis il s’empara du trône ; mais il finit par périr lui-même de la main de Téléphon , quand ce prince fut parvenu à l’adolescence.
POLYSPERCHON , général d’Alexandre , commandait les Stymphéens à la bataille d’Arbèles, et conquit ensuite la Bubacène ; mais, par sa franchise, il encourut la disgrâce d’Alexandre, qui le miten prison et ne lui pardonna que longtemps après. Il remplaça Antipater dans la tutelle des rois et la régence de l’empire (320). Cassandre, fils d’Antipater, aidé de Ptolémée, lui déclara la guerre. Vaincu en
POMË 1427 — POME
plusieurs rencontres et abandonné de ses alliés, Polysperchon fut obligé de se réfugier chez les Etoliens (317) ; il reparut quelques années après avec Hercule, fils d’Alexandre et de Barcine, qu’il voulait mettre sur le trône ; mais, séduit pai les promesses trompeuses de Cassandre, il consentit à empoisonner le jeune prince (309) : par là il se priva de tout appui. On ignore ce qu’il devint depuis.
POLYXÊNE, une des plus jeunes filles de Priam et d’Hécube, était très belle. Achille, épris de ses charmes, la demanda et l’obtint; il allait l’épouser, quand Pâris le tua en trahison ; Pyrrhus, pour venger la mort de son père, immola de sa main Polyxène sur le tombeau d’Achille.
POMABAMBA, v. de Bolivie (Charcas), ch.-l. de district, sur une mont., à 260 k. E. de Potosi; 3,000 h.
POMABD, village du dép. de la Côte-d’Or, à 3 kil. S, O. de Beaune; 1,100 hab. Yins fameux, les plus exquis de la côte de Beaune après ceux de Yolnay.
POMBAL, ville du Portugal (Estramadure), à 34 kil. N. E. de Leyria; 5,000 hab. Chapeaux. Ruines d’un château-fort. — Elle appartenait jadis à l’ordre des Templiers, et fut cédée à celui du Christ en 1357 ; on y fonda ensuite une commanderie en faveur de la famille de Carvalho-Melho.
POMBAL (dom Séb.-Jos. carvalho-melho, comte d’Oeyras, marquis de), ministre portugais, né en 1699 à Soura près de Coïmbre. Après avoir été secrétaire d’ambassade à Londres (1739), ambassadeur à Yienne (1745), il fut nommé en 1750 par le roi Joseph ministre des affaires étrangères, et devint, au bout de peu d’années , principal ministre du royaume. Il garda l’autorité pendant vingt-sept ans, et s’occupa sans relâche de donner de la force au gouvernement, de comprimer les factions, d’affaiblir les nobles et de favoriser le commerce ; il diminua le pouvoir de l’inquisition et répara par une habile administration les maux qu’avait causés le terrible tremblement de terre de Lisbonne (1755). Il poursuivit les Jésuites en toute occasion, leur retira l’administration du Paraguay, obtint contre eux de la cour de Rome un décret de réforme (1757), et les ayant impliqués dans un complot contre la vie du roi (1758), il les expulsa définitivement du Portugal (1759), et du Brésil (1760). Il s’efforça d’enlever aux Anglais le commerce exclusif du Portugal; néanmoins, dans la guerre de 1762, entre la maison de Bourbon et l’Angleterre, il sc déclara en faveur de celle-ci ei refusa d’accéder au pacte de famille. Comblé de faveurs par Joseph I, il avait été créé en 1759 comte d’Oeyras, en 177C marquis de Pombal ; mais il perdit son pouvoir et son crédit à la mort de ce prince (1777). 11 quitta alors Lisbonne, se vit bientôt assailli de mille accusations, et fut banni loin de la cour (1781). 11 mourut en exil dix mois après (1782). Pombal est un des plus grands ministres qu’ait eu» le Portugal : il laissa en quittant les affaires 240 millions en caisse, mais il avait les formes tyranniques, et il était dominé par une violente haine contre les nobles et les Jésuites, et par un engouement excessif pour les idées philosophiques du xvme siècle.
POMÉRANIE, Pommern , prov. des Etats prussiens, entre le duché de Mecklembourg à l’0., la Prusse propre àl’E.,le Brandebourg au S., la mer Baltique au N. : 430 kil. de l’E. à 10. sur 60 de largeur moyenne ; 900,000 hab. (en y comprenant 111e de Rugen). Ch.-l., Stettin. Div., 3 régences (Stralsund, Stettin, Cœslin). Beaux ports, places très fortes, université (à Greifswalde). La Poméranie est arrosée par l’Oder, qui la coupe en deux , par la Reckenitz, la Pecne , l’ihna , la Rega, la Persante : elle est humide, assez froide, médiocrement fertile , mais riche en bois et en pâturages; ses oies fumées, ses
mbons et saucissons sont renommés. On trouve ises bords de l’ambre, mais moins qu’en Prusse ;
beaucoup de comm. Le luthéranisme y domine. La
^oméranie (dont le nom dérive du slave Pomarski, près de la mer) fut successivement habitée par diveri peuples barbares : Goths, Suèves, Rugiens, Vandales, slaves. Au vu* siècle, elle était surtout occupée par es Venèdes ; au ixe, on trouve, à 10. de l’Oder des Yelatabs ou Wiltses, des Tollensiens, etc. Au xie, tous ces petits peuples furent compris dans l’éphémère roy. de Slavonie, vassal de la Saxe ; diverses villes s’y gouvernaient presque en républiques , entre autres Winnetha (très commerçante) et l’état pirate djlæmsbourg , fondé par le fameux Palnatoke. Vers la fin du siècle , un fils du roi de Slavonie , Mistewoï II, occupa toute la Poméranie (laquelle, outre la Poméranie actuelle, contenait la Pomérellie, a Nouvelle-Marche et la Marche de l’Ucker) ; il la transmit à Svantibor I, son fils, qu’on regarde comme la tige des ducs de Poméranie, et qui se reconnut vassal de la Pologne. A sa mort ( ou à son abdication), qui eut lieu en 1107, le duché fut coupé en deux, la Poméranie antérieure, et la Poméranie ultérieure (la Persante était la ligne de séparation). Une forte partie de celle-ci devint province polonaise, sous^le nom de Poméranie de Dantzick ou Pomérellie ; le reste revint en 1295, par suite de l’extinction de la ligne qui le possédait, à la ligne de Poméranie antérieure, laquelle , dès 1181, s "était reconnue vassale de l’empereur d’Allemagne, et n’a cessé depuis lors de faire partie de l’empire. Une multitude de partages et sous-partages rendent l’histoire de la Poméranie très confuse ; on peut ce^ pendant y distinguer trois phases : 1° du xi* siècle ï 1285, unité; 2° de 1285 à 1478, séparations diverses; 3° de 1478 à 1637, réunion des diverses branches pendant 105 ans, et coexistence seulement de deux lignes pendant 54 ans, de 1569 à 1623. Dans la deuxième période, on rencontre, non seulement les duchés de Pom.-Stettin et Pom.-Wolgast ( qui se retrouvent aussi de 1569 à 1623), mais aussi ceux de Poméranie, en deçà et Poméranie au delà de la Swine (ou Poméranie postérieure) , de Pom.-StargardetPoméran . Stolpe, et de duché de Rugen. Depuis longtemps la maison de Brandebourg avait conclu avec la ligne de Pom.-Stettin un pacte de confraternité, qui lui donnait des droits éventuels sur cette province ; cependant, quand cette ligne s’éteignit en 1464, les droits de la ligne de Pom.-Wolgast prévalurent; il fut toutefois convenu plus tard, par un traité signé à Gremnitz en 1529, qu’au cas de l’extinction de cette ligne elle-même, la maison de Brandebourg recueillerait la succession ; c’est ce qui euflieu en 1637, à la mort de Bogislas XIV. Cependant les électeurs de Brandebourg n’eurent pas encore toute la Poméranie ; le traité de Westphàlie (1648) fit de ce pays deux parts : la Poméranie antérieure et la Poméranie ultérieure (cette fois l’Oder servait de bornes), et donna à la Prusse la 2e, et à la Suède la lr®, plus Stettin, Garz , Dam, Golnau, 1 île de Wollin, le Frische-Haff et les deux rives de l’Oder ; d’où le nom de Poméranie suédois donné à tout ce lot. La grande guerre du Nord (1700-1721), terminée par la paix de Nystad, diminua beaucoup la Poméranie suédoise; en 1807, elle perdit encore de fait Stralsund et l’île de Rugen. Le tout en 1814 fut cédé au Danemark en échange de la Norwége, puis en 1815 le Danemarck le céda à la Prusse, en échange du Lauenbourg ; de sorte qu’aujourd’hui Prusse réunit toute la Poméranie.
Poméranie suédoise. Cette prov. fut constituée en 1648 par le traité de Westphàlie en faveur de la Suède: elle se composait principalement de l’anc. Poméranie antérieure (contenant Rugen, Stralsund, Barth, Gutzkow, Wolgast, etc.), à laquelle on ajouta Stettin, Wollin, etc., et avait pour chef-lieu Stralsund ( Voy . l’art, précédent).