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RICHARD III, roi d’Angleterre, né en 1452, était le quatrième fils de Richard, duc d’York, et fut longtemps connu sous le nom de duc de Glocester. Frère d’Edouard IV, le premier prince de la maison d’York qui soit monté sur le trône, il le soutint de tout son pouvoir contre les partisans de Henri VI, assassina, de concert avec son autre frère le duc de Clarence, le jeune fils du roi vaincu, après la bataille de Tewkesbury (1471), puis épousa sa veuve ffille de Warwick). Il se fit nommer régent ou protecteur en 1483, au nom d’Edouard V, son neveu, et, par une suite d’actes hypocrites ou atroces, réussit a s emparer du trône : à peine couronné, il lit tuer dans la Tour de Londres par J. Tyrrel le jeune roi et son frère» Devenu l’objet de l’horreur publique malgré son habileté, il fut presque abandonné, quand, en 1485, Henri de Richmond (depuis Henri Vil) vint l’attaquer; il fut vaincu et tué à Bosworth. Richard 111 fut le dernier roi de la maison d’York, et l’avènement de Henri Vil termina la guerre des Deux-Roses. Walpole a tenté en Yain de réhabiliter sa mémoire. richard d’york, compélit. de Henri VI. Voy. yokk. richard I ou sans-peur, duc de Normandie (943- 996), fils de Guillaume Longue-Epée , avait 10 ans à la mort de son père ; il tomba au pouvoir de Louisd’Outremer, s’évada caché dans une botte de foin, fut affermi dans la possession de son duché par Harald, et eut part à l’élévation de Hugues Capet au trône.
richard il ou le bon, duc de Normandie (990- 1027), fils du précéd., lui succéda, soutint diverses guerres intérieures et extérieures, s’en tira heureusement, à l’aide des rois du Nord, Lagman et Olof, fut l’allié du roi de France Robert II, et eut pour successeur Richard 111, son fils aîné, qui mourut quelques mois après, empoisonné par son frère Robert.
richard i, comte d’ Averse en 1059, à la mort de son père Rainolf, puis prince de Gapoue, avait conquis cette ville sur Landolfe VI (1062). Il aida Robert Guiscard dans ses entreprises, et mourut en 1068, au moment de soumettre Naples. Jordan 1 lui succéda.
richard ii, prince de Capoue depuis 1091, mort en 1105, était le fils de Jordan I. Rétabli dans sa principauté par le grand-comte de Sicile Roger, il se reconnut son vassal.. 11 mourut sans postérité et Roger joignit Capoue à ses états.
richard de Cornouailles, fils de Jean-sans-Terre, roi d’Angleterre, acheta fort cher les voix de quatre électeurs, et fut proclamé roi d’Allemagne en 1257, tandis que trois autres électeurs nommaient Alphonse-le-Sage (de Castille). Il s’était signalé en Palestine, et avait rendu des services à son frère Henri 111 dans ses guerres contre la France. 11 ne vint que deux fois en Allemagne (1262 et 1268) ; la première, il investit le roi de Bohême Ültocar des duchés d’Autriche et de Styrie; la seconde, il abolit 1269) la multitude de péages établis sur le Rhin. 1 ne fut jamais couronné empereur. M. en 1272.
richard de cirencester, bénédictin, mort en 1401 au couvent de Saint-Pierre à Westminster, est 1 auteur d’un ouvrage sur Y État ancien de la Grande- Bretagne (publié par Bertram, Copenhague, 1737, dans le Britannicarum gentium historici antiquitres). On lui attribue YHisloriaab Hengistâ ad ann. 1348.
richard (Ch.-L.), dominicain, né en 17 1 1 à Blainville(Meurthe), doct. de Sorbonne, refusa le serment constitutionnel , émigra en Belgique , et périt fusillé par les Français en 1794. Son ouvrage principal est le Dictionnaire des sciences ecclésiastiques , Paris, 1760, etc., 6 vol. in-fol., réimprimé sous le titre de Bibl. sacrée. On est. son Analyse des conciles.
RICHARD (L.-Cl. -Marie), botaniste, né à Versailles en 1754, mort en 1821, fila du jardinier du roi à Auteuil alla visiter, aux frais de Louis XVI et au vom de l’Acad. des Sciences, la Guyane, la Martinique, etc U7gï-89)> y rassembla de riches et vastes col¬
lections, mais revint malade, et vécut longtemps dans la gêne pendant la révolution ; il obtint enfin une chaire de botanique, une place à l’Institut, et publia divers ouvrages et mémoires insérés dans les Annales du Muséum , qui prouvent son vaste savoir. On estime surtout ses travaux sur l'organisetion des végétaux, et son Analyse du fruit , 1808. 11 a donné une excellente édition du Dictionnaire élémentaire de botanique de Bulliard, Amsterdam,
1 800. — Son fils, Acn. Richard, 1791-1852, marcha sur ses traces : on lui doit,entreautres ouvrag.,un Manuel de botanique, devenu classique. Il était de l’Institut.
richard-i.enoir (Franç. RICHARD, dit), célèbre industriel, né en 1765 d’une famille de paysans, au Trélat (Calvados), mort en 1839, quitta son village à 17 ans pour chercher fortune, vint à Paris, y fit le commerce des toiles de coton, et, après avoir été simple porte-balle, devint en peu de temps un des plus riches commerçants de l’époque. Voulant affranchir l’industrie française du tribut qu’elle payait à l’Angleterre, il créa le premier en France des métiers pour le filage et le tissage du coton : il obtint, comme manufacturier, un immense succès et reçut les encouragements de Napoléon, qui le décora de sa propre main ; mais il se vit ruiné en 1814 par la suppression des droits d’entrée, et passa ses dernières années dans la gêne. Fr. Richard s’était associé avec un négociant nommé Lenoir, dont le nom est depuis resté lié au sien.
RICHARDSON (Samuel), célèbre romancier anglais, né dans le comté de Derby en 1689, mort en 1761, était le fils d’un menuisier; il passa sept ans chez un imprimeur, dans les fonctions les plus obscures, devint le gend-re de son maître, et finit par avoir lui-même une belle imprimefie. A 53 ans, il se fit auteur et publia successivement : Paméla (1741), Clarisse Harlowe (1748), sir Charles Grandison (1753). Ces deux derniers romans, malgré d’énormes défauts, passent pour des chefs-d’œuvre. On y trouve cependant des longueurs qui en rendent quelquefois la lecture fatigante. Prévôt et Letourneur ont traduit en français les romans de Richardson. Ils étaient fort à la mode à la fin du dernier siècle : Diderot surtout en était enthousiaste. Mistriss Barbauld et Walter Scott lui ont consacré d’intéressantes notices.
RICHBOROUGH, l’anc. Rutupiœ, bourg d’Angleterre (Kent), à 3 kil. N. O. de Sandwich.
R1CHELET (Pierre), grammairien, né en 1631 à Cheminon (Champagne), mort en 1698, fut d’abord régent au collège de Vitry-le-Français, puis précepteur à Dijon, avocat à Paris, et abandonna enfin les affaires pour les lettres; il se fit beaucoup d’ennemis par son humeur caustique. Il a donné, entre autres ouvrages : Dictionnaire des rimes, Paris, 1667, in-12 (très souvent réimprimé) ; ce n’est qu’un remaniement de celui de Frémont d’Ablancourt ; Dictionnaire français , Genève, 1680, in-4 (très souvent réimprimé ; refondu et amélioré par deWailly); les Commencements de la langue française ou Grammaire tirée de l'usage et des bons auteurs, Paris, 1694, in-12.
RICHELIEU, ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire), à 17 kil. S. E. de Chinon, sur la Mable ; 2,9 1 4 hab. Sucre de betterave, eau-de-vie, etc. Ville régulière. Ce n’était jadis qu’un village; il fut érigé par le cardinal en ville et en duché. L’ancien château, rebâti par le cardinal , a été détruit au début de ce siècle.
richelieu, dite aussi Sorel ou Chambly, rivière de l’Amérique du Nord (Bas-Canada), sort du lac Champlain, coule au N. et se jette dans le Saint- Laurent après un cours de 140 kil.
RICHELIEU (Armand-J. du plfssis, cardinal, duc de), célèbre ministre de Louis XIII, né à Paris eu 1585, était d’une maison noble du Poitou, et avait pour père François du Plessis, capitaine des - H. 95
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gardes de Henri IV. Il fut d’abord destiné aux armes, puis reçut les ordres et fut sacré évêque de Luçon en 1607 , à 22 ans. Député aux états-généraux en 16l4, il se fit remarquer à la cour, sut plaire au maréchal d’Ancre, qui disposait de tout, et à Marie de Médicis, alors régente. Il fut nommé aumônier de cette princesse (1615), puii secrétaire d'Etat pour la guerre et l’intérieur (1616). 11 suivit en 1617 à Blois la reine-mère, alors en disgrâce, mais sans se brouiller avec Louis XIII , et se vit chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils. Il réussit dans cette mission délicate, fit conclure les traités d’Angoulême (1620) et d’Angers (1621), et reçut en récompense le chapeau de cardinal (1622). Il entra en 1623 au conseil par la protection de la reine, presque malgré Louis XIII, qui avait de la répugnance pour sa personne, et se fit bientôt nommer premier ministre. Arrivé au souverain pouvoir, il forma trois grandes entreprises qu’il ne perdit jamais de vue : détruire la puissance politique du protestantisme en France, abattre l’orgueil et l’esprit factieux de la noblesse, et abaisser la maison d’Autriche. Dirigeant d’abord ses efforts contre les Protestants, il leur reprit, en 1626, l’îîe de Ré, leur enleva, en 1628, leur dernier boulevard, La Rochelle, en fermant le port par un môle gigantesque, et anéantit la puissance du parti protestant par la paix d’Alais et l’édit de Nîmes (1629), Dans le même temps, il replaçait sous la domination de la Suisse la Valteline, que l’Espagne lui disputait (1626), assurait au duc de Nevers le duché de Mantoue, en forçant le Pas de Suze (1629), s’emparait des états du duc de Savoie (1630), et se préparait à combattre l’Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre de Trente-Ans, il s’unit à Gustave- Adolphe, roi de Suède, qui était à la tête du parti protestant en Allemagne (1630), le seconda de tout son pouvoir dans ses efforts contre l’Autriche, ctv après sa mort (1632), solda les troupes de Bernard de Weimar, qui l’avait remplacé ; puis, combattant ouvertement l’Autriche (1634, etc.), il attaqua cette maison dans toutes ses possessions à la fois, dirigea des armées en Alsace, dans les Pays-Bas, en Italie, en Catalogne, obtint partout des succès et prépara la suprématie de la France, qu'assurèrent après sa mort les traités de Westphalie (1648) et des Pyrénées (1659). Ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent 3es luttes contre les grands. Il eut à déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine-mère, Marie de Médicis, jalouse de l’ascendant qu’il avait obtenu sur le roi, la reine régnante, Anne d’Autriche, le frère du roi, Gaston d’Orléans, le duc de Bouillon, le comte de Boissons et tous les favoris du roi. Une fois, tous ses ennemis conjurés venaient de déterminer le faible Louis à l’éloigner ; mais, averti à temps, il va trouver le roi à Versailles, reprend tout son pouvoir et fait subir à ses ennemis le sort qu’ils lui destinaient. Celte journée (11 novembre 1630) fut appelée la Journée des dupes : le garde des sceaux Marillac fut exilé; son frère, le maréchal de Marillac, fut condamné à mort, sous prétexte de péculat; le maréchal de Bassompierre fut envoyé à la Bastille. Ne pouvant réussir auprès du roi, les grands cherchèrent un appui chez l’étranger, et excitèrent plusieurs révoltes. Toujours instruit à temps de leurs complots , Richelieu sut les faire tous échouer. Il exila la reine-mère à Bruxelles (1631), réduisit à îa soumission Gaston d’Orléans, qui avait pris les armes, lit périr sur r échafaud leducde Montmorency, qui avait trempé dans la révolte du prince (1632) il livra au comte de Soissons , ligué avec l’Autriche, une bataille où ce seigneur trouva la mort (bat. de la Marfée, 1641), et fit trancher la tête à Cinq-Mars et à de Thou, accusés de traiter avec l’Espagne (i642). Richelieu mourut peu de temps après cetie dernière
exécution, le 4 décembre 1642. Il n’avait pu terminer les guerres qu’il avait entreprises, mais il avait déjà assuré partout les succès des armes françaises , et avait entièrement affranchi le pouvoir royal. Ce ministre est incontestablement le plus grand qu’ait eu la France ; il eut de grandes vues et en poursuivit l’exécution avec une persévérance, une fermeté inébranlables ; mais on l’accuse de s’être montré implacable, et d’avoir souvent exercé ses vengeances per* sonnelles sous le prétexte des intérêts de l’Etat : quoi qu’il en soit, on ne peut que déplorer le supplice du maréeha.1 de Marillac, du jeune deThou, d’Urbain Grandie^ Foy. ces mots). Richelieu aimait et favorisait les lettres : on lui doit la création de l’Académie Française (1635). Il est fâcheux qu’il ait voulu lui-même être auteur; il ne fit que des pièces fort médiocres ( Mirarne , tragi-comédie, la Grande pastorale) , et eut le tort de se montrer jaloux du grand Corneille, après avoir commencé par le protéger. Les ennemis de Richelieu ont été jusqu’à attaquer ses mœurs; mais aucune preuve certaine ne justifie de çi graves accusations. Richelieu déploya un faste inouï ; il s’était fait construire au centre de Paris un palais magnifique qu’on nommait le Palais-Cardinal (auj. Palais-Royal); il le légua à Louis XIII. On doit à Richelieu plusieurs établissements utiles ; il construisit le collège du Plessis (attenant à celui de Louis-le- Grand), répara la Sorbonne et en rebâtit l’église (où l’on voit auj. son mausolée), agrandit l’imprimerie royale, fonda le Jardin du Roi. Il a laissé, outre quelques écrits théologiques, des mémoires fort curieux, publiés d’abord en partie sous le3 titres de : Histoire de la mère et du- fils; Histoire de la régence; puis d’une manière plus complète dans les Mémoires relatifs à l’histoire de France , de Petitot, 1823 ; un Testament politique (contesté), dontla meill.éd. est due à Foncemagne, 1764, et qui renferme de précieuses leçons de politique; et un Journal de M. le cardinal de Richelieu durant le grand orage de la cour (1630 et 31), Amst., 1664. M. Avenel a publié ses Lettres, instructions et papiers (T État, 1853etann. suiv. Sa Vie a été écrite par Aubery,J. Leclerc, René Richard; M. A. Jay adonné une Uist. duministère de Richelieu, Paris, 1815, 2 vol. in-8. — Le cardinal avait un frère aîné, Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, mort en 1653 à 71 ans, qui fut aussi cardinal, et qui occupa successivement les sièges de Luçon, d’Aix , de Lyon, et se distingua par sa piété et sa charité; ei 2 sœucs, dont l’ainée, Françoise du Plessis- Richelieu , fut mariée à René de Vignerod , seigneur de Pont-Courlay. 11 laissa son nom et ses arme» à son petit-neveu, Armand-Jean du Plessis, petit-fils de René de Vignerod et de sa sœur. Cet Armand- Jean du Plessis fut général des galères. Il est le père du duc de Richelieu (qui suit).
richelieu ( L.-F.-Armand du plessis, duc de), maréchal de France, fils d’Armand-Jean du Plessis- Richelieu, général des galères et petit-neveu du cardinal par les femmes, naquit à Paris en 1696, et fut d’abord connu sous le nom de duc de Fronsac. Marié et présenté à la cour dès l’âge de 14 ans, il y obtint un grand succès; il fut peu après mis à la Bastille, sur la demande de son propre père, pour quelque fredaine, et n’en sortit que 14 mois après pour se rendre auprès de Villars , qui le prit pour aide-de-camp. Sous la Régence, il fut le compagnon de débauches et souvent le rival du duc d’Orléans , il n’en fut pas moins mis deux fois à la Bastille par ce prince : l’une pour un duel, l’autre pour avoir trempe dans la conspiration de Cellamare. Nommé en 1725 ambassadeur à Vienne par le crédit de la marquise de Prie, maîtresse du duc de Bourbon, qui gouvernait alors, il s’acquitta fort bien de cette mission, et signa en 1727 les préliminaires d’uns paix avantageuse» 11 servit avec distinction sou» Benvick en 1733, se signala au siège de Kehl, fut fait ma-