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Partie insulaire. Partie continentale

De plus, la Russie a pour tributaires, en Asie, plusieurs des khans du Turkestan.

La Russie d’Europe n’a point de mont, remarquables hormis à l’E. où elle est bornée par la chaîne des monts Ourals ou Poyas. La Russie d’Asie au contraire en a beaucoup, et de fort grandes ; ce sont d’abord au S. le Caucase, au N. les ramifications du système ouralien, qui s’étendent loin dans l’est, puis le petit Altaï, les monts Sayaniens, du Uaut-Kentéï, deDaourie, Iablonoï, Aldan, Slanovoï. Dans la Russie d’Amérique commencent des chaînes puissantes. Les fleuves de l’empire de Russie sont au nombre des plus grands cours d’eau du globe ; ce sont : en Europe le Volga, le Dniepr, le Petchora, les deux Dvinas, le Niémen, le Dniestr, le Don, le Kouban et quelques fleuves communs à la Russie et à d’autres états (Vislule, Kour) ; en Asie, l’Obi, l'iénisséi, le Léna (qui chacun ont au moins 3,000 kil.), et d’autres moins longs, Oural, Khatanga, Indigirka, Kamtchatka, etc.; en Amérique, ils sont peu remarquables. Des canaux lient les diverses mers de la Russie d’Europe, notamment la Baltique et la mer Caspienne, la mer Caspienne et la mer Noire.— La Russie comprend une foule de peuples différents , parmi lesquels domine la race slave, à laquelle appartiennent les Russes, les Polonais, les Livoniens, les Courlandais, les Lithuaniens; la race finnoise, très répandue dans la Russie d’Europe, comprend les Finnois, Esthoniens, Lapons, Tchérémisses , Tchouvaches, Periniaks, etc. ; viennent ensuite des Allemands et des Grecs, des Tartares, et les farouches tribus caucasiennes, enfin une multitude de hordes (Mongols, Kalmouks, Samoyèdes, Korièkes, Kamtchadales , Tchoukotches , Aléoules , etc.). On parle en Russie au moins 30 langues; le russe même n’est qu’une forme du slave; la langue et la littérature françaises sont en grande faveur. La religion chrétienne grecque non unie domine en Russie (le czar en est le chef depuis Pierre-le-Grand); il s’y trouve aussi des Grecs-unis ; maison fait tout pour en diminuer le nombre. Le gouvernement est absolu ; le souverain se nomme czar ou empereur (quelquefois on dit autocrate pour indiquer la plénitude de sa souveraineté). L'aristocratie jouit d’un grand pouvoir, surtout sur ses terres ; tout paysan est serf de la glèbe , à moins d’avoir été affranchi expressément (les affranchissements deviennent fréquents auj.); les seigneur* se nomment boïards. L’armée monte au moins à 900,000 hommes, dont une partie cependant forme des colonies militaires. La marine russe n’a cessé de se développer depuis un siècle et demi, époque à laquelle elle fut créée par Pierrele-Grand. La civilisation de la Russie est très inégale, selon les pays, les latitudes, les positions, etc. Les sciences , les lettres et le3 arts ne fleurissent que dans quelques villes. — Le sud et l’ouest sont généralement plus peuplés , plus fertiles et plus riches , mais quand on a passé Moscou et le Volga, ies villes et villages deviennent rares; plus d’agriculture; on ne trouve plus que des steppes ou „ maigres prairies désertes , des neiges , quelques mines, des animaux à fourrure. La Russie d’Asie (ou Sibérie) n’a guère pour habitants que des sauvages, des exilés et ceux qui les gardent. Un froid horrible désole au moins les trois quarts de l’empire pendant neuf mois de l’année ; puis vient un été très chaud et très court. Au S., le climat est tempéré : il est doux et même chaud en Bessarabie, en Tauride, en Arménie. Le sol varie beaucoup et donne, selon les localités, les productions les plus diverses. Le lin deCourlande, de Livonie, etc., est magnimjue l’Ukraine est une des régions du monde les plus fertiles en céréales ; d’immenses forêts couvrent ia plupart des provinces et fournissent en abondance

des résines, du brai, du goudron, de superbes bois de construction; la rhubarbe et d’autres plantes médicinales croissent vers la mer Caspienne et à l’entrée de l’Asie ; la Tauride, la région Caucasienne, Astracan, etc., récoltent des fruits exquis et de bons vins. L’hermine, la martre, etc. donnent des fourrures du plus grand prix et en abondance ; ies loutres, les phoques abondent sur les côtes. L’industrie, bien inférieure à celle de l’Europe occid., est très active sur certains points. Longtemps avant Picrre-Ie- Grand, la Russie fabriquait et exportait de nombreux articles, tels que: cuirs (remarquables par leur odeUr aromatique), toiles à voiles, cordages, coutils, chandelles, feutre, savon; auj. elle joint une foule d’autres produits à ceux-là (caviar, colle de poisson huile, eau-de-vie de grain, carrosserie, bijouterie, orfèvrerie, armurerie, serrurerie, verrerie, fonderie, papeterie, faïence et porcelaine avec cristaux, cachemires, draps, coton, etc.). La Russie possède de nombreuses mines qui occupent une foule d’ouvriers. On a découvert vers 1820 dans l’Oural des mines d’or et de platine. Le commerce intérieur est très actif, le commerce extérieur est immense et se fait soit par les villes maritimes (Odessa, Riga, Arkhangel, etc.), soit par terre avec l’Europe occid. ou avec l’Inde et la Chine (par les Boukhares).

Histoire. Les anciens n’ont connu que le 6ud de la Russie d’Europe, qu’ils comprenaient très vaguement dans les régions dites Sarmatie et Scylhie, et où ils plaçaient, outre les Sarmate3, les Roxolans, Iazyges , Agathyrses, Hippomolgues, Cimmériens, Taures, Méoles, etc. Dès les premiers siècles de l’empire romain, les Slaves, habitants primitifs de la Russie septentrionale, envahirent tout le pays. Au in® siècle de l’empire, les Goths soumirent à peu près toutes les peuplades comprises entre la Baltique et la mer Noire, et fondèrent entre le Niémen, le Dniepr, le Voip et le Don un vaste empire qui comprenait la Russie d’Europe. Cet empire fut renversé en 376 par les Huns, et la Russie méridionale lut pendant quatre siècles le passage de tous les barbares de l'est et un théâtre de fluctuations perpétuelles. Les Hun3 , les Alains, les Bulgares, les Khazares s’y établirent et en furent chassés successivement. Quelques villes cependant y furent fondées vers le vie siècle, notamment Novo* gorod-la-Grande et Kiev. Enfin, en 862, parurent des chefs Varègues, dont un seul, Rurik, fonda ün état durable : il régnait à Novogorod ; sa postérité s’étendit rapidement sur une partie de la Russie méridionale et sur la Galicie , s’établit à Kiev, fit trembler Constantinople et s’éleva à un très haut point de prospérité sous Vladimir-le-Grand (qui introduisit le christianisme parmi les Russes en 988), et sous laroslav 1. Mais deux funestes coutumes (le séniorat et les apanages) vinrent 3ans cesse morceler le territoire et engendrer des guerres civiles ; outre Kiev, qui était alors la vraie capitale de l’empire et la résidence du grand-prince, existaient plusieurs autres principautés sous des princes du sang de Rurik (Novogorod, Polotsk, Smolensk, Tchernigov, Péréias» lav, Tmoutarakan, Halicz, Tver, Vladimir ou Vlodimierz, Souzdal, enfin Moscou, fondée en 1147). En même temps les invasions orientales continuaient, et l’on vit affluer les Petchenègues, les Outses ou Polovtses, enfin les Mongols. Ces derniers, sous Touchi, en 1224, franchirent le Volga, conquirent une partie de la Russie mérid. et fondèrent le grand em pire du Kaptchak ou de la Horde d’Or. En 1240, Batou, fils de Touchi, prit Kiev : bientôt la Podolie, la Volhynie, la Galicie orient, reconnurent sa loi, et les princee russes du nord devinrent ses vassaux. Celui de Moscou eut seul alors le titre de grand-prince. Novogorod, qui déjà avait tenté l’indépendance, s’érigea diverses fois en république, et de fait elle n obéissait que rarement au grand-prince de Moscou, mais elie

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