SAYO — 1609 — SAYO
Pierre , dit le Petit Charlemagne , fils de Thomas I et frère d’Amédée IV, régna de 1263 à 1268. Il «'était, avant son avènement, lié avec Henri III, roi d’Angleterre , à qui il avait rendu des services , et qui l’avait créé comte de Richmont et d’Essex. Il punit Turin de sa révolte, et ajouta à ses états une partie du pays de Vaud.
Philippe, frère du préc. (1268-85) , fut destiné à l’Egliseet même pourvu de divers bénéfic. sans avoir reçu les ordres. Voyant son frère sans enfants, il renditses bénéfices, et ép. Alix,hérit. du comté de Bourgogne.
Amédée V, surnommé le Grand (1285-1323), était neveu du précédent. Il fit la guerre avec succès au comte de Génevois , au dauphin de Viennois , au marquis de Montferrat (qu’il prit et fit mourir dans une cage de fer) , au marquis de Saluces , seconda Philippe-le-Bel dans sa guerre contre les Flamands, fut le médiateur de la paix entre la France et l’Angleterre , suivit l’empereur Henri Vil en Italie , obtint de ce prince les seigneuries d'Asti et d’Ivrée, et réunit à ses états le Bas-Faucigny et une partie de la ville de Genève. A son avènement, il fut obligé de céder le Piémont à Philippe de Savoie , prince d’Achaïe, son neveu, héritier légitime du trône, et dont il n’était que le tuteur. La principauté de Piémont resta depuis détachée de la Savoie jusqu’en 1418.
Edouard, dit le Libéral , fils d’Amédée V (1323- 1329), eut à combattre les mêmes ennemis que son père, fut battu en 1325 par le dauphin de Viennois, accompagna le roi de France à la bataille de Cassel, et s’y distingua.
Aimon, dit le Pacifique, frère du précédent (1329- 13) , fit la paix avec le dauphin de Viennois (1334), réforma l’administration de la justice , et fit des fondations pieuses.
Amédée VI, fils d’ Aimon (1343-83), fut surnommé le Comte Vert , pour s’être présenté, dans un tournoi qu’il donna à Chambéry, avec une armure et une livrée vertes. Le Dauphiné ayant été légué à la France (1349), il conclut en 1355, avec le nouveau dauphin (Charles, fils du roi Jean), un traité, qui fixait les limites des deux états , et épousa, comme gage de paix, Bonne de Bourbon, cousine du roi. 11 eut des démêlés avec son cousin Jacques de Savoie, prince de Piémont, auquel il enleva momentanément ses états, puis, avec les marquis de Saluces et de Montferrat; alla en Grèce porter des secours à Jean Paléologue, allié à sa famille; se prononça, pendant le schisme d’Occident, pour Robert de Genève , son parent; accompagna Louis d’Anjou dans son expédition contre Naples, et mourut de la peste dans cette expédition. 11 avait réuni à ses états les seigneuries de Vaud , Gex, Faucigny, Valromey, Quiers, Coni, Querasco.
Amédée VII, dit le Comte Rouge, fils du précédent (1383-91) , accompagna le roi de France Charles VI en Flandre , contribua à la prise d’Ypres , et profita des embarras des comtes de Provence pour leur enlever Nice et Vintimille. Il avait épousé une princesse française, Bonne de Berry.
Amédée VIII, fils du précédent. Il n’avait que 8 ans à la mort de son père (1391) , et fut mis sous la tutelle de sa mère, Bonne de Berry. Il agrandit considérablement ses états par l’acquisition du Génevois (1401), puis du Bugey et de Verceil, réunit à sa couronne, en 1418, le Piémont, qui en était détaché depuis plus d’un siècle, et fut, en 1416, créé duc de Savoie par l’empereur Sigismond. Ayant éprouvé quelques malheurs, il remit, en 1434, le gouvernement à son fils Louis, mais sans abdiquer, et se retira avec quelques chevaliers au couvent de Ripaille, près de Thonon, où il prit l’habit d’ermite et se fit construire une demeure délicieuse. Il fut au bout de quelques années tiré de sa retraite par les prélat» du concile de Bâle , qui , lors de la déposition d’Eugène IV, le nommèrent pape sous le
nom de Félix V (1439), et l’opposèrent à Nicolas V. Il abdiqua définitivement alors la couronne de Savoie , se rendit à Bâle , où le concile était assemblé, et y résida près de dix ans. Il renonça volontairement à la tiare , afin de faire cesser un schisme scandaleux (1449) , et obtint en échange, avec lechap. de cardinal, diverses prérogatives, sur l’étendue desq. leshistor. ne sont pas d’accord. Il retourna au couvent de Ripaille , et y passa le reste de ses jours. Il mourut en 1451. Amédée VIII avait institué l’ordre de chevalerie de Saint-Maurice.
Louis I, fils du précédent, duc de Savoie de 1440 à 1465, né à Genève, avait, dès 1434, administré le duché avec le titre de prince de Piémont, son père, Amédée VIII, B’étant retiré dans un couvent; mais il ne prit le titre de duc qu’après que son père eut accepté la tiare (1440). Lors de la guerre qui éclata au sujet de la succession de Philippe-Marie Visconti (1447), Louis aurait pu s’emparer du Milanais, dont les habitants redoutaient la domination de François Sforza; mais il manqua d’énergie. Craignant ses enfants eux-mêmes qui se révoltaient contre lui [Voy. ci-après Philippe ii), il se réfugia en France auprès de Louis XI, qui avait épousé sa fille ; il y tomba malade et mourut peu après son arrivée.
Amédée IX, fils de Louis (1465-72), devint peu après son avènement incapable de gouverner. La régence fut disputée entre ses frères et sa femme Yolande, sœur de Louis XI, et finit par être partagée entre eux. Amédée était très charitable; il fut mis après sa mort au rang des bienheureux.
Philibert I, dit le Chasseur (1472-82), fils d'Amédée IX, n’avaitque 8 ansàson avènement. Louis XI voulut s’adjuger la régence concurremment avec le duc de Bourgogne, Charlea-le-Téméraire ; mais elle resta à la mère du jeune prince, Yolande. Cette princesse eut à lutter à la fois contre Louis XI et contre le duc, de Bourgogne. Ce dernier la fit enlever après la défaite de Morat; mais cette violence détacha la Savoie de son alliance, et, en son absence, les états déférèrent au roi de France la tutelle de Philibert. Rendue enfin à la liberté, Yolande venait de recouvrer la régence, lorsqu’elle mourut (1478). Louis XI, à qui les étals de Savoie eurent alors recours une seconde fois, feignit de leur accorder sa protection, mais dans le fait, il ne cherchait qu’à exciter des querelles entre les membres de la famille ducale pour réunir la Savoie à sa couronne. Sur ces entrefaites, le jeune Philibert, à peine âgé de 17 ans, mourut de la fatigue qu’il s’était donnée dans une partie de chasse.
Charles I , dit le Guerrier , frère de Philibert , n’avait que 14 ans à la mort de son frère (1482), et fut quelques mois sous la tutelle de Louis XI. 11 fit la guerre avec succès au marquis de Saluces, ce qui lui valut son surnom. 11 mourut en 1489, pendant un voyage en Piémont ; on le crut empoisonné par le marquis de Saluces. 11 avait épousé Blanche de Montferrat, et avait, à la mort de Charlotte de Lusignan, hérité du litre de roi de Chypre (1487).
Charles II, fils du précédent, n’avait que neuf mois à la mort de son père fl 489) , et mourut en 1496 à 8 ans. Sa mère Blanche de Montferrat eut la régence ; elle accorda le passage en Italie par le Piémont à Charles VIII , lors de son expédition contre Naples (1494).
Philippe 11, fils du duc Louis, et grand-oncle d« Charles 11, ne régna qu’un an et demi (1496-97). Fils rebelle, il avait été, sur la demande de son père, détenu captif par Louis XI au château de Loches (1464-66); aussi prit-il parti pour le duc de Bourgogne contre le roi de France. 11 fut le père de Louise de Savoie, mariée à Charles de France, due d’Angoulême, et mère de François I.
Philibert II, dit le Beau, fils du précédent (1497-1504). 11 épcusa Marguerite, fille de l’empereur Maximilien, qui fut depuis gouvernante des
SAX — l
Pays-Bas, et refusa de laisser passer Louis XII par ses états pour entrer en Italie, il mourut à 24 ans, sans laisser d’enfants. Sa veuve lui érigea un magnifique mausolée dans t'église de Brou (près de Bourgen-Bresse), qu’elle avait fait bâtir en son honneur.
Charles 111, 2* fils de Philippe II, et frère du précédent. Pour ce prince el pour tous ses successeurs (Emmanuel - Philibert , Charles-Emmanuel, Victor-Amédée, etc.), Voy. leurs noms : Charles, EMMANUEL , VICTOR , etc.
Pour les autres princes célébrés de cette maison , tels
Sue Jacques de Savoie, duc de Nemours; le prince îugène de Savoie ; François de Savoie, prince de Carignan, etc., Voy. nemours, eugène, carignan, etc.
SAVONAROLA (frère Jérôme), célèbre prédicateur dominicain , né à Ferrare en 1462, était le petit-fils de J. -Michel Savonarola, médecin distingué de Ferrare. Nommé en 1488 prieur du couvent de Saint-Marc à Florence, il se distingua dans la chai re par son éloquence, mais se livra bientôt àde vioientes déclamations contre le clergé et le St-Siége, excita le peuple à se révolter contre les Médicis,et, ci oyantavoir reçu le don de prophétie, prédit avec assurance une révolution prochaine. Peu après en effet (1494), CharlesVHI étant venu en Italie, les Florentins profitèr. de sa présence pour recouvrer leur liberté. Savonarola, devenu l’idole du peuple, fut le véritable chef do la nouv. république, il se soutint pendant trois ans, et lit mettre à mort plus, citoyens qui avaient conspiré pour le rétablissement des Médicis; mais, attaqué par les partisans des Méd ici», accusé d’hérésie par les religieux franciscains pour avoir soutenu des propositions suspectes, anathématisé par le pape Alexandre VI, dont il avai-t signalé les désordres, enfin privé de l’appui de Charles Vlll, qui avait été forcé de retourner en France, il perdit tout crédit, fut conduit en prison par ordre de la seigneurie qui administrait Florence, appliqué à la question, condamné comme hérétique et périt sur le bûcher le 23 mai 1498. Savonarola a laissé quelq . écri ts ascétiques, en tre autres : Triumphus crucis, Florence, 1492 : ses œuvres sont condamnées. 11 n’était pas moins remarquable par son exaltation que par son éloquence : il se crut inspiréet fit plusieurs prédictions dont quelques-unes parurent extraordinaires, mais que l’on a beaucoup exagérées. Poussant le zèle relig. jusq. fanatisme, Savonarola fit brûler les écrits du Dante, de Boccace et de Pétrarque. M.Perrensa pub. J.Savonat'ola,savie, etc.. Par., 1854.
SAVONE, Savo ou Sabata , ville murée des Etats sardes (Gênes), ch.-l. d'intendance, sur le golfe de Gênes, à l’embouchure de l’Egabona, à 37 kil. S. O. fie Gênes ; 11,000 hab. Evêché. Port; citadelle sur u e hauteur. Petit muséum d’histoire naturelle. Arme , soieries, vitriol, faïence, savons (c’est à Savone que e savon fut in enté;d’où son nom). Patrie de Chiabrera; Iules 11 n;iq. auprès. — Cette, v. eut des évêques dès le Vil* siècle, et devint bientôt florissante par son commerce. Les Génois, qui en étaient jaloux, s’en emparèrent et détruisirent son port en 1623. Les Anglais la bombardèrent en 1746, et le roi de Sardaigne la prit aux Génois en 1740. Les Français s’en emparèrent en 1809 et en firent le ch.-l. du dép. de Montenotte, Napol. y retint Pie Vil prisonn. de 1 809 à 1812.* SAVOUREUSE, riv. de Franee, affluent du Doubs, baigne Giromagni, Belfort, Montbéliard; reçoit la riv. de Fontaine (Haut-Rhin), et l’isel qui passe à Héricourt (Haute-Saône) : cours, 40 kil.
SAX (Christophe), Saxius, en latin, savant compilateur et biographe, né en 17 14 à Eppendorf en Saxe, mort en 1806, fut recteur de l’université d’Utrecht, et publia beaucoup d’ouvrages, entre autres, un célèbre recueil, intitulé : Onomasiicon lilterarium (d’abord en 1 vol. in-8, 1769; et depuis en 8 vol., Utrecht, 1776-1803): c’est un vaste répertoire u indications littéraires et de sources à eon- 3ulter sur les choses et les personnes, depuis les
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premiers temps jusqu’en 1796. Il a rédigé luimême un abrégé des deux premiers volumes (Onomaslici litterarii epiiome), Utrecht, 1792, in-8.
SAXE , Sachsen en allemand, nom commun à divers états ou pays de l’Allemagne , tant anciens que modernes, placés entre l’Ems, h Oder, le bassin du Danube et la Baltique. Nous distinguerons d’abord ces divers états, puis nous ferons connaître les diverses maisons de Saxe qui les ont possédés I. Saxe ancienne.
1° La Saxe primitive, à l’époque des Mérovingiens, commençait un peu à l’O. du Weser, un peu au S. de la Lippe, ou bien à la Lippe même, et s’étendait jusqu’à la Baltique et à l’Eyder (en Danemark) d’une part, et un peu au delà de l’Elbe de l’autre; elle avait donc pour bornes la Thuringe, la France rhénane, la Frise , le pays des Danois et les peuplades slaves établies à l’O. de l’Oder. Elle se composait de trois grandes masses, l’Engerland fou pays des Angres), la Westphalie et l’Ostphalie (dont la partie la plus orientale était le pays des Nordaibingiens). Tout cet ensemble était coupé en gaus ou cantons, et avait au plus quelques grosses bourgades, entre autres Ehresbourg. Les Saxons, ses habitants, étaient peu civilisés et grands pirates, comme leurs voisins les Danois. Dès la fin du IVe siècle ils ravageaient les côtes de la Gaule et de J’île de Bretagne. En 449, ils commencèrent à passer dans cette île, et quatre chefs saxons y fondèrent quatre des états de l’Heptarchie {Voy. ce nom). A partir de Clotaire 11, ils durent payer tribut aux Francs; mais ils se révoltèrent souvent: idolâtres, adorateurs d’Odin, d’Irminsul , etc., et croyant descendre des Ases , ils répugnaient surtout à l’idée do devenir Chrétiens. Enfin Charlemagne , dans neuf expéditions célèbres (771-796), les soumit, malgré les efforts opiniâtres de leur chef Witikind, leur imposa ie baptême (786), leur donna un code sévère (la loi saxonne ), fonda chez eux huit évêchés (entre autres, Osnabrück, Brême, Paderborn, Munster), et fixa leur limite septentrionale à l’Eyder. Cet état de choses dura jusqu’au traité de Verdun (843).
2° Premier duché de Saxe (843-1 180). Déjà Witikind avait été dit duc de Saxe pendant la guerre de 1 indépendance ; mais sous Louis-lo-Germanique et ses successeurs, la Saxe, grossie de la Thuringe, devint un vrai fief, et fut reconnue officiellement un des six duchés de l’empire. Ce duché, qui eut successivement pour souverains des descendants de Witikind, et des princes de la maison de Billung {Voy. ci-après maisons de saxe), répondait d’abord à ce qui forma depuis les cercles de Basse-Saxe et de Westphalie ; de 920 à 929, il s’accrut des deux marches de Misnie et de Branibor ou Brandebourg, et fut encore grossi par Othon 1 et ses successeurs, principalement par les princes de la maison guelfe, Henri-le-Superbe et llenri-le-Lion, qui assujettirent presque toutes les contrées comprises depuis dans le cercle de Haule-Saxe, et étendirent leur domination sur le Mecklembourg et la Poméranie. On sait qu’avec la Saxe, les deux Henri possédaient la Bavière. De 1137 à 1164, la poli tique impériale tint ces deux duchés séparés, mais Frédéric 1 les rendit à Henri-le-Lion ; seulement, le margraviat de Branibor, déjà indépendant depuis 1142, fut confirmé dans son indépendance; mais après la félonie de Henri , lors de la campagne de Legnano (1177), l’empereur Frédéric le mit au ban de l’empire (1180), et l’énorme duché de Saxe fut dépecé en une foule de fiefs : les archevêchés de Magdebourg et de Brême, les évêchés de Minden, Verden, Paderborn, Munster, lbldesheim, Halberstadt, Mersebourg, Naumbourg s’en détachèrent et devinrent états immédiats; il en fut de même pour le comté palatin de Saxe, la Misnie, la Thurinee, le pays de Mecklembourg ( oue cependant