ABEL
ABEL, ro! de Danemarck, en 1250, monU sur le trône en assassinant dans un repas Éric VI, son frère atné. Les Frisons se révoltèrent contre lui , et l'ayant vaincu, ils <e mirent à mort en 1252.
ABELARD (Pierre), Abalardus, né au bourg de Palais, près de Nantes, en 1079, d'une famille noble, reçut les leçons du nominaliste Roscelin, puis du célèbre Guillaume de Cbampeaux, et devint bientôt le rival de ses maîtres. Dès l'âge de 22 ans il ouvrit une école. 11 enseigna avec le plus grand Buccès la rhétorique et la philosophie scolastique, â Melun, à Corbeil et enfin à Paris,-où il attira plus de 3,000 auditeurs ; il attaqua dans ses leçons avec une grande force de logique la doctrine du réalisme qu enseignait Guillaume de Champeaux, ainsi que le nominalisme qu'avait professé Roscelin, et y substitua un système de eonceptualisme qui gardait le milieu entre les deux doctrines opposées. Il commença assez tard à étudier la théologie ; mais il obtint bientôt dans l'enseignement de cette science le même succès que dans ses leçons sur la philosophie. Déterminé
far la réputation dont jouissait Abélard, le chanoine ulbert le choisit pour donner des leçons â sa nièce Hélolse, jeune fille de qualité, pleine d'esprit et de charmes; mais le maître ne tarda pas à concevoir pour ton écoiière une vive passion ; au bout de quelques mois il l'enleva et la conduisit en Bretagne, où elle lui donna un (Ils : il le nomma Astrolabius. Pour réparer ses torts il l'épousa secrètement : mais Fulbert, peu satisfait de cette réparation, se vengea d'une manière atroce. Il fit surprendre Abélard dans son lit au milieu de la nuit et le fil mutiler. Abélard alla se cacher dans l'abbaye de Saint-Denis et y prit l'habit de religieux, pendant nu'Héioïsc prenait le voile au couvent d'Argenleuil. Néanmoins au bout de quelque temps il sortit de sa retraite à la sollicitation de ses disciples, et rouvrit une école. Il attira de nouveau une foule d'auditeurs, mais sa présomption et la hardiesse avec laquelle il appliquait la philosophie .i la théologie le firent bientôt tomber dans de graves erreurs : un traité de la Trinité qu'il venait de composer fut dénoncé comme entaché d'hérésie et fut condamné par le concile de Soissons en 1122. Il se relira à Nogent-sur-Scine et fit bâtir de cette ville, sous le nom de Paraclet, un oraoù plus tard il établit Héloîse ainsi que les religieuses qui étaient sous sa conduite. Ayant été nommé peu après abbé de Saint-Gildas de Ruys, près de \ annes, Il chercha à réformer les moines de son abbaye, mais ne réussit qu'a s'attirer de nouvelles dillicu liés. Accusé une seconde fois d'hérésie, il fut condamné en 1140 par le concile de Sens : il eut à ce concile pour adversaire le célèbre saint Bernard. Abélard voulait aller se Justifier à Rome, mais en passant par Cluny, il se lia étroitement avec l 'abbé de ce monaslère. Pierre le Vénérable, qui le détermina a prendre l'habit de son ordre et le réconcilia avec le S.-Sié^'e et S. Bernard. Il consacra le r» ste de sa vie â des exercices de piété, et mourut en 1 1 12. AlKlard avait cultivé tous les genres de littérature et de science qui étaient en honneur de son temps. "Des nombreux écrits qu il avait composés, plusieurs -<■ sont perdus, et ceux qui sulisisleul n'ont |ias tous été publiés. Le conseiller François d'Ain boise a fait imprinur en 1616. sous le titre de P. Abâtardi et Ueloisa Opéra, en 1 vol. in-4, YlniroductioadTheologiam et plusieurs lettres d Héloïsc et d 'Abélard. On trouve sa Theologia chrisiiana dans le Thésaurus de Martcnne, et un traité de morale intitulé Scito teipsum dans le Thésaurus de B. Pez. M. Cousin a publie en 183G,dans les Documents inéd, sur Chili, de France, un vol. in-4 d'oeuvres inéd. d' Abélard : on y trouve sa Diaiectica et ta Sic et Son. où est expose te pour et le coulre sur les principaux points de théologie. Il a en outre entrepris une éd. compl. de «es OEnvres. dont tl a déjà paru 2 toI. in-4, 1849 et 1857. Ou
ÀBEiN
a souvent publié séparément les lettres d' Abélard et d'Hélotae; la meilleure édition est celle de Rawlinson, Londres, 17 18. On en a plusieurs traduction* françaises, une entre autres de dom Gervaise, latinfrançais, Paris, 1723 et 1796. 11 en a paru une nouvelle en 1837, faite par M. E. Oddoul, sur les manuscrits, 2 vol. ln-8. Ces lettres ont aussi été souvent imitées et paraphrasées ; on connaît la belle imitation de Pope, trad. en vers fr. parColardeau. La Vie d'A b. a été écrite j»ar dom Gervaise, 1722. M. Ch. de Rémusat a donné en 1845 VHist. de ta Vie et des Ecrits d'Ab.,2*. in-8. Ab. a laissé lui-même d'intéressants détailsdan* ses Lett. vl dansson Hist. catamitatum.
ABELIENS, appelés aussi Abéliotes ou Abéloniens, hérétiques qui vivaient au iv siècle dans un bourg près d'Hippone. Ils se mariaient et cependant faisaient vceu do conserver la chasteté. On le* appelait, dit-on, Abélicns parce que, comme Abel. ils ne laissaient après eux aucune génération.
ABEL1N (J.-Ph.), savant, né à "Strasbourg, mort en 1646, est auteur du Tliealrum Europœum, rédigé en allemand (21 vol. in-fol. Francfort. 1662), de la Description de' la Suède (1632), d'une Chronique historique, d'une Histoire des Antipodes. Il a aussi coopéré au Mercurius Gallo-Belgicus, à l II moire des Indes orientales, etc. Il a publié la jplupart de sta écrits sous le pseudonyme de J.-L. Goltfried.
ABELL/E, auj. ayella-vecchia.
ABELL1 (L.), théologien français, né en 1 603, mort en 1691, fut curé de Saint-Jossc à Paris, puis évêque de Rhodes et de Bayonne. Il avait été le confesseur de Mazarin. Il est auteur d'une Vie de S. Vincent de Paul, estimée, et d'un traité intil. Uedulla theologica. la Moelle (biologique. 11 n'est guère connu auj. que par un vers de Hoileau qui le nomme, dans le 4* chant du Luirai, le moelleux Abelli, par une allusion plaisante au titra de son ouvrage.
ABELLINUM, auj. avellino.
ABELLIKUM MARSICCM, auj. MAHSICO VETERE.
ABEN, mot qui dans les langues sémitiques (hébreu , arabe, etc.) veut dire fils et sert à mieux désigner les personnages : il fait partie d'un grand nombre do noms propres, comme Aben-Esra, Abcn- Zoar, etc. Aven, Ben, Ebn, Ibn n'en sont que de« corruptions et ont le même sens. Cherchez par Aven ou Ben, ou à leur nom propre, les personnages dont le nom commence par Abenet qui ne seraient pas ici.
ABENAQUI , peuple de la famille lennape (Amérique N.), est avec les Mohicans la principale branche d une nation Jadis nombreuse et répandue sur divers points de la Nouvelle-Angleterre et de New-York, mais dont presque tous les individus se sont réunis à la confédération Mohawak : quelquesuns vivent à l'extrémité E. de l'île Longue.
ABENCERAGES, puissante tribu maure de Gre nade, était opposée à celle des Zégris; les querelles de ces deux factions ensanglantèrent Grenade de 1480 à 1492 et hâtèrent la chute de ce royaume. Les Abencéragcs furent exterminés par Abou-Abdoullan ou Boabdil, dernier roi de Grenade, qui Tut luimême détrôné en 1492 par Ferdinand-le-Gatholiquc et Isabelle. Voy. zeirites.
ABEN-ESRA, savant rabbin espagnol, né à Tolède vers M 19. mort en 1174, Tut à la fols astronome, philosophe, médecin, po*te et grammairien, et Tut surnommé le Sage, Y Admirable. 11 passait auprès dus juifs pour un des chefs de la cabale, ei jiour un habile interprète des litres saints. Il .. laissé, outre des commentaires sur différents livre de la Bible, un traite de la Sphère.
A BEN PAGE. Voy. avenpacx.
ABENSBERG. Aientinu* ou Abusina, ville de Bavière cercle de la Regen), sur l'Abcns, a 23 kll.
IS. 0. de Batislwnnc : 1,050 bab. Château fort. Pallie do rhi-loricn Thurnmaïcr eu A\eutinus. Napoléon y défit le priuce Charles (!8o9)