‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographieChapitre 129 sur 578 · BARO · texte numérisé non relu

BARO

BABNATE ( Pierre-Joseph-IUrie) , né en 1761 à Grenoble, était déjà célèbre dans cette ville comme aTOCAt lqraq[u'éclata la Révolution. Partisan des idées nouvelles, il fut nommé député du tien état aux Stata généraux par le Daupbiné , et bientôt il s'acquit, par son éloquence et son ardent amour pour la liberté, une très-haute influence et une granae popularité. Il parla dans toutes les discussions importantes, et souvent il osa lutter contre Mirabeau. Barnave, qui avait combattu avec énergie la royauté tant qu^il s'agissait de faire reconnaître les droits du peuple, voulut combattre pour la rovauté lorsqu'il fut question de lui enlever à elle-même ses droits légitimes. Dès ce moment, sa popularité chancela, et il la perdit bientét entièrement. Ayant été envoyé comme oommisssire à Yarennes, après Tarrestation de Louis XVI dans cette ville, il revint dans la voiture même du roi pour mieux assurer son retour, mais il lui témoigna les plus grands égards, ainsi qu'a la reine. Cette noble conduite le fit regarder comme un déserteur de la cause du peuple. Après la session , il se retira à Grenoble : il y exerçait les fonctions de maire, lorsque l'ouverture de l'armoire de fer vint, après la journée du 10 août, découvrir une correspondance qu'il avait entretenue avec la cour dans les derniers temps; il fut arrêté le 19 août 1792, resta 15 mois dans les prisons de Grenoble, et fut ensuite conduit à Paris, où il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire. Il n'avait que 82 ans, yn de ses plus éloquents discours est celui qu'il prononça devant ses juges. Il laissait de noml^ux manuscrits, qui ont été publiés en 1843 par les soins de M. Bérenger, sons le titre d*OEuvret de Bamave. BAENJBS (Josuè) , savant helléniste, né à Londres en 1654, mort en 1712, fut professeur de grec à Cambridge. Il a laissé, outre plusieurs ouvrages originaux, des éditions estimées a'fvrtptde, Cambridge, 1694; d'Anaeréon, 1705; et d'H<mère, 1710. Il avait beaucoup d'érudition, mais peu de jugement et de goût, ce qui fit dire au spirituel BenUey que Bames savait le grec aussi bien qu'un savetier d'Athènes.

BARNET, b. d'Angleterre (Hertfocd), à 16 k. N. 0. de Londres; 2400 hab. Warwick, alors général de Henri VI, y fut battu et tué par Edouard d'York, 1471 . BARNEVELDT(JeanoLDEii-), grand pensionnaire de Hollande, magistrat intègre, négociateur habile, et ardent ami de la liberté de son pays^ naquit en 1549 à Amersfoort, remplit diverses missions, près d'âisabeth, de Jacques I et de Henri IV, et eut la gloire de conclure avec l'Espagne en 1609 le traité qui assurait l'indépendance des I^vinces-Unies. A la tète du parti républicain, il s'opposa de tout son pouvoir à rambition du statbouder Maurice de Nassau, qui menaçait la liberté de la Hollande; il se vit par là exposé aux attaques les plus violentes. Deux rois il voulut se retirer des affaires; il ne fut retenu que par les instances des députés des fitats« Maurice, ayant enfin pria le dessus, le fit condamner comme hérétique en 1618 par le synode calviniste de Dordrecht, parce qu'il avait embrassé la doctrine des Arminiens, et Tannée suivante il le fit juger par une commission et condamner à mourir sur l'échafaud, l'accusant d'avoir livré son pays aux Espagnols. Il subit le supplice avec la plus grande fermeté. Barnevddt était ftgé de 70 ans. Sa mort a fourni à Lemierre le sujet d'une tragédie. — Il laissa deux fils, l\ené et Guillaume. Le deuxième avait conçu le projet d'assassiner Maurice pour venger son père, et avait communiqué son dessein k René qui. sans fapprouver, n'avait cependant pas voulu le dénoncer. Le complot ayant été découvert, Guillaume échappa par la fuite; René fut pris, et^ quoiqu'innocent, il fut mis à mort (1633).

BABNEVILLB, ch.4. de c. (Manche), à 25 kiL S. 0. de Valognes; 604 hab. Eglise romane.

BABOGHB (Frederico barocci, dit le), célèbre

peintre italien, né à Urbin en 1528, d'une Camille qui

vait ftéjà produit plusieurs artistes distingués, se

forma d'abord par l'étude des tableaux de Rapbaêi Pt du Titien; puis, quittant le sublime pour le gracieux, prit le Corrége pour modèle. Appelé à Rome par pie IV , il exécuta pour ce pape plusieurs grands ouvrages de peinture au palais du Belvédère. Pendant son séj.our à Rome, quelques peintres, jaloux de ses succès, tentèrent de l'empoisonner; Û n'avait alors que 32 ans; les soins qu'il reçut aussitôt l'arrachèrent à la mort, mais sa santé en fut profondément altérée pour le reste de ses jours. Il vécut cependant encore longtemps et put produire de nouveaux chefsd'œuvre. Il mourut i Urûin à 1612, à 84 ans. Ceux de ses tableaux qu'on estime le plus sont ime Déposition dfi croix, le Pardont l'Armonctatton, le «ortyre de S. Vital, Le Louvre possède de ce maître un S. Antoine, une Ste Lude et une Madone, Il se distingue par la noblesse du style et la pureté du goût. BARODE, V. de Tinde anglaise (Bombay), ch. 1. de district, dans le Guzzerat à 130 kiL N. de Surate; 100 000 hab. Beau port, vastes citernes, pagodes, hôpitaux, quelques beaux monuments, restes do la puissance des Mogols. La v. a beaucoup souffert d'un tremblement de terre en 1819.

BARŒUL, petit pays de l'anc. Flandre, donne son nom à Marc-en-Barœul et à Mons-en-Barœul (Nord). BARON, fa^on ou varon (dérivé du vieil ail. har^ libre, ou selon d'autres du Ut. vtr, homme). Ce titre n'était guère employé avant le vi* siècle. A cetta époque on nommait communément haute hairon* tous m grands du royaume, tous ceux qui exerçaient dans leur plénitude les droits féodaux, mi'ils fussent ducs, comtes ou évèques. Le titre de naron eut beaucoup d'éclat aux xi*, xiT et xiii* siècles. Les princes du sang et les fils du roi le préférèrent souvent à | celui de comte ou de duo. Les Montmorency se qua- | lifiaient de premien barons de France, de vremiers ' barons chrétiens, — De nos jours, le titre ae baron ! n'est plus qu'un titre de noblesse conféré par le roi | ou l'empereur et inférieur à celui de comte.

BARON (Michel boyron , dit ) , célèbre acteur, né à Paris en 1653, fut l'élève et l'ami de Molière. Doué par la nature des plus heureux dons, il sut encore les perfectionner par l'art, et mérita d'être appelé le Roscius de son siècle. Après avoir parcouru quelque temps la province, il vint à Pans et s'engagea dans la troupe de Molière. A la mort de son ami, il passa à l'hôtel de Bourgogne. Il quitta le thé&tre dans la force de T&ge et du talent, à 39 ans (1691). Cependant il reparut sur la scène après une i^nce de près de trente ans, à l'âge ae 67 ans (1720); il semblait n'avoir rien perdu, a mourut en 1729. A la fois grand comique et grand tragédien, il créa plusieurs des plus beaux rôles des pièces do Molière et de Racine. Baron a composé lui-m(^me quelques comédies : la plus connue est YHomme à bonnes fortunes. On a dit qu'il était non seulemeni l'auteur et l'acteur principal, mais aussi le héros (io cette pièce. Il a aussi traduit VAndrienne de Térence. Son théâtre a été imprimé è Paris, 1759, 3 v. in-12. BARONIUS (César), cardinal, né en 1538 k Sora, dans le roy. de Naples, mort en 1607. devint, eu ln93, général de la congrégation de rOratoire en Italie. Clément VIII le choisit pour confesseur et le nomma en 1596 cardinal et bioliothécaire du Vatican. Il fut deux fois sur le point d'être lui-même nommé pape. Il a composé des Annales ecclésicLstiques, 12 voL in-fol., Rome. 1588-1593 : eUes embrassent toute l'histoire de l'Eglise depuis les premiers temps jusqu'en 1198. Malgré quelques erreurs de détail, surtout dans la partie chronologique, ce grand ouvrage, entrepris pour rectifier ce qu'il y avait d'inexact dans le» Centuries de Magdebourg est resté classique en son genre. Il a été continue par Rainaldi, Laderchi et Theiner. L'ouvrage entier aété réimprimé à Lucanes, en 38 voL in-foL, 1738-57. BARONNET, titre ae noblesse créé en Angleterre en 1611, par Jacques I, rient après celui de barun .ot eet héréditaire. Ce titre, qui donne droit de pU-

BARR

BARR

cer Je mot Sir devant son nom, se Tendit d*ftbord ; depuis, il a été conféré gratuitement et réservé aux ilimtratîons de tout genre.

BARONNIES (les), petit nays du H.-Dauphiné, au S. , répond auj. à une partie au dép. de la Drôme. On y distinguait les deux baronnies de Mévoiilon et de Montaubao, d*où le pays tira son nom. Toutes deux forent réunies au Dauphiné par Humbert I et ses fiis vers la fin du xm* siècle. — On donnait aussi ce nom à une partie du B.-Armagnac, qui avait pour ch.-l. Castelmayran (Hte-Garcmne).

• BARONS (conjuration des), formée, après la mort d'Alphonse le Magnanime, roi de Naples et d'Ara^n, contre Ferdinana, son fils, par les barons napolitains, qui lui opposaient Jean I, duc de Galabre, fils de René d'Axnou (1461). Celui-H;i, d'abord vainqueur, fut bientôt abandonné de ses alliés, et Ferdinand reçut^ en 1464, la soumission de tous les barons napolitainit. Vingt ans après, impatients du joug, les baroos se soulevèrent dé nouveau; mais la conjuradon fat découverte, et Ferdinand, les ayant attirés dans son palais, les y fit mettre à mort. San-Severino, pnnce ae Saleme, échappa seul au piège : il s'enfuit en Ftance à la cour de Charles VIII, et fut ui\ des plus ai^dents promoteurs de la guerre qui , quelques années plus tard, détrôna Ferdmand.

BABOUTCfl on broàch, Barygasa, v. de Tlnde anglaise (Bombay), ch.-l. dedistrict, sur la Nerbudda, ilOOkil. N. de Surate; 33 000 h. Citadelle. Mousselines; ffiand commerce en riz, huile, grains, coton. —Cédée en 1782 par les Mahrattes aux Anglais. BAROZEIO, architecte. F. vk^nolb.

BARQUISIBIETO, V. du Venezuela, à 145 kil. 0. S. 0. de Valencia, ch. 1. (depuis 1830) d'une prov. qui prend son nom; 10000 hab.— Fondée en 1552, rainée en 1812 par un tremblement de terre.

BARR, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin), à 14 kil. N. de Schelestadt; 3976 h. Industrieuse et commerçante. Aux environs, grande forôt, dite Ffyrêt de Barr; source minérale tiède, dite de Sî-Ulrich,, et chapelle de Ste-Odile, but de pèlerinage.

BARRA, ^t de la Nigrîtie occid., au N. de la Gambie; 200000 hab.; capit. Barra-Inding. BARRABAS. F. barabbas.

BARRAL (l'abbé), littérateur, né à Grenoble vers 1700, mort en 1772, vint à Paris, où il se voua à l'éducation de la jeunesse . et où il se fit estimer par ses qualités. II était zélé janséniste. Il est surtout connu par un Dtctionnaire historique, littéraire et critique des hommes célèbres^ 6 vol. in-8, Paris, 1758, où il donne une grande place aux hommes de son parti : on a dit que c'était le martyrologe des Jansénistes fait par un convulsionnalre. On a aussi de lui : Dictionnaire portatifs historique, géogror- Iphxqw et mOToA de Uk Bible, 1756; Dictionnaire des antiquités romaines, extrait de Pitiscus. 1766. BARRAS (Paul Fr. J. Nie, comte de), l*un des directeurs de la république française, né en 1755 à Fos-Emphoux (Var), d'une famille ancienne, entra de bonne heure au service, fut envoyé à 1 Hé de France, puis dans l'Inde, où il .concourut à la défense de Pondichéry; se retira avec le grade de capitaine; vint à Paris, où il mena quelque temps une tie fort dissipée, se jeta dans le parti de la Révolution et prit nart, en 1789, à l'attaque de la Bastille. Élu dépuW à la Convention par le département du Var en 1792, il siégea avec les Montagnards; Pannée suivante il fut envoyé dans le Hiai, en qualité de commissaire de la Convention, pour réprimer les mouvements des fédéralistes et des royalistes, pressa le siège de Toulon et distingua pendant ce siège le jeune Bonaparte, qui n'était encore que capitaine. Nommé au 9 thermidor (27 juillet 1794) commandant de la force armée de Paris, il s'empara de la peiBonne de Robespierre et délivra la France du règne de la Terreur. Chargé quelgue temps après de défendre la Convention contre les insurgés, il dirigea Uioumée du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), et,

secondé par le général Bonaparte, dispersa le peupla par la mitraille. Lors de la création du Directoire, il en fut sommé membre; il tôt longtemps un des directeurs les plus influents, et forma avec Rewb^ et La. Rëveillère une espèce de triumvirat. Pour assurer leur puissance, ces trois directeurs firent le fameux coup d'Étal du 18 fructidor (4 septembre 1797), et proscrivirent un grand nombre de membres des deux Conseils, accusés de tendances royalistes. Mais bientôt après, le gouvernement du Directoire tomba dans le discrédit; il fut renversé au 18 brumaire (9 nov. 1799) par le général Bonaparte. On assure qu^au moment où éclata cette révolution. Barras négociait pour replacer les Bourbons sur le trône. Il se retira dans son château de Gros-Bois, puis à Bruxelles, rentra en France sous la Restauration, et mourut oublié à Chaillot en 18!19, accablé d'infirmités. Barras était un homme de mœurs dissolues: il était en outre avide d'argent. On l'accuse d^avoir dilapide les finances et introduit dans l'administration la corruption et la vénalité.

BARRAUX, vge du dép. de l'Isère, à 34 kil N. E. de Grenoble, et à 2 kil. des frontières de Savoie; 1800 hab. Fort construit en 1596 par Charles-Emmanuel, duc de Savoie, pris en 1597 par les Français, qui l'ont gardé par le traité de Vervins (1598)

BABRB, ch.-l. de cant. (Lozère), à 10 kiL S. E. de Florac; 421 hab. Eglise calviniste.

BARRE (Yves), vaudeviUiste, né à Paris en 1750, mort en 1832, fut d'abord avocat au parlement, puis greffier à Pau. De concert avec Piis. Radet et Desfontaines, il fonda en 1792 le théâtre du Vaudeville, alors rue de Chartres. Il en eut la direction jusqu'en 1815, et enrichit d'un grand nombre de charmants vaudevilles le répertoire de ce théâtre. Il a aussi composé de ioyeuses et spirituelles chansons.

BARRÊME, ch.-l. de c. (B.- Alpes), dans une vallée de même nom, à 36 kil. S. E. de Diene; 760 h.

BARRÊME (Fr.), calculateur dont le nom est devenu proverbial, né à Lyon vers 1640, mort à Paris en 1703, donna longtemps à Paris des leçons de tenue de livres et jouit de la protection de Colbert. 11 a publié le Livre des Comptes faits, plus communément appelé de son nom le Barréme, 1670, et souvent réimprimé; le Livre nécessaire, contenant le calcul des intérêts, 1674; le Livre du grand commerce, contenant les changes, 1691.

BARRÈRE. V. barèke.

BarrETT (J. J. de), laborieux traducteur, né à Condom en 1717, mort à Paris en 1792, était fils d'un Anglais qui avait suivi le roi Jacques II en France. Il fut nommé en 1762 professeur de langue latine à l'École militaire, et trois ans après inspecteur des études dans cet établissement. Il a traduit les Offices de Cicéron, 1759, les traités de l'Amitié, de la vieillesse et le Songe de Seipion, 1760, les iÊétamorphoses d'Ovide, 1778, les OÈuvres de Virgilt, 1782 (d'après la traduction de Catrou), V Histoire de Tacite, ouvrage posthume publié en 1811 par Delalain; V Histoire deFloretice, de Machiavel, 1784; V Éloge de la Folie, d'Erasme, 1789; le Seleetas e profanis seriptoribia sous le titre d'Histoires et 9laximes morales, etc., 1781.

BARRIA ou BAHB-ABAt), partie centrale de l'Arabie, comprend le Nedjed et les vastes déserts qui s'étendent entre l'EuphrateàTE. et la Syrie au N. 0. Ces déserts jsont parcourus en tous sens par un grand nombre de tribus nomades.

BARRICADES (Journée des). Le 12 mai 1588, le duc Henri de Guise, chef des Ligueurs, étant venu à Paris malgré la défense du roi Henri III, ce prince fit entrer des Suisses dans la ville, afin de l'expulser; mais le peuple, animé par les Seize, barricada les rues avec des barriques ou tonneaux et avec des chaînes afin de s'opposer à la marche des troupes, et les força par ses attaques à reculer. Henri lïi effrayé quitta sa capitale le lendemain. — Le 5 août 1648, le peuple de Paris, irrité de l'arrestation de

BÂRR

BARR

Blanemefloil. Char ton et Broussel, conseillers au parlement, éleya aussi des Bfvrricades : ce fut le commencement de la Fronde. — On connaît encore les Barricades de juillet 1830 et de féwrier 1848.

F. JUILLET et FÉVRIEa.

BARRIÈRE (P.), régicide, né à Orléans, avait été d*abord batelier, puis soldat. Ayant conçu le projet d'assassiner Henri lY, il s'en ouvrit au P. Banctii, dominicain, qui révéla son coupable projet : > il fut arrêté à Helun au moment où il allait exécuter l'attentat. Il fut rompu vif (1593). Le parlement accusa le P. Varade, recteur des Jésuites, de l'avoir poussé au crime, mais Henri lY prit lui-même la défense de ce père.

Barrière (J. de La), instituteur de la congrégationdes Feuillants, né en 1544 à St-Céré en Quercy, mort à Rome en 1600, fut nommé en 1562 abbé de Feuillant, au diocèse de Rieux. Il réforma cette abbaye et imposa à ses moines des austérités excessives; la nouvelle règle fut approuvée par Sixte-Quint en 1586. Pendant la guerre de la. Ligue, il resta fidèle à Henri III, ce qui lui attira des persécutions. Sixte^uint, trompé par les ennemis de ce saint bomme, le dépouilla de son abbaye et le manda à Rome; mais il fut. rétabli peu après parle pape Clément YIII, etmourutàRome'en odeur de sainteté.

BARRIÈRES (traité des) ou de lk barriërb, traité particulier signé entre la France et la Hollande, le 29 janvier 1713, quelques mois avant le traité a'U trecbt, et par lequel Louis XI Y accordait aux Hollandais, comme barrières, les villes de Tournai, Tpres, Menin, Fumes, Wameton, Comines et le fort de Knock.— On connaît aussi sous le même nom un traité conclu le 15 novembre 1715 entre les Hollandais et l'Empereur, devenu possesseur des Pays-Bas espagnols : ce traité, confirmatif du précédent, accordait aux Hollandais le droit de tenir garnison dans un certain nombre de places des Pays-Bas (les mêmes que celles qui sont nommées ci-dessus).

BARROIS, anc. prov. de France, faisait partie du grand gouvernement de Lorraine, et s'étendait sur les deux rives de la Meuse, ayant pour bornes au N. la Lorraine proprement dite et une partie de Tévêché de Yerdun, au S. la Champagne et les Yosges. Il forme ai», à peu près tout le dép. de la Meuse et une partie de celui des Yosges; capit, Bar-le-Duc. Il dépendait pour le spirituâ en partie de Tévêché de Yerdun, en partie de l'évêché de Toul. On le divisait en Barrais royal ou mouvant et Barois ducal ou non mouvant. Le 1*% situé sur la riv. g. delà Meuse, dépendait du parlement de Paris; le 2*, situé sur la riv. dr., dépendait du parlement de Nancy. — Ce pays, connu dès le v* siècle sous le nom de pagus Barrensis, fui enclavé dans leroy.d'Austrasie, puis, au IX* siècle , compris dans le duché de Haute-Lorraine ou de Mosellane. Il eut une suite de comtes peu connus. L'affaiblissement des Carioringiens permit aux comtes de Bar de se rendre indépendants; ils le furent en effet depuis 958 jusqu'en 13()2. A cette époque, Henri III, comte de Bar, s'etant allié aux Anglais contre la France, fut battu et fait prisonnier ^^ar Philippe le Bel. Pour obtenir sa liberté, il fut obligé de faire hommage au roi de France de tout ce qu'il possédait sur la rive de la Meuse. C'est de ce moment que date la distinction du Barrais mouvant (c.-à-d. relevant de la couronne) et du Barrais non mouvant. En 1354. le comté de Bar fut érigé en duché en faveur de Robert , qui épousa Marié de France , fille du roi Jean. Le cardinal de Bar, resté seul des 4 enfants de ce prince, hérita du duché; mais il en céda la propriété^, en 1419, à son petit-neveu René, duc de Guise, qui. devenu en 1431, duc de Lorraine, réunit les deux États. Depuis, le Barrois, tout en conservant ses droits, ses coutumes et sa juridiction particulière, suivit les destinées de la Lorraine.

BARROS (J. de), célèbre historien portugais, né à Viseu en 1496, mort en 1571, fut, sous le règne de Jean III, gouverneur général des établissements por-

tugais sur la côte de Guinée, puis trésorier et enfla agent général des colonies. Profitant des lumières que lui fournissait sa position, il rédigea, sous le titre d* Asie portugaise J Lisbonne, 1552 et années suivantes, une histoire des Portugais dans l'Inde (de 1412 à 1526) en 4 décades ou 40 livres, ouvrage classi^e pour le style autant que pour l'exactitude des faits, et qui a beaucoup contribué à fixer la langue. Cette histoire lui a valu le titre de Tite-Live portugais. Elle a été augmentée de 8 décades nouvelles par D. de Couto. Les deux ouvrages ont été réunis à Lisbonne, 1778-88, 24 voL in-8.

BARROW (Isaac), savant anglais, né à Londres en 1630, mort en 1677 , était philologue, mathématicien et théologien. Il obtint en 1660 une chaire de grec à Cambridge; en 1662, il fut chargé d'une chaire de mathématiques et eut la gloire de compter Newton au nombre de ses élèves; ilflit reçu en 1662 à la Société royale. En 1669, il résigna sa chaire de mathématiques en faveur de Newton. Depuis, il se livra tout entier à la théologie et devint chapelain de Charles II. Il fut nommé, en 1675, chancelier de l'Université de Cambridge. Barrow a traduit et éclairci les traités des géomètres grecs, a fait lui-même un assez grand nombre de découvertes en géométrie et a mis sur la voie de la découverte du calcul différentiel. Ses ouvrages mathématiques sont : des Leçons d^ Optique et de Géométrie, Londres, 1674, en latin, où il expose les découvertes qui lui sont propres; une traduction latine d'Arc/itméde, d'ÀpoUonius, Londres, 1675; une Exposition des éléments d'Euclide, 1659 et 1698. On a aussi de lui des OEuvres théohgiques,, morales et poétiques^ <nie Tillotson a recueillies à Londres en 1682, en 3 vol. in-foL, et qui ont été réimprimées en 1859, en 9 vol. in-8.

BABROW (J.), voyageur et administrateur anglais, 1764-1849, accompagna lord Macartney en Chine et au Cap, fut après son retour secrétaire général de l'Amirauté, seconda les expéditions scientifiques de Ross et de Franklin, et devint président de la Société géoçrapbique de Londres. On a de lui : Voyages dans le Sud de i* Afrique et à la CoehinMnef la Vie d'Anson, celle de Drake, etc.

BARROW (détroit de) , au N. de l'Amérique, entre le détroit de Lancastre à l'Ë. et celui du Princerégent à ro. , par 74« lat N.

BARRUEL (l'abbé Augustin), jésuite, né en 1741 , à YiUeneuve de Berç, mort en 1820, avait été membre de la Société de Jésus. U rédigea le Journal ecclésiastique depuis 1787, émigra en 1792, rentra en France après le 18 brumaire, et publia Tapologio du Concordat de 1801 dans le livre Du Pave et de ses droits. Ses ouvrages principaux sont : les BelvienneSy 1781, lettres où il combat la philosophie du xvm* s. ; mémoires pour servir à Vhistoire du Jacobinisme, 1797, écrits avec diffusion et qu'on accuse de partialité.

BARRUEL-BBAUVERT (Aut Jos., comto de), écrivain royaliste, né en 1756, au château de Beauvert près Bagnols, mort en 1817, servit jusqu'à la Révolution dans les troupes roy., s'offrit pour otage de Louis XYI après le voyage de Yarennes, rédigea en 1795 les Actes des ilpotref, feuille monarchique, fut condamné à la déportation, mais échappa à la peine en se cachant, et finit par se rallier a l'Empire. On a de lui quelques écrits de circonstance, justement oubliés.

BARR Y (Gérald), GircUdus Cambrensis, vieil écrivain anglais, né vers 1146 à Mainarpir près de Pembroke, dans le pays de Galles, obtint de riches bénéfices sous Henri II et Richard I ; administra l'évêché de St-David, qu'il tenta vainement d'obtenir Eour lui-même; fut chargé par Richard I (Cœur de ion), qui partait pour la croisade, de gouverner le royaume en son absence, et mourut vers 1220. On a de lui TopographiaHibemiœ, ItinerariumCambrtœy De rébus a se gestis (journal de sa vie, remarquable surtout par la vanité de l'auteur) ; Ecdesia spéculum, où il censure sévèrement les mœurs des moines. Sec

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