‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 91 sur 147 · LIÈVRE. (G. B · texte numérisé non relu

LIÈVRE. (G. B

TAPIIIEIV. Taphozous {ziifoi, tombeau; Çwû), je vis). MAM. — Genre de Chéiroptères Vesperlilionidés, placé par M. Isid. Geoffroy Saini-IIilaire dans la tribu des Taphoznïens, dans laquelle il est caractérisé par l'absence fréquente d'incisives supérieures. Les Taphiens ont au chanfrein une fossette arrondie; leurs narines n'ont point de lames relevées; leur tête est pyramidale; leurs oreilles sont écartées; leur queue est libre au-dessus de la membrane. Les mâles ont sous la gorge une cavité transversale. Un petit prolongement de la membrane alaire forme une sorte de poche près du carpe. L'espèce type sur laquelle Geoffroy a établi ce genre a été trouvée par lui dans les tombeaux égyptiens d'Ombos et de Thèbes {Taphozous perforalus). (G. B.)

TAPHOZOLS. MAM.— Nom générique latin desTAPHiENs. (G. B.)

TAPKRIA (ra^ps'a, fossette). INS. — Genre de Coléoptères pentamères, tribu des Carabiques simplicimanes, établi par Bonelli {Observations enlomologiques. Tabl.), adopté par Dejean et par Latreille, et ayant pour type unique une espèce d'Europe, le T. vivalis III., qui se trouve rarement aux environs de Paris. (C.)

♦TAPHROCERUS (Ta>poç, épaisseur ; paç, corne), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, section des Sternoxes, tribu des Buprestides, établi par Solier {Annales e/e la Soc. entomol. de France, 11, p. 314), et ayiml pour type le Brachys alboguUata Dej. , originaire des États-Unis. (C.)

TAPHRODERES(TaVpo?, épaisseur; Sepvi, cou). INS. — Genre de Coléoptères pentamères, division des Brenthides, établi par Schœnherr {Dispositio melhodica, p. 72. Gênera et species Curculionidum, synonymia, I, 366 ; V, 573). Ce genre se compose de six à huit espèces de l'Amérique méridionale. Telles sont les T. foveatus F., hrevipesti sexfoveatus Schr. (C.)

*TAPHRORHYNCHUS(Tâypo?,épaisseur;

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^vyxoç, trompe), ins. — Genre de Coléoplères télramères, division des Brachydérides, établi par Schœnherr {Manlissa secunda familial Curculionidum, 1847, p. 33) et qui a pour type et unique espèce le T. Assamensis Schr., originaire des Indes orientales. (G.) ' *TAPHROSPEU:\IE. Taphrospermum.

(raippo;, fossette ; o7r£'pu.a, graille), bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères-No- Icrhizées, formé par M. G. -A. Meyer (m Ledeb. FI. Altaï., vol. III, p. 172) pour une petiie plante qui a le faciès du Cochlearia danica. Jrès singulière par ses caractères ; sa jilique la rapproche des Braya, et, d'un autre côté, elle a des relations avec les Smelowskia , bien qu'elle se dislingue très bien des uns et des autres. Elle a reçu le nom de Taphrospermum allaicum G. -A.

Meyer. (D. G.)

*TAPIIVA (Tairtivoç, bas), ins. — Genre de Goléoptères pentamères, tribu des Scarabéides anthobies, proposé par de Gastelnau ( Annales de la Soc. entom. de France, t. I, p. 411), et qui a pour type une espèce du Chili, le T. Americana Castel. (G.)

TAPIMA. BOT. PH. — Genre de la famille des Gesnériées formé par M. Martius {Nov. gen. el spec, vol. III, p. 59), et dans lequel rentre le genre Tapeinoles DG. ( Prodr. , vol. VII, p. 544). On n'en connaît encore que deux espèces herbacées l'une et l'autre, qui croissent dans les forêts tropicales, au Brésil, de sont le Tapina barbala Mart., et le T. pusi//a Mart. (D. G.)

*TAPI\OCERA (TaTtti/oç, humilie; xtpaç, corne), ins. — Genre d'Insectes, de l'ordredes Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Asiliques , créé par M. Macquart (Dipt. exot. , II, 1838) pour une espèce étrangère à l'Europe, remarquable par la fragilité de ses antennes. (E. D.)

TAPIXOTUS (TaTTîtï'o;, bas; viÏTos, dos). INS. — Genre de Goléoptères télramères, division des Aposlasimérides Cryplorhynehides, fondé par Schœnherr {Disposilio me- Ihodica, p. 292 ; Gênera et sp. Curcul. syn., 4, 593; 8, 2, p. 176). Ce g. ne renferme qu'une espèce, VAllelabus stelialus F., propre à l'Allemagne, et qu'on rencontre quelquefois aux environs de Paris. (G.)

TAPIOK/1. BOT. — C'est le nom sous lequel est connue la fécule du Manihot ou Manioc (Manihol ulilissima Pohl. Jalropha

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Manihot Lin ), telle que le commerce nous l'apporte d'Amérique. Voy. manihot.

TAPIR. Tapirus. mahu. — Le genre Tapir est de la série des Pachydermes proprement dits, et il a les caractères suivants : nez prolongé en une petite trompe; queue très courte; quatre doigts en avant, trois en arrière ; deux mamelles inguinales ; trois paires d'incisives et une paire de canines à chaque mâchoire, sept paires de molaires supérieurement, et six inférieurement.

On connaît actuellement trois espèces de Tapirs. Deux vivent dans l'Amérique méridionale, la troisième est de l'Inde. Celle-ci el l'une de celles qui vivent en Amérique, ne sont connues que depuis assez peu de temps. L'autre, au contraire, ou celle que l'on nomme Tapirus americanus, est citée dans beaucoup d'auteurs; elle a reçu un grand nombre de dénominations, et elle se voit fréquemment dans nos ménageries européennes. C'est d'après elle surtout qu'ont été rédigées toutes les observations d'histoire naturelle et d'analotnie relatives au genre Tapir. C'est donc du T. americanus que nous nous occuperons d'abord , et nous emprunterons au savant travail de M. Roulin les premiers des détails qu'on va lire.

Quoique cette espèce soit le plus grand Pachyderme actuel de l'Amérique méridionale et, avec le Lama et le Cerf des marais, le plus grand des Mammifères de cette contrée, elle n'est pas encore mentionnée dans les récits des premiers conquérants espagnols qui revinrent d'Amérique. Cependant, ainsi que le fait remarquer M. Roulin, le Tapir est commun sur tous les points de la côte ferme où abordèrent successivement Colomb, Vespuce, Peralonso, Nino.

Piuzon et Cabrai, et il paraît que son exi^tence resta ignorée jusqu'à l'époque dis expéditions qui eurent pour ré^ullat la fondation de la colonie du Darien, dans la mer des Antilles. Le Tapir, dont la chair servait souvent à la nourriture des naturels, ne dut pas y échapper longtemps à l'atleutiou des Européens qui furent très souvent exposés à la famine, lorsqu'ils s'établirent dans ce golfe. Les premiers renseignenieuts sur le Tapir arrivèrent eu Europe vers la fin de l'année 1500, et en I-tI! l'auteur des Décades océaniqmSj P. Martyr, en fait usaj^c

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pour une indication du Tapir, indication fort inexacte, il est vrai , mais cependant reconnaissable au trait caractéristique, l'existence de la trompe.

« Cette bête, égale en grosseur à un bœuf, porte, dit il , trompe d'Éléphant, et ce n'est point un Éléphant; a couleur bovine, et p'est point un BœuT; ongle chevalin , et n'est point un Cheval. Elle a aussi les oreilles de l'Éléphant moins pendantes, et moins larges touteTuis, niuiii plus larges encore que celles des autres animaux. «

Des détails beaucoup meilleurs et destinés aux voyageurs eux-mêmes, se lisent dans le Sommaire de l'Histoire naturelle et générale des Indes, que donna, en 1526, Oviedo, En voici la traduction : « Cn trouve à la terre ferme un animal appelé par les Iniiens Boeri, et auquel nos chrétiens ont tiiintié, en raison de l'épaisseur de son cuir, le nom de Danta. Ce nom, au reste, est tout aussi impropre que celui de Tigre, qu'ils donnent à VOchi. Le Bueri est de la taille d'une moyenne Mule; il a le poil d'un brun foncé, et plus épais que celui du Buffle ; il n'a point de cornes , et c'est tout à fait à tort que des personnes lui donnent le nom de Vache. Sa chair est bonne à manger, quoique plus mollasse que la viande du Bœuf; mais un excellent morceau, c'est le pied; seulement il faut qu'il cuise vingt-quatre heures de suite, après quoi, c'est un mets qu'on peut présenter au plus délicat, et qui est de très facile digestion. On force le Boeri avec des chiens, mais quand ils ont fait prise, il faut que le chasseur vienne promptenient à leur aide , et lâche de frapper l'animal avant qu'il ait eu le temps de gagner l'eau, car, s'il en est proche, il court s'y jeter , et une fois là, il a bon marché des chiens, qu'il déchire à belles dents; j'en ai vu emporter d'une seule morsure la jambe ou l'épaule d'un lévrier, ou arracher à un autre un morceau de peau long de deux empans, tout comme l'eût pu faire un écorcheur : sur la terre, ils n'en pourraient faire autant impunément. Jusqu'à présent, le cuir de ces animaux n'est d'aucun usage pour les chrétiens, qui ne connaissent pas la manière de le préparer; mais il est aussi épais que le cuir du Buffle. »

Suivant Bufl"on , Ant ou Lant , d'où vien-

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nent aussi Ânta on Danta , dénominations par lesquelles on a souvent désigné le Tapir, est le nom africain du Zèbre, et si on l'a donné au Tapir, c'est seulement parce que sa taille est la même à peu près que celle du Zèbre. M. Boulin a donné une meilleure explication de ce fait. Ainsi, notre collaborateur fait voir que Bufl'on avait oublié que le mot Lant, qui apparaît pour la première fois chez des écrivains du seizième siècle (Léon l'Africain et Marmol) , désigne un animal des régences Barbaresques, du désert de Barca et de la Nubie, tandis que dès le milieu du siècle précédent, le nom d'Anta est appliqué par les Portugais à un ruminant dillerent probablement du premier, et qu'ils rencontrèrent sur les côtes de l'Océan méridional. 11 y a même lieu de penser qu'à celle époque et beaucoup plus tard encore, le mot Ahta ne s'appliquait pas à l'animal , mais seulement à sa peau, qui était devenue un objet de trafic assez important. Oviedo ne nous dit-il pas, ainsi que nous l'avons vu plus haut, que les chrétiens ont donné au Boeri ou Tapir le nom d'Anta, en raison de l'épaisseur de son cuir? Anta signifiait donc du Buffle ou de l'Élan préparés, et les animaux dont la peau pouvait être afl'ectée aux mêmes usages recevaient des colons, dans plusieurs localités très différentes entre elles, la même dénomination; toutefois, celle dénominttion appliquée par lés ignorants ne présageait rien au sujet des caractères zoologiques de ces espèces animales. C'est pour un motif analogue que le Canna, grande Antilope du cap de Bonne- Espérance, est souvent appelé Elan. Ant ou Anta, appliqué au Tapir, animal essentiellement pachyderme, vient doncaussid'Êe/er)d<, Elandl et Etant, qui signifie en même temps 1 Élan et, en style commercial , le cuir d« ce quadrupède, préparé pour ses divers usages.

Au quinzième siècle, les Espagnols et les Portugais tiraient encore ce produit du nord de l'Europe. En prenant pour un article la première syllabe du nom sous lequel on le leur vendait, ils dirent El Ant au lieu d'Elant, et mettant à la fin une voyelle nuieile conformément au génie de leur langue, ils prononcèrent El ante. Le cuir de l'Élan fut bientôt remplacé par celui du Buffle préparé en Italie, et quelques voya-

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geins ont pour la même raison appelé le Tfipir un Buffle-, quoique ce ne soit pas un Ruminant. C'est aussi ce que firent les colons de Surinam (1) : La Condamine le signale même en le nommant Elan.

Les écrivains qui succèdent à Oviedo parlent des Tapirs sous différents noms, qui sont pour la plupart empruntés aux dialectes indigènes. Gomora les signale dans la province de Cumana sous celui de Capa (1553), Thevet (1556), sous celui de Tapchire, et Lery (1578), sous celui de Taperoussou, l'un et l'autre empruntés à la langue des Indiens de Rio- Janeiro, mais un peu altérés. Claude d'Abbeville emploie celui de Tapiyre, etc., usité près l'embouchure de l'Amazone, et l^aet celui de Màipouri, vulgaire àCayenne. Hernandez cite le Tapir parmi ses animaux du Mexique , et l'appelle Tlacoxoloté. C'est encore" la Vache montagnarde de Dampier, le Tapiraquina de Pison, et le Mborebi de d'Azara. Buffon en a parlé sous la dénomination de Tapir ou Anla. Les renseignements qu'il donne sont pour la plupart empruntés à Laborde et à Bajon, médecin français qui avait habité Cayenne (2). Buffon avait vu un Tapir vivant; il reçut même le cadavre d'un individu fraîchement mort. Il en confia l'étude anatomique à Mertrude , qui parait l'avoir faite ou fait faire d'une manière assez incomplète.

Les jeunes Tapirs suivent leur mère pendant fort longtemps. En les prenant à cet âge, il est facile de les habituer à vivre dans nus habitations. Pris jeunes, ils s'apprivoisent dès le premier jour, et vont par toute la maison sans en sortir, même après être devenus adultes. Tout le monde peut les approcher, les toucher et les gratter, ce qu'ils •Minent beaucoup, mais sans que pour cela ils préfèrent qui que ce soit et obéissent à pei sonne. Si l'on veut, dit Azara, faire sortir d'un lieu le Tapir ainsi familiarisé, il faut presque l'en arracher ; il ne mord point ; et, si on l'incommode, il fait entendre un siffle-

(i< Dans nos colonies américaines, on donne le nom de Buffles aux Tapirs, et je ne sais pourquoi; ils ne ressejnblent en rien aux animaux qui portent ce nom (AHamand, addition à l'articleTiPiB, dans VHistoire naturtUeAe Buffon, éditK.n d'Amsterdam).

(2) Mémoire pour tenir à fhùloire de Cayenne et de la Ou) ane française. 1777 et 1778. Le mémoire de B.jon sur le Tapir iivait Hé soumis » l'Académie des sciences en >^^i>

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rnent grêle et très disproportionnée sa stature. Il boit comme le Pourceau, mange de la chair crue ou cuite, des aliments de toute espèce et tout ce qu'il rencontre, sans eu excepter, dit le même observateur, les chiffons de laine, de toile ou de soie.

Les mœurs des Tapirs, à l'état sauvage, paraissent brutales, sans être cependant féroces. Ils occasionnent peut-être moins de dégâts et sont moins dangereux pour les chasseurs que les Sangliers dont ils n'ont pas les fortes défenses. Ils se tiennent, en général, dans les endroits chauds, et sont plus nocturnes que diurnes. Ils passent, en effet, tout le jour cachés dans des lieux obscurs et fourrés. La nuit ils se mettent en marche. Leur nourriture consiste en végétaux de plusieurs sortes et en fruits parmi lesquels on cite les Melons d'eau et les Courges. Au rapport d'Azara, ils recherchent aussi la terre salée qu'on appelle au Paraguay Barrero; l'espèce de Colombie montre des appétits analogues. Ils ne sont pas amphibies, comme on l'a dit; mais ils vont volontiers à l'eau, traversent aisément les rivières et se vautrent avec plaisir dans les marais ou les étangs. Dans les forêts qu'ils fréquentent, ils ont, suivant quelques auteurs, des sentiers tracés par eux ; suivant d'autres, ils cheminent au hasard, écartant ou brisant tout ce qui leur fait obstacle. Ils avancent résolument et tête baissée. La forme en carène de leur crâne et la dureté de leur peau semblent très favorables à cette habitude. On rapporte , dit d'Azara , que si l'Yagouarete (Jaguar) se jette sur le Tapir, celui-ci l'entraîne à travers les parties les plus épaisses du bois jusqu'à ce qu'il ait brisé son ennemi en le faisant passer par les espaces les plus étroits.

F. Cuvier a publié, en 182.'), dans son Hisloiredes Mammifères, une figure du Tapir américain qu'il avait observé vivant. Voici comment ce savant mammalogiste raconte la manière de vivre du Tapir observé par lui:

« L'individu que nous possédons, jeune encore il est vrai, est d'une douceur et d'une confiance remarquables; il n'est point d'animal domestique qui ait une abnégation aussi complète de sa volonté, et cet état ne dépend d'aucune inconstance particulière; il est le même partout et avec toutes les personnes. Quoique sa gloutonnerie soit assez grande, il ne défend point sa nourriture, et jiermet

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à des Chiens et à des Chèvres de la partager avec lui. Lorsqu'après avoir été renfermé quelque temps, on lui donne sa liberté, il témoigne vivement sa joie en courant autour de l'enceinte qui lui sert dépare, et sa course alors est très rapide et très prompte. Lorsqu'il veut jouer avec déjeunes Chiens avec lesquels il est élevé, il les saisit par le dos avec ses dents. Sa voix est extrêmement faible et douce; elle ne consiste qu'en un seul 8on, et il ne le fait entendre que quand on le contrarie, en le forçante quitter le lieu (pli lui plaît. 11 a facilement appris à connaître celui où il passe la nuit, et lorsqu'il souffreun peu du froid, il demande à y rentrer ou s'y rend précipitamment de lui-même.

La chaleur lui est fort agréable ; il la recherche, même en été; et, durant l'hiver, il se rapproche le plus qu'il peut du foyer... Les uns disent que la chair de cette espèce est agréable; les autres assurent le contraire. Ce qui est certain, c'est que, si elle pouvait avoir quelque utilité pour nous, il serait très facile de la rendre domestique. »

Cependant d'Azara, qui avait vécu dansun pays où les Tapirs ne sont pas très rares, écrivait ces paroles: 11 est très aisé de penser qu'on ne s'amuse pas à élever un animal aussi nuisible, aussi triste, qui n'a rien d'attrayant et dont l'unique qualité est de n'exiger ni attentions, ni soins.

Depuis lors on a vu, en Europe, un assez bon nombre d'animaux vivants de cette espèce. Les ménageries ambulantes en possèdent quelquefois; la Société zoologique de Londres en a eu plusieurs et, de temps en temps , la ménagerie du Muséum en reçoit aussi. Elle en possédait simultanément trois, il y a quelque temps. Comme les Tapirs sont propres, surtout si on les compare aux Co- :hons; que, sans être dociles, ils sont moins turbulents, et que leur taille aussi bien que leur chair diffèrent de celles de ces derniers, on n'a pas perdu de vue les essais de domestication auxquels ils doivent nécessairement donner lieu. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui a publié sur ce sujet des documents bien connus, parle dans les termes suivants (1) du parti que l'on pourrait tirer des Tapirs, si l'on réussissait à les acclimater chez nous :

« Parmi les Pachydermes, il est un ani-

(i) Estais de Zeoligie féiiéralt, p. 3io.

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mal dont la domestication me semble devoir être inmiédiatement tentée; c'est leT.ipiref plus spécialement l'espèce américaine qj'il serait si aisé de se procurer par la Guiane et par le Brésil. Non moins facile à nourrir que le Cochon, le Tapir m'a semblé, par ses instincts naturels, éminemment disposé à la domestication. Au défautde la société de ses semblables, je l'ai vu rechercher celle de tous les animaux placés près de lui avec ua empressement s.ms exemple chez les autres Mammifères. L'utilité du Tapir serait double pour l'homme. Sa chair, surtout améliorée par un régime convenable, fournirait un aliment à la fois sain et agréable. En même temps, dune taille bien supérieure à cefle du Cochon, le Tapir pourrait rendre d'inaportanis services, comme bêle de somme, d'abord aux habitants de l'Europe méridionale, puis, avec le temps, à ceux de tous les pays tempérés. »

Le Tapir approche assez du Cheval par sa forme générale et il lui ressemble plus qu'au Sanglier. Toutefois sa queue si courte et sans crins, sa petite trompe, la forme comprimée de sa tête, ses doigts plus nombreux, ses proportions plus lourdes et par suite moins élégantes, permettent aisément de l'en distinguer. Cependant on lui donne parfois les noms de Mrile sauvage, de Cheval marin et c'est sous ces dénominations bizarres ou sous d'autres encore que les ménageries ambulantes l'annoncent au public. Au Muséum de Paris, où les Tapirs sont souvent exposés dans le même enclos que les Eléphants ou bien à une petite distance, beaucoup de personnes les prennent d'abord pourles petits de l'Éléphant, quoique leur trompe soit bien loin de ressembler à celle de ces animaux et que leurs oreilles et presque tout dans leur extérieur soit bien différent, si l'on y regarde avec un peu d'attention.

Leur taille est celle d'un Ane ordinaire. Lpurs oreilles sont en cornet droit; les yeux sont petits et à pupille ronde ; la langue est douce ; les narines sont au bout de la trompe, mais celle-ci est un simple prolongement nasal de quelques pouces seulement, un boutoir proboscidiforme, plutôt qu'une trompe, et qui ne sert ni à saisir, ni à humer l'eau comme la trompe de l'Éléphant. Le Tapir prend directement sa nourriture avec sa gueule et, pour boire, il relève sa

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trempe de manière à ne point la mouiller. Cet organe n'influe pas non plus sur sa voix.

F.es parties génitales sont assez semblables à relies des Chevaux, soit dans le mâle, soiidansla femelle. Il n'a que deux mamelles, elles sontinguin.iles. Celles du mâlesevoient sur le foiirrea;. rie la verge.

Biijon avait eru que c'est un animal qui rumine, et c'est par l'anatomie de son estomac qu'il avait été conduit à cette opinion. Les pieds et les dents du Maïpouri n'ont (miirtanl, cortirne Biijon en fait la remarque, nuriin rapport avec ceux de nos animaux rurninanls, et cet observateur sagace montre d'ailleurs que l'estomac du Tapir n'est pas tout à Tait commecelui des vrais Ruminants, et qu'il n'a que trois poches. Buffon a reconnu facilement que celte forme d'estomac devait être comparée à celles du Pécari et non du Bœuf, et il explique l'erreur de Bajon ou plutôt la fausse interprétation donnée par ce médecin, en rappelant que Tyson en avait commis une semblable à propos du Pécari lui-même. On sait, en effet, que le Pécari, leTa()ir, le Daman, tous trois Pachydermes que l'on a signalés comme doués de la profiriété de ruminer, ne la possèdent réellement pas. Le développement des deux culsrie-sac de l'estomac le fait paraître trilocutaire.

BulTon nous apprend aussi que l'intestin du Tapir qu'il a fait disséquer était long de 38 pieds 2 ponces, et qu'il présentait un cœcum long de 21 pouces.

Les squelettes connus des Tapirs ont montrédix-huit, dix-neuf on vingt vertèbres dorsales; quatre ou cinq lombaires ; sept sacrées et douze coci ygiennes L'épaule manque de clavicule comme chez le.s autres Ongulés; les deux os de l'avant-bras sont distincts dans toute leur longueur, quoique très rapprochés; le fémur a un (misième trochanler; le péroné est bien séparé du tibia dans toute sa longueur; et l'on trouve , outre les trois doigis visibles à l'extérieur, les rudiments d'un doigt interne replié en dessous.

C'est principalement sous le rapport de leur forme et de leurs proportions que les différentes pièces ostéologiques méritent d'être connues , et qu'elles aident dans la détermination des genres fossiles qui sont voisins des Tapirs t aussi le squelette de ces

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derniers est-il utile à toutes les coikciioiis d'anatomie comparée. Nos relations avec l'Amérique méridionale ont d'ailleurs beaucoup augmenté . depuis quelque leinps , le nombre des individus que l'on possède en Europe.

Le crâne des Tapirs ne ressemble ni à celui des Cochons , ni à celui des Chevaux , ni même à celui des Rhinocéros ou des Damans, qui sont, avec les Hippopotames, les seuls autres Pachydermes de la nature actuelle. Cependant c'est avec celui des Chevaux qu'il montre le moins de dissemblances. Son analogie est plus grande avec les Palœotheriums, et très probablemsnt aussi avec les Lophiodons, autres Pachydermes fossiles qui nous sont encore incomplètement connus sous ce rapport. Il est assez long, comprimé ; les os propres du nez sont relevés et subcordiformes ; l'ouverture nasale est considérable, et la partie antérieure des maxillaires fort prolongée ; la partie crânienne est plus ou moins comprimée, et la surface limitée par les fosses temporales est étroite ou simplement en arêle, mais non aplatie et oblique, comme chez les Sangliers.

La dentition n'a été bien connue qu'après les travaux de G. et F. Cuvier, ainsi que de M. de Blainville. Les Tapirs ont, au total, 42 dents lorsqu'ils sont adultes , savoir : 3 paires d'incisives à chaque mâchoire et 1 paire de canines ; 7 paires de molaires à la supérieure , et 6 seulement à l'inférieure. Les canines sont faibles et fort rapprochées des incisives, principalement celles d'en bas; une barre assez longue , c'est-àdireunespacevide, sépare lescaninesdes molaires qui sont en série continue, et la forme de celles- ci est appropriée au régime végétal de ces animaux; elle rappelle, par les collines transverses dont la couronne est pourvue, celle de plusieurs genres de Mammifères, les uns voisins, les autres, au contraire, fort dilTérents des Tapirs par le reste de leur organisation. Les incisives sont assez faibles, sauf la paire supérieure externe, qui croise en avant la canine d'en bas , c.-t aussi grosse ou plus gro.«se qu'elle, et dépasse de plus de moitié en volume la canincf supérieure. L'incisive inférieure externe est, au contraire, la plus petite de toutes.

Les molaires sont pourvues d'une double colline transverse. La première d'en bas est

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comprimée et assez différente des autres: il en est de même pour la première de la mâchoire supérieure. Les deux collines de (îiacune des molaires de cette dernière mâchoire sont jointes pur une crête longeant d'avant en arrière le bord externe de la dent. Au contraire , celles d'en bas sont parfaitement séparées et sans jonction. Les deux dernières molaires d'en haut ressemblent plus à celles-ci. La dernière des inférieures, ou la sixième, n'a que deux collines comme les autres , au lieu de trois comme chez les Palœotherium, oîi les collines sont d'ailleurs en arcs successifs et non transversales ; elle manque aussi du talon , qui la caractérise , au contraire , chez les fossiles appelés Lophiodons, et qui sont certainement les Pachydermes fossiles les plus rapprochés des Tapirs. Aucune des dents molaires intermédiaires des Tapirs , ni en haut ni en bas n'est à trois collines, ainsi que cela se voit chez les Dinotberium , animaux fossiles que G. Cuvier avait placés dans le même genre qu'eux sous le nom de Tapirs gigantesques

La dentition de lait des Tapirs consiste en 26 dents ainsi réparties : 3 paires d'incisives à chi-Kjue mâchoire, 1 paire de canines , 3 paires de molaires supérieures, et 2 seulement inférieures. Ces dents ont à peu près la forme de celles qui devront les remplacer.

Le Tapir a d'abord été introduit dans les catalogues systématiques comme une espèce d'Hippopotame; Linné le nomme Uippopolamus lerreslris : c'est V Hydrochœrus Tapir d'ErxIeben et le Tapiius ameiicauus de Gmelin. Celle dernière appellation est celle que lui ont conservée les naturaliste^. Brisson avait, le premier, proposé 176^, que le Tapir fût considéré comme le type d'un genre à part. Le genre Tapirus constitue à lui seul le 10^ ordre de la méthode mammalogique de Brisson , ordre qu'on n'a pu conserver, dont voici les caractères : 1 0 dents incisives à chaque mâi-hoire (ce qui est une .erreur); i doigts ongulés en avant, et 3 en arrière. On sait, depuis l'indication de Bajon, maison n'a constaté que plus tard, que le Tapir a 6 incisives et 2 canines à chaque mâchoire.

Nous avons dit que l'on avait découvert deux autres espèces du même genre. Les nombreuses explorations des naturalistes , sur tous les points du globe , avaient fait

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penser à G. Cuvier et à d'autres naturalislei qu'il ne restait plus de grands Mammifères à connaître, et que les voyageurs ne rapporteraient plus que des animaux nouveaux de taille moyenne , et surtout des animaux de petite taille. Cependant, on a découvert depuis lors quelques grands Carnassiers, des Ruminants également de grande taille, une ou deux espèces de Rhinocéros, et de plus les deux espèces du genreTapir dont il nous reste à parler. Ces deux espèces ne sont pas seulement intéressantes sous ce point de vue. Le pays qu'elles habitent et la grande ressemblance qu'elles ont entre elles donne à leur étude un nouvel intérêt. L'une est de la Colombie et du Pérou, et, par conséquent, du même continent que le Tapirus amerjcanus; l'autre est, au contraire, de l'Inde, c'est-à-dire des régions chaudes de l'ancien continent.

Buffon avait écrit : « Au reste , le Tapir , » qui est le plus gros quadrupède de l'Amé- » rique méridionale , ne se trouve que dans » cette partie du monde. » Il faut dire aujourd'hui que le genre Tapir est représenté dans l'Inde par une espèce très peu différente, de l'aveu même de G. Cuvier et de M. de Blainville, de celles qui vivent en Amérique, et que les caractères des trois espèces admises pourraient tout aussi bien, au dire de ces illustres naturalistes, passer pour ceux de simples variétés que pour des différences réellement spécifiques. Toutefois il est inSniment plus probable, pour ne pas dire plus certain , que le Tapir des Indes est d'une autre espèce que ceux d'Amérique, et que ceux-ci doivent aussi être distingués l'un de l'autre. La loi établie par Buffon sur la différence constante entre les espèces de Mammifères des parties mén dionales du nouveau et de l'ancien conti nent, n'est donc point infirmée par la dé couverte du Tapir indien.

L'espèce du genre Tapir qui nous a fournî la plupart des détails qui précèdent est aussû la mieux connue. Elle a été nommée Tapib d'Amérique, Tapirus americanus. Buffon, F. Cuvier et quelques autres naturalistes en ont donné la figure. Ses parties ostéologiques sont repré.senlées dans les Recherches de Cuvier sur les Ossements fossiles, et dans VOsléographie de M. de Blainville. Son pelage est brun, presque uniforme, maii

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passant au grisâtre sur la tète et la gorge; ses poils sont courts et peu serrés ; une petite crinière règne sur le cou du mâle La longueur totale du corps et de la tête égale environ 2 mètres , et la hauteur au jarret, un peu plus de 1 mètre. Les jeunes ont le fi/nd du pelage brun fauve avec des piquetures blanchâtres sur la tête et des bandes de même couleur sur le corps, les parties inférieures de celui-ci étant blanches. Des- Tfiarest les a décrits dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle sous le nom de Cabiais éléphanlipèdes. Le Tapir ordinaire ou le plus anciennement connu et le seul qui soit encore répandu dans les collections, n'est pas de toute l'Amérique méridionale ainsi qu'on l'a dit. On en trouve depuis rOrénoque ju.<;qu'à la Plata , c'est-àdire depuis le 12* degré N. jusqu'au 35° S. environ, m.iis il n'y en a pas daris la Patagonie non plus qu'au Chili.

Tapir Pinchaquii, Roulin {Méin. pour servir à Vhistoire du Tapir et description d'une espèce nouvelle appartenant auxhautes régions de la CordUlàre des Andes; imprimé dans les Mém. présentés par divers savants àTAcad. royale des Se. de V Institut deFr., t. VI, p. 557, pi. i-3).— Tapirus Roulinii, J. B. Fischer, Synopsis mammalitwi, p. 604. — T. P inchaque , Blainv. {Ustéographie G. Tapir, p. 46, pi. 3-5).— T. villosus, Tschudi, Mamm. peruv. On a donné comme caractères distinctifs de cette espèce : l'absence de plis latéraux sur la trompe, et surtout de cette crête qui se prolonge du front au garot chez le Tapir précédent ; l'existence de poils longs et très épais, sans que ceux de la ligne cervicale soient disposés en crinière ; couleur noirâtre, sans liseré blanc aux oreilles, et, au contraire, avec une sorte de l.Khe blanche à l'extrémité de la mâchoire inférieure, remontant et occupant le bord des lèvres; crâne osseux plus semblable à celui du Tapir de l'Inde qu'à celui du Tapir américain sous certains rapports, tels que la direction et la largeur du front ; le défaut d'i saillie de la crête bi-pariétale; la dimension des os du nez et la direction plus recliligne du bord inférieur de la mâchoire supérieure.

Cette espèce est des Andes colombiennes. Sa taille est un peu moindre que celle des Tapirs ordinaires. Il parait que les deux es-

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pèces vivent l'une avec l'autre dans quelques localités. Nous ne connaissons dans les collections françaises que deux individus de cette espèce, l'un représenté par un crâne très vieux et qui provient de la province de Santa Fé de Bogota; c'est celui qu'a décrit M. Roulin; l'autre jeune, du même p.iys et qui a été rapporté par M. Justin Goudot. On conserve aussi la peau de celui-ci; elle est noirâtre et montre encore des traces d€ la livrée qui paraît différente de celle du T. americanus. Cette peau appartient au Muséum de Paris ainsi que les deux crânes cités. Le mot Pinchaque était le nom dun animal fabuleux dont l'histoire se trouve principalement liée à l'existence des Tapirs dont il est ici question, dans une haute montagne de la Nouvelle-Grenade. M. Tschudi, qui a nommé T. villosus le Pinchaque, nous apprend qu'il existe au Pérou ainsi que le Tapir ordinaire.

Tapir indien, Tapirus indicus. Le Maiiba, F. Cuv. , d'après Diard {Hist.nat.des Mamm.). — T. indicus, G. Cuv. {Oss. foss., t. Il, p. 158).— Uesm., Mammal., p. 411.-7. malayatius, Horsfieid (Zool. researches). — Raf- Hes, Linn. Trans., t. XIII, p. 270. — T. indicus, Blainv. {Ostéogr., G. Tapir), figuré dans l'atlas dece Dictionnaire, pi. 10, fîg. 2.

Voici en quels termes G. Cuvier, dans le tome II de ses Ossements fossiles, parlait, en 1825, de cette troisième espèce : « La découverte de cette espèce, aussi neuve que surprenante, a été faite tout récemment par deux de mes élèves, MM. Diard et Duvaucel. M. Diard vit pour la première fois cet animal à Barakpoor, près de Calcutta, oii il venait d'être apporté de l'Ile de Sumatra au marquis de Hastings, gouverneur général de l'Inde. Les Anglais ni les Hollandais de la côte n'avaient jamais soupçonné auparavant son existence dans cette île. Notre jeune naturaliste trouva, quelque temps après, une tête du même animal dan» le cabinet de la Société asiatique ; elle avait été envoyée, en 1806, de la presqu'île de Malacca , par M. Farguharie, gouverneui des établissements anglais dans ce p;iys, où le Tapir est aussi commun que le Rhinocéros et l'Éléphant. Depuis lors, M. Diard et M. Duvaucel ont pris eux-mêmes et fait prendre de ces animaux dans le bois de l'Ile de Sumatra; ils en ont eu de vivants et ea

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ont disséqué; et tout nouvelloinent M. Diard vient d'en envoyer au Muséum d'histoire naturelle à Paris , le squelette et la peau d'un individu femelle, en sorte que l'existence d'une espèce de Tapir dans les parties orientales de l'ancien continent ne peut plus être sujette à aucun doute. »

F. Cuvier avait d'ailleurs fait paraître, quelque temps auparavant (1819), la lettre même de M. Diard, dans son Hisloire des tlamtni fèves, ainsi que la figure envoyée par cet infatigable voyageur. Voici textuellement cette lettre.

« Lorsque je vis pour la première fois à Barakpoor, le Tapir de Sumatra dont je vous envoie le dessin , je fus très surpris qu'un si grand animal n'eût pas encore élé découvert; mais je le fus bien davantage encore en voyant, à la Société d'Asie, une tête d'un animal semblable, originaire des forêts de Malacca, qui avait été envoyée à cette Société, le 29 avril 1806, par M. Farguharie, gouverneur de cette province. « Ce Tapir, » ajoutait, dans une note, M. Farguharie, est » aussi commun dans les forêts oe la Pé- » niiisule que le Rhinocéros et l'Éléphant. » Les Musulmans ne mangent pas sa chair » parce qu'ils le regardent comme une es- « pèce de Cochon. Sa trompe est longue de » 7 à 8 pouces dans les mâles adultes; il » est noir partout, à l'exception des oreilles « qui sont bordées de blanc, et du dessous M du corps qui est d'un gris pâle. Le jeune » est tacheté de blanc et de brun. » Il est bien évident, continue M. Diard, que le Tapir de M. Farguharie est absolument le même que celui de Sumatra , et d'après l'inspection de la tête que j'ai vue au cabinet de la Société, qu'il ne diffère en rien Dour la dentition de celui d'Amérique. Le Tapir de la ménagerie de lord Hastings fut pris, il y a 2 ans, par les Malais de Sumatra, auprès des montagnes qui avoisinent la rôle occidentale de celte île; il se trouvait avec sa mère qui s'échappa. Il est très apprivoisé et aime beaucoup à être caressé et gratté. Quand il est debout, les doigts de ses pieds, qui sont comme dans le Tapir d'Amérique (trois postérieurement et quatre antérieurement), s'appuient entièrement sur le

Le Tapir indien vit dans la presqu'île de Malacca, à Sumatra et a Duroéo,

T. illl.

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Une remarque assez curieuse a été faite à l'occasion de cette espèi'e; c'est que depuis longtemps cet animal était connu des Chinois et des Japoirais. M. Abel Réniusat a fait remarquer à G. Cuvier des gravures d'une espèce d'Encyclopédie japonaise, et d'autres dessins chinois qui représentaient évidemment un Tapir; seulement la trompe est un peu exagérée et le corps est noir, tacheté de bhinc ; mais cette dernière circonstance elle-même n'est probablement pas une erreur. On l'a même expliquée, en supposant que dans son premier âge le Tapir de l'Inde porte une livrée comme ceux d'Amérique, ce que l'observation a confirmé. M. Roulin, dans son remarquable mémoire sur le Tapir, a repris celle question et supposé que le Grillon luimême pourrait bien n'avoir pas une autrf origine; nous ne saurions mieux faire qu^ de ciler ses propres paroles : <■ Ce n'est pas seulement dans le nouveau continent que l'histoire du Tapir se lie à celle d'animaux fabuleux. Le merveilleux Mé des auteurg chinois, cet animal à la trompe d'Éléphant, aux yeux de Rhinocéros, aux pieds de Tigre, qui ronge le fer, le cuivre et mange les plus gros Serpents, cet animal , comme l'a très bien jugé M. Abel Rénujsat , est un Tapir; mais je ne crois pas, comm.e lui, que ce soit un Tapir habitant la Chine. L'histoire du Mé me paraît fondée sur quelque description incomplète du Tapir du Malacca, et sur quelque représentation grossière de cet animal. Les Chinois qui sortent de leur pays appartiennent, sans exception, à la classe la moins éclairée; on n'a donc point lieu de s'étonner qu'au retour ils mêlent dans leurs récits des erreurs et mena quelques mensonges.

» La figure que nous connaissons du M chinois nous montre un Mai'ba marchante la trompe en l'air; supposons que dans quel que autre image parvenue plus loin encore, au centre de l'Asie par exemple, l'animal ait été représenté assis et la trompe pendante; cette figure, pour peu que l'exécution en soit grossière, semblera une copie mutilée du Grillon des sculptures grecques... Conclura t on de ces conformités que l'image du Maiba indien a servi de modèle pour la figure du Griffon grec , ce sérail ha- .«Hrder beaucoup, sans doute; cepentfant

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quelques renseignciiicnis historiques peuvent (ioniier un peu plus de poids à celte conjecture... L'liisti)ire du Griffon, telle qu'on la trouve datisÉlien et dans quelques autres écrivains postérieurs au temps de Ctësias, est une fusion de deux traditions, l'une venant de Perse, et ajustée pour servir d'explication à une image évidemment symbolique; l'autre, plus ancienne, arrivée par la route de l'Inde, et qui pourrait bien se rapporter à la figure d'un animal réellement existant, à celle du Tapir malais. » Les affinités zoologiques des Tapirs seraient difficiles à établir, si l'on ne tenait compte que des animaux actuellement répandus à la surface du globe. Les trois espèces de ce genre sont très intimement liées entre elles, cependant elles n'ont d'analogie réelle avec aucun des genres vivants ; ce sont bien des Pachydermes, mais de ceux qui n'appartiennent ni à la famille des Cochons ou des Hippopotames, ni à celle des Chevaux, ni à celle des Rhinocéros et des Damans. l,eur liaison avec chacun de ces groupes semble de peu de valeur, et celle qui les unit aux Eléphants ne paraît pas moindre, quoique cependant ils n'aient point les mamelles disposées comme chez ceux-ci , ni les doigts en même nombre qu'eux. Cet isolement apparent du genre Tapir dans l'ordre des Pachydermes disparaît tout à fait, si Ton ajoute à la liste des espèces que nous connaissons aujourd'hui, non seulement les animaux éteints du véritable genre Tapir, mais ceux, plus anciens encore dans la *frio géologique, dont on a fait les g. Tapirotherium (Lartel), Lopinadon et même Falœolherium. Le Tapirotherium de M. Lartet n'est pas un Tapir, mais il diffère encore bien peu des animaux de ce genre, et les Lophiodons ne s'en distinguent eux-mêmes que par quelques nuances dans la forme des molaires, et par quelques autres caractères indiquant plutôt un sous-genre ou ungenredela mêmefamille qu'une famille à part. Les Palœolheriums ont déjà moins d'affinités avec les Tapirs, quoiqu'ils leur ressemblent plus encore que les Rhinocéros , les Chevaux et les Cochons ; îeurs canines étaient plus fortesquecelles des Tapirs, leurs molaires avaient une autre disposition quant aux collines d'émail, et ils avaientsept paires de ces dents àcbaquemâcbuire, la septième, en haut et en bas, ayant.

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sauf chez les Anchileriums, trois collines an lieu de deux. Quant aux Diuotlieriums, qui ont égaiemcut été considérés comme des Ta|iirs, il est évident, parce que l'ou sait aujourd'hui de leur organisation, qu'ils étaient plus semblables aux Proboscidicus, et c'est avec ces derniers que nous croyons devoir les placer; mais ils formaient aussi un acheminement des Pruboscidiens vers les Ta|)irs. Ceux-ii semblent donc être les Pachydermes a la fois les plus voisins des (Jravigrades Proboscidicus. des Lophodious et mèine des Palœolheriums. Leur ressemblance avec tes Diuotlieriums, quant à la forme de la plupart des dents molaires, est telle que G. Cuvier a décrit les dents des Dinotheriums qu'il avait observés comme étantcelles d'une espèce gigantesque de Tapirs.

Les Lophiodons sont caractéristiques des terrains tertiaires les plus anciens; les Tapirs fossiles, au contraire, n'ont encore été rencontrés que dans les terrains pliocènes et peut être miocènes; et dans la nature actuelle il n'y a de Tapirs que dans l'Amérique intertropicale et dans l'Inde, à Malacca , Sumatra et Bornéo. (P. G.)

TAPIRS FOSSILES. PAiÉONT. - Il existe en Europe desossements fossilesdeTapirdont les premiers débris on tété rencontrés dans les couches de sables tertiaires d'Auvergne. Dans son ouvrage sur les Ossements fossiles, Cuwer avait consacré un chapitre aux animaux voisins des Tapirs, dont il a fait un genre sous le nom de Lophiodon. A la vérii*, il avait admis pour de grandes dents à collines transverses des Tapirs gigantesques, tout en avertissant qu'il faudrait avoir la preuve de l'existence des incisives et des canines correspondantes à celles de ce genre pour les y laisser. Les dents molaires, qui avaient engagé Cuvier à établir ces Tapirs gigantesque», présentent, en effet, surtout dans les antérieures, une grande ressemblance avec celles des Tapirs, quoique d'un volume trois ou quatre fois plus grand. Mais des découvertes faites par M. Kaup ont montré que ces animaux n'ont à la mâchoire inférieure que deux fortes incisives recourbées en bas, et que le nombre des molaires n'est que de cinq paires à chaque mâchoire. M. Kaup en a formé le genre Dinotherium, Pachyderme probosciilien, d'une taille supérieure à celle des Éléphants.

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MM. Deveze de Chabriol et Bouillet sont les premiers qui aient indiqué, dans VEssai géologique et minéralogiqus sur la montagne de Doulade, des ossements de vrais Tapirs. Bientôt après, MM. Croizet et Jobert, dans leurs Recherches sur les ossements fossiles du département du Puy de Dôme, en signalèrent quelques autres qu'ils publièrent sous le nom de Tapir arvernensis. Enfin MM. de Laizer et Bravard en ont recueilli un nombre assez considérable en Auvergne, et M. Aymard, en Vêlai, dans les alluvions volcaniques anciennes où se trouvent en même temps des ossements de Mastodontes et de Rhinocéros.

Malgré la grande ressemblance de ce Tapir avec les Tapirs vivants, plusieurs particularités semblent annoncer que celte espèce était distincte. Outre celles qui ont été signalées par M. de Blainville, dans son Ostéographie du genre Tapir, nous indiquerons à la mâchoire inférieure la position du trou mentonnier situé à l'aplomb du bord postérieur de la première molaire, tandis que, dans les Tapirs vivants, il se trouve au dessous du premier tiers de cette même dent.

M. Marcel de Serres a trouvé dans les sables marins tertiaires de Montpellier des ossements de Tapir qu'il a indiqués sous le nom de Tapirus minor. Ils proviennent, en effet, d'individus un peu plus petits que ceux du Tapir d'Auvergne; mais la position du trou mentonnier est la même que dans ce dernier,

M. Kaup, dans son ouvrage sur les Ossements du duché de Darmsladt , a établi un Tapir priscus sur des mâchoires qui ont été trouvées dans les sables tertiaires d'Eppelsheim avec des ossements de Dinotheriums, de Mastodontes et de Rhinocéros. Ces mâchoires sont un peu plus grandes que celles du Tapir d'Auvergne, et la position du trou mentonnier est même plusen avant que dans les Tapirs vivants.

Ces légères différences indiquent-elles des espèces diverses? Il n'est pas possible, avec les débris que l'on possède actuellement, de donner une réponse précise à cette question. Pour des animaux de genres différents, on peut le plus souvent établir un genre sur un seul os ; mais pour des espèces d'un même genre, il faut quelquefois posséder un certain nombre d'os, et parmi eux des têtes presjue complètes pour les diffé-

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rencier. C'est ce que l'on voit dans les trois Tapirs vivants. Leurs os du tronc et des membres ne se distingueraient peut-être pas l'un de l'autre ; mais la forme de la lèlo donne des caracicres faciles à saisir.

Le Tapir de riiide, plus grand que ceux d'Amérique, a le front et les os du nez plus élevés et point de crête sagittale; le Taïur américain a une crête sagittale très élevée; cette crête est basse dans le Tapir pinrhaque, la tète en général et les os du nez en particulier sont plus allongés, ce qui lui donne plus de ressemblance avec les Palaeotheriums; aussi pensons-nous que les vrais Palaeotheriums, c'est-à-dire, les P. magnum, médium, crassum, lalum et curtum, doivent être placés entre les Rhinocéros et les Tapirs, et les P. minus et equinum, entre les Palœolheriums et les Chevaux.

M. Lund a établi un Tapir suinus pour des ossements qu'il a rencontrés dans les cavernes du Brésil , de la grandeur d'un Cochon de moyenne taille, et M. Harlan uu Tapir maslodontoides, fondé sur une seule dent, qui pourrait bien n'être, comme MM. Cooper et de Blainville le pensent, que l'une des deux premières dents de Mastodonte. ^L...D.)

ÏAPIRÉ. ois. — Terme d'ornithologie, qui s'applique a des Oiseaux , dont le fond du plumage est accidentellement parsemé de teintes variées. (Z. G.)

TAPIUIER. Tapiria. bot. ph. — Genre peu connu de la famille des Burséracées, formé par Aublet {Guian., vol. II, p. 470) sous le nom de Tapirira, qui a été modifié par Jussieu (Gênera, p. 372). 11 ne renferme qu'un arbre de la Guiane, qu'Aublet a nommé Tapirira guianensis. (D. G.)

*TAPmOP015ClJS (des deux noms génériques Tapirus et Porcus). mam. foss. — - Genre fossile établi par M. Jieger {Wurlenib.^ foss. Sœugelh., I, p. 40) parmi les Pachydermes, d'après deux molaires de la mâchoire inférieure, ressemblant beaucoup a celles du Lophiodon, mais plus petites et dépourvues de bourrelet basilaire. (G. B.)

TAPIROTIIEIULM (Lartet) Tapir, nom propre (Sïjûiov , bête, animal), mam. foss. — Genre établi par M. Lartet pour des restes d'un animal trouvés dans les collines ter tiaires des départements du Gers , de U Haute-Garonne, et des Hautes-Pyrénées ^

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qtii tient une sorte de milieu entre les LophituJons et les Sangliers. M. de Blainville, dans son Osléographie des Palœotheriums , a publié les figures d'une mâchoire supérieure et d'une mâchoire inférieure sans texte; mais à la page 217 du 22'' fascicule, résumé du cha-pitre Sus, il place cet animal dans ce genre sous le nom de Sus tapirotherium. On voit que le nombre des dents molaires est de six paires, et celui des dents canines d'une paire à chaque mâchoire; les incisives de la mâchoire inférieure sont au nombre de six. Le nombre de celles de la mâchoire supérieure ne peut être établi sur les pièces que l'on possède, mais la largeur des deux mitoyennes pourrait faire présumer que, comme dans les Pécaris et les Babiroussas, il n'y en avait que quatre; un sillon externe, qui existe au tiers interne de ces larges incisives, semble indiquer que chacune d'elles est composée de deux qui se seraient réunies : mais en examinant l'usure de l'incisive externe et celle de la partie antérieure de la canine, on voit qu'il devait y avoir deux autres incisives supérieures de chaque côté , placées à la suite l'une de l'autre, comme dans les Cochons. Les deux premières molaires d'en bas ressemblent presqu'à s'y méprendre à celles des Lophiodons, c'est-à-dire qu'elles sont composées d'une pointe antérieure et d'un rudiment de colline postérieure; la troisième a deux véritables collines transverses, mais la postérieure est plus basse que l'antérieure. Les trois arrière-molaires d'en bas sont également comme dans les Lophiodons, seulemant les collines sont tout à fait transverses, et l'on y remarque un collet postérieur.

Les deux premières molaires d'en haut sont composées d'une pointe externe et d'un talon interne; la troisième a une pointe antérieure et deux postérieures réunies. Les trois arrière-molaires, outre qu'elles sont à peine plus larges que celles d'en bas, manquent d'arête longitudinale externe, en sorte que les deux collines transverses qui les composent sont séparées aussi bien à leur face externe qu'à leur face interne; elles ont, en outre, un collet antérieur et un collet postérieur crénelés, ce qui les fait ressembler en petit aux dents des Dinothériums. La tête était allongée, car il existe une longue barre entre les premières mo-

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laites et les canines. L'extrémité antérieure de la mâchoire inférieure est très large, et les six incisives rangées en arc de cercle. Les sixièmes molaires inférieures ont trois collines, comme dans les Lophiodons et les Pécaris. La tête devait avoir quelque ressemblance avec celle des Sangliers, par sa longueur et l'aplatissement de son front. Il existe, comme dans tout le grand genre Cochon et dans les Ruminants, à la paille antérieure du front, deux trous qui percent le plafond des orbites, et qui donnent naissance à deux sillons très marqués qui se continuent sur ce fossile jusque sur les os du nez, en se rapprochant d'abord, puis en s'écartant de nouveau. Ce caractère nous semble indiquer que le Tapirolherium doit former un genre voisin des Cochons, à dents moins mamelonnées et plus ressemblantes à celles des Tapirs et des Lophiodons. (L...D.) *TAPIRUS. MAMM. — Voy. TAPIR. (P. G.)

TAPUIIE. Tapura. bot. ph. — Genre de la famille des Chaillétiacées, formé par Aublet(Gu!an., vol. I,pag. 126, tab. 48) pour un arbuste de la Guiane, le Tapura guianensis Aubl., auquel deux nouvelles espèces ont été ajoutées récemment. (D. G.)

*TARA1JA. OIS. — Synonyme d eTaninO' philus Vieill. {Z. G.)

*TARACHE {rapaxh, perturbation), ins.

— Hubner (Cof., 1816) indique sous cette dénomination un genre de Lépidoptères nocturnes, de la tribu des Noctuides. (E. D.)

*TARACHIA (rapax'i» perturbation), ins.

— Genre de Lépidoptères, de la famille des Nocturnes, tribu des Phalénides, créé par Hubner {Cat., 1816). (E. D.)

*TARACTES ( rapaxTr,;, qui trouble, agite), poiss. — Genre de Scombéroïdes(Lowe, Ann. nat.hist., uni, iS-ii). (G. B.)

TARA!\DUS. mam.— Nom générique latin du Renne. Voij. ce mot. (G. B.)

*TARA]\1DUS, Megerle, Dejean (Ca(a«., 3, 194). INS. — Synonyme de Ceruchus Mac-Leay. (C.)

TARASPIC. BOT. PH. — Nom vulgaire des Thlaspi formé par corruption de ce nom générique.

TARAXACUM. bot. pb. — Nom latin du Pissenlit. Voy. pissenlit.

* TARBOPHIS ( Ta'pgoç , teneur ; Jf^i; , serpent), rept. — Genre de Couleuvres, in-

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diqué par Fleischmann {Dalmatiœ nov . gen. à:-rpe>n., 1831). (G. B.)

T.VlU;iIOi\AMTHE. Tarchonanihus {de l'.uiibe tarchon, et «vGo?, fleur), bot. pu. — Genre linnéen de la faïuille des Composées- Astéroïdées, formé de gramls arbrisseaux ou plutôt de petits arbres qui croissent au cap jle Boiiiie-Espérance. On en connaît 5 espèces , dont la principale est le Tarchonanthus camphoralus Lin. , cultivé dans i]uelqiies jardins, etdont le nom rappelle l'otlour de camphre qu'exhalent toutes ses parlies. (0. G.)

TARDAVEL. bot. ph.— C'est le nom qu'Adaiison donnait au g. SpermacocfLinn.

TAIIDIGIÎADE. systol. , vers. — Nom diiiiiié par Spallanzani à un animal microscopique qu'il avait observé, en même temps que le Rolifère, dans le sable des gouttières. De même que le Rolifère, le Tardigrade ne peut vivre que dans l'eau ou dans la mousse humide , et il est également sus(;eplible de résister à une dessiccation prolongée sur les toits et sur les murs pendant les plus fortes chaleurs de l'été, pour revivre ensuite, ou mieux pour reprendre la suite de son développement aussitôt que la saison pluvieuse lui a rendu l'humidité nécessaire. Les Tardigrades sont de petits Vers longs d'un à deux tiers de milliuiètre, et deux à trois fois plus étroits, contractiles en boule, surtout quand ils se dessèchent, et munis de quatre paires de pattes courtes , ou de mamelons portant chacun deux ongles doubles ou quatre ongles simples et crochus. Leur bouche très étroite, située à l'extrémité antérieure, est mutiie intérieurement d'un appareil maxillaire composé de deux branches latérales écartées, mobiles, et d'un bulbe musculaire que traverse un canal longitudinal soutenu par des liges articulées, ('orti avait vu ces animaux avant Spallanzani, et les .Hvait nommés petites-Chenilles , en italien Bruccolino; d'un autre côté, Eichhorn, dans le nord de l'Allemagne, en avait observé une autre espèce qui vit dans les marais , et il lui avait donné le nom d'Ours d'eau, en allemand TFasserfcaer: c'est probablement la même espèce sur laquelle M. Dnjardin a I)ublié des observations, en 1838, dans les Annales des sciences naturelles, quoique Lii:hhorn ait attribue a son Wasserbaer cinq paires de pattes au lieu de quatre. 0. -F.

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Mttller, en 1785, le nomma Basrlhierchen , Animalcule- Ours, et le classa parmi les Acariens sous le nom à'Acarus urselus.

Schranck, en 1804, avait aussi décrit un Tardigrade sous le nom û'Arctiscon, qui est un diminutif du mot grec apxTo; , Ours. M. Perly, en 1824 , adopta ce nom générique , et essaya d'en distinguer quatre espèces ; mais , en 1833, M. Schuitze ayanJ observé de nouveau le Tardigrade de Spallanzani, celui qui vit dans le sable des toits, et ayant constaté sa faculté de résurrection, lui donna le nom de Macrobiolus ((xaxpo;, long ; gi'o;, vie), et le dédia à Hufeland sous le nom de Macrobiolus Ihifelandii, pour célébrer le 50° anniversaire du doctorat de ce célèbre médecin. Vers le même temps aussi, M.Ehrenberg établit un nouveau genre pour une espèce de Tardigrade qu'il nomma Trionychium tardigradum , en lui attribuant trois ongles à chaque pied. Plus récemment enfin, M. Doyère, en 18i2, a fait de ces animaux l'objet d'un travail très important, et beaucoup plus complet que tout ce qui avait été fait jusque là. Cet auteur est parvenu à démontrer chez eux une organisation très complexe , et a pu distinguer nettement parmi les Tardigrades les trois genres : Emydium , Milnesium et Macrobiolus , formant ensemble un groupe particulier dans la classe des Systolides. Le genre Emydium est caractérisé par une forme ovoïde plus étroite en avant, où la tête s'avance en une pointa entourée de quelques appendices charnus, et par son tégument plus résistant offrant même des plaques cornées régulières et des cils longs et raides. Le museau est complélement conique, sans appendice ni ventouse terminale; les pieds sont armés chacun de quatre ongles. Trois espèces, inconnues pré cédemment , sont décrites par M. Doyère . elles vivent dans la mousse des toits et des murs ; leur longueur est d'un tiers de milli mètre environ ; leurs œufs , presque sphériques et lisses, sont larges de 7 a 8 centièmes de millimètre , de couleur brunrouge , et , comme ceux des autres Tardigrades, ils sont pondus dans la dépouille de la mère. Le genre Milnesium présente les caractères suivants : la tête porte, à sa parlie antérieure et latérale , deux appendices palpiformes très courts; la bouche est terminée par une ventouse entourée de jalpef.

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La peau est molle, coupée transversalement par des sillons, en anneaux variables bisegmentés. Le type de ce genre ( M. tardigradum), dont M. Doyère a plus particulièrement étudié Torganisalion, est long de 5 à 6 dixièmes de millimètre, et habite la mousse des toits : c'est précisément le Tardigrade de Spallanzani et de Dutrochet; c'est VArcliscon Dulrochelii i'.^ Ferty. Le genre Macrobiotus se distingue par sa tète sans appendices, et par sa bouche, que termine une ventouse dépourvue de palpes ; sa peau, d'ailleurs , est seulement divisée par des rides variables. A ce genre appartiennent, d'une part, l'espèce de M. Schuitze, et une nouvelle espèce, M. Oberhœuseri , qui se trouvent également dans la mousse des toits et des murs; et, d'autre part, l'espèce décrite par M. Dujardin sous le nom de Tardigrade est le Macrobiolus ursellus , qui est le Wasserbaer de Goeze, le Baerthierchen et VAcarus ursellus de Mûller, le Trionyohium U7-smum de M. Ehrenberg , et \'Arctiscon Mulleri de Perty. Ces deux dernières espèces ont été trouvées dans l'eau des marais. M. Doyère croit, en outre, que si les caractères qui ont été assignés par Schranck à son Arctiscon , sont exacts, on pourrait aussi admettre ce dernier genre. (DuJ.)

TARDIGRADES, Tardigrada {iardus, lent; gradus, marche), mam. — Famille naturelle de Mammifères, comprenant les Paresseux ou Bradypes, et dont la caractéristique générale a été donnée à l'article consacré à l'ordre des Édentés {voy. ce mot). C'est aussi à cet article, et à celui qui traite des Mammifères, que sont exposés les motifs qui ont déterminé tels ou telsdassificateurs à rapprocher les Tardigrades de l'ordre des Primates ou de celui des Édentés.

Les Paresseux ressemblent un peu à des Singes diîTormes et engourdis, etl'on est tenté de les considérer comme une production bi/arre de la nature, si on les examine à terre; rien n'égale alors leur gaucherie, aucun animal ne semble plus disgracieux, plus impuissant. La disproportion de leurs membres, dont les antérieurs sont beaucoup plus longs, les force à se traîner sur les coudes; la largeur de leur bassin et la direction de leurs cuisses en dehors, les empêchent d'approcher les genoux; l'obliquité de l'articulation de leur pied sur la jambe ne leur

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permet de toucher le sol que par le bord iiM terne; leurs doigts, réunis par la peau, ne marquent au dehors que par d'énormes griffes, fléchies dans le repos. Assis ou debout, ils sont moins gênés; mais alors leur bouche regarde en haut, à cause de la direction de leur tête dans le sens de l'axe du corps, et ils ne pourraient paître à terre. Mais toutes ces imperfections s'effacent dès qu'ils se trouvent sur les arbres; ces animaux grotesques présentent alors toutes les conditions les mieux combinées pour grimper, se cramponner aux branches en déployant le moins de force possible, et y saisir facilement les feuilles suspendues au-dessus de leur tête et qui leur servent d'aliment. L'estomac des Paresseux est divisé en quatre poches assez analogues aux estomacs des Ruminants; leur canal intestinal est court, sans cœcum. Ils ont deux mamelles pectorales, et ne font qu'un petit qu'ils portent sur le dos.

Les Paresseux habitent les forêts de l'intérieur de l'Amérique méridionale. On en connaît plusieurs espèces dont les deux pria* cipales sont:

L'Ai ou Paressedx a trois doigts, Bradypus tridaclylus L., qui doit le premier nom à son cri, et le second, à la particularité organique que ce nom signale. C'est le seul Mammifère qui ait plus de sept vertèbres cervicales : on lui en compte neuf. Sa taille est celle d'un Chat; ses bras ont le double de le longueur de ses jambes; le poil , qui recouvre tout le dessus de sou corps, est gros , long, sans élasticité; il ressemble à de l'herbe fanée.

L'Unao ou Paresseox a deux doigts, Bradypus didactylus L., est de moitié moins grand que l'Aï; ses bras sont moins longs ; son museau plus allongé; il est, en général, moins disproportionné. (G. B.j

*TARD1V0LE. TardivolaSy/aias. ois.— Synonyme de Emberizoides Temm. ; Sphenura Licht. Voy. emberizoïde. (Z. G.)

TAREIRA. poiss. — Nom spécifique sous lequel Marcgrave a décrit un Poisson de la famille des Erythroïdes, le Macrodm Tareira Val. (G. B.)

*TAREIVTOLA. rept. — Nom italien deGeckos. M. Gray en a fait celui d'un genre de cette famille. (P. G.)

TARENTULE. Tarentuîa. arachn. — SjfQOoyme de Lycosa. Voy. ce nom. (H. L.)

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•TARERITULIDES. arachn. — Synonyme de Phrynéides. Voy. ce mot. (H. L.)

TAUET. MOLL. — Genre de Mollusques a('('i)hales , rangé par G. Ciivier dans sa famille des Enfermés , par de Blainville <laiis celle des Adesmacés, par Lamarek dans les Conchifères dimyaires Ttibicolés {voy. ce mol), et par Deshayes dans les Pholodaires.

Ses caractères sont, d'après MM. de Blainville, Rang et Deshayes qui les ont le mieux formulés, et d'après nos déterminations :

Animal très allongé, vermiforme; manteau très mince , ouvert en avant, et à sa partie antérieure, pour la sortie d'un pied tronqué ; les tubes distincts Irèslongs, àpeii près égaux; l'inférieur ou respiratoire plus grand que le supérieur, et cirrheux ; bouche petite; appendices \nb\aux , circonscrivant le pied, finement striés; anus à l'extrémité d'un tube flottant et ouvert dans la cavité du manteau très éloigné (d'après De»hayes) de l'orifice des tubes, et s'ouvrant dans un canal spécial qui aboulil au tube supérieur; branchies fort longues, étroites, rubanées, réunies dans toute leur longueur, et prolongées dans toute la cavité tubuleuse du manteau. Un anneau musculaire au point de réunion du manteau et des tubes. Cet anneau adhérent au tube sécrète une paire d'appendices ou palmules simples , semi-articulées ou articulées , pédicules et jouant l'un vers l'autre;

Coquille assez épaisse, très courte, annulaire, ouverte en avant et en arrière, équivalve, jnéquilatérale , divisible en quatre zones , dont deux finement sU iées , et à stries hérissées de denlelure:^ aiguës , s'unissent à angles droits, et ont leur bord tranchant. Des deux autres zones, l'une, encore visible à l'intérieur, offre la terminaison des stries ; l'aulre est recouverte par le manteau, offrant des différences de proportions dans ses zones suivant les espèces. Charnière ind!i]uée par deux tubercules et une rainure, ligament à peine visible. Un cueilleron sur la face interne pour l'inseriion des muscles du pied. Une seule impression pour l'insertion d'un muscle unique des valves; l'antérieur confondu probablement avec le manteau ;

TiiiiE cylindrique , droit ou flexueux , noimiilemept ouvert à ses deuj^ extrémités.

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quelquefois fermé ou obstrué , suivant lei conditions défavorables où se trouve l'animal : 1° vers l'extrémité buccale, par des cloisons épiphragmaires complètes ; 2" vers l'extrémité des siphons par des demi-cloisons plus ou moins nombreuses qui persistent, tandis que les cloisons complètes de l'autre extrémité sont absorbées si l'animal sort de Vétat de repos. Nous verronsplus basquec''est probablement à tort qu'on a pris ces cloisons comme une caractéristique suffisante du genre Cloisonnaire.

Quoique le genre Taret ait déjà été étudié sous le point de vue de ses caractères extérieurs, quoique son anatomie ait été le sujet de quelques monographies, on est forcé de reconnaître, en l'état actuel delà science, que la connaissance des espèces et de leur organisation est très peu avancée. En outre, la physiologie, l'élude du développement et des mœurs de ces Mollusques , n'ont point encore donné lieu à des recherches suffisamment approfondies. Il reste donc beaucoup à faire pour compléter les déterminations et les démonstrations scientifiques dont Adanson et M. Deshayes ont ouvert avec distinction la voie la plus rationnelle en rangeant les Tarets dans la famille des Pholadaires. On doit surtout à ce dernier d'avoir institué cette famille en y comprenant les Tarets, et d'avoir donné, dans son Traité de Conchyliologie et de Paléontologie, et dans V Histoire naturelle des Mollusques de V Algérie, des documents très importants sur l'histoire, la bibliographie, et sur ranatomie de ces aoimaux.

A l'égard de la détermination scientifique des espèces, il est très probable qu'en mettant à profit les données fournies par Spengrel et par M. de Blainville, il sera possible d'établir la caractéristique la plus méthodique pour la disposition la plus naturelle de ces espèces, c'est à-dire en procédant de celles qui se rapprochent le plus des Pholades, qui sont elles-mêmes les plus voisines des Tarets [voy. térédines et xylophages), à celles qui s'en éloignent le plus. En effet , Spengrel a, le premier (il/em. d'hist. nat. de la Soc. de Copenhague , 1792 et 93 ) et le seul encore , fourni les données caractéristiques pour établir dans le genre Taret trois sections, selon que les espèces ont des palettes ou simples, ou semi-articulées, ou «r-

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ticuldes. Toutefois Spengrel n'a point eu l'idée de former ces trois sections , et c'est M. de Blainville qui a proposé, le premier, ^ la distinction des espèces à palettes simples et de celles à palettes articulées, ce qui coritliluedeui sections sous-génériques. Ayant observé à Nantes des fragments de bois d'un navire qui avait séjourné longtemps à Cayeune, nous y trouvâmes des palettes striées transversalement et offrant l'aspect <l'ariiculations soudées, ce qui nous conduisit naturellement à proposer de ranger les espèces pourvues de ces palettes à articles très serrés , entre les Tarets à palettes simples et ceux à palettes articulées. Ayant eu plus tard connaissance du mémoire et des figures de Spengrel , et les ayant comparée* avec celles de V Encyclopédie méthodique ^ pi. 167, nous avons reconnu que l'animal, figuré sous le n" i6 de cette planche, doit être le même que celui de l'espèce nommée Teredo nucivorus par Spengrel. En passant en revue toutes les espèces connues de Tarets dont le nombre serait de 16 ou 17, d'après M. de Blainville, nous avons été conduite penser qu'il y a probablement des doubles emplois dans ce dénombrement.

Nous devons ajouter que les diverses localités , plus ou moins favorables à l'existence et à la propagation des Tarets , influent sur l'organisation de ces animaux, de manière à produire des variétés ou races, ou même des variations qu'il faut bien se garder de prendre pour de véritables espèces.

Le nombre des espèces de ce genre est, en général, très réduit dans le Règne animal de G. Cuvier et dans VHisl. naturelle des animaux sans vertèbres de Lamarck.

Ce nombre est porté à huit par M. de Blainville, dans son article Taret (Dic<. d'Hist. nat. de Levrault, t. 52, p. 259). En y joignant le Fislulana gregata, qui n'est autre chose que le Teredo nucivorus de Spengrel, on compterait en l'état actuel neuf espèces dans le genre Taret. M. de Blainville, dans ses études nouvelles sur ce genre, doit élever ce nombre jusqu'à seize ou dix-sept, en les disposant dans l'ordre suivant : TARETS A PALETTES SIMPLES*, Tercdo navalis , de la Manche, de l'Océan, de la Méditerranée {Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, Mollusques, pi. ',2); Pallas l'a nommé Pholas teredula; 2» T» malleolus^iTutioa);

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3° T. senegalensis (Adanson); 4° T. nigra (Blainville); 5° T. lortota (Bl.); 6° T. Bruguierii (Délie Chiaje). Cette espèce est la même que le T. senegalensis, d'après la vérification que nous avons faite à Toulon, à Hières, à Lorient et à Brest; 7» T. fuliiformii (Valisnieri eiSelliiis), qui nous paraît être le Teredo micivorus de Spengrel, et qui, d'après- notre détermination, doit former le type de la section des Tarets à palettes semi-articulées; 8" T. nana (Turton); 9"T. gigantea[E\. Home). Taret.<î a palettes articulées; 10" T. plumiformis (Valisnieri et Sellius). Cette espèce nous semble encore être la même que le T. foliiformis , c'est à dire le T. nucivorus de Spengrel; 1 1" T. mininia (Blainville, Dicl. des se. nat., Levrault); 12° T. feipa/mw/a/a (Adanson) ; 13° T. Stuchburgi (Blainville et Leach); 14" r. carinata (Blainville et Leach); 15" 7". pennalulifera (Blainville et Leach); 16° '/'. tipenna/a (Turton et Flemming); 17° T. bipalmata (Délie Chiaje), que nous avons observé dans la Méditerranée, à Toulon, à Hières, et qui nous semble être bien distinct de l'espèce observée et figurée par M. de Blainville, dont les articles, en outre du long cil latéral, ont un bord garni de cils plus fins, tandis que le bipalmata de la Méditerranée n'ollre que le long cil latéral et point de cils fins.

A l'énuméralion de ces espèces, il faudrait joindre le Teredo megio/ara (SilvanusHanley, Conchyl. Brit.. janvier, 1848), et les Teredo corniformis ( Desh. ), Fislulana corniformis (Lamarck) , T. gregata (Desh.) , Fislulana gregata (Lam.), T. arenarius ou Taiet des sables ( Desh. ) ; Seplaria arenaria (Lamarck). D'après ces déterminations de M. Deshayes (Voy. Hist. nat. des anim. sans vertèbres, Lamarck, 2'" édition, t. VI, p. 30, les notes 1 et 2), deux espèces de Fistulanes rentrent dans le genre Taret; les deux autres Fislulana, F. clava et F. lagenula, sont des espèces du genre Gaslrochènc. Nous avons constaté avec M. Deshayes que son Teredo gregata est le T. nucivorus de Sprengel, et son Teredo corniformis le T. senegalensis. D'après mes observations , et après avoir pris connaissance du Mémoire de M. Mathéron , j'ai pu constater que la prétendue Cloisonnaire de la Méditerranée est encore l'espèce Teredo $enegalensis , ce qui ne pet-

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mettrait pas d'accepter le Teredo arenaria de M. Deshayes, qui b eu parfaitement raison de faire rentrer cette Cloisonnaire dans les Tarets. D'après M. Rang, le Ropan d'Adanson n'est ni nn Taret (selon Lamarck), ni une Pholade (suivant Bosc), ni un Gaslrochène (d'après de Blainville) : c'est la Modiole Caudigèredéjà connue {Voy. Noie de Desh., ouvr. id. p. 30).

Il est vraisemblable que lorsque l'histoire du développement des P4.1mettes aura été faite avec soin , et qu'on sera parvenu à bien distinguer les modifications que ces parties caractéristiques olTrent suivant les âges; lorsque surtout on sera arrivé à bien connaître les variétés et même les variations d'individus d'une même espèce, que doivent produire les influences des localités favorables ou nuisibles à l'existence et à la propagation de ces Mollusques, le nombre de ces espèces pourra être réduit. Attendu que les individus de deux ou trois espèces différentes vivent plus ou moins près l'un de l'autre dans un même morceau de bois, faudrait-il admettre aussi qu'il pourrait se former des Hybrides et par conséquent des espèces nouvelles, en admettant que les individus métis seraient féconds. Mais pour que ce résultat pût être obtenu, il faudrait que les sexes fussent séparés dans toutes ou au moins dans quelques espèces du genre Taret.

Nos observations nous porfent à croire que, de même que beaucoup de Mollusques acéphales, les Tarets, qui sont en général ovovivipares, sont en outre hermaphrodites se suffisant, et dans ce cas il y aurait impossibilité d'obtenir des hybrides. — Les espèces de Tarets dont nous avons pu observer les mœurs sont le Taret naval , le Taret du Sénégal ou de Bruguière, et le Taret bipalmulé de la Méditerranée. — Le Taret naval que nous avons étudié à Toulon, à Ilières, à Rochefort et à Brest, est en général petit et à palmettes bicornues, et à bordure noire à l'extrémité. Tandis que celui que nous avons trouvé au Havre et qui est le même que celui décrit et figuré par Sellius, est plus grand et à palmettes brunes dans la partie bifurquée. ce qui nous porte à croire que depuis le littoral du Havre et même de Cherbourg, jusque sur les côtes de la Belgique et de la Hollande, lesindi-

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vidus du Teredo navalis qui rëststent aux. circonstances défavorables (violence des courants, mer vaseuse, choc des galets poussés par les lames), ont été modifiés dans leur organisation, de manière à constituer une variété ou race dans l'espèce Teredo navalis , c'est-à-dire à palettes bifurquées. Cette variété, au lieu d'être netten)ent ovovivipare comme l'espèce dans la Méditerranée et à Brest, oîi elle se reproduit pendant toute l'année, ne frayait point en février et en mars 1848 , et pourrait être moins nettement ovovivipare comme le Taret du Sénégal.— Il est très probable que le Taret bipalmulé de la Méditerra'née produit aussi des petits vivants. Mais nous ne sommes point encore parvenu à constater leur reproduction. — Si l'analomie et la physiologie des Tarets présentent beaucoup de difficultés en raison de la délicatesse et de la mollesse de leurs tissus et de leurs organes, l'étude de leurs mœurs est assez facile , lorsqu'on parvient à les faire vivre longtemps dans des viviers artificiels en conditions petites, moyennes et grandes. — En sacrifiant quelques individus jeunes , on parvient à constater facilement que l'œuf non fécondé et non encore embryoné se compose seulement d'une vésicule vitelline renfertnant la vésicule du germe. On peut aussi reconnaître dans le parenchyme de l'ovaire les zoospermes semblables à ceux des pectens et de l'huître, mais il n'est guère possible de saisir comment s'opère la fécondation qui hier certainement, dans les espèces ovovivipares, ne peut s'opérer au dehors de l'animal. On peut encore constater toute la série du développement des embryons en sacrifiant toujours les individus plus ou moins avancés dans ce développement, ce qui est un inconvénient que je n'ai point rencontré en observant l'embryogénie des gastéropodes pulmonés terrestres et fluviatiles. Le point le plus important de l'histoire des mœurs des Tarets est celui où l'on voit sortir du corps de la mère le jeune individu à l'état de larve, qui d'abord nage au moyen de cils vibratiles et qui ne tarde pas à se promener au moyen d'un très long pied linguiforme sur les corps sous-marins. Alors tout le corps de l'animal est renfermé dans la première coquille bivalve qui est glabre et lisse. Le petit Taret, après environ 24 heures de U-

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berté employées à nager et à marcher sur Je ')ois, s'y fixe en creusant d'abord un petit godet à la surface du bois ramolli par l'eau et se recouvre d'une couche de mucosité percée d'un trou par lequel il sort ses deux petits siphons charnus. A partir de ce moment, la vraie coquille térébrante, avec tous 'es caractères qu'on lui connaît, est sécrétée 1res promptement, et le jeune animal s'en sert aussitôt pour perforer le bois. L'accroissement du Taret est plus grand dans tout le corps que dans la coquille qui n'en recouvre plus que l'extrémité buccale. Les palmeties sont aussi sécrétées de très bonne heure et en même temps que la vraie coquille, tandis que la coquille mince et transparente de l'embryon disparaît graduellement, et s'use d'arrière en avant. Une fois niché dans le bois, on ne voit plus paraître au dehors que les deux siphons charnus, semblables à ceux des autres Lamellibranches. Au premier danger, l'animal les rentre. Le bois est, en général, percé par les Tarets perpendiculairement à la longueur des fibres ligneuses, et ensuite parallèlement à ces fibres, lorsque l'animal n'est point gêné à cet effet par ses voisins. Nos observations ne nous ont point permis encore de déterminer la durée de la vie de ces animaux. On sait que leurs ennemis sont très nombreux ; les plus voraces sont diverses espèces de Néréides. Nous pensons que le Limnoria terebrans, qui ronge aussi les bois, détruit un grand nombre de petits Tarets. Les Tarets attaquent toute sorte d'essence de bois, depuis les plus durs jusqu'aux plus mous. En rongeant ceux des navires et des digues, ils ;ausent de grands dégâts et font courir à riiomme de grands dangers. Dans ces derniers temps, on s'est préoccupé, surtout en France, de préserver de leurs attaques les grands approvisionnements de bois de marine.

L'une des questions que comprend l'histoire naturelle des Tarets est celle de la distnhution géographique des diverses espèces (le ces Mollusques qui vivent sur le littoral océanien de l'Europe et dans tout le périple de la Méditerranée. On ne possède point encore tous les éléments nécessaires pour la bien poser et encore moins pour la résouare. Une deuxième question qui se rattache à la précédente est celle de la pré-

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tendue importation en Europe des espèces d« Tarels apportées des Indes orientales et occidentales par les navires du commerce. On a admis généralement avec trop de facilité cette importation qui, quoique possible et très probable, n'a cependant point été démontrée exactement.

Pour parvenir à cette démonstration, if convient préalablemeut d'étudier le nombre et l'identité des espèces de Tarets vivantes sur les rivages de l'Europe, en les comparant avec les espèces fossiles.

Tarels fossiles. — D'après les observations de Sowerby, Faujas, Knorr, de Burtin, de MM. Defrance et Deshayes, ainsi que de M. d'Orbigny, on n'aurait trouvé qu'un petit nombre de ces espèces fossiles. Les localités dans lesquelles on les rencontre sont : les environs de Londres (Sowerby), près de Nice (Risso), Sanese et St-Gerniiniano en Italie (Brochi), près de Bruxelles (Burtin), Dax, dans la montagne de Saint-Pierre de Maestricht (Faujas et Knorr), environs de Paris (Deshayes). C'est dans les bois passés à l'état de lignites ou dans ceux complétpment pourris, renfermant des tubes enchevêtrés et formant des paquets , qu'on trouve ces fossiles. On les rencontre également dans le bois pétrifié, entièrement siliceux. Les parties qu'on y observe sont le plus souvent les tubes, rarement les palettes, et, plus rarement encore, les coquilles.

Les bois siliceux à Tarets ont été trouvés quelquefois dans les alluvions de la Seine. Leur provenance n'a point été déterminée. On a cru pendant longtemps que les Tarets fossiles n'étaient que dans les terrains tertiaires ou supercrétacés ; mais on a acquis maintenant la certitude qu'il y en a dans les terr-^ins crétacés (grès vert, craie chloritéej. Les espèces fossiles sont le Teredo navalis, le Teredo Burlini. Les autres ne sont pas désignées. (Laurent.)

TARGIOIVIE. Targionia (nom d'un botaniste italien). BOT. OR. — (Hépatiques). C'est à Mieheli qu'on doit la création de ce genre, rapporté par Nées d'Esenbeck aux Marchantiées dont il forme le dernier anneau. On peut en effet le considérer comme un Marchanda chez lequel le réceptacle serait sessile et confondu avec la fronde. Voici ses caractères: Involucre monocarpe, bivalve, placé sous le sommet de la fronde;

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rois ou quatre pistils dont un seul fécond; périantbe nul; coiiïe délicate, persistuute, enveloppant la capsule; style caduc; capsule membraneuse s'ouvrant par érosion et soutenue par un pédicelle très court, enfoncé avec le bulbe de la coiffe dans un creux de la fronde : élatères à double ou triple spirale; réceptacle mâle disciforme, placé au bord de la fronde à l'extrémité d'une innovation en forme de corne d'abondance, née de la nervure ventrale. Fronde bifurquée, poussant des innovations latérales qui ont la même origine que celle du réceptacle mâle. Surface dorsale munie de pores; surface ventrale couverte d'écaillés imbriquées de chaque côté de la nervure sur deux rangées entre lesquelles l'axe donne naissance à de nombreuses radicelles. Ce sont des plantes qui vivent sur la terre et les mousses , et dont le type ne se trouve en Europe que dans les climats chauds ou tempérés. On en connaît six espèces.

Une particularité assez curieuse de l'histoire du Targ-ionia, c'est que ses organes mâles, après avoir été fort bien décrits et même figurés par Micbeli , sont restés ignorés jusqu'à ce qu'une espèce du Chili , dans ces derniers temps, soit venue les présenter à notre observation et fournir matière à un mémoire où nous les avons décrits de nouveau et où nous avons en même temps restitué à Micbeli l'honneur de sa découverte. (Voy. Ann. Se. nat. 2" sér. ; Bot., tom. IX, p. 100, t. 5.) (CM.)

*TARGRA. INS. — Genre de la tribu des Tenthrédiniées, de l'ordre des Hyménoptèes, établi parFabricius sur des espèces très econnaissabies à leurs antennes peclinées, omposées de quinze à dix-huit articles. Le ype est le T. cephalotes Fabr. , répandu dans une grande partie de l'Europe. (Bl.) TARIE R , Saxicola rubetra. ois. —Espèce du genre Traquet. Voi/. ce mot.

TARIÈRE. Terebellum. moll. — Genre de Gastéropodes pectinibranches , de la famille des Enroulés, établi d'abord par Klein, puis oublié et reproduitcomme nouveau par Liimarck, qui lui assigne les caractères suivants : la coquille est enroulée, subcylindrique, pointue au sommet. L'ouverture est longitudinale , étroite supérieurement , échancrée à sa base. La columelle est lisse, troiifiuée inférieurement. A ce genre appar-

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tiennent deux espèces fossiles des terrains tertiaires, longues de 5 à 6 ceniimèires.en dont l'une, T. convolulum, est nommée el français Tarière-Oublie, pour exprimer la forme et la fragilité de son test mince et roulé en corne ou en oublie. Une seule espèce vivante appartient aussi à ce genre, dont elle est le type : c'est la Tarière subulée ( T. subulatwn) de l'océan Indien ; ell« est mince, luisante, à spire distincte, longue de 4 à 5 centimètres, diversement nuancée et tachetée de jaune ou de gris-jaunàlre {Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, Mollusques, pi. 24). Linné, dans la 10* édit. de son Syst. nalurœ, en faisait un Cône ; mais, plus tard, dans sa 12^ édition , il la rangea dans son genre Bulla, qui était une réunion de coquilles très diverses. Lamarck la rapproche des Olives, des Porcelaines et des Ancillaires. Sowerby , au contraire, lui trouve plus de rapport avec les Strombes. M. de Biainville, de son côté , réunit dans sa famille des Angistomes les Strombes et les Tarières , avec les autres Enroulés de Lamarck. (Ddj.)

TARL\ (Fringilla spinus). ois. — Nom d'une espèce européenne de la famille des Fringilles. Voy. linotte. (Z. G.)

*TARISA. INS. —Genre de la tribu des Scutellériens , groupe des Scutellériies, de l'ordre des Hémiptères, établi parMM.Amyot et Serville {Insectes hémiptères. Suites à Buffon, p. 59) sur une seule espèce trouvée en Espagne, T. flavescens km. et Serv., très voisin des Oxynous. (Bl.)

* TARi\OWITZITE (nom de lieu), min.

— Nom donné par Breitbaupt à une variété d'Arragonite, mêlée de carbonate de Plomb, qui vient de Tarnowitz en Silésie. Elle renferme environ 4 pour 100 de ce carbonate métallique, et sa densité est de 2,98. (Diîl.) *TARPHIUS (râûipoç, épaisseur), ins. — Genre de Coléoptères tétramères , tribu de& Colydiens, établi par Erichson {Naturgeschite der Ins. Deulschs, 1845, p. 236) sur une espèce de Sicile, le T. âfibùuiMS de l'auteur. (C.j

*TARRIÉTIE Tarrietia. bot. m. — Genre fort imparfaitement connu, établi par M. Blume {Bijdr., 227), et rapporté pat lui à la famille des Malpighiacées , tandis que M. Endlicher ( Gênera, a" 5638 ) le range parmi les Sapindacées. Il ne comprend i.u'uue seule espèce, le Tarrielia javanicu

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B'u ne, très grand arbre de Java, à feuilles composées -quinquéfoliées. Oa ne connaît que son fruit, qui est ailé. (D. G.)

* TARKO. BOT. — C'est le nom que porte à la Nouvelle-Zélande ]e Colocasia esculenla Siholt, dont le rhizouie féculent fournit aux Nouveaux-Zélandais un de leurs principaux aliments, après qu'on a débarrassé sa fécule du principe acre dont elle était mélangée. " ÏAKSKS. INS. — Voy. insectes * TARSIER. Tarsius{xoip<joi, tarse), mam. — Genre de Primates, composant seul la tribu des Tarsidés de M. Is. Geoffroy-St- Hilaire {voy. Mammifères). Ces animaux présentent tous les détails de forme des Galagos, sont Nocturnes et Insectivores; leurs yeux sont plus grands que chez tous les autres Lémuriens. L'intervalle entre les molaires et les incisives est rempli par plusieurs dents plus courtes ; leurs incisives mitoyennes d'en haut s'allongent de façon à ressembler à des canines. Ils viennent des Moluques. L'espèce type la plus anciennement connue est le Tarsiiis speclrurn. (G. B.)

*TARSIPÈDE. Tarsipes {tarsus , tarse; pes, pied), mam. — Genre unique composant la tribu des Tarsipédidés de M. Is. Geoffroy-St-Hilaire, dans la seconde section de ses Marsupiaux carnassiers; il n'existe point de grandes canines de forme ordinaire; les dents sont en très petit nombre; les pieds postérieurs sont pentadacty les, à pouces opposables (P.Gervais,/ns(i(w«, 1842). (G.B.)

TARSIUS. «AM. — Nom générique latin des Tarsiers. (G. B.)

*TARSOSTE!VUS (rapoô;, tarse; aW- «o;, étroit). INS. — Genre de Coléoptères pentamères, tribu des Clairones, établi par Spinola {Essai monographique sur les Clérites, t. 1, p. 287, tab. 32, fig. 3). Ce genre se compose de deux espèces , les T. unifascialus Rossi, et succinclus Chevr. La première est propre à l'Europe, et la seconde à l'Afrique méridionale. (C.)

ÏARTARIN. MAM. — Nom d'une espèce de Cynocéphale , le Cynocephalus hamadryas. Voy. cynocéphale. (G. B.)

TARTUFFITE. géol. — Nom donné a une variété de Calcaire qui exhale par le frottement une odeur de Trulfes.

TARUS (le Taro, rivière de Lombardie).

INS. — Genre de Coléoptères pentamères, tribu des Carabiques troncatipennes, établi

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