‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 166 sur 173 · III. Plantes dont les feuilles ont trois parties mutiles · texte numérisé non relu

III. Plantes dont les feuilles ont trois parties mutiles

A. Le pétiole commun s'abaisse.

a. Les pétioles secondaires se rapprochent.

i. Les folioles se relèvent (Mimosa pudica).

A quelle cause faut-il attribuer les singuliers mouvements qui constituent le sommeil des plantes, et les mouvements inverses qui les rétablissent dans l'état de veille et qu'amène leur réveil? A cet égard, diverses explications ont été successivement propo-. sées. Partant des idées fausses de Dodart au sujet d'une prétendue contraction des racines par l'humidité, des tiges par la sécheresse , Bonnet avait supposé que , chez le Robinia pseudo-acacia, par exemple, la face supérieure des folioles se contracte pendant le jour sous l'influence de la sécheresse , tandis que leur face inférieure se contracte pendant la nuit par l'effet de Ihumidilé. Il avait même construit une feuille artificielle dont la lame supérieure était en parchemin, de manière à devoir se contracter par la sécheresse, dont la lame inférieure était en toile , et se resserrait dès lors par l'humidité. Cet appareil, exposé successivement à une forte chaleur et à l'humidité, exécuta des mouvements dans lesquels Bonnet vit la démonstration physique de l'exactitude de son hypothèse. Mais pour faire abandonner sans retour cette explication toute mécanique, il a suffi de montrer le sommeil des plantes en serre, et la diversité d'aspect sous lequel se présente le phénomène dans des plantes différentes, et parfois dans les diverses parties d'une même feuille composée. M. Dutrochet a reconnu que le siège des mouvements qui constituent le sommeil et le réveil des plantes réside dans des renflements situés à la base de leurs pétioles et péliolules. En étudiant au microscope l'organisation anatomique de ces renfle-

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menis , il a cru y reconnaître une couche externe de tissu cellulaire incurvable par endosmose , et uu tissu fibreux incurvable par implétion d'oxygène en sens inverse du premier, et indépendant du corps ligneux plus intérieur; il a pensé que ces deux tissus ayant deux tendances opposées à l'incurvation , ou agissant comme deux ressorts «endus i^o sens contraire , la prédominance de i'uL ju de l'autre , déterminée par des circonstances tant extérieures que physiologiques, suffisait pour produire les mouvements du sommeil et du réveil. Cette hypothèse ingénieuse , bien qu'elle ait été Bccueillie avec beaucoup de faveur par les physiologistes, n'est pas plus admissible que celle de Bonnet. En effet, MM. Link et Meyea ont montré que lorsqu'on enlève circulairement, ou seulement en dessus ou en dessous du renflement moteur, le tissu auquel notre ingénieux physiologiste attribuait les mouvements du sommeil et du réveil, les feuilles , aussitôt qu'elles se sont, si on peut le dire, remises de leur blessure, exécutent de nouveau leurs mouvements avec la même régularitéquedansl'étatd'intégrité parfaite. M. Dassen a vu la cause des mouvements des feuilles pendant la nuit dans une surabondance de sève ascendante déterminée par l'augmentation d'humidité, par la diminution ou la suppression de la transpiralion. Il appuie cette théorie d'une expérience dans laquelle l'immersion de VOxalis slricta dans l'eau a déterminé le sommeil dans cette plante. Malheureusement Meyen assure qu'une humidité considérable a été impuissante pour amener un résultat analogue chez la Sensitive et la Fève.

Quoi qu'il en soit de ces hypothèses explicatives, un fait reste acquis à la science : c'est que le sommeil des feuilles est en relation directe avec l'action de la lumière. Ce fuit résulte non seulement de l'observation ' oiirnalière, mais encore des belles expériences dans lesquelles De Candolle a interverti les heures du sommeil et du réveil «t modifié la marche du phénomène au .noyen de la lumière urUficielle. Le 25 juillet îu soir, ce célèbre botaniste piaça deux pieds deSensitive, dont les feuilles étaientfermées, dans une cave éclairée, d'une manière continue, parsix lampesd'Argand dont la lumière pouvait être évaluée aux 5/6 de celle du

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