‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 59 sur 123 · SI · texte numérisé non relu

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espèce, type du genre Daclylocera de La- Ireille , a été rencontrée dans les mors d'Asie. (11. L.)

VIBO. BOT. PH. — Ce genre, propos- par Mrench (Melhnd., 318) pour le Bumex spinosus, Lin., n'est qu'un synonyme du genre Emex , Neck., auquel cette plante est rapportée généralement aujourd'hui. (D. G.)

VIB(>R(ilE. Viborgia. bot. ph. — Genre delà famille des Légumineuses-Papiliotiacées, iribu des [,olées, sons iribu des Génislées, formé par Tliiinberg (F/or. cap., p. 560) avec rorlhogra[)he de Wiborgia, qui u été modifiée par Sprengel en celle de Viborgia généralementadoptée aujourd'hui. Ce genre est formé de petits arbrisseaux indigènes du cap de Bonne Espérance, à Heurs jaunes en grappes terminales, parmi lesquels l'espèce type est \& Viborgia obcor data, Thunb. (//ed.(/saruTOcape/ise, Burm.). Thunbergen avait décrit trois espèces auxquelles les botanistes modernes en ont ajouté environ une douzaine.

Le genre Viborgia de Mœnch est un simple synonyme du genre Cijlisus, Linn., qui appartient à la même famille et à la rnéme tribu. (D. G.)

VIBORQUIA. BOT. PH. — Genre propose par Oriéga et dont de Candolle a fait son genre Varennca. — Voij. ce mot. (D.G.)

VlBRIOiV. Vibrio {vibro, s'agiter en ondulant). iNFus. — Ce genre d'Infusoires, établi par Muller et caractérisé à peu près de la même manière par son auteur et par les micrographes postérieurs, n'a cependant pas toujours compris les mêmes espèces; l'imperfection des moyens d'investigation que les premiers observateurs avaient a leur service, le peu de rigueur que certains auteurs ont apporté dans leur méthode, les progrès de la science enfin , sont autant de causes qui ont dû faire varier les limites de ce genre comme celles de la plupart des genres parmi les Infusoires. Les \'ibrio de Muller composaient le cinquième et dernier genre de la section des Infusoires épaissis, dans l'ordre des Infusoires dépourvus d'organe extérieur. U comptait trente et une espèces disparates parmi lesquelles M. Uujardiu signale trois Bacillariées et une Clostérie, qui sont des Végétaux; quatre Vers nérnatoide»; deux ou trois animalcules qui ne sont probablement pas des Infusoires; un Eu^lénien; i!8

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des Trichodien» et Paramécicns dont Mul- 1er n'a pu découvrir les cils vibraliles. Restent six espèces seulement qui sont de vrais Vibrioniens, et, parmi ceux ci, il faut restituer deux espèces , les Vibrio undula et Spirillum, au genre Spirillum. Des Vibrions de WUiler, les Vibrio lineola, rugula, bacillus et serpens, appartiendraient seuls au genre Vibrio, tel que le déGnisseni aujourd'hui les micrographes les plus habiles, MM. Ehrenberg et Dujardin entre autres. Nous avons indiqué à l'article vibrionides comment M. Bory de Saint-Vincent avait compris le genre Vibrion.

La caractéristique du genre Vibrion, limité comme il est dans la classification que nous adoptons ici, est la suivante : Corps filiforme, plus ou moins distinctement articulé par suite d'une division spontanée imparfaite, susceptible d'un mouvement ondulatoire, comme celui d'un serpent. Ce mouvement ondulatoire distingue les Vibrions du genre Bacterium, dans lequel on n'aperçoit qu'un mouvement de vacillation lente; il les dislingue aussi des Spirillum, dont le corps forme toujours une hélice ou un tire-bouchon allongé qui tourne par instant avec rapidité sur son axe, sans changer de forme.

Les Vibrions et les genres de la même famille sont, de tous les Infusoires, ceux qui apparaissent les premiers dans toutes les infusions; nos moyens d'investigation nous laissent supposer qu'ils sont des plus simples. On a décrit plusieurs espèces de Vibrions que les auteurs admettent au nombre de quatre à huit, selon qu'ils considèrent certaines d'entre elles comme des espèces distinctes, comme rentrant dans d'autres espèces admises par eux, ou comme n'étant pas même du genre. (É. Ba.)

* VIBIUOIMA (dont le genre Vibrio est le type). iNFus. — M. Khrenberg désigne sous ce nom une famille de ses Gymniques à division incomplète, dans la grande division des Anenlera ou Infusoires dépourvus d'intestin. La caractéristique de ces Vibrionia est a peu près la même que celle assignée par M. Dujardin à ses Vibrioniens; l'une et l'autre famille contiennent aussi les mêmes genres : Baclerium, Vibrio el Spirillum; mais M. Ehrenberg ajnnie à ses Vibrionia le genre duuioux Spirodiicus. — Voy. viuuiomens.

(E. Ba.)

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VIBRIONIDES (dont le genre Vibrion est le type), infus. — M. Bory de Saint Vincent établit, sous ce nom, la sixième famille de son ordre des Gymnodés, et la caractérise par un corps cylindracé, allongé, flexible. Cette famille, une des plus confuses de la classification que nous venons de citer, comprend les genres Melanella, Vibrio, Spirulina, Lacrymatoria et Pupella. Parmi ces genres, les deux premiers seulement appartiennent aux Vibrioniens de M. Dujardin:

le premier [Melanella) répond aux Baclcrium etSpirilluin; le second (Ttèno) comprend de véritables Vibrions auxquels sont accolés des Vers nématoides. La nature des Spirulina est fort équivoque. Les Lacrymatoria contiennent un Euglénien et d'autres espèces qui ne peuvent rester associées avec les Vibrions. Les Pupella nous ofl'rent des espèces très douteuses, et d'autres qui doivent certainement être éloignées des Vibrions. En somme, si l'on veut prendre le genre Vibrion pour type d'un groupe d'infusoires, la famille des Vibrioniens de M. Dujardin présente l'association la plus logique des êtres qui offrent le plus d'affinités. — Voy. VIBIUONIENS. (E. Ba.)

* V1BUI0\IE\S (dont le genre Vtbrion est le type), infus. — Nom sous lequel M. Dujardin désigne la première famille des Infusoires asymétriques, famille qu'il considère comme une sorte d'appendice et dont il a donné la caractéristique, indiqué les rapports etdésigné les genres dans l'article Infusoires de ce Dictionnaire, t. VII, p. 47. (E. Ba.)

VIBRISSÉE. Vibrissea. bot. cr.— Genre de la famille des Champignons-Hyménomycètes de Pries , sous-ordre des Helvellacps, tribu des Claviciilaircs du même auteur; de la division des Thécasporés, sous division des Ectothèques , tribu des Milrés , section des Géoglossés, dans la classification mycologique de M. Léveillé; établi par M. Fries pour des Champignons charnuseéracés, qui croissent par groupes au printemps. (M.)

VIBURMÉES. Fiburneœ. bot. ph. — La famille, établie sous ce nom par Bartling dans ses Ordines nalurales planlarum, correspond précisément à la tribu des Sambucées dans les v^aprifoliacées. — Voy. ce mot.

VIBURIMLIU »yr. ph. —Nom latin du genre Viorne. — Tu^. viorse. (D. G.)

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*VICATIE. Vicalia (dédié à Vicat, qui a écrit sur les plantes vénéneuses), bot. pu. — Genre de la faniilie des Otnbellifères, sousordre des Gampylospermées, tribu des Smyrnées, établi par de Candolle {Prodromus, vol. IV, p. 2i3) pour une plante herbacée, indigène du Népaul, près de Kamaon, qui a le port du Conium, Lin., avec la plupart des caractères de VArracacha, Bancr., dont le fruit est presque celui d'un Pimpinella, mais canipylosperme. Cette plante, unique pour son genre, a reçu je nom de Vicalia coniifoUa, UC. (D. G.)

VKIE-AMÎUAL. moll. — Nom vulgaire donné par les marchands à une espèce du genre Cône. (E. Ba.)

VICIA. BOT. PH. — Nom latin du genre Vesce. — Votj. vesce. (D. G.)

VICIÉES. Vicieœ. bot. ph. — Tribu des Papilionacées dans le grand groupe des Légumineuses (uo;/. ce mot), ayant pour type le genre Vicia, qui lui donne son nom. (Ad.J.)

VICOA (dédié à l'historien Vico). bot.

PH. — Genre de la famille des Composées, tribu des AstéroïiJées, sous-tribu des Inulées, formé par Cassini [Annales des sciences naturelles, an. 1829, p. 33, et Dictionnaire des sciences naturelles, vol. LX, p. 594) pour des plantes herbacées, annuelles, indigènes des Indes orientales, à feuilles entières, sagittées, auriculées; à fleurs jaunes, en capitules mulliflores, rayonnes. On en connaît quatre espèces, parmi lesquelles nous citerons le Vicoa auriculata, Cass., de Ceylan, et\eVicoaindica, DC, qui est commun dans toutes les Indes orientales. (D. G.)

* VICTORIA, rictoria (dédié a la reine d'Angleterre ). bot. ph. — Genre de la famille des Nymphéacées , tribu des Euryalées , formé par M. Lindiey ( Monograph.,' 1837) pour une plante qui croît dans les grands fleuves de la Guiane et du Brésil septentrional, et qui peut certainement être regardée comme une des merveilles du règne végétal. Cette admirable espèce avait été trouvée, dès 1827, par M. Alcide d'Orbigny, qui en avait envoyé en France des feuilles, des fleurs et des fruits tant séchés que conservés dans l'alcool. Elle avait même été vue huit ans auparavant par M. Bonpland. Né.inmoins ce n'est que plus tard, en 1837, qu'elle a reçu le nom de Victoria regia de M. Lindiey, qui l'a décrite et figurée dans une

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note monographique très grand in-folio, tirée seulement à 25 exemplaires. Les feuilles de ce végétal gigantesque forment des disques orbiculaires de 1 à 2 mètres de diamètre, peltés et échancrés d'un côté, relevés en nacelle sur leurs bords, d'un vert foncé en dessus, colorés en rouge à leur face inférieure, sur laquelle s'élève un réseau de grosses nervures saillantes et aiguillonées. Ces feuilles flottent à la surface de l'eau , au-dessus de laquelle s'élèvent de magni- (ii]ues fleurs larges de 3 décimètres, blanches avec le centre purpurin. Ces fleurs ont: un calice à tube adhérent campanule, aiguillonné, à limbe divisé en quatre lobes colorés intérieurement; une corolle formée de nombreux pétales insérés en plusieurs rangées sur le tube du calice, dont les extérieurs sont étalés et très grands, tandis que les intérieurs sont courbés en dedans et beaucoup plus petits; de nombreuses étamines sur plusieurs rangs, à filet pétaloïde et à deux loges linéaires, adnées , dont les intérieures sont stériles , cornues, adnées au dos des stigmates ; un ovaire adhérent, à loges nombreuses, dans lesquelles se trouvent plusieurs ovules insérés sur les cloisons; cet ovaire est surmonté d'un cercle de stigmates terminés en corne déjetée vers le centre, et entourant un large enfoncement circulaire au centre duquel s'élève un mamelon conique. Le fruit est charnu, hérissé de piquants, globuleux, et surmonté d'une sorte de godet tronqué à son bord, au centre duquel s'élève une éminence conique.

M. Alcide d'Orbigny a fait connaître {Ann. des se. nat., 2* sér., vol. XIII, 1840, p. 53) une seconde espèce de Victoria qu'il a nommée V. Cruziana. Celle-ci se distingue de la précédente en ce que ses feuilles sont vertes et glabres a leurs deux faces; que ses pétales sont tous uniformément rosés ou blancs; enfin que son ovaire est plus large. Cette seconde espèce croît dans les eaux stagnantes et profondes de la province île Corrientes, sur les rives du Parana et dans le Riachuelo.

Les graines des Victoria sont bonnes à manger rôties comme celles du Mais; d'où les Guaranis donnent à ces plantes le nom de Maïs d'eau, Mdisdel agna. (P. D.)

♦VICTORIIVA (nom propre), ins, — Genre de Lépidoptères, de la famille des

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Diurnes, tribu des Nymphalites, créé par M. E. B\atn:\\i\r(i (Histoire naiurelle des animaux artic.f ISiO ) aux «iépens des Aymphalis , dont il se distingue principalement par les aiUs longues, fortement dentelées : les posiérieures ayant leur quatrième den- Celure un peu plus longue en manière de petite queue. Les espèces qui entrent dans ce groupe sont les Niimphalis Epaphea , lra<ja et Sleneles : cette dernière provenant delà (Juiiine. (E. D.)

* VIDAI, lA {Vidal, nom propre), ins. — Genre de Diptères, de la famille des Atliéricères , tribu des Muscides , créé par M. Robineau Desvoidy (/1/i/od., 1830 ), et dilTér.int peu des Slranzia. On ne place qu'une espèce dans ce genre { V. iuipressifrons , Rob -Desv.), et qui provient des Indes orientales. (E, D.)

VIDUA {viduus, veuf), ois. — Nom gêné rique l.itiu des Veuves dans la méthode de G. Cuvier. (Z. G.)

VinUITA. ma. — Foy. veuve, (E. Ba.)

VIE. POYsioL. — il nous faudrait plus d'espace (ju'il ne nous en est accordé ici, pour Ira i 1er corn plétcmeiili'et important problème de la Vie, con.sidéré au point de vue scientifique. Dans l'obligation qui nous est imputée de nous restreindre, nous n'examinerons point les opinions diverses qui ont été émises sur la nature du principe vital, sur ses inanifesiations miiltiples dans la création. Nous ne pourrons qu'indiquer, sans en discuter la Videur, cette opinion métaphysique de l'unité fondamentale et élémentaire des forces qui déterminent l'existence des êtres de la nature, animés à des degrés divers, mais conforniéinent aux nièmcs lois. Nous nous contenterons de dire que l'on réserve, en géiiériil, le nom de Vie pour désigner l'activité spéciale des corps org.inisés, c'està-dire des Végétaux et des Animaux, et que l'élude de cette activité propre est le domaine d'une science a laquelle il reste encore d'immenses conquêtes a faire, la Phi/siologie. Pour le physiologiste, la Fie consiste, ou l'Iutôt se manifeste, dans l'accompii.ssement «le deux ordres de fonctions: les fonctions de nulriiion et les foncliims de reproduclion. Encore est il vrai que des êtres organisés peuvent vivre s.ins remplir ces dernièies , quoique, dans ce cas, ils violent évidemment la loi de leur nature, n'existant que comme

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individus et lais-sant mourir l'espèce. Vivre, c'est donc essentiellement se nourrir. Nous répéterons qu'il ne s'agit ici que du point do vue purement physiologique, et que nous laissons entières toutes les questions religieuses ou philoso[)hiques que le problème de la Vie peut soulever. Se nourrir, c'est emprunter au monde extérieur des matériaux pour compenser les pertes que nécessite l'activité vitale. Ce travail suppose des instruments appropriés : la Vie appelle VOrganisation. La faculté de dépenser et de réparer, de consommer certains produits et de s'en approprier d'autres sous une forme déterminée, caractérise essentiellement la Vie. Mais cette sorte de tourbillon des molécules dans le corps (le l'être vivant n'a pas toujours la même énergie; à certaines époques, elle se manifeste avec une intensité plus grande qu'à certaines autres, et ces degrés divers constituent les divers âges. Dans l'enfance, dans la jeunesse, l'être vivant s'assimile plus de substances qu'il n'en perd; l'âge adulte est le moment où s'équilibrent les deux mouvements en sens contraire; plus lard, les pertes sont plus considérables, l'être s'affaiblit, vieillit; puis le tourbillon s'arrête et la Vie cesse. Les phénomènes vitaux .sontils tout entiers sous l'influence des lois qui régissent le mode des corps bruts, ou bien la Vie n'est-elle, comme on l'a prétendu, qu'une lutte contre ces lois? Nous croyons que l'une et l'autre de ces opinions exagèrent la valeur de leur principe. Il n'est point douteux que certaines lois du monde physique ne perdent point leur empire dans le corps vivant; mais il ne paraît pas moins évident que, dans ce corps, le mode de combinaison des éléments résulte de forces siié ciales dont l'effet est précisément d'empêcher le jeu normal de certaines affinités chimiques qui se manifestentaprès la mort et dont le résultat est la décomposition du corps vivant. C'est ainsi que l'an'aiblissement de la forcevitale, force qu'il faut bien admettre pour rattacher à une cause des phénomènes vitaux sui generis, se trahit par la tendance des éléments à contracter des combinaisons pour ainsi dire anti-organiques avec la matière même qui constitue l'être organisé. — Lescaractères particuliers que l'on assigne à la vie des Animaux et à celle des Végétaux sont présentés dans les articles consacrés a

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l'étude de ces deux grands groupes d'êires vivants. (E. Ba.)

VIJ'MLLARD. MAM. — Nom sous lequel on adRsiiiiiérOuANDRROC.— Voy. t. VII, p. 531 .

VJEI5.LE RIDÉE, moll. — Nom vulgaire donné par les marchands à une espèce de Triton, nommée aussi Grimace ramassée, le Triton anus, Lamk. (E. Ba.)

VIEILLES, poiss. — Sous le nom vulgaire de Vieilles, nos pêcheurs désignent les Labres. — Voy. ce mot. (E. Ba.)

VIEIVLSE. BOT. PH. — L'un des noms vulgaires que porte l'Aubergine ou Mélongène, dans le Languedoc. (D.G.)

*VIÉr«ÉE. Vierœa. bot. pn. — Genre de la ramille des Cou)posées, tribu des Astéroïdées, sous-tribu des Inulées, formé par M. Barker-Webb (Phytogr. canar., vol. II, p. 22.1, tab. 84) pour un petit arbrisseau glabre, dichotome, couvert de feuilles cartila;;ineuses, charnues, très serrées; dont les capitules sont jaunes, rayonnes, multidores et honiogames, d'un bel effet. Cette espèce, encore unique, a reçu le nom de Fierœa lœvigalaœ, W. ( Buplevrum lœvigalum, Brouss. , Herb.; Donia canariensis , Lc&s .) . Elle est propre aux Canaries, oîi elle est même fort rare. (D. G.)

* VIETA (vieta, fané), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , tribu des Sépidiiies, créé par de Castelnau (Hisl. nal. des anim. arlic. , II , 196 ) sur une espèce du Sénégal , nommée par l'auteur F. veslita {Sep. seneqalense, Dej.). (C.)

'VIElJSSEl]XIE.F/eMSseua;ia(nom d'homme). BOT. PH. — Genre de la famille des Iriilées, formé par de la Roche {Dfsse;^ Lugd. Balavor., in-4", 1776) pour des plantes herbacées, indigènes du cap de Bonne-Espérance, à rhizome lubéreux; à tige rameuse dans le haut; à feuilles peu nombreuses, ensiformes; à fleuri accompagnées chacune de spaihes diphylles, herbacées, formées d'un périanthe coloré dont les six folioles sont étalées, les trois extérieures souvent barbues, beaucoup plus grandes que les trois intérieures, qui sont subulées ou tricuspidées ; de trois étamines monadelphes; d'un pistil à style court et à trois stigmates pétaloïdes, dilatés, bilobés. On cultive dans les jardins la ViEUssEUXiE A TACHES BLEUES, Fieusseûxia glaucopis, DC, dont les fleurs blanches ont les trois grandes folioles de leur périanthe

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ruarquées à leur base d'une grande tache bleue. On la multiplie par ses caïeux. (D. G.)

VIF- ARGENT, min. — F. MEncunE natif.

* VIGIA. BOT. PH. — On trouve un genre de ce nom figuré dans le Flora fluminensis (vol. IX, lab. 128). Mais aucune description n'en a été donnée, et l'on ne le rapporte à aucune famille. (D. G.)

*V1GÏERA. BOT. PH. — On trouve sous ce nom générique deux plantes figurées dans la Flora fluminen sis ( vol. Il, tab. 73, 74). Endiicher les rapporte comme synonymes, 1° au genre Escallonia, Mulis; 2° au genre Jussiœa, Lin. (D. G.)

VIGIVA. BOT. PH. —Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Phaséolées, formé par Savi {Disserl., 1824, pag. 16) pourdes plantesdétachées du genre Dolichos, Lin., dont de Candolle avait fait, dans ce dernier genre, ses sections Vnguicùlaria et Catja?!^. Ce sont des végétaux sousfrutescents, volubles, qui croissent dans les parties tropicales de l'Asie et de l'Amérique ainsi qu'au cap de Bonne-Espérance ; dont les feuilles sont trifoliolées et les fleurs en grappes. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses et se divisent eu quatre sousgenres, savoir : a. Euvigna, Endlic; — b. Callijcisthus, Endlic; — c. Catjang,Y)C.; — d. Uuguicularia, D(>. La plus remarquable d'entre elles est le Vigna Caijang (Dolichos Caijang, Lin.), dont les graines conslilueiit, assure-t on, l'aliment principal des Indiens après le Riz. (D- G.)

VIGIVE. l^iiis. BOT. PH. — Genre important de la f.jmille des Ampélidées ou Vilacées, de la penlandrie-monogynie dans le système de Linné. 11 est formé d'arbrisseaux sarmenteux, qui croissent spontanément dans les [)arlies moyennes de l'Asie et (ians l'Amérique septentrionale. Les feuilles de ces végétaux sont alternes, simples, en cœur, entières ou lobées plus ou moins profondement, parfois même incisées ou parlilcs.

Leurs fleurs sont hermaphrodites dans les espèces de l'ancien continent, dioïques-polygames dans celles du nouveau monde; elles forment des panicules opposées aux feuilles, p.irmi lesquelles un grand nombre restent d'ordinaire entièrement ou presque enlièremeiit stériles, et dégénèrent alors en , vrilles. Elles présentent les caractères sui-

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vanls : Calice libre, très court, à cinq angles cl à cinq dcnls rudimenlaires ; coiuile do ciii.i pétales insères à l'extérieur d'un disque hypogyne, coiicavs, et se soudant entre eux par leur sommet innéclii.de manière à fermer une seule pièce qui sedélaclie tout entière, au moment de ! épanouissement, en une sorte d'éloile à cinq rayons tronqués; cinq étamiiies insérées de même que les pétales, aiix(juels elles sont opposées, à anthères biloculaircs, s'ouvrant longitudinalement; ovaire libre, entouré à sa base d'un disque à cinq lobes, creusé de deux loges, qui renferment chacune deux ovules collatéraux, ascemlants, fixés à la base de la cloison; cet ovaire porte un stigmate sessile, déprimé et presque pelle. A ces fleurs succèile une baie globuleuse, biloculaire, à loges dispermes ou monospermes par avortement; le test des graines est dur et osseux; leur embryon est très petit, logé dans l'axe d'un albumen charnu, mais d'un tissu dense. Le nombre des espèces de Vignes décrites jusqu'à ce jour dans les ouvrages de botanique s'élève à environ 45. Mais, parmi elles, il en est une qui mérite de fixer parliculiéremenl l'allcntion , à cause de l'importance majeure que la culture lui a donnée. Klle a surtout un intérêt spécial pour la France, à laquelle elle fournit le plus important de ses produits afiricoles, celui pour lequel son heureuse position géographiqi;e et la douceur de son climat lui assurent des nvanlageset une pri'étninence incontestables sur tous les auircs pays. Cette espèce est la Vigne CULTIVÉE, Filis t'inijcrn , Linné. I,a patrie de ce précieux arbuste n'est pas déterminée avec toute la précision possible; cependant la plupart des botanistes, qui suivent en cela les traditions conservées par les auteurs de l'antiquité, s'acconlent à la placer en Asie, dans l'Arabie heureuse, près de Nysa. De là il s'est étemiu dans les contrées de celle partie du monde qui avoisincnt ou bordent la Méditerranée. Les Phéniciens l'ont transporté dans l'Archipel, en Grèce et en Italie; enfin les Phocéens, en venant fonder Marseille et quelques autres villes de notre littoral méditerranéen, ont introduit dans les Gaules cette culture, (jui devait devenir pour elles une source abondante de richesses. Aujourd'hui la culture de la Vigne règne sur une portion considé-

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rable de la surface du globe; mais clic ne prospère réellement que dans les contrées tempérées. Vers le Nord, elle ne s'élève pas au delà des pays où la température moyenne de l'été atteint au moins le chiffre de 19" centig. Plus haut elle ne mûrit pas ses ffuils en pleine terre, et ne peut plus être cultivée qu'en serre. Déjà même, vers cette limite septentrionale , son fruit n'atteint pas chaque année sa maturité parfaite, et ses produits ne sont pas toujours suffisamment avantageux pour que d'autres cultures ne soient substituées fructueusement à la sienne. Il parait même établi que ces raisons purement économiques ont déterminé en certains points, notamment en IVormandie, l'aband'ii decette culture. On saitquequelques auteurs, notamment M. Fuster, avaient cru trouver dans ce fait la preuve d'un abaissement de température qui se serait opéré en France depuis quelques siècles. Vers le Midi , la culture de la Vigne ne s'étend pas aux contrées tropicales; drjà, en approchant de cette limite, elle cesse de pouvoir produire une récolte de vin, et ses fruits ne servent plus que comme aliment. La raison en est que , sous l'influence d'une température constamment élevée, la Vigne ne livre plus ses produits à une époque unique, et qu'elle cesse dès lors de donner matière à des vendanges, et, par suite , à la fabrication du vin. (Pour la détermination exacte de ces limites, voyez GÉOGRAPHIE BOïANiQUR.) En Francc, particulièrement, Arthur Young a remarqué que la limite septentrionale de la Vigne forme une ligne ascendante de l'ouest vers le nord, qui, partant des côtes de l'Océan à peu près à moitié distance entre Nantes et Vannes, viendrait passer un peu plus haut que Paris, Soissons et le confluent de la Moselle avec le Pihin. Or on reconnaît au premier coup d'œil que cette ligne, qui n'a certainement pas la régularité qu'on lui donne sur les cartes (voyez l'^lore Iruiiç. de Lamarck et de de Candolle, vol. II), est parallèle à la direction générale des côtes de la Manche. Dans celte portion de notre pays où la Vigne est l'objet de grandes cultures, l'influence de la température se manifeste assez nettement par la rature des produits qu'elle fournit pour qu'on puisse tracer trois zones assez distinctes. Ainsi les parties de notre

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territoire qui longent les Pyrénées, surtout le versant niédiierranéen , circonscrit d'un côté par la mer, de l'autre par les Corbiéres, la moniagnc Noire, les Cévennes, et la ligne tracée sur leur prolongement, produisent spécialement des vins dans lesquels une maturation complète amène la formation d'une grande quantité de principe sucré. Ce sont ces vins qui servent en grande abondance à la fabrication de l'alcool ou esprit-de-vin commercial, vulgairement désigné dans nos déparlements méridionaux sous le nom de esprit trois-.ux, OU simplement trois-six, et parmi lesquels ceux qui ont valu à certains crus une célébrité européenne sont connus sous la qualificalinn de vins de liqueur. La partie de notre territoire qui s'étend du 47"^ ou 48' degré de latitude jusqu'à la limite septentrionale de la Vigne manque, au contraire, de cette chaleur qui est nécessaire pour la maturation parfaite du raisin. Elle ne donne guère que des vins secs caractérisés par leur saveur piquante, et généralement par une assez f.iible proportion d'alcool. Enfin, c'est dans la portion inteimédiaire aux deux zones extrêmes que la "Vigne semble trouver les conditions les plus avantageuses pour sa culture, et qu'elle produit les vins renommés pour lesquels le monde entier est tributaire de la France, qui tiennent en quelque sorte le milieu entre les vins secs et les vins de liqueur, et auxquels Jullien a donné le nom de vins moelleux.

Depuis que la Vigne est devenue en Europe l'objet de cultures très étendues , on l'a vue s'échapper des Vignes et reprendre un état qu'on regarde ordinairement comme sauvage. Mais il est évident que ce mot ne peut être admis ici que comme exprimant une simple dégénération, et nullement un étal primitif. Il n'y a là, en effet, qu'un retour imparfait vers la nature. Cet état de la Vigne se montre fréquemment dans les haies , dans les lieux pierreux de nos départements méridionaux; il constitue ce qu'on y nomme lambrusco , mot traduit en français par lambrousqiie. Le fait le plus curieux, à cet égard, est certainement celui que présente YAlgaida de San-Lucar de Barameda, en Andalousie. On nomme ainsi un terrain un peu élevé et inégal qui s'étend du port de Donnanza jusqu'au nurd-ouesl de San-Liicar, dans une longueur de deux lieues, sur

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une largeur d'environ une demi-lieue. «C'est là que la Vigne sauvage forme des forêts impénétrables, des cabinets magnifiques, des pavillons gracieux, des gro'tes, des places, des chemins couverts, des sentiers tortueux, des labyrinthes, dos murailles, des arcs, des colonnes, et mille autres caprices originaux qu'il est impossible de décrire. » [Essai sur les variétés de la Figne, par D. Simon- Roxas Clémente, traduct. deM. deCaumels page lcS9.) '

La diversité presque infinie de vins que produit la Vigne, dans les nombreux pays où elle esl cultivée, tient essentiellement au grand nombre de variétés que cet arbuste a produites. I.ongtempsl'élude de ces variétés a éié fort négligée, et leur connaissance fort imparfaite. L'impulsion et l'exemple donnés par Duhamel n'ont amené pendant assez longtemps que peu de résultais; mais la formation de la précieuse collection du Luxembourg, et les recherches de Bosc, les travaux deChaptal, auxquels ellea servi de base, en outre les observalions assidues de don Simon-Roxas Clémente, en Espagne, de Cavoleau , de M. Odart, etc., en France,' celles de quelques savants allemands et italiens, ont jeté du jour sur cette portion si longtemps obscure de la science. Dans l'état actuel des choses, il semble impossible de négliger la question importante de ces varié tés, au tant que cela a été fait généralement dans les dictionnaires d'histoire naturelle antérieurs à celui-ci. Nous croyons donc devoir présenter ici , à cet égard , des détails que nous exlrairuns surtout de l'important ouvrage de M. Odart, tra\ail sérieux, fruit d'observations attentives et consciencieuses, poursuivies sans relâche pendant tout le cours d'une longue existence. [Ampélograp/iie universelle , ou Irai lé des cépages les plus estimés daris tous les vignobles de quelque renom, par M. le comte Odart, 2" édit. Paris et Tours, 1849. In-S» de 492 pages.)

La première question qui se présente consiste à savoir si les formes nombreuses sous lesquelles la Vigne se présente dans les cultures doivent être regardées comme de simples variétés dune seule espèce, ou si, au contraire, on trouve en elles des caractères d'une valeur suffisante pour obligera admeltre que divers types réellement spècili-

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flues sont réunis sous la (lénomipalion unique lie Vigne cullivép. Celle question a été ilSoIuc par les auliuis cp Jeux sens diamétralement opposes. |.es botanistes admcllcnl, en général, que toutes ces formes ne sonl que de simples variétés, dont leur mode ordinaire de multiplication assure la conservation, ou qui peuvent avoir arquis cette fixité qu'on remarque dans les races de beaucoup de nos espèces cultivées. Quelques uns vont même plus loin. Ainsi Dussiciix, auteurtierariifle Vigne dans !eZ>(c(;o)i)ifl/'p d'ugnciilture de Hozier, Chaptal, Bosc, etc., non seulement admettent celle solution, mais encore ilsallribuent aux simples ciiangements de climat, au temps lui-même, une influence capitale, et la faculté de transloimer ces variétés, de les multiplier, etc. D'aprè.s eux, il n'y aurait dans ces formes ou'une permanence purement conditionnelle. Dussieux, en particulier, assure que moins de dix transplantations suffisent pour que les formes les mieux caractérisées deviennent méconnaissables. D'un autre côté, Roxas Clémente admet, d'après ses observations, la permaneice de <li\erses formes de la Vigne. Ainsi il cite divers cépages, comme ]e Pedroxhiieiiès,le IJsicui commun, etc., qui conservent leurs caractères dans les localités cl les expositions les plus diverses, depuis le niveau de la mir jusqu'à une altitude de 1,200 toises; il p;irle de treilles amibks] qui cvistent encore dans le royaume de Grenade depuis le temps des Maures, et qui ressemblent partaitemcnt à des variélés cultivées aujourd'hui dans le même pays; enfin des observations précises lui ontappris que, dans l'Algaida, que nous avons cité plus liant, « différents cépnges, parfaitement caractérisés, se propagent spontanément (de gr lues); on en rencontre de chaque espèce des individus très vieux, d'auircs récemment nés, elde tous les âges intermédiaires; mais autun ne dément sa caste , et n'affecte les formes ni les propriétés qui distinguent les autres cépages. » {Loc. ciiai., page 189.) Ces faits disposent le célèbre nmpélographe csjjagMol à admettre que des types spécifiques distincts existent parmi les nombreuses formes de la Vigne.

Les limites entre les espèces, les races et les variétés ne sont pas assez nettement tracées pour qu'il soit [lossible de donner à cette

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question une solution rigoHreusc. Cepeiidatit rien ne semble s'opposer à ce qu'on regarde la Vigne cultivée comme formant un grand type spécifique, dans lequel les formes les plus constantes formeraient des races subdivisées elles-mêmes en variélés. Ces races ne sont autre chose que les tribus de r.oxas Clémente, les familles de M. odart. Pourquoi n'appliquerait-on pas, en envi, ^ la Vigne les principes admis pour les autrçs planlescultivéesPTouslesjours nous voyons naître parmi les légumes de nos jardins des variétés que la nature conserve et proj)age» qui se multiplient même par les semis, t^es variélés prennent alors et mérilcni la qualification de races, et non celui cj'especes, qui n'appartient réellement qu'au type çiaquel elles sont sorties. Pourquoi ne pas admettre la même méthode pour la Vigne?

Une cliissification méthodique des nombreuses variétés de la Vigne cultivée (l) aurait une grande importance; mais les difficultés que présente ce genre de travail ont rendu jusqu'ici infructueuses les tenlatives qui ont été faites pour atteindre ce but désirable, ou bien elles ont délerniiué certains auteurs à y substituer un simple arrangement par localités. Boxas Clémente a essayé de classer en botaniste les 12() vaiiélés de Vignes dont son ouvrage renferme la description. Il les divise d'abord en deux grandes catégories : celles à feuilles colonlleu^es et celles à feuilles pileuses ou presque nues. Mais celle divisioii est l'un des plus grands vices (le sa classification, car elle oblige à éloigner l'une de l'autre des variélés que tout rapproche. En outre, dans chacune de ces divisions, il a pu sans doute établir un certain nombre de groupes distingués par des caractères communs : 6 dans la première, 9 dans la seconde; niais en dehors de ces groupes il reste encore 48 variétés isolées qui n'entrent dans aucun d'eux, et qui, dès lors, rendent la classification bien insuffisante. Les elTorts que M. Vongok a faits pour perfectionner cette classification n'ont pas été très heureux. Les autres classifications, basées sur la forme des grains ronds d'un côté, oblongs de l'autre (Metzger), sur la couleur de ces grains (Acerbi, Milano), etc., ont, a divers

(i) M. 0'l.irt :iil met que le nombre de cei variétés peut

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égards, une assez grande commodilé pratique, mais présentent aussi des inconvénient» majeurs. Convaincu de l'inutilité de ces efforts pour classer les cépages d'après un ordre méthodique, qui en rende en même temps la détermination facile, M. Otiart s'est décidé à les ranger uniquement par localiiés ou régions. Peut-être est-ce tout ce qu'il est possible de faire dans l'état actuel de la science; mais un pareil arrangement n'est certainement pas une classification. D;ins tous les cas, il est entièrement inutile pour déterminer et nommer un cépage quelconque, à moins qu'on ne connaisse exactement le lieu d'où il provient. Néanmoins, si cet ordre ne semble guère convenir à un travail général, tel qu'une ampélographie universelle, il est commode pour un simple aperçu tel que celui que nous allons essayer de donner dans cet article, et dès lors nous croyons devoir l'adopter. Les détails qui vont suivre seront puisés en majeure partie dans l'ouvrage de M. Odart, dans la Topographie de tous les vignobles connus, par Jullien (4' édit., 1848), dans les volumes publiés par les inspecteurs de l'agriculture, par les soins du ministère de l'agriculture et du commerce, dans le chapitre relatif à la "Vigne du Cours d'agriculture de M. de Gasparin (Paris, 1848, vol. IV, pages 593-689). etc.

M. Odart partage la France en quatre régions, à chacune desquelles il rattache les pays voisins ou analogues. Ce sont les régions : 1° occidentale, 2° centrale , 3° orientale, 4» méridionale. Nous ne considérerons ici que la France, laissant, pour le moment, do côté les autres pays, sur lesquels nous reviendrons plus tard brièvement.

1° Région occidentale. Celte région comprend cpux de nos déparloments qui avoisinent l'Océan sur une largeur de 50 à GO lieues : au nord, jusqu'aux coteaux de la Loire-Inférieure; au sud, jusqu'à la limite septentrionale des départements des Landes et du Gers.

Elle présente d'abord les vignobles célèbres qui fournissent les vins de Bordeaux. Ces vins sont ronges ou blancs, et les uns et les autres s'élèvent jusqu'aux premiers rangs dans la classification par ordre de mérite établie par Jullien. Les vins rouges du Bordelais sont fournis surtout par la va-

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riété nommée Carmenei ou Carbenet, Breton , etc., reconnaissable à ses feuilles minces et sans ampleur, découpées en cinq lobes, légèrement cotonneuses en dessous; surtout à ses grappes peu fcurnies de grains à peine moyens, ronds, ppu serrés, noirs et d'un goût particulier, dont le pédoncule et les pédicclies sont violets ; ses sarments sont longs et rougeâtres. — A un rang inférieur viennent les cépages suivants : le gros et le petit f^erdot, dont les grappes sont courtes, vermeilles, d'un goût délicat ; elles différent entre elles seulement par la grosseur des grappeset des grains. Le Merlot oa Vitraille, à feuilles amples, rugueuses, profondément découpées, un peu cotonneuses en dessous; à grains ronds d'un beau noir velouté. Ce plant est très estimé pour l'abondance et la qualité de ses produits, et il est précoce. Enfin, après les précédentes variétés, viennent le Tarmii coi(/aH/, variété très précoce, ce qui obligea l'épamprer, le Cauny, etc.— Les vins les plus estimés produits par ces variétés sont ceux de Chcâteau-Margaux, à xMargaux; de Château-Lafitte, à Pauillac; de Chàteau-Latour, à Saint-Lambert; de Chàteau-Haut-Brion , à Preissac, etc.

Les cépages à raisins blancs du Bordelais appartiennent surtout aux variétés suivantes : le Sémillon, ou Colombar, ou Chevrier, dans laDordogne, variété à végétation vigoureuse, qui domine dans les vignobles. Ses feuilles sont très découpées, d'un vert pâle; sa grappe est grosse, bien garnie de grains assez gros, ronds, peu serrés, d'un jaune pâle , d'un goût agréable ; ses sarments sont très gros, d'un rouge foncé un peu brun. — Les Sauvignons, ou Blancs fumés, ou Surins, à grains oblongs de grosseur moyenne, formant une grappe médiocre, et distingués par une saveur particulière qui les rend très agréables à manger. Ils composent une partie notable des meilleurs vignobles de la Giromle. M. Odart en distingue surtout une sous-variété jaune et une verle. — Quelques autres variétés, CDUime, par exemple, la Musquelte, ou Muscadet doux, ou Guilax musqué, à grains ronds, peu serrés, de couleur d'ambre, jouent un rôle moins important.—Les variétés que nous venons de signaler produisent les vins blancs .si estimés deBarsac, Preignac, Sauterne, Borames, Blanquefort, Langoo, etc.

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j,c (iépartement de la Charente et ceux qui ravoisinenl cultivent certaines variétés spéciales à raisins noirs cl blancs : les premières fournissent des vins de répulalion et «ie mérllc médiocre.: les dernières produisent des vins blancs estimés , très remiirquables comme donnant les eaux-de-vie dilisdc Cognac, les plus recherchées du monde entier. Les principales d'cnire ces variétés à vins rouges sont : le Cliauché noir, à feuilles peliies. peudécoupées.colonneusescn dessous, jaunâtres en dessus; à grappes moyennes, assez peu garnies de grains peu serrés, oblongs; le Déyuûiain, ou Sainiongeois , ou J'oUe mire, cépage très fertile et très répandu, à feuilles cotonneuses en dessous; à grosses et nombreuses grappes , bien garnies de grains noirs, ronds et assez gros, d'un goût peu agréable ; le Vatzuc, le AJarocaiu, etc. Parmi le's variétés à raisin blanc, la plus remarquable est, sans contredit, la Folle blanche ou Enragea, de laquelle proviennent les eaux-de-vie de Cognac. Ses sarments ont les entre-nœuds courts; ses grappes sont nombreuses, très serrées, à grains ronds, de grosseur moyenne. Deux autres variétés à grains jaunes dans l'une, verts dans l'autre, se raitaclienl à celle-ci, et partagent ses caractères généraux.

2° Région centrale. — Celte région s'élève au nord , sur plusieurs points, jusqu'à la limite supérieure de laVigne. Elle renferme les vignobles si justement célèbres de la Bourgogne et de la Champagne; celui de l'Ilermilage (Drôme), dont les vins sonlclassésau même rang que les plus renommés du Bordelais et de la Bourgogne; celui de Côte- Rôtie, etc. Les variétés qu'on y cultive sont nombreuses; nous en signalerons les principales.

Celles sur lesquelles reposent essentiellement les hautes qualités des vins de Bourgogne forment la race ou le groupe des Pinots OU Pi»e(ii(x. Ces cépages sont caractérisés par de petites grappes a grains ronds, à peine de grosseur moyenne; leur végétation est faible, leurs sarments sont grêles cl allongés. Us fleurissent et mûrissent de bonne heure. Leurs produits sont peu abondants, mais de qualité supérieure, et assez spiritueux. Leur culture exige des soins continuels, ce qui. joint a leur peu de fécondité, les fait entièrement repousser de nos dépar-

tements méridionaux. Dans la Bourgogne, on les nomme généralement Planf; nobles. Les variétés de ce groupe sont noires, grises ou blanches. Parmi les premières, on trouve : le Pinot noir, ou Noirien, ou Franc Pinot, ou Petit plant doré, qui forme comme le type de celte race: ses feuilles sont assez grandes, un peu rugueuses en dessus, nues en dessous, peu profondément lobées; son vin est supérieur, mais très peu abondant; !c Gi:os plant doré d'^ij ou Morillon, à grappes plus longues et à grains plus gros; le Plant meunier, ou Ternaise , ou Morillon laconné, à feuilles couvertes d'un duvel blanc très épais, surtout en dessous ; son vin est abondant, mais de qualité médiocre; sa maturité est précoce; le Pinot mour, ou Alouret, ou 1 êie de nègre, à grains 1res noirs, luisants, de grosseur à peine moyenne ; le Pinot rougit/, à grains roiigeâtres, cultivé seulement dans les meilleurs crus de la Bourgogne, donnant un vin léger et parfumé. — Le plus remarquable des cépages à raisin gris appartenant à ce groupe est le Pinoi yns, ou Buroi, nommé en Ch impagne Fronœnioi et Petit gris, Grisel et âluscailet en d'autres localités. Il fait l.i base des vignobles renommés de Sillery cl de Verscnay. Son grain feuille-morle donne un vin parfumé et léger. — Enfin, comme type des variétés à raisin blanc appartenant au même groupe, nous citerons le Pinot blanc, ou I\''oirien blanc, ou Cliardonnei, ou lùnissean, qui donne aux meilleurs vins blancs de la Bourgogne leurs qualités les plus eslitnées; il forme la base des vins de Montrachet et de Pouilly. Ses grappes sont petites, allongées, à grains un peu oblongs , serrés, marqués de points bruns, et dorés du côté exposé au soleil. Il produit très peu. Après celui-ci on cslimc le Morillon blanc , Auxois ou Auxerras blanc, Auvernal blanc, à grains ronds et jaunes, peu serrés, d'un goût sucré et parfumé ; à grandes feuilles peu découpées.

Une autre race ou tribu fréquemment cultivée en Bourgogne à cause de l'abondance de ses produits qui , à la vérité et par une conséquence naturelle, sont généralement de qualité inférieure, est celle des Gomni/s ou Camais. On les mêle souvent aux Pinots pour obtenir des vins de valeur intermédiaire entre ceux produits par l'un ou l'autre des deux plants exclusivement. Des

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ordonnances des ducs de Bourgogne qui renoonlentau xiv siècle proscrivaient comme injdiiie le (jros Gmnay ou Gumaij rond, que distinguent des feuilles planes , un peu cotonneuses en dessous, grandes, peu découpées et à peliole \iolet; des grappes' nombreuses, assez grosses et bien garnies de grains noirs, un peu oblongs. D'après M' Odart , ce cépage a presque disparu aujourd'hui de la Bourgogne, où il a été remplacé par le Gamai/ de Hlalain. Une autre variété remarquable est le petit Camay ou Gamait 7wii' ou Lyonnaise comuinne , moins productif que la plupart des cépages de ce groupe, mais dont le vin est de bonne qualité, quoique assez abondant. A leur maturité, ses grappes ont la rafle violette. Le Liverdun , ou Ericé noir, ou Gro.tse race, Gatnay de Liverdun de M. Odart, est un cépage d'une abondance constante , qui tst peu cultivé en Bourgogne, mais très communément en Lorraine et dans les "Vosges. Ses feuilles sont planes , grandes , d'un vert foncé en dessus, nues en dessous; ses grappes coniques, précoces, sont bien garnies de grains un peu oblongs.

Les variétés de v ignés que nous venons de signaler donnent les vins de Bourgogne et de Champagne, dont la réputation égale celle des meilleurs vins de Bordeaux. La plupart des vins les plus renommes de la Bourgogne sont rouges. Parmi ceux-ci, les plus recherchés sont ceux de la Bomanre, le Chambertin , le Richcbourg, le clos Vougeot, la Tâche , le Corton, le Musigny, tous de la f ôte-d'Or, etc. Parmi les blancs, les plus estimés sont ceux de Montrachet , que Jullien range dans la première classe, et ensuite ceux de la Perrière, la Conibolte, la Goulte-d'Or, etc., également du département de la Côte-d'Or. Quant à la Champagne, ce sont ses vins blancs qui font la célébrité de ses vignobles, et parmi eux, les plus justement renommés sont c*ux de Sillery et Versenay, d'.Vy, de Mareuil, de Dizy, d'Hautviilers, de Pierry, d'i'pernay , etc. Ces vins blancs sont faits les uns avec des raisins blancs, la plupnrl avec des raisins noirs, à l'aide de procédés de vinification qui exigent beaucoup de soins et de précautions, si l'on veut en obtenir des vins incolores ou sans taches. Le haut prix de ces vins lient non seulement à leur mérite réel et

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supérieur, mais encore aux pertes considérables qu'on en fait par suite de la rupture des bouteilles, perles qui sont d'ordinaire d'environ 1/5, et qui, dans certaines années, se sont élevées jusqu'aux 4/b.

Le célèbre vignoble de l'Hermitage ,dans le canton de Tain (Drôme), que .M. Odart range parmi ceux de la réuion centrale de la France, bien qu'en réalité il semble appartenir plutôt à la région méridionale, est formé en presque totalité de deux variétés qui portent le nom de grosse et petite Sirrali ou Syras. Celle-ci est la plus répandue des deux. Ses sarments, à longs entre-noeuds et à nœuds violets, sont, pendant l'hiver, d'une teinte grise particulière ; ses feuilles sont grandes, un peu cotonneuses en dessous; ses grappes sont cylindriques, assez bien garnies de grains noirs, égaux, peu serrés et oblongs. La grosse Sirrah se dislingue par des grappes plus abondantes , à grains plus ronds et plus gros. Ces deux cépages donnent les V ins rouges de l'Hermitage que Jullien classe au même rang que les meilleurs du Bordelais et de la Bourgogne, mais dont la plus grande partie est employée pour donner aux produits des meilleurs crus du Bordelais plus de corps et une couleur plus prononcée. Deux autres variétés à raisin blanc sont également cultivées sur le coteau de l'Hermiiage et proiinisent des vins blancs du premier mérite. Ce sont : 1° la Jionssanne ou lioussetle, cépage vigoureux, à sarments gris en hiver, à grappes composées de grapillons bien déiachés, garnis de petits grains ronds, très écartés , longtemps verts et très roux ensuite à leur maturité ; et la A/arsanne , dont on dislingue, comme pour la précédente, deux sous-variétés, suivant la grosseur des grains.

Le vignoble de Côte-Rôtie (Rhône) est presque entièrement formé d'une variété à raisin noir, nommée Séz-î/ie noire, Corbdle noire. Damai noir, à feuilles planes, minces, remarquables parce que leur sinus basilaire est formé par un angle très ouvert et des lignes droites; à belles grappes allongées., composées de grains peu serrés, un peu oblongs. Ce cépage donne un vin rouge très estimé et de seconde classe, d'après Jullien.

Le vignoble de Condrieu (Rhône) est composé principalement du f^ionnier bianc Ou Pologne, qui produit un vin blanc estime

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et dont le raisin est aussi très estimé pour la table.

Dans les parties de la région centrale plus rapprochées de l'ouest, on cultive abondamment une variété qui fait le fond de vignobles nombreux et très étendus. C'est le Côt ou Caltors , ou yfuxerroi^ , OU Pied-lioiuje , Pied-dc-Perdrix, Magroi, etc. Il est bien caraclérisé par ses sarments gris , rayés de lignes d'abord rouges, plus lard brunes, forts et à entre-nœuds courts; ses grappos sont assez grosses, irrégulières, peu serrées, formées de beaux grains bien noirs, ronds. Ces raisins ont la rafle rouge; ils sont très bons à manger. Ils font la base des vins du Queicy, du haut Agenais, de ceux du Cher. Ils produisent un vin très coloré, de bon goût et spiritueux, que le commerce expédie en grande quantité , surtout pour améliorer des vins plus faibles.

Enfin j une variété répandue dans les vignobles de tout le centre de la France est le Teinturier ou Gros noir, Oporto , Plani des bois, très reconnaissable à ce que ses feuilles inférieures rougi.'senl longtemps avant la maturité du raisin et sont entièrement rouges au moment de la vendange; ses grappes sont arrondies, bien fournies de grains serrés, ronds, noirs et dont le suc est cramoisi. Ce cépage donne un vin de faible qualité, mais qui sert habituellement à donner de la couleur à ceux qui en manquent.

3° Région orientale et septentrionale. — M. Odart comprend sous cette dénomination la Lorraine. l'Alsace, la Franche-Comté et les parties qui longent les Alpes jusqu'à la région méridionale. Les vignobles de cette région sont compo>és en majeure partie de variétés à raisin blanc. Bien que certains des vins qu'ils produisent soient recherchés, aucun n'arrive à la haute réputation de ceux qui nous ont déjà occupé. On y retrouve la plupart des variétés cultivées en Bourgogne, les Pinots, le Liverdun, le Morillon bl.mc, eic. et , en outre, quelques variétés particulières, comme: Le IS'oirmenu, que M. Odart regarde comme un rinol, mais qui est plus productif, dont les grappes sont serrées, formées de petits grains ronds, égaux; il est très muiiiplic dans la Moselle. lAFarenne noire, cépage très fertile, qui abonde dans les départe-

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ments de la Meuse et de la Moselle. Son bois est rouge en hiver; ses raisins sont serrés, à grains entièrement ronds. Le Poulsardou Pulsari, Pendoulut, raisin verle, fait la base des bons raisins rouges du Jura. Ce cépage estimé sedistingue par ses feuilles d'un vert tendre, légèrement velues en dessous , plus longues que larges, à 5 lobes bordés de dents aiguës; ses grapjtes sont grosses, allongées, pendantes, peu fournies de beaux grains oblongs, qui se détachent facilement à leur maturité; il est vigoureux, précoce, de longue durée et productif. Le Trousseau OU 'J'ressean est aussi très répandu dans le Jura ; quoique assez productif, il donne un vin de très bonne qualité ; sa maturité est tardive; ses feuilles sont larges, épaisses, arrondies et rugueuses, glabres, d'un verl jaunâtre en dcs.-us, un peu cotonneuses en dessous; ses grappes sont de grosseur moyenne, allongées, à grains d'un noir affaibli par une pruine abondante. L'Enfariné, qu'il faut distinguer du Meunier de la Bourgogne et d'une variété qui porte dans le Doubs le nom àe Fariné, se reconnaît aisément à ses feuilles plus longues que larges, très profondément découpées , à dents aiguës , un peu velues en dessous, particulièrement sur les nervures ; à ses grappes courtes, formées de gros grains ronds, dont le noir est masqué par une pruine blanche abondante, d'où lui est venu son nom. Sa saveur très acerbe se retrouve pendant les premières années dans le vin qu'il fournit; mais elle disparaît ensuite. Parmi les cépages à raisin blanc nous citerons le Savagnin verl , ou Savoignin, ou Fromenteau , très répandu et très estimé dans les meilleurs vignobles du Jura , tels que ceux d'Arbois, de Chàteau-Ghalons, et qui donne d'excellents vins mousseux, peu inférieurs en mérite réel aux bons vins deChampagne ; malheureusement il mûrit tard. Ses feuilles sont d'un vert glauque, petites, arrondies et très peu découpées, cotonneuses en dessous; leur pétiole et l'origine des nervures sont colorés en rouge obscur ; ses grappes sont de grosseur moyenne, assez bien garnies de grains oblongs, verdàtres, à pellicule épaisse. M. Odart Tiit remarquer que ce nom de Savagnin , que portent encore dans le Jura quelques autres cépages, même parmi ceux déjà signalés dans la région centrale , n'in-

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clique aucune analogie avec les Sauvignoiis du Bordelais.

4° Il Éyion méridionale. — La limite supérieure de celte région est fixée par M. Odart à une ligne qui, partant du bassin d'Arcachon, suivrait les limites nord du département de la Haute-Garonne, remonterait le Tarn , laisserait au nord les montagnes du Vivarais , passerait par le confluent de la Drômc et du Rhône, et remonterait ensuile le long de l'Isère. Cette portion de la France produit une très grande abondance de vins de natures très diverses. La maturité parfaite qu'y atteignent les raisins sous l'influence d'un été plus long et plus chaud y développe en plus forte proportion la matière sucrée et rend, par suite, les vins de celte région plus spiritueux. En outre, le climat permet d y cultiver des variétés qui ne mûrissent que très imparfaitement ou même pas du tout dans les ré;^ions précédentes. C'est surtout dans quelques uns des départements de cette région que la culture de la vigne a pris une extension extrême, et qu'on l'a vue . depuis cinquante ou soixante ans, envahir d'ai)ord tous les coteaux, toutes les parties ondulées du pays, descemlre ensuite dans les plaines et gagner même les terres d'alluvion les plus fertiles, que leur nature semblait destiner uniquement à la culture des céréales et des plantes fourragères. A mesure que cette extension exagérée avait lieu, des idées nouvelles prenaient naissance et commençaient à opérer, dans cette culture méridionale , une révolution complète qui, en ce moment, est entièrement accomplie sur plusieurs points. Reno;içant presque entièrement aux cépages producteurs de bons vins, beaucoup de propriétaires vilicoles en ont adopté de nouveaux, pour la plupart tirés de l'Espagne, dont la fécondité est extrême, mais qui, par cela même, ne donnent que des produits d'une valeur extrêmement faible. Ces vins sont très médiocres, mais ils sont très avantageux pour la fabrication de l'esprit-dc-vin commercial, et leur abondance peu commune permet d'obtenir des vignes un rendement défuîitif bien supérieur a ce qu'on aurait pu espérer des vins de meilleurt! qualité que le climat permet de récoller lorsqu'on le désire. Aujourd'hui une grande partie des départements de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, des

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I Bouches-du-Rhône est couverte de ces vignes dont les vins ne sont propres qu'à la fabrication de l'alcool ; c'est de là que provient la presque totalité de celui que le commerce transporte dans les diverses parties du monde. C'est là aussi que tout ce qui a rapport à la vinification a pris des proportions qu'on peut dire colossales. La plupart des auteurs qui se sont occupés de la vigne et de ses variétés ont traité fort déilaigneusement ou ont même laissé entièrement de côté cette branche si importante de notre richesse agricole. N'est-ce pas là l'elTet d'une prévention injuste.'' Nous croyons ne pas devoir suivre eet exemple, et nous commencerons par indiquer le petit nombre de variétés cultivées uniquement pour la distillation.

Leur nombre est peu considérable, et il diminue encore tous les jours, les nouvelles l»lantations ne se faisant qu'avec les cépages dont la fertilité est le mieux établie. Les principales d'entre elles sont les suivantes : VAiamon, plant iic/ie, est quelquefois nommé en languedocien plant rabalaïré (plant traînant), à cause de ses longs sarments qui traînent à terre. Sa fécondité est très grande ; ses grosses grappes sont cylindriques, allongées et formées de gros grains ronds peu serrés ; il donne un vin clair qui se conserve. Son développement précoce au printemps le rend sujet à soufTrir des gelées tardives. Le Terret ou Tarrel noir, que M. Odart ne mentionne même pas , est un cépage recommandable à plusieurs égards.

Planté dans de bonnes conditions, il donne en abondance un vin spiritueux, coloré, qui se conserve très bien et qui mérite d'être regardé comme bon vin de table, lorsqu'il a été traité convenablement. Ses raisins sont gros , un peu ramassés et bien garnis de grains gros et ovoides. Dans le déparlement de l'Hérault et de l'Aude, on les mange habituellement, et ils forment toujours la plus grande partie de ceux que l'on conserve après les vendanges. Bien que M. de Gasparin le regarde comme peu commun dans le Midi , nous pouvons assurer qu'il joue encore un rôle important dans les vignobles du Bas-Languedoc. Le Terret-Bourret est celui qui composemaintenantla plusgrande partie des vignes à vins de chaudière. \\ réussit dans presque tous les terrains; mais dans les bonnes terres, particulièrement

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dans Icsalluvions des plaines, sa pioduclion devient des plus aboddantes. Sa nialurilé est tardive; il a siu l'Aramon l'avanlage de ne pas coucher ses saimenls; ses grappes pèsent jusqu'à 2 et 3 kliogr.; leurs grains ovoïdes sont d'un gris rougeâlre assez cluir. La Caïujnane ou Caiiijuane, Cri(jiiiinc,\!ine beaucoup pour la quantité et la nature de ses produits suivant le sol où elle est cultivée. Dans les bons terrains, elle produit abondamment; mais même alors son vin est beaucoup plus coloré que celui des variétés précédentes; c'est seulement dans ces conditions qu'on le compte parmi les variétés destinées, à la fabrication de l'alcool. Sa grappe est grosse, à gros pédoncule et bien garnie de grains noirs, presque ronds, moins gros que ceux des Terrels ; ses feuilles, profondément divisées, sont cotonneuses en de.s.sous. Ce cépage abonde surtout dans les environs de Narbonnc; sa proportion diminue aujourd'hui dans ceux de Déziers.

Déduction faite des variétés cultivées uniquement à cause de leur ferlililé , la région méridionale en possède encore un grand nombre d'autres qui fournissent des vins recherchés, soit comme vins d'ordinaire, soit surtout comme vins de liqueur.

Le département des Casses-Pyrénées possède les deux vignobles renommés de Jurançon et de Gan , près de Pau , qui produisent des vins rouges et blancs fort estimés. Le cépage qui parait appartenir plus particulièrement à ces localités, et quicontribue le plus à la haute qualité de leurs produits, est le Qiiillurd, connu sous le nom de Jurançon blanc dans le Tarn cl la Dordogne. Son nom de QidltarJ rappelle son caractère principal, qui consiste dans la direction verticale et roidc (en quillejde ses sarments à nœuds très courts; ses feuilles sont très découpées, de grandeur moyenne , très cotonneuses eu dessous; ses grappes sont nombreuses, à grains très serrés, ronds, restant longtemps verts. Ces deux crus et quelques autres moins renommés produisent beaucoup plus de vins blancs que de rouges. Une variété à raisin rouge qui est commune aux vignes de ce déparlement et à celles des Hautes -Pyrénées est le Tanai. Celle-ci domine particulièrement dans le vignoble de Madiran (Hautes-Pyrénées) , d'où proviennent des vins rouges très colorés, de

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saveur iiprc pendant les premières années, qui sont très estimés quand ils ont vieilli. Le Tanat se reconnaît facilement à ses feuilles rugueuses en dessus, cotonneuses en dessous , à bord réfléchi ; sa grappe est bien fournie de grains de grosseur à peine moyenne, serrés, très ronds, à pellicule mince.

Le département des Pyrénées-Orientales est le plus remarquable de nos départements méridionaux pour le mérite et la variété de ses vins. Ce sont des vins rouges très colorés, très corsés et spiritueux, veloutés et de très bon goût, qui se dépouillent et gagnent de nouvelles qualités à mesure que les années leur donnent cette teinte dorée et cette saveur que désigne l'épiibèle de i^o/cîo, empruntée à l'Espagne, les plus renommés sont ceux de Canyuls, Collioure et Port-Vendres. Ces mêmes crus produisentaussi des vins de liqueur appelés i7//5 de Grenache, du nom de la variété qui les fournit. Les environs de Salses produisent aussi un vin de liqueur nommé Maccabéo, du nom du cépage qui le donne. Enfin Piivesaltes est célèbre par ses vins muscats, les premiers du royaumeel du monde, que Grimod de la Reynière considère comme le meilleur vin de liqueur de l'Europe et qu'il compare au fameux vin de Constance (cap de Ijonne-Espérance). Presque tous les cépages qui produisent ces vins se retrouvent plus ou moins dans les autres départements méditerranéens. En \oici les principaux:

Le Grenache pu Granache , dont le nom est dérivé de l'espagnol Granaxa, et qui est connu dans les autres dépariernents méiiiterranéens sous ce même nom et sous celui à.'Alicante, se dislingue par ses feuilles d'un vert jaunàlre, lisses à leurs deux faces, portées sur des sarments à euIrc-nœiKis courts, très gros dans le bas, et ne s'aoùtant pas dans la partie supérieure ; ses grappes sont coniques, régulières, formées de grains peu serrés, ovoïdes, d'un noir bleuâtre. C'est un cépage fécond: il donne un vin rouge clair, très spiritueux, que son goût très agri^ble rapproche, dit Jullien, de celui de Rota, et plus encore de ceux de Chypre. Il est au moins aussi répandu dans les déparlements de l'Hérault et du Gard que dans le Roussilion.

Le San-Anioni ou le Sainl-Anioine est

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plus spécial aux Pyrénécs-Orienlales. Ses pousses et ses jeunes feuilles conservent assez longtemps une coloration en rouge vif, et àcecaracièie succède ensuite celui fourni par ses feuilles adultes minces, profondénient di'coupées, recroquevillées en dessous et d'un vert terne. Ses grappes sont belles, à gros grains ellipsoïdes, couverts d'une pe;iu noire, épaisse et bien fleurie; leur chair ferme et croquante, de saveur agréable, en fait un bon raisin da table. 11 donne un vin rouge que Jullien compare à celui de Ruta.

Le Rlaccabéo donne son nom an vin blanc deSalses, auquel on trouvequelque ressembliince avec le célèbre vin de Tokay. Ses feuilles sont grandes, moelleuses, boursouliées, vert jaunâtre en dessus , blanches et cotonneuses en dessous, peu découpées; ses {irappes cylindriques, ailon<;ées, sont médiocrement fournies de beaux gruins oblongs, jaunes, bistrés du côté exposé au soleil, cn- Iremèlés de petits grains ronds. C'est encore un cépage à peu prés propre an Roussillon.

Le 3/ouraslet, iMorm^icl, Mo)iaslel, Bois dur, est répandu dans tous nos départements méditerranéens. Ses sarments ont les nœuds rapprochés; ses feuilles sont d'un vert foncé, as'cz cotonneuses, découpées, portées sur un pétiole rouge-clair; ses raisins sont de gn sseur moyenne, à petits grains, très noirs, couverts d'une peau épaisse. Il est fertile et donne un vin très noir, mais auquel on reproche d'être plat. On l'emploie souvent pour donner de la couleur aux vins légers. Dons le bas Languedoc, ce cépage forme à peu près la base des \ins très riches en couleur destinés à l'exportation, et qu'on nomme dans le pays vins de qualité, vins de commerce.

La Provence cultive quelques cépages plus particulièrement que le reste de la région méridionale. Nous indiquerons les l)rincipaux d'entre eux.

Le gros Mollar est très cultivé dans les hautes et basses Alpes, C'est un cépage fertile, entièrement difl'érent de celui qui porte ce nom dans la péninsule ibérique. Ses feuilles sont d'un vert f.mcé, ployées en entonnoir, un peu velues en dessous, à dénis obtuses,Ses raisins abondants ont les grains ronds, de saveur un peu aigrelette; ils pioduisentunvin léger, agréable et de garde.

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Le jie/// Mollar est moins communément cultivé.

Le Téoidier ou IManosquin. pla)il de Porto, est un cépage vigoureux, cultivé dins toute la Provence. Sa végétation est précoce, sa fécondité moyenne; ses feuilles sont glabres, presque entières; ses grappes sont belles, régulières, fort allongées , bien garnies de grains noirs, égaux, légèrement oblongs, à peau épaisse. Il donne un vin moelleux, couvert, propre au tiansport. Il y a aussi un petit Téoulicr, plus petit dans toutes ses parties. Il est moins répandu.

Le Moiirvèdre , Moarvède , Motirverjiiê , Espar, lieni-Carlo , Tintillu (Espagne], Maiaro (Pyrénées-Orientales), est le cépage dominant et préféré dans le Yar et les Bouches-du-nhône. Ses sarmenis sont vei lieaux, rouges l'hiver, à nœuds violets; ses feuilles sont planes, peu découpées, très cotonneuses en dessous, à nervures violacées; ses grappes sont assez grosses, coniques, bien garnies de grains ronds, de grosseur médiocre, d'un bleu a/uré, à peau épaisse, de saveur peu agréable. Il donne un vin spiritueux, bien coloré, moelleux, qui résiste au transport et se conserve longtemps. 11 pousse et mûrit assez tard.

Le Brun t'ijurca ou Moulan est une variété productive, à végétation précoce, mais à maturation tardive; ses feuilles sont moyennes, d'un vert jaunâtre, luisanîcs, très tourmentées, recroquevillées eu dessous; ses grappes sont belles, à rafle violette, à grains légèrement oblongs, noirs, assez gros, de saveur agréable. On le recommande surtout pour les terres sèches et élevées.

Le Tilwurcn, Aniiboulen, Gaysserin, tii un cépage à végétation vigoureuse et très précoce. Ses feuilles sont profondément découpées. vSes grappes sont formée de grains fort écartés, de couleur peu foncée, entremêlés de petits grains avortés , de saveur très sucrée. Il est très fécond lorsqu'il échappe à la coulure, à laquelle il esltics sujet. Il donne un vin clair, fin et délicat.

Le Plant Pascal, en patois Pascaou, est un cépage à raisin blanc très répandu dans les vignes des Bouches-du-iUiône Ses sarments ont les nœuds très rapprochés; ses feuilles sont grandes, glabres en dessus, cotonneuses en dessous; ses grappes nombreuses sont

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grosses, et à grains petits, ronds, serrés, couverts d'une peau fine, blancs-verdàires, et roti5sûtres du côlé louché par le soleil.

Il nous reste maintenant à indiquer un certain nombre de variélés, qui sont cultivées dans tous nos déparlemenis méditerranéens , mais généralement en plus forte proportion dans la partie moyenne de la région méridionale, c'est-à-dire dans les départements du Gard, de l'Hérault et de l'Aude.

Les Spirnns ou Pirans, connus sous le nom de liabaijren ou lïibaiiren, dans l'Hérault et l'Aude, sont encore plus recherchés comme raisins de table que pour leur vin, qui néanmoins est l'un des plus délicats de ces déparlements. C'est certainement avec raison qu'ils sont préférés , sous ce rapport, a tons les autres cépages du Midi, quoi qu'en ait dit M. Odart, qui , dans ses vignes du centre de la France, n'a pu s'en faire qu'une idée fort imparfaite. Le Spiian unir est le plus répandu. Sa végétation est médiocrement vigoureuse et sa fécondité moyenne. Ses feuilles sont profondément découpées; «es grappes sont de grcisscur moyenne, formées de grains ovoïdes, peu serrés, d'un noir pruineux. Le Si>irnn gris est moins répandu, mais tout aussi recommaïuiable, du reste facile à reconnaître à ses grains réellement gris et non rougeàlres; nous en avons vu fréquemment qui n'avaient presque pas de pépins. 11 y a aussi un Sjiiran blanc.

Los Pict>onUle$ (orthographe adoptée par M. Odart) , Pique-poules de nos propriétaires du Miiii, présentent, comme les Spirans. des variétés noires, grises et blanches. Leur maturité très tardive en limite la culture à nos départements mériiiionaux. La Picpouille noire est très répandue dans la plupart des vignes non destinées à produire des vins de chaudière. Ses sarments ont les entre-noeuds courts; ses grappes, formées de grainsserrés, d'un rouge noir, pruineux, donnent un bon vin, à la fois spiritueux el délicat. Elle fait la base des vignobles de la Nerlhe i Vaucluse). — Une autre variété à raisin noir, assez commune dans l'Hérault el l'Aude, est la Pirpouiilc d'Uzks. — La Pirpouille grise est très cultivée dans le bas Languedoc : c'est sans doute par erreur typographique que l'ouvrage de M. Odart lui donne pour synonyme (p. 378) le Tarrel-bourré ou Terret-

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bourret. Cette Picpouille a les feuilles un peu cotonneuses en dessous , à nervures rongeâtres à leur base; ses grappes sont belles, bien garnies de grains serrés, ^risrougeàtres, oblongs. Recueillie et préparée isolément, elledonne un vin blanc agréable, spiritueux et sec. La Pirpouille blanche est cultivée surtout dans le Gers; son vin fournil par la dislillation les bonnes caux-devie d'Armagnac, qui se classent très près de celles de Cognac.

Le Calitor ou Fonïral blanc est un cépage commun dans les vignes du Midi, à grains blancs, ovoïJes , a^sez fermes tant qu'ils tiennent à la grappe, mais se vi faut presque entièrement lorsqu'on les déiache, d'où le nom vulgaire de Fou'ùnL II donne un bon vin blanc sec; il est productif, lorsqu'il a atteint son plein développement.

Les Muscais sont suffisamment caradérisés par leurs raisins de saveur musquée, à grains serrés, génétalement ronds, plus rarement ovoïdes. On en connaît un assez grand nombre de variétés : les unes à raisin noir, comme le Muscat noir proprement dit, variété très productive, dont on obtient un bon vin muscat rouge dans les départements de Vaucluse et de l'Hérault; le Onllubu dis Hautes-Pyrénées ; d'autres à raisin rouge-brun, tels que le Jfluscat rouije de Madère (Odart, p. 314) ; la plupart enlinà raisin blanc, parmi lesquelles la plus répandue est le Muscat blanc, commun, etc. Ce dernier produit les meilleurs vins de liqueur de France, savoir : celui de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales, et, dans 1 Hérault, ceux de Froniignan et de Lunel, deCazouls,de Bassin et Maraussan , du Périgord, de Vaucluse et de Provence. Les muscats sont souvent cultivés dans les Jardins et en treilles.

Pour ne pas trop prolonger cet article, qui pourrait paraître trop étendu , malgré la haute importance du sujet auquel il est consacré, nous nous contenterons d'indiquer encore le groupe des âlauzacs, dans lequel se trouvent réunies des variétés à fruit noir, surtout blanc. La plus réftandue de celles-ci est la Clairelic, Cluretlc ou Blanqaelic, qui, avec le A/auzac blanc, diume la Blanquette de Limoux. Les fllalioiùcs, dont plu.NÎeurs variétés sont cultivées en assez grande quantité dans nos départements médilerranéens.

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Les Panses, dont les grains ovoïdes, très gros, charnus, servent surtout à la préparation (les raisins secs. Les Olivettes, dont les raisins, esliniéspoiir la table, sont furniésde grains allongés et en forme d'olive, d'où est venu leur nom. Les UlLiades , Ouitliades, cuUivécs également pour la labic, etc.

Au labhau que nous venons d'esquisser, et dans lequel nous avons indiqué ou décrit les cép.iges les plus intéressants des diverses parties de la France, nous devons ajouter mainlenanl une race imporlanle qui fournit dans la plupart de nos départeinenis, mais surtout dans ceux de la région centrale, d'excellents raisins de table. Ce sont les Chasselas, dont la variété principale est cultivée en si grande quantité et avec tant de succès à l'ontainebleau et dans ses environs, qu'elle est connue sous le nom de Cliasselas de Fotiliiinebleini. Elle fournit l'un des meilleurs raisins de table. Dans les environs de Moniauban, où la culture des Chasselas donne lieu à un commerce important avec l'Angleterre, et aussi avec Paris, on cultive soit le Chasselas commun, soit deux autres variétés que M. Odart nomme Ciiasselas de AJoiituubun à grains traii-pareuis, et Chasselas de Fonlainebleau à gros grains. On possède encore des Chasselas à grains rosés et rouges, même un Cha.«selas noir; mais ceux-ci sont peu répandus en France.

M. Odart range parmi les Chasselas le dotal ou Cioulat ou /iaistn d'Autriche {Peter.silien Traube des Allemands), dont le raisin a peu de saveur et est peu estimé, mais que son feuillage lacinié rend fort remarquable. C'est le l'iiis laciniosa, Linn., que beaucoup de botanistes classent, à l'exemple de Linné, comme une espèce distincte de la vigne cultivée, mais presque tous avec hésitation. Il semble difficile d'admettre cetie séparation d'après le seul caractère d'une plus grande division du limbe foliaire, dans une espèce comme celle de la vigne, où les feuilles sont si polymorphes.

Nous mentionnerons encore: l» Quelques cépages cultivés pour leur extrême précocité , le Raisin de la Madeleine ou Morillon hâtij, dont le raisin rougit et se colore même avant sa maturité, mais qui n'est jamais assez bon pour être recherché; le Blanc précoce de hinizheim, qui parait être le plus précoce de tous les cépages. Son raisin est

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blanc, à grains oblongs (Odart) , d'une saveur très agréable et à peau très fine. Malheureusement il est très peu productif , et, en outre, sa précocité même le rend fort sujet à souffrir des gelées du printemps, — 2" Une variété fort curieuse par la forme de ses grains, le Raisin cornichon, Testa di vacca en Italie, Sanla-Paula et Teta de vaca en Espagne. Sa végétation est tardive; ses feuilles sont assez petites, presque nues en dessous ; ses grosses grappes , abondantes dans les pays chauds, sont formées de grains longs de 4 centimètres sur 2 d'épaisseur dans leur milieu, fort rétrécis vers la base et surtout vers le sommet, charnus ei à peau très fine. Il y en a une sous-variété à grains violeis.

Nous avons cru devoir forcément insister sur le tableau des cépages en ii grand nombre qui forment la richesse viticole de la France, parce que c'est là un des points de la botanique agricole qui ont pour nous l'intérêt le plus grand et le plus direct.. Mais nous glisserons très rapidement sur ceux que l'on cultive hors de notre pays; nous nous contenterons mèrne d'indiquer ceux qui fournissent les vins les plus renommés.

La vigne a fort mal récompensé les soins de ceux qui ont voulu donner de l'extension à sa culture dans le nouveau monde. Aussi l'Amérique est-elle restée et probablement restera-t-elle toujours tributaire de l'Kurope pour les vins. M. Odart ne mentionne que quatre cépages américains ; encore n'attribue-t-il quelque mérite qu'à deux d'entre eux : le Caïuwba et l' York' s Madeira. Celui-ci est très singulier comme ayant ses sarments couverts de poils glanduleux capités.

La culture de la Vigne a beaucoup d'importance en certaines parties de l'Allemagne, surtout dans celles qui longent le Rhin. Elle s'élève très haut vers le nord, puisqu'on trouve des vignobles remarquables même sous la latitude de 52". Généralement ce sont les cépages à- raisin blanc qui dominent et qui produisent les vins les plus renommés, comme ceux du Johannisberg, de Rudesheim, de Steinberg, de Hochheim, etc. dans le duché de Nassau , ou, en d'autres termes, ceux si connus sous le nom de f^im du Rhin ; comme ceux de Leist et de Siein, à Wurtzburg, en Bavière, etc. Néanmoins

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on y cultive aussi, en forle proportion, des cépages à raisin noir, qui produisent quelques vins rouges estimés, tels que ceux d'Asmantiausen, dans le duché de Nassau; ceux des bords du Necker, dans le Wurtemberg et le duché de Bade , etc. Les variétés cultivées dans ces divers vignobles sont, les unes empruntées à nos vignobles , les autres particulières , au moins aujourd'hui, à l'Allem.gne. Les plus remarquables de celles-ci sont : le liiesling: il forme seul le célèbre vignoble de Johannisberg , dont les meilleures vignes sont plantées sur les souterrains du château de ce nom; ]&gros Itiesting ou Orleaner , tiré primitivement de l'Orléanais, où il n'existe plus aujourd'hui : ce cépage forme le vignoble de Rudesheim, dont le vin est presque égal à celui de Johannisberg ; le KUiigenberyer, qu'on cultive surtout dans les terrains bas; enfin, ceux dont M. Odart forme sa tribu des Kloevnev ou p/u»« genlils, et des Traminer ou l'romeiués.

La Suisse possède aujourd'hui beaucoup de vignes, mais généralement peu célèbres par leurs produits. Les plants qui y dominent sont : le Savoyaiit ou Gros rouge, à raisin noir, ainsi que le Salvagnin noir que M, Odart regarde comme n'étant que le Savagnin noir du Jura : il forme le fond des vignobles de Faverge et de Corlaillod, dans le canton de Neuchâtel, d'où proviennent les vins rouges les plus estimés de la Confédération helvétique ; et, pour les variétés à raisin blanc, les Fendants, qui se rattachent au groupe des Chasselas.

L'empire d'Autriche possède une étendue considérable de vignes; mais la plupart ne produisent que des vins de qualité médiocre, ou même inférieure, excepté dans les parties méridionales et orientales de son territoire. Celles ci, et particulièrement la Hongrie, renferment au contraire des vignobles du plus haut mérite. On compte, dit-on, en Hongrie plus de 60 variétés de Vignes, qui ont été tirées de la Grèce, de l'Italie et de l'Asie. Les plus remarquables d'entre ces nombreux cépages sont : le Funnint et le Uars-Levilii ou Hnrs-f.evelu, qui produisent le fameux vin de Tokay, regardé avec raison, dit Jullien, comme le premier vin de liqueur du monde. On les cultive dans les environs deXokay, comté de Zemplin, sml'JJegy-

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j4iHa, chaînons de montagnes qui se rattachent à la grande chaîne des Carpathcs. Le Furmint a été importé , vers le commencement de ce siècle, dans les environs de Béziers, par MM. de Villcrase et Maureilhan; il y a parfaitement réussi, et aujourii'hui il donne dans le bas Languedoc un vin de Tokay délicieux.

Les parties les plus méridionales de l'Europe, la Péninsule ibérique, l'Italie, la Grèce et la Turquie d'Europe possèdent beaucoup de variétés de Yignes, dont les unes ont été introduites dans nos départements méridionaux, dont les autres appartiennent en propre à ces pays , dont beaucoup certainement sont encore inconnues. C'est ainsi, par exemple, qu'on ignore quel est le cépage d'où provient ce singulier vin de Cotnar, en Moldavie, dont la couleur verte devient plus belle et plus foncée à mesure qu'il vieillit, et que Jullien range parmi les meilleurs vins de liqueur du globe, en ajoutant que quelques voyageurs le préfèrent même au Tokay. L'espace nous manque , même pour mentionner les cépages qui font la réputation d'un grand nombre de vignobles dé l'Europe méridionale; nous terminerons donc ici le tableau que nous avons esquissé, en mentionnant seulement une race intéressante qui ne sert pas à la fabrication du vin, mais qui, desséchée et préparée, fournit un objet de commerce bien connu. Nous voulons parher des Corinilies. On connaît un Corinihe noir qui fait la richesse des îles Ioniennes, de l'Archipel; un Corinthe rose et un blanc. Ces variétés produisent des raisins à grains très petits et généralement sans pépins. Le Corinihe blanc et le rose sont assez fréquemment cultivés dans nos jardins.

Une notion importante dans l'histoire des variétés de la Vigne est celle qui est relative à l'époque de la maturation de leurs fruits. Cette connaissance a de l'intérêt, soit pour les raisins de table dont elle donne les moyens de prolonger la jouissance, soit pour les cépages à vin qu'elle permet de ne pas grouper au hasard dans les Vignes. On conçoit, en effet, que si l'on réunit dans une même plantation des variétés très précoces à d'autres très tardives, l'époque de la récolte, déterminée généralement par les bans de vendanges, pourra arriver trop lard pour

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les premières et Irop tôt pour les dernières. Il en résultera d'un côté une perte notable, de l'autre une infériorité très grande dans la valeur du produit obtenu. En second lieu, celte connaissance aide fréquemment à distinguer l'une de l'autre des variétés voisines ou mal déterminées. Enfin, elle permet de combiner et de choisir les cépages de la manière la plus avantageuse pour l'exploitation. Ainsi, par exemple, dans les grands domaines du bas Languedoc, spécialcmanl consacrés à la production des vins de chaudière, il serait souvent dilTicile d'éviter des pertes notables, si l'on n'avait le soin de planter différentes Yignes avec des cépages différents. Les bras manqueraient en effet pour vendanger dans un très court espace de temps une grande surface de vignes dans lesquelles la maturation serait simultanée. Mais, en adoptant par exemple, pour certaines portions du domaine, l'Aramon dont la maturité est précoce, et pour d'autres le Terret-Bourret chez lequel elle est tardive, on se ménage

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tout le temps nécessaire pour procéder à la vendange sans embarras ni encombrement.

On doit dès lors savoir gré à MM. Odart et de Gasparin d'avoir donné dans leurs ouvrages une liste des cépages rangés par ordre de maturité.

« Ayant observé, dit M. de Gasparin [Cours » d'agric, vol. IV, p. GOG ) , la chaleur totale » qui répondait aux vendanges des espèces » principales cultivées dans différents pays, » nous avons pu nous en servir pour diviser » les cépages selon l'époque de leur matu- » rite. Les époques qui forment nos grandes » divisions parlent du moment où les bour- » geons de la Vigne se développent (Kl", 3 de » température moyenne), et finissent au » moment de la maturité du raisin. Les de- » grés de chaleur totulc sont formés de la » moitié de la somme du minimum de tcm- » pérature et de la chaleur reçue par la terre » multipliée par le nombre de jours écoulés. » Ces époques sont ainsi qu'il suit :

Ire ÉPOQUE. Chaleur totale : 2264o (15 juillet dans le Midi; 20 août à Paris).

2e Epoque.

Se Époque.

4e Époque.

5e Époque.

Ce Époque.

7e Époque.

3400» ("25 août dans le Midi; 7 octobre à Paris). 3o64o (1er sept, dans le Midi ; 20 octob. à Paris). 41330 (27 sept, dans le Midi ; point de maturité' à Paris). •4'238f> (2 octob. dans le Midi; point de maturité' à Paris), 459-20 (10 octob. dans le Midi; point de maturité' à Paris). 5000o (31 octob. dans le Midi; point de maturité' à Paris).

Voici maintenant l'indication des variétés dont il a été question dans cet article , rapportées à ces diverses époques de maturité :

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