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des Nocturnes , établi par I.alreillc aux dépens des Crambes de Fabriciiis, et que nous .avons adopté en le plaçant dans notre tribu des Pyraliles —Ce g. ne renferme que 2 espèces, dont les chenilles, par leur peau glabre et coriace , ressemblent à des larves de Coléoptères carnassiers : aussi se nourrissent-elles , comme celles-ci , de substances animales, au lieu de vivre de végétaux comme les autres chenilles. Degéer a donné une histoire détaillée de la 1'^', qu'il a confondue mal à propos avec la 2""% décrite par Réaumur. L'une est I'Aglosse de la graisse {Crambiis pinguis Fabr. ), dont la chenille se nourrit principalement de beurre et de lard , et qui , d'après Linné , pénètre quelquefois dans les intestins de l'homme; l'autre est l'A. CUIVRÉE (Pî/r. ctiprealis Hubn.), dont Réaumur a décrit la chenille sous le nom de Fausse-Teigne des cuirs, parce que les premiers individus qu'il en trouva s'étaient établis sur quelques livres qu'il avait oubliés à la campagne , en avaient rongé la couverture, et s'étaient construit, comme les Fausses-Teignes de la cire ( Galleria ceretla), un long tuyau attaché à cette couverture, et composé presque en totalité de leurs excréments. Mais il trouva, depuis, des chenilles de la même espèce , logées également dans des tuyaux semblables, sous l'écorce de vieux Ormes , où elles n'avaient pour se nourrir que des débris d'insectes morts. Ainsi il paraît qu'elles vivent aux dépens de toutes les substances animales desséchées , tandis que celle de \'^. pinguinalis ne vit que de substances grasses , telles que le beurre , le lard , la graisse , etc. D'après leur manière de vivre, les Agiosses ne se trouvent guère que dans l'intérieur des cuisines et des offices tenus malproprement. (D.)
AGIUAR. poiss. — M. Ruppel indique ce nom pour la dénomination vulgaire du Diacope coccinea à Djedda. (Rappel, y^tl. 75.) (Val.)
• AGMEÎVELLUM (agwîgH , bataillon ).
EOT. CK. — Genre de la tribu des Pleurococcoidées, familledes Phycées, que nousavions proposé en lui assignant les caractères suivants : Corpuscules globuleux ou ovoïdes , rapprochés dans un ordre quaternaire (10, O: , G4 et au-delà), formant une lame muqueuse ; accroissement par duplication des
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corpuscules. — L'algue microscopique qui a donné lieu à ce g. [Agmenellum quadruplicalum Bréb. , seule espèce qui nous soit connue jusqu'à ce jour) se trouve dans les eaux douces de l'Europe , parmi les Conferves et les Diatomées ; c'est le Gonium iranqailluin d'Ehrenberg. Elle se rapproche elTeclivement beaucoup du g. Gojiitan ; mais elle est toujours sans mouvement. M. Meneghini l'a réunie aux Trocliiscia, et a, en même temps, décrit une seconde espèce qui n'est peutêtre que celle-ci au moment de son accroissement, qui a lieu par division transversale (déduplication) des corpuscules présentant alors une forme hémisphérique ou demi ovoïde. — Le mode d'accroissement des Pleurococcoïdées et la disposition de leurs corpuscules ne nous permettent pas de les réunir aux Desmidiées, dont le g. Trocliiscia fait partie. Il est probable que le g. Agmentllum devra être réuni au g. Gonidium, récemment proposé par M. Ehrenberg , et qui renfermera alors 4 ou 5 espèces. (Bréb.)
* AGrtlAIVTHUS . Vaill. eot. ph. — Syn de Coruuiia, Plum.
AGNATHES. Agnatha ( à , priv. ; yvx- 6oç, mâchoire), uns.— M. Duméril [Considér. généi-. s. les Jus. ) emploie cette dénomination comme nom de famille pour désigner les Éphémères et les Phryganiens, qui ont, en effet, les organes de la bouche rudimentaires. (Bl.)
* AG^ATHUS (àpriv.;)'va6oç, mâchoire).
INS. — Genre de Coléoptères hétéromcres, famille des Trachélides , établi par Gerrnar aux dépens du g. JYotoxus, Fabr., dans sa Faune des Insectes d'Europe, mais sans indication de caractères. Il le fondé sur une seule espèce, dont il donne la figure dans cette Faune (Fa^c, \2,iub. 4), et qu'il nommée. decoraïus. M. Dejean a adopté ce g. dans son dernier Catalogue. (D.)
* AGrVlî, Reichenb. (âyv^', fém. d'àyvoç, chaste ; il aurait fallu écrire Uagne). bot. ph. — M. Reichenbach {Conspeci., p. 157) désigne sous ce nom un genre (ou sous-genre) à créer aux dépens des Mimosa, dont il diffère par le légume comprimé et moniliforme. Ce g. correspond à la première section [Eutni' 7wo.scB)dcs Mimosa de M. De Candolle [Prodr. II, p. 425) , qui en signale seize espèces, toutes indigènes de l'Amérique équaloriale. (Sp.)
AGNEAU D'ISRAËL, maji. — Nom sous
AGO
lequel on a quelquerois désigne une espèce de Daman. (C. d'O.)
AG\EAIJ. Agniu, mam. — Nom du pclil de la Brcbisdomeslique eldu Bélier. (C. d'O.)
AGIVOSTE. Âgnosius (iyvwCTTo;, inconnu).
CRLST. — Genre de l'ordre des Trilobilcs, crée par M. Al. Drongniarl, et dont le seul caractère de l'espèce unique qui compose ce genre est la division Irilobaire de son corps. L'espèce type de ce g. est Y Asaphus pyrijormis Al. Brongniart. FJIc se trouve en 1res grande quantité à Heltris.en Suède, dans un calcaire sublamcliaire , noirâtre et fétide. (H.L.)
AG\'LS-CASTIJS. bot. PR.—Toy. vitex.
•AGXOTIIERILM (àyvuç, inconnu; 9f)prov, animal), mam.foss. — Nom donné par M. Kaup à un nouveau genre de Carnassiers fossiles, qui se rapproche du Cbien, et qui pourrait être celui que M. Lartet a nommé v^mphicyon. f^oy. ce mot. {L...D.)
AGOIV ou AGOME , des Italiens, poiss.— Nom vulgaire d'une espèce de Clupéoide, voisin de l'Alose , et que Lacépéde a fait connaître sous le nom de dupée finie. Foy. ce mot. (Val.)
AGOIVATES. Agonnia (àyovaTo;, non géniculé). CRUST. — C'est un nom qui a été employé par Fabricius , dans les premières éditions de ses ouvrages [Eniom. Syst. édil., 1793), pour désigner une classe d'animaux articulés qui comprenait les g. Crabe, Pagure, Galathée , Hippe, Scyllare, Ecrcvisse, Limule, Monocle, Cymothoë, Squille et Chevrette. Depuis [Emoin Syst. supp.), il a distribué ces animaux en trois OPiires : les Polygonales, les KUisiagnaihes et les Exochnuici. Ces trois ordres répondent à peu près à la classe des Crustacés. (H. L.)
• AGOIMES Agonœ (à priv.; y^v-n, articulation , nœud). CRUST. — Ce nom a été employé par Walckenaër pour désigner un petit groupe du g. Dysdera , lequel est ainsi caractérisé : Yeux de la ligne antérieure peu gros; lèvre échancrée à son extrémité; mâchoires divergentes et pointues à leur extrémité ; mandibules divisées en avant. Ce groupe renferme deux espèces qui habitent indistinctement l'Europe et l'Afrique.
(H.L) *AGOIVIOIVEUi;US(à>'ûyco;, sans angles; *!vpo; , nervure. Allusion aux ailes de ces insectes qui n'ontqu'une seule r crvurcssns
AGO
ramifications). i.\s. — Genre de la famille des Chalcidiens, de l'ordre des Hyménoptères, établi par M. Westwood ( Lond. Mac.) sur une espèce d'Angleterre qui rentre parfaitement dans le g. Aphclmus de Dalmann. yoy. ce mot. (Bl.)
•AGOMS, DC. BOT. PU. — Genre de la famille des Myrtacées, voisin des Lepiospermum, dont il diffère notamment par la disposition des fleurs , qui, au lieu d'être solitaires et éparses, sont agrégées en capitules; la capsule {4-5-loculaire dans les Lepto\peimttm) est 3-loculaire.— Ce genre, propre à la Nouvelle-Hollande, ne renferme que trois espèces ; on les cultive comme arbrisseaux d'ornement. (Sp )
* AGO\ODEMLS (àyuvo;, non anguleux ; JiVa;, corps). INS. — Gcnrc de l'ordre des Coléoptères pentamères , famille des Carabiques , tribu des Féroniens, établi par M. le baron de Chaudoir aux dépens du g. Ferouia de Latrcille, et auquel il donne les caractères suivants: 1" article des antennes plus long que le 3"",. Pattes médiocres. Labre bien avancé. 4"" article des antennes presque cylindrique. — Il y comprend deux espèces, le Plaiysma picimanum Creulz., et le Graium de Bonelli. (D.)
* AGO.XODERlIb ( ayavoi , non anguleux; <Σp/i , cou ). INS. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Carabiqucs, tribu des Harpaliens, établi par M. Dejean dans son Species général. — Les Insectes qui composent ce g. ont presque la forme du Stenoloplius vaporariorum ; mais ils s'en éloignent beaucoup par les caractères génériques, qui les rapprochent plutôt des Dapius. M. Dejean {Caial., 3™» édit. ) en mentionne trois espèces , toutes de l'Amérique septentrionale. Nous ne citerons que VA. Imeola ou Carabus id. Fabr. , qui a servi de type au genre. (D.)
* AGONOSOMA 'i'/uvo;, non anguleux; (jw/xa , corps). INS. — M. Laporte applique cette dénomination à un sous-genre de la fa« mille des Sculellériens (ordre des Hémiptères) dont le type est une espèce des Indes orientales , qu'il désigne sous le nom de A. /lavo-liueatum. Les caractères qu'il assigne à ce g. n'étant pas appréciables, il n'a été adopté par aucun entomologiste. Le docteur Burmeister(//aHd. der eni.) le réunit au g. Triéàonosoma , Burm.; et nous ( //*$/. des
AGO
ariim. artic.) au g. Teiijni Fabr. f^oyez ces mois. (Bi..)
• AGOI^OSTOIME (âyuvo,-, non anguleux; orôixoL , bouche ). poiss. — Nom donne par M. Bennelt à un Poisson que ce savant zoologiste a regardé comme voisin des Muges, et avec lesquels il a les plus grandes affinités, mais dont le museau est un peu avancé, la bouche en dessous , et les deux mâchoires garnies de petites dents sur plusieurs rangées. M. Bennett en indique une seule espèce, des eaux de l'Ile de France, et qu'il a dédiée à sir Charles Telfuir, président de la Société d'histoire naturelle de l'Ile deFrance, et donateur de ce poisson au cabinet de la Société zoologique de Londres. L'^. Talfairii est noirâtre en dessus et brunâtre à reflets argentés en dessous {f^oy. Bennett, Proceed. of Zool. Soc. of London , l--»^ part., p. JCC). Ce g. me paraît très voisin des IVestis ; mais l'auteur, qui le caractérise trop brièvement, ne mentionne pas de dents au palais ni au vomer. Faute de ces renseignements, je n'ai pu en parler dans l'histoire des Poissons. (Val.) AGOIVUM (àywv, tùvo; , combat). i.>(s. — Genre de Coléoptères pentamères, familledes Carabiques, établi par Bonelli et adopté par M. Dejean, qui, dans son Species général , le place dans la tribu des Féroniens. — Les Agones ont de si grands rapports avec les Anchomènes, que, d'après M. Dejean, il serait peut-être convenable de les réunir. Tous ceux que l'on connaît sont des insectes audessous de la taille moyenne. Leur démarche est assez agile, leur couleur est souvent métallique et très brillante, ou noire, et rarement brune ou variée. On les trouve ordinairement dans les endroits humides et aux bords des eaux, courant sur la vase, ou sous les pierres et lés débris de végétaux. M. Dejean {Calai., Sm-'édit.) en mentionne CJ espèces, dont le plus grand nombre est d'Europe ; les autres sont de la Sibérie , de l'Amérique septentrionale et du nord de l'A- Trique. Nous ne citerons que 1'^. margiualum Fabr., qui se trouve aux environs de Paris, et qui est figuré dans Olivier ainsi que dans VIcouog. des Coléopi. d'Eur. (D.)
AGOIMLS (i'ywvo;, non anguleux), poiss. — Nom latin d'un genre de Poissons fondé par Bloch en 1801 , dans son S y sihne posthume , pour des espèces rangées par Linné dans
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le g. des Coites. Lacépède établissait de son côté le même g. soiis le nom A' Aspidophore, que nous avons adopté comme dénomination française, dans notre Icltihyologie. f^oy. ce mot. (Val.)
' AGOKES. Agorœ (àyop^'o?. grossier).
ARACH. — Walckenaër a employé ce nom pour désigner un petit groupe du g. Dysdera. Les caractères qu'il lui assigne sont: Yeux de la ligne antérieure les plus gros mâchoires arrondies à leur extrémité. Côtés intérieurs parallèles et non divergents ; mandibules inclinées perpendiculairement.
Les espèces que renferme ce groupe habitent l'Europe et l'Amérique. (H. L.)
AGOSERIS (corruption d'^goseris , a't,, 70;, chèvre ; cépu; , espèce de chicorée), bot. PU. — Suivant M. De Candolle, ce g., établi par Rafinesque, serait synonyme du TmxirrîOH de Gacrtner. (J.D.)
* AGOSTANA , Salisb. bot. pii. — Synonyme de Bitplevrum, Tournef.
AGOUTI. Chloromys, Fr. Cuv. mam. — Genre de Mammifères appartenant à l'ordre des Piongeurs, et classé dans la famille des Caineiis de 3L Is. Geoffroy. Ces animaux avaient été placés avec les Cavia par Linné ; ils en furent séparés par lUiger , qui leur imposa le nom de Dasyprocia , sous lequel ils ont été décrits par Desmarest ; enfin, M. Fréd. Cuvier leur imposa assez inutilement celui de Clihromys. On peut leur assigner pour caractères : Vingt à vingt-quatre dents , savoir : deux incisives à chaque mâchoire ; quatre ou cinq molaires de chaque côté aux deux mâchoires , presque égales, toutes composées, irrégulièrement sillonnées par un ou deux replis ne descendant pas jusqu'à la gencive ; la racine, à partir de la gencive, est cylindrique, horizontalement tronquée au bout dans le fond de l'alvéole, et composée d'une première enveloppe renfermant de quatre à six petits tubes d'émail, les uns cylindriques, les autres ovales. On reconnaît parfaitement ce mode d'organisation sur la couronne usée des vieux individus. Cette couronne, dans lesjeunes individus, est transversalement striée par cinq ou six collines. Les incisives sont beaucoup plus arquées que dans les Pvongeurs ordinaires, surtout celles de la mâchoire supérieure. Les pieds de devant ont quatre doigts libres, distincis, et un tubercule court et renflé à la place du pouce •
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ceux (Je derrière n'en ont que trois égale- i ment libres. Les jambes sont fines, grêles , sèches, et celles de derrière sont nolablerncnl plus longues que celles de devant, à peu près comme dans le Lièvre. Quelqiierois ils ont une petite queue, d'autres fois elle est remplacée par un tubercule. Le nombre des mamelles paraît varier en raison des espèces. Tous sont omnivores.
Il paraît que ces animaux ont très peu d'mtelligence , quoique les organes de leurs sens soient assez développés. Leurs yeux sont gros et saillants , peut-être nocturnes , car il est certain qu'ils y voient beaucoup mieux la nuit que le jour. La conque extérieure de l'oreille est assez courte, mais fort large, ellrès bien conformée ; comme dans les Cavia, le rocher cstcreusé d'une cavitéoiisc loge un prolongement particulier du cervelet. La fosse ethmoidale est proportionnellement plus grande chez eux que chez les Cobaies, et les cornets qui l'occupent tiennent presque un tiers de la longueur de la tète; les Cochons seuls offrent une organisation analogue. Le trou sous-orbitaire est 1res grand, et donne passage non seulement à ses nerfs, mais encore à une partie du masséler qui le traverse pour aller s'attacher sur la face antérieure du maxillaire. Enfin , ils manquent de scrotum, et les femelles ont la vulve ouverte dans l'anus, près de son orifice. Leur poil est rude, droit, raide, et se détache facilement. Tous habitent l'Amérique méridionale et les Antilles exclusivement. On en connaît jusqu'à ce jour cinq espèces , qui sont :
L'agouti, Dasyprocia aguii Illig., Dasyprocta acuti Derm., Mus agutilAn., VAyouii, Buff.— Cet animal, figuré par Buffon, pi. 50, a été confondu par beaucoup de naturalistes , et entre autres par Desmoulins [Dici. class. d'Hisi. naiur.), avec le Cotia ou Acouti de d'Azara, et cette erreur vient de la synonymie fausse que Moreau de Saint-Méry, traducteur de d'Azara , a jugé à propos de placer en tête de l'article du naturaliste espagnol ( Essais sur les quadrupèdes du Paraguaii, tom. II, p. 26).
L'Agouti est de la grosseur d'un Lapin. Son pelage est rude , brun , un peu mêlé de roux en dessus , jaunûlre en dessous ; sa lèvre supérieure est fendue comme celle d'un Lièvre; sa queue est plus courte que
AGO
celle d'un Lnpin , cl ses oreilles sont aussi larges que longues. Sa mâchoire supérieure s'avance sur l'inférieure , et son museau ressemble assez à celui d'un Loir. Il a le cou long, les jambes grêles, quatre doigts aux pieds de devant et trois aux pieds de derrière , enfin douze mamelles. La plupart de ces caractères le tranchent fort bien de l'espèce suivante. Autrefois ii était assez commun à Saint-Domingue ; mais il paraît que, déjà en 1789, il y avait été presque entièrement détruit. Cependant on le trouve encore dans quelques unes des Antilles, à Sainte-Lucie, par exemple, et il n'est pas très rare à la Guiane et au Brésil.
Rarement cet animal habite la plaine, et il se plaît particulièrement dans les montagnes et sur le penchant des collines boisées, où il se loge dans des fentes de rochers, des trous d'arbres , et sous de vieilles souches. Luffon dit qu'il ne se creuse pas de terrier comme le Lapin ; mais je crois qu'en ceci il a reçu de mauvais renseignements. En effet, il est à peu près certain que lorsque la femelle ne trouve pas une retraite commode pour mettre bas, elle se creuse un trou circulaire , peu profond, et le garnit de feuilles sèches pour y déposer ses petits. D'une autre part , M. Descourtilz, qui a plusieurs fois chassé l'Agouti dans les Antilles , dit positivement : • 11 se pratique, à l'exemple du Lapin, un terrier mais qui a une seule issue; c'est là qu'il se relire une partie du jour pour y dormir et éviter la trop grande chaleur. » [f-^oymjcs d'un naturaliste.) Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il creuse fort bien la terre quand il le veut, et en voici une preuve. M. RIoreau de Sainl-Remy en avait placé un sous un baril renversé, pour le conserver vivant jusqu'au lendemain. Trouvant une terre qui ne lui offrait point une trop grande résistance, l'animal la gratta pendant la nuit et se fraya un passage par lequel il s'échappa. Si l'Agouti n'eût pas eu l'habitude de gratter, il ne l'eiit pas plus fait que ne le fait un Lièvre dans celte circonstance.
Les Agoutis ne boivent pas, et ont l'urine fétide ; ils se nourrissent de racines, de fruits tombés des arbres, de patates, de bananes, etc. D'autres fois , et faute de mieux ils se contentent de feuilles et de jeunes bourgeons ; enesclavase, ils montrent une grande vora-
AGO
cilé , el mangent tout ce qu'on leur présente, j même de la chair. Quoi qu'en dise liuffon, il ne parait pas qu'ils se serventde leurs pattes de devant pour porter leurs aliments à la bouche, ainsi que fait l'Écureuil , mais seulement pour les soutenir pendant qu'ils les rongent. M. Moreau de Saint- Rcrny a eu très souvent l'occasion de vérifier ce fait à Sainte-Lucie. Il n'est guère probable non plus que ces animaux emmagasinent des provisions, car ils sont omnivores, el le climat qu'ils habitent leur offre en toutes saisons d'abondants aliments. Probablement celui qui a été décrit par P.uHon avail contracté dans l'esclavage celte habitude de cacher ce qui lui restait d'alimenls, et d'en al. 1er chercher les restes lorsqu'on négligeait de lui donner une nourriture suffisamment abondante.
Dans les pays où l'Agouti n'est pas très tourmenté par les chasseurs , c'est un animal peu méfiant et qui ne s'effraie que médiocrement de la présence de l'homme. Il court avec beaucoup d'agilité et une grande vitesse, mais seulement en plaine ou en montant. Pour peu qu'une descente soit rapide, il est obligé de ralentir beaucoup sa course, parce que ses jambes de derrière élant fort longues comparativement à celles de devant, il ferait infailliblement la culbute s'il s'abandonnait à la vivacité de ses élans. Sa vue n'est pas très bonne , et le grand éclat du soleil l'éblouit au point de lui faire plus difiicilement éviter l'atteinte des chiens qui le poursuivent; mais il voit fort bien la nuit, €tce n'est jamais qu'avec le crépuscule du soir qu'il sort de sa retraite pour aller vaquer aux fonctions de l'animalité. Selon Fiai, sa voix ressemblerait à celle d'un Cochon d'Inde, c'est-à-dire qu'elleconsisleraiten une sorte depetitgrognementdoux. Parloutoùil habite , les chasseurs lui font une guerre cruelle , et , sous ce rapport , ce pauvre anima! est, en Amérique, le Teprésentant de noire Lièvre d'Europe et de toutes ses misères. On lui tend des pièges , des lacets, on l'attend à l'affût pour le tuer traîtreusement d'un coup de fusil ; on le poursuit avec des chiens courants ; enfin on lui fait lâchasse de mille manières. « Lorsqu'on léchasse avec des chiens , ditM.Descourtilz, l'Agouti bandit ainsi que le Lapin , et saute les sentiers Dlulôt que de les traverser ; c'est pourquoi
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les nègres , peu exerces à tirer à la course, le sifficnt pour le faire arrêter. Il s'assied alors, et le chasseur profite de cet instant de repos pour lui envoyer son coup de fusil. » Eulïcn dit que : « lorsqu'on le chasse avec deschiens, il s'enfuit d'abord très vite devant eux, et gagne ensuite sa retraite, où il se tapit et demeure obstinèmentcaché. Le chasseur, pour l'obliger à en sortir, la remplit de fumée ; l'animal à demi suffoqué jette des cris douloureux et plaintifs et ne paraît qu'à toute extrémité ; son cri ressemble alors à celui d'un petit Cochon. »
Pris jeunç, l'Agouti s'apprivoise très bien, et s'habitue même à rentrerseul à la maison; mais il a peu d'intelligence, n'est pas sensible aux caresses , et s'irrite de la moindre contrariété; dans ce cas il frappe la terre de ses pieds de derrière, à la manière des Lapins , et il se hérisse le poil , surtout sur la croupe. Il mord cruellement quand on veut le prendre ou lui ôter ce qu'il mange. Il se familiarise très promptement, lors même qu'il a été pris vieux. Une mère pleine, arrèiée par un lacet, fut apportée à un colon de Saint-Domingue. On la plaça dans une loge où elle fut parfaitement accoutumée au bout de huit jours. Elle prépara, dans un panier, un lit de paille qu'elle coupa en petits morceaux avec ses dents ; elle le doubla avec de la laine et du colon , puis elle y mit bas sans inquiétude et y allaita parfaitement ses petits. A l'état sauvage, les femelles font, selon Luffon , quatre portées par an , chacune de deux ou trois petits qu'elles soignent el aiment avec beaucoup de tendresse. Pour peu qu'elles soient inquiétées , elles les transportent , deux ou trois jours après leur naissance, dans une autre retraite, et elles les changent de domicile autant de fois qu'elles les croient en danger. L'allaitement dure peu de temps , et les petits grandissent très vite : on doit en conclure , selon l'opinion de Buiron,queces animaux vivent peu d'années.
On a dit qu'à la Guiane , au Brésil , et généralement partout où ils sont peu poursui vis , les Agoutis vivent en troupes , ce qui probablement veut dire en famille, car je ne pense pas que des animaux qui ont unere-traite fixe, une habitation à eux, soit un creux d'arbre, un trou , etc., puissent y recevoir d'auircs individus que ceux comi;o-
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sant leur famille; l'instinct de la propriété s'y oppose, et l'on ne peut douter que les animaux n'aient cet instinct plus ou moins deseloppé. On ne fait la gucne aux Agoutis que pour leur chair, qui est plus ou moins estimée des naturels et des colons , selon les localités qu'habite chaque animal. Celle des Agoutis qui >ivcnt sur le bord de la mer et qui mangent des herbes salées, a une qualité supérieure, dit-on. Cette chair est blanche, maigre, sèche, et, malgré son immersion dans l'eau avant de la faire cuire, elle conserve une odeur forte de venaison qui ne plait pas a tout le monde, surtout aux Européens. Une chose assez singulière , c'est que le clergé catholique permet de manger cette chair en maigre, comme le poisson, quoique l'Agouti ne soit nullement aquatique.
Le CoTiA , Dasyprocia Azarœ Lichst., calai, no 30; CItloroiiiijs acuii Fréd. Cuv., Cuvia agiuiErxl., YAcouii de d'Azara , t. II, p. 20, et de la plupart des auteurs qui sont venus après lui. — Danslenomd'Acouti, que les Indiens guaranis donnent à cet animal , d'Azara a cru retrouver l'Agouti de Buffon; et sans plus d'information, l'ingénieur espagnol s'est mis à critiquer le naturaliste français qui avait décrit une autre espèce. Les auteurs de notre nation ont adopté les opinions de d'Azara, d'où il est résulté une grande confusion dans la synonymie de ces deux animaux, et des erreurs continuelles dans l'histoire que l'on a refaite de l'Agouti de Buffon. H. I.icbtenstein ( J 'erzeichinss der doubleiien der zoo'oyiscliin muséums, etc., Berlin , 1823 ) nous ayant fait connaître dès 1823 cette confusion a'espèce, il est assez singulier que les naturalistes français ne s'en soient pas préoccupés.
Quoiqu'il en soit, le Cotia, ou Acouti de d'.\zara , est beaucoup plus grand que l'Agouti, sa taille dépassant celledesplus grands Lièvres. Sa hauteur, sur le garrot, eslde près de 10 pouces (environ 26 centimètres), elsur la croupe de 12 pouces (32 centimètres 1/2]; il a 20 pouces de longueur (ai centim.), et sa queue a 8 lignes ( 18 millimètres). Ses pieds de devant sont munis, non pas de quatre doigts, mais de cinq, dont le pouce, quoique très petit, est armé d'un ongle. Cet animal n'a que trois paires de mamelles assez séparées, et l'Agouti en a six paires; cnûn
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son pelage est entièrement différent. Depuis le dessous de la tète jusque sous la poitrine il est couleur de paille, et lereste du dessous du corps est presque blanc; toute la partie supérieure et les flancs sont un mélange d'obscur et dejaune verdàtre, parce que chaque poil a trois bandes obscures et trois auv très jaunes, et que, dans ces dernières, la partie inférieure est blanche. C'est à celle couleur verdàtre que ce genre doit le nom de Cldoromijs que lui a donné Fréd. Cuvier. La partie postérieure des fesses est orangée; les quatre membres sont d'une couleur plus foncée que le corps, elcelui-ci a une grande tache blanchâtre à sa partie inférieure. Partout le poil est rude, couché, et il atteint jusqu'à trois pouces de longueur (S centim.; sur la croupe. Du reste il ressemble assez à l'Agouti. Il habile le Brésil , surtout à San- Paulo, au Paraguay, mais il n'a pas été trouvé aux Antilles.
Ses mœurs ont de l'analogie avec celles de l'Agouti ; mais cependant elles offrent des différences tout aussi tranchées, du moins sil'ons'en rapporteà d'Azara. Il n'habiteque les bois , et se cache sous les arbres abattus ou dans les trous de leurs troncs , mais il ne creuse pas de terriers. Kon seulement il se nourritde tout, mais encore il est très friand de viande , qu'il préfère à toute substance végétale. Il ne boit pas, et ^cs urines exhalent une odeur infecte. Du reste il est très stupide , et d'Azara nous en fournira un exemple. Le père Martin Caserez lui en envoya un : « Il vint,diirauteur, attaché par les quatre pieds; il se laissa délier sans opposition , et la première chose qu'il Ot, ce fut de se frotter la face et les oreilles avec ses pattes de devant. Je lui présentai du manioc cru, et, quoiqu'il fîit adulte et qu'on vînt de le prendre, il le mangea, et se laissagratter, écartant ses jambes en signe de plaisir. Autant de fois qu'on l'attacha, autant de fois il coupa la corde avec ses dents, toujours pendant l'obscurité, parce qu'il est nocturne, etc. Un matin il s'échappa; les nègres coururent après lui et ne purent le gagner de vitesse, mais un chien l'atteignit et le mordit. On le ramena dans l'enclos , où il se mit à manger dans le moment même, comme s'il n'avait rien éprouvé. »
Lorsqu'on irritecet animal ou qu'il éprouve de la crainte, son poil sehérisse sur sa croupe
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au point de devenir perpendiculaire, et si sa frayeur devient très grande, son poil tombe à poignée, seulement par la contraction violente de la peau ; mais il ne frappe jamais la terre avec ses pieds. Il ne s'apprivoise que lorsqu'il a été pris fort jeune , et même dans ce cas il ne manque jamais de profiter de !a première occasion pour reconquérir sa liberté ; dans tous les cas il est, ainsi que l'Agouti, un esclave fort incommode, parce qu'il ronge etdélruit tout ce qui est à sa portée. Les gens du pays qu'il habite ne mangent pas sa chair, et ils ont affirmé à d'Azara qu'il ne fait, par an , qu'une portée, en octobre, et seulement de deux petits.
L'Akouchi ou Akouri, Chloromys akuschy Desm., Dasyprocla acuschy Uesm., Cavia acuschy Gml., VAcoiichy Buff. — Il est à peu prés de la taille de l'Agouti, ou même un peu plus petit. Son pelage est plus doux, plus soyeux, brun piqueté de fauve, avec une sorte de manteau noirâtre commençant derrière l'épaule et s'élargissant beaucoup sur la croupe; le ventre est roux ; les pattes sont couvertes de poils ras ; il manque de crinière derrière la léte ; sa queue est mince , un peu allongée, c'est-à dire environ du double plus longue que celle de l'Agouti ; enfin il n'a que six mamelles. Cette espèce n'est pas rare à la Guiane française, particulièrement aux environs de Cayenne; mais il parait qu'elle n'habite pas au sud de l'Amazone, puisque d'Azara ne l'y a pas trouvée, et qu'il doute même de son existence partout ailleurs. Quelques naturalistes ontaussi avancé qu'elle se trouvait aux îles de la Grenade, de Sainte-Lucie , sur la foi de Buffon, et cependant les habitants de ces îles ne les connaissent pas. Du reste, l'Acouchy a les mêmes mœurs que l'Agouti , et , comme lui , habite les bois.
L'Agouti huppé, Cliloromys cristaïus Fréd. Cuv., Dasyprocla crùlata Derm., Cavia crisiaia Geoff., YAijoiai, G. Cuv. {Mém. Mus). — Il estdela tailled'un lapin ordinaire. Son pelage est noirâtre, piqueté de roux, ce qui lui donne une nuance d'un vert plus foncé que dans les précédents ; le dessus de la tète, les pattes et le cou sont entièrement noirs; son ventre est brun; il a sur l'occiput , dans l'intervalle des yeux jusqu'au milieu du cou , une sorte de crête composée de poils très allongés etun peu relevés ; les poils
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de sa croupe sont également fort longs ; sci oreilles sont courtes , ainsi que sa queue . cl son chanfrein, au lieu d'être busqué comme dans l'Agouti ordinaire , est droit. Il habite Surinam, dans la Guiane hollandaise, et se plaît dans les broussailles et les futaies à proximité des habitations. Il parait avoir un peu plus d'intelligence que les espèces précédentes, car, à l'état sauvage, il donnemoins aisément dans les pièges qu'on lui tend, et, en captivité, il est moins farouche, s'apprivoise plus aisément, et parait même susceptible d'une demi-domesticité.
Le Mara , Chloromys palagoiiicu.i Desmoul-, Cavia patagoiticaVenn. , Shaw, Dasyprocla palagonica Desm., AJara paiagoiiica Dess., le Lièvre pampa de d'Azara, le Mara des Indiens araucanos, le Yainesquel des Indiens Puelches, et le Yamaro des Patagons. — Cet animal diffère assez essentiellement des espèces précédentes pour obliger les naturalistes systématiques , dont je ne partage nullement les opinions , à en former un nouveau genre , comme ils seront obligés de le faire pour à peu près toutes les véritables espèces , s'ils veulent être conséquents dans leur manière de procéder: c'est aussi ce qu'ils viennent de faire pour celle-ci. M. Desmaresl, dans une note, avait déjà indiqué celte coupe sous le nom de Dolichv lis (longues oreilles); M. Lesson adopte les vues de Desmarest, mais en changeant le nom de Doliclioùs en celui de Mara.
Voici sur quels caractères il établit ce nouveau genre, qui, ainsiquebeaucoupd'autres, se compose d'une espèce unique. Les Agoutis n'ont que seize molaires, le Mara en a vingt, cinq de chaque côté aux deux mâchoires ; dans les Agoutis l'oreille est courte, aussi large ou plus large que longue; dans le Mara elle est lancéolée, atteignant en longueur 3 pouces 4 lignes (9 centimètres) et ne dépassant pas 2 pouces (5cenlim. 4/5) de largeur. Quant aux autres caractères, ils diffèrent fort peu de ceux des Agoutis précédents, comme on va le voir.
Le Mara est plus grand que notre Lièvre d'Europe, plus même que le Cotia. Sa hauteur, sur le garrot, est de 16 pouces 1/2 (44 centim. 1/2), et, sur la croupe , de i;> pouces 1/2 (près de 5-3 cenlim. ). Il a quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de Jerricre. sa queue est nue calleuse. Ion-
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gue de 18 lignes (4 cenlim. ), grosse et légcremenl courbe vers le haul. Sa lêle ressemble un peu à celle d'un Lièvre ; mais elle est un peu plus comprimée sur les côtés, à museau plus pointu, et sa lèvre supérieure est ornée de longues moustaches noires. Ses mamelles sont au nombre de quatre. Son pelage est d'un gris fauve, piqueté de blanc sur le dos , passant au brun obscur sur la croupe ; les fesses et le venlre sont blancs ; la gorge, la poitrine entre les jambes de de vaut, les côtés de la tête et l'extérieur des jambes de devant, le bas des flancs, la partie postérieure des fesses et des tarses, sont d'un fauve cannelle clair; les oreilles sont blanches en dedans, brunes en dehors ; enfin les parties dépourrues de poils sont noires. Sa fourrure est moins rude que dans les espèces précédentes, et même assez soyeuse sous le ventre : aussi les Indiens Charruas , Puelches et Patagons, réunissent-ils plusieurs peaux de Mara pour en faire des manteaux et des lits. Outre cela , ils se nourrissent de leur chair, qui est blanche, délicate, mais un peu fade.
Cet animal n'existe pas au Paraguay , ni au-dessus du 34* degré de latitude. Il ne commence à être très commun qu'au sud do Buenos-Ayres, et il y en a considérablement depuis celte latitude jusqu'au détroit de Magellan, et surtout dans les campagnes désertes de la Patagonie, au sud de Fiio-Ncgro. Autrefois , avant que le bétail se fût beaucoup multiplié dans cette partie de l'Amérique, les habitants faisaient leur principale nourriture de cet animal. En le nommant Lièvre des pampas (Lièvre des plaines), d'Azara n'a point eu en vue de faire entendre qu'il se plait dans les lieux humides, comme on l'a cru, mais seulement qu'on le rencontre souvent dans les plaines sèches et non boisées, où on va le chercher plutôt qu'ailleurs à cause de la facilité de l'y poursuivre à cheval et de le prendre au taçu. Il faut , pour faire cette chasse , être fort bon cavalier, avoir un cheval très léger, et savoir enlacer le Mara avec adresse ou le tuer avec les deux boules de pierre que l'on .ajoute souvent au laço. D'autres fois on le chasse avec des chiens dressés à cet exercice, et , malgré la vitesse de sa fuite, ils l'ont bientôt forcé et étranglé, parce qu'il se fatigue aisément.
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Quoique habitant souvent les pampas , le Mara paraît se plaire davantage dans les lieux élevés, sablonneux , secs et couverts de buissons, et il parait même que c'est là seulement qu'il se creuse un terrier profond pour y mettre et y élever sa jeune famille. Probablement aussi que lorsqu'il est descendu dans la plaine , ce n'est que passagèrement, et alors il néglige de se creuser une habitation. Ceci expliquerait la discordance qui existe dans les opinions de deux excellents observateurs: l'un, d'Azara, qui dit que le Mara ne se terre pas ; l'autre , M. A. d'Orbigny, qui lui donne un profond terrier.
Quoi qu'il en soit, cet animal ne vit pas en troupe, mais en famille: seulement, quand plusieurs familles ont trouvé un même terrain convenable pour y établir une sorte de garenne, elles se rapprochent les unes des autres pour y prendre place, d'où il résulte que leurs terriers sont très près. Dans toute autre circonstance, ces animaux vont constamment deux à deux, parce que la femelle suit le mâle, qui ne la quitte pas, même quand ils sont poursuivis par des chiens. Pendant la nuit, s'ils se sont séparés pour chercher leur nourriture, ils ne tardent pas à s'appeler par un cri aigu , fort , que l'on pourrait écrire ainsi , o-o-o-y , cri qu'ils font aussi entendre quand on les tourmente. Ils sont très doux et très paisibles, mais assez farouches. Cependant , quand on les prend jeunes, « ils s'apprivoisent très bien, dit d'Azara, se laissent gratter, reçoivent le pain de la main, mangent de tout, sortent librement de la maison, et y reviennent de même. Le.s, Lièvres patagons vont par pas et non par sauts, quand ils ne courent pas. » Ce dernier fait me paraît fort singulier pour des animaux qui , ainsi que tous les Agoutis, marchent sur leurs tarses, à la manière des Lièvres et des Lapins. M. Is. Geoffroy dit que « leur manière de courir est, comme celle du Lièvre, entremêlée de bonds et de sauts.» Il n'y a pas absolument contradiction dans ceci ; mais s'il y en avait une , j'avoue que , dans ce cas, j'aimerais mieux croire l'homme qui sait que l'homme qui a vu.
La femelle met bas deux fois par an, et il paraît que sa première portée se fait au commencement d'avril ; chacune est de deux petits qui croissent très rapidement, et ne
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tardent pas à se creuser une habitation à côté de celle de leurs parents. (Boitard.)
*AGRA (âypa, proie), ins. —Genre de Coléopléres pentamères, Tamille des Carabiques , établi par Fabricius et adopte par Latreille, ainsi que par M. Dejean , qui le place dans sa tribu des Troncalipennes. — Ce g. se dislingue facilement de tous ceux de la même famille par sa forme allongée, qui lui donne une certaine ressemblance avec quelques espèces de Brèmes. Il ne renferme que des espèces exotiques, toutes des régions intertropicales de l'Amérique.
Le dernier Catalogue de M. Dejean mentionne seulement 13 espèces de ce genre; mais Klug en a décrit 35. Nous ne citerons que V^. œnea Fabr., qui se trouve à Cayenne. Cette espèce a été figurée par Olivier sous le nom de Carabus cayennensis , dans son ouvrage intitulé : Annales pour servir à la connaissance des Insectes, particulièrement de ceux du Musée de Berlin (pi. 12 , n<> l,tab. l,fig. 133). (D.)
AGRAM. BOT. PU. — Selon M. Bory {Dici. cl.), ce mot est le synonyme vulgaire de Chiendent, dans quelques cantons de la France, f^oy. ce mot. (C. L.)
*AGRAPHIS (à priv.; ypa^îç, écriture).
BOT. PU. — Genre de la famille des Liliacées, tribu des Asphodélées , sous-tribu des Hyacinlhées.Endl., fondé par Link{fJandb.,m, 1C6 ) aux dépens des g. Ryacinihus et S cilla de Linné. — Il comprend un petit nombre de plantes bulbeuses , propres à l'Europe australe et au cap de Bonne-Espérance ; à fleurs penchées, disposées en un épi simple et terminal , dont les pédicules sont bibractéés. (C. L.)
-AGRAPHUS (aypoccpo;, non écrit), ins. — Genre de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Curculionides , division des Ottiorhynchides, établi par Schœnherr et adopté par JL Dejean {Catal., 3""^ édit.) , qui n'y comprend qu'une .seule espèce nommée par Xni A . leucophœas ; elle est de l'Amérique boréale. (D.)
AGRAULE. Agraulus ((X7pav),oç, rustique). BOT. PH. — Palisot de Beauvois a proposé d'établir sous ce nom un g. de la famille des Graminées pour les esp. du g. Agrosiis qui , ayant la valve supérieure très courte ou presque nulle , ont la glume ter- | minée par une arête. Telles sont entre au- !
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très les Agrostis canina et A. alpina ; mais Trinius en a fait une simple section dans le grand g. Agrosiis , et le professeur Kunlh n'a même pas distingué ces esp. comme un groupe à part. P^oy. acrostidh. (A. R.)
*AGRAULIS (àypovXos, qui vit dans les bois, les champs), ins. —Genre de l'ordre des Lépidoptères , famille des Diurnes , section des Tétrapodes , créé par M. Boisduvnl aux dépens des Célhosies de Fabricius et des Argynnes de Latreille , et qu'il place dans la tribu des Nymphalides. Ce g., dont il n'a pas encore publié les caractères , comprend les Argynnes exotiques, à ailes oblongucs, qui vivent sur les Passiflores , comme les Héliconies , et dont la forme rappelle cell'î des Acrées , qui du reste en sont très rapprochées , quoique d'une autre tribu. Telles sont les A. f^adillœ , Dido , Julia et Phcrusa, figurées dans Cramer. (D.)
AGRAULUS. BOT. pn. — f^oy. agraule.
"AGRAILEA (<ij'pau;i£'a. , j'habite les champs), ins. — Genre de la famille des Phryganiens, de l'ordre des Névroptères, détaché des Hydroptila de Dalmann par Curtis {Desc. some noud. Br. sp. of M. B. of ang. extr. Loiid. and Edinb. phil. Mag. ). Il ne diffère de ces derniers que par la présence d'une épine de plus aux jambes intermédiaires. Les esp. qu'il rtnierme sont peu nombreuses , toutes indigènes et de très petite taille ; telles sont les A. line.oides ( Hydro plila tineoides Daim.), sparsa, veciis , costalis Curt., etc. (Bl.)
AGKEFOUS ou AGRIFOUS. bot. ph. — Synonyme vulgaire du Houx dans quelques cantons du midi de la France. Ce mot paraît être une corruption d'AgrifoUum ou d'Aquifolium , dénominations que les anciens botanistes appliquaient à cet arbre. Linné a imposé la dernière comme nom spécifique au Houx commun. Foy. ilex et aqui-