‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 101 sur 192 · Dents aiguës, sur une seule rangée à chaque mâchoire · texte numérisé non relu

Dents aiguës, sur une seule rangée à chaque mâchoire

C'est à cette section que se rapporte la Murène commune, M. helenah., poisson très répandu dans la Méditerranée. Il est rusé, carnassier et vorace.Son corps, tout marbré de brun et de jaunâtre, atteint 1 mètre et plus de longueur. Ses mœurs sont à peu près celles de l'Anguille commune (voy. ce mot), et comme elle, sa chair est assez délicate, quoiqu'elle habite la mer et les eaux saumâtres où l'Anguille ne se trouve qu'accidentellement. Les anciens faisaient un grand cas de ce Poisson ; ils en élevaient dans des viviers, ce que Ton fait encore de nos jours. Les Murènes y vivent et prospèrent, pourvu qu'on ménage, dans ces viviers, des retraites sombres pour qu'elles puissent s'y soustraire aux ardeurs du jour. La morsure de ce poisson est souvent cruelle.

Les autres espèces de cette section sont les M. moringa Cuv. (la Moringue des Antilles) , punctata Bl. , Schn. , meleagris Sh. {M. pintade Quoy et Gaim. ), protbernon Quoy et Gaim., favaginea Bl., Schn., pantherine Lacép. (M. picta Thunb.).

2. Dents aiguës, sur deux rangs à chaque mâchoire , indépendaminent d'un rang au vomcr.

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G. Cuvier ne cite qu'une seule espèce appartenant à cette section , et qui est le Murénophis gris de Lacépède.

3. Dents coniques ou rondes, sur deux rangs à chaque mâchoire.

La principale espèce de ce groupe est la Murène unicolore Laroche (M. Christini Briss.), toute couverte de petites lignes ou de petits points bruns, serrés, qui la font paraître d'un brun uniforme.

4. Dents latérales rondes , sur un seul rang ; les vomériennes également rondes, sur deux rangs ; les antérieures coniques.

Les espèces connues de cette section sont les Muiîénophis étoile , Lacép. (.1/. nebulosa Thunb.); M. ondulé, Lac. (M. catenatus BL, Schn.), et M. sordida Cuv., Séb.

5. Dents latérales rondes, sur deux rangs; les vomériennes également rondes, sur quatre, formant une sorte dépavé.

Dans cette section rentre seulement le Gvmnomurène cerclé de Lacépède (Murœna zébra Schn.), qui n'a presque pas de nageoires apparentes.

6. Dents en carde , sur plusieurs rangs. La Méditerranée en possède une espèce ,

nommée par Risso M. saga (vulgairement Sorcière). Cette espèce est remarquable par ses mâchoires allongées, rondes et pointues, et par sa queue allongée en pointe très aiguë. G. Cuvier pense qu'on peut rapprocher de cette Murène le poisson désigné par Rafinesque sous les noms de Nettasoma melanura. (J.)

MUREX, moll. — Voy. rocher.

MURIACITE. min. —Nom donné par plusieurs minéralogistes à la Chaux sulfatée anhydre.

MURIATES. min. , chim. — Voy. hydra-

CIDES et CHLORATES.

MURIATIQUE (acide), chim. — Voyez

ACIDE HYDROCHLORIQUE au mot ACIDES.

MURICARIA. bot. ph.— Genre delà famille des Crucifères-Zillées, établi par Desvaux (Journ. bot., III, 159, t. 25, f. 2). Herbes de la Mauritanie. Voy. crucifères.

MURICEA. polyp. — Genre de Polypiers flexibles de l'ordre des Gorgonies-Corticifères, établi par Lamouroux (Exp, Méth, des Polyp.), qui lui donne pour caractères : Polypier dendroïde, rameux ; axe corné, cylindrique, souvent comprimé à l'aisselle des rameaux; écorce cylindrique, d'une épaisseur

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moyenne; cellule en forme de mamelons

saillants, épais, couverts d'écaillés imbriquées

. et hérissées ; ouverture étoilée à huit rayons.

1 On n'en connaît que deux espèces nommées

■ M . spicifera et elongata.

MURICîA, Lour. (Flor. cochinch., 733).

bot. ph. — Syn. de Momordica, Linn.

*MUR10ÉES, mam. —Les noms de Muridées, Murideœ Gray, Muriens Illiger, ont été appliqués à une division de l'ordre des Rongeurs , comprenant l'ancien genre Rat. Voy. ce mot. (E. D.)

MURIER. Morus , Tourn. (étymologie controversée : dérivée selon les uns de p-.opc'a, le mûrier, ou p.ôpov , son fruit ; selon d'autres de f/.avpo; ou ap.vp°ç> obscur, ce qui peutêtre rendrait compte du nom d'Amourié qu'il porte en Languedoc ; enfin , selon J.-E. Smith, de y.upoç, fou, insensé, par antiphrase ; Linné (Phil. bot. ) range l'étymologie de ce nom dans la catégorie des Grœca obscura). bot. ph. — Genre range par A.-L. de Jussieu parmi les Urticées? devenu de nos jours, pour la plupart des botanistes , le type de la petite famille des Morées , classé par- quelques autres parmi les Artocarpées; de la Monœcie-tétrandrie dans le système de Linné. Il se compose d'arbres ou d'arbrisseaux à suc blanc, laiteux , qui croissent spontanément dans les régions chaudes de toute la terre ; leurs feuilles sont alternes, entières ou lobées, accompagnées de stipules; leurs fleurs sont petites, réunies en épis axillaires, unisexuels, serrés, dont les mâles oblongs ou cylindriques, et les femelles plus courts , ovoïdes ou presque globuleux. Les fleurs mâles se composent: d'un périanthe divisé en quatre lobes ovales, qui finissent par s'étaler ; de 4 étamines opposées à ces divisions, dont le filet est élastique et ridé transversalement, dont l'anthère est introrse et biloculaire, fixée par ledos; à leur centre estun rudiment d'ovaire. Les fleurs femelles présentent: un périanthe à 4 folioles ovales, concaves, dont deux extérieures plus grandes; un ovaire ovoïde, sessile, indiqué par M. Endlicher et plusieurs autres auteurs comme biloculairc, à loges inégales, tandis que M. Spach assure qu'il est constamment uniloculaire , à 2 ovules pendants, surmonté de deux styles terminaux, distincts ou soudés entre eux à leur base, allongés-filiformes, sligma-

tifères à leur côté intérieur. Le fruit est un akène sec ou très peu charnu, 1-loculaire, 1-sperme par avortement de l'un des deux ovules , enveloppé par le périanthe persistant qui est devenu charnu dans la plupart des cas; chaque akène renferme une seule graine pendante et crochue. Parmi les espèces de Mûriers aujourd'hui connues, il en est trois dont l'importance est assez grande pour que nous devions nous arrêter sur elles.

1. Mûrier noir, Morus nigra Linn. C'est un arbre de hauteur moyenne, très rameux, dont l'écorce est rade, inégale et épaisse; ses feuilles sont scabres, fermes et non luisantes, rugueuses à leur face supérieure, légèrement hérissées à leur face inférieure, portées sur un pétiole arrondi et non canaliculé en dessus, le plus souvent indivises, en forme de cœur, inégalement dentées en scie à leur bord, ou divisées plus ou moins profondément en 5 lobes, accompagnées de stipules rougeâtres , oblongues , obtuses, ciliées. H est monoïque ou dioïque; dans les fleurs mâles , les étamines sont une fois plus longues que le périanthe. Son fruit agrégé ou syncarpe, vulgairement connu sous le nom de Mûre, porté sur un pédoncule court, est ovoïde, d'un rouge d'abord clair qui se fonce et devient presque noir à la maturité, ce qui a valu à l'espèce le nom qu'elle porte; sa longueur est de 2 ou 3 centimètres ; sa saveur est agréable et fait cultiver surtout le Mûrier noir comme arbre fruitier.

Le Mûrier noir est connu depuis une haute antiquité, et l'époque de son introduction en Europe est entièrement inconnue. Il reste même des doutes sur sa véritable patrie : on s'accordeassezgénéralement à le regarder comme venu de la Perse où il existe à l'état sauvage ; mais quelques auteurs admettent comme probable qu'il a été transporté de la Chine dans cette dernière contrée. Son utilité est beaucoup moins grande que celle des deux espèces suivantes ; cependant les usages de ses diverses parties ne manquent pas d'importance. Son bois est employé pour la menuiserie et le charronnage; néanmoins son grain grossier et sa texture un peu spongieuse le rendent impropre à la fabrication des meubles de luxe; mais il est estime pour la confection

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des futailles, et, dans quelques parties du midi de l'Europe, on croit qu'il contribue à améliorer la qualité du vin. Il est coloré en brun dans la partie centrale ou dans le cœur, en jaune clair dans la partie extérieure ou l'aubier. On évalue son poids à 40 livres 7 onces par pied cube. Il ressemble au reste beaucoup pour sa nature et pour ses usages à celui du Mûrier blanc, qui a cependant un peu plus de densité. La racine du Mûrier noir se distingue par une amertume prononcée qui l'a fait regarder et quelquefois employer comme fébrifuge.

Sa feuille rude et d'un tissu ferme est peu estimée pour la nourriture des Versa soie; ceux qui en ont été nourris ne donnent qu'une soie de qualité inférieure ; néanmoins, dans les parties de l'Europe méridionale où la sériciculture est encore sous l'empire de la routine et des habitudes traditionnelles , on la mêle fréquemment à celle du Mûrier blanc. Son fruit est usité soit comme alimentaire, soit comme substance médicinale. Sous ce dernier rapport, on en emploie le jus exprimé ou surtout préparé en sirop contre les angines et les aphtes. La volaille le mange avec avidité; aussi le plante-t-on de temps immémorial dans les basses-cours, où il est encore utile par l'ombre épaisse qu'il donne. Cet arbre est très peu délicat sur la nature du sol ; il se multiplie aisément par graines, boutures ou marcottes. Son accroissement est lent. C'est l'un des végétaux qui bourgeonnent le plus tard dans nos climats, et, malgré cela, l'un de ceux qui mûrissent leurs fruits des premiers.

2. Mûrier blanc, Morus alba Linn. Cette espèce, sur l'existence de laquelle repose l'industrie séricicole, source de tant de richesses, forme un arbre assez analogue de taille et de port au précédent , mais qui s'en distingue cependant, même sous ce rapport, par ses jets plus nombreux, plus grêles, plus droits, et par son écorce de couleur plus claire. Ses feuilles sont plus minces et moins Termes, lisses, glabres et luisantes à leur face supérieure qui semble légèrement vernie, non rugueuses, munies en dessous de duvet à l'aisselle des nervures , d'un vert gai, le plus souvent en cœur et dentées en scie sur les bords , quelquefois lobées, généralement acuminées au sommet, à pétiole

légèrement canaliculé en dessus, accompagnées de stipules verdâtres, linéaires-lancéolées ou oblongues-lancéolées, glabres; dans les fleurs mâles, lesétaminessontà peine plus longues que le périanthe. Son fruit agiégé est assez longuement pédoncule, de couleur blanchâtre ou rosée , de saveur douceâtre et fade.

Le Mûrier blanc n'existe à l'état sauvage qu'en Chine; mais il s'est naturalisé dans l'Asie-Mincure,et même sur quelques points de l'Europe méridionale. Son introduction en Europe, bien autrement importante que celle de l'espèce précédente , est beaucoup plus récente , et l'on sait quels développements sa culture y a pris dans ces derniers temps. L'emploi de ses feuilles pour la nourriture des Vers à soie , et par suite sa culture, remonte, en Chine, à une haute antiquité; en effet, les chroniques du Céleste-Empire rapportent que , 2700 ans avant Jésus-Christ, l'impératrice Si-ling-chi, femme de l'empereur Hong, remarqua que les Vers à soie se nourrissaient des feuilles du Mûrier, et qu'elle songea à tirer parti de leursoie. Dès cetinstant, l'industrie séricicole prit naissance en Chine , et quelques siècles suffirent pour lui donner des développements importants. Plusieurs siècles plus tard la culture du Mûrier, et par suite celle de la soie , passèrent de la Chine dans l'Inde, en Perse, en Arabie; mais elles restèrent inconnues en Europe pendant longtemps encore , et la précieuse matière qui formait une source abondante de richesses pour l'Asie continua d'être payée au poids de l'or par le petit nombre d'empereurs romains dont le luxe ne recula pas devant son prix exorbitant. Mais au milieu du vic siècle (555), deux missionnaires ayant apporté à Constantinople des œufs de Vers à soie qu'ils s'étaient procurés au péril de leur vie, le Mûrier commença d'y être cultivé. La nouvelle industrie ne tarda pas à se répandre dans le midi de l'Europe : au commencement du vmc siècle, les Arabes l'introduisirent en Espagne et en Portugal; mais ce fut le Mûrier noir qu'ils apportèrent en même temps dans ces contrées , et dont la culture y fut exclusivementadoptée pendant quelques siècles. Le Mûrier blanc resta confiné à Constantinople et en Grèce; mais en 1130, Roger, roi de Sicile, Tintro-

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duisit dans cette île et s'efforça d'en propager la culture. De là, cet arbre passa dans l'Italie méridionale. Vers le milieu du xvc siècle, il arriva dans la haute Italie; peu après, le seigeur d'AUan en transporta en France un pied qu'il fit planter à AUan, où l'on dit qu'il existe encore aujourd'hui. Cependant ce ne fut qu'à la fin de ce même siècle (1494) que plusieurs seigneurs et grands propriétaires , à leur retour des guerres d'Italie, en rapportèrent plusieurs pieds, qui devinrent la souche de ceux que nous possédons aujourd'hui. Bientôt de grands efforts furent faits pour répandre la culture de cet arbre précieux. François Traucat , jardinier de Nîmes , en fit (1 564) une grande pépinière qui approvisionna le midi de la France. D'un autre côté, Henri IV sentit si bien l'importance de celte acquisition que , d'après ses ordres, Olivier de Serres en fit (1601) des plantations considérables dans le jardin des Tuileries. Plus tard, Colbert fit encore plus : il voulut d'abord obliger tous les propriétaires à planter un certain nombre de Mûriers sur leurs terres ; mais sa mesure ayant amené des résultats entièrement opposés à ceux qu'il se proposait d'obtenir, il lui en substitua une nouvelle qui consistait à payer une prime de 24 sous pour chaque pied de Mûrier planté depuis trois ans. Grâce à cet encouragement, les plantations de Mûrier blanc se répandirent rapidement sur presque toute la France. On sait qu'à partir de cette époque l'industrie séricicole est devenue l'une des plus importantes de notre pays. A une époque récente, plusieurs autres États de l'Europe se sont également livrés à la culture du Mûrier. Ainsi la Bavière , à partir de 1820 , et quelques autres parties de l'Allemagne, en ont fait de nombreuses plantations; la Russie elle-même a adopté la culture de cet arbre en Crimée, où il a très bien réussi. Il n'est pas jusqu'aux parties méridionales du Danemark et de la Suède où l'on n'ait fait à cet égard des essais qui n'ont amené, il est vrai, que des résultats médiocres.

La haute importance du Mûrier blanc réside surtout dans sa feuille , que tout le monde sait être l'aliment habituel du Ver à soie [Bombyx Mort Linn.); cependant son bois, de couleur et de grain analogues à celui du Mûrier noir , mais plus dense

(44 livres par pied cube), est préféré à celui de ce dernier par les menuisiers, les charrons et les tonneliers; son écorce très filandreuse peut être employée à peu près comme celle du Tilleul. Rosier dit même qu'elle peut être utilisée comme matière textile. Le bois de sa racine donne une couleur jaune, qu'on dit très solide. Quant à son fruit, sa saveur douceâtre et fade ne permet d'en tirer parti que pour nourrir la volaille.

C'est donc principalement pour sa feuille que le Mûrier blanc est cultivé. Sous ce rapport, il l'emporte beaucoup sur le Mûrier noir, dont son introduction en Europe a fait négliger la culture et auquel il a été substitué presque partout. D'abord ses bourgeons s'ouvrent environ quinze ou vingt jours plus tôt, ce qui le rend, il est vrai, plus sensible aux gelées tardives, mais ce qui, en même temps , permet de commencer de meilleure heure les éducations des Vers à soie; en second lieu, son accroissement est plus rapide, et tel que ses pieds coupés ras donnent en une pousse des jets de 1 mètre et demi de long; enfin son feuillage est plus abondant, et ses feuilles plus tendres, plus nutritives, donnent à la soie une qualité notablement supérieure. D'après les recherches de M. Bon a fous, elles renferment une matière grasse, une substance résineuse, de la gomme, du sucre et une matière extractive jaunâtre. Les proportions de ces diverses substances se modifient sensiblement d'après le sol où l'arbre végète, et dé la résultent des varialions très sensibles dans la qualité de la soie. On a reconnu i\ua la feuille des Mûriers plantés en des lieux hauts, secs, exposés aux vents , ou dans des fonds légers , donne une soie abondante, fine et nerveuse, tandis que celle des arbres qui croissent en des lieux bas et humides, dans des terres très argile lises, donne une soie moins abondante et de qualité inférieure. La cause on est, a-t-on dit, en ce que, dans le premier cas, ces feuilles renferment une plus forte proportion de matière résineuse.

De nombreux ouvrages et mémoires ont été écrits sur la culture du Mûrier blanc; ne pouvant entrer ici, à cet égard, dans de longs détails, nous nous bornerons à dire que cet arbre se multiplie avec facilité par graines, par boutures et marcottes. Ses semis donnent des pieds plus vigoureux et de meil-

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leure venue ; aussi ce mode de multiplication est- il souvent préféré. Dans ce cas, on sème les graines immédiatement après leur maturité, ou bien on les stratiûe lorsqu'on ne doit les mettre en terre qu'au printemps suivant, ce qui a lieu dans les pays un peu septentrionaux. On recommande de choisir celles fournies par des arbres sains, d'âge moyen, et qui n'aient pas été effeuillés dans l'année. Semées dès leur maturité, elles lèvent le même automne. Les jeunes plants qui en proviennentreçoivent le nom vulgaire de pourrettes. Ils doivent être abrités contre le froid de l'hiver pendant les deux ou trois premières années. Assez généralement, on les greffe dès qu'ils ont pris un peu de force; mais les avis sont encore partagés relativement aux avantages de cette opération, qui se fait d'ordinaire en flûte. Ne pouvant ni rapporter ni discuter ici les diverses manières de voir qui ont été émises à cet égard, nous renverrons pour cela, ainsi que pour de plus amples détails, aux ouvrages qui ont été publiés sur la culture du Mûrier et dont nous citerons les principaux : Gasteiet , Sur le Mûrier blanc; Grognier, Recherches historiques et statistiques sur le Mûrier, le Ver à soie, etc.; Lyon, Cobb, Manualofthe Mulberry Tree; Pascali, Treatise on the MuU berry; Bonafous, Traité de l'éducation des Vers à soie et de la culture du Mûrier; Philippar, Sur la culture du Mûrier, etc., dans' l'arrondissement de Versailles, etc.

3. Mûrier multicaule , Morus multicaulis Perrot. ( M, tatarica Desf., M. cucullata Bonaf.). L'introduction de ce Mûrier en Europe est toute récente ; elle est dueà M. Perrottet, qui, en 1821, en porta des pieds de Manille à l'île Bourbon, d'où il en transporta à Cayenne et ensuite en France. C'est un grand arbrisseau à racines traçantes d'où s'élèvent ordinairement plusieurs liges presque droites, rameuses dès la base, minces et flexibles, dont l'écorce est parsemée de petits tubercules (lenticelles) blanchâtres et très saillants: ses feuilles sontd'unvertclair, arrondies à la base ou largement cordiformes, brièvement acuminées au sommet, irrégulièrement dentées; longues de 2 ou 3 décimètres, larges de 15 à 20 centimètres; flasques, minces et tendres; bullées ou comme crépues, glabres sur leurs deux faces; portées sur un pétiole long d'environ 1 décimè-

tre, large, un peu comprimé et comme triangulaire à sa base ; accompagnées de deux stipules blanchâtres, lancéolées, scarieuses.

Les étamines des fleurs mâles sont plus courtes que le périanthe. Le fruit, d'abord blanc, devient ensuite rouge et enfin noir; il est oblong ou turbiné, petit, de saveur aigrelette très agréable.

Le Mûrier multicaule est originaire de la Chine, où il paraît habiter les lieux élevés; c'est de là qu'il s'est répandu dans les parties basses voisines de la mer. Plus tard il a été transporté dans les iles de l'Archipel d'Asie , où on le cultive seulement comme espèce d'ornement, et d'où il est enfin venu en Europe. M. Perrottet a fait ressortir les avantages qu'il présente , et ses mémoires à ce sujet (Ann. Soc. linn. de Paris, 1824 ; Ann. de Fromont, janv. 1830 ; Archiv. de botan., mars 1833) ont éveillé l'attention des sériciculteurs, qui n'ont pas tardé à lui donner une place importante dans leurs cultures. Des expériences et des éducations comparatives ont prouvé que la feuille de cette nouvelle espèce est très avantageuse par son abondance, par la mollesse de son tissu, et par la bonne qualité de la soie que donnent les Vers qui en ont été nourris. De plus, la multiplication des pieds est extrêmement facile; leur pousse est hâtive, leur végétation vigoureuse et rapide; ils ne se montrent nullement difficiles à la taille; ils craignent peu le froid; enfin ils repoussent de partout soit pendant, soit après la cueillette. Ces avantages ont paru plus que suffisants pour compenser les inconvénients qui ont été trouvés au Mûrier multicaule, et dont le principal consiste en ce que ses grandes feuilles sont facilement déchirées par les vents. Au reste, nous renverrons pour déplus amples détails sur cette espèce aux mémoires de M. Perrottet que nous venons de citer, ainsi qu'à un rapport de M. Soulange-Bodin, lu à la Société d'encouragement le 26 décembre 1832, imprimé par extrait dans les Annales de Fromont (décemb. 1832), et au rapport de M. Philippar (cité plus haut), lu le 4 novembre 1835 à la Société d'agriculture et arts de Seine-et-Oise.

Il est encore d'autres espèces de Mûriers qui présentent de l'intérêt, soit parce que leur feuille peut être employée avantngeu-

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sèment à la nourriture du Ver à soie , comme le Mûrier de l'Inde , Morus indica Linn., qui, d'après Rumphius etLoureiro, est préféré sous ce rapport à tous les autres dans la Cochinchine et dans l'Inde, et le Mûrier d'Italie, M. ilalica Poir. ; soit parce que leur fruit est comestible, comme le Mûrier rouge, M. rubra Linn., bel arbre des États-Unis, qui atteint 20 et 25 mètres de hauteur, dont les feuilles sont très cotonneuses à leur face inférieure, dont le fruit est rouge, d'une saveur sucrée et acidulé Jbrt agréable. Mais, faute d'espace, nous nous bornerons à ce peu de mots au sujet de ces espèces. (P. Ducharïre.)

MURIERS, ois. — Le Gobe-Mouche et plusieurs espèces deBecs-Fins portent ce nom dans diverses provinces de la France. (E. D.)

MURIN. mam. — Ce nom a été appliqué à des espèces des genres Loir et Vespertilion. Illiger avait également indiqué une famille de Rongeurs sous la même dénomination de Murins , et comprenant le grand groupe des Rats. Voy. ce mot. (E. D.)

MURMIDIA ou MURMIDIUS (fuîppiÇ, fourmi; t&'a, forme), ins. — Genre de Coléoptères pentamcres , famille des Clavicornes , tribu des Byrrhiens , établi par Leach { Trans. Linnean. Soc. , vol. XIII , pag. 1 , pi. 41 ), et adopté par Hope (Coleopt. manual, 1840, p. 108) et par Laporte de Castelnau ( Hist. nat. des An. art. , 3 , p. 40 ). Le type, M. ferruginea Leach, serait originaire de la Chine. Il est présumable que c'est le même Insecte qui a été décrit depuis par Germar {Species Ins. , p. 8 , t. 1 , f. 2) sous les noms générique et spécifique de Ceuthocerus advena, lequel vit de la substance des grains de Riz, et parvient quelquefois vivant en Europe. (C.)

MURONS, bot. ph. — Nom vulgaire des fruits d'une espèce de Framboisier, le Rubus frulicosa L. Voy. framboisier.

MURRAYA (nom propre), bot. ph. — »

Genre delà famille des Aurantiacées-Clausénées, établi par Kœnig ( in Linn. Man» tiss., 563). Arbrisseaux de l'Asie tropicale.

Voy. AURANTIACÉES.

MURSIE. Mursia. crust. — Ce genre, établi par Leach et adopté par les carcinologistes, est rangé par M. Milne Edwards dans l'ordre des Décapodes brachyures, et dans la famille des Oxystomcs. Les Crusta-

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ces qui composent cette nouvelle coupe générique ont la plus grande analogie avec les Calappes (voy. ce mot), mais s'en distinguent facilement par la forme de leur carapace, qui est presque circulaire et ne se prolonge pas en manière de bouclier audessus des pattes ambulatoires; sa face supérieure est bombée et inégale, et vers le milieu du bord latéral se trouve une longue dent spiniforme. Il est aussi à noter que le quatrième article des pattes-mâchoires externes est inséré à l'extrémité de l'article précédent.

On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre : c'est le Mursie a crête , Mursia cristata Dem., Edw. (AU. du règne anim. de Cuv., Crust., pi. 13, fig. 1 ). On ignore la patrie de ce singulier crustacé. (E. L.)

MURUCUIA. bot. pu. — Genre de la famille des Passiflorées , tribu des vraies Passiflorées , établi par Tournefort ( Inst., 215). Dans ce genre, le limbe a, dans quelques espèces, 5 divisions; dans d'autres, ces divisions sont au nombre de 10. De là deux sections nommées Pentaria elDecaria (De Candolle, Prodr.y III, 333).

Les plantes comprises dans ce genre sont des arbrisseaux des Antilles.

MUS. mam. — Nom latin du genre Rai.

Voy. ce mot.

MUSA, bot. ph. — Voy. bananier.

A1USACÉES. Musaceœ. bot. ph. — Famille [de plantes Monocotylédones à étamines épigynes, qui a été établie parA.-L. de Jussieu (Gênera, p. 61 ) sous les noms de Musœ, Bananiers, et dont la circonscription a été conservée telle que l'avait tracée notre célèbre botaniste. Quoique peu étendue, elle offre de l'intérêt à cause de la haute importance de quelques uns des végétaux qu'elle comprend. Elle secompose de plantes herbacées vivaces, de haute taille, rarement ligneuses, et dans ce cas pourvues d'un stipe simple ; les espèces herbacées , qui sont beaucoup plus nombreuses, ont en guise de tige une sorte de bulbe très allongé, formé par les gaînes des feuilles distinctes ou soudées entre elles. Les feuilles sont alternes, à pétiole engainant par sa base; leur lame est enroulée en cornet dans la jeunesse; elle est traversée dans sa longueur par uns grosse côte médiane , des deux côtés de laquelle partent de très nombreuses nervure*

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transversales ou obliques , parallèles entre elles. Les fleurs sont situées à l'aisselle de grandes bractées ou spathes, qui sont ellesmêmes alternes ou distiques sur des pédoncules radicaux ou axillaires ; elles présentement: un périanthe coloré, irrégulier,dont les 6 parties, rangées sur deux rangs, restent libres et distinctes, ou se soudent entre elies de diverses manières; tantôt, en effet {Ravenala) , les 3 du rang externe restent séparées, les 2 du rang interne, qui sont placées à droite et à gauche, se soudant en une seule pièce qui semble être bifide à son extrémité, et tantôt (Musa) les 3 pièces extérieures se soudent entre elles et avec les 2 intérieures latérales en une seule qui paraît être 5-lobée au sommet, tandis que la troisième pièce intérieure reste distincte et séparée ; des étamines au nombre de 6 ou seulement de 5, par Tavortement de la sixième qui aurait été située devant la pièce intérieure et libre dupérianthe; un ovaire infère à 3 loges, qui renferment chacune de nombreux ovules fixés le long de l'angle central, ou un seul dressé (Heliconia); un style unique terminé par un stigmate à 6 petits lobes obtus, ou à 3 divisions linéaires. Le fruit est triloculuire, tantôt charnu, indéhiscent, tantôt dur et ligneux intérieurement, presque charnu extérieurement; sa déhiscence est septicide (lre tribu) ou loculicide. Les graines sont quelquefois accompagnées (Ravenala) de sortes de poils aplatis en membrane déchirée en manière de manchette, remarquables par la vivacité et la beauté de leur couleur; elles présentent, dans un albumen farineux-charnu, un embryon axile , orthotrope, aiiongé, dont l'extrémité radiculaire perce l'albumen et atteint le hile.

Les Musacées ressemblent beaucoup aux Cannacées, desquelles elles se distinguent par le nombre de leurs étamines ; elles ont aussi de l'analogie avec les Amaryllidées, desquelles elles s'éloignent par l'irrégularité de leurs fleurs, par la disposition, la nature et la forme de leurs bractées. Elles sont répandues dans les deux continents, en majeure partie dans leurs régions intertropicales; l'une de leurs tribus (les Héliconiées) appartient à l'Amérique, l'autre (les Uraniées) à l'ancien continent. Mais la culture en a répandu certaines dans toutes les

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contrées chaudes du globe. Ces dernières, qui comptert parmi les végétaux les plus utiles à l'homme, sont des Bananiers, Musa paradisiaca Linn., M. Sapicntum Linn., et M . chinensis ; celle-ci est aujourd'hui cultivée en Europe, dans les serres, où elle fructifie très bien, et où sa taille, de moitié moins haute que celle des précédentes, permet de l'introduire plus commodément que les deux premières. Une autre plante célèbre de la même famille est le Ravenala, vulgaire* ment connu sous le nom d'Arbre du voua* geur, qui, lorsqu'on perce la base de se* feuilles, laisse couler en assez grande abondance de l'eau limpide et fraîche amassée dans leurs gaînes. Malheureusement le merveilleux de ce fait, et l'utilité en quelque sorte providentielle qu'on lui avait attribuée, s'évanouissent devant un examen sérieux , et devant cette seule considération que le Ravenala habite les lieux humides et les bords des cours d'eau.

Voici, d'après M. Endlicher, îe tableau des genres de Musacées :

Tribu I. Héliconiées. Graines solitaires dans les loges du fruit, qui est capsulaire, à déhiscence septicide.

Heliconia , Linn. ( Bihai , Plum. ).

Tribu II. Uraniées. Graines nombreuses dans les loges du fruit, qui est charnu ou capsulaire, à déhiscence loculicide.

JWusa,Tourn.; Strelitzia, Banks. ( Heliconia?, Gaertn.) ; Ravenala, Adans. (Urania, Schreb. ). (P. D.)

ÎWUSANGA. bot. ph. — Genre de la famille des Artocarpées, établi par Ch. Smith (ex R. Brown in Tuckey Congo, 434) pour des arbres encore peu connus de l'Afrique occidentale.

MUSARAIGNE. Sorex. mam.— Ce genre, l'un des plus naturels de l'ordre des Carnassiers Insectivores, a été créé par Linné, adopté par tous les zoologistes , et partagé, dans ces derniers temps, en plusieurs groupes distincts. Les principaux caractères des Musaraignes sont ainsi résumés par les auteurs: Le système dentaire, d'après Fr. Cuvier, est composé de trente dents, dixhuit supérieures et douze inférieures; les premières consistent en deux incisives , très fortes, crochues, terminées en une pointe renforcée à sa base , postérieurement, d'une forte dentelure; seize mâchelières,

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dont dix fausses molaires et six molaires vraies ; celles-ci , excepté les deux dernières, sont composées de deux prismes réunis et portés par une base large, ayant un tubercule pointu antérieurement, et postérieurement une surface aplatie; la dernière consiste en un seul prisme : les dents inférieures se composent de deux incisives fortes , longues , crochues, terminées en pointe et couchées en avant, et de dix mâchelières , dont quatre fausses molaires et six molaires ; celles-ci sont formées de deux prismes parallèles, terminés par trois pointes , excepté la dernière, qui est plus petite et moins développée que les autres. Le corps des Musaraignes est couvert de poils fins et courts. Leur tête est très allongée. Les pieds ont chacun cinq doigts bien conformés, et étant dans les mêmes rapports avec ceux de devant qu'avec ceux de derrière: le pouce est le plus court; vient ensuite le petit doigt, puis l'analogue de l'index, après celui de l'annulaire, et enfin, le moyen. Chacun de ces doigts est armé d'un ongle crochu, comprimé latéralement et terminé en pointe. La plante des pieds et la paume des mains sont garnies de six tubercules, deux à la base des trois plus grands doigts, un à la base du pouce, et deux plus en arrière. La queue est plus ou moins longue, tantôt tétragone , tantôt comprimée dans une partie de sa longueur. Les narines se prolongent fort audelà des mâchoires et s'ouvrent sur les côtés d'un mufle divisé, dans sa partie moyenne, par un profond sillon. L'oreille est grande, large, arrondie; ce qui la rend remarquable, ce sont deux opercules qui occupent presque toute la largeur de la conque. L'œil, noir, est si petit qu'il est impossible d'en distinguer la pupille; les paupières sont fortes, charnues, épaisses et ciliées. Les moustaches, longues et nombreuses, sont faibles. Une glande sébacée se voit sur les flancs; et elle est entourée de soies raides et serrées , laissant suinter une humeur grasse, odoriférante. Le pelage est doux et épais ; 8a longueur est à peu près la même sur tout le corps ; mais sur le museau , la queue et les quatre pattes, il est très court; il «e compose de poils laineux et de poils «oyeux; sa couleur est d'un gris plus ou moins brunâtre, mais qui change de teinte

suivant les saisons , ce qui a sûrement conduit à multiplier les espèces.

L'organisation interne des Musaraignes a été étudiée par un grand nombre de zoologistes ; nous devons citer particulièrement Daubenton , Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire et MM. de Blainville et Duvernoy, dont nou: analyserons ici, en quelques mots, \t travaux à ce sujet.

M. de Blainville a surtout étudié le système ostéologique des Musaraignes, et il a pris pour type le Sorex myosurus. La colon no vertébrale de cet animal est formée d'un grand nombre de vertèbres ; il y a quatre céphaliques, sept cervicales, quatorze dorsales, cinq lombaires, quatre sacrées, et vingt coccygiennes. La tête allongée, étroite, presque triquètre; la mâchoire supérieure est très rapprochée du palatin postérieur, et elle est allongée; l'inférieure est également très étendue dans son ensemble. L'atlas a une apophyse épineuse inférieure très développée , les apophyses latérales sont grandes et percées d'un seul grand trou ; l'axis offre une apophyse épineuse, large, arrondie, assez élevée; la dernière cervicale diffère à peine de la première dorsale, car elle n'a pas plus d'apophryse épineuse qu'elle. Cette apophyse devient au contraire assez marquée dans les autres vertèbres dorsales , surtout à la troisième et sur les dernières, car elle s'élargit en s'incîinant, comme de coutume, un peu en avant. Les lombaires sont courtes et assez robustes. Les vertèbres sacrées constituent un sacrum très comprimé, dont les apophyses épineuses, en se soudant, forment une crête continue. Les coccygiennes n'ont pas d'apophyses épineuses , et leurs articulations sont assez saillantes; elles décroissent assez rapidement en diamètre.

Les côtes , au nombre de quatorze , sont un peu courbées en dehors; la première est plus forte et plus courte que les autres. Le sternum a six sternèbres. Dans le membre antérieur l'omoplate est courte, large, ovale, arrondie à son bord antérieur; la clavicule, est longue , grêle , cylindrique , arquée dans un seul sens et dans toute son étendue; l'humérus est court et robuste, et rappelle un peu celui des Taupes, quoique, toutefois, il soit dans la forme normale ; le radius et le cubitus sont médiocres, droits, serrés l'un contre l'autre, presque égaux;

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la main est fort petite, le carpe n'a que trois os à la première rangée et quatre à la seconde; les os du métacarpe et des phalanges ont la forme normale. Aux membres postérieurs, le bassin ne s'articule qu'avec deux vertèbres sacrées , et il est libre à l'extrémité pubienne ; le fémur , le tibia et le péroné' sont constitués comme ceux de la Taupe; les os du pied ressemblent également à ceux de ce dernier Insectivore, mais ils sont un peu plus allongés. M. de Blainville donne , en outre , l'indication des différences qu'il a remarquées dans plusieurs espèces , les Sorex flavescens , vulgaris , brevicaudatus , etc. ; mais nous ne croyons pas devoir en parler ici.

Le système dentaire des Musaraignes a été étudié par plusieurs zoologistes; nous en dirons encore quelques mots d'après M. de Blainville. Le nombre total des dents varie de huit à dix en haut , et n'est jamais au-dessus ni au-dessous de six en bas , et toujours il y a quatre molaires postérieures qui ne changent pas, et qui sont fondamentales , comme dans tous les Insectivores, en sorte que la diminution dans le nombre total et la variation ne portent que sur celles que l'on a nommées intermédiaires. L'espèce type, prise par M. de Blainville pour la description du système dentaires, est le Sorex vulgaris. Dans cet Insectivore il y a dix dents en haut et six en bas; mais en comptant les dentelures des incisives, on trouverait en haut : trois incisives , une canine , huit fausses molaires ; une principale et trois arrière-molaires; et huit en bas , deux ou trois incisives, pas de canines, deux avant-molaires et trois molaires vraies. Les formes et la disposition de ces dents, la couleur de leur émail, etc. , présentent des caractères particuliers , dont

I on s'est servi , comme nous le verrons bientôt, tantôt pour former des genres dans la division des Musaraignes, tantôt pour distinguer simplement des espèces. L'espace ne nous permet pas de nous étendre davantage sur ce sujet important ; nous dirons

\ seulement quelques mots, d'après M. Duvernoy, relativement à la formation de ces dents. Dans la dentition des Musaraignes , on doit remarquer : 1° que l'accroissement et le durcissement des dents se font à la place qu'elles doivent occuper toute

la vie , et non dans une fosse osseuse d'où elles seraient poussées en dehors; 2" qu'elles y sont d'abord enveloppées par le périoste des os auxquels elles doivent adhérer ; 3° que leur série, ou l'arcade dentaire, fait saillie à travers cette membrane, de telle manière que chaque dent y dessine une partie de sa forme; 4° que lorsque la dent a pris son principal accroissement, la portion de cette membrane qui la recouvre s'atrophie et tombe ; 5° que les os auxquels les dents doivent être attachées se durcissent plus tard qu'elles; 6° que relativement à leur structure, l'émail forme une grande partie de la substance des dents; qu'elles manquent de racines plus longtemps que cela n'a lieu généralement; mais que la couronne, celle des molaires en particulier, est d'abord appliquée contre un léger enfoncement des maxillaires et mandibulaires, et finit par se souder à ces os, soit immédiatement, et peut-être au moyen du bulbe qui s'ossifie , soit par une pénétration réciproque.

M. Duvernoy (Mém. de la Soc. du Muséum d'hist. nat. de Strasbourg , t. II, 1837) a étudié avec soin l'anatomie et la physiologie des Musaraignes; d'après lui, l'estomac n'a proprement qu'un cul-de-sac, le cardiaque, qui est plus ou moins développé , et dont la forme varie suivant qu'il est plus ou moins distendu par les aliments. Le canal intestinal est dépourvu de cœcum. Le foie a cinq lobes et une vésicule; mais la proportion et la situation de cette vésicule, les formes et les proportions de ces lobes, varient un peu d'une espèce à l'autre. La rate est énorme, prismatique et repliée sur elle-même dans le Sorex indicus; elle est plate, un peu plus large en arrière dans les S. tetragonurus et Hermanni. Le pancréas est énorme dans le S. Hermanni, et il s'étend de l'extrémité postérieure de la rate au pylore et au duodénum. Les organes génitaux mâles présentent , à l'époque du rut, un développement extraordinaire; d'énormes testicules , pour la taille des Musaraignes 5 sont enfoncés dans l'aine. Il y a de plus des vésicules séminales très compliquées , une verge très longue et repliée sur elle-même dans un long fourreau dont l'orifice est immédiatement au-devant de celui de l'anus et compris dans le même sphincter ; les branches du corps caverneux , qui

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s'attachent au bassin , sont plus longues qu'à l'ordinaire, à cause de l'écartement des pubis. Chez les femelles, et dans le plus grand nombre des espèces, notamment chez les Sorex araneus et fodiens, le vagin est très long, et cette longueur fait que le corps de la matrice est extrêmement court, porté très en avant dans la cavité abdominale, hors du bassin conséquemment, ainsi que les cornes dans lesquelles il se divise immédiatement; dans le Sorex Hermanni, au contraire, le vagin est court et l'utérus se divise de très bonne heure en deux larges cornes , du moins dans un état de gestation très avancée. Les glandes mammaires sont énormes; elles forment deux paquets très considérables qui se joignent sur la ligne médiane de la région abdominale postérieure et du pubis. Chez ces animaux , d'après quelques anatomistes , les hémisphères cérébraux sont petits et sans circonvolutions, ce qui n'empêche pas que le volume de l'encéphale ne soit assez considérable, ainsi qu'on peut en juger par l'examen de la boîte crânienne , qui a beaucoup de longueur, et qui est même assez élargie dans sa portion postérieure, etc.

Les Musaraignes ressemblent beaucoup , soit par leurs formes extérieures, soit par la nature et les couleurs de leur pelage , soit même, à plusieurs égards , par leur organisation intérieure, aux petites espèces du genre Rat, dont on les distingue d'ailleurs facilement au premier coup d'œil par la forme allongée de la tête, par leur petite trompe et par tous les caractères qui différencient un Insectivore d'un Rongeur. Les anciens plaçaient, du reste, les Musaraignes avec les Rats , et leur dénomination provient du nom de l'espèce type, désignée jadis sous le nom latin de Mus araneus. Brisson, d'après Pline, les avait désignés géncriquement sous la même dénomination de Musaraneus , et c'est Linné qui leur a appliqué le nom de Sorex, qui a prévalu dans la science.

Ces Insectivores sont généralement de très petits animaux ; en effet, le plus petit Mammifère connu est le Sorex etruscus, l'une des espèces de ce groupe. Ils sont presque aveugles, vivent d'Insectes, de Vers, de petite proie, et habitent solitaires des trous dans la terre ou dans les murail-

les , d'où ils sortent rarement de jour. Les Musaraignes vivent près de nos habita lions, el quelques unes se trouvent dans nos greniers. Plusieurs espèces vivent dans les lieux secs, d'autres se plaisent, au contraire, dans les prairies humides ou sur le bord des fontaines, et on les voit plonger dans l'eau pour s'emparer de leur proie. La plupart répandent, et surtout à l'époque du rut, une odeur qui, dans quelques espèces, approche beaucoup de celle du musc, et provient chez eux de glandes particulières qui se trouvent sur les flancs. C'est à tort que l'on a dit que leur morsure était venimeuse. L'histoire zooclassique du groupe des Musaraignes présente un grand intérêt ; mais nous n'en dirons ici que quelques mots, renvoyant nos lecteurs, pour plus de détails , à notre article insectivores. Aristole désignait les Musaraignes sous le nom de Mygale, Pline leur appliquait le nom de Musaraneus; un assez grand nombre d'auteurs anciens , ou du moyen-âge, se sont occupés des animaux de ce groupe; enfin , parmi les modernes , on doit aussi citer plusieurs zoologistes : pour nous , nous n'indiquerons que Daubenton et Buffon , qui en ont donné, l'un l'histoire anatomique et l'autre l'histoire zoologique , dans la grande Histoire naturelle générale et particulière , publiée en 1760; Hermann et Pallas, qui augmentèrent le nombre des espèces; Savi, Say, M. de Selys-Longchamps, qui suivirent la même voie; et enfin les travauf monographiques ou de révision de ce groupe, par Etienne Geoffroy - Saint - Hilaire et pa{ MM. Vagler (Class. des Mamm. , 1830 ej 1833), Duvernoy (Soc. d'hist. nat. de Slras*bourg , t. II, 1837), Jennys (Mag. of zoolog. and bolan., t. II, 1837), Nathusius ( Archives de Wiegmann , 1838), de Blainville (Ann. d'anat. et de phys., 1838 ; Osléographie , fascicule des Insectivores , 1843), Is. Geoffroy-Sain t-Hilaire(i!/a#. dezool., 1840, Dict. class. article Musaraigne), etc.

Le genre Musaraigne doit être mis au nombre de ceux qu'on désigne sous le nom de cosmopolites ; on retrouve les espèces qui le composent dans toutes les parties du monde et sous presque tous les climats , et on devrait même admettre, suivant les naturalistes américains , que quelques espèces sont communes aux deux continent*.

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On en a rencontré en Europe , en Afrique , dans l'Inde et dans l'Amérique septentrionale; mais c'est surtout en France et en Allemagne qu'on en a découvert le plus grand nombre.

La difficulté de se procurer ces animaux, leur petite taille , leur pelage , dont les couleurs varient parfois dans la même espèce, suivant les âges, les saisons et les sexes, etc., ont rendu la caractéristique spécifique très difficile; aussi les naturalistes ne sont-ils pas d'accord sur le nombre d'espèces qu'on doit placer dans ce groupe. Les uns n'en reconnaissent qu'un trop petit nombre, et d'autres, au contraire, en admettent peut-être trop. Pour nous, nous n'indiquerons que les espèces les mieux connues.

Quelques Musaraignes conservées à l'état de momie ont été trouvées dans les nécropolis des anciens Égyptiens, et la raison qui semble avoir déterminé ce peuple à placer la Musaraigne au nombre des animaux sacrés, c'est que, suivant Antoine Liberalis, Latone avait pris la forme de ce petit animal pour échapper aux poursuites de Typhon; ou bien, d'après Plutarque , parce que cet animal ne nuit pas , et que , suivant les Égyptiens , les ténèbres étaient plus anciennes que la lumière. Parmi les naturalistes, Olivier paraît être le premier qui ait reconnu les restes d'une grande espèce de Musaraigne au nombre des momies égyptiennes; depuis, on en a trouvé plusieurs dans les anciens tombeaux , et ce fait est tout-à-fait acquis à la science. Mais ce qui ne l'est pas autant, c'est de savoir si les Musaraignes momifiées appartiennent à des espèces distinctes, ou si l'on doit les rapporter à une espèce ( Sorex flavescens) qui vit encore aujourd'hui en Egypte , et qui s'y trouve même communément. Toutefois M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire avait rapporté des momies de Musaraigne aux Sorex myosurus et araneus, et il avait fait d'une autre momie une espèce distincte sous le nom de Sorex religiosus ; mais , d'après MM. Ehrenberg et de Blainville, il paraîtrait que les Musaraignes égyptiennes momiGées ne seraient très probablement que le Sorex flavescens , grande espèce d'Afrique , que l'on rencontre souvent en Egypte.

Les Musaraignes ont été également signalées à l'eut fossile. G. Cuvier, le premier,

a indiqué des débris de Musaraigne dans une brèche osseuse provenant de Sardaigne , et M. de Blainville rapporte ces débris au Sorex fodiens , ou au Sorex remifer. D'autres Musaraignes fossiles ont été signalées par MM. Wagner, de Scblotheim , Billaudel , et surtout par M. Schmerling. Ce dernier zoologiste décrit deux crânes presque complets de cet Insectivore, et il a pu les rapporter avec certitude aux Sorex araneus et vulgaris. Enfin M. de Blainville signale quelques débris de Musaraigne trouvés dans les dépôts de Sansans et de l'Auvergne.

Après ces généralités sur le groupe naturel des Musaraignes, nous allons terminer cet article en donnant la description des principales espèces, et nous indiquerons les diverses divisions qui ont été proposées par les auteurs : toutefois, nous suivrons principalement la classification donnée par M. Duvernoy.

I. Sofiex, Duvernoy. (Sorex , Auct.: Crocidura, Wagler; Suncus, Hempr. et Ehr.; Myosorex ? Gray ; Pachyura r Selys. )

Les deux incisives intermédiaires inférieures à tranchant simple, et les deux supérieures en hameçon , c'est-à-dire ayant un talon en pointe ; les trois ou quatre petites dents qui suivent, à la mâchoire supérieure, diminuant rapidement de volume de la première à la dernière; aucune dent n'est colorée.

Les espèces de ce groupe, remarquables parleur conque auditive développée, découverte, nue ou très peu poilue, sont presque toutes exclusivement terrestres ; elles se trouvent en Europe et dans diverses régions de l'Afrique; on en a indiqué une espèce comme appartenant à l'île de Java.

La Musaraigne commune ou Musette Buffon (Hist. nat. gén. et part., t. VIN, pi. 10; Et. Geoff.-St.-Hil.,4nn. Muséum, t. XVII ; Daubenton, Hém. de l'Acad. des se, 1756, pi. 5, fig. 2; Vicq d'Azyr, Syst. anat. des anim. , t. III, lrc partie); Sorex araneus Schrebr., Aldrovande, Duvernoy; S. russulus Zimmerman ; S. pachyurus Kuster; S. inodurus Savi ; S. Gmelini , Guldensiei et suaveolens? Pallas; S. fimbriatus, rnoschatus, major, rufus et poliogaster Wagler; Crocidura aranea Selys, etc. La longueur du corps et de la tête est d'environ 0m,062,

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et celle de la queue de 0,035. Le pelage est gris en dessus, cendré en dessous; dans les parties supérieures du corps, la pointe des poils étant rousse, leur gris y prend cette teinte, et le cendré des parties inférieures vient de ce que la pointe des poils y est blanche. Cette espèce présente d'assez nombreuses variations pour la couleur de la robe ; les unes sont d'un brun assez foncé, et d'autres au contraire présentent une couleur presque blanche : telles sont les variétés désignées sous les dénominations de S. araneus rufa Wagler, et de S. araneus alba Selys; enfin , chez quelques individus les flancs sont dépouillés et présentent un espace nu, déforme elliptique et d'une étendue variable. La tête est un peu plus courte et plus large que dans le S. leucodon, le museau est moins effilé ; les oreilles sont nues, très grandes, arrondies; les dents sont d'un blanc brillant ; les moustaches sont très allongées; la queue, longue, grêle, et comme effilée à son extrémité, est couverte de poils courts.

La Musette habite l'Europe centrale et méridionale ; on la trouve assez communément dans diverses parties de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, etc. Cette espèce se rencontre ordinairement dans les bois, où elle se cache dans les troncs d'arbres, les creux de rocher, sous les feuilles, etc. L'hiver, elle se rapproche en général des habitations, et vient se cacher dans les écuries , les granges, les cours à fumier, etc. La croyance populaire, suivant laquelle la morsure de cet animal serait venimeuse et dangereuse pour le bétail, est fausse, ainsi qu'on l'a démontré d'une manière positive.

2n Musaraigne ledcode, Sorex leucodon Ilerm., Duvernoy,Vicq d'Azyr (loco cilalo), Et. Gooff.-St.-Hil. (loco cilato) ; Crocidura leucodon Selys, Lesson. La longueur de la tête et du corps est environ de 0"\080 , et celle de la queue n'est que de 0,030. Le pelage des animaux de cette espèce, pris récemment, est noir en dessus et blanc en dessous et sur les flancs : toutefois les extrémités des poils du dos sont évidemment rousses, et celles du dessous du corps et des parties latérales du ventre et de la tête sont blanches; mais le reste de la longueur de tous les poils est d'un gris foncé. La plupart des poils sont courts; toutefois on en re-

marque quelques uns qui, au contraire, sont très longs. La queue est assez courte, aplatie. Les dents sont d'un beau blanc, au moins dans le jeune âge, car, suivant Et. Geoffroy-Saint-Hilaire , leur pointe brunit chez les adultes.

Les mœurs de cette espèce sont peu connues, et doivent être semblables à celles de la Musette; elle se trouve aux environs de Strasbourg et dans l'Allemagne occidentale.

3° Musaraigne ardoisée , Sorex cyaneus Duvernoy (Mém. de la soc. du Mus. d'hist. nat. de Strasbourg, t. II, 1845) , Sorex capensoides? Smith, Crocidura capensoides?

Lesson. Longueur du corps et de la tête, 9 centimètres; de la queue , 5 à 6 centim. Le pelage est d'un gris d'ardoise uniforme en dessus et sur les côtés du corps, avec une nuance légèrement plus claire en dessous. Le museau est effilé, allongé, et terminé par un mufle noir; la queue est très grêle.

L'individu- type de cette espèce a été trouvé sur les bords de la rivière des Éléphants, auprès du cap de Bonne-Espérance.

4° Sorex herpestes Duvernoy (loco cilalo, idem), Sorex varius? Smuts ( Cap. 108), Myosorex varius? Gray , Lesson. Pelage épais, soyeux, gris-brun un peu mélangé de gris clair en dessus, et plus clair en dessous ; conques auditives peu saillantes et couvertes de poils sur les deux faces ; queue grêle.

Cette espèce habite le cap de Bonne- Espérance.

5. Musaraigne blonde , Sorex fiavescens Isid. Gcolîr.-Saint-Hilaire (Dict. claîs., t. XI, 1827), S. Olivieri Less. , S. cinnamomeus Lichst., Suncus sacer Hemp. et Ehr. La longueur de la tête et du corps est de 12 centimètres, et celle de la queue n'a pas plus de 3 centimètres. Le dessus du corps et de la tête e«t d'un blond roussâtre d'une nuance agréable à l'œil, et qui se change sur la face supérieure de la queue en un cendré roussâtre très clair. Toutes les parties inférieures du corps , de la tête et de la queue, la région interne et la partie inférieure des membres tant antérieurs que postérieurs, et le tour de la bouche, sont d'un blanc légèrement cendré; une ligne longitudinale brunâtre se voit sur le chanfrein. Les dents sont blanches, ainsi que les ongles. Chez les

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jeunes sujets , les couleurs des parties supérieures sont plus foncées, tandis que celles des parties inférieures sont au contraire plus claires.

Cette espèce habite la Cafrerie, le pays des Hottentots et presque toute l'Afrique équatoriale.

6° Sorex crassicaudatus Licbst. (Darslellung Wenec oder wenigk kuaulet Saugthier), Duvernoy, S. crassicaudatus et Suncus sacer Hem. et Ehr. Dans cette espèce , que quelques auteurs réunissent au Sorex flavescens , le pelage est d'un beau gris argenté ; les oreilles sont nues e*. découvertes ; la queue ne présente que des poils rares.

Elle babite l'Egypte.

7° Musaraigne géante, Sorex giganteus Is. Geoffr.-Saint-Hil., Duv. Cette espèce a 16 à 17 centimètres de l'extrémité du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a près de 10 centimètres, c'est-à-dire qu'elle forme à peu près les deux cinquièmes de la longueur totale, ce qui n'a pas lieu chez le S. myosurus , dans lequel le corps a un peu moins de 11 centimètres, et la queue a environ 3 centimètres. Son pelage est d'un gris brun en dessus. Cette espèce a été confondue avec le Sorex indicus d'Et. Geoffroy- Saint-Hilaire, et n'est pas bien connue encore aujourd'hui.

M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire rapportait à cette espèce une grande Musaraigne découverte à l'état de momie en divers lieux de l'Egypte par Olivier et par M. Passalacqua; mais il paraît certain, d'après les travaux de MM. Ehrenberg et de Blainville, que cet animal doit être rapporté au Sorex flavescens.

La Musaraigne géante est très répandue dans l'Inde; on la trouve communément dans les environs de Pondichéry, où elle se rend incommode parl'odeurmusquée qu'elle répand. Cette odeur est très pénétrante, et l'on prétend qu'elle fait fuir les Serpents. C'est la nuit que cette Musaraigne sort de sa retraite et qu'elle fait entendre un petit cri aigu que l'on rend à peu près par la syllabe îcociik; cet animal a reçu, dans la langue malabare, le nom de Mandjourou.

8° Musaraigne sacrée, Sorex religiosus Is. Geoffr.-St.-Hil. Cet animal, de très petite taille, et particulièrement caractérisé par sa

queue très longue, presque aussi exactement carrée que dans le Sorex remifer, a été trouvé en grand nombre dans un tombeau de la nécropolis deThèbes, et M. Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire en avait fait une espèce distincte sous le nom que nous avons indiqué plus haut; mais, d'après MM. Ehrenberg et de Blainville, etc., il paraîtrait que ce n'est autre chose que le jeune âge du Sorex flavescens Is. Geoffr.

9° Musaraigne de l'Inde , Sorex myosurus Pallas , S. marinus Linné , S. avellanorum, indicus et capensis Et. Geoffroy, S. cœrulescens Raf'fles , S. giganteus, indicus , Sonnerati et serpentarius Is. Geoffroy. Cette espèce n'est pas encore suffisamment connue, et les travaux des zoologistes voyageurs devront encore éclaircir son histoire. Son corps a 14 centimètres de longueur et sa queue 4 centimètres. Son poil est partout extrêmement court et d'un gris brun, teint en dessus de roussâtre, parce que la pointe de chaque poil excède cette couleur; toutes les dents sont blanches; la queue est ronde.

Cette Musaraigne se trouve en abondance dans les Indes orientales et dans quelques îles de POcéanie. Elle est essentiellement terrestre et habite les champs, d'où elle se répand parfois dans les maisons. Elle exhale une odeur musquée très forte.

10° Musaraigne gracieuse, Sorex gracilis Blainv. Dans cette espèce , qui provient du cap de Bonne-Espérance, la queue, comprimée et grise, se rapproche pour la forme de celle du Sorex etruscus.

11° Musaraigne de Toscane , Sorex etruscus Savi , Crocidura etrusca Bonap., Pachyura etrusca Selys. Cette espèce, la plus petite de celles d'Europe, a 3 centimètres du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a environ 5 à 6 centimètres de long. Son pelage est brun-grisâtre en dessus et grisâtre en dossous; ses oreilles sont grandes , et sa queue a la forme de celle de la Musette.

Cette espèce, qui se trouve assez communément en Italie, se tient ordinairement sous les racines et dans les troncs des vieux arbres, dans des amas de paille ou de feuilles, et dans les trous des digues. Elle se plaît particulièrement, pendant l'hiver, dans les tas de fumier, où elle trouve à la fois une

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nourriture abondante et un abri contre le froid.

II. Amphisorex, Duvernoy, Blainv. (Sorex, Auct. ; Corsica, Gray ; Blarina, Gray, etc.)

Les incisives inférieures à tranchant dentelé; les supérieures fourchues, ayant leur Salon prolongé au niveau de leur pointe; les petites dents qui les unissent, au nombre de cinq, très rarement de quatre, colorées pour la plupart à leur pointe et diminuant graduellement de la première à la dernière.

Les espèces de ce groupe sont moins terrestres que celles de la division précédente. On en connaît un assez grand nombre qui se trouvent en Europe et dans l'Amérique septentrionale.

12° Musaraigne carrelet , Sorex tetragonurus Herm. Duv. , S. constrictus ? Et. Geoffr., S. rhinolophus , concinnus, melanodon Wagl. , Corsica vulgaris Gray, etc. De la taille de la Musette, à queue carrée, présentant quatre faces séparées par des angles très prononcés , offrant à sa partie inférieure un léger sillon, et se terminant tout-à-coup en une pointe fine, ce qui l'a fait comparer à l'aiguille désignée ordinairement sous le nom de carrelet. Le pelage est ordinairement noirâtre en dessus et cendré-brun en dessous; mais le noir du dessus du corps passe parfois au brun , et les flancs varient du brun grisâtre au gris plus clair.

Cette Musaraigne a les mêmes mœurs que la Musette ; on la trouve dans les jardins et dans les granges; elle a été rencontrée aux environs de Strasbourg.

13° Musaraigne plaron Daub. , Sorex conslrictus Herm., S. canicalarius Bechst. Et. Geoffr. On doit peut-être rapporter cette espèce à la précédente : elle est la taille de la Musette; son pelage est long et doux au toucher, noirâtre dans sa plus grande longueur et roux à sa pointe; son ventre est grisâtre et sa gorge cendrée.

Cette espèce a été prise en France , auprès de Strasbourg, d'Abbevillc, de Chartres, etc.: d'après Harlan, elle se trouverait également aux États-Unis.

iV Musaraigne alpine, Sorex alpinus Sihintz, Duv. % Selys , Corsica alpina Lesson. Cette espèce, découverte assez récemment dans les Alpes, est particulièrement t. vin.

remarquable par la disposition de son système dentaire.

1 5° Musaraigne très petite , Sorex pygmœus Laxman, Pallas, S. minutus Linné S. minutissimus Zimm. , S. minimus Et Geoff., S. exilis Gm. , S. cœculiens Laxm.? S.pumïlio Wagler, Corsira pygmœa Less^ Cette espèce , qui semble véritablement biet" distincte, est propre à la Russie centrale, h l'Allemagne et à la Prusse, mais elle n'es pas encore assez bien connue pour que nour la décrivions.

16° Sorex rusticus Jennys, S. hibernicu Jennys. On désigne ainsi une espèce propre à l'Irlande et à la Belgique.

17° Musaraigne de Forster, Musaraigne masquée , Isid. Gcoff. ; Sorex Forsterl Richards, S. parvus Say, S. personctlus Is. Geoffr., S. longirostris?, Cooperi?, Richardsonii? Bachm., Corsica Forster i Less. Cette espèce, qui se trouve dans les États- Unis d'Amérique , a à peu près la taille de la Musette ; elle est un peu plus brune, surtout à la partie inférieure du dos, sur la croupe et sur la queue; la queue est d'un brun foncé en dessus et d'un blanc roussàlre en dessous, et terminée par d'assez longs poils d'un brun noirâtre; le dessous du corps est d'une couleur cendrée.

18° Musaraigne a queue courte, Sorex brevicaudatus Say, S. talpoides Gapper, S. Deliayhii? , carolinensis? , cwereus? , fimbripes Bachm., Blarina b revicauda Gray, Lesson. Plus petite que la Musette , son pelage est en dessus d'un noirâtre plombé, et en dessous d'une nuance plus claire; les pieds sont blancs; la queue est courte, robuste, peu velue, renflée légèrement dans son milieu , déprimée, et à peu près de II longueur des pieds postérieurs.

Cette espèce se trouve aux États-Unis d'Ac mérique, principalement dans la province du Missouri,

III. Hydrosorex , Duvernoy (Sorex, Auct.; Crossopus, Wagler; Pinalia, Gray, etc.)

Incisives inférieures à tranchant simple, sans dentelures ; les incisives supérieures en hameçon, les deux premières petites dents suivantes égales , la troisième un peu plus petite, la quatrième rudimen taire; la pointe des incisives et celle des molaires un peu colorée.

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Les espèces de ce groupe sont plus essentiellement aquatiques que celles des divisions précédentes; elles appartiennent à l'Europe et au nord de l'Amérique.

19° Musaraigne d'eau, Daub. ; IcGreber, Vicq d'Azyr ; Musaraigne de Daubenton, Et. Geoffr. ; Sorex fodiens Pallas, Gm. , Flem., B!., Duv. ; Sorex Daubentonii Erxl., Et. Geoffr. ; S. hydrophilus Pallas, S. bicoior et leucurus Shaw , S. constrictus Herm., S. fluviatilis Bechst., S. stagnalis Brehm., S. musculus et psilurus Wagler, S. caniculatus Lynge, S. carinatus Herm., etc. Cette espèce a près de 10 centimètres de long, sans y comprendre la queue, qui en a un peu plus de 5 ; son pelage est d'un brun noirâtre en dessus, d'un blanc légèrement gris-roussâtre en dessous , et ces deux couleurs ne se confondent pas l'une avec l'autre sur les flancs. La face externe des cuisses et des bras, et la croupe, sont de la même couleur que le dos; il y a une petite tache blanche entre la lèvre et l'œil; la queue offre à sa face inférieure une ligne blanche très distincte et formée à son extrémité d'assez longs poils.

On connaît diverses variétés de la Musaraigne d'eau, et ces variétés ont reçu des auteurs des noms particuliers.

Cette espèce se trouve dans presque toute l'Europe. On la rencontre aux environs de Paris ; elle vit dans les ruisseaux tranquilles, et on en a vu un individu combattre pendant plus d'une demi-heure avec une Grenouille qu'il avait saisie à la patte.

C'est à cette espèce que quelques auteurs rapportent la Musaraigne fossile , trouvée dans les brèches osseuses de la Sardaigne , et qui a été décrite pour la première fois par G. Cuvier.

20° Musaraigne porte-rame , Sorex remifer Et. Geoffr. , Crossopus ciliatus Sow., S. unicolor Shaw, S. amphibiust Brehm.

Cette espèce, un peu plus grande que la Musaraigne d'eau, est, en dessus, d'un brun très foncé, et, en dessous, d'un cendré foncé, avec la gorge claire, légèrement lavée de roussâtre ; une tache blanc roussâtre se voit près de l'oreille. La queue est exactement carrée dans les deux premiers tiers de sa longueur; chaque face est parfaitement plane , hors celle de dessous, qui est sillonnée; de la fin de ce sillon naît dans l'autre

portion une carène qui se prolonge d'autant plus en dessous que la queue s'amincit davantage ; celle-ci finit par être comprimée et tout-à-fait plate, en sorte qu'elle rappelle assez bien dans cet état la forme de certains avirons de chaloupe.

Cette espèce se trouve aux environs de Paris; mais on la rencontre également dans presque toute l'Europe, en France, en Angleterre, en Allemagne, etc.

21° Musaraigne d'Hermann, Sorex Hermanni Duv. Cette espèce , décrite récemment par M. Duvernoy et que quelques auteurs réunissent au Sorex fodiens, a été trouvée aux environs de Strasbourg et en Bavière. Elle est plus petite que la Musette; son pelage est d'un brun tirant sur le gris-noir en dessus, et, en dessous, d'une couleur un peu moins foncée.

22° Sorex paluslris Richars. , Crossopus palustris Less., Sorex sur in amen sis? Schreber, qui se trouve dans la Guiane hollandaise , doit probablement entrer dans le même groupe.

Telles sont les principales espèces du genre Musaraigne ; nous avons cherché à en donner une liste aussi complète que possible; mais nous croyons devoir dire que quelques unes des espèces que nous avons décrites ne sont pas encore suffisamment connues, et que nous ayons peut-être fait quelques doubles emplois; plusieurs espèces devront probablement être réunies plus tard. D'un autre côté, quelques auteurs ont donné la description de plusieurs autres espèces encore moins connues que celles dont nous avons parlé, et qui sont peut-être distinctes; nous nous bornerons à donner ici les noms de quelques unes d'entre elles: Sorex pulchellus Lichst. ( Russie ) ; Sorex linealus Et. G eoff. (France); Sorex collaris Et. Geoffr. (Hollande); Sorex murinus (Java); Sorex exilis (Sibérie), etc.

D'anciens Sorex des auteurs forment aujourd'hui les types de genres distincts; tels sont les : 1° Sorex aquaticus, type du genre Scalope; 2° Sorex cristatus, type du genre Condylure ; 3° Sorex auratus , type du g. Chrysochlore; 4° Sorex moschatus , type du genre Desman.

Voy. ces divers mots et l'article insectivores. (E. Desmarest.)

MLSARAXEUS. mam. — Nom donné

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par Brisson au genre des Musaraignes. Voy. ce mot. (E. D.)

MUSC. mam. — Espèce du genre Chevrotain. Voy. ce mot, (E. D.)

MUSCA. Ins. — Nom latin du genre Mouche. Voy. ce mot.

MUSCADE, bot. ph. — Nom de la graine du Muscadier. Voy. ce mot.

MUSCADE, moll. — Nom vulgaire et mar* chand de la Bulle ampoule, Bulla ampulla.

MUSCADIER. Myrislicay Lin. (pupiaTi- «oç, parfumé, odorant), bot. ph. — Genre formant le type de la petite famille des Myrisiicëes, de la Diœcie-monadeiphie dans le système de Linné, 11 se compose d'arbres et d'arbrisseaux propres aux parties chaudes de l'Amérique , et surtout aux îles de l'Asie tropicale, qui, par leur port et leur aspect général , ressemblent à des Lauriers. Leurs feuilles sont alternes, entières, munies d'un court pétiole; leurs fleurs sont peu brillantes, unisexuelles, axillairesou supraaxillaires, très rarement terminales, les femelles le plus souvent solitaires, les mâles réunies en petit nombre en des sortes de corymbes ou de panicules pauciflores; sous chacune d'elles se trouve une petite bractée en forme de demi-cupule. Leur périanthe est simple, coloré, urcéolé ou cylindrique, trifîde à son extrémité; les étamines des fleurs mâles , au nombre de 6-15, sont soudées dans toute leur longueur en une colonne cylindracée; dans les fleurs femelles, on ne trouve qu'un ovaire uniloculaire à un ou rarement deux ovules dressés, marqué sur chaque côté d'une dépression longitudinale, terminé par un stigmate sessile échancré, presque bilobé. A ces fleurs succède un fruit dont le péricarpe , épais , charnu, renferme une seule graine à test osseux , recouvert d'une enveloppe accessoire, incomplète, en réseau charnu, coloré, qui, dans l'espèce la plus connue, porte le nom vulgaire de Macis , et que les botanistes citent habituellement comme l'un des meilleurs exemples d'arillcs. Contrairement à cette manière de voir, M. Planchon [Mém. sur les vrais et les faux Arilles , p. 33) ne voit dans cette enveloppe accessoire de la graine des Muscadiers qu'une véritable expansion des bords de l'exoslome de la graine ou un faux arille. La graine présente un albumen volumineux, ruminé,

ou pénétré profondément de fentes étroites, dans lesquelles s'introduit le tégument interne qui est brun, membraneux et très mince; dans la partie inférieure de cet albumen est logé un petit embryon à radicule courte et obtuse, à cotylédons étalés et ondulés sur leurs bords. Ce genre renferme une espèce intéressante, au sujet de laquelle nous donnerons quelques détails , que nous emprunterons, pour la plupart, à M. Blume (Ramphia, I, p. 180, pi. 53). Cette espèce est la suivante :

i . Muscadier aromatique , Myrislica fragrans Houtt. ( M. oflicinalis Linn. fil., M. moschata Thunb., M. aromatica Lam.).

C'est un arbre qui atteint de 10 à 13 mètres de hauteur , dont les branches divariquées, épaisses et très rameuses, forment une très belle cime ovoïde et obtuse. Son tronc est revêtu d'une écorce peu épaisse , noirâtre et légèrement pointillée à l'extérieur, rougeâtre à l'intérieur, peu aromatique, de même que les feuilles, de laquelle s'écoule, par incision, un suc rougeâtre qui se coagule à l'air et prend une couleur de sang noirâtre; ses jeunes rameaux sont grêles et glabres ; ses feuilles sont alternes, pétiolées, oblongues , acuminées , aiguës à leur base , d'un vert foncé et luisantes en dessus , d'un vert grisâtre pâle en dessous, glabres, presque coriaces. Les fleurs mâles forment une petite ombelle ordinairement triflore , tandis que les femelles sont solitaires; les unes et les autres sont portées sur des pédoncules axillaires ou supra-axillaires; elles sont blanchâtres , inodores , longues d'environ 1 centimètre, de forme ovoïde ou presque globuleuse; leur périanthe est épais, charnu, couvert, de même que le pédoncule et l'ovaire, d'un duvet rare et rude. A ces fleurs succède un fruit pendant, de la grosseur d'une petite pêche, obovoïde, rétréci à sa base en un court pédoncule , marqué de chaque côté d'un sillon longitudinal , presque glabre, d'abord vert pâle, puis jaunâtre , s'ouvrant à la maturité en deux valves, du sommet vers la base, de manière à laisser voir par la fente la graine vulgairement connue sous le nom de Noix- Muscade, revêtue de son macis; celui-ci tient à la fois par sa base au bile de la graine et au fond du péricarpe; il se dirige

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de la base vers le sommet en ramifications inégales qui se subdivisent à leur tour, et il forme ainsi une sorte de réseau à larges mailles irrégulières; à l'état frais, sa substance est charnue, flexible , d'un rouge vif et luisant ; par la dessiccation , elle devient orangée, fragile, et d'apparence comme cornée. La graine elle-même, ou la Noix- Muscade, est ovoïde, marquée à sa surface de sillons réticulés qui correspondent aux ramifications du macis; son lest est dur, osseux, fragile, brun-marron, et il renferme une amande qui le remplit entièrement.

Le Muscadier est une des possessions les plus précieuses des Hollandais. Il ne croît spontanément que dans celles des Moluques qui forment la portion sud-est de l'archipel et sur le côté de l'île de Céram ; mais il s'est répandu peu à peu dans toutes ces îles. Sa culture est restreinte à trois de ces îles qui appartiennent à la préfecture de Bandan, savoir: Lonthor, Bandan Neyra et Way, si^ tuées autour du volcan deGunung-Apie; là ses produits atteignent toute leur perfection, tandis qu'ils deviennent de qualité plus faible à mesure qu'ils proviennent depays plus éloignés de ces parages. Malgré cette particularité, la culture de cet arbre a été tentée en divers pays, sans donner cependant jamais des résultats de nature à porter ombrage au monopole hollandais: ainsi elle a été introduite de bonne heure à l'île de France et de là à Cayenne ; d'un autre côté, les Anglais en ont fait des plantations considérables soit à Sumatra, où, en 1 820, sir T. Rafles en possédaitenviron 100,000 pieds, dont un quart en plein rapport, soit au Bengale. Dans les îles de Bandan, les plantations de Muscadiers sont disposées en quinconces, et elles sont protégées contre la trop grande ardeur du soleil et contre les vents de mer par de grands arbres plantés dans l'intervalle, le plus souvent des Canarium, dont on enlève les branches inférieures pour laisser circuler l'air plus librement. L'arbre commence à porter à cinq ou six ans; mais ses produits sont faibles pendant quatre ou cinq ans. Lorsqu'il est en plein rapport, on obtient annuellement de chaque pied femelle environ 5 kilogrammes de noix muscades, et 1/2 kilogramme de macis. Pendant presque toute l'année, il porte à la fois des fleurs et des fruits. Ceux-ci

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n'atteignent leur maturité qu'au bout de neuf mois; ils fournissent trois récoltes par an : la première et la plus abondante se fait à la fin de juillet ou au commencement d'août, la seconde en novembre, la troisième à la fin de mars ou au commencement d'avril. La maturité de ces fruits se reconnaît à la couleur roussâtre de leur péricarpe qui commence en même temps à s'ouvrir. Aussitôt des hommes montent sur les arbres, cueillent les fruits et les jettent à terre; d'autres les ouvrent sur-le-champ et en retirent la graine en rejetant le péricarpe. On détache ensuite le macis qu'on expose au soleil pendant quelques jours pour le faire sécher entièrement ; après quoi on l'humecte d'eau de mer pour éviter qu'il ne se brise en morceaux, et on l'introduit dans des sacs où on le presse fortement pour l'expédier. Quant aux Muscades, après les avoir ainsi dépouillées de leur macis, on les expose au soleil pendant trois jours, en ayant le soin de les enfermer tous les soirs, après quoi on achève de les sécher à la fumée pendant trois ou quatre semaines; on brise ensuite leur test pour en retirer l'amande qu'on plonge dans de l'eau de chaux dans le but de la garantir de la pourriture, qu'on enferme dans des tonneaux préalablement enduits de lait de chaux, et qu'on livre ensuite au commerce sous le nom de Muscades. D'après les documents reproduits par M. Hooker {Exot. FI., II, 155), la quantité de Muscades qui se vend annuellement en Europe s'élève à 250,000 livres. Pour éviter que le prix de cette substance ne vienne à baisser, lorsque la récolte est très abondante, le gouvernement hollandais n'en conserve que la quantité nécessaire pour la consommation annuelle, et il fait brûler l'excédant.

On distingue deux variétés principales de Muscadiers : la royale et la verte. La première se distingue par ses noix plus grosses, que leur macis déborde au sommet, tandis qu'il est plus court qu'elles dans la seconde. En général, les bonnes Muscades sont grosses , arrondies, pesantes, finement marbrées et de couleur gris-clair; celles-là sont vulgairement nommées Muscades femelles, tandis qu'on nomme Muscades mâles ou sauvages celles de qualité inférieure, qui sont plus allongées, plus légères et plus colorées. La Muscade et son macis renferment deux

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nuiles , dont Tune, fixe, jaune, d'une odeur agréable, en consistance de suif, s'obtient par pression dans la proportion de 1/5, ou même quelquefois de 1/3 : elle est connue sous le nom impropre d'huile de Macis , et sous ceux de baume ou beurre de Muscade; l'autre, volatile, peu abondante (environ 1/30), s'obtient par distillation, et porte dans le commerce le nom dliuile de Muscade. L'abondance de ces deux huiles dans le macis le rend plus aromatique que la noix elle-même. La saveur de la Muscade est comparable à celle de la Cannelle et du Girofle, aromatique, chaude et comme poivrée, surtout celle de la noix même; les fragments de celle-ci se fondent dans la bouche eu laissant une impression très durable, tandis que ceux du macis s'y ramollissent simplement sans se fondre.

La Muscade jouit de propriétés toniques excitantes, qui, jointes à sa saveur aromatique , en font un des condiments les plus habituels et les plus estimés. Dans les climats chauds, elle entre dans la plupart des mets, souvent même dans les boissons. Elle joue aussi un rôle important dans la médecine indienne. En Europe, quoiqu'on l'introduise parfois dans quelques préparations pharmaceutiques , elle sert surtout comme condiment, particulièrement en Angleterre, en Hollande et en Allemagne ; sous ce rapport, on la place immédiatement après la Vanille.

L'espèce de Muscadier qui vient de nous occuper n'est pas la seule dont la graine et le macis soient aromatiques ; quelques autres se distinguent sous le même rapport; celles qui s'en rapprochent le plus sont le Myrislica tubiflora Blume et le M. lepidola Blume, qui croissent dans la Nouvelle- Guinée et dans les îles voisines. Quant aux autres, elles ne possèdent qu'un parfum et des propriétés assez faibles pour qu'il ne soit guère possible d'en tirer parti. (P. D.)

* MUSCAD1VOUES (il/ uscade; voro, je mange), ois. — Subdivision des Colombes, d'après M. Lesson {Traité d'ornithologie, 1821). (E. D.)

MUSCARDIN. mam. —Espèce du genre Loir (voy. cet article). M. Kaup (Enlw. g. Ew. Th., 1829) établit avec cette espèce, et sous le nom de Muscardinus , un petit groupe distinct. (E. D.)

MUSCARI. Muscari. bot. ph. — Genre de plantes de la famille des Liliacées , de l'Hexandrie monogynie dans le système de Linné. Les espèces qui le composent furent réunies pour la première fois en un seul groupe générique par Tournefort; mais Linné, ne trouvant pas en elles de caractères suffisants pour caractériser un genre distinct et séparé, les fit entrer dans son groupe très vaguement circonscrit des Hyacinthes, et les auteurs suivirent son exemple. Mais dans ces derniers temps les botanistes ont rétabli le groupe de Tournefort, et même tout récemment M. Kunth a cru trouver dans l'examen de ses espèces des motifs suffisants pour le partager en trois genres. Nous indiquerons plus loin les caractères principaux sur lesquels il base cette division. Considéré avec la circonscription que lui assignent Tournefort, Desfontaines, Endlicher, le genre Muscari comprend des plantes bulbeuses qui croissent spontanément dans l'Europe moyenne et dans le bassin de la Méditerranée, dont les fleurs forment une grappe terminale simple, souvent terminée par une sorte de houppe composée de fleurs stériles et déformées. Les fleurs fertiles présentent : un périanthe coloré, globuleux ouoblong, dont le limbe très court est divisé en 6 petits lobes ou dents; 6 étamines incluses; un ovaire à trois loges contenant chacune un petit nombre d'ovules , surmonté d'un style court, droit, que terminent un ou trois stigmates. Le fruit est une capsule à parois membraneuses , à trois angles saillants et aigus , et trois loges qui renferment chacune 2 graines presque globuleuses , revêtues d'un test crustacé noir.

M. Kunth (Enumer., IV) a restreint considérablement le genre Muscari , dans lequel il n'a conservé qu'une seule espèce, le M. ambrosiaceum Mœnch ( Hyacinthus muscari Lin.), espèce cultivée dans les jardinscomme plante d'ornement; parmi toutes les autres qu'il a cru devoir en détacher, les unes lui ont servi à former le genre Botryanthus, et les outres ont été reportées dans le genre Bellevalia , Lapeyr. , dont il a étendu la circonscription. Dans ses Botryanthus se trouvent notre Muscari botryoides qui devient le Botryanthus vulgaris Kunth , et notre M. racemosum , qui reçoit le nom de Ba-

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tryanthus odorus Kunth. Parmi ses Bellevalia se trouve , outre le B. appendiculata Lapeyr. (B. romana Rchbch., Kunth , Hyacinthus romanus Lin.), pour lequel Lapeyrouse avait proposé ce genre, notre Mnscari comosum Mill. , qui devient le B. comosa Kunth. Les caractères par lesquels M. Kunth distingue ses trois genres sont presque uniquement tirés de la forme du périanthe. Dans son genre Muscari, le périanthe est ovoïde, un peu ventru , resserré à la gorge, où il se renfle extérieurement en une couronne étalée , large , à 6 lobes , qui entoure le limbe; celui-ci est très court, à 6 lobes courts, d'abord resserrés et fermant la gorge, plus tard dressés et recourbés, dont les trois intérieurs sont plus étroits de moitié. Dans les Botryanthus, le périanthe est ventrucampanule, resserré à la gorge, à limbe très court, 6-parti; enfin, dans les Belle* valia, il est campanule ou tubuleux, anguleux, non resserré à la gorge. De plus, dans les Muscari, les 3 styles sont courts, soudés jusque près de leur extrémité qui est libre, arrondie et 2-lobée à lobes connivents; ils sont plus ou moins soudés et inclus chez les Botryanlhus , terminés par 3 stigmates obtus; enfin, chez les Bellevalia, leur soudure est complète, et ils forment ainsi un style unique en apparence, allongé, droit, terminé par un stigmate entier, obtus. (P. D.)

*MUSCARINUS. ois.— Division du genre Perroquet, suivant M. Lesson ( Traité d'ornithologie, 1826). (E. D.)

MUSCAT, bot. ph. — Nom d'une variété de Raisins.

MUSCI. bot. cr. — Voy. mousses.

*MUSCICAFARA. ois. — Groupe d'Oiseaux de l'Amérique méridionale formé par M. Alcide d'Orbigny pour des espèces voisines des Gobe-Mouches, Muscicapa. (E. D.)

MUSCICAPA. ois.— Nom latin du genre Gobe-Mouche. Voy. ce mot. (E. D.)

*MUSCICAPIDÉES. ois. — M. Lesson {Histoire naturelle des Oiseaux pour servir de complément à Buffon) donne le nom de il/wscicapidées à une famille d'Oiseaux de Tordre des Passereaux dentirostres , comprenant particulièrement les genres Gobe-Mouche et Moucherolle. Voy. ces mots.

Pour M. G.-R. Gray ( List, of gênera ornith.), cette division des Muscicapidées est partagée en cinq sous-familles : les Quéru*

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linées, Ta3nioptérinées, Tyranninées, Tityrianées et Muscicapinées. Voy. ces divers mots et l'article gobe-mouche. (E. D.)

* MUSCICAPINÉES. ois.— Sous-famille d'Oiseaux de la division des Muscicapidées, ordre des Passereaux dentirostres, créé par M. G.-R. Gray (List, of gênera ornilh.), et comprenant principalement le grand genre Gobe-Mouche. Voy. ce mot. (E. D.)

MUSCIDES. Muscides. ins.— Tribu d'Insectes de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, établie par Latreille, adoptée par la plupart des entomologistes, et ne renfermant qu'une partie du grand genre Musca de Linné. Les principaux caractères des Muscides sont les suivants, d'après Latreille : Antennes de deux ou trois articles, le plus souvent de trois, le dernier en forme de palette, inarticulé, avec une soie simple ou plumeuse sur le dos, près de sa base; une trompe très distincte, grande ou moyenne, membraneuse, rétractile, terminée par deux grandes lèvres, coudée, retirée entièrement, lorsqu'elle est en repos, dans la cavité buccale, et renfermant dans une gouttière supérieure un suçoir de deux soies.

Ces Insectes ont la tête hémisphérique; leurs yeux sont grands et à réseaux, et l'on voit entre eux et au-dessus du front trois petits yeux lisses très distincts; le front présente, de chaque côté, une fossette pour recevoir les antennes. Ces derniers organes sont le plus souvent inclinés et plus courts que la tête; le dernier article, qui a la forme d'une palette de figure variée, est ordinairement plus grand que les autres; il porte près de son articulation une soie ou une aigrette dorsale. Le corselet est cylindrique et d'un seul segment apparent. Les ailes sont grandes, horizontales. Les balanciers sont courts avec les cuillerons fort grands dans plusieurs espèces. Les pattes ont deux crochets et deux pelottes dans lesquelles il existe un organe pneumatique propre à faire le vide, et permettant à ces Diptères de marcher sur les corps les plus polis et dans toutes les positions. Les jambes sont presque toujours épineuses. L'abdomen est ovalaire, triangulaire ou oblong ; quelquefois cependant il est, au contraire, cylindrique ou bien aplati.

Le port des Muscides est, en général, le même que celui de la Mouche ordinaire. Ces

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Insectes sont répandus avec profusion sur la surface du globe ; on les voit à la fois, compagnes fidèles des plantes, les suivre jusqu'aux derniers confins de la végétation, chercher la vie au sein de leurs corolles, et en même temps appelés par la nature à hâter la dissolution des êtres organisés qui ont cessé de vivre, en plaçant le berceau de leurs larves sur ces dépouilles. L'espèce d'universalité que leur donne cette double destination s'accorde avec cette infinité de modifications qui affectent leurs organes et les approprient à toute la diversité de leurs fonctions.

Les métamorphoses des Muscides ont été étudiées avec soin et n'ont présenté qu'un petit nombre de particularités dignes d'être remarquées. Cependant, dans la Mouche domestique, l'accouplement n'a pas lieu comme chez les autres Diptères ; la femelle, au lieu de recevoir l'organe du mâle, introduit, au contraire, dans son corps, un long tube charnu dans une fente qu'il a au derrière. Ordinairement on voit les mâles s'élancer sur le corps des femelles et les solliciter à l'accouplement; mais il n'a lieu que lorsque celles-ci y sont disposées; on voit alors ces Insectes joints ensemble et volant ainsi l'un sur l'autre. Les femelles déposent leurs œufs, qui sont en général très petits et très nombreux, dans les matières animales ou végétales en putréfaction ; une seule espèce est vivipare et par conséquent pond des larves toutes formées. Les larves se nourrissent des matières dans lesquelles les œufs ont été déposés; celles qui vivent sur la chair en accélèrent la putréfaction en y formant un grand nombre de cavités; il en est d'autres qui vivent dans le fumier, dans la terre grasse, dans quelques plantes, etc. Ces larves sont apodes, allongées, et ordinairement cylindriques; elles sont molles, flexibles, le devant de leur :orps est pointu et conique, et leur partie postérieure est grosse et arrondie ; leur tête est molle, charnue, garnie de deux crochets écailleux; sans yeux, et ayant, en général, quatre stigmates ; les larves ne quittent pas leur peau pour se métamorphoser ; cette peau se durcit, devient ccailleuse, et forme le cocon dans lequel la nymphe passe un certain temps avant de se transformer en Insecte ailé. Cette coque est d'une couleur brunmarron, et la larve y séjourne plus ou moins

longtemps suivant que la saison est plus ou moins favorable au développement de l'Insecte. Lorsque l'Insecte parfait veut sortir de sa coque , il la brise et fait sauter avec sa tête, qui se gonfle à cet effet, une portion de cette enveloppe; à sa sortie, l'Insecte a les ailes plissées > chiffonnées, et si courtes qu'elles paraissent être des moignons; mais bientôt elles s'étendent, deviennent planes et unies; la Muscide les agite légèrement, elle prend son essor, voltige dans l'air, et cherche bientôt à remplir les fonctions pour lesquelles la nature l'a créée.

Quelques espèces de Mouches, et particulièrement la Mouche domestique, sont sujettes à une maladie très remarquable et dont on ne connaît pas la cause : leur ventre enfle d'une manière considérable, les anneaux du corps se déboîtent, et les pièces qui les recouvrent s'éloignent les unes des autres; dans cet état, leur ventre est rempli d'une matière grasse, onctueuse, d'une couleur blanche; cette matière pénètre la peau et s'accumule sur la surface du corps. Les Mouches attaquées de cette maladie s'accrochent avec leurs pattes sur les murailles et dans d'autres lieux, et on les trouve mortes dans cet état.

Les Insectes de cette tribu sont très nombreux et très répandus; quelques uns sont nuisibles parle tortqu'ilsfontàragriculture; mais la plupart sont seulement incommodes par la persévérance avec laquelle ils s'attachent aux parties découvertes de notre corps malgré les efforts qu'on fait pour les chasser, et par la crainte que nous donnent toujours leurs œufs pour les viandes qu'on est obligé de conserver ou de servir sur nos tables. Un grand nombre de moyens de destruction sont mis en usage dans l'économie domestique, et ces procédés sont tellement connus de tout le monde que nous ne croyons pas devoir en parler ici.

Un groupe naturel aussi nombreux en espèces que celui des Muscides a dû être et a été, en effet, partagé en un nombre assez considérable de divisions et de genres distincts. Fallen, Meigen, Latreille, et plus récemment MM. Robineau-DesvoidyetMacquart,sesont principalementoccupés de ce sujet important et difficile. Nous dirons quelques mots à l'article myodaires^oi/. ce mot) des divisions proposées par M. Robineau-DesYoidy, et nous

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terminerons cet article en exposant la classification de M. Macquart (Suites à Buffon, Diptères, t. II, 1835), que nous suivons dans ce Dictionnaire.

M. Macquart caractérise ainsi les Muscides (Musca vartim, Linné ; Muscidœ, Latr., Meig.,FalI.; Myodaires, Rob.-Desv.): Diptères à antennes à style ordinairement dorsal ; à ailes à une seule cellule sous-marginale; trois postérieures et anale courte.

L'auteur subdivise cette tribu en trois sections, savoir:

I. Créophiles. Antennes à style ordinairement de deux ou trois articles; ailes à première cellule postérieure à peine entr'ouverte ou fermée; cuillerons grands. Subdivisée en sept sous-tribus: 1° Tachynaires (genre type Tachina); 2° Ocyptérées (Ocyptera ) ; 3° Gymaosomées ( Gymnosoma ) ; 4° BLasïermes ( Phasia ) ; 5° Dexiaires (Dexia); 6° Sarcophagiens (Sarcophaga); et 7° Muscles (Musca).

II. Antiiomyzides. Antennes à style ordinairement d'un seul article ; ailes à première cellule postérieure ouverte; cuillerons médiocres, petits; front étroit chez les mâles. Subdivisée en quinze genres dont les principaux sont ceux des Aricia, Lispa , Anthomyia, etc.

III. Acalyptères. Antennes à style ordinairement d'un seul article ; ailes à première cellule postérieure ouverte; cuillerons rudimentaires ou nuls ; front large dans les deux sexes. Subdivisée en dix-sept sous-tribus, savoir: 1° Boîichocères (genre type Sepedon); 2° ILoxocérides (Loxocerà) ; 3° Cordylurides (Cordylura)', 4°Scatomyzides (Scatophaga); 5° Psîlomydes (Psilomyia) ; 6o Ortalidées (Orlalis) ; 7° Téphridites (Tephritis) ; 8° Sepsidées (Sepsis)', 9° I»eptopodites (Micropeza) ; 10° Thyréophorides (Thyreophora) ; 41° UHdïens (Ulidia); 12° Iiauxanides {Lauxania)', 13° Hydromyzides (Hydrellia); 14°Fiophilides (Piophila) ; 15° Sphaerocérides ( Sphœrocera) ; 16° Hétéromyzides (Oscinis); et 17° Hypocères (Plevra). Voy. ces divers mots et les articles diptères, myo-

DAIRES et MOUCHE. (E. DESMAREST.)

♦MUSCIEIVS, Blanchard, ins. — Voy.

IIUSCIDES.

*MUSCïES. Musciœ. ins.— M. Macquart {Suites à Buffon, Diptères, t. Il, 1835) indique sous ce nom une sous-tribu de sa sec-

tion des Créophiles, tribu des Muscides, ordre des Diptères, et il lui assigne pour caractères : Corpsassezlarge;frontnonsaillant, antennes allongées; style ordinairement plumeux; yeux habituellement contigus chez les mâles ; abdomen arrondi ou ovalaire , pas de soies au bord des segments; tarses à pelottes égales dans les mâles et les femelles ; première cellule postérieure des ailes entr'ouverte.

Cette division, qui contient îe genre principal, et en quelque sorte typique, des Diptères, celui des Mouches, et l'une des plus considérables pour le nombre des espèces, el elle contient, d'après M. Macquart, les genres suivants: Stomoxe, Hœmatodie, Glaocine, Idie, Rhinchomyie , Ochromyie, Lucilie, Achias, Culliphore, Mouche, Pallexie, Mésembrine, Curtonèvre. Voy. ces divers mots et les articles diptères, muscides et myodaires.

*MUSCIGRALLA. ois. — Groupe de Gobe-Mouches d'après MM. Aie. d'Orbigny et deLafresnaye (Mag. de zool., 1836). (E.D.)

ML'SCINÉES. bot. en. — Voy. mousses.

MUSCÏPETA. ois.— Nom latin du groupe des Moucherolles. Voy. ce mot. (E. D.)

♦MUSCIPHAGA (musca, mouche; <p«y» , je mange), ois. — Groupe de Gobe-Mouches suivant M. Lesson ( Traité tfornithol., 1831). (E. D.)

* MUSCIPHORÉES. Musciphoreœ. ins.

— M. Robineau-Desvoidy (Mémoires des savants étrangers de V Académie des sciences de Paris, t. Il) indique sous ce nom une famille de Diptères, de son ordre des Myodaires. Ces Insectes sont assez semblables à ceux de la tribu desMalacosomes, mais ils en diffèrent par la forme de leurs antennes ; ce sont des Diptères de petite taille, à teintes plus ou moins flavescentes, étoilées, et qui se nourrissent des produits de la décomposition des animaux et des végétaux.

Quatre tribus forment cette famille et sont désignées sous les noms de Dorinées, Mangomydes, Gibbomydeset Mycénides. (E.D.)

* MUSCIPIPRA. ois. — Subdivision des Gobe-Mouches d'après M. Lesson ( Traité d'ornithol., 1831). (E. D.)

* MUSCISAXICOEA. ois. — - MM. Aie.

d'Orbigny et de Lafresnaye indiquent sous ce nom un petit groupe de Fauvettes. Voy. SYLVIE. (E- L))

MUS

MUS

*MUSOTES. bot. foss.— Genre de Mousses fossiles établi par M. Bçongniart (Prodr., p. 25), qui y comprend deux espèces. La première, M. Tournalii, se rapproche particulièrement des Hypnum; elle a été trouvée par M. Tournai dans le terrain d'eau douce gypseux d'Armissan, près Narbonne.

La seconde espèce, M. squamatus, présente assez de rapports avec les Sphagnum et quelques espèces d'Hypnum ; elle a été trouvée aux environs de Paris.

*MUSCIVORA. ois. — Nom appliqué aux Gobe-Mouches et aux Moucherolles. (E. D.)

MUSCLES, zool. — Voy. myologie.

MUSCULUS. mam.— Nom latin de la Souris, espèce du genre Rat. V. ce mot. (E. D.)

* MUSCYL1 A. ois. — M. Lesson indique ainsi un groupe de Gobe-Mouches. Voy. ce mot. (E. D.)

MUSEAU, zool. — Nom donné au prolongement des mâchoires dans les animaux. On a aussi nommé :

Museau de brochet, une espèce de Crocodile;

Museau allongé, les Poissons connus sous le nom de Chelmons ;

Museau pointu, une Raie ; etc.

MUSETTE, ois. — L'Alouette cujelier porte vulgairement ce nom.

*MUSIDE^E. mam. —M. Lesson (Nouv.

tabl. du Règ. anim. Mam. , 1842 ) indique sous ce nom îa grande famille de Rongeurs comprenant l'ancien genre Rat des auteurs. Voy. ce mot. (E. D.)

MUSIQUE, moll.— On a donné ce nom à plusieurs espèces de Volutes qui présentent des lignes parallèles dont la disposition ressemble à la portée sur laquelle sont placées les notes. L'espèce qui porte spécialement ce nom est le Voluta musica. On a aussi nommé :

Musique de Guinée, le Voluta guinaica Lamk. ;

Musique lisse, le Voluta lœvigata Lamk.;

Musique marbrée et Musique rouge, deux variétés du Voluta musica ;

Musique verte, le Voluta polyzonalis.

MUSMON et MUSIMON. mam. —Ces noms ont été appliqués au Mouflon de Corse. Voy. l'art, mouton. (E. D.)

*MUSOCARPUM (Musa, bananier ; xap-

*oç, fruit), bot. foss. — Genre de Scita-

minéps fossiles établi par M. Brongniart

T. vin. -■-■

(Prodr., 137), qui le décrit ainsi: Fruit presque cylindrique , rétréci insensiblement à sa base qui paraît avoir été continue avec le pédoncule , à 6 côtes , et terminé supérieurement par une large aréole hexagone, dont le pourtour est formé par la cicatrice d'unpérianthe adhérent ; au milieu de cette aréole on voit la trace du style. Ce genre renferme deux espèces qui font partie des terrains houillers, et que M. Brongniart a nommées : M. prismalicum et difforme.

MUSOPHAGE. Musophaga. ois. — Ce nom a été appliqué à certains Oiseaux à cause de leur appétit pour le fruit du Bananier : du reste , cette dénomination n'a pas la même valeur pour tous les ornithologistes ; les uns l'emploient comme nom de section , les autres ne s'en servent que pour désigner une espèce du genre Touraco. Voy. ce mot. (E. D.)

MUSSA. polyp. — Sous-genre proposé par M. Oken parmi les Caryophyllies.

MUSS/ENDA. bot. ph. — Genre de la famille des Rubiacées -Cinchonacées-Gardéniées, établi par Linné (Gen., n. 241 ), et dont voici les principaux caractères : Calice à tube oblong-turbiné, soudé à l'ovaire ; limbe supère, à 5 divisions ordinairement dressées, aiguës ; l'une des divisions extérieures quelquefois prolongée en une feuille pétiolée, ample, colorée. Corolle supère, infundibuliforme, à gorge villeuse, à limbe 5parti. Anthères 5, sessiles , linéaires, incluses ou un peu saillantes. Ovaire infère, à 2 loges pluri-ovulées. Le fruit est une baie globuleuse, dénudée au sommet, biloculaire.

Les Mussœnda sont des arbrisseaux des régions tropicales de l'ancien continent, à feuilles opposées, pétiolées , villeuses ou glabres ; à stipules placées par paire de chaque côté , libres ou soudées à la base , acu minées; à fleurs terminales disposées en corymbes.

De Candolle, qui adopte ce genre (Prodr., IV, 370), en répartit les espèces dans 3 sections qu'il nomme : Belilla : un lobe du calice prolongé en feuille très grande, pétiolée, réticulée, bractéiforme ; Landia : tous les lobes du calice égaux ou à peu près, décidus; Caanthc : lobes du calice égaux, linéaires ou sétacés, persistants. (B.)

MUS

MUT

*MUSSCI1IA (nom propre), bot. pu. — Genre de la famille des Campanulacées- Campanulées, établi par Dumortier (Comment, bot. , 28 ). Arbustes des Canaries.

Voy. CAMPANULACÉES.

MUSSINIA, Willd. (Sp., III, 2263). bot. pu. — Syn. de Gazania, Gœrtn.

*MUSTELA. mam. — Linné ( Syst. nat. , 1735) a indiqué sous le nom de Mustela un genre de Carnassiers Vermiformes très nombreux en espèces, et partagé en plusieurs genres par les auteurs, qui n'ont Jaissé le nom de Mustela qu'aux espèces voisines de la Marte ( voy. ce mot ). Les Mustela de Linné sont devenus une petite famille distincte, à laquelle on a appliqué les noms de Mustélins A. -G. Desm. , Mustelidœ et Mustelinœ Swains. , Mustelina Gray, etc., et à laquelle M. de Blainville a restitué ( Osléogr., fascicule des Mustelas) le nom de Mustela, en les considérant tous comme ne formant qu'un seul grand genre.

Les Mustela sont des Carnassiers de petite taille , à corps allongé , plus ou moins vermiforme, à membres ordinairement peu élevés, assez distants, plantigrades ou subdigitigrades, et dont les pieds sont pourvus de cinq doigts à tous les membres, le pouce évidemment plus petit que les autres doigts, avec des ongles de moins en moins fouisseurs , devenant quelquefois demi-rétractiles ; dont les oreilles sont courtes et arrondies; dont la tête, brève à la face, est plus ou moins allongée, et surtout déprimée au crâne; dont le système dentaire commence à être ordinairement plus carnassier que celui des Subursi en général , par un moins grand nombre de dents tuberculeuses; dont le canal intestinal, pourvu d'une paire de glandes odoriférantes à sa terminaison , est entièrement privé de cœcum; dont le squelette offre à peine des rudiments de clavicules, mais constamment un os du pénis considérable ; et dont l'humérus est presque toujours percé d'un trou au condyle interne; à quoi il faut ajouter que le système de coloration est constamment uniforme, quoique souvent de couleurs différentes et tranchées en dessus et en dessous , où il est ordinairement plus foncé, et que les moustaches sont assez peu éveloppées,

Les groupes admis par M. de Blainville dans le genre Linnoen des Mustela sont ceux des Moufettes, Ratels , Gloutons , Mélogales, Zorillcs, Grisons, Putois, .Varies, Loutres et Bassaris. Voy. ces divers mots.

*M€STELÏM, MUSTELIKA, MLS- TEUNIE , MUSTÉLINS , etc. mam. — Voy. le mot mcstela. (E. D.)

MUSTELUS. poiss.— Nom scientifique du genre Émissole. Voy. ce mot.

* MUTABILIA. rept. — Division des Reptiles , d'après Merrem ( Tent. syst. amph., 1830). (E. D.)

MUTEL. moll, — Dénomination employée par Adanson {Voy. au Sénégal, p. 234) pour désigner une coquille dugenre Iridine, encore jeune. (Duj.)

MUTILLA. ms. — Genre de la famille desMutillides, de l'ordre des Hyménoptères, établi par Linné, et adopté dans tous les ouvrages avec certaines restrictions. Les Mutilles, dont les mandibules sont dentées et les antennes sétacés, sont nombreuses en espèces , dispersées dans les diverses régions du globe, mais toujours plus abondantes dans ies parties tropicales. Les mâles des Mutilles sont ailés, tandis que les femelles sont aptères et souvent assez différentes de couleurs, ce qui a amené fréquemment des erreurs dans la détermination des espèces. On rencontre surtout dans notre pays les M. europœa Lin., M. calva Fab. (nigrita Panz. ), et M. ephippium Fab. (stellata Panz. ). (Bl.)

MUT1LLA1RES. ins. —Synonyme de Mutillides.

A1UTILLIDES . Mutillidœ. ins. — Famille de la tribu des Sphégiens , de l'ordre des Hyménoptères, caractérisée surtout par des antennes assez épaisses et filiformes. Les Mutilles présentent de grandes différences entre les deux sexes; les mâles sont pourvus d'ailes , tandis que les femelles sont aptères. On connaît très peu les habitudes de ces Insectes, qui habitent dans les endroits sablonneux, les femelles courant dans les sentiers. On rencontre les Mutillides dans toutes les contrées du globe, mais c'est particulièrement dans les régions chaudes des deux hémisphères qu'elles se trouvent en plus grande quantité.

Voy. pour plus de détails, relativement

MUT

MUT

aux mœurs et à l'organisation de ces Insectes , l'article sphégiehs. (Bl.) MUTILLIENS et MUTILLITES. ns.

— Syn. de Mutillides.

MUTIQUE. Muticus. zool., bot.— Se dit, en zoologie et en botanique, de tout organe qui n'a ni pointes, ni piquants, ni arêtes.

MUTISÏA. bot. pu. — Voy. mutisie.

MUTISÎACÉES. Mutisiaceœ. bot. ph. — Tribu de la famille des Composées, ayant pour type le genre Mutisia. Voy. composées.

MUTISIA STRUM, Lessing (inLinnœa, V , 265 ; Synops. , 103). bot. ph. — Voy.

MUTISIE.

MUTISIE. Mulisia (du nom du botaniste américain Mutis). bot. ph. — Genre de plantes de la famille des Composées , sousordre des Labiatiflores, tribu des Mutisiacées , à laquelle il donne son nom; de la Syngénésie polygamie superflue dans le système de Linné. Les plantes qui le composent sont remarquables dans leur famille, parce que la plupart d'entre elles forment des arbrisseaux grimpants à l'aide de vrilles formées par le prolongement de la côte médiane de leurs feuilles. Elles croissent toutes dans l'Amérique méridionale, particulièrement au Pérou etau Chili. Leurs feuilles sont alternes, le plus souvent pinnatiséquées au point d'avoir été souvent décrites comme pennées; parfois aussi elles sont presque réduites à leur côte médiane, des deux côtés de laquelle leur limbe ne forme qu'une étroite bordure. Leurs fleurs sont purpurines, rosées, ou plus rarement jaunes; les capitules, solitaires et pédoncules, sont formés de fleurs de deux sortes : celles du centre ou du disque hermaphrodites, celles de la circonférence femelles; la corolle des unes et des autres est bilabiée, à lèvre extérieure tridentée et à lèvre intérieure formée de deux lobes linéaires profondément séparés ; mais dans celles de la circonférence la lèvre extérieure est proportionnellement beaucoup plus grande, d'où il résulte que le capitule entier paraît jusqu'à un certain point radié. L'involucre est formé de plusieurs séries de folioles, dont les extérieures se terminent, dans certaines espèces, par une sorte d'appendice. Le réceptacle est nu. Dans les fleurs du disque; les anthères portent inférieurement deux pro-

longements allongés ; le style est cylindracé, renflé à sa base, divisé à son extrémité en deux branches courtes. Le fruit est allongé , glabre, à côtes longitudinales, surmonté d'une aigrette à longues paillettes plumeuses, égales entre elles , soudées en anneau à leur base. De Candolle décrit, dans son Prodromus (VII, pag. 4 et suiv.), 27 espèces de ce genre.

Cassini avait subdivisé les Mutisies en trois genres , qui n'ont été admis que comme de simples sous-genres: c'étaient les Mulisia, à folioles de l'involucre dépourvues d'appendices, à feuilles pinnatiséquées, terminées en vrille à trois branches; les Guariruma, à folioles extérieures et moyennes de l'involucre finissant en appendice étalé ou réfléchi , à feuilles longues et étroites , seulement dentées , terminées en vrille simple ; les Aplophyllum , à folioles de l'involucre non appendiculées et à feuilles indivises. A cette division , Lessing ( Synops. , p. 103 et suiv.) en a substitué une nouvelle dans laquelle , considérant les Mutisies comme un genre unique, il les divise en cinq sous-genres, savoir : les Mutisia, Lin.; Mutisiastrum , Less. ; Guariruma , Cass. ; Holophyllum, Less.; Aplophyllum, Cass.

C'est cette division qu'adopte M. Endlicher. Quant à De Candolle, il partage seulement les Mutisies en trois sections d'après la forme et la nervation de leurs feuilles , qui sont pinnatiséquées dans la première , à nervures pennées dans la seconde, à nervure unique dans la troisième.

Nous nous bornerons à signaler ici en quelques mots une seule espèce de Mutisie, la Mutisie élégante , Mutisia speciosa Hook. {Bot. mag., tab. 2705), plante du Brésil , que Ton cultive aujourd'hui en serre chaude comme plante d'ornement. C'est un arbuste grimpant à tige pentagone, à feuilles pinnatiséquées, pourvues de 5 segments distants, elliptiques-oblongs, aigus, rétrécis à la base, terminées par une vrille triflde. Son capitule de fleurs est porté sur un pédoncule quatre fois plus long que l'involucre, qui a lui-même 3-4 centimètres de long, et dont les folioles extérieures sont glabres, acuminées, étalées au sommet. Ses fleurs sont d'un rouge pourpre vif. Cette plante se multiplie par boutures et marcottes. (P. D).

*MUTZIA. annkl.— Synonyme de Chœto-

MYA

31YG

gaster (nom d'un genre de Nais) usité par M. Agassiz et par M. Vogt {Annal, nat. hist., t. XII, 1843). Voy. nais. (P. G.)

MYA. moll. — Voy. mye.

*MYACITES. moll.— Dénomination employée par Schlotheim pour désigner plusieurs bivalves fossiles qui, pour la plupart, ont été rapportés aux genres Amphidesme, Lutraire, etc. Cependant M. Brown conserve ce nom à des fossiles du Muschelkalk (M. asserculalus), que M. Deshayes, en raison de leur forme, rapporte au genre Pholadomye. (Duj.)

*MYADESTES (f*«r«, mouche ; Sio , je combats), ois. — Groupe de Gobe-Mouches suivant M. Swainson ( Nat . libr. ,1838).

MYAGRA. ois. — Voy. myiagra.

MYAGRARIUS. ois.— Syn. de Myiagra.

MYAGRUM ( pvç, souris; à'ypa, proie ).

bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères, tribu des Isatidées, établi par Tournefort (Inst. , 99 ) et caractérisée de la manière suivante : Calice à 4 folioles égales. Corolle à 4 pétales hypogynes entières , dépassant un peu le calice. Étamines 6 , hypogynes, tétradynames. Ovaire cylindrique, à une seule loge uni ou bi-ovulée. Style court, conique; stigmate simple. Le fruit est une petite silique coriace, indéhiscente, comprimée au sommet, amincie à la partie inférieure, à une seule loge monosperme.

Par suite des démembrements successifs que ce genre a subis pour la création de nouveaux genres (Camelina, Rapistrum, Nes- Ha, etc.), il se trouve réduit à une seule espèce : Myagrum perfoliatum Linn. C'est une herbe annuelle que l'on rencontre fréquemment dans les champs sablonneux de l'Europe australe et orientale. Les feuilles inférieures sont amincies en un long pétiole, et oblongues; les supérieures sont sessiles, sagittées, munies à leur base d'oreillettes aiguës ; les unes et les autres sont très entières ou un peu dentées. Les fleurs, petites et d'un jaune pâle, sont disposées en grappes allongées, supportées par de courts pédicelles. (B.)

MYAGRUM, DC. {Flor. fr., 3e édit., IV, 717). bot. ph. —Syn. de Camelina, Crantz.

*MYAGRUS (pvfcypéç, qui prend les mouches), ois. — M. Boié ( Isis, 1826 ) indique sous ce nom un groupe de Fauvettes. Voy. ce mot. (E. D.)

MYAIRES. moll. — Troisième famille de l'ordre des Enfermés , le quatrième des Conchifères Dimyaires. Cette famille, caractérisée par la forme de la coquille bâillante, avec une dent cardinale et un ligament interne, ne comprend que les genres Mye et Corbule. Elle diffère de toutes les autres familles du même ordre par ces caractères réunis (voy. mollusques). Lamarck avait composé d'abord tout différemment sa famille des Myaires , en y rapportant les genres Panopée et Anatine; plus tard il ne rangea avec les Myes que le seul genre Anatine, qui a dû être reporté avec les Ostéodesmés , d'après la considération de l'osselet de son ligament, de même que les Panopées ont été rapprochées des Solens. D'autre part, il rangeait les Corbules avec les Pandores dans une famille qui a dû se réduire au seul genre Pandore, et, d'après cela, changer son nom de Corbulées en celui de Pandorées. Cuvier n'avait point adopté la famille des Myaires , mais il rangeait dans sa famille des Enfermés, comme autant de sous-genres, les Myes, les Anatines, les Lutraires, les Glycimères, les Panopées et les Pandores, auxquels il ajouta plus tard les Solemyes. Férussac, au contraire, admit la famille des Myaires de Lamarck en y comprenant les deux genres Lutraire et Solemye, dont l'un aujourd'hui fait partie de la famille des Mactracées, et l'autre est le type d'une famille particulière. Ainsi la caractéristique donnée précédemment à cette famille doit être modifiée, et la dent pliëe en forme de V suffit pour en éloigner les Lutraires. (Duj.)

*MYAS (p.\îa£, moule, sorte de coquille). ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Çarabiques, tribu des Féroniens, proposé par Ziegler et publié par Dejeau (Species général des Coléoptères, III, 423). Deux espèces sont rapportées à ce genre : les M. Chalybeus Ziegler, Palliardi, et Coracinus Say (cyanescens Dej.). La première est originaire de Hongrie, et la seconde des États- j Unis. (C.)

*MYCARANTHES, Bl. (Bijdr., 332, fig. 57). bot. ph. — Syn. de Mycaridanthés, Bl.

*MYCARÏDANTHES (jxvxYjpoç, amandierl ou noyer ; âvOoç, fleur), bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées-Dendrobiées, éta-

MYC

MYC

bli par Blume (FI. Jav. prœf. , p. VII ). Herbes croissant sur les arbres et les rochers de l'île de Java. Voy. orchidées.

MYCEDIl]M(p.uxvîç, champignon), polyp.

— Dénomination employée parHill et Brown pour désigner un groupe de Polypiers Iamel • lifères reportés aujourd'hui dans les genres Méandrine, Pavone et Monticulaire. (Duj.)

MYCELIS, Cass. (in Dict. se. naL , XXXIII, 483). bot. ph. — Voy. phoenicopus.

MYCELIUM, bot. cr. — Voy. agaric et

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