B.1NÉES
MAURE, mam. — Espèce de Guenon. Voy.
CERCOPITHÈQUE. (E. D.)
MAURES, ins. — Nom donné vulgairement aux Papillons du g. Satyre , à cause de leur couleur obscure et même noire.
MAURESQUE, moll. — Nom vulgaire de VOliva maura Linn.
MAUR1A. bot. ph. — Genre de la famille des Anacardiacées, établi par Kunth ( in Ann. se. nat., lly 338). Arbres du Pérou. Voy. anacardiacées.
MAURICOU , Adans. bot. ph. — Syn.
d'Erylhrina , Linn.
MAUIUTIA. bot. ph. — Genre de la famille des Palmiers, tribu des Lépidocarynées-Flabellifrondes, établi par Linné fils (Suppl, 1436). Palmiersde l'Amérique tropicale. Voy. PALMIERS.
MAUROCENIA, Mill. bot. ph. —Syn.
de Cassine, Linn.
MAUSSANE. bot. ph. — Nom vulgaire du Viburnum opulus , dans quelques cantons de la France.
MAUVE, ois. — Nom vulgaire de quelques espèces de Mouettes.
MAUVE. Malva. bot. ph. — Grand genre de plantes de la famille des Malvacées , à laquelle il donne son nom , de la monadelphie polyandrie dans le système sexuel de Linné. 11 comprend aujourd'hui plus de 100 espèces. Les végétaux qui le composent sont herbacés , sous-frutescents ou frutescents, quelquefois même, mais rarement, ils forment de petits arbres; ils sont dispersés sur presque toute la surface du globe; néanmoins on les trouve groupés en plus grand nombre dans la région méditerranéenne et au cap de Bonne-Espérance. Leurs feuilles sont alternes , pétiolées , dans la plupart des cas anguleuses ou lobées , pourvues de stipules pétiolaires géminées. Leurs fleurs se font remarquer par la grande diversité de couleurs qu'elles présentent dans toute l'étendue du genre ; elles sont tantôt solitaires , tantôt réunies en épi , en grappes ou en glomërules. Leur calicule est formé de trois folioles , soudées au calice par leur base, très rarement fixées sur le pédicule; M. Endlicher considère ces folioles comme représentant une bractée avec deux stipules. Le calice est divisé en cinq lobes égaux entre eux , à préfloraison valvaire dans le bouton. La corolle est à cinq pétales, le plus souvent échancrés au sommet et inéquilatéraux , à préfloraison tordue. Comme nous l'ont montré nos recherches sur l'organogénie de la fleur (voyez Annales des se. nalur., septembre 1845, pag. 123 et suiv.), ces pétales sont libres et distincts , et même éloignés l'un de l'autre , à l'état jeune; maïs dans la fleur adulte , ils forment à leur base un corps unique par l'intermédiaire du tube staminal auquel ils adhèrent, de sorte que plusieurs botanistes ont pu mettre en ques-
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tion si cette corolle est monopétale ou polypétale. Les étamines sont nombreuses , monadelphes , comme dans les autres genres de la famille. Le fruit est une capsule déprimée, qui se divise, à la maturité, en plusieurs coques à une seule graine, s'ou- Trant en deux valves ou indéhiscentes. Les espèces à coques renfermant deux ou plusieurs graines , que comprenait le genre tel qu'il était dans le Prodromus , en ont été séparées.
Plusieurs espèces de ce grand et beau genre ont de l'intérêt , soit à cause de leurs usages médicinaux, soit parce qu'elles sont fréquemment cultivées dans les jardins comme plantes d'ornement; nous nous arrêterons seulement sur les plus connues d'en-# tre elles.
1. Mauve sauvage , Malva sylvestris Lin. Cette espèce est très connue sous les noms vulgaires de Mauve, grande Mauve. Sa tige est droite, rameuse, velue, et s'élève à 5 ou 6 décimètres de hauteur; ses feuilles sont pétiolées , légèrement velues, divisées en 5-7 lobes aigus au sommet et crénelés sur leurs bords; ses pétioles et ses pédoncules sont pileux. Les fleurs sont grandes , purpurines, marquées de lignes plus colorées; les folioles de leur calice égalent en longueur les sépales. — La Mauve sauvage croît en abondance dans les lieux incultes, le long des haies, des habitations, etc. Ses propriétés médicinales sont absolument identiques à celles de l'espèce suivante; aussi les exposerons-nous en même temps pour l'une et l'autre à la fois.
2. Mauve a feuilles rondes , Malva ro~ tundifolia Lin. Elle reçoit vulgairement le nom de pelile Mauve; elle croît dans les mêmes lieux que la précédente, le long des chemins , et elle est à peu près aussi commune qu'elle. Sa tige est couchée et n'atteint guère que 2 ou 3 décimètres de longueur; ses feuilles sont petites, orbiculaires, échancrées en cœur à leur base, crénelées à leur bord, divisées en cinq lobes très obtus , larges et courts, longuement pétiolées ; ses pétioles et ses pédoncules sont pubescents; ses fleurs sont petites, d'un blanc lavé de rose, le plus souvent groupées par cinq à l'aisselle des feuilles ; les pédoncules fructifères sont déclinés. Cette plante était alimentaire pour les Grecs et les
Romains , qui la mangeaient en guise d'épinards; cependant elle ne constitue jamais qu'un aliment très médiocre , la cuisson no la ramollissant qu'imparfaitement. Encore aujourd'hui l'on mange l'une et l'autre de nos deux Mauves communes dans certaines parties de la France, de l'Italie, ainsi que dans la Basse-Egypte. Mais le principal usage de ces plantes est motivé par leurs propriétés médicinales ; elles forment, en effet „ l'un des émollients et adoucissants les plus usités , grâce au mucilage qu'elles renferment en abondance. On les emploie journellement, surtout dans la médecine populaire , en décoction , pour bains, tisanes, injections, etc., contre les inflammations intérieures, contre les rhumes, etc. La Mauve sauvage est la plus usitée des deux, et particulièrement ses fleurs.
Dans les jardins, on cultive, comme plantes d'ornement, plusieurs espèces de Mauves , dont nous ne pouvons nous dispenser de faire connaître un petit nombre.
3. Mauve frisée, Malva crispa Lin. Elle est cultivée à cause de ses grandes feuilles, glabres , d'un vert gai , à sept lobes , dentées et frisées sur leurs bords avec beaucoup d'élégance ; sa tige est droite et s'élève ordinairement à un mètre de hauteur. Ses fleurs sont axillaires et sessiles. Elle croît spontanément en Syrie; elle est annuelle. On la multiplie de graines qu'on met en terre immédiatement après leur maturité.
Elle réussit dans toutes sortes de terres , pourvu que leur exposition soit méridionale.