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nanties Systolides et les Vorticelles, les Ciliés et les Apodes planaires qui sont les vrais Infusoires, enfin les Apodes vermiculaires.
(Duj.)
*MICROZOUM (ptxpo;, petit; Çwov, animal), ins. — Genre de Coléoptères héléromères, famille des Mélasomes, tribu des Ténébrionites, formé par Dejean {Calai., 3e éd., p. 215) et adopté par M. Hope {Coleopterist's Manual , t. XVIII, p. 110). Trois espèces font partie de ce genre : les M. tibiale (Opatrum) F. Dej. , minutissimum et minutum Dej. La première se trouve aux environs de Paris, la seconde en Espagne, et la troisième au Sénégal dans les sablières de grès réduit en poussière. (C.)
*MICRURA (puxpoç, petit; ovpa, queue).
helm. — Genre voisin des Dérostomes , établi par M. Ehrenberg (Symbolœ physicœ), et servant lui-même de type au groupe des Micrurea du même naturaliste.
Les Micrurea sont des Rhabdocela monostereade M. Ehrenberg, chez lesquels la bouche est terminale et l'anus inférieur, et le g. Micrura se distingue parmi eux par les caractères suivants :
Corps mou , filiforme, changeant, non élastique, imparfaitement annelé; bouche terminale, sur un pli transversal du front; anus sous la queue; ouverture génitale antérieure inférieure, grande; yeux frontaux sur une double série curviligne de cinq ocelles.
Ce genre ne comprend que le M. fasciolata, recueilli à Trieste sur la surface rugueuse de coquilles marines. (P. G.)
*MICRUREA. helm. — M. Ehrenberg réunit dans ce petit groupe les g. Disorus, Micrura, Polystemma, établis par lui dans son Symbolœ physicœ. (P. G.).
*MICRURUS (f/txpb'ç, petit; Dipx , queue), rept. — Division de l'ancien genre Vipère (voy. ce mot) d'après M. Spix (Wagl. Serp. Brasil., 1839), (E. D.)
*M ICRYPI1 ANTE . Micryphantes (/«jcpôç, petit; vyavTyjç, tisserand ). arach. — Nom employé par M. Koch pour désigner dans le genre des Theridion une nouvelle coupe générique, qui n'a pas été adoptée pas M. Walckenaër. Voy. theridion. (H. L.)
*MïCTIS. ins. — Genre de la famille des Coréides, groupe desTuroscélites, de l'ordre des Hémiptères, établi par Leach sur des
espèces exotiques, toutes d'assez grande taille, ayant une tête courte, des pattes postérieures à cuisses renflées et épineuses, des antennes simples à dernier article épaissi. Le M. valgus (Cimex valgus Lin.), très commun au cap de Bonne-Espérance, peut être considéré comme le type du genre.
C'est le g. Cerbus de M. Burmeister. (Bl.)
MICTYRE. crust. — Voy. myctire.
* MIDA. bot. ph. — Genre de la famille des Santalacées, établi par A. Cunningham (Msc. 1826, in Herbar. Mus. Vindob.). Arbres de la Nouvelle-Zélande. Voy. santalacées.
MIDAS (nom mythologique), mam. — Linné désigne sous le nom de Midas le Tamarin de Buffon {voy. l'article ouistiti). Depuis, Et. -Geoffroy Saint-Hilaire {Ann. mus., XIX, 1812) en a fait le type d'un petit groupe de Singes. (E. D.)
MIDAS. rept. — Nom vulgaire de la Tortue franche. Voy. chélonée. (E. D.)
*M1D0TIS (Midas, nom mythologique, et ouç, £ro;, oreille), bot. cr. — Genre de Champignons qui ressemble à une oreille, comme son nom l'indique, découvert par Sch4eicher en Suisse, et décrit par Fries {Elench., p. 29).
I! présente les caractères suivants : Réceptacle cartilagineux, recouvert à sa partie inférieure d'un hyménium de nature différente, et susceptible d'en être séparé. Les thèques sont allongées, et lancent les spores sous forme de nuage comme les Pézizes. Le Midotis lingua de Fries croît sur les vieux troncs et ressemble au Peziza leporina.
(Lev.)
MïEGIA, Schreb. bot. ph. — Syn. de Remirea , Aubl. — Pers., syn. à'Arundinaria , Rich.
MIEL. — C'est le nom que l'on donne à la matière sucrée préparée par les Abeilles, et que ces Insectes déposent dans les alvéoles de leurs gâteaux. Voy. abeille.
*M IELICHHOFERIA (nom propre), bot.
cr. — Genre de Mousses-Bryacées, établi par Hornschuch {Bryol.german., 179, c. ic.) pour des Mousses grêles croissant dans les parties les plus élevées des montagnes de l'Europe centrale. Voy. mousses.
MIELLIN. bot. cr. — On donne ce nom dans quelques pays au Bolet du Noyer, Polyporus squamosus Huds. Malgré son odeur désagréable, il est comestible. (Lév.)
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ÉMITE. min. — Nom d'une variété de la Dolomie. Voy. carbonates.
*iMIERÏA, Llav. et Lexar. eot. ph. — Syn. de Schkuhria, Roth.
MIERSIA (nom propre), bot. ph. — Genre faisant autrefois partie de la famille des Liliacées , et constituant actuellement •■ un des genres de la petite famille des Gilliésacées , Lindl. 11 a été établi par Lindley (in Miers Travel's in Chili, II, 529) pour des herbes originaires du Chili.
MIGA. moll. — Adanson {Voy. auSénég.) ; nomme ainsi une espèce de Buccin désignée par Bruguière sous les noms de Buccinum Miga.
MIGNARDISE, bot. ph.— Nom vulgaire de deux espèces d'OEillets, les Dianthus armeria et plumosus L.
MIGNONET BLANC et ROUGE, bot.
ph. — Noms vulgaires du Trèfle des prés.
MIGNONNE, bot. ph. — Dans certains cantons de la France, on donne ce nom à une variété de Pêches et à la Mauvisque.
MÏGNONNETTE. bot. ph. — Plusieurs plantes sont désignées vulgairement sous ce nom : le Draba verna, VHolosteum umbellatum, le Réséda, la Luzerne lupuline et le Poivre concassé.
MIGRATIONS, zool. — On nomme Migrations et Émigrations, ces voyages ou excursions périodiques ou irrégulières, temporaires ou durables, qu'entreprennent, dans certaines saisons de l'année, un très grand nombre d'animaux appartenant à peu près à toutes les classes.
Eu égard à la manière dont les Migrations ont lieu, et en considération des causes qui les provoquent, on peut, ce nous semble, les distinguer en Migrations accidentelles et en Migrations régulières ou annuelles. Aux premières se rattachent non seulement ces déplacements qui sont la suite d'une perturbation atmosphérique, mais encore ces excursions qui, n'ayant rien de réglé, rien de périodiquement annuel, ne sont entreprises que dans des moments d'extrême nécessité, par exemple dans un cas de disette. Quant aux Migrations régulières, on comprend aisément que ce sont celles auxquelles sont constamment et annuellement soumises, dans un temps et dans des circonstances donnés, la plus grande partie des espèces Émigrantes. Mais comme» parmi ces dernières,
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il en est qui poussent leurs voyages d'un continent à l'autre, et se portent ainsi à des distances très considérables, tandis que d'autres espèces bornent leurs excursions au continent qui les a vues naître, il nous semble qu'en raison de ces différences, il serait possible de distinguer les animaux en vrais Migrateurs et en Erratiques.
Quoiqu'on ne puisse déduire ua principe rigoureux des moyens mis en usage (locomotion ou progression ) par les divers êtres, dans leurs excursions régulières ou irrégulières, on peut cependant dire, d'une manière générale, que là où les mouvements progressifs sont lents et pénibles et s'exécutent sur un élément solide, les Migrations seront rares et de courte durée, lorsqu'elles auront lieu; et qu'au contraire, plus ils seront actifs et rapides, soit en raison de la force d'action, soit en raison du milieu dans lequel ils s'exécutent, plus les voyages seront fréquents et complets. On peut voir dès lors que de toutes les classes d'animaux, celles des Oiseaux et des Poissons doivent fournir le plus d'exemples de Migra-, tions . et les plus remarquables par Ieurl étendue et leur régularité.
Les Mammifères , sauf quelques espèces:
de Carnassiers, de Rongeurs et de Ruminants, sont généralement sédentaires. Quel-' ques auteurs ont fait de l'homme un être; Émigrant. L'homme, il est vrai, si l'on remonte de l'entière dispersion du peuple Juif jusqu'à la Genèse, si l'on veut avoir égard à ces immenses débordements de barbares qui, sortis du Nord, ont plusieurs fois inondé les fertiles contréesduMidi, l'homme, dis-je, pourrait à la rigueur fournir des exemples de Migrations. De nos jours même, pourrait-on peut-être appeler Émigrantcs ces caravanes qui abandonnent l'Europe pour aller chercher, dans les contrées de l'Afrique, fortune ou bien-êlre; mais, en dehors de ces faits, l'homme n'émigre pas à proprement parler; il est plus rationnel de dire qu'il se transporte d'un lieu à un autre, isolément ou en compagnie, pour les plaisirs, pour les intérêts, et quelquefois sans but déterminé. L'homme ne peut donc plus, selon nous, être compté parmi les êtres qui émigrent réellement; et si nous voulons des exemples dans la classe des Mammifères, nous devons les chercher, comme nous l'a-
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vons dit, chez les Carnassiers, les Ruminants et les Rongeurs. Chez ces derniers, le Leniming est depuis longtemps célèbre par les voyages qu'il entreprend. A de certaines années, des bandes innombrables de cette ospèce abandonnent la chaîne des Alpes Scandinaves, se dirigeant tantôt vers la mer du Nord, tantôt vers le golfe de Bothnie, marchant en ligne droite, en observant un certain ordre et sans jamais se laisser arrêter par aucun obstacle. Ces Migrations, quelle que soit leur cause, sont très accidentelles et ne se produisent que de loin en loin. Elles n'ont été constatées, d'une manière bien authentique, dans l'espace de 260 ans (de 1580 à 1840), que onze fois. Des voyages plus périodiques, plus réguliers, et qui s'étendent quelquefois très au loin, sont ceux de l'Isatis (Canis lagopus Lin.), et surtout ceux de l'Antilope Springbork (An t. euchore Forst.). Ce dernier, à des époques à peu près déterminées , quitte tous les ans les terres sèches et rocailleuses de la pointe d'Afrique, pour se porter vers le Nord, soit dans la Cafrerie, soit dans d'autres pays fertiles et bien arrosés, et couvre de ses masses émigrantes les pays qu'il traverse. Quelques autres espèces, telles que les Hermines, les Martes, les Écureuils, abandonnent aussi aux approches d'un hiver très rigoureux, dont ils paraissent avoir la prescience, les montagnes de la Laponie, de la Nonvége et de la Suède , pour se répandre dans les plaines et les vallées; mais ces déplacements ne sont pas, à vrai dire, des Migrations.
Nous passerons sous silence les voyages qu'entreprennent les Oiseaux, et nous renvoyons à l'article général qui les concerne.
Les Reptiles ont de trop faibles moyens de progression, pour être capables de tenter de longues et lointaines excursions; aussi peut-on citer seulement dans cette classe, certaines Tortues marines qui, à l'époque des amours , abandonnent l'élément dans lequel elles vivent, pour gagner les grèves sablonneuses où elles déposeront leurs œufs.
Après les Migrations des Oiseaux, celles des Poissons offrent, très certainement, un spectacle des plus curieux et des plus intéressants à suivre. Le milieu que ces animaux habitent, les puissances d'action qu'ils trou- Vent dans leur organisation favorisent leur
déplacement, et leur permettent de se porter à des distances considérables. Les uns, comme les Anguilles, abandonnent les fleuves pour gagner la mer; les autres, tels que les Saumons, les Esturgeons, etc., de la mer passent dans les fleuves et les remontent ; d'autres enfin exécutent leurs voyages au sein même de l'Océan. De ce nombre sont les Harengs, qui du pôle nord descendent sur nos côtes, en essaims innombrables; de ce nombre, sont encore les Anchois et les Sardines qui visitent, dans leurs excursions, une grande partie des côtes de la Méditerranée. Les routes que suivent les Poissons dans leurs Migrations, ne paraissent nullement déterminées d'avance, car l'on a vu parfois les Harengs, les Maquereaux, les Thons, changer de plage, ou déserter, comme par caprice, des côtes sur lesquelles ils arriveront l'année suivante en multitudes extraordinaires, sans qu'on puisse assigner un motif valable à ces variations. Quant aux causes qui déterminent les Poissons à voyager , elles sont évidemment dues au besoin de trouver des plages favorables pour frayer, et assez fertiles pour offrir une pâture suffisante aux jeunes qui doivent éclore.
Les invertébrés offrent encore quelques exemples remarquables de Migrations.
Dans la classe des Articulés , on ne connaît que le Crabe de terre, qui gagne une fois par an les bords de la mer pour confier ses œufs aux fucus et aux herbes marines. A l'époque de ses voyages, il couvre de ses noirs essaims les grèves sablonneuses.
Les Insectes, si l'on en excepte les Orthoptères et quelques Hémiptères, émigrent peu. Parmi les espèces émigrantes , les plus connues et les plus célèbres sont ces Sauterelles (Grijllus migratorius) qui, rassemblées en essaims infinis, ont souvent porté la désolation dans plusieurs contrées, et exercé des ravages tellement grands, que l'Écriture-Sainte les place au nombre des sept fléaux qui menaçaient l'Egypte. L'Afrique est le pays où ces Sauterelles se multiplient le plus, et où elles effectuent régulièrement tous les ans leur passage. Levaillant, qui a assisté à l'un de ces passages, dit que l'air était réellement obscurci par le nombre des individus qui composaient la troupe érnigrante. Ils formaient une colonne
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qui pouvait embrasser deux ou trois mille pieds en largeur, et qui, montre à la main, mit plus d'une heureà passer. Mais l'Afrique n'est pas la seule contrée où l'on soit témoin de ces Migrations: la Pologne, la Bassarie et la Tartarie, ont de temps en temps les leurs. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que ces Sauterelles, ainsi réunies en légions, ne se laissent pas arrêter par un bras de mer qui les sépare d'une contrée où elles espèrent rencontrer la fertilité.
Quant aux Mollusques, aucun fait bien constaté ne peut être invoqué pour faire admettre qu'il y ait chez eux Migration. Les espèces pélagiennes qu'on rencontre fréquemment sous la haute mer, celles qui se montrent spontanément et en nombre incalculable dans certains parages, ou ont été poussées par les vagues , ou ont été emportées par les courants sous-marins.
D'ailleurs, là où les mouvements sont si, lents, que dans beaucoup de cas ils sont inappréciables, il ne saurait y avoir de Migration proprement dite.
Les Zoophytes sont, plus que les Mollusques, incapables d'entreprendre eux-mêmes des voyages.
Ainsi , presque toutes les classes nous offrent des animaux migrateurs. Leurs voyages, qu'ils aient lieu sur la terre, dans l'atmosphère ou au fond des eaux, sont provoqués tantôt par le désir de se reproduire, et qui est général pour les Poissons, les Reptiles et les Crustacés, et tantôt par le besoin de nourriture ou la crainte du froid, comme chez les Mammifères et les Reptiles.
MIGUEL, bept. — Nom du Rouleau tacheté , Tortrix ou Cylindrophis maculata , espèce d'Ophidien propre à l'île de Ceylan.
MIK.ANIA (nom propre), bot. pu. — Genre de la famille des Composées-Astéroïdées, établi par Willdenow (5p., III, 1452). Herbes ou arbrisseaux de l'Amérique tropicale , de Madagascar et du cap de Bonne- Espérance. Voy. COMPOSÉES.
MIL ou MILLET, bot. pu. — Diverses Graminées portent ce nom, principalement une espèce de Panicum , le P. miliaceum L., dont les graines servent de nourriture aux oiseaux qu'on élève en cage.
On nomme encore :
Mil a chandelles, ÏHolcus spicatus;
Gros Mil ou Millet, YHolcus sorghum;
Millet d'Afrique ou Millet d'Inde , le Sorgho ;
Millet de Chèvres, YImpatiens noli me tangere ,
Millet d'amour ou du soleil , le Lithospermum officinale ;
M. sauvage, le Melampyrum arvense, etc.
MILAN. Milvus. ois. — Genre de la famille des Falconidées dans l'ordre des Oiseaux de proie , caractérisé par un bec assez robuste, incliné à sa base; des narines elliptiques obliques, percées dans une cire nue; des ailes très longues, atteignant l'extrémité de la queue, qui elle-même est très allongée et très fourchue; des tarses courts et des ongles robustes.
De tous les temps , les Milans ont joui de la réputation d'être de fort habiles voiliers, et celte réputation est méritée , car il est peu d'Oiseaux de proie dont le vol soit aussi souple et aussi élégant. Ils peuvent, à la faveur de leurs ailes, grandement développées et minces , de leur queue ample et fourchue, exécuter mille évolutions dans les airs, y décrire des cercles lents, s'y soutenirenplanantpendant un temps très long, sans que leurs ailes trahissent le moindre mouvement; s'élever avec rapidité dans les hautes régions de l'atmosphère et s'y dérober à notre vue ; en descendre sans efforts comme s'ils glissaient sur un plan incliné, précipiter leur vol, s'arrêter brusquement et rester suspendus à la même place pendant des heures entières. Ils sont presque pour la flexibilité du vol, dans l'ordre desRapaceSjCe que les Hirondelles sont dans l'ordre des Passereaux.
Si la puissance de leur bec et de leurs serres correspondait à la rapidité de leur vol , les Milans seraient de tous les Oiseaux rapaces les plus redoutables ; car une proie pourrait difficilement se soustraire à leur poursuite; mais ils paraissent n'avoir ni les moyens de dompter, ni le courage d'attaquer un animal qui leur opposerait quelque résistance. Ils s'adressent en général à de petits animaux, et surtout aux individus faibles et maladifs, aux poussins et aux jeunes Oiseaux incapables de fuir. Ils ont en outre un goût prononcé pour la chair
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morte. Hébert (notes communiquées à Buffon) a vu le Milan royal prendre à la superficie de l'eau de petits poissons morts et à demi-corrompus , emporter une longue couleuvre dans ses serres , se poser sur le cadavre de bœufs et de chevaux et fondre sur des tripailles que des femmes lavaient le long d'un petit ruisseau. Ce dernier trait annonce chez le Milan de la hardiesse; du reste, ce n'est pas le seul fait de ce genre que l'on possède , car le Milan parasite s'est montré à Levaillant plus hardi encore que le Milan royal. « La vue de l'homme, dit il en parlant du premier de ces Oiseaux, ne l'empêche pas de fondre sur les jeunes Oiseaux domestiques; on ne voit point une habitation où il ne paraisse, à certaine heure du jour, quelques uns de ces Oiseaux voleurs. Dans mes voyages, lorsque j'étais campé, il ne manquait jamais d'en arriver plusieurs ; ils se posaient sur nos chariots, et nous enlevaient souvent quelques morceaux de viande. Chassés par mes Hottentots , ils revenaient à l'instant avec une voracité et une hardiesse toujours incommodes; les coups de fusil ne nous débarrassaient point de ces parasites; ils reparaissaient quoique blessés. Invinciblement attirés par la chair qu'ils nous voyaient préparer, et qu'ils nous arrachaient pour ainsi dire des mains , notre cuisine à l'air et sous la voûte du ciel les nourrissait malgré nous. Les restes des grands quadrupèdes que je tuais pour mon usage et celui de mes gens étaient fort de leur goût. Ils se rabattaient aussi sur les charognes, dont ils disputaient les lambeaux aux Corbeaux, leurs mortels ennemis. » lï semblerait donc que, malgré la bassesse de leurs goûts , les Milans ne manquent pas de hardiesse. Nous dirons même que les naturalistes en général, et Buffon en particulier, leur ont fait une réputation de lâcheté qui n'est pas tout aussi méritée que celle qu'on a faite à leur vol. On les a représentés comme des Oiseaux dépourvus de tout courage et se laissant honteusement battre par des espèces bien plus faibles qu'eux. Parce qu'autrefois, dans le programme des plaisirs princiers, figurait la chasse au vol du Milan royal (I), parce
(r) Cest parce que le Milan servait aux plaisirs des princes, qui le faisaient chasser par d'autres oiseaux de proie , que l'adjectif spécifique de royal lui a été donné.
qu'on employait quelquefois à cette chasse TÉpervier, espèce faible en apparence , on a cru devoir en inférer que les Milans le cédaient à ce dernier en force et en courage. On les a même considérés comme incapables de résister aux attaques des Corbeaux, des Pies et des Geais. Tout cela est un peu exagéré. Les Milans , sans être aussi courageux que certaines espèces de l'ordre auquel ils appartiennent , ont cependant le courage qui convient à leur nature et à l'industrie qu'ils exercent. D'ailleurs, Levaillant a vu le Parasite disputer courageusement et avec succès des morceaux de chair aux Corbeaux. Ceux-ci fuyaient en vain avec leur proie; le Parasite s'acharnait à leur poursuite et les forçait à la lui abandonner. Il l'a vu également se battre avec énergie contre des Buses et d'autres Oiseaux de proie qui l'importunaient ou qui voulaient lui disputer sa pâture.
Un grand nombre d'Oiseaux , les Gallinacés surtout, ne vont à la recherche de leur nourriture qu'à de certaines époques de la journée; il en est de même pour les Milans, et peut-être bien pour tous les Oiseaux de proie. Cette observation est encore due à Levaillant. Il a constaté que le Milan royal et le Milan parasite se montraient dans la même contrée deux fois par jour et à peu près toujours aux mêmes heures. Leur chasse faite, ils disparaissent.
Les Milans , que l'homme a mis au nombre des espèces malfaisantes, et qui contribuent à la destruction du gibier, devraient cependant être considérés plutôt comme des Oiseaux utiles que nuisibles , car ils rendent des services incontestables à l'agriculture, par la chasse assidue et continuelle qu'ils font, non seulement aux petits Mammifères rongeurs et insectivores , mais encore aux Lézards, aux Serpents et surtout aux gros Insectes diptères. S'ils détruisent quelques Poissons (1), quelques jeunes perdreaux; s'ils s'abattent dans les basses-cours pour tenter d'enlever les petits poulets, la consommation qu'ils font d'animaux nuisibles compense amplement les déprédations dont on les accuse.
Les rochers escarpés, les grands arbres
(i) Le Milan noir s'attaque particulièrement à l'Alose, qu'il poursuit même eu plongeant , comme le fait le BjH>u«
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des forêts, sont généralement les lieux que choisissent les Milans pour établir leur nid, qu'ils construisent sans beaucoup d'art avec de petites branches entrelacées, sur lesquelles ils posent une couche de grarnen. Le Parasite place quelquefois le sien sur un grand buisson entre des roseaux. La ponte est de trois à cinq œufs blancs tachés de roux. Les jeunes naissent couverts d'un duvet grisâtre fort long à l'occiput, ce qui leur donne une physionomie particulière qui permet de les distinguer des autres jeunes Rapaces.
Les Milans ne forment plus aujourd'hui une division unique, comme dans Linné, Brisson et Latham. G. Cuvier, admettant la distinction faite parSavigny, lésa divisés en Élanious et en Milans proprement dits, ce qu'a également fait, vers ces dernières années, M. Temminck, dans son Manuel d'ornithologie. Vieillot en a sépare quelques espèces sous le nom générique d'ïctinie; enfin , Vigors y a opéré un quatrième démembrement, en en détachant les Nauclers. Ceux-ci , les Élanious et les Milans proprement dits, composent seuls, pour quelques auteurs, la famille des Milvinées, qui correspond à l'ancien g. Milvus. Nous ferons successivement connaître les espèces qui se rapportent à chacune de ces trois sections.