‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 65 sur 192 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

MOENCHIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Caryophyllées-Stellarinées, établi par Ehrhart (Beitr., II, 277) aux dépens des Céraistes, pour les esp. qui présentent: un calice 4-5-parti; des pétales très entiers; 4-8-10 étamines; 4-5 styles; une capsule cylindrique, droite, plus courte ou presque de même longueur que le calice , à dents roulées à la marge. Voy. céraiste.

Roth a aussi établi, sous le même nom de Mœnchia (Flor. germ.y I, 273), un genre synonyme du g. Berteroa de De Candolle. Voy. ce dernier mot.

MQERA. crust. — Voy. crevette.

*MOESSLERA, Reichenb. (Comp., 160).

bot. ph. — Syn. de Tittmannia, Brong.

MOFAT. moll. — Nom donné par Adanson (Voyage au Sénégal) à une espèce de Bucarde, la Bucarde grimacière, Cardium ringens Lamk.

MOGIPHANES, Mart. (Nov. gen. etsp., II, 29 , t. 129-134 ). bot. ph. — Voy. te-

LEIANTHERA, R. Br.

*MOHLANA. bot. pu. — Genre de la famille des Phytolaccacées-Rivinées , établi par Martius (Nov. gen. et sp., III, 170, t. 290). Herbes du Brésil. Voy. phytolac-

CACKES.

*MOHO. Moho. ois.— Division établie par M. Lesson dans le genre Philédon. Voy. ce mot. (Z. G.)

*MOHOEA. Mohoua. ois. — Genre créé par M. Lesson pour une espèce dont MM. Quoy et Gaimard ont fait un Cçrthiar

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et que M. de La Fresnaye rapporte au genre Orthonix. Voy. ce mot. (Z. G.)

MOHRIA (nom propre), bot. en. — Genre de Fougères-Schizéacées , établi par Swartz (Synops., 159, t. 5) pour de petites Fougères qui croissent au cap de Bonne-Espérance et dans l'île de Mascareigne, Voy.

FOLTGÈKES.

MOINE, mam. — En mammalogie , la dénomination vulgaire de Moine est employée pour désigner diverses espèces appartenant aux groupes des Singes, des Phoques et des Marsouins. (E. D.)

MOINEAU. Fringilla. ois. — Les ornithologistes ne donnent pas tous à ce mot la même valeur; les uns l'emploient comme nom de famille, les autres comme nom de genre et de sous-genre; d'autres s'en servent seulement pour désigner quelques espèces. De ces trois exceptions, nous adopterons la plus large; en d'autres termes, à l'exemple de G. Cuvier, de M. Lesson et de plusieurs autres naturalistes , nous considérerons ici les Moineaux comme composant une nombreuse tribu ou famille (1) caractérisée par un bec presque régulièrement conique, épais, fort, large à sa base, pointu au sommet, et par des narines arrondies et en partie cachées par les plumes du front.

Les espèces que nous comprendrons, avec les auteurs que nous venorj de citer, sous le titre général de Moineau, en raison de leur nombre considérable et de leur diversité, doivent nécessairement offrir des habitudes, des instincts, etc., différents, dont il nous faudra tenir compte dans l'histoire que nous avons à faire de ces oiseaux. Mais, pour ne point augmenter la difficulté déjà très grande de cet historique, nous prendrons particulièrement en considération les mœurs de nos Moineaux d'Europe, et nous nous bornerons à signaler les différences que présentent à cet égard les espèces qui ont avec eux des rapports de famille.

Les Oiseaux que l'on réunit sous le nom de Moineaux ont, en général, des formes plutôt lourdes que sveltes. La plupart sont parés de couleurs agréables qui les font rechercher. Répandus sur toute la surface du globe, mais surtout là où se trouvent des graines à leur convenance, les Moineaux for-

(t) Cette famille correspond entièrement au g. Gros-Bec de M. Temminck »

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ment des associations nombreuses, et exploitent ordinairement en troupes les contrées qu'ils habitent. Il semblerait que nos espèces d'Europe aient été créées tout exprès pour devenir les commensales de l'homme ; car elles l'ont suivi partout où il s'est établi, et surtout partout où il s'est livré à la culture des céréales. Elles sont, selon l'heureuse expression de Bufl'on, comme les rats attachés à nos habitations, ne se plaisant ni dans les bois, ni dans les vastes campagnes, mais cherchant de préférence les grandes villes au sein desquelles elles sont assurées de trouver en tout temps une nourriture facile. Cette habitude qu'ont les Moineaux devenir vivre à nos dépens a fait penser à Sonnini que ces Oiseaux avaient changé de nature en se soumettant volontairement à une sorte de domesticité, domesticité plus nuisible qu'utile; car les Moineaux ne sont plus, comme les Pigeons, les Poules, les Canards, etc. , des animaux dont on puisse tirer aucun profit, leurs plumes ne pouvant être utilisées etleur chair n'étant pas même médiocre. Ce sont plutôt des casaniers importuns, des commensaux incommodes, d'impudents parasites qui partagent malgré nous nos grains, nos fruits et notre domicile. « Plus hardis que les autres Oiseaux, dit avec beaucoupde iustesseSonnini,ilsnecraignent pas l'homme, l'environnent dans les villes, à la campagne, se détournant à peine pour le laisser passer sur les chemins, et surtout dans les promenades publiques où ils jouissent d'une entière sécurité. Sa présence ne les gêne point, ne les distrait point de la recherche de leur nourriture, ni des soins qu'ils donnent à leurs petits, ni de leurs combats. ni de leurs plaisirs; ils ne sont assujettis en aucune manière, et, à vrai dire, ils ont plus d'insolenceque de familiarité. »I1 ne faudrait point juger des mœurs des espèces étrangères qui se rapportent aux Moineaux par celles des nôtres; le plus grand nombre vit loin de toute demeure et fuit avec autant de soin les lieux habités que nos espèces les recherchent; mais elles ont ceci de commun avec nos Moineaux, que la plupart d'entre elles occasionnent de très grands dégâts par la consommation inouïe qu'elles font des graines utiles.

Pendant longtemps on a discuté cette question de savoir si les Moineaux qui vivent

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parmi nous étaient réellement aussi nuisibles à l'agriculture qu'on le dit généralement. Ce qu'on a dépensé de paroles pour les accuser et pour les défendre est incroyable. Les uns, les considérant comme des déprédateurs de nos moissons et de nos fruitiers, concluaient à leur proscription. Les autres ne trouvaient pas leur multiplication assez grande, tant ils étaient convaincus que les services qu'ils rendaient en détruisant les insectes étaient éminents, tandis que leurs déprédations n'existaient pour eux qu'en apparence. Les Moineaux, disaient-ils, que vous voyez attroupés dans un champ de blé, dans une chènevière, etc., n'y cherchent absolumentque des insectes, ets'ilségrainent quelques épis, c'est dans le but d'en débarrasser les animaux nuisibles qui s'y trouvent. Leurs dégâts ne sauraient donc être mis en balance avec des services aussi signalés. De part et d'autre on dressa des statistiques. Déjà, en 1779, le moine PolycarpePoncelet, dans son Histoire naturelle du Froment, avait dénoncé les Moineaux comme étant de très grands dévastateurs. En 1788, Rougier de La Bergerie, dans ses recherches sur les principaux abus qui s'opposent aux progrès de l'agriculture, se chargea d'apporter des preuves à l'appui de i'opinion de Poncelet. Il accusa les Moineaux, d'après des calculs approximatifs, de consommer chaque année»

en France, plus d'un millier d'hectolitres de céréales, fait suffisant à ses yeux pour provoquer une loi non plus de proscription , mais de destruction totale de l'espèce. Les calculs de Bosc (Cours d'agriculture) élevèrent à près de deux millions d'hectolitres la consommation de grains que faisaient ces Oiseaux. Mais les Moineaux, avons-nous dit, avaient en même temps leurs défenseurs, et ceux-ci dressèrent aussi leurs calculs et trouvèrent qu'à en juger par le nombre d'insectes qu'un Moineau apporte à ses petits dans le courant d'une journée, la destruction annuelle qu'il en fait devait être de prèsde deux cent mille. De part et d'autre c'était partir de fausses données, pour arriver à des conséquences qui ne pouvaient en rien être rigoureuses. Malgré ces discussions , qui se produisaient dans les journaux et les traités d'agriculture d'alors, l'indécision resta dans les esprits, et nos lois voulant que le doute soit favorable à l'accusé, les Moineaux gax. vm.

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gnèrent, en France, une cause qui était perdue pour eux depuis longtemps dans certaines contrées de l'Europe où leur tête était mise à prix. Cependant, grâce à la nouvelle loi sur la chasse, nous sommes peut-être sur le point de voir renouveler le procès que l'on a fait aux Moineaux; car plusieurs pétitions collectives venues de la banlieue de Paris et adressées au conseil général de la Seine demandent qu'on autorise la destruction de ces oiseaux par trop dévastateurs. Le fait est que les Moineaux occasionnent d'assez grands dégâts pour qu'on doive prendre des mesures qui opposent des limites à leur trop grande multiplication. On peut dire que la plupart du temps ils détruisent pour le plaisir de détruire.

Nos Moineaux ne rachètent leurs défauts par aucune qualité utile. Leur plumage, avons-nous dit, n'a rien qui flatte l'œil, leur chair n'est pas très bonne; d'un autre côté, leur voix est très désagréable. La plupart des espèces étrangères ne sont pas mieux dotées sous ce dernier rapport et font entendre des cris importuns. Cependant il en est qui ramagent fort agréablement, et d'autres dont le chant plaît presque autant que celui du Rossignol. C'est surtout lorsque les Moineaux vont se livrer au repos que leurs cris deviennent bruyants. Vers le milieu du jour, lorsque la chaleur est très forte , on voit nos espèces rassemblées sur une haie, sur les arbres qui bordent les rivières, exécuter un concert des moins harmonieux et des plus discordants, ce qu'ils font également pendant la belle saison, lorsque le soir ils se réunissent sur les arbres où ils passent la nuit. Leurs piailleries alors sont des plus étourdissantes.

La seule chose qui soit capable de faire rechercher nos Moineaux, c'est la facilité qu'ils ont à s'apprivoiser, la docilité qu'ils mettent à obéira la voix qui les réclame (1), leur familiarité, qu'ils poussent jusqu'à venir prendre leur pâture dans la main qui la

(i) Buffon parle d'un soldat qui possédait un Moineau franc qui le suivait partout et le reconnaissait au milieu de tout le régiment. Voici un fait d'un autre genre. Nous avons vu une femelle de la même espèce, vivant en pleine liberté, s'éloignant de la maison où elle avait été élevée , y revenant volontairement ou à la voix du maître. A l'époque dis amours , elle s'accoupla avec un mâle du voisinage, construisit tant bien que mal un nid derrière une glace, éleva seule ses petits, et leur fit prendre la liberté lorsqu'ils furent astcê forts pour la suivre au dehors.

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leur présente, à se laisser toucher et caresser. Cependant, ils ne conservent ces qualités que jusqu'à un certain âge; en vieillissant ils deviennent capricieux et acariâtres, et ne sont pas toujours disposés à recevoir les caresses qu'on veut leur faire.

Quoique peu farouches , les Moineaux donnent difficilement dans les pièges qu'on leur tend , parce qu'ils sont défiants et rusés. Leur défiance est d'autant plus grande qu'ils ont failli être victimes des embûches de l'homme. Leur vol est court mais assez rapide , et n'est jamais fort élevé. Lorsqu'ils s'envolent, c'est toujours en troupe, toujours tous à îa fois, brusquement et bruyamment. Nos espèces d'Europe n'émigrent pas fort loin; on pourrait plutôt les considérer comme erratiques , car elles se bornent à passer d'une localité peu fertile en grains dans une autre qui leur offre une nourriture plus abondante et plus facile. Parmi les espèces étrangères, il en est dont les migrations sont complètes et qui passent du nord au sud ou du sud au nord , selon les saisons.

Les Moineaux sont très féconds. Ils font au moins deux pontes par an, très souvent trois , chacune de cinq à sept œufs, dont la couleur varie selon les espèces. Les uns nichent indifféremment sous les toits, dans les crevasses des murs, dans les trous des vieux colombiers, entre les branches des arbres, etc.; les autres choisissent les creux des arbres ; d'autres , enfin , les haies , les buissons, etc. Ceux-ci établissent leur nid dans une position un peu élevée, ceux-là le posent près du sol. Le nid , chez la plupart des espèces étrangères, est assez artisternent fait; celui de nos Moineaux est très négligé et varie, pour la forme, selon les lieux où il est établi. Les individus qui le placent entre les branches des arbres lui donnent une forme sphérique et y ménagent, vers le milieu, une ouverture qui communique avec la cavité intérieure. Beaucoup de brins de paille et de foin fort lâchement liés ensemble le composent à l'extérieur; des substances molles, et surtout beaucoup de plumes , le garnissent en dedans. Mais de toutes les espèces que l'on range dans la famille des Moineaux, celle qui fait le nid le plus remarquable est, sans contredit, la Veuve à épaulettes. Une trentaine de femelles con-

courent ordinairement à la construction de ce nid, et toutes y pondent dans des compartiments particuliers qu'elles y ménagent C'est un établissement commun qui a ses entrées et ses sorties , et dans lequel chaque ouvrière a sa loge distincte. Et ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'un seul mâle ou deux tout au plus régnent dans cette sorte de république; car cette espèce, diton, est polygame, fait unique, peut-être , dans la classe des Oiseaux.

Les Moineaux entrent ordinairement de bonne heure en amour , du moins est-ce le cas de nos espèces. Tous les auteurs se sont accordés à considérer ces Oiseaux comme très lascifs , très ardents. Vieillot nous apprend que l'Amadine fasciné , ou le Cou-coupé, est d'unnaturel aimant; quelemâleetla femelle contractent une union intime où les peines et les plaisirs sont partagés ; et Buffon nous a laissé des amours de nos Moineaux domestiques une peinture à laquelle il manque malheureusement un peu de vérité. Après avoir décrit le combat des mâles à l'époque des pariades , il ajoute : « Il y a peu d'Oiseaux si ardents, si puissants en amour ; on en a vu se joindre jusqu'à vingt fois de suite (1) , toujours avec le même empressement, les mêmes trépidations, les mêmes expressions de plaisir ; et ce qu'il y a de singulier, c'est que la femelle paraît s'impatienter la première d'un jeu qui doit moins la fatiguer que le mâle, mais qui peut lui plaire aussi beaucoup moins, parce qu'il n'y a nul préliminaire, nulles caresses., nul assortiment à la chose: beaucoup de pétulance sans tendresse, toujours des mouvements précipités, qui n'indiquent que le besoin pour soi-même. » Certainement il serait difficile de tracer un tableau mieux senti et plus élégant; mais, nous le répétons, sous la vigueur et la beauté du coloris se cachent des erreurs de fait qu'il nous est impossible de ne pas signaler. Les Moineaux ne sont ardents et puissants en amour qu'en apparence. Il en est pour eux comme pour une immense quantité d'autres Oiseaux qui ont besoin d'être longtemps excités avant de consommer l'acte copulateur. Or, tous ces retours auprès de leurs femelles , toutes ces trépidations , chez les Moineaux mâles , ne sont qu'un moyen d'excitation , que des

(i) C'est à Aldrovande que Buffon a etnpruuté ce fait.

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préliminaires à l'accomplissement de cet acte. Il n'y a donc plus lieu d'être surpris qu'un pareil jeu paraisse ne point les fatiguer, puisque de tant de rapprochements il n'y en a qu'un seul d'efficace , et c'est le dernier. Quant à la prétendue indifférence de la femelle , soit avant , soit pendant l'accomplissement, il est certain qu'elle fait des agaceries au mâle autant que celui-ci la sollicite, et que, durant les fréquents rapprochements qui ont lieu, elle ne cesse de l'exciter par des cris particuliers.

Le plumage des Moineaux, surtout celui de nos espèces d'Europe, présente quelques variétés accidentelles. Il n'est pas rare de rencontrer des Moineaux blancs en totalité ou en partie; mais il arrive souvent, lorsque cette couleur n'est pas un effet de la vieillesse, de la voir disparaître à la première mue, et alors l'individu devient pareil à la masse de ses semblables. Quelques uns sont d'un gris sale au lieu d'être blancs; d'autres , enfin , prennent un plumage noir ou noirâtre , jaune ou roux.

La famille des Moineaux a des représentants dans toutes les parties du monde, et est très riche en espèces. Les divisions et les subdivisions qu'on a établies pour ces espèces sont infinies; quelques auteurs en ont admis jusqu'à trente. Or, ce nombre est considérable, surtout lorsqu'on pense qu'il est le résultat du démembrement du genre unique Fringilla de Linné. M. Lesson ayant proposé une classification des Moineaux à peu près en rapport avec celle qu'a donnée G. Cuvier, mais plus complète, nous l'adopterons. Cependant, toutes les divisions admises par M. Lesson ne figureront pas ici. Il en est qui ont été prises pour sujets d'articles particuliers (Voy. amadine , chipiu,

CHONDESTES, AMMODROME, CHUYSOM1TRIS , LI- NOTTE et lonchure). D'autres, vu leur importance, nous paraissent devoir être traitées à part {Voy. pinson et serin).

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