PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
mégalithiques. Le point culminant atteint 297 m. ; les eaux vont à l'océan par de petits cours d'eau. Le littoral est très découpé. Climat doux, surtout à Belle-Isle et dans le golfe du Morbihan. Les productions agricoles sont variées ; établissements industriels ; parc aux huîtres, pêche. La pop. était de 535,256 h. (en 188(5) ; 544,470 (en 1891) ; 552,028 (en 1896). 78 h. par kil. carré.
Nièvre. — Formé du Nivernais et d'un morceau de l'Orléanais, ce département offre un sol assez montagneux (ramifications du Morvan), avec une partie boisée et semée d'étangs. Le point culminant est à 850 m., sur la frontière de Saône-et- Loire ; le plus bas est sur la Loire (135 m.). Les eaux vont à la Loire et à la Seine. Climat rude dans le Morvan, mais tempéré ailleurs. Riches pâturages du Bazois, etc., et élevage des bœufs pour Paris Forges à Fourchambault. Porcelaine et faïence de Nevers, etc. La pop. était de 347,645 h. (en 1886) ; 343,581 (en 1891) ; 333,899 (en 1896). 48 h. par kil. carré.
Nord. — Formé de la Flandre française et de parties du Hainaut et du Cambrésis, ce département frontière, qui longe la Belgique et touche à la mer du Nord, offre, avec une région de plaine très productive et très cultivée, une région moins monotone et même pittoresque (Ardennes). Le point culminant est à 271 m. Les eaux vont à l'Escaut, à la Meuse et à la Seine. Climat brumeux et plutôt froid. Le pays est riche en productions agricoles et surtout en produits industriels de toute nature. Mines de houille abondantes. Grand commerce. La pop. était de 1,670,184 h. (en 1886); 1,736,341 (en 1891); 1,811,868 (en 1896). 314 h. par kil. carré. C'est le département le plus peuplé de France après la Seine.
Lille. — Cette ville, aujourd'hui si florissante par son industrie, s'est formée autour d'un château. Baudouin IV, comte de Flandre, la créa, pour ainsi dire, en la protégeant de murs (1030). Souvent éprouvée par les guerres qui suivirent, elle appartint aux maisons de Bourgogne, d'Autriche et à l'Espagne. Louis XIV la prit en 1667 et l'acquit définitivement par le traité d'Utrecht (1713). En même temps qu'elle est un centre industriel de premier ordre (filatures, tissages, etc.), Lille a pris une belle place dans l'ordre intellectuel depuis la fondation de l'Université catholique de Lille. Citons, parmi ses églises, celle de Notre-Dame de la Treille (pèlerinage). L'archevêché est à Cambrai. La pop. était de 146,943 (en 1869) ; 216,276 (en 1896).
Oise. — Formé d'une partie de l'Ile-de-France et d'un morceau de la Picardie, ce département offre un sol peu accidenté et comprend plusieurs petits pays : Vexin, Valois, etc. Le point culminant est à 235 m. ; le plus bas est sur l'Oise (20 m.) ; presque toutes les eaux vont à la Seine. Climat tempéré. Belles forêts (Ermenonville, Chantilly, Compiègne). Le pays est surtout agricole, bien que l'industrie y soit florissante. La pop. était de 403,140 h. (en 1886); 401,835 (en 1891); 404,511 (en 1896). 69 h. par kil. carré.
Orne. — Formé d'une partie de la Normandie, du duché d'Alençon et du Perche, ce département offre un sol accidenté. Le point culminant est à 417 m. ; le plus bas est sur l'Orne (50 m.). Les eaux vont à la Seine, à de petits fleuves côtiers et à la Loire. Climat humide. Elevage de bestiaux et de chevaux (haras du Pin) ; fromages de Camembert ; cidre ; dentelles dites « point d'Alençon », etc. L'évêché est à Séez. La pop. était de 367,248 h. (en 1886) ; 354,387 (en 1891); 339,162 (en 1896). 55 h. par kil. carré.
Pas-de-Calais. — Formé de l'Artois, du Boulonnais, du Calaisis, d'une partie delà Picardie, etc., ce département septentrional et maritime offre un
sol presque plat. Le point culminant est à 212 m. Les eaux vont à l'Escaut ou à la Manche. Climat brumeux et humide. Le pays abonde en productions agricoles ; mais il est surtout industriel, de même que le département du Nord, qui l'avoisine. La pop. était de 853,526 h. (en 1886) ; 874,364 (en 1891) ; 906 249 (en 1896). 134 h. par kil. carré.
Puy-de-Dôme. — Formé d'une partie de l'Auvergne et de morceaux du Bourbonnais et du Lyonnais, ce département central comprend la Limagne ou vallée de l'Allier, qui est très fertile, et beaucoup de parties montagneuses. Le point culminant est le Puy de Sancy (1,886 m.) ; le plus bas est sur l'Allier (268 m.). Climats divers selon l'altitude. Une grande partie des eaux va à la Loire ; une autre partie est du bassin de la Gironde. Cultures variées dans la plaine et sur les hauts plateaux. Elevage du bétail. Mines diverses. Carrières de lave de Volvic. Eaux minérales (Mont-Dore, la Bourboule, Royat). Coutellerie et papeteries de Thiers, etc. La pop. était de 570,964 (en 1886) ; 564,266 (en
Pyrénées (Basses-). — Formé du Béarn et du pays basque français, ce département méridional et maritime comprend des plaines et des coteaux, avec des montagnes élevées. Le point culminant est à 2,976 m. Les eaux vont à l'Adour, sauf quelques cours d'eau du versant espagnol. Plusieurs étages de climat, selon l'altitude. Produits variés dans les régions cultivées ; les autres sont occupées souvent par des fourrés d'ajoncs et de fougères. Eaux minérales (Eaux-Chaudes, Eaux-Bonnes). Commerce actif par Bayonne. Bains de mer à Biarritz. La pop. était de 432,999 (en 1886) ; 425,027 (en 1891); 423,572 (en 1890). 55 h. par kil. carré.
Pyrénées (Hautes-). — Formé d'une partie de la Guyenne et de la Gascogne, ce département comprend une région de plaines, de coteaux, de fertiles vallées, parmi lesquelles celle de l'Adour, et une région de montagnes plus ou moins hautes. Le point culminant est le Vignemale (3,298 m.) ; le plus bas est sur l'Adour (120 m.). Les eaux vont à la Garonne et à l'Adour. Plusieurs étages de climat. Sites grandioses dans les Pyrénées (cirque de Gavarnie). Lacs nombreux et grands pâturages. Eaux minérales (Barèges, Cauterets, Saint-Sauveur). Industries. La pop. était de 234,825 (en 1886) ; 225,861 (en 1891); 218,973 (en 1896). 48 h. par kil. carré.
Pyrénées- Orientales. — Formé du Roussillon, avec des morceaux du Languedoc, ce département méridional et maritime comprend un sol très accidenté, montagneux au S. et à l'O., plat et semé d'étangs à l'E., sur la Méditerranée. Le point culminant est à 2,921 m. La plus grande partie des eaux va à la Méditerranée ; les autres vont à la Garonne, par l'Ariège, ou à l'Ebre, etc. Climat très varié selon l'altitude ; de même la culture. Vignobles du Roussillon. Eaux minérales à Amélie-les- Bains, etc. Dans ce dép. est enclavée la ville espagnole de Llivia. La pop. était de 211,187 h. (en 1886); 210,125 (en 1891) ; 208,387 (en 1896). 50 h. par kil. carré,
Rhin (Haut-). Territoire de Belfort. — Avant la guerre de 1870, l'Alsace formait deux départements français : le Bas-Rhin et le Haut- Rhin. Il ne reste plus à la France qu'un lambeau de celui-ci : le Territoire de Belfort, situé entre les contreforts S. des Vosges et ceux du Jura, sur la trouée qui s'ouvre vers l'Alsace. Le point culminant est le Ballon d'Alsace (1,250 m.) ; le plus bas est â 330 m. Les eaux vont au Rhône. Belfort fait partie du diocèse de Besançon. La pop. était de 83,670 h. (en 1891) ; 88,047 (en 1896). 144 h. par kil. carré.
Rhône. — Formé du Lyonnais et du Beaujolais, ce département présente un sol accidenté et même
GEOGRAPHIE
montagneux, qui va en s'abaissant vers le Rhône et la Saône. Le point culminant est la cime du Saint- Rigaud, dans le Beaujolais (1,012 m.) ; le plus bas est sur le Rhône (140 m.). Les eaux vont au Rhône ou à la Loire. Climat humide dans la vallée, plutôt rude dans les montagnes. Industrie et commerce considérables. Ce dép., avec la Loire, forme le diocèse de Lyon. La pop. était de 772,912 (en 1886); 806,737 (en 1891) ; 839,329 (en 1896). 293 h. par kil. carré.
Lyon. — L'existence de cette ville remonte au moins à 41 ans av. J.-C. Elle aurait été fondée par Lucius Munatius Plancus, qui lui aurait donné son nom (Lucii dunum, d'où Lugdunum). Mais d'autres font dériver le nom latin de Lyon du celtique log ou lok (petit temple) et de dun (colline). Favorisée par les empereurs, la ville de Lyon prima les cités gauloises et donna son nom à la Gaule celtique (Lyonnaise). Détruite en une seule nuit par un incendie, en 59, elle fut relevée par Néron ; Trajan fit construire sur la colline devenue plus tard la colline de Fourvicre, le Forum Trajani, appelé ensuite Forum vêtu*. Lyon brilla surtout par son école d'éloquence. Le christianisme s'y établit de bonne heure et y fut prêché par des apôtres de l'Orient : S. Pothin, S. Irénée (v. ces noms dans le Dïct. hist.). Alors sévirent des persécutions terribles, qui firent éclater l'héroïsme des premiers pasteurs et de leurs fidèles : sainte Blandine, etc. Souvent désolée ensuite par les barbares, les inondations, la peste et la famine, Lyon fut pendant quelque temps capitale du royaume de Bourgogne (Ve siècle et après), puis capitale du royaume de Provenca (IXe s.). Au XIe et au XIIe siècle, elle devint à peu près ville libre, entre l'empire et le royaume de France. Elle se mit sous la protection du roi ; et Philippe le Bel la réunit à la couronne en 1312, mais en laissant l'administration du comté à l'archevêque et au chapitre de Saint-Jean, conjointement avec les consuls ou échevins. L'industrie et le commerce lyonnais commencèrent à prospérer surtout à partir de cette époque. La fabrication des étotfes de soie et des draps d'or et d'argent fut introduite par François I. Pendant les guerres de religion, les calvinistes occupèrent la ville de 1560 à 1563 et firent beaucoup de ruines. Elle comptait 200,000 habitants, lorsqu'elle résista, en 1793, aux armées de la Convention, qui la prit, après un siège terrible, et noya la liberté dans le sang. Elle fut à peu près détruite et reçut le nom de Commune-Affranchie. Mais elle se releva sous l'Empire et son industrie prit un grand essor, à partir surtout de l'invention du métier Jacquard. Désolée plusieurs fois par les inondations du Rhône et de la Saône (1840, 1856), elle a construit d'immenses et superbes quais, qui la mettent désormais à l'abri. Parmi ses monuments religieux, avec la primatiale de Saint-Jean, construite déjà en partie à l'époque où Lyon vit les conciles œcuméniques de 1245 et 1274, il faut citer la nouvelle basilique de Fourvière. Lyon a vu s'accroître beaucoup sa pop. au cours du XIXe siècle. Elle était de 300.761 (en 1869) ; 438,077 (en 1891); 466,028 (en 1896). (V. Steyert, Histoire de Lyon, IIIe vol., 1899; Meynis, Grands Souvenirs de l'Eglise de Li/on).
Saône (Haute-). — Formé d'une partie de la Franche-Comté, ce département comprend une région montagneuse et froide (Vosges) et une région de plateaux calcaires. Climats variés. Le point culminant est à 1,189 m.; le plus bas est sur la Saône (186 m.). Les eaux vont à cette rivière. Cultures diverses. Mines et carrières. Industries. La pop. était de 290,954 h. (en 1886) : 280,K56 (en 1891 ) : 272,891 (en 1896). 51 h. par kil. carré.
Saône-et-Loire. — Formé d'une partie de la Bourgogne, ce département comprend des régions
diverses : l'une élevée et froide (Morvan) ; une autre, riche en pâturages (Charolais) ; des coteaux, et enfin une région basse (Bresse). Le point culminant est à 902 m., sur la frontière de la Nièvre ; le plus bas est sur la Saône (169 m.). Les eaux vont au Rhône et à la Loire. Elevage de bestiaux (race charolaise). Vignobles du Maçonnais. Mines de houille à Blanzy, à Montceau-les-Mines, etc. Usine du Creusot, l'une des plus importantes de l'Europe. Eaux thermales à Bourbon-Lancy. Evêché à Autun. Pèlerinage à Paray-le-Monial. La pop. était de 625,8<5 h. (en 18^6) ; 619,523 (en 1891) ; 621,237 (en ls96). 72 h. par kil. carré.
Sarthe. — Formé de parties du Maine, de l'Anjou et du Perche, ce département offre un sol accidenté vers le N. et l'E., ondulé ailleurs et bien arrosé. Le point culminant est à 340 m. ; le plus bas est sur le Loir (20 m.). Toutes les eaux vont à la Loire. Culture et industrie variées. Vins et cidre. Elevage de chevaux ; volailles. Mines et carrières. La pop. était de 436,111 h. (en 1886); 429,737 (en 1891); 425,077 (en 1896). 68 h. par kil. carré.
Savoie. — Formé d'une partie de l'anc. Savoie, ce département est plus élevé en moyenne que celui de la Haute-Savoie, bien que celle-ci renferme les plus hauts sommets. Le point culminant est à 3.861 m. ; le plus bas est sur le Rhône (212 m.). Toutes les eaux vont à ce fleuve. Les climats s'étagent selon l'altitude, depuis les vallées où mûrit le raisin, jusqu'aux glaciers. Pâturages et forêts. Mines et carrières. Eaux minérales à Aixles-Bains, etc. Evêchés à Moutiers, à Saint-Jeande-Maurienne. Archevêché à Chambéry. La pop. était de 267,428 (en 1886) ; 263,297 (en 1891) ; 259,790 (en 1896). 42 par kil. carié.
Savoie (Haute-). — Formé d'une partie de l'ancienne Savoie, ce département situé sur la frontière de la Suisse et de l'Italie, offre des montagnes élevées, entre autres le massif du Mont-Blanc, où se trouve le point culminant de l'Europe (4,810m.). Le point le plus bas est sur le Rhône (250 m.). Climat doux dans les vallées, rigoureux sur les hauteurs. Eaux minérales à Thonon, Saint-Gervais-les- Bains, Evian, etc. La pop. était de 275,018 h. (en 1886) ; 268,267 (en 1891); 265,872(en 1896). 57 h. par kil. carré.
Seine. — Formé d'une petite partie de l'Ile-de- France, ce département ne comprend que Paris et sa banlieue. Le point culminant est le plateau de Châtillon (173 m.) ; le plus bas est sur la Seine (23 m.). Les eaux vont à la Seine directement ou indirectement par la Marne. Climat tempéré. Culture maraîchère. Carrières de plâtre, les plus considérables de France. La pop. était de 2, 961, 089 h. (en 1886); 3,141,595 (en 1891); 3,340.514 (en 1896). 6,558 h. par kil. carré.
Paris. — Né dans l'île de la Seine, Paris fut d'abord la capitale d'une tribu gauloise, les Parisii, et porta le nom de Lutècc (en eelt. Loutouhèzi, habitation au milieu des eaux). Labiénus, lieutenant de César, s'en empara en 52 av. J.-C. et soumit les habitants au tribut. Au siècle suivant, Paris obtint le titre de cité. Constance Chlore y fit bâtir les Thermes, où résida Julien, qui se plaisait dans ce séjour. Paris fut évangélisé vers 250, sinon avant, par S. Denis, son premier évêque, qui fut martyrisé avec S. Rustique et S. Eleuthère. Menacé par les hordes d'Attila, en 451, il fut sauvé par sainte Geneviève, qui devint sa patronne. Capitale de la Neustrie, sous les derniers Mérovingiens, puis d'un simple comté ou duché, Paris résista héroïquement aux Normands qui l'assiégèrent pendant 13 mois, en 885. Il fut dirigé et soutenu par l'évoque Gozlin et le comte Eudes. Avec les Capétiens, qui firent de Paris la capitale de la France, commença une prospérité sans égale. Sous Louis VII, Notre- Dame fut commencée. Philippe- Auguste entoura la