‹ Dictionnaire universel de la penséeChapitre 1 sur 632 · IMPRIMATUR · texte numérisé non relu

IMPRIMATUR

Lugduni, die 8a decembris 1898.

fi

va

BoNNARDET,

Sommaire : Entreprise de l'auteur. — Histoire de cet ouvrage. — Le présent Dictionnaire universel de la pensée. — La partie alphabétique. — La partie logique et encyclopédique. — Quelle sera l'Encyclopédie chrétienne exécutée d'après ce plan. — Phases naturelles de l'Œuvre encyclopédique : le point de départ. — L'Encyclopédie de moyenne étendue. — La grande Encyclopédie chrétienne.

Cet ouvrage n'est pas précisément une réédition de l'un ou l'autre des divers Dictionnaires publiés jusqu'ici par l'auteur; mais il marque un nouvel effort, le plus décisif, dans une entreprise de longue haleine poursuivie depuis trente ans.

Le terme adéquat n'en peut être que Y Encyclopédie chrétienne construite sur un plan logique et incontestable, une Synthèse qui embrasse toutes les analyses de la science contemporaine et les coordonne dans un même ensemble scientifique, philosophique et théologique ; par conséquent, un exposé moderne et intégral des vérités acquises, une démonstration nouvelle du christianisme tirée de cette intégralité même et des témoignages concordants de toutes les connaissances humaines. Car les dictionnaires encyclopédiques qui vont se multipliant chaque année, nous intéressent sans nous suffire ; leur multiplication même est un signe à la fois de leur nécessité et de leur insuffisance. Il nous faudra bien, enfin, allier l'unité et la doctrine des Sommes du moyen âge avec l'ampleur, l'érudition et l'immense variété des Encyclopédies modernes.

C'est en vue de ce but que fut publié, dès 1873, une sorte d'essai et de spécimen, sous ce titre : Dictionnaire de la pensée, Essai sur la Synthèse des sciences et l'Encyclopédie chrétienne (in-4° de 20 p., à deux col. avec tableaux). L'auteur y donnait, pour la première fois, le plan du Dictionnaire logique; il y ajoutait des extraits de son œuvre telle qu'il avait pu l'ébaucher à cette époque. Mgr Dupanloup daigna remarquer ces premiers efforts et les suivants; il les approuva avec bonté, en y joignant de sages conseils. L'auteur ne peut taire non plus qu'il n'a cessé de trouver, auprès de la rédaction de l'Univers, de fraternels encouragements. Quatre ans plus tard, en 1877, il publiait un nouvel essai : Exposé de la synthèse des sciences (in-8 de 100 p., avec tableaux synoptiques). C'était une bi^anche détachée du Dictionnaire logique. Il fut accueilli avec la même bienveillance que le premier, et l'auteur fut invité quelque temps après à occuper la chaire de philosophie scolastique qui venait d'être créée à l'Université catholique de Lyon (1878).

Depuis lors, vingt ans d'enseignement lui ont fait mieux comprendre le caractère philosophique de son entreprise et l'ont rendu peut-être moins incapable de l'accomplir. En 1882, parut le Dictionnaire logique de la langue française, classification naturelle et philosojihique des mots, des idées et des choses (grand in-8 de 800 p., avec tableaux). Cet ouvrage, à la publication duquel s'intéressèrent plusieurs centaines de souscripteurs, fut honoré d'uu bref de Sa Sainteté Léon XIII. 11 comprenait tous les mots de la langue française distribués par groupes etexpliqués par des séries de considérations philosophiques et autres réflexions. Mais les définitions de tous les mots n'avaient pu y entrer, non plus que le dictionnaire historique et géographique. Tout cela fut compris dans le Petit Dictionnaire logique (in-32 de 1.100 p.), destiné principalement à la jeunesse des écoles, qui parut en 1886 et qui offrait, sous forme logique, tous les renseignements qu'on peut demander aux petits dictionnaires classiques. Mais cet ouvrage

n'était pas illustré comme ses rivaux (Larousse, Bénard, Gazier, etc.), et l'ordre logique dans lequel se présentaient les définitions en écartait trop souvent les jeunes élèves. Pour remédier à ce double inconvénient, le Dictionnaire alphabétique et analogique fut publié en 1892, grâce aux Petits Frères de Marie, qui en devinrent les éditeurs et l'admirent dans leur collection de livres classiques universellement appréciée. Mieux accueilli encore que les précédents, ce dictionnaire s'est répandu à près de cinquante mille exemplaires dans un certain nombre d'écoles libres catholiques et surtout dans un public de professeurs et d'écrivains auquel il n'était pas directement destiné. Mais, indépendamment de son utilité propre, il a facilité beaucoup la composition de l'ouvrage présenté aujourd'hui.

Avec le Dictionnaire universel de la pensée, l'œuvre entre dans une phase nouvelle. Elle bénéficie non seulement des dictionnaires précédents, mais encore des travaux philosophiques de l'auteur : Traité de philosophie scolastique (1889, 3 vol.; 1893, 2« éd. ouvrage honoré d'un bref de Sa Sainteté) ; Histoire de la philosophie (1896, 3 vol.) ; Eludes sociales (1897) ; Mélanges de critique, etc. Elle renferme, sous un format commode, deux parties bien distinctes et d'étendue sensiblement égale : 1° la partie alphabétique ; 2° la partie logique et encyclopédique.

La partie alphabétique comprend : toute la partie correspondante du Dictionnaire alphabétique et analogique , plus quelques milliers de mots nouveaux et surtout de noms propres, historiques et géographiques ; des étymologies plus nombreuses et plus exactes, s'il y a lieu ; des explications complémentaires, les plus utiles aux professeurs et aux écrivains. Le lecteur trouvera, à chaque définition, l'indication précise des endroits de la partie logique et encyclopédique qui répondent au mot ou au sens ou à la chose qu'il veut étudier. Ceux qui ont déjà entre les mains le Dictionnaire alphabétique et analogique, ont expérimenté l'utilité de ces références et la facilité des recherches d'après la méthode adoptée.

La partie logique et encyclopédique comprend, pour chaque livre ou série : l'ordre logique des mots, avec des comparaisons nombreuses (analogues, contraires, etc.), que l'on a encore multipliées dans cette édition, et des notes sur les synonymes ; ensuite une série d'articles encyclopédiques. L'ouvrage en compte environ six mille, remplissant plus de douze cents colonnes : c'est la matière de près de dix volumes ordinaires.

Cette petite bibliothèque est comme l'abrégé, le sommaire et le plan de l'Encyclopédie chrétienne. Elle s'ouvre par le nom de Dieu et la théologie, se continue par la métaphysique et la logique, la psychologie, la morale, l'anthropologie, la sociologie, etc. ; les sciences naturelles, physiques, mathématiques ; elle se poursuit dans l'histoire, toute expliquée par l'histoire religieuse, qui est commandée elle-même par le grand fait de l'Incarnation ; elle s'achève avec la géographie des Etats contemporains et des colonies. Les articles qui intéressent la philosophie, l'histoire et les sciences ecclésiastiques y sont traités avec un soin particulier. Mais aucun autre n'y est négligé. L'histoire des contemporains n'est point omise. Ne pouvant songer à fournir des bibliographies très étendues, l'auteur s'est borné d'ordinaire à indiquer, sur les matières les plus importantes, quelques-uns des meilleurs ouvrages : il y en a encore des milliers. Son attention s'est portée surtout sur les plus récents, ceux que les autres répertoires encyclopédiques ne signalent pas encore.

On conçoit maintenant très bien quelle sera l'Encyclopédie chrétienne exécutée d'après ce plan. La partie alphabétique exigerait peu de développement; mais elle devrait comprendre tous les noms scientifiques, ou historiques, ou géographiques que comporte une grande encyclopédie. La partie logique s'augmenterait de la même manière. Il serait facile de compléter les notes sur les synonymes. Ces différentes parties formeraient le premier volume de l'Encyclopédie : il en serait comme la clef. Quant aux articles encyclopédiques, ils formeraient le corps de l'ouvrage : on les multiplierait selon les besoins de la science et le but particulier que l'on se propose, et ils seraient susceptibles de tous les développements utiles.

Pour plus de clarté, voici les phases naturelles de l'œuvre encyclopédique ; elles sont déterminées par ces trois points essentiels : 1° la naissance ou le point de départ ; 2° le milieu ; 3° le dernier terme ou le plein épanouissement. Or le point de départ est marqué dans le présent ouvrage : tout le plan de l'Encyclopédie, en effet, y est tracé; tous les mots de la langue et, par conséquent, tous les instruments élémentaires de la pensée y sont classés, définis et expliqués ; de même tous les éléments de l'histoire et de la géographie ; en outre, six mille articles encyclopédiques dessinent tout le corps de l'œuvre. Elle existe donc déjà avec tous ses principes essentiels, mais ils ne sont pas développés. C'est un corps organisé et vivant,

mais dont les membres n'ont pas encore — loin de là ! — les proportions matérielles voulues; tous les organes principaux y sont accusés plus ou moins fortement, selon leur importance, de même que le sont, par exemple, dans l'être vivant qui est en voie de naître, le cœur, la colonne vertébrale, la tête, les yeux, l'estomac, etc., mais d'autres organes sont à peine indiqués, qui devront grandir étonnamment. Cette Encyclopédie élémentaire n'est donc pas précisément une réduction ou miniature d'une encyclopédie plus étendue : elle en est le germe, ou plutôt l'embryon parfaitement spécifié. Elle contient donc déjà toute l'âme, tout l'esprit de l'Encyclopédie future et complète qui en sortira.

En continuant cette comparaison si juste, qui nous est fournie par la nature, l'Encyclopédie devra donc se développer de deux manières : en multipliant ses articles, qui sont comme ses organes ; en étendant chacun de ses articles autant que le comportent les connaissances actuelles et le point de vue où l'on se place. S'il s'agit d'une encyclopédie de moyenne étendue, celle qui suffit dans la plupart des cas et au plus grand nombre des travailleurs, environ cinquante mille articles, dont la plupart se réduiront à quelques brèves indications, paraîtront suffisants. Ils formeront, avec le Dictionnaire alphabétique servant d'introduction, six à huit volumes gr. in-8 à deux colonnes, ou un plus grand nombre de volumes de format moindre, ou même de formats variés selon les matières, avec des illustrations intercalées dans le texte, ou réunies ensemble, de même que les cartes géographiques.

A ce deuxième degré de son développement, l'Encyclopédie forme déjà une bibliothèque universelle et bien proportionnée. Elle sera d'autant plus utile sous sa forme logique, qu'il sera plus facile de la consulter et de connaître immédiatement toutes ses ressources sur chaque sujet déterminé. Car le grand défaut commun jusqu'ici à tous les monuments encyclopédiques, sans compter qu'ils manquent d'unité doctrinale et d'architecture, c'est de cacher plus ou moins, comme le feraient des labyrinthes, tous les trésors de connaissances qu'ils renferment. On y entre au hasard, par toutes les portes ; mais comment en sortir? Comment surtout s'y diriger ?

Enfin, au troisième et dernier terme de son développement, l'Encyclopédie embrasserait toutes les connaissances générales et toutes les connaissances particulières explorées par les savants contemporains; elle exprimerait adéquatement le savoir humain à notre époque, à l'aurore du xxe siècle.

11 va sans dire que les travaux de ce genre ne peuvent être accomplis que par une collectivité. Aussi l'auteur du présent ouvrage compte-t-il faire appel bientôt à une société de savants catholiques. Ensemble ils construiront d'abord cette Encyclopédie de moyenne étendue, dont l'exécution sera rendue si facile et si prompte par la publication du Dictionnaire universel de la pensée. La grande Encyclopédie chrétienne naîtra ensuite de la seconde, comme la seconde sera née de la première.

^Bi^E'viA.Tionsrs

adj.

adv.

affl.

ail.

anal.

anat.

anc.

angl.

ar.

arc hit.

arithm.

arr.

art.

astr.

auj.

blas.

bot.

cap.

celt.

cf. ou cp.

ch.-I.

chim.

chir.

conj.

dénigr.

dép.

didact.

emp.

esc.

esp.

ex.

ext.

fam.

fèm.

fi9-

fi.

gèogr.

gèol.

gêom.

gram.

hèbr.

hist.

imp.

impr.

adjectif.

adverbe.

affluent.

allemand.

analogie.

anatomie.

ancien.

anglais.

arabe.

architecture.

arithmétique.

arrondissement.

article.

astronomie.

aujourd'hui.

blason.

botanique.

canton ou comme.

capitale .

celtique.

conférer, comparer.

chef-lieu.

chimie.

chirurgie.

conjonction.

dénigrement.

département.

didactique.

empire ou empereur.

escrime.

espagnol.

exemple.

extension.

France.

familier.

féminin.

figuré ou figure.

lleuve.

grec.

géographie.

géologie.

géométrie.

grammaire.

habitant.

hébreu.

histoire.

impersonnel.

imprimerie.

interj.

interjection.

inv.

invariable.

irr.

irrégulier.

it. ou ital.

italien.

jur. ou jurisp.

jurisprudence.

k. ou kil.

kilomètre.

Page 1