Isa
§ 3. — Recevoir avec plaisir la nourriture spirituelle. Isa. 55. v. 1. 2. Comedite, cornedite bonum : Nourrissez- vous de la bonne nourriture. Cette bonne nourriture est la grâce du Sauveur , marquée ici par le vin et par le lait, et qui est marquée par le pain. Prov. 9. 5. Venite, comedite panem meum : Venez, mangez le pain que je vous donne; l'Eglise applique ce pain à la nourriture de l'Eucharistie. Ainsi, Comedere sermones Dei, c'est se nourrir de la parole de Dieu. Jerem.
13. 1G. Intenti sunt sermones tui, et comedi eos : J'ai trouvé vos paroles, et je m'en suis nourri. Ezech. 2. 8. c. 3. v. 3. 4. Apoc. 2. 9. 10.
§4. — Consumer, user, ronger. Jac. 5. 2. Vestitnenta vestra a tineis comesta sunt: Les vers mangenlles vêtements que vous avez en réserve ; l'apôtre blâme ici les riches, le devoir des quels ou peut voir Lue, 3. 11. Job. 30. 18. Qui me comedunt, non dormiunt ; i. e. les l'ers qui me dévorent , ne dorment point. Ps. 68. 10. Zelus domus tuœ comedit me : Jésus-Christ était comme brûlé du zèle de rétablir le bon ordre pour conserver l'honneur et le respect qui était dû au temple de Jérusalem , que Dieu avait choisi pour sa demeure. Voy. saint Jean, 2. v. 14. 15. 16. 17.
§ 5. — Piller, ruiner. Jerem. 50. v. 17. Privais comedit eum rex Assyrius : Le roi des Assyriens (se. Salmanasar ou Senuachérib) a dévoré Israël le premier, c. 51. 34. Ps. 78. 8. Nahum. 3. 12. Prov. 30. 14. Ose. 7. 9. c. 11. (i. Matin. 23. 14. La mélaphore est tirée des bêles farouches, comme il se voit. Ezech. 19. 3. Dan. 7. v. 5. 7. 9. Cumcde carnes plurimas : Rassasiez -vous de carnage. Celte seconde bêle représentait l'empire des Perses, qui se soumit plusieurs royaumes.
g 6. — Offenser, faire toit, déchirer par in-
jures et médisances. Gai. 5. 15. Si invicem mordetù et comtdîliaJxmttSUvù : Si vous vous mordez et dévorez les uns les autres; ici. piordrc, c'est faire de moindres injures, et dévorer, c'est en fairo de plus grandes; «c verbe est en ce sens dans Térence, Eunuc. Jlunc comedendum et deridendum vobis propino. La métaphore est tirée des bêtes carnassières et cruelles.
Phrases Urées de cette signification.
Comedere pancm suum, manger de son pain c'est gagner sa vie de son travail, de sa peine* et de ses soins. Isa. 4. 1. Panem noslrum comedemus : Nous nous nourrirons nousmêmes. Le Prophète , par cette proposition, que plusieurs femmes feront à un seul Juif' qu'il les épouse , et qu'elles gagneront leur" vie sans lui être à charge, marque la grande défaite d'hommes qui devait arriver par le roi de Syrie. Voy. 2. Par. 28. v. 6. 8. Ainsi Prov. 31. 27.
Comedere panem impietatis , se nourrir du pain de son impiété , c'est vivre de rapines, d'injustices et des torts faits à son prochain! Prov. 4. 17. Comedunt panem impietatis : Les impies se nourrissent du pain de l'impiété. Voy. v. 14.
Comedere peccata phpuli , se nourrir des péchés du peuple , c'est s'enrichir et fairo bonne chère des sacrifices offerts pour les péchés du peuple. Ose. 4. 8. Peccata populi mei comedent : Les prêtres se nourrissent des péchés de mon peuple. Dieu se plaint qu'ils étaient bien aises que le peuple offrît beaucoup de sacrifices, parce qu'ils en profitaient, et cette vue faisait qu'ils ne portaient pas le' peuple à se convertir de leurs péchés.
Comedere cibos lugenlium. Manger des viandes qu'on donne à ceux qui sont dans le deuil, c'est recevoir de la consolation de la mort de ses proches, souffrir qu'on nous en console. Ezech. 24. 17. Nec cibos lugenlium comedes : A la mort de votre femme vous ne mangerez point de viandes, qu'on donne à ceux qui sont dans le deuil. Celle situation du prophète était la figure de celle où seraient les Juifs au temps de leur désolation, qui n'auraient pas alors loisir de pleurer leurs parents et amis. v. 22. Et facietis sicut feci... cibos lugentium non comedetis : Vous ferez comme j'ai fait: vous ne mangerez point des viandes qu'on donne à ceux qui sont dans le deuil. Voy. Logens.
Comedere de ovis aspidum. Manger des œufs d'aspic, c'est avoir part aux noirs desseins des méchants. Isa. 59. 5. Qui comederit de ovis eorum, morielur: Celui qui mangera de ces œufs d'aspic, en mourra.
Comedere fructus vice suœ, frugem mendacii. Comedere fruclum adinvenlionum suarum. — 1° Manger le fruil de sa voie, c'est recevoir la punition que méritent ses mauvaises actions (eS^Êat). Prov. 1. 31. Cornedent igitur fructus vue suœ : Les pécheurs mangeront du fruit de leur voie. c. 18. 21 : Qui diligunt eam , comedent fructus ejus . Ceux qui l'aiment ( il parle de la langue), mangeront de ses fruits; i. e. ceux 'jui ai-
DICTIONiNAIIU; DE PHILOLOGIE SACREE.
ment à parler beaucoup, seront punis des fautes <|ui sont ordinaires aux grands parleurs Ose 10. 13. Comedisii frugem mendacii : Vous vous êtes nourris du fruit du mensonge; i.e. puisque vous avez agi avec tromperie et mensonge, vous en porterez aussi la peine; ou, selon d'autres, vous vous trouverez trompés de votre travail, qui était fondé sur le mensonge, dans l'espérance que vos idoles vous rendraient heureux. — 2° Manger, recueillir le fruit de ses œuvres, s'entend en bonne part; i. e. recevoir la récompense de ses bonnes œuvres. Isa. 3. 10. Dicile justo quoniam bene, quoniim fructum adinventionnm suarum comedei : Dites au Juste qu'il espère bien, parce qu'il recueillera le fruit de ses œuvres.
Comedere fructus agrorum lerrœ. Manger des fruits d'une terre, c'est demeurer cl habiter dans un pays fertile, en y vivant des fruits qu'on y cultive, et qui y croissent. Peut. 32. 13. Cnnstituit eum super excelsam terram, ut comederet fructus agrorum : Dieu a établi le peuple d'Israël dans un excellent pays pour y manger les fruits de la terre.
Comedere melet oleum. Se nourrir et vivre délicatement, faire bonne chère. Ezech. 16. 13. Mel et oleum comedisti : ( Jérusalem ) vous avez mangé du miel et de l'huile.
Comedere butyrum et mel. Manger le beurre et le miel, c'est vivre d'une manière commune et ordinaire, et être nourri et élevé comme les autres hommes. Isa. 7. 15. Butyrum et mel comedet : Le Fils de celle Vierge; t. e. Jésus-Christ mangera le beurre et le miel; i. e. sera nourri comme les autres enfants. Voy. Butyrcm.
Comedere cum aliquo. Manger avec quelqu'un, à sa table, c'est vivre familièrement avec lui comme avec son intime ami, avoir alliance avec lui. Abd. 7. Qui comedunt tecum, ponent insidias subter le : Ceux qui mangeaient à votre table vous ont dressé des embûches. Le Prophète parle des Assyriens, qui devaient venir contre les Iduméens, quoique ces deux peuples eussent été autrefois alliés contre- le peuple juif. Dan. 11. 26. Ainsi, Isa. 11. 7. c. 05. 2b. Léo quasi bos co~ medet paleas : Le lion mangera la paille comme le bœuf; i. e. au temps du Messie, les personnes qui étaient autrefois les plus Gères et les plus hautaines, après leur conversion, vivront en grande intelligence avec les fidèles qui sont paisibles. Voy. Léo.
Comedere et bibere. Manger cl boire marquent :
1 Etre en vie et en bonne santé. Exod. 24. 11. Vider unique Deum, et comederuntac biberunt.Voy. ci-dessus, n. 1.
2U Manger , faire festin avec grande réjouissance. l.Rcg. 30. 16. Ecce ilti discumbebunt... comedenles et bibenles: Ils trouvèrent les Amaléciles mangeant et buvant , et faisant une grande fêle. David les trouva qui goûtaient le plaisir des dépouilles qu'ils venaient d'enlever de Sicéleg. 2. lleg. 11.11. 3. Ileg. 4. 20. c. !8. il. 4. Keg. (i. 23. etc. Ainsi, l'oubli de manger, ou ne poinl manger, marque une grande affliction, Ps. 101.
5. Oblitus sum comeuere panein meum .J'ai ou» blié de manger mon pain. 1. Reg. 20. 34. c. 1.8. c. 28. v.20. 23.
3° Vivre gaiement et dans la prospérité. Eecl. 2. 24. Nonne melius est comedere el bibere, et ostenilere animœ suœ bonude laboribliê suis : Ne vaut-il pas mieux manger et boire, el faire du bien à son âme du fruit de ses travaux ; se. qu'en travaillant de se refuser le nécessaire pour amasser, c. 5. 18. c.8. 5. Isa. 65. 13. Je rem. 22. 15.
k° Se divertir, s'abandonner à la débauche. Isa. 22. 13. Gaudiwn cl Iwtitia... comedere carnes et bibere vinum : Vous ne penserez qu'à manger de la chair et à boire du vin. Comedamus et bibamus, cras enim moriemur ■ Nos prophètes disent que nous mourrons bientôt : divertissons-nous donc autant que nous pourrons dans le peu de temps que nous avons, disaient les impies entre les Juifs, c. 21. 5. Luc. 12. 19.
5° Vivre comme les autres el avec eux sans distinction , manger aux heures ordinaires, ne point jeûner. Voy. Luc. 7. 34.
Comedere et tergere os suum. Manger et essuyer sa bouche, c'est faire le mal, et le dissimuler ians qu'il y paraisse. Prov.30.20. Talis est et via mulieris adultérée quœ comedil, et tergens os suum dicit:Non sum operala malum : Telle est la voie de la femme adultère, qui, après avoir mangé, s'essuie la bourbe, et dit : Je n'ai point fait de mal. Elles contrefont les honnêtes femmes, et nienl hardiment qu'elles aient fait de mal, parce qu'il ne paraît point.
Comedere carnes suas. Manger sa propre chair, c'est laisser consumer ses entrailles faute d'avoir de quoi manger; se faire mourir de faim plutôt que de travailler. Eccl. 4. a. Stultus complicat manus suas, et comedil carnes suas : Il y en a d'assez fous pour mettre leurs mains l'une dans l'autre, et manger leur propre chair.
Comedere mane. Etre déréglé, se donner à ses plaisirs, et à la bonne chère, au lieu de s'acquiter de sa charge. Eccl. 10. 16. Vœ tibi, terra... cujus principes mane comedunt : Malheur à toi, terre, dont les princes mangent dès le malin ; se. dans le temps où ils devraient rendre la justice au peuple.
COMES, itis. De cum, et du verbe eo , cl signifie :
1" Qui accompagne, ou qui esl à la suite de quelqu'un (i fiera) Gen. 24. 50. Dimiserunt ergo eam, et nutricem illius, servumqut Abraham, et comités ejus : Bathuel et Laban laissèrent aller Rébecca, accompagnée de sa nourrice, avec le serviteur d'Abraham, et ceux qui l'avaient suivi : Rébecca allait pour épouser Isaac. Jerem. 40. 9. 2. Mach. 14, 18. Act. 22. 11.
2" Compagnon de voyage (auvézSn/xof). Acl. 19. 29. Raplo Gaio et... comitibus Pauli : Ceux «lu métier de Démélrius ayant entendu de lui le danger que courait leur métier, et le culte de Diane, à cause de la doctrine de saint Paul, entraînèrent Gains et Arislarqne, Macédoniens, qui avaient accompagné sain!
COM
COM
Paul dans son voyage; se. an théâtre devant le peuple assemblé. 2. Cor. 8. 19.
3" (ii and seigneur de la cour d'un prince. 2. Mach. ■'»•. 31. Uelicto tuffeeto ttuo ex comitibus suis Andronico : Antiochus, surnommé l'Illustre, laissa pour son lieutenant un des grands de sa cour, nommé Andronique; se. pendant qu'il allait pour apaiser la sédition des deux villes de Thorse et de Mallo. De rouies, comme qui dirait comte ou baron, vient comitatus; la cour d'un prince dans les auteurs ecclésiastiques.
4-" Général d'armée. 2. Reg. 20. 11. Ecce qui esse voluit pro Joab Cornes David : Voilà celui qui voulait être général de David , au lieu de Joab, disent les gens de Joab, d'Amasa qui venait d'être tué par Joab. Hebr. Qui aime Joab, et qui est pour David, suive Joab.
5" Qui dure, qui subsiste. Gen. 18. 14. Revertar ad le hoc eodem tentpore vita comité : Je vous reviendrai voir dans un an en ce même temps ; je vous trouverai tous deux en vie, dit le Seigneur à Abraham et à Sara, lui promettant la naissance d'Isaac. v. 10. 4. Reg. 4. 16. In hac eadem h or a si vita cornes fuerit, habebis in utero fil i um : A celte même heure, si Dieu vous conserve la vie, vous aurez un fils dans vos entrailles, dit Elisée à la femme considérable de S imam.
COMESSATIO, nis. Repas de dissolution , débauche (xcifioj). Prov. 23. 20. Noli esse m comessationibus eorum qui carnes ad vescendum conferunt : Ne vous trouvez point dans les débauches de ceux qui apportent des viandes pour manger ensemble. Deut. 21.20. Filius noster comessationibus vacat : Notre fils passe sa vie dans les débauches : c'est ici la formule dont un père et une mère accusaient un fils opiniâtre et rebelle, devant le peuple. 2. Mach. 6. 4. Rom. 13. 13. Gai. 5. 21. l.Petr.4. 3.
CO.MESSATOR, is. Gourmand, débauché.
Prov. 28. 7i Qui comessatores (LXX ào-wriav) pascit : Celui qui nourrit des gens de bonne chère.
COMESTOR, is. Qui mange, qui dévore.
Sap. 12. 5. Comestores viscerum hominum (trn\ay%vo<fàyoç) : Les anciens habitants de la Terre-Sainte se repaissaient de la chair des hommes. Le Sage marque ici tous les crimes pour lesquels Dieu a détruit ces peuples, en y faisant succéder les Israélites.
COM1NUS. Cet adverbe, que les Anciens écrivaient comminus , vient de manus, cl signifie :
De près, de main à main, en parlant de ceux qui se battent. 3. Reg. 20. 39. Servus tuas egressus est ad prœliandum continus : Voire serviteur s'était avancépourcombattre les ennemis de près , dit l'un des prophètes à Achab, s'étant rendu méconnaissable. 2.
Mach. 5. v. 3. 8. 13.
COMITARI, àwXoufisïï. Ce verbe vient de cornes, ilis, et se mel dans l'Ecriture avec ci»?», et l'ablatif; et régit le datif, aussi bien que l'accusatif.
1° Accompagner quelqu'un, par exemple dans un voyage. Tob. 5.21. Angélus ejus comitclur vobiscum : Que l'ange de Dieu vous
accompagne toujours, dit le père de Tobie à son bis et à l'ange Raphaël, les envoyant chez Gatiélus. v. 27. Credo quod Angélus i)ci bonus comiletur ei : Je crois que le bon ange de Dieu l'accompagne. Act. 9. 7. c. 10. 23. Act. 20. 4. Comitatus est eumSoputer : Paul fut accompagné par Snpatre; Or. jusqu'en Asie ; c'est-à-dire jusqu'en Jérusalem. 2. Mach. 24. etc.
2" Converser familièrement, être souvent avec quelqu'un (npovctyuv). Eccli. 12. i'.i.Quis miserebitur incantatori a serpente percusso... sic qui comitatur cum viro iniquo : Qui aura pitié de l'enchanteur, lorsqu'il sera piqué par le serpent? Ainsi on n'en aura point de celui qui s'unit avec le méchant, et qui se trouve enveloppé dans ses péchés.
COMITATUS, us. — 1° Compagnie, troupe de gens qui accompagnent ou qui sont à la suite de quelqu'un. Gen. 50. v. 9. 14. Habuit quoque in comitatu currus et équités : Joseph, dans le voyage qu'il fit pour aller ensevelir son père, eut à sa suite des chariots et des cavaliers qui le suivirent. — 2°Compagnie de gens qui font voyage ensemble (aovoSia). Luc. 2. 44. Existimanles autem illum esse in comitatu : Le père et la mère de Jésus-Christ, qui était resté à Jérusalem sans qu'ils le sussent, s'en retournant chez eux de Jérusalem sans lui, et pensant quil serait avec quelqu'un de ceux de leur compagnie..., le cherchaient parmi leurs parents, elc.
COMMACULARE. — 1» Souiller, rendre impur, d'une impureté légale. Num. 19. 7. Cornmaculatusque erit usque ad vesperum .Le prê- Ire sera impur jusqu'au soir. — 2° Violer, profaner une chose sacrée ((3sg«>o0v). Jerem. 34-. 16. Commaculaslis nomen meum : Vous avez violé l'alliance que vous aviez faite en mon nom , par laquelle vous étiez convenus de renvoyer libres vos esclaves, et vous les avez repris sous le joug. Esth. 16. 10. Aman pietatem nostram sua crudelitate convnaculans : Aman qui a voulu déshonorer notre clémence par sa cruauté : Artaxerxès attribue à la cruauté d'Aman les premières lettres du roi, qui avaient été publiées contre les Juifs, el qu'il révoque.
COMMANDITE, xaTt<r8Î5iv. — Ce verbe inusité, composé de cum et de mandere, mâcher, signifie:
Manger lout ensemble, briser en mâchant; dans l'Ecriture il se prend par métaphore pour perdre, opprimer, ruiner. Prov. 30. 1+. Commandit molaribus suis : Il y a une race qui.au lieu de dents, a des épées, qui se sert de ses dents pour déchirer el pour dévorer ceux qui n'ont rien sur la terre : Salomon décrit la cruauté des riches avares, qui oppriment les pauvres, et les réduisent à la dernière extrémité, comme on brise avec les dents un morceau de pain que l'on mange.
COMMANDUCARE, P«<7<7«v. De manducare.
et signifie proprement, mâcher avecles dents; dans l'Ecrilure:
Mordre, ronger. Apoc. 16. 10. Comnwnducaverunt linguas suas prœ dolore -Les hommes se voyant tourmentés par l'ardeur du
feu, se rongeront la langue ; celle expression marque une douleur extrême qui rend furieux.
CO.MMEARE , xxzunopevtaBw. Passer d'un pays en un autre, faire voyage. 2. Mach. 11. «JO. //is iijiiur qui çommeqnt... damus dextras securitat is : Noos donnons un passeport pour ceux qui voudront venir; ce qu'Antiochus écrit au sénat des Juifs qui désiraient aller pour conférer avec les Juifs qui étaient auprès du roi, sur ce qui regardait la conservation de leurs droits et de leur religion.
COMMEMofïARE. Fair entien ; dans
l'Ecriture : — 1 Représenter, faire souvenir (pvâvj Ael. 10. .'!!. Eleemosyncç tuœ commemorutie sunt in conspectu Del : Dieu s'est souvenu de vos aumônes, dit l'auge à Corneille. Sap. 18. 22. — 2° Repasser en soi-même, méditer (loyiÇeabzi). Sap. 8. 17. Hœc commémorons in corde mro : Ayant médité ces choses dans mon cœur; se. tous les avantages de la sagesse.
COMMEMORARI, dépon. prônai. Ce verbe n'est pas en usage chez les auteurs latins comme déponent ; dans l'Ecriture, il signifie étant joint avec le génitif.
' 1° Se souvenir de quelqu'un. Eccli. 33. 17. In die tribulaliunis commemorabitur lui .Dieu se souviendra de vous au jourde l'affliction ; savoir, en vous secourant alors : L'Ecriture parle des récompenses des enfants, pour la charité qu'ils auront exercée envers leurs pères et mères.
2' Faire mention de quelque chose, marquer quelque chose. Eccli. 49. 11. Commémorât us est inimicorum in imbre : Ezéchiel a marqué par une pluie ce qui devait arriver aux ennemis du Seigneur. L'auteur de l'Ecclésiastique témoigne que les torrents de pluie dont il est parlé dans Ezéchiel, 13. 13. figuraient la vengeance que Dieu devait tirer de ses ennemis. Ce verbe étant joint avec l'accusatif, signifie :
3" Découvrir, ressentir, reconnaître {q-r/uv<u). Barucli. 23. Yiam sapicnliœ nescierunt, neque commémorait sunt semitas ejus : Les Ismaélites qui ne sont que des conteurs de fables, n'ont point connu la voie de la vraie sagesse, et n'en ont pu découvrir les traces et les sentiers. Sap. 11. IV. Commémorait sunt Dominum : Les Egyptiens ayant appris que ce qui avait fait leur tourment était devenu un bien pour les autres, ils commencèrent à reconnaître le Seigneur. Le Sage parle des eaux de l'Egypte, qui ayant été changées en sang, au lieu d'élancher la soif des Egyptiens, les faisaient mourir ; et .Moïse au contraire fit sortir des eaux de la pierre pour désaltérer les Israélites.
COMMEMORATIO, sis. c^v^,-.- 1 Souvenir de quelque chose. Sap. 10. G. Siijnuin liabentcs salutis ad commemoralionem mandait leyistuœ: Vous donnâtes aux Israélites un signe de salut, pour les faire souvenir des commandements de votre loi : le Sage a on vue le serpent d'airain que fil Moïse. Voy. Nom. 21. 8. Ainsi, Sap. 19. V.
j 2 Mémoire et souvenir, tel qu'il n'exclue point la présente de la chose dont on fuit
mémoire. Luc. 22. 19. Hoc. facile in metim commemoralionem : Faites ceci en mémoire de moi, dit Jésus-Christ consacrant son sacre corps sous les espèces du pain, et communiant ses apôtres. Le Grec porte, in met rememorationem, pour renouveler et représenter ma passion, se. d'une manière non sanglante.
Façon de parler.
Commcmoratio peccatorum. La mémoire des péchés; c'était la confession publique qui se faisait tous les ans des péchés parmi les Juifs sous l'ancienne loi. Heb. 10. 8. In ipsis commcmoratio peccatorum par singulos annos fit : Sous la loi, on renouvelle tous les ans |,i mémoire et la confession des mêmes péchés à expier, parce que l'ancienne loi n'avait pas la vertu de les remettre; et saint Paul a en vue ce qui est dit, Levit. 16. 21. Num. 19. 4. etc.
COMMENDARE, fr«m.r»s<T8«i. — 1 Recommander, confier quelque chose comme un dépôt entre les mains de quelqu'un pour le garder avec soin. Ps. 30. G. Luc. 23. 46. In manus tuas commendo spiritum meum : Je remets mon âme entre vos mains, ce que dit David étant assiégé de tant d'ennemis; il le disait comme s'il eût été à l'heure de la mort dans le danger où il était, et il était la figure de Jésus-Christ, qui dit ces paroles à son Père en mourant. 1. Petr. 4. 19. Ainsi, Luc. 12. 48. Cui commendaverunt mullumplus pètent ab eo : On fera rendre un plus grand compte à celui à qui on aura confié plus de choses.
2° Louer, estimer, approuver (wnaxi.vut). 2. Cor 10. 18. Non enim qui seipsum commendat, ille probatus est : Ce n'est pas celui qui se loue lui-même qui est louable, mais celui qui est tel au jugement de Dieu. c. 3. 1. c.