‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts (volume 2)Chapitre 304 sur 508 · BEST · texte numérisé non relu

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lion, et d’où elle* dôbordeut par Pt- flot de leur trop grande accumulation , il suffit de percer quelques trous de sonde au travers des glaises. Si les eaux proviennent de rinfériorité du niveau des terres par rapport à celles qui les entourent, on perce au centre un puisard dans lequel ou fait jouer la sonde jusau’A ce qu’elle ait atteint un terrain perméable ou de nature à absorber les eaux; ou établit ensuite des fossés ou de t coulisses qui facilitent l’écoulemont des eaux vers ce puisard. Si les marais A dessécher sout au-dessous de tous les cours d’eau voisins, il ne reste plus qu'a recourir aux méthodes d'épuisement par les machines, telles que machines à vapeur, moulins A vent, vis d’Archimède, etc. : c’est ce qu’on fait aujourd'hui pour la mer de Harlem. — Dans certains ras, le deseéchemcul peut s’opérer par le simple remblaiement , oar des connûtes, ou par des canaux de dérivation. Vou. ces mots.

Ce fut Heuri IV qui s’occupa le premier du dessèchement des marais : il obligea les propriétaires A céder leurs marais a l’Etat sur une estimation amiable ou par experts (1607). Les réclamatious des propriétaires firent j-enlrc tout le fruit qu'on pouvait attendre de ces dispositions et amenèrent l edit de 17t>4, qui exempta peudant 20 ans de toutes tailles, impositions et dîmes ceux qui conseuti raient à faire des dessèchements. Cet édit étaot également resté sans succès , l’Assemblée constituante, par la loi du 5 janvier 1791, confia ce dessèchement A l’Etat, a défaut des propriétaires, et à la charge de les indemniser. Cette loi n’ayaut elle-même produit que dus résultats insignifiants, Napoléon, par la loi du IG septembre 1807, eucore en vigueur, attribua au gouvernement le droit exclusif d’opérer les dessèchements ou de conférer ce droit A des concessionnaires. DESSERVANT. Voy. curé.

DESSICCATIFS, remèdes qui dessèchent les plaies, en empêchant la sécrétion du pus, ou en l’obsorbaul A mesure qu’il se montre : on emploie la poudre de lycopode, la charpie sèche, quand il suffit d'absorber le pus; la charpie imprégnée d’uue liqueur styptique , la poudre Je tan , quand il faut des astringents.

DESSICCATION, opération dont le but est d’enlever aux corps l’humidité superflue qu’ils renferment. On dessèche les plantes pour faire les herbiers en les pressant et enlevant les parties aqueuses quelles renferment. Four les matières végétales succulentes, destinées à être employées eu Pharmacie ou à être conservées, on les soumet à uue température de 30 A 35 degrés. D'autres fois on expose les substances que l’on veut dessécher à un courant d’air sec qui s'empare de l’humidité. On desseclie l’air et les gax en les mettant en contact avec du chlorure de calcium ou de la notasse caustique. Voy. siccatif.

DESSIN (du latin desiynare , tracer). Cet art. qui s précédé la peinture, la sculpture et l’architecture , leur sert à tous de fondeineut : c’est ce qui leur a fait donner le nom commun d ‘Arts du dessin.

Pour les procédés employés dans le dessin, ou distingue : le u. au crayon , fait avec de la sanguine, de la pierre noire d’Italie, de la mine de plomb, des crayons noirs artificiels, etc.; le D. à ta plume; le D. à l'estompe; le D. lithographique , exécuté sur pierre et dont on peut multiplier le* épreuves ; le D. au pastel, exécuté avec des crayons diversement colorés.

Sous le rapport de l’exécution , on distingue : les esquisses ou croquis , premier jet de l’imagination ; les D. arrêtés, où l’artiste a retouché, rectifié et soigné dans toutes ses parties un premier travail; les études, fragments dessinés d’apres nature, pour les faire entrer dans uue composition; Us académies , figures entières, faites d'après le modèle vivant ou d’après la bosse ; les cartons, dessins faits sur papier fort, dans la dimension des figures que l’on veut peindre, et pour lesquelles ils servent de modèle; les

l). outrait, simple tracé des contours, «ans ombres; les D. ombrés, où les ombres sont exprimées à l'aide du crayon par des hachures II*, hachés), par des point* [D. graines), ou par des teintes plus ou moins foncées, A l’aidé de 1’estouipo ou du pinceau [D. estompés ou lavés) ; le D. linéaire et artistique, qui représente avec un simple trait les objets de la nature ou les produits des arts : il se divise en 1). linéaire à vue , qui s’exécute au crayon ou à la plume, sans le secours des instruments mathématiques; et D. linéaire graphique, qui s'exécute avec la règle, le compas, le rapporteur et autres instruments; il exige des connaissances en géométrie : aussi l’appelle-t-on souvent D. géométrique.

On a inventé un grand nombre d’instruments plus ou moins ingéuieux pour reproduire un tracé exact des objets et remplacer le dessiu à la main : tels sout le panotrace , le pantographe , le diagraphe , etc. [Vou. ces mots). La chambre obscure, la chambre claire , le daguerréotype peuvent aussi être rangés parmi les instruments de ce genre.

Les Grecs faisaient honneur de l'invention du dessin à Dihutade, jeune fille de Sieyone,qui, pour conserver l’image de son arnaut , traça sur un mur les contours du profil qu’v projetait son ombre [Voy. silhouette) . L'histoire du dessin se confond avec celle de la peinture, dont il est la iwirtic fondamentale [Voy. peinture) . 11 suffira de dire ici que parmi les écoles de peinture, celles qui oui acquis le plus du célébrité pour le dessin sont l'école de Raphaël ou école romaine, ut après elle l'école française uu temps de l'Empire, dont David est le chef.

Des systèmes fort différents se sont produits sur l'enseignement du dessin : les uns le bornent A la copie de dessins donnés pour modèles; les autres veulent que l'on débute par la reprèsentatiou des objets réels. Parmi les ouvrages élémentaires sur le dessin , on remarque : la Sience du dessin, par

L. Vallée, 1838, 2e édit.; Perspective linéaire simplifiée, par Mœ* Adèle Le Dreton, 1828; les Cours de /). linéaire de Bouillon, de Lainottc ; les méthodes classiques de M . Dupuis, de M Thénot, etc. On peut eu outre consulter le Parnl/èle'des diverses méthodes de dessin. t\c Ch. Normand, 1833, elle savant Rapport de

M. F. Ravaisson sur l’enseignement du dessin. 1853.

Législation. Aucuns dessins, gravures, estampes,

emhlemes, ne peuvent être publiés sans l’aulorisatiou du ministre de l'intérieur a Paris et des préfets dans les départements.— En cas de coutravuuüou, les dessins, etc., pourront être confisqués, et le publicaleur sera condamné par les tribuuaux correctionnels A uu emprisonnement d'un mois A uu an et A une amende de 100 fr. A 1,000 fr., sans préjudice des poursuites auxquelles pourraient donner lieu lesdits objets (Loi du 9 septembre 1835, art. 20).

DESSINATEUR. Ce nom, qui en géuéral convient A tout artiste qui se livre A l'art du dessin, s'applique spécialement aux artistes qu’emploient les architectes pour mettre leurs plans au net et en faire des copies ou des extraits , et A ceux qui , dans les fabriques et manufactures d'objets où le dessin entre pour quelque chose, sont chargés de fournir les dessins, lus patrons, les modèles dont ces établissements ont besoin : il y a des Dessinateurs en bijouterie, en broderie , en tapisserie ; des D. de dentelle, des D. pour chiites, pour tapis, itour éventails, pour papiers peints ; des D. sur étoffes, des D. de jardins. La France excelle pur son goût en ce genre, et ses modèles de dessins sout partout recherchés.

DESSUS, U"in qu’on doune en Musique aux parti-s les plus aigues en général , et spécialement a la plus aiguë des parties vocales ; le dessus est chantpar les femmes, par les uufauts, et par les sopranos italiens. Lorsqu'il y a deux parties aigues dans la musique, on les divise eu premier et eu second dessus.

DESTIN (du latin oestinatum , fixé), eucluluc-

DETE

I)ETT

menl nécessaire de* événements , dont les Païens avaient fait une divinité supérieure a tous leurs autres dieux. L'idée d’uu destin irrésistible contre lequel l’homme lutte en vain domine dans toute la tragédie grecque. — Voy. fatalisme.

DESTRIER (du latin dextra, main droite), vieux mot qui désignait un cheval de main ou de bataille. Ce nom vient probablement de l’usage qu’avaient les chevaliers de se foire suivre au combat de chevaux de rechange , que leurs écuyers menaient à dextre, c'est-à-dire à la main.

DETACHE* en italien staccato, se dit en Musique d'un mode d’exécution des Instruments ou de la voix, dans lequel on sépare les sons par une émission brève et non prolongée : c’est l’opposé du lié.

DETAIL. Dans les Arts, ce mol désigne les objets qui peuveut être supprimés sans nuire à l'ensemble : tels sont dans un tableau les ornements , draperies , vases, plantes, animaux, etc. ; dans un portrait, les rides, les poils, etc. — En Architecture, ce mot s’applique à des objets accessoires, tels que les rosaces, les modîllons, les feuille» d'acanthe, etc.

Détail esti motif: c'est la partie d’un projet de construction qui renferme l’évaluation de» dépenses. Le sous-détail est cette évaluation encore plu» détaillée.

DÉTENTE (du verbe détendre;, nom que les horlogers donnent a un levier qui fait détendre ou partir la sonnerie d’une pendule. Un nomme détentillon une petite détente levée par la roue des minutes.

Les Arquebusiers nomment détente une petite bascule ou petit levier qui, pressé avec le doigt, fait tomber le chien , dans les armes à feu.

DETENTION (du verbe détenir ), peine afflictive et infamante , qui consiste dans 1 emprisonnement sur le territoire continental de la France pendant un laps de temps qui peut varier de b à 20 ans, suivant la gravité des ras (Code péu., art. 20) , et qui entraîne la dégradation civique et l'iuterdictiou du condamné. — Jusqu’à l’époque où la déportation a pu être effectuée , la détention perpétuelle dans une forteresse l’a remplacée (art. 17).

Les Maisons de détention sont situées à Paris, Beaulieu, Cadillac, Clairvaux , Clermont (Oise), Embrun, Enaûhciin , Evsses, Fontevrault, Caillou, Haguenati , Limoge*, Loos, Melun, Montpellier, Mont-Saiot-Micbel, Nimes, Poissy, Renues et Riom.

On nomme encore détention : 1° l’état d’un individu privé de sa liberté avec ou sans l'autorité de la ustice ; dans ce dernier cas, la détention est illégale : a détention préventive est celle que subit un accusé avant son jugement : elle ue compte pas pour l'expiation de la peine; — 2° l’état d’une chose dont on a la possession actuelle; le possesseur prend alors le nom de détenteur : on nomme détenteur d’un héritage celui qui en a la possession réelle et actuelle à titre de propriété , d’usufruit ou autrement.

DETENUS, terme générique servant â exprimer tous ceux qui sont enfermés pour crime, délit, contravention , ou mémo pour dettes. — l)e Mires règlements avaieut assujetti les criminels détenus .t des travaux réguliers : un décret du 21 mars 18-iH suspendit ces travaux; ils furent en partie rétablis par une loi du ‘J janvier 1850, et complètement réorganisés par le décret du 25 février 1852. — Les coupables condamné* à la détention sont pendant toute leur vie sous la surrcill me* de la police.

il a été formé en plusieurs lieux , notamment à Liteaux et a Clairvaux, des colonie» agricole* pour les jeunes détenus (c.-a-d. condamné', avant lt# ans).

DETERGENTS. Voy. oEtersifs.

DETERMINATIFS (adjectifs). Voy. adjectifs.

DETERMINISME, système philosophique qui explique par renchaluement des causes et des effets tout ce qui se passe dan» le monde, admettant ainsi que tout y «*»t déterminé à l'avance : ce n'oit qu'un autre tiom du fatalisme. Voy. ce mot. I

DETERSIFS ou détergents (dis latin detergere. nettoyer), nom donné aux médicaments propres à nettoyer les plaies et les ulcères. Ce sont, en général, des topiques stimulants, qui ravivent les surfaces suppurantes, favorisent la séparation des matières qui les recouvrent, et activent ainsi la cicatrisation.

DÉTONATION (en latin detonatio) , bruit plus ou moins violent dû à l’ébranlement subit de l'air par la formation ou le dégagement instantané d’un volume considérable de gaz. Tel est le bruit produit par l’explosion de la poudre à canon.

DÉTONNER. C'est sortir de l'intonation, soitqu'on attaque mu; uote trop haut ou trop lias, soit qu’on s’écarte de la modulation, même en chaulant juste.

DETREMPE (du verbe tremper), uom donné par les peintres aux couleurs délayées avec de l'eau et de la colle, de la gomme , ou du blanc d’œuf, sans graisse, ni huile, ni résine. Ou connaît trois sortes de détrempes : la D. commune, ci-dessus décrite, la D. au vernis et le Blanc des carmes , ou Chaux détrempée dans l’eau et ensuite colorée. On emploie principalement la d»*tr«mjie pour couvrir les plafonds, les boiseries, les lambris, et pour peindre les décorations de théâtre. — Avant 1 invention de la peinture à l'huile, les |»eintrcs de tableaux ne connaissaient guère d’autre procédé que celui «le la détrempe. On en fait encore usage pour la miniature et d’autres petits ouvrages sur papier et sur vélin.

DÉTRESSE (du latiu district io, grande peine d’esprit). Dans la Marine, on appelle Siynat de détresse celui qu'emploie un vaisseau pour annoncer qu'il est en danger et qu'il a besoin de secours. Ce signal consiste généralement en un pavillon placé eu berne à la poupe et appuyé de coups tfe canon.

DÉTR1CH AGE, première façon que I ou fait subir aux laines avant de les peigner, consiste à séparer en trois ou quatre qualités les différentes parties de lames cl a les mettre dans des cases ou par ta» à terre.

DETRIT01R (du latiu détritus , part, du v. deterere , broyer), moulin à meule» de pierres verticales tournant teès-lentement dans uue auge circulaire en pierre, et au moyen duquel ou écrase les olives avant d’en exprimer l’huile.

DÉTRITUS (du verbe deterere, broyer), mot latin francisé , désigne le résidu d’une substance ou d'un corps quelconque organisé. En Gtkilogie , il se dit particulièrement des débris divers résultant de U détérioration dos roches et des végétaux répandus sur la surface du globe : ces débris forment les terrains détritiques. On distingue, dans les terrains détriti • ques, la terre végétale , dont le terreau forme une partie essentielle; la terre aride ou impropre à la végétation ; les éboulis ou fragments disposés eu talus. Les dépôts tourbeux, le limon, les cailloux, lo sable , sont encore des dépôts détritiques.

En Pathologie , on nomme détritus le résidu inorganique qui remplace le tissu des partie» dégénédescentes. La présence des détritus dans les matières évacuée* est un signe important pour le diagnostic de la dégénérescence de quelques viscères.

DETROIT (du latin dut rictus, resserré). Cette dénomination, qui, en Géographie, désigne tout canal naturel par lequel deux mers ou deux pirlies do mer communiquent entre elles, a été donnée par les Anatomistes à deux rétrécissements que présente la cavité du basai u : le détroit supérieur ou abdominal, formé par la marge du bassin et oui sépare le urand bassin du petit; le détroit inférieur mi périnéal , qui est l’ouverture inférieure du petit borna.

DETTE [qu’on écrivait jadis debte, du latin tfebitxtsn), tout engagement pris par un débiteur à l'égard d’uu créancier. Ou appelle Dettes pastiaet eu que l’on doit : ce sont les dettes proprement dites; 1). actives , ce que Ton vous doit , les créances à recouvrer ; D. mobilière, celle qui a pour objet quelj que chose de mobilier; D. immobilière, «'elle qui

DEUI

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