I-PIT . — 601 — ÉPOD
de Laplacc, Pari?, 1782, 3 vnl ; Epitaphs original and selecled , Londres, 18R), etc.
EPITASE (du grec épitasis, tcusion, développement;, partie du poème dramatiquo qui vient après l’exposition, et où l'action se développe. C’est ce que les modernes appellent le nœud de l'intrigue.
Eu Médecine , on nomme ainsi le début d’un accès ou d'un paroxysme.
EPITHALA.ME (du grec épi, sur, et thalamos , lit nuptial), sorte de poème ou de citant, composé à l'occasion d’un mariage et à la louange des nouveaux époux. Il est d’origine grecque quant à la forme, mais de la plus haute antiquité quant à sa première institution. Nous avons encore des épithalames de Stésichore et de Théocrite, en grec; de Catulle et d’Ausouc, en latin. Aujourd'hui, les chantons de noce ont presque partout remplacé les épithalames , dont l’usage ne se maintient plus guère que dans les villages de quelques provinces.
ÉPITHÉLIUM (du grec épi , sur, et thélys, féminin, à cause de son analogie avec la membrane qui recouvre les orgaues femelles de certaines plantes), épiderme mince qui recouvre les membranes muqueuses. L'épithélium a la mémo structure que l'épiderme; mais les cellules dont il est composé sont tantôt amples, et semblables les unes aux autres, de sorte que de leur adossement résulte une sorte de pavé [B. pavimenteux ) ; tantôt plus ou moins cy- ; lindriques ou coniques [E. à cylindres) : ce dernier porte quelquefois des cils sur l’endroit le plus large des cellules: on le nomme É. vibratile.
EP1T11ÈME (du grec épi, sur, et fiï/u/mi, mettre), médicament topique qui ne tient ni de la nature du l'onguent ni de celle dc.l'etnpIiUre. Ou distingue VE. liquide, YÉ. sec et l'f?. mou, qu'on nomme aussi cataplasme. Lorsqu'ils sont chauds , les épithemes liquides et secs constituent les fomentations. Les épithemes secs sont des poudres, simples ou composées , enfermées daus des sachets.
EPITHETE (du grec épiihétos , ajouté), nom donné en général à toute qualification d'un substantif, et spécialement à tout modificatif, adjectif ou autre , qui ajoute À l’idée principale plus de force , de noblesse ou de grâce. L’emploi judicieux des épithètes est de la plus haute imi>ortance en poésie.
ÉPITOGE l du gre<? épi, sur, et du latin toga , toge), espèce ae manteau que les Romains portaient quelquefois par-dessus la toge. — C'est aussi une sorte de chapeau ou de capucc que les présidents à mortier ou le greffier eu chef du parlement portaient autrefois sur la tète dans les solennités, et qu'ils ne porteront plus ensuite que sur l’épaule. Y ou. cvacsse.
ÉPItOMÊ, mot grec qui veut dire abrégé, se dit do Unité espèce de livre abrégé, particulièrement des livres d 'histoire : ainsi , les commençants traduisent «lans nos classes V Epi tome historiœ tacrœ de Lhomond ; YE. historiœ grœcœ de Sirct. On donne aussi ce nom au Ureviarium historiœ romanœ d'Eu trope.
EP1TRE (du latin epistola, lettre), nom donné :
1° aux lettres missives des anciens qui nous ét«S conservées , telles que les Épltres de Cicéron et de Séntyue, et notamment aux lettres des apôtres; 2° à d«*s lettres descriptives, morales, satiriques ou badines, écrites en vers. Horace est le premier qui ait écrit des épltres en vers, et ses épltrcs ( sermo- *<**) sont les seules «fui nous restent du l'antiquité. Chez les modernes, on cite surtout en ce genre Boileau, Pope , Voltaire, Gresset, J. -B. Rousseau, Chénier, C. Delavignc et Lamartine.
Les Épttres des Apôtres font partie du Nouveau Testament : elles renferment des explications des dogmes de la religion catholique, des conseils , des encouragements, etc. On distiugue : les Épltres particulières de S. Paul aux Eglises ou à ses disciples , au nombre de 14; et les EpUivs catholiques, c.-à-d. adressées à l’universalité des fidèles, au nombre de 7 :
celles-ci sont dues à S. Jacques, S. Pierre, S. Jeau et S. Juilc ; on les nomme aussi Ê. canoniques.
Dans la Liturgie, on appelle éfdtre la leçon ou partie de la messe lue par le prêtre ou chantée par le sous-diacre après la collecte et avant l'évuugile. Cette leçon est prise le plus souvent dans les épltrei de S. Paul ou des autres apôtres. Les fidèles et le clergé sont assis pendant la lecture de l’épitre. — Le livre qui contient les épltres de toute l'année s'appelle Lectionnuire ou Epistolier. — On nomme côté de l’épitre le côté droit do l’autel, celui qu’on a à sa droite en entrant dans le chœur, parce quo c’est de ce côté qu'on lit l'épitre.
EPITROCHLEE (du grec épi , sur, et trochalia , poulie) , dite aussi condyle interne ou petit coud y le de l’humérus , protubérance inégale, arrondie, qui se trouve au dedans de l’extrémité inférieure de l’humérus, au-dessus de sa trochléu articulaire.
EPITROPE (du grec epitrépô, accorder, permettre), nom donné quelquefois à une figure de Rhétorique, plus connuo sous le nom de Permission.
EPIZOAIRES (du grec épi, sur, et zôon, animal), animaux parasites qui vivent sur le corps de l'homme ou des animaux, comme les Poux, les Mites ou Acarides, certains Crustacés, et même l«*s Sangsues, etc.
EPIZOOTIE (du grec épi, sur, et sdon, animal), maladie passagère qui sévit à la fois sur un grand nombre d’animaux domestiques. Plusieurs épizooties sont contagieuses, telles que le typhus du gros bétail, la fièvre charbonneuse, la péripneumonie «les hôtes bovines, la clavelée, la morve, le farcin, la gale, la fièvre aphtheusu des bêtes bovines, ovines et du porc; d’autres ne sont pas transmissibles, telles que l'hydrohémie, les inflammations des muqueuses intestinales, la brouebite, la pneumonite du cheval et des bestiaux, le sang de rate, les angines simples et croupales, les maladies vermineuses, etc. Les causes de ces maladies résident en général dans les infiuences atmosphériques, l’alimentation, l'état des étables, l’excès du travail et certaines autres conditions encore peu counues. Les moyens les plus efficaces d’en arrêter les effets sont le changement du climat, d’habitation , l'isolement des animaux attaqués, une grande propreté, uno nourrituro saine et convenable. Quelquef«>is, pour arrêter les progrès de la contagion , on se voit forcé d'abattre les animaux malades.
Tout détenteur d'animaux infectés d’une maladie contagieuse doit les séquestrer et informer le maint de la commune où ils se trouvent, sou&peino d’un emprisonnement de 6 iours à 2 mois, et d'une amende de 16 à 200 fr. Ceux qui auront laissé leurs bestiaux infectés communiquer avec d'autres seront punis d'une amemle de 100 à f>0Ü fr. et «l’un emprisonnement de 2 à 6 mois. Si de cette communication il résulta une contagion parmi les autres animaux , la peine sera un emprisonnement do 2 à 5 ans et uno amende de 100 à 1,000 fr. (Cod«; pén., art. 459- 461, elonlnnnance «lu 27 janvier 1815).
EPLUCHAGE. C'est, dans les Arts mécaniques, l'action d’enlever les ordures mêlées A la soie , à la laine, au cotou et aux autres substances qu’on destine au travail. On épluche les soies de chaîne cl du trame en enlevant les bourres . etc.
ÊPLUCHOIR , instrument destiné à l'épluchage dans la fabrication des étoffes.— L 'e'pluchoir du vannier est une lame forte et triangulaire, émoussée vers la pointe et portée par un manche; il s'en sert pour couper les bouts d’osier qui saillent et excèdent la surface de ses ouvrages.
ÉPODE (du grecè/n, en sus, et ôdè, chant), nom donné, chez les Grecs, à la stance qui, dans les odes et dans le» chœurs de tragédies, se chantait immédiatement après la strophe et Y antistrophe. Sur la scène, le chœur chantait la slropho ù gauche du théâtre, l’autistrophe 5 droite, cl l’cpodc au milieu.
ÉPOP — C02 - fiPOQ
On nommait aussi épode un petit poënie lyrique rom posé de plusieurs distiques, dont les premiers vers étaient autant d'iamhes trimètres ou de six pieds, et les derniers étaient plus courts, et seulement des Ïambes dimètre^ ou do quatre pieds.
• On a donné le nom d 'ÊjmxIcs au 5« et dernier livre des poésies lyriques d’Horace, sans doute parce qu'il est composé d’odes recueillies après sa mort et publiées à la suite de ses Odes (imi »/£t).
ÉPONGE , Sj>ongia , genre de Zoopbytet de la classe des Spongiaires, se présente sous la forme d’un amas du tissus fibreux (dus ou moins denses et flexibles , plus ou moins élastiques , susceptibles de s’imbiber, et enduits, dans l’état vivant, d'une substance gélatineuse, à demi fluide, irritable, très-fugace. Presque tous les naturalistes, même les plus anciens , comme Pline et Dioseoride, les ont classées parmi les animaux ; cependant ils n'offrent les caractères les plus saillants du l’animalité que dans les premiers temps de leur vie ; plus tard , ils ressemblent plutôt à des végétaux informes. Le tissu des Eponges est formé de la réunion d’une multitude de petits tubes capillaires, susceptibles de recevoir l’eau dans leurs interstices et de se distendre considérablement ; on aperçoit sur leur surfare des trous arrondis qui sont tapissés dans leur longueur d’une membrane molie,douce cl brillante : ce sont des orifices du sortie, qui emportent les matières fécales. Ces Zoophytes sont ovipares. — Les Eponges se trouvent au fond de la mer, attachées aux rochers. Avant de les livrer au commerce, on leur fait subir diverses préparations jK>ur les blanchir, leur donner plus de souplesse, et leur enlever leur odeur désagréable. On les emploie, ainsi préparées, pour la toilette, pour laver les meubles, les voitures, etc. En Chirurgie, on s’en sert pour dilater certaines cavités fistuleuses; en Médecine, on employait autrefois l'éponge brûlée contre les goitres et les scrofules : elle agissait sans doute en vertu de l’iode qu’elle renferme. — C’est de la Méditerranée que se tirent les plus belles éponges. Les plus usitées dans le commerce sont : 1 ’Ê. fine douce /le Syrie , qui sert à la toilette; Y R. fine dure, ou È. grecque, employée aux usages domestiques ; YÉ. blonde ou de Venise . la plus légère et la plus régulière de toutes; Y K. de Barbarie ou de Marseille, dite É. geline, pour le service des appartements et des écuries.
ÉPONTILLE (de pont ), pièce de bois ou de fer que l'on place entre les ponts d'un bâtiment pour MB supporter ; ôn s'en sert aussi pour y passer des cordages propres à tenir les pavois et les garde-corps. h y en a deux rangs dans les vaisseaux qui portent «les canons do gros calibres. Les bâtiments d un ordre au-dessous des frégates n'en ont qu'un rang.
EPOPEE ou i’üemk épique ( du grec épos , récit). C’est le récit poétique d'une grande action. L’action épique doit être une, comme la colère d’Achille (Iliade) ou le retour a Ulysse (Odyssée), et ne pas embrasser la vio entière d’un héros, comme dans
Y Achilléide de Stacc : cette unité n’exclut pas les épisodes ( Voy . ce mot) ; elle doit être grande et surtout intéressante. Dans toute épopée, on dislintingne : 1° Y exposition , renfermant le début, où l’on fait conuattre le sujet du poème; Yinvocation et
Y avant-scène . ou exposé «le la situation où se trouve le héros; 2° le nœud, on ensemble des intrigues qui s'opposent à l’exécution de ses volontés ; 3° Y intrigue, augmentant ou détruisant ces obstacles; 4° le dénomment. Les persounages de l'épopée sont on imagin«*s par le poète, ou empruntés à l’histoire; le héros doit toujours dominer. L’épopée admet le merveilleux , mais à la condition que le poëte croie aux dieux qu'il fait agir; sinon ce n’est plus qu’un ressort «emprunté «|ui jette du froid dans tout l’ouvraere : c’est là le grand défaut de la Pharsale v. t de la Henriade. Les principaux poèmes épiques sont : chcx les anciens, 17liade et Y Odyssée d’Homère, les Argonautiques
d’Apollonius , YÊnéide de Virgile , la Pharsale de Lucain, la Guerre punique de Silins ltalirus ; cher les modernes, la Jérusalem délivrée du Tasse, le Paradis perdu de Milton, les Lusiadesdn Camoëus, la Henriade do Voltaire , la Messiade de Klopstork, etc. L'Inde possède plusiCTirs grandes épopées, le Hamuyana , le Mahubnarata , etc. Le Chah-Sameh de la Perse, le vieux poème allemand des Siebelungen , peuvent être rapportés au même geurc. On a aussi classé dans le genre épique quelques grandes compositions en prose, comme le Télémaque de Féuclon , les Martyrs de Chateaubriand , etc.
L ’éjtopée badine ou héroî-èomique est une parodie de l'épopée sérieuse où la «lisproportion des moyens avec la fin excite le rire. Tels sont : la Batrachomyomachie d’Homère, le Lutrin de Boileau, la Boucle de cheveux enlevée de Pope ; et, dans un or- «Ire plus relevé , le Roland amoureux de Boiardo et celui de Berni , le Roland furieux de l’Arioste.
EPOQUE (du grec épokhè , arrêt), point fixe dans l'histoire, ordinairement mai-qué par un grand événement, comme la création, le déluge, la naissance de J.-C., l'hégire, l’invasion des Barbares, la prise «le Constantinople, la découverte de l’Amérique, etc. Ce mot se dit souvent de l'événement historique que l’on prend pour point de départ d'une ère. Voy. ère.
En Astrouomie , on appelle époque le lieu moyeu d’un astre à un instant déterminé; on s’en sert pour trouver cusuite, eu partant de cet instaut, le iieu moyen de l’astre pour un autre instant quelconque. On choisit ordinairement pour fixer celte éj »oque le passage au périhélie.
En Géologie, on distingue cinq grandes époques correspondant à autant de révolutions que la terre a subies à de Jougs intervalles. Les nombreux débris fossiles qui existent encore aujourd'hui dans les différentes couches du globe peuvent servir à dé ajoutée r leur existence, et à les distinguer.
Dans la 1™ époque , on ne trouve aucune trace d’animaux vertébrés; on y rencontre des Mollusques et des Crustacés , des végétaux cryptogames vasculaires, semblables aux fucus, aux prèles, aux fougères, etc. ; ces végétaux fossiles sont de îO à 15 m. plus haut que les mêmes plantes actuelles. — Les terrains de la 2* époque renferment parmi les Mollusques, des Gryphéet , flt's Ammonites ; ils offrent UH grand nombre «le reptiles gigantesques: le Plésiosaure, le Ptérodactyle, Ylchthyosaure, le Géo saure, le Phytosaure, le Pleurosaure , etc.; des poissons semb fables au brochet, au hareng, etc., mais aucun Mammifère. Les végétaux appartiennent à la famille des Conifères et à celle des Cycadées : on y retrouve, parmi les Phanérogames , dos genres de la famille des Naïades. — Dans fa 3e époque, tes Mammifères commencent à se montrer : ce sont parmi les Pachydermes, le Palceotherium , Y Anoplotherium, le Mastodonte , l' Hippopotame , le Rhinocéros, le Tapir, etc.; parmi les Rougeurs, le Castor, le Loir, Y Écureuil; parmi les Carnassiers, le Coati, la Ge nette, la Sarigue; parmi les RumfnanU.le Boeuf; jcirmi les Mammifères amphibies, le Phoque, le lamantin , la Baleine, etc. Les oiseaux se rapprochent des Cailles, des Bécasses, «le Y Ibis, du Cormoran, «lu Busard , de la Chouette, etc. Les Reptiles se rapprochent des Salamandres, dis Tortues^ des Crocodiles, etc. Les poissons et les Mollusques sont très-uonibrcux. Ou voit de nombreuses plantes phanérogames. — Dans la 4® époque, ou ne retrouve presque plus de traces des animaux des premières époques, perdus aujourd’hui; tout au contraire, les Pachydermes actuels , tels que Y Hippopotame , le Tapir, le Cochon , V Eléphant, le Cheval, rares précédemment, y deviennent très-nombreux. — La 5# époque est l'époque actuelle, celle où l'homme apparaît. Ces cinq époques d’orgauisation correspou* dent à la diTision des terrains. Voy. terrains.
EPRO
CPU R
£û Philosophie, les Sceptiques appelaient époque arrêt) la suspension du jugement , qui, trouvant des raisons égales pour ailirmer et puur nier, ne doit, selon les Sceptiques, se prononcer ni dans l’un ni dans l’autre sens. Pyrrliou appuyait cette opinioo de plusieurs arguments qu'on appelle raisons (té poque. Ses disciples ont pris do la le nom d ’Êphechques , mot dérivé comme celui d ‘époque du grec épéihô. arrêter, retenir.
EPOUSAILLES (du latin sponsalia , de spondere , promettre). Ce mot s'appliquait autrefois spécialement aux promesses do mariage, et se prenait tantôt pour une simple promesse qui ne liait pas les parties, tantôt comme syuonyme du mot fiançailles ; plus tard il est devenu synonyme de mariage.
ÉPOUTISSAUE, une des opérations de la fabrication du drap. Voy. Epincetage,
ÉPOUX (du latiu sponsus). Ce mot désigna dans l'origine deux fiancés, doux personnes qui s’étalent promis de se marier et qui ôtaient liées par cette promesse. Aujourd’hui, il est sy uony me daman et femme.
Aux termes de la loi (Code civil, art. 212 et suiv.), les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance; le mari doit protection A sa femme, la femme obéissance à son mari. La femme est obligée d'habiter avec le mari, et de le suivre partout où il juge à propos de résider. Le mari est obligé de la recevoir et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie. La femme ne peut ester eu jugement sans l'autorisation du mari, si ce n’est quand elle est poursuivie eu matière criminelle ou de police : le juge peut alors donuer cette autorisation, Adéfaut du mari. La femme peut tester sans l'autorisation de son mari. Le meurtre commis par l’époux sur l'épouse, ou par celle-ci sur sou époux , n’est pas excusable si la vie de celui qui a commis le meurtre n'était pas en péril lorsque le meurtre a eu lieu. Dans le cas de flagrant délit d’adullèru, le meurtre est déclaré excusable (art. 324).
ÉPRE1NTES. Voy. tEnesme.
ÉPREUVE, tout moyen par lequel on s'assure qu'une personne ou une chose a les qualités requises.
En Typographie, on nomme épreuves les divers tirages faits sur la forme et soumis à correction avaut que la feuillu soit tirée : la première épreuve se collationne dans l’imprimerie mémo avec la copie (manuscrit), afin de corriger les fautes qui auraient pu s'y glisser; on la nomme première typographique ; elle est suivio, pour les ouvrages nouveaux, d’épreuv us qui sont envoyées A l’auteur [épreuves d'auteur); la dernière do ces épreuves est le bon à tirer. Quel que soit le nombre des épreuves précédemment Urées, on appelle tierce celle que le correcteur de l'imprimerie revoit au momeut de l’impression, afin de s'assurer que toutes les corrections indiquées ont été bien exécutées : c’est celle sur laquelle le tirage est fait.
Ou donne aussi le nom d 'épreuve à l’essai que fait le graveur pour juger de l’état de sa planche. Lorsqu’il a terminé sa gravure à la pointe sur le vernis, et qu'il a fait mordre sa planche, il en tire quelques épreuves; on les nomme K. d'eau-forte. Quand sa planche est ébauchée, il lire une K. d'essai ; enfin, quand elle est finie, les épreuves se nomment É. terminées. Ou nomme E. avant la lettre, l’épreuve qu’on tire avant d’y mettre l’inscription ; on distingue YÉ. avant toute lettre , \'É.. avec la lettre grise , ou avec la lettre tracée ; VE. avec la remarque , où on laisse les fautes faites par le graveur, etc. Les amateurs recherchent surtout les épreuves avaut la lettre.
Epreuve judiciaire. Voy. jugement de died, au Dict. un iv. ctüist. et de Géogr.
Epreuve par assis et levé. Voy. vote.
ÉPROUVETTE , se dit, un Chimie, d’un vase de verre cylindrique , ayant la forme d’un tube fermé par un bout. 11 sert particulièrement à recueillir les
gai : A cet etfet, ou remplit lVprouvette d'eau ou de mercure, et on la maintient renversée dans une cuve remplie d’un de ces liquides; il l’on engage alors au-dessous de l’orifice de l'éprouvette l’extrémité d’un tube par où se déguge un gnz, on voit celui-ci s'élever dans l'intérieur de l'éprouvette, et en chasser peu à peu l’eau ou le mercure. Moitrel d’Êlémeni a le premier enseigné , en 1719, ce moyen du recueillir les gas.
En Physique, Y éprouvette d’une machine pneumatique est le baromètre raccourci qui sert R indiquer la pression de l’air qui reste dans les cloches où l’on fait le vide.
Lesdistillntcursdonnent souvent le nom d’éprouvette à Yaréomètre , parce que cet instrument leur donne le moyen d’éprouver le degré alcoolique du produit de leur distillation. Us nomment aussi éprouvette un tube de verre long d’environ 15 A 20 centimètres, en forme de bouteille, ayant à son fond deux pouces de verre massif. Pour s’en servir, le distillateur remplit l'éprouvette A moitié; il bouche l’instrument avec le pouce, puis lo secoue violemment afin d’exciter un grand nombre de bulles. A la manière dont ces bulles se disposent sur le liquide, on juge du degré de spirituosité.
On nomme éprouvette à poudre une sorte de dynamomètre destiné A mesurer la force de la poudre A canon. L’É. hydrostatique de Régnier se compose d'un tube de laiton long de 50 centim., portant au bout supérieur. un petit canon, et dont le bas est renflé en une panse creuse , renfermant un peu de lest au-dessous. Ce tube se tient vertical dans l’eau , et une partie sort au-dessus du liquide ; où fut partir le canon , cl il se produit un recul qui Immerge dans l’eau une partie plus ou moins grande de la tige, selon la force de la poudre. Pour trouver cette fbrro, ou a gradué la tige en parties égales, de manière que le 30® degré soit pris wee la poudre capable de lancer A 300 m. une petite balle. La poudre de guerre donne 30 deerrés; la poudre de chasse 45 ou 40.
EPUISEMENT, diminution progressive des forces, produite par des évacuations excessives, la débauche, une fatigue considérable, la privation de sommeil, les affections tristes, la contention d'esprit, une nourriture insuffisante ou malsaine, une croissance trop rapide, etc. L'épuisement amène la phthisie, l'amaigrissement et quelquefois la mort.
Epuisement, ojiération d’Hydraulique, dans la construction des ponts, digues, écluses, etc., dans les mines et dans le percement des puits. Les ustensiles ou machines à épuiser sont : Yécope , le van, la vis d'Archimède, les roues à aube ou à tympan, les pompes de toute sorte, les siphons , etc. Une des opérations de ce genre les plus prodigieuses est l’épuisement de la mer de Harlem, tentée do nos jours.
ÉPUL1E (du grec épi, sur, et ou/on, gencive), excroissance fonsueuse qui vient sur les gencives , principalement ae la mâchoire inférieure, dans l'intervalle de deux dents ou au fond d’une alvéole. L'épulie succède ordinairement h une inflammation de la bouche, à la carie d'une dent on du bord alvéolaire ; quelques-unes dégénèrent eu cancers: pour ces dernières , l’extirpation des dents attaquées et la cautérisation sont indispensables.
ÉPURATION, clarification qui s’opère spontanément dans les sucs aqueux, arides ou huileux, lorsque, après les avoir exprimés des végétaux on les laisse reposer ou éprouver un léger mouvement de fermentation. Voy. clarification.
EPUHE, dessin au trait, le plus souvent réduit d’après une échelle, et coté, mais quelquefois de grandeur naturelle, fait par les architectes, les ingénieurs et les constructeurs de machines, pour servir de modèle aux charpentiers, aux maçons, aux tailleurs de pierre, et, en général, A tous ceux qui devront exécuter et assembler les différentes pièces de l’édifice ou
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ÉQUA
du mécanismo projetés. Les épures se font dans les ateliers ou aux chantiers, sur une aire bien unie ou
sur un mur convenablement disposé. L'art de tracer les épures se compose de deux parties. La lre consiste à connaître la* théorie des projections, pour former, sur le papier, l’ensemble des ligues, dont les distances et les inclinaisons déterminent par leurs [ intersections les limites où s’arrête la forme des corps* qu'on veut exécuter; cette partie se nomme Stéréotomie ou Géométrie descriptive ( Voy. ces mots); elle renferme la coupe des pierre», la charpente, la perspective, la gnoniouiquc, etc. La 2* partie consiste a manier avec adresse les instruments de travaux graphiques, la règle, le compas, l’équerre, le tire-ligne, le rapporteur, etc.
EPUREE (CRAMM et petite), nom donné vulgairement ù2 espèces purgatives du genre Euphorbe.
EPYORNIS, oiseau gigantesque. Vog. æpyorms.
EQUANT (du luliu asquant, part. prés, du verbe œquare, égaler). Les aucieus Astronomes nommaient ainsi certains cercles excentriques par rapport «i la terre, et qu’ils supposaient parcourus par les planètes. On n'en fait plus usage depuis que Képler a démontré que les planètes se meuvent dans des orbes elliptiques dont le soleil occupe l'un des foyer*.
ÉQUARRISSAGE (de carré, qu’on écrivait autrefois guarré), état d'une matière équarric, c.-à-d. taillée à angles droits. Où équarrit une poutre, uuc pierre, une glace, nu trou, etc. On dit en Charpente qu’une poutre a 40 centimètre» d’équarrissage lorsqu'elle a 40 centim. en tous seus. — Ou appelle bois d'équarrissage le bois qui a ou moins 15 centimètres; celui qui est au-dessous so nomme chevron.
Equarrissage , industrie qui consiste dans l’abattage et le dépècement des chevaux, Ânes, chiens, chats, etc., pour tirer parti de leur peau , de leur graisse, des muscles, des crins , des os, etc. Les enclos où les équarrisseurs exercent leur métier sout des lieux infects et malsains, qu'il faut éloigner des habitations dans les grandes villes. Paris en possédait plusieurs autrefois ; ou les appelait escorcneries aux chevaux . Depuis quelques anuée» on les a translatés à Auberviliicr», daus la plaiue des Vertus.
VoU. ABATTOIR.
KQUARR1SSOIR, outil dont se servent les horlogers et les mécaniciens. C’est une aiguille d'acier trempé, dont la surface, d’abord ronde et légèrement conique, a été limée et aiguisée ensuite en plusieurs faces tranchantes. Ils servent à agrandir les trous déjà pratiqués dans le cuivre ou daus le fer.
EQUATEUR (du latin œquare, égaler, ù cause de l’égalité des jours et des nuits qui a lieu quand le soleil décrit ce cercle), grand cercle de la sphère, perpendiculaire à l’axe des pèles et au méridien, à égaie distance des deux pèles, a été imaginé par les Astrouomcs pour faciliter l’cxplicaliou de* phénomènes. L ’E. terrestre, qui est reusé laisser par la terre, et VE. céleste, qu’on admet dans la sphère céleste, passent tous les deux par le centre de l.i terre, ont les mêmes pôles et se confondent dans le même plan. Ils partagent la terro et la sphère céleste en deux hémisphères : l’un septentrional ou boréal t et l’autre méridional ou austral. Un détermine la position des lieux de la terro par rapport a l'équateur terrestre, et les différents points du ciel par rapport à l’équateur céleste : la distance d'un point a l’équateur est la latitude de ce point [Voy. latitude). L’équateur coupe l’horizon en deux point», qui sont l’est ou l’orient, et l'ouest ou l'occident. L’équateur terrestre paitage la zone torride en deux parties égales. Quand il est tracé sur les cartes et les planisphères, les uavigateurs rappellent la ligne équinoxiale, on simplement la ligne. Les peuples qui habitent sous l’équateur ont perpétuellement les jours égaux aux nuits; pour les autres lieux de la terre, cette égalité ue s’observe que deux fois par an, aux équi-
noxes du printemps et de l’automne, quaud le cercle décrit par le soleil répond à l'équateur.
Equateur magnétique , courbe formée autour do la terre par la série des points où V inclinaison de l’aiguille aimantée est nulle. Cette courbe est régulière dans une partie de sou court , et alors elle suit très-sensiblement la direction d’un grand cercle qui serait incliné à l’équateur terrestre de 12 à 16«, et qui le couperait d'une part à l’ouest de la côto occidentale d’Amérique, vers Tlle Gallégo, et d’une autre part vers la côte occidentale d’Afrique, en s'inclinant du cété du sud, daus la partie de l’océan Atlantique qui sépare ces deux points. Mais daus la mer du Sud, entre les Iles Sandwich et les Iles des Amis , l’équateur magné tique offre des sinuosités nombreuses. Cette ligue (ait le tour de la terre eu restant toujours dans la zone équatoriale , et coupe même l’équateur en plusieurs point». Le pèle austral de l’aiguille de la boussole s’abaisse vers l’horizon dans toute la partie du globe qui se trouve audussus de l'équateur magnétique ; il se relève au contraire dans toute l’autre partie.
EQUATION (du latin œquare, égaler), se dit, en Algèbre , de la relation (Légalité qui existe entre deux formes ou deux générations différentes d’une même quantité. Les équations ont ordinairement pour objet la recherche des valeurs inconnues de certains nombres ; on représente celles-ci par les dernières lettres de l’alphabet, et notamment par la lettre x. l’ar exemple, 1 expression 4x-J- t=2x* — 2 est une équation , parce que 4 fois x plus 4 forment le même nombre que 2 fois la seconde puissance de x moins 2. Résoudre une équation , c'est eu tirer, par des calculs convenablement dirigés, la valeur de l’inconnue, ou, comme on dit, la racine de l'équation. Les quantités séparées par le sigue = sc nomment les membres de l'équation : on nomme premier membre celle de ces quantités qui est à gauche du signe *=», et. second membre celle qui est à droite. Les différentes partie» dont les membres sont composés prennent le nom de termes: dans l’équatiou précédente, 4r et-j-4 sont les termes du premier membre; 2x* et — 2, les termes du second membre.
Dans toute équation, on peut, sans l’altérer, faire passer un terme quelconque d’un membre dans l’autre membre, en changeant le signe dont ce terme est affecté. Ainsi, l'équation précédente peut s’écrire : 4x«=2x* — 2 — 4, ou 4x=2x* — 6. On peut aussi changer tous les signes des termes qui composent une équatiou quelconque, eu les remplaçant par des signes opposés. Enfin, ou peut multiplier ou diviser les membres d’une équation par lo même nombre sans détruire Légalité de ces membres.
On classe le» équations, d'après le deiiré de la plus haute puissance de l’inconnue qu'elles renferment, en équations du premier degri, du second degré , du troisième degré , etc.
Ou euteud par abaissement d’une équation les diverses opérations qui consistent à diminuer d’une ou de plusieurs unités le degré d'une équation supérieure, de manière à en faciliter la résolution.
La résolution des équations des deux premiers degrés est connue depuis longtemps. Au xvi* siècle, l'Italien Tartaglia découvrit une formule qui résout 1rs équations du 3* degré toutes les fois que leurs valeurs ne sont pas compliquées d'imaginaire» ; peu après, Ferrari en donna une semblable pour les équations du 4* degré. Quant aux équatious des degrés supérieurs, l'Anglais Harriot, an xvn« siècle, fit connaître leur composition générale, et 1rs travaux de Descartes, Newton et Lagrange fournirent des méthode» pour trouver très-approximati veulent leur racine.
En Astronomie, Y équation d*uu astre est la différence qui existe entre l’élément vrai d’nu corps céleste et son élément moyen, c.-à-d. la quantité dont il faut augmenter ou diminuer sa i»osition, cal-
ÉQUI
ÉQU
culée dans l'hypothèse d'un mouvement moyen uniforme. pour trouver sa véritable situation, résultante ne son mouvement réel et inégal. — h' équation du temps est la différence entre le temps vrai et inégal indiqué par le soleil, et le temps moyen marqué par une |iendule bien réglée. L'inégalité des jours solaires, c.-à-d. de l'intervalle compris entre deux passages consécutifs du soleil au méridien, provient de l'obliquité de l'écliptique et de l'inégalité du mouvement propre du soleil. L'Annuaire du JJurcùu des longitudes et la plupart des almanachs donnent l'équation du temps pour chaque jour du l'année, C.-à-d. l'heure exacte que. doit marquer une bonne pendule au midi vrai do chaque jour. Quatre fois dans l'aunée, vers le l i avril , lo 15 juin, le 30 août et le ‘23 septembre, 1 équation du temps est nulle; sa plus grande valeur s'élève, ver* le 1er novembre, jusqu 'a 10 minutes 14 secondes.
ÉQUATORIAL (d 'équateur), instrument dont on se sert pour suivre le mouvement diurne des astres et déterminer l'ascension droite et la déclinaison , se compose de deux cercles qui représentent l'un l'équateur, et l’autre le cercle île déclinaison. On y ajoute un quart de cercle dirigé vers le méridien , qui sert à élever l’équateur pour la latitude du lieu.
EQUERRE (du latin quadra, carré), instrument do mathématiques, en huis ou en métal , composé de deux réglés fixes ajustées perpendiculairement l’une à l'extrémité de l'autre, ou d'une planchette à faces parallèles coupée en forme de triangle rectangle, et qui sert à tracer des angles droits sur le bois , la pierre, les métaux, etc., ou à tirer des perpendiculaires sur uue ligne donnée. — L’équerre des maçons «t formée de deux tringles de Ihmb carré, maintenues à angle droit, au moyen d'une troisième règle placée transversalement. — On nomme équerre à c/uti/eau ou à onglet uue équerre dans laquelle une règle déborde l’autre eu épaisseur des deux côtés ; t\ à épuulcment , celle dont une branche est trois fois plus épaisse que l'autre; double équerre, un instrument de giiomouique, composé d'une planche étroite au bout du laquelle s’adapte à angle droit tuic autre planche, qui forme avec la première deux angles droits ; triple équerre , une planche un peu large au milieu de laquelle est fixée, à angles droits, une autre planche de la même hauteur: on s’en sert pour placer le style des cadrans verticaux. — On appelle fausse équerre une espèce de compas forme par deux règles de bois ou de métal assemblées par un de leurs bouts, à l'aide d’un clou rivé qui les perce l’une et l’autre, et dont les deux branches peuvent s’écarter sous toutes les valeurs angulaires.
£qcf.riu; d'arpenteur. Ou nommait ainsi anciennement un cercle épais de cuivre divisé en quatre parties égales par deux droites qui se coupent au ceu- Ire en angles droits, et dont les extrémités sont garnies de pinnules. Aujourd'hui , c’est une espèce de prisme octogonal qui, au lieu de pinnules, a quatre fentes perpendiculaires ; on lui donne le nom d Vguerre octogone. Uct instrument sert à tirer des perpendiculaires sur lo terrain et à prendre des aligueineuts. On visse ccs équerres à l’extrémité arrondie duo bâton dont l’autre bout est garni d’un fer pointu, de manière à pouvoir l'enfoncer dans la terre.
t qukrre (l') et la rêgi.e, constellation de l'hémisphère austral, formée par La Caille au dernier siècle, et c ompos- e de 15 étoiles. Elle est placée andessous du Scorpion cl du Loup, sur la ligue ineuée d'Anfarès à l’étoile du Centaure.
EQUES, nom latin du genre Chevalier.
EQUESTRE (ordre), ordre de la chevalerie chez les Itnmains. Voy. chevalier.
EQUIAN’GLE (du latin œquus, égal), nom donné, en Géométrie , aux figures dont les angles sont égaux, lin rertaugle, un triangle équilatéral, et en général tous les polygones réguliers soûl équiangles.
— On dit que deux triangles sont équiangles entre eux lorsque les angles du premier suit égaux, chacun à chacun, aux angles du second.
ÉQLTD1KKERENCE, égalité de deux rapports par différence. Voy. proportion arithmétique.
EQUIDISTANT, nom donné, en Géométrie, à deux points également distants d’un troisième. Tous 1rs points de la circonférence du cercle sont équidistants. — On nomme méthode des coordonnées équidistantes une méthode, duc à l’anglais Hutlou, qui sert à trouver par approximation faire d’une ligure terminée d’un côté par une ligue droite et de l’autre par une ligne courbe.
EQUILATERAL (du latin trjuus. égal, et lotus, lateris , côté), nom donné aux ligures de Géométrie qui ont les côtés égaux. Un triangle équilatéral est un triangle dont tous les côtés sont égaux. Tous les polygones réguliers sont équilatéraux. Deux polygones sont équilatéraux entre eux lorsqu’ils ont les côtés égaux chacun à chacun et placés dans le méinc ordre.
EQUILIBRE (du laUo<rouuj, égal, et libra, balance \ état d’un corps sollicité ail mouvement par des forces opposées qui so détruisent, ou égalité parfaite de fon e entre deux corps qui agissent l'un contre l’autre. Une balance est en équilibre lorsque «on fléau k maintient daus une i>osiliou (tarai lelc a l'horizon. Un corps posé sur un plan horizontal ne reste en équilibre qu 'autant que la verticale de son centre de gravité passe dans l’intérieur île sa base. Un corps est en équilibre stable s’il revient de lnirnéme à sa position apres en avoir été légèrement écarté; il est en équilibre instable s’il n’y revient jais. 11 y a équilibre entre deux corp* lorsque leurs direetions sont exactement opposées ,. et que leurs masses sont égales. Un corps fait équilibre à un autre lorsqu'il a le même poids. Les lois de l'équilibre sont l'objet d’une branche de la mécanique nommer Statique; V Hydrostatique s’occupe plus particulièrement de l’équilibre des liquides et des gaz.
ÉQUILIBRISTE, celui ou celle dont le métier est de faire des tours d'adresse, qui s’applique à maintenir sa personne ou certaines choses en équilibre.
Voy. ACROBATE , FUNAMBULE et JONGLEUR.
EQU1LLE, Ammodytes l ancra , nom vulgaire d'une espèce de poisson de mer du genre Atninodylc , qui a beaucoup de rapport avec l'anguille et qui vit enfoncé dans le sable de la mer, d'où le nom d'Ammodyte (du grec ammos , sable, et dyv, pénétrer). Sou corps est allongé et cylindrique; sa tôle, comprimée et pointue par devant, lui sert pour creuser la vase molle et le sable des rivages, où il cherche sa nourriture. Ce poisson, long de *20 à 30centim., d'un gris argenté, est bon a manger; il est tré*rommnn sur nos côh*, notamment sur la plage de Trouville : on lo trouve en lâchant le sable îles que la mer s’est retirée. Les pécheurs l’emploient comme appAt. Sur quelques côtes ou le connaît sous le nom de Ixinçon, sans doute parce qu’il pénètre dans le sable avec la rapidité d’tfn dard.
EQU1MULT1PLE , nom donné, en Arithmétique, aux quantités qui proviennent du produit d’autres quantités par le même facteur. Soient a et b des quantités quelconques, 5a et 56 sont les équimultiplcs de a et de b; de même que fia et 6 b, etc. Le. rapport de deux quantités équimultiplcs est toujours le même que celai des deux quantités primitives „ 5a «
dont elles proviennent : — «= bo 0
ÉQUINOXE (du laLin œnuus, égal, et nox, nuit', temps de l'année où le soleil se trouve à la fuis sur l’écliptique et sur l’équateur, est ainsi nommé parre qu’à cette époque la nuit a la même durée que le jour. Le méinc nom s’applique- aux points où l'écliptique coupe l'équateur. Il y a deux équinoxes :
ÉQUI — GOC — EQUI
celui du printemps, ▼ers le 21 mari, et celui de l'automne, vers le 23 septembre. Le jour c*t alors égal A la unit par touto la terre. Dan* les régions septentrionales, les jour» sont plus grands que les nuits, de l'équinoxe du printemps A relui d’automne; de l'équinoxe d'automne à celui du printemps, c’est le contraire. On a reconnu que les points équinoxiaux no sont pas flics, mais qu’ils ont un mouvement rétrograde,' de sorte que le soleil ne passe pas deux années do suite sur les mômes points do l'écliptique ; ce mouvement s'appelle la précession des équinoxes. Vau. rnÉCEssioN.
ÉQUINOXIAL, se dit quelquefois pour équateur. La ligne équinoxiale est l’équateur mémo. Les points équinoxiaux sont les points où l'écliptique coupe l’équateur. Le cadran équinoxial est celui dont le plan est parallèle à l’équateur.
ÉQUIPAGE (dérivé, selon Roquefort, du vieux mot esquip, pour esquif , bateau). Dans la Marine, on entend par équipage l’ensemble de tous les hommes embarqués pour le service d’un vaisseau : maîtres, contre-maîtres, timoniers, matelots, artilleurs, shldats, employés, domestiques, etc. , et qu’on porte sur un regislro nommé rôle d'équijmge. On n’y comprend ni le capitaine, ni les autre» otlioiors de I état-major, non plus que les passagers. En France , la force numérique des équipages est d’environ 9 hommes par canon pour les vaisseaux et les frégates de premier rang ; do 7 à 8 pour les autres frégates, les corvettes et les bricks; de 6 pour les bâtiments de guerre plus petits. Quant aûx navires de commerce, le nombre de leur équipage est réglé à 10 hommes pour 100 tonneaux, A 15 pour 200, etc. Les matelots embarqués sur les vaisseaux de l'Etat sont curégimentés par compagnies dont l'ensemble porte le nom de Corps des équipages de ligne. Sous J Empire, ou distinguait Jes Equipages de haut bord et les E. de flottille, selon qu’ils étaient destinés A monter des vaisseaux et frégates ou des divisions de bâtiments légers.
On nomme : 1° È. de pompe, la garniture de la pompe ; 2° É. d’atelier, f ensemble des machines et des outils qui servent ,â la construction des objets qu’ou y fabrique ; 3° E. de chasse, ce qui est nécessaire pour la chassé, les chevaux, les chiens, etc.
équipages. Dans l’Armée île terre, on entend par Ê. de guerre, tout ce qu’une armée traîne A sa suite, savoir : les È. d’artillerie et de génie , se composant de chevaux, chariots, affût», avant- Irai os, armes, pièces, boulots, mortiers, bombes, poudre, plomb, grenade», fusées, hoyaux, haches, matériaux de pont et do siège; les É. militaires, comprenant les convois de vivres et les ambulances; les É. de régiment, ou bagages, tels que chevaux, harnais, tentes, fourgons, et en général tous les ustensiles que le» soldats portent avec eux, etc.
ÉQUIPEMENT : c’est l’ensemble des objets à l’usage ries soldats et sous-olliciers de toutes armes, les effets d'habillement et l'armement étant exceptés. On distingue le grand iquijiement, qui »e compose des gibernes, porte-giberues, bandoulières, ceinturons ou baudriers, haches et tabliers du sapeurs, caisses et colliers de tambours, etc * et le petit équipement t qui comprend tous les effets de linge et de chaussure, les brosses, peignes, etc. Dans la cavalerie, VÉ. de cheval comprend les manteaux et portemanteaux, couvertures de laine, culottes de peati, housses, selles, hottes, pelisses , etc.
Dans la Mariue , on entend par équipement lont ce qui est nécessaire à un bAtimcnt en agrès, apparaux, vivres, munitions, armes et ustensiles.
ÉQUIPEUR-MONTEUR , ouvrier arquebusier qui est chargé d'ajuster toutes les pièces qui composent le fusil et de les faire jouer ensemble. C’est la partie la plus importante de cet art.
EQUI PONDERA NCE (du latin œque, également,
et ponderare, peser), égalité de poids ou de forces avec laquelle deux ou plusieurs rorps tendent A se rendre vers un centre commun. 1 /équi pondérante diffère de V équilibre en ce que l'équilibre résulte d'une égalité de forces qui agissent en sens contraires, et que l’équlpondérance vient de l’égalité de la pesanteur de* corps comparés.
EQUISETACk.ES (du genre type Equisetum ), famille de végétaux acolylédonés, voisins des Fougères, sc composé du seul genre Prèle. On retrouve les restes fossiles de plantes gigantesques de celle famille parmi celles de la première époque.
EQUISETUM (crin de cheval), nom donné en latin à la Prèle à cause de l'analogie qu’offrent ses rameaux verliciüéa avec une queuo do cheval. Voy. frêle.
EQUITATION (d'c<7ww.t, cheval), art de monter à cheval. On distingue en équitation la basse école ou ]>artie élémentaire, ot la haute école. La 1” consiste a assurer la position de l'homme à cheval, A apprendre à diriger le choval droit devant soi et à acquérir de la solidité. Ce travail su fait dan» un manège. d’abord à la longe , puis en cercle et au large, et successivement au pas , au trot, et au galop. loi 2* comprend l’élude de l'action du mors et «le l’effet des rênes; la manière de produire cet effet par les mouvement de la main; l’effet de» jambes; les moyens do maintenir le cheval dans son aplomb et de l’y ramener quand il le perd ; enfin, le travail composé, qui consiste A foire sortir A volonté le cheval de ses allures et A lui faire exécuter divers sauts, courbettes, etc. On divise encore l'équitation en E. militaire, E. civile, É. des femmes, E. aérienne ou voltige.
L’art de l’équitation remonte a la plus haute antiquité; mais ses principes ont varié suivant les temps. Ches les anciens, le cavalier so tenait accroupi sur le cheval, comme encore aujourd'hui les Arabes et les Orientaux. Au moyen Age, la position du ravalier était presque perpendiculaire. La haute écolo devint en honneur au xvi* siècle. Les Italiens, d’abord , puis les Français , fournirent les écuyers le» plus distingués. Aujourd'hui, les principes de la vieille écolo française, si brillante au dernier siècle, ont été complètement modifiés, et sc sont accrus du quelques piocédés empruntés A la méthode anglaise. Parmi les écuyers distingués des temps moderne* , on cite surtout le Ferrarais César Fiaschi ; le Naim>litain Féd. Grisone; Pluviuol , écuyer de Louis XIII, qui fonda les manèges dits académies; le marquis de Newcastle, créateur de l'équitation anglaise pour les femme* ; La Guérinière et d'Ahzir, sous Louis XV, et, de nos jours, le comted'Anrc,Franmni et Baucber.
Xénophon nous a laissé un Traité d’équitation. Les moderne» ont écrit sur cet art un grand nombre d'ouvrages intéressants; non* citerons seulement le Manège royal de Pluvinel, 1623; les Recherches sur l'équitation chez les anciens , du P. Gabriel Fabricy, 17t»l,2 vol. in-8; le T mité d’équitation de M. d’Aure, Paris, 1831, 1 vol. in-4, avec pl.; lo Cours d’équitation militaire de Saumur, Paris, 1830. 2 vol. in-8, avec atlas; la Méthode d’équitation et le Dict. d'équitation de Baucher, 1849, in-8. V. hippiatrique.
équitation (écoles d’). la*» premières qui existèrent en France fürent fondées par le duc de Choiscul (1761), pour l’instruction des troupe* A cheval. Quatre écoles furent établies A Mets, Douai, Besançon et Angers; une école centrale devait être placée a Paris pour recevoir les meilleurs élèves de ces quatre établissements. Ces écoles, supprimée» en 1707, furent remplacées, en 1771, par VE. de Sautnur, supprimée A son tour en 1790. Eu 1796, une nouvelle école d’équitation fut fondée à Versailles, sous lo titre d ’ École nationale (T instruction des trostpes à cheval. En 1799 , deux écoles semblables furent établies à Lunéville et à Angers. Un décret Impérial de 1809 les supprima, ot créa V École spéciale de caralerie à Saint- Germai u. Rétablie ASau-
ÉQUO — 607 — ÉIIÉT
mur en 1814, puis transférée k Versailles (1823), die fut , deux ans après , replacée a San mur, où elle §o trouve encore. Voy. cavalerie (école de).
ÉQUIVALENT (du latin (tquus, égal , et mlro , valoir), se dit, en Chimie , de la quantité d'un corps qui est susceptible de remplacer une quantité déterminée d’un autre corps pour produire le même effet ou pour jouer le même rôle. On peut, par exemple, dans leau, qui est un composé de 8 parties d oxygéné et de 1 partie d’hydrogèue, remplacer l'oxygène par du soufre, du chlore ou du brome ; mais lo déplacement des 8 parties d’oxygène exigo exactement 16 parties de soufre, ou 35,4 parties de chlore, ou 80 parties de brome. Ces quantités sont les équivalents chimiques de 8 parties d'oxygène. On peut, de même , remplacer I hydrogène de l'eau pir du xinc , du fer ou d'antres métaux; mais 1 partie d’hydrogène exige , pour celte substitution , 32,2 parties de xinc, ou 28 parties de fer, etc., qui sont les équivalents chimiques de 1 partie d’hydrogène. Afin de s’entendre, les chimistes ont rapporté à une unité •le convention la valeur numérique des équivalents do tous les corps simples, et ils oui désigné cette valeur par des signes particuliers à l’aide "de* pie Is ils composent lents formules (Voy. ce mot). L'unité est prise dan* IA composition de l’eau , de telle sorte que tous les équivalents se rapportent k 1 partie d hydrogène et A 8 parties d’oxygène , ou bien k 12,5 parties J'hydrogene et à 10O parties d'oxygène. \oici la table des équivalents des principaux corps simples , avec leurs signes respectifs ; ils ont ôté, en grande partie, déterminés par Berzélius.
Aluminium
Signe*.
Al
Auti moine
Sb
Argent
Ag
Arsenic
As
Azoto
N ou Az
Baryum
Ba
Bismuth
Bi
Bore
Brome
Br
Cadmium
Cd
Calcium
Ca
Carbone
Chlore
Chrome
Cr
Cobalt
Co
Cnlvre
Cu
Etain
Sn
Fer
Fe
Fluor
Hydrogène
Iode
Magnésium
Mg
Manganèse
Mn
Mercure
Mg
Nickel
Ni
Or
Au
Oxygène
Phosphore
Platine
Pt
Plomb
Pb
Potassium
Silicium
Si
Sodium
Na
Soufre
Strontium
Sr
Zinc
Zn
tljdrogcna = I. Oiygêof— 100.