ÉCLIPSE
Qui souvent sont venus
ATus De leurs provinces.
ÉCHOMÈTRE. Voy. MÉTRONOME.
ÉCHOPPE (de l'anc. ht-allem. schupfa, boutique). Outre les petites boutiques en planches et bâties en appentis contre un mur, cemotdésigne,chez lesGraveurs, des burins pour effacer, qui, au lieu d'être pointus, ont la face plate ou arrondie ; mais alors le mot échoppe vient du latin scalprum, ratissoire. — Voyr. Essai.
ÉCIIOUAGE, rivage ou plage unie où un bâtiment peut, sans danger, s'échouer volontairement. — On donne aussi le nom d'échouage à tout lieu propre, ù mettre un bâtiment à sec pour le caréner.
ÉCUOUEMEINT. En Droit commercial et maritime, l'échouement qui n'empêche pas de continuer le voyage est simplement réputé avarie ; l'échouement avec bris peut donner lieu à l'action en délaissement. Voy. ces mots.
ECIMAGE (du préf. é p. es, et de cime), sorte de labour qui consiste à ne labourer que la moitié du champ, c.-à-d. à laisser sans labour alternativement autant de largeur de terre qu'on en retourne, et à recouvrir chacune de ces largeurs avec la terre retirée du sillon voisin.
ECRLONIE, Ecklonia, genre d'Algues marines, section des Phycoïdées : stipe fistuleux, renflé au sommet en une sorte de massue ; feuilles d'un noir de sang. L'E. buccinalis, vulg. Trompette marine, se trouve sur les cotes de l'Afrique australe.
ÉCLAIR (d'éclairer), étincelle vive et subite qui sillonne l'air pendant les temps d'orage, et précède presque toujours le bruit du tonnerre. Elle est produite, ainsi que le tonnerre, par la rupture de l'équilibre électrique des nuages et la disparition instantanée de leurs électricités. Comme la lumière se meut plus vite que le son, on aperçoit l'éclair longtemps avant d'entendre le tonnerre. Sachant que le son parcourt 340 in par seconde, on peut, par l'intervalle du temps qui s'écoule entre l'éclair et le roulement du tonnerre, jugera peu près delà distance où la foudre a éclaté. — Les éclairs de chaleur que l'on voit pendant l'été sont dus à une sorte de phosphorescence produite par des nuages isolés, fortement chargés d'électricité : ils ne sont point suivis de tonnerre.
ÉCLAIRAGE (d'éclairer). Dans l'origine, l'homme n'eut pour s'éclairer que de simples éclats de bois enflammés, des débris de plantes sèches, ou les branches des arbres résineux, dont il formait des torches. L'huile et la cire furent employées de bonne heure pour l'éclairage : les peuples de l'Orient paraissent avoir connu dès la plus haute antiquité l'usage des lampes et celui des bougies. Les chandelles de suif, inventées en Angleterre au xne siècle seulement, ne s'introduisirent en France que sous Char- ; elles ont reçu de nos jours de notables perfectionnements (bougies stéariques). L'éclairage des villes se fait à l'huile et au gaz. Le premier établissement des lante nés en France ne date que du xviie siècle (1667) ; l'invention des réverbères, ou bnternes à réflecteur, eut lieu vers le milieu du siècle suivant. L'éclairage au gaz, inventé en 1801 par le Français Lebon, fut appliqué pour la première fois par les Anglais à l'éclairage des rues ; il ne commença à être employé à Paris que vers 1818. L'industrie moderne a imaginé toutes sortes d'éclairage : les lampes à gaz ( Voy. Hïdiiogène liquide) ; l'éclairage an pétrole ( Voy. ce mot); l'éclairage dit É. sidéra/, E. Drummond, qu'on obtient en projetant an mélange d'oxygène et d'hydrogène sur certains corps incandescents. On a aussi appliqué à l'éclairage la lumière électrique. Voy. Lampe, etc.
Dans tout éclairage, soit à l'huile, soit au gaz, la puissance de la lumière dépend beaucoup de la forme du bec ( Voy. ce mot). Les becs à courant d'air extérieur soit simple (B. à bougie), soit développé (B. pa-
pillon B. éventail, B. Manchester , etc.), ont moins de pouvoir éclairant que les becs à double courant d'air intérieur et extérieur.
ÉCLAIRE. On donne ce nom à deux plantes : la Grande éclaire, la même que la Grande chélidoine, et la Petite éclaire, ou Renoncule ficaire. Voy. ces mots.
ÉCLAIREUR. On nomme ainsi, dans la Tactique militaire, les voltigeurs qu'on envoie à la découverte, et qui sont chargés de donner des renseignement sur la marche ou la position des corps ennemis. L'office d'éclaireur était autrefois rempli par des soldats appelés stradiots, carabins, avant-coureurs, batteurs d'estrade, etc.
En Marine, on donne ce nom à tout bâtiment détaché pour éclairer la marche d'une armée navale.
ECLAMPS1E (du gr. èyld^i:, éclat), convulsion aiguë, avec abolition plus ou moins complète de la sensibilité et de l'intelligence, qui attaque les enfants en très-bas âge et les femmes pendant ou après l'accouchement. C'est une affection grave, qui demande un traitement actif et énergique. Chez les enfants, il faut avant tout rechercher la cause du mal, qui est souvent une indigestion : on administre alors un vomitif, puis on emploie les bains tièdes prolongés et les purgatifs. Chez la femme en couches, le moyen le plus efficace est la saignée du bras. L'inhalation très-courte du chloroforme a donné aussi d'assez bons résultats. — Voy. Albuminurie.
ÉCLANCI1E (orig. incertaine), le haut de la cuisse ou plutôt l'épaule de mouton séparée du corps de l'animal et destinée à la table. Voy. Gigot.
ÉCLECTISME (en grec hiksKna^ô%), choix que l'on fait dans des idées déjà connues pour en former un corps de science. On l'oppose à syncrétisme, mélange indigeste d'éléments hétérogènes. L'éclectisme a été, à diverses époques, employé par des philosophes, des médecins, des théologiens, qui faisaient profession de prendre dans ceux qui les avaient devancés ce qu'il y avait de plus raisonnable. Le nom d'éclectiques a été plus spécialement appliqué, dans les temps anciens, aux philosophes de l'école d'Alexandrie, qui avaient pour but principal de concilier les doctrines de Platon et d'Aristote : tels qu'Ammonius Saccas, Plotin, Porphyre ; et à une secte de médecins qui, repoussant les exagérations des dogmatiques et des empiriques, admettaient ce qu'il y avait de mieux fondé dans les diverses opinions médicales. Voy. Médeciise (Histoire de la).
De nos jours, l'éclectisme philosophique fut érigé en système par V. Cousin, qui, après avoir reconnu les erreurs des doctrines qu'il nomma sensualisme, idéalisme, scepticisme, mysticisme, entreprit d'extraire la part de vérité contenue dans chacune de ces doctrines et de les concilier ainsi toutes ensemble. Dans le fait, il n'accomplit et n'inspira que des travaux de critique historique, que M. Ravaisson a énumérés et appréciés dans son Rapport sur la Philosophie enFranceau xixe siècle (1868). Son école a quitté le nom d'éclectisme pour celui de spiritualisme, qui seul en indique la tendance commune.
ÉCLIPSE ,du gr. É-/.Xei<|/t-, disparition), suppression momentanée, soit partielle, soit totale, de la lumière d'un astre. S'il s'agit d'un astre lumineux par lui-même, comme le soleil, l'éclipsé résulte de l'interposition d'un corps opaque, la lune, entre cet astre et la terre; s'il s'agit au contraire d'un corps non lumineux par lui-même, comme la lune qui tire sa lumière du soleil, l'éclipsé résulte de l'interposition d'un corps opaque, la terre, entre cet astre et le soleil. — Pour qu'une éclipse de lune ait lieu, il faut d'abord qu'il y ait opposition ou pleine lune. Mais à cette époque, à cause de l'obliquité de l'orbite lunaire par rapport à l'écliptique (obliquité qui est de 5" 8'), le soleil, la terre et la lune sont souvent loin d'être en ligne droite, et le cône d'ombre de la terre peut passer au-dessus ou au-dessous de la lune sans l'atteindre. Pour que l'éclipsé ait lieu, il faut donc que la lune ne soit qu'à une faible distance de l'é-