INVALIDES
tifs d'instance les actes qui commencent une procédure, p. ex. l'exploit d'assignation. Voy. Ajournement.
INTRODUCTION (du lat. introdùctio). Outre ses autres acceptions comprises de tous, ce mot a, en Musique, une signification toute spéciale: il exprime un morceau de musique d'un mouvement grave, composé d'un petit nombre de phrases, souvent même de quelques accords solennels destinés à appeler l'attention, à annoncer le premier allegro d'une symphonie, d'une ouverture ou de toute autre pièce instrumentale. Il se dit aussi d'une suite de morceaux de chant et de chœurs qui vient immédiatement après l'ouverture, et qui sert d'exposition au drame. La Dame blanche de Boïeldieu commence par une fort belle introduction ; mais c'est à Rossini que sont dus les plus beaux modèles en ce genre. Dans les opéras, il y a toujours une introduction; car elle n'est autre chose que le commencement même de la partition. Du reste, l'introduction n'est pas de rigueur.
INTROÏT (du lat. introïtus, entrée), début de la messe. C'est une antienne qui est récitée par le prêtre et en même temps chantée par le chœur. Autrefois, elle était suivie d'un psaume entier; à présent, on ne chante plus qu'un verset, suivi du Gloria Patri, après lequel on répète l'antienne.
INTRORSE (du lat. introrsus), se dit, en Botanique, des parties de la fleur, et en particulier des anthères, dont la direction ou l'ouverture regarde le dedans de la fleur.
INTRUSION (du lat. intrudere), se dit, en Droit canonique, de l'action d'usurper une dignité ou un office ecclésiastique. Elle emporte incapacité perpétuelle pour l'intrus de posséder le bénéfice usurpé.
INTUITION (du lat. intuitio), connaissance spontanée et immédiate, comme celle que la vue nous donne des objets extérieurs. Elle est propre à la perception externe, à la conscience, à la mémoire, à la raison. Elle est opposée à la connaissance discursive, que l'esprit obtient en parcourant une suite d'idées, comme il le fait dans l'induction et la déduction. On a appelé vérités intuitives les jugements dont nous saisissons immédiatement la vérité ; certitude intuitive, celle qui s'obtient sans raisonnement.
En Théologie, intuition se dit de la vision, de la connaissance claire et immédiate de Dieu, connaissance accordée par un effet de la grâce, soit aux bienheureux après la mort, soit à des âmes privilégiées dans quelques rares instants de la vie présente.
INTUMESCENCE (du lat. intumescere, se gonfler), gonflement d'un organe ou d'une partie par l'effet d'une cause quelconque. — Voy. Tumeur.
INTUSSUSCEPTION(du lat. intus, en dedans, et suscipere, recevoir), fonction par laquelle les subsstances qui doivent être assimilées sont introduites dans l'intérieur des corps organisés, pour y être absorbées et servir à la nutrition. Les animaux et les végétaux s'accroissent par intussusception, tandis que les minéraux ne s'accroissent que par juxtaposition. Yoy. Absorption et Assimilation.
INULA, nom latin botanique du genre Aunée.
INULINE, principe immédiat extrait primitivement de la racine d'aunée (Inula helenium), mais que l'on a trouvé depuis dans les racines de topinambour, de chicorée, de dahlia, de colchique, etc. Cette substance est blanche, pulvérulente, très-fine, insipide, inodore, peu soluble dans l'eau froide, trèssoluble dans l'eau bouillante. — Une décoction de racine d'aunée laisse, par le refroidissement, déposer l'inuline sous forme de poudre. Comme l'amidon, l'inuline se convertit en un glucose par l'acide sulfuiique étendu et bouillant, mais ce glucose dévie à gauche la lumière polai-isée,et on le nomme pour cette raison lévulose ; de plus, l'inuline ne fait pas d'empois avec l'eau bouillante et n'est pas colorée en bleu par l'iode. Sa formule est C12Hî0O10.
INUUS, nom latin scientifique du genre Magot.
INVAGINATION (du lat. in, dans, et vagina, gaine), entrée contre nature d'une portion d'intestin
dans une autre portion. Cet accident est fort grave : si l'on ne peut y remédier, le cours des matières fécales est interrompu ; l'intestin étranglé s'enflamme, se gangrène et la mort arrive. — Voy. Iléus.
On appelle encore invagination : 1° une opération chirurgicale, qui a pour objet de rétablir la continuité du canal intestinal lorsque l'intestin est divisé ; 2° un procédé proposé contre la hernie crurale et qui consiste à introduire dans le canal crural une forte mèche de charpie.
INVALIDES (du lat. invalidus). Presque tous les peuples civilisés ont cherché a pourvoir à l'existence de ceux qui s'étaient dévoués au service du pays, lorsque l'âge, les infirmités ou les bles»ures les ont mis hors de service. Chez les Grecs, l'Etat subvenait dans les prytanées aux besoins de quelques-uns d'entre eux. A Rome, surtout à partir de J. César, on donnait aux vétérans émérites des terres dont il-- tiraient leur subsistance. En France, Philippe- Auguste conçut le premier le plan de réunir les vieux soldats dans un asile particulier. Henri III formaen 1575, à Paris, rue de l'Ourcine, une Maison hospitalière pour les officiers et soldats infirmes ; Henri IV, puis Louis XIII, maintinrent cette institution, mais en la modifiant. Enfin, LouisXlV commença en 1670 Y Hôtel des Invalides, qui ne fut achevé qu'en 1706. 11 devait recevoir 4,000 hommes,mais il en a contenu jusqu'à 10,000.
Le soldat trop vieux ou trop infirme pour porter les armes peut, s'il n'a pas de famille, ou s'il est mutilé au point de ne pouvoir exister seul avec le modique traitement affecté à son grade, se faire admettre à l'Hôtel des Invalides, où il est entretenu aux frais de l'Etat. L'invalide est toujours libre de quitter l'Hôtel et de reprendre sa pension. Certain nombre d'officiers y trouvent aussi place ; ils logent seulset mangent en commun. Outre les officiers invalides, il y a, dans l'Hôtel, un état-major composé du gouverneur, du général commandant, du colonel-major et des adjudants majors. Il s'y trouve un service de santé, un curé et des chapelains. Les invalides ont à leur disposition une bibliothèque, des ateliers et de petits jardins. L'église de l'Hôtel des Invalides est un des plus beaux monuments de Paris : c'est là que sont renfermés les restes de Napoléon Ier. — Un décret du 29 juin 1863 assigne dans l'armée le premier rang aux invalides.
Plusieurs nations étrangères ont imité le plan de Louis XIV. En 1682 fut commencé en Angleterre le Cltelsea-college, achevé en 1690, qui contient 400 invalides, et qui en entretient 10,000 autres répandus dans les campagnes; en 1708 les bâtiments de Greenwicli furent affectés aux invalides de la mariné. La Prusse a aussi son Hôtel des Invalides, fondé, en 1 745 par Frédéric II, près de la porte d'Oranienbaum. La Suède en possède un à Upsal. La Russie a, depuis 1830, une colonie d'invalides (Slobode Pavlofskaïa)r entre Gatchina et Tsarskoé-sélo.
invalides de la marine, institution fondée en 1673, par Louis XIV, sur la proposition de Colbert, et destinée à donner des secours, en France, aux invalides sortis de la classe des marins. Trois caisses distinctes contribuent aux frais de cette institution; ce sont : 1° la caisse des invalides, alimentée par une retenue de 3 p. 100 sur la solde de tout marin do l'État; 2" la caisse des prises, alimentée en temps de guerre par le produit des prises faites par les vaisseaux de l'Etat (et jadis par les corsaires); en temps de paix, par le produit de diverses amendes; 3° la caisse des gens de mer, qui recueille et conserve le pécule des familles de marins pendant l'absence et après la mort de leurs chefs. Ces caisses sont administrées par le trésorier générul de la Mari/te. Il existe en outre dans les ports de France des trésoriers particuliers des invalides de la Marine, nommés par le ministre, et chargés du recouvrement de tous les revenus qui composent la dotation de la caisse des invalides, et du payement des pensions,, demi-soldes, traitements de réforme, etc.