LAVANDE
ses branches ont servi de tout temps à faire des couronnes pour les vainqueurs. On l'appelle aussi L. commun, L. franc, L. sauce. C'est un bel arbre qui s'élève à 10U1 env. dans le midi de l'Europe, dans l'Asie Mineure et l'Afrique septentrionale, où il croît spontanément ; mais il est beaucoup plus bas dans nos contrées. Ses brandies sont droites, serrées contre le tronc; ses feuilles persistantes, lancéolées, veinées et luisantes : i! y a des variétés à grandes feuilles, d'autres à feui.'les ondulées sur les bords et crépues, d'autres à feuilles très-étroites. Toutes les parties du laurier sont imprégnées de sucs aromatiques, et servent comme, parfum et comme assaisoniiement. Le bois du laurier est dur et élastique. Ses feuilles sont regardées comme fébrifuges. Ses baies donnent une huile (huile de laurier) très-usitée en onctions contre les douleurs: elle entre dans la composition du baume de Fioravanti.
Aucun arbre n'a été plus célèbre dans l'antiquité, ni plus souvent chanté par les poètes. Il était particulièrement consacré à Apollon. Les anciens croyaient que le laurier communiquait l'esprit de prophétie et l'enthousiasme poétique. 11 était aussi le symbole de la victoire ; à Rome, on portait devant les généraux vainqueurs des faisceaux entourés de laurier. On croyait enfin que le laurier n'était jamais frappé de la foudre. — Au moyen âge, c'était d'une couronne de laurier que les Universités de France récompensaient les poètes, les artistes et les savants qui s'étaient distingués par de grands succès : d'où le nom de lauréat. — Quant à l'origine des mots baccalauréat et bachelier, Voy. Baccalauréat.
Plusieurs botanistes bornent à cette seule espèce le genre Laurier; d'autres y comprennent le L. avocatier (L. persea) ou Poirier avocat ; le L. camphrier (L. camphora); le L. cannellier (L. cinnamomum , le L. casse (L. cassia), qui en est voisin, elle L. sassafras. Voy. Avocatier, Cannellier, Sassafras, etc.
Dans l'usage, on donne le nom de Laurier a divers arbustes qui n'appartiennent en rien à la famille des Laurinées, mais qui présentent par la forme ou la consistance de leurs feuilles quelques rapports de ressemblance avec les vrais Lauriers.
LAURIER-AMANDIER OU LAURIER-CERISE, PrurtUS laUl'O-
cerasus, grand et bel arbrisseau du genre Cerisier, famille des Rosacées : fleurs blanches, en grappes axillaires, d'une odeur douce ; fruits drupacés, ovoïdes, de la forme des guignes, mais plus petits : leur chair est violette, fade ; le noyau et l'amande sont très-amers, ce qui tient à la présence de l'acide prussique qui existe assez abondamment dans cette plante. On se sert de ses feuilles pour parfumer le lait et les crèmes ; il ne faut jamais mettre plus de deux feuilles pour un litre de lait, si l'on ne veut s'exposer à faire naître des accidents, tels que vertiges, défaillance, etc. Le poison contenu dans le laurier-cerise est si subtil, que les seules émanations de cet arbrisseau, si l'on s'arrête trop longtemps sous son ombrage, peuvent occasionner des maux de tête et des nausées. — Le Laurier-amandier est originaire de l'Asie Mineure. Ce fut en 1576 qu'il fut importé pour la première fois en Europe ; depuis il s'est répandu dans presque tous les jardins, où il est recherché à cause de la beauté de son feuillage. Il se perpétue facilement de graines, de drageons et de marcottes.
laurier-benjoin, Lnurus Benzoin, dit aussi Benjoin odoriférant, genre de la famille des Laurinées, établi pour un arbuste de l'Amérique du Nord, haut de 3a, à feuilles oblongues aiguës, à fleurs en ombelle, à baies rouges puis noires. Il ne faut pas le confondre avec le Styrax Benzoin qui seul fournit le benjoin. Voy. ce mot.
LAL'RIER-ROSE OU LAUROSE, LAURELLE,2Vm'(/»Z olean-
der, genre de la famille des Apocynées, renferme des arbrisseaux d'une forme élégante, chargés d'un grand nombre de fleurs de couleur rose, quelquefois blanches, à corolle infundibuliforme.dont le tube est muni à son orifice de 5 lanières à plusieurs lobes. Le
fruit se compose de 2 folioles uniloculaires, allongé) 's; graines couronnées par une aigrette. Cet arbris contient un suc acre, caustique et laiteux, qui est un poison pour l'homme et pour tous les animaux. Les Maures de Barbarie se servent du charbon de ce bois dans la fabrication de la poudre. — On croit le Laurier-rose originaire du Levant. Il pousse spontanément sur le bord des eaux en Italie, en Espagne et dans le midi de la France.
laurier-tin, Viburnum tinus , espèce du genre Viorne, tribu des Sambucées, famille des Caprifoliacées, renferme des arbrisseaux remarquables par leurs rameaux carrés, leurs feuilles coriaces, li>.->es, leurs fleurs blanches, et qui croissent dans les lieux pierreux et couverts. Ils s'élèvent à 2 ou 3">, et sont cultivés, comme plantes d'ornement.
On nomme vulg. Laurier alexandrin, le Fragon ; L. aromatique, le Brésillet ; L. au lait, le Lauriercerise; L. épineux, le Houx; L. épurge, le Lauréole; L. nain, le Vaccinium ; L. rouge, une espèce de Franchipanier; L. de St Antoine, l'Épilobe ; L. sauvage, le Myrica à cire; L. tulipier, le Magnolier.
LAURINE, alcaloïde qu'on extrait des baies du laurier. L'acide laurique ou laurnstéarique s'obtient par la saponification de la laurine.
LAURINÉES ou lalréacées fdu g. -type Laurier), famille de plantes Dicotylédones dialypétales périgynes, appartenant aux régions chaudes des deux continents. Ce sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, rarement opposées, entières ou lobées, souvent coriaces, persistantes et ponctuées ; à fleurs en panicules ou en cymes ; calice à k ou 6 divisions, 8 à 12 étamines insérées à la base, anthères terminales, ovaire libre uniloculaire ; fruits charnus à la base desquels persiste le calice. — Nées d'Esenbeck a subdivisé cette famille en treize tribus : Cinnamomées, Camphorées, Phœbées, Persées, Cryptocaryées, Acrodirlidiées, Nectandrées, Uicypelliées, Oréodaphnées, Flaviflores, Tétranthèrées, Daphnidiées, Cassythées. C'est à la tribu des Tétranthèrées qu'appartient le Laurier proprement dit.
LAURIQUE (acide). Voy. Laurine.
LAUROSK. Voy. Laurier-rose.
LAURUS, nom latin du genre Laurier.
LAVARO (en latin je laverai), terme de Liturgie, désigne : 1" l'action du prêtre qui se lave les doigts à un certain moment de la messe, entre l'offertoire et l'Orate fratres, en même temps qu'il ditces mots : Lavabo inter innocentes manus meas, etc. ; 2° la partie de la messe où s'accomplit cette action ; 3° le linge avec lequel le prêtre s'essuie les doigts.
En termes d'Ebénisterie, un lavabo est un meuble garni de tous les ustensiles nécessaires pour la toilette : cuvette, verres, brosses, flacons, etc.
LAVAGE (de laver). Dans le travail des Mines, c'est l'opération par laquelle on sépare, au moyen de l'eau, les parties terreuses ou pierreuses des parties métalliques. — Dans les Arts, on nomme eaux de lavage les eaux qui, après avoir passé sur des terres salpètrées, ne sont pas assez chargées de sels nitreux pour être soumises avec avantage à l'évaporation, et que l'on est obligé de faire passer sur de nouvelles terres pour les porter au degré convenable. — Lavage, en Médecine. Voy. Émétique et Purgatifs.
LAVANDE (de l'ital. lavanda, action de laver; parce qu'elle sert à préparer une eau de toilette), Laïundula, genre de la famille des Labiées, tribu des Ocj moïdées, renferme de petits arbrisseaux ou des herbes ' vivaces, qui croissent sur les bords de la Méditerranée et dans l'Asie méridionale. — La Lavande com mu [L. spica), vulg. Spic ou Aspic, a des fleurs bleues ou blanchâtres, en verticilles tres-rapprochés, formant jj un épi terminal, muni de bractées aiguës. EUeest com- , mune sur les rochers de la Provence, où les abeilles ' y recueillent un miel très-doux et qui conserve l'odeur de la plante. On la cultive en bordure dans les jardins. La lavande est tonique, cordiale, stomachique; sa saveur est chaude, aromatique et amère.