‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des artsChapitre 876 sur 1672 · LÉGISTE · texte numérisé non relu

LÉGISTE

LÉGENDE (du lat. %e7tt/a,cequ'ilfautlire).I. Dans le langage ecclésiastique, ce terme désigna d'abord les versets que l'on récitait dans les leçons des matines, et fut ensuite appliqué aux Vies des saints et des martyrs, parce qu'on devait lire ces vies dans les réfectoires des communautés et des monastères. Transmises tant par la voie orale que par l'écriture, les légendes se répandirent promptement parmi le peuple et se multiplièrent d'une manière extraordinaire. Elles constituent la plus grande partie de la littérature des premiers siècles du moyen âge. Presque toutes sont en prose latine ; le ton en est simple et naïf ; les expressions tirées de la Bible ou des Pères y abondent; la diction, souvent barbare, ne manque quelquefois pas d'une certaine grâce. — Parmi les légendes, on distingue surtout celle de Siméon leMétaphraste, grand logothète de l'empereur Léon, rédigée en grec au xe siècle; la Légende dorée, de Jacques de Varagine, archevêque de Gènes au xme siècle, rédigée en latin ; les Vies dues à Flodoard, chanoine de Reims au ixe siècle, et à Gosselin, religieux de St Benoît au xne siècle ; la Fleur des Saints, du P. Ribadeneira (1599). Enfin sous le titre d'Acta Sanctorum, les frères Bolland ont commencé en 1643 une immense collection de légendes qui forme actuellement plus de 60 volumes in-fol., et qui n'est pas encore achevée. Il a été publié en 1852 à Paris, sous le titre de Légende céleste, une nouvelle Histoire de la Vie des Saints, rédigée par une société d'ecclésiastiques. — Les légendes ont été à divers points de vue l'objet de travaux critiques de hipart de dom Ruinart, Baillet, Mésenguy, A. Butler, A. Maury, etc.

IL On appelle aussi légende le récit merveilleux et populaire de quelque événement antéhistorique, et l'histoire fabuleuse d'un personnage assez important pour avoir frappé l'imagination d'un peuple entier. Ce sont les légendes qui ont fourni la fable de toutes les épopées primitives ( Voy. Épopée). Au moyen âge, l'histoire de Charlemagne, dans les chansons de geste, est devenue une véritable légende et de nos jours l'empereur Napoléon Ier est déjà presque an personnage légendaire. Le caractère essentiel de la légende et ce qui la distingue de la fiction poétique, c'est qu'elle est spontanée, inconsciente et pour ainsi dire dupe d'elle-même. — Voir sur la formation et l'explication des légendes, MaxMùller, Science du langage. Voy. aussi Mythologie.

légende. Pris comme terme monétaire, ce mot se dit de toute inscription gravée sur l'une des faces ou sur la tranche des médailles, monnaies, jetons, etc. — Dans les premiers temps, les légendes furent courtes, se bornant à l'indication de la ville où la médaille avait été frappée ; plus tard elles y joignirent les noms des divinités, des magistrats, des rois, la valeur de la monnaie , etc. Très-souvent pourtant on en voit qui se réduisent à de simples monogrammes. Les légendes au moyen âge furent écrites en latin. Sous les Mérovingiens, elles renfermèrent le nom de la ville et celui du monétaire ; sous les Carlovingiens, le nom du roi s'y trouve seul. Pendant la troisième race, les légendes deviennent religieuses : la légende Sit nomen Domini benedictum date de St Louis. En 1685, on commença de marquer les monnaies sur la tranche avec la légende Domine salvum fac regem, qui fut remplacée sous la République par les mots Garantie nationale, et sous l'Empire par Dieu protège la Fronce. Sur les faces, les légendes se disposent soit circulairement, soit en ligne droite. Depuis longtemps la légende circulaire occupe la face proprement dite, et la légende rectiligne le revers : la première donne les noms, titres, etc., du personnage représenté; la seconde indique la valeur de la pièce, l'année, le lieu, l'événement, etc. Beaucoup de ces indications sont en abrégé ou symboliques. Aussi, pour bien lire des légendes monétaires, faut-il avoir une connaissance spéciale de la langue et des dialectes , de la paléographie, de la séméiotique, etc. Voy. Numismatique.

LÉGÈIIES CroKSiFs). Voy. FUGITIVES (poésies).

LÉGILE (du lat. legilis, qui sert à lire), pièce d'étoffe dont on couvre le pupitre sur lequel on chante l'épltre et l'évangile aux messes solennelles.

LÉGION (en lat. legio; de légère, choisir, lever), corps principal de la milice romaine, était composé principalement d'infanterie, avec environ un dixième de cavalerie. On y distinguait des hommes pesamment armés et nommés, selon le rang qu'ils occupaient primitivement, principes (1" rang), hastnti (2e), triarii (3e), et des hommes armés à la légère (velites). Le nombre des soldats de la légion varia à différentes époques : depuis Marius il fut de 6,000 hommes, distribués en 10 cohortes, subdivisées ellesmêmes en 'centuries et en manipules.

En France, le nom de légion a été donné à des corps de toutes armes, dont la plupart n'ont eu qu'une courte durée. François. 1er créa 7 légions provinciales, divisées chacune en 6 bandes de 1,000 hommes, et qui ne comprenaient ni grandes armes ni cavalerie; Henri II en créa de nouveau .en 1558 ; mais leur existence ne fut pas longue. Elles reprirent faveur en 1741 et 1756 : on y réunit l'infanterie, la cavalerie et les armes spéciales. Il fut formé, lors des guerres delà Révolution, plusieurs légions dites batave, hollandaise, polonaise, portugaise, italique, des Alpes, des Francs, etc. Après la révolution de Juillet, il fut créé, avec des réfugiés de tous pays, une légion étrangère, de 5,000 hommes, réduite, depuis 1861, à un seul régiment, le régiment étranger, qui sert en Algérie.

Les gardes nationales étaient organisées en légions avant 1852 : elles le sont aujourd'hui par bataillons {Voy. Garde nationale). — La gendarmerie départementale se divise aussi en légions subdivisées chacune en plusieurs compagnies.

légion d'honneur (ordre de la), ordre fondé par une loi du 29 floréal an X (19 avril 1802), pour récompenser les services militaires et le mérite civil (Voy., pour son organisation primitive, l'article légion d'honneur au Dict. d'Hist. et de Géogr.). Modifié par l'ordonnance du 26 mars 1816, par les décrets du 24 mars 1851,22 et 25 janv., et 29 février 1852, l'ordre a été réorganisé par le décret organique du 16 mars 1852. Il comprend des chevaliers, des officiers, des coimnandeurs, des grands-officiers et des grand-croix. — Consulter les Fastes de la Légion d'honneur de MM.Lievyns, Verdot et Bégat '1842 et suiv, ; l' Annuaire de la Légion d'honneur (1853, etc.).

Un décret du Gouvernement de la Défense 1 27 oct, 1870) avait réservé cette décoration à l'armée.

LÉGIS, nom donné dans le Commerce aux plus belles soies de Perse. On distingue les légis voirines, qui sont les plus belles ; les légis bourmes ou bourmios, qui viennent après; et les légis ardasses, qui sont les plus grosses.

LÉGISLATIF (CORPS), ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE. Voy.

ces mots au Dict. d'Hist. et de Géogr.

LÉGISLATION (du lat. legislatio). Ce mot se prend dans deux sens. Il désigne : 1° l'ensemble des lois d'un pays (la loi française, la loi allemande), et en ce sens il est synonyme de Droit (Voy. ce mot; ; 2° l'acte de faire les lois par opposition aux lois qui sont faites, et en ce sens on oppose législation adroit, et l'on dit p. ex. qu'en Droit telle chose existe et qu'en Législation il vaudrait mieux qu'elle ne fût pas. — Parmi les ouvrages sur cette matière, on distingue l'Esprit des lois de Montesquieu ; les Lois civiles dans leur ordre naturel de Domat; le livre de Mably : De la législation; la Scie>œe de lu législation de Filangieri; les écrits de Bentham, etc. Voy. Lois et Jurisprudence.

LÉGISLATURE. Il se dit de l'ensemble des pouvoirs qui concourent à la formation des lois, et du temps légal d'existence d'une chambre élue, depuis son installation jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs.

LÉGISTE (du b.-lat. legista ; de lex, legis, loi), celui qui fait profession d'étudier la loi : il est sy-

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