LIBRE
tion, on fit on quelque sorte revivre la déesse Liberté, et l'on substitua ses statues aux statues des rois. Dans plusieurs solennités on vit figurer, auprès de la déesse de la Raison, des déesses delà Liberté, représentées par des femmes.
Liberté du commerce, libre échange. Voy. Échange.
Liberté des cultes. Voy. Culte.
Liberté d'enseignement. Voy. Enseignement et Instruction publique.
Liberté de la presse. Voy. Presse.
Liberté des mers. Voy. Mer.
Liberté provisoire (Mise en), se dit, en termes de Procédure, de la mise en liberté d'un prévenu sous la condition de se présenter devant le juge à sa première réquisition ; elle peut être admise sans caution comme avec caution, en matière de crimes comme en matière de délits (Loi du 14 juillet 1865).
Libertés de l'Église gallicane. Voy. Gallicane (église) au Dict. univ. d'Hist. et de Géogr.
LII1ERUM VETO. Voy. VETO.
LIBÉTHINÏTE. Voy. CUIVRE PHOSPHATÉ.
LIBITLVAIRE (en lat. libitinarius, de Libitina, déesse des funérailles), officier public qui présidait aux convois, à Rome, et qui fournissait tout ce qui était nécessaire aux funérailles.
LIBOURET, ligne composée de plusieurs cordes auxquelles on attache autant d'hameçons, et qui sert à pêcher le maquereau.
LIBRAIRE, librairie (du lat. librarius). On distingue le Libraire éditeur, qui fait confectionner les livres et qui les publie soit pour son compte, soit pour celui des auteurs avec lesquels il a traité; le L. imprimeur, qui imprime lui-même les livres qu'il édite ; le L. commissionnaire ou L. d'assortiment, qui, moyennant certaines remises, place et expédie les livres fabriqués ; le L. en vieux ou bouquiniste, qui fait commerce des anciens livres. On peut, en outre, distinguer autant de genres de librairies qu'il y a de genres d'ouvrages : Librairie classique ; L. commerciale et industrielle ; L. de jurisprudence, de littérature, de romans ; L. de médecine et de chirurgie ; L. des sciences exactes ; L. de théologie ; L. des langues vivantes, des langues orientales, etc.
La librairie était régie, sous l'ancienne monarchie, par divers règlements qui furent réunis et coordonnés en 1723, dans une célèbre ordonnance rédigée par d'Aguesseau ; aujourd'hui, elle est régie par le décret impérial du 5 février 1810, par les diverses lois sur la presse publiées les 21 octobre 181 û, 17 et 26 mai 1819, 9 sept. 1835, par le décret du 24 mars 1852, et par plusieurs dispositions du Code pénal.
Tous les libraires doivent être brevetés et assermentés (Décret du 5 février 1810). Les brevets doivent être enregistrés au tribunal civil de la résidence du libraire, qui prête en même temps serment de ne vendre, débiter et distribuer aucun ouvrage contraire aux devoirs envers le souverain et l'intérêt de l'État (art. 30). Les libraires éditeurs sont tenus de déposer deux exemplaires des ouvrages qu'ils publient, et d'y indiquer leur vrai nom ; toute contravention à cette dernière obligation est punie d'un emprisonnement de 6 jours à 6 mois (Code pénal, art. 283). Tout libraire qui vend ou distribue des ouvrages contraires aux bonnes mœurs est puni d'un emprisonnement d'un mois à un an, d'une amende de 16 à 500 fr., et de la confiscation desdits ouvrages, qui sont mis au pilon ^art. 287, 477). Pour la fabrication et le débit d'ouvrages contrefaits, Voy. Contrefaçon.
Un décret rendu à Paris, le 10 septembre 1870, a déclaré libre la profession de libraire.
Une Direction de la librairie et de l'imprimerie a été créée en 1810, pour veiller à l'exécution des lois et règlements qui concernent ces deux industries ; longtemps annexée au ministère de l'Intérieur, cette administration fut placée en 1852 dans les attributions du ministère de la Police générale; elle a été rendue dès 1853 au ministère de l'Intérieur.
11 existait des libraires chez les anciens ; les Grecs,
et les Latins d'après eux, les nommaient bibliopolaj (librarius voulait dire alors copiste). Mais les hvrea étant peu nombreux, à cause de la lenteur et de la cherté de la transcription, ce commerce n'avait qu'un très-médiocre développement. Pendant longtemps, au moyen âge, les couvents seuls s'occupèrent de la transcription et de l'échange des livres. Enfin, à partir des xue et xme siècles, les Universités s'adjoignirent, sous le nom de libraires, des hommes chargés de débiter les livres sous leur surveillance ; ils étaient dits suppôts de l'Université, et formaient une corporation privilégiée. L'invention de l'imprimerie donna tout à coup un grand développement au commerce de la librairie : dès le xvie siècle, un imprimeur-libraire de Paris employait journellement 250 ouvriers et livrait près de 200 rames de papier à l'impression. Venise fut longtemps à la tète du commerce de la librairie; au xvue siècle, la Hollande prit la supériorité ; aujourd'hui, et depuis longtemps, la France, l'Angleterre et l'Allemagne rivalisent pour le nombre comme pour l'importance des transactions : la foire de Leipsick est devenue le centre de la librairie allemande. Plusieurs libraires se sont fait un nom en France : tels sont, outre les grands imprimeurs du xvie siècle, qui étaient en même temps libraires, Antoine Vérard, de Paris, le père de la librairie française ; de Tournus, à Lyon ; au xvue siècle, les Cramoisy, les Vitré, les Duprez ; au xvme, les Barbou, les Panckoucke, les Didot ; de nos jours Renouard.Crapelet, les Hachette, lesMame, M. Lévy, etc.
On doit à M. J.-Ch. Brunet un Manuel du libraire, qui est un des meilleurs guides dans le choix des livres. En outre, il existe un journal hebdomadaire, dit Journal de la librairie, qui indique toutes les publications à mesure qu'elles paraissent ; il a été créé en 1811, par Beuchot.
LIBRATIOIV (du lat. libratio), balancement apparent de la lune qui a pour effet de faire varier légèrement la partie de sa surface visible de la terre, et la position des taches de son disque. On distingue : la L. en longitude, la L. en latitude, et la L. diurne. — LaZ,. en longitude,découverle par Hévelius.résulte de ce que la lune, qui devrait tourner exactement du même angle dans un temps donné, autour de la terre et sur son axe, pour nous montrer toujours la même partie de sa surface, tourne uniformément sur son axe et irrégulièrement sur son orbite. Par conséquent, suivant que l'un de ces deux mouvements l'emporte ou non sur l'autre, la lune nous montre et nous cache alternativement, à l'avant ou à l'arrière, de petites parties de sa surface. — La. L.en latitude, découverte par Galilée, résulte de ce que l'axe de rotation de la lune n'est pas tout à fait perpendiculaire au plan de son orbite. Suivant qu'elle est à un point ou au point diamétralement opposé de cette orbite, elle montre ou cache alternativement les parties de sa surface voisines de ses pôles. — Enfin la L. diurne, découverte également par Galilée, résulte de ce que l'observateur, emporté dans le mouvement diurne de la terre, change de position par rapport à la lune et par suite n'aperçoit pas toujours la même portion de sa surface. On doit à D. Cassini la première explication satisfaisante delà libration, dont la théorie complète a été donnée parLagrange en 1763.
LIBRE (du lat. liber). Cette épithète prend un sens tout particulier dans certains cas. Ainsi, en Botanique, on appelle amande libre celle dont la surface n'adhère point à l'enveloppe qui la recouvre ; calice libre, celui qui n'a pas d'adhérence avec l'ovaire ; étamines libres, celles qui ne tiennent ensemble ni par les filets ni par les anthères ; ovaire libre, celui qui n'a aucune adhérence soit avec le périanthe simple, soit avec le calice, etc.
En Poésie, on appelle vers libres, des vers où l'on admet différentes mesures, et qui ne sont pas soumis au retour d'un rhythme régulier.
Villes libres, nom donné à certaines villes qui n'étant soumises à aucun prince, sont gouvernées par