LOUTRE
est aujourd'hui dans les attributions de l'administration forestière. Il est accordé pour chaque tête de loup des primes qui ont été ainsi fixées par arrêté du 19 pluviôse an V : 18 fr. pour une louve pleine, 15 fr. pour une louve non pleine, 12 fr. pour un loup, 6 fr. pour un louveteau. A la faveur de ces mesures, le nombre des loups abeaucoup diminué dans toute l'Europe ; ils ont entièrement disparu de la Grande-Bretagne.
Le loup, chez les Egyptiens, était particulièrement adoré à Lycopolis (ville du loup); chez les Grecs, il était consacré à Apollon; chez les Romains, il l'était au dieu Mars; Romulus et Rémus, fils de ce dieu, avaient été allaités par une louve. Le loup Ferais occupe une grande place dans la mythologie Scandinave. Enfin, au moyen âge, on croit aux loups-garous. Voy. ci-après.
loup-cf.rvier, nom donné au Lynx, parce qu'il est considéré comme l'ennemi du cerf. Voy. Lynx.
loup doré. Voy. Chacal.
loup de MEit, LoiBiNE, poisson de la famille des Percoïdes. Voy. Bar.
Le Loup marin est VAnarrhique. Voy. ce nom.
loup, constellation de l'hémisphère austral située auS.-O. d'Antarès, et composée de 34 étoiles principales, dont une de 3e grandeur, au pied de derrière.
lolp, demi-masque de velours noir que les dames €t quelquefois les hommes portaient autrefois pour se garantir du hàle. Voy. Masque.
On donne encore le nom de loup, en Chirurgie, à un ulcère malin et rongeur ( Voy. Lupus) ; — en Orfèvrerie, à un morceau d'ivoire brut dont les orfèvres se servent comme de brunissoir : on dit aussi dent-de-loup. Voy. ce mot.
loup-garou (de loup, et du b.-lat. gerulfus, dérivé lui-même du germanique ou Scandinave vere-wo/f, var-ulf, homme-loup), prétendu sorcier qui court les campagnes et les rues, tantôt sous la forme d'un loup, traînant des chaînes et prêt à dévorer les enfants, ou bien sous celle d'un chien blanc ou d'une chèvre noire ; tantôt invisible, mais produisant l'effet d'une roue rapide, que rien ne peut arrêter. Sa peau est à l'épreuve de la balle, à moins que la balle n'ait été bénite dans la chapelle deSt Hubert, que le tireur ne porte sur lui du trèfle à k feuilles, etc. Cette superstition, très-ancienne, aété répandue dans toute l'Europe; on en trouve encore aujourd'hui des vestiges chez les paysans de la Saintonge, delà Bretagne, du Limousin et de l'Auvergne. Elle était autrefois tellement accréditée, que les tribunaux condamnaient au feu ceux qui étaient accusés de ce genre de sorcellerie. Au xve siècle, sous l'empereur Sigismond, une réunion de théologiens proclama la réalité des loupsgarous. On suppose aujourd'hui que beaucoup de ceux que l'on a traités de loups-garous, ou qui se croyaient eux-mêmes être tels, n'étaient que des maniaques atteints de lycanthropie. Voy. ce mot.
LOUPE (du lat. lupa, louve, comme un ulcère a été nommé lupus [Diez]), nom donné, en général, à des tumeurs circonscrites, indolentes, ordinairement arrondies, pédiculées ou sessiles, ne produisant ni inflammation ni changement de couleur à la peau. Les loupes peuvent se rencontrer dans presque toutes les régions du corps ; mais leur siège ordinaire est au cuir chevelu, à la poitrine et au dos. Leur volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui de la tête et même davantage. Leur nature est également fort variable : tantôt c'est une hypertrophie des cellules adipeuses, qui se développent indéfiniment sans offrir une enveloppe distincte; on leur donne alors le nom de lipome ( Voy. ce mot); tantôt elles sont formées par les follicules sébacés delà peau ou des kystes accidentels : dans ce cas, on leur donne, selon leur siège ou selon la nature de la matière qui les compose, des noms particuliers, tels que ceux d'athérôme, de stéatôme, de mélicéris, etc. {Voy. ces mots). Le plus souvent les loupes vont toujours grossissant sans subir aucune altération et constituent seulement une infirmité gênante ; parfois elles don-
nent lieu à une fistule, ou bien elles dégénèrent en une affection cancéreuse et par conséquent mortelle.
On a proposé des modes fort divers pour le traitement des loupes: la compression, l'écrasement, l'emploi des substances ammoniacales, des injections irritantes, les sétons, les caustiques, etc. ; mais ces divers moyens ne réussissent que dans quelques cas, et ne sont pas sans inconvénients : l'ablation de la tumeur, lorsque son volume ne la rend pas tout à fait impossible, offre seule un moyen efficace. L'ablation se fait ordinairement au moyen de l'instrument tranchant; mais cette opération n'est pas ellemême sans danger, à cause de l'érysipèle qui survient souvent à la suite. Le meilleur procédé est de diviser la peau avec un caustique : une fois la peau divisée, l'énucléation se fait avec plus de facilité.
En Zoologie, on appelle loupes des tumeurs naturelles à certains animaux comme le chameau, le zébu, etc. — En Botanique, on donne vulg. le nom de loupes aux excroissances ligneuses qui viennent sur le tronc ou sur les branches de certains arbres. Ces loupes sont fort recherchées pour certains usages : celles de l'orme, p. ex., servent à faire des ouvrages de tabletterie ( Voy. Broi ssin). — En termes de Joaillier, loupe se dit d'une pierre précieuse que la nature n'a pas achevée : on dit une loupe de saphir, de rubis. — En Métallurgie, on appelle loupe une masse de fer affiné incandescente et à demi liquéfiée qu'on va passer au marteau ou sous le cylindre.
loupe. En Optique, la /o«pe, ainsi appelée sans doute à cause de sa forme arrondie, est une lentille convergente d'un très-court foyer, qui sert à voir, en les grossissant, de petits objets ou de petits détails qu'il serait impossible de saisir à la vue simple. L'objet qu'on regarde à la loupe doit toujours être placé en avant, à une distance moindre que la distance focale ( Voy. Lentille) ; sa position varie avec la portée de la vue. — L'emploi de la loupe comme verre grossissant remonte au xine siècle. Roger Bacon en parle en 1250. Elle a beaucoup servi aux travaux des naturalistes, même depuis l'invention du microscope composé {Voy. Microscope). Dans le principe on la tenait à la main, ce qui était fort incommode ; on la place aujourd'hui sur un support avec un porte-objet et un miroir pour concentrer la lumière [microscope Cuff, microscope Raspail). Les loupes Stanhope sont montées sur une tige terminée par un anneau dans lequel on peut passer le doigt: leur usage est fort restreint. Comme il est gênant de se servir de très-petites lentilles, on emploie souvent des sphères en verre, soit coupées par le milieu, puis resoudées après que l'on a interposé entre les deux moitiés une lame de métal percée d'un trou {loupe diaphragmée de Wollaston), soit creusées suivant un de leurs grands cercles [loupe Coddington). Enfin on peut employer deux lentilles, toutes deux plan-convexes et ayant leur partie plane tournée vers l'objet : ce dernier appareil constitue le doublet de Wollaston qui a été perfectionné par Ch. Chevalier.
LOURDIE. Voy. Mal de sang.
LOURE (d'un vieux mot qui signifiait musette), sorte de danse grave dont l'air était assez lent, et se marquait ordinairement à six-quatre. Quand chaque temps porte trois notes, on pointe la première et l'on fait brève celle du milieu.
Dans la Langue musicale lourer, c'est nourrir les sons avec douceur et marquer la première note de chaque temps plus sensiblement que la deuxième, quoique de même valeur : cette manière d'exécuter est surtout en usage pour toutes les compositions qui ont le caractère rustique et montagnard.
LOUTRE, Lutra, genre de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers et. voisin des Martes, renferme des animaux essentiellement aquatiques et très-bons nageurs. Leur tête est plate et large, leur museau terminé par un mufle dans lequel sont percées les narines; leur corps est élargi et comme écrasé, leurs jambes courtes, leurs pieds larges et palmés comme
LOXONEMA.