LUNE
LUNAIRE, Luriaria, genre de la famille des Crucifères, tribu des Alyssinées, renferme deux espèces : l'une, bisannuelle, la L. bienms, sans odeur, à Heurs de couleur violette; ses graines sont contenues dans une silicule dont la cloison blanche et nacrée persiste longtemps après la chute des valves : c'est cette petite membrane ronde et blanche qui lui a valu les noms de Lunaire, d'Herbe-aux-écus, de Monnaie du pape, de Satin blanc, etc. ; l'autre, vivace, la L. rediviva, à feuilles très-grandes, légèrement velues, acuminées et dentées en scie; à fleurs d'un rose clair, quelquefois même d'un pourpre assez vif et exhalant une odeur très-suave.
LUNAISON, ou Mots lunaire, espace de temps compris entre deux nouvelles lunes consécutives. La durée de la lunaison est de 29 jours 12h kk™ 3S.
LUNATIQUE (du lat. lunaticus), ce qui est soumis à l'influence de la lune. On l'a étendu soit aux maladies qui reparaissent ou deviennent plus graves à des phases déterminées de la lune, et qu'on attribuait à l'influence de cet astre, soit aux individus qui sont affectés de ces maladies, ainsi qu'aux fous et aux êtres capricieux. Les anciens donnaient ce nomauxépileptiques. — Les Vétérinaires l'appliquent particulièrement aux chevaux sujets à l'oplithalmie périodique, ophthalmie que l'on supposait autrefois être influencée par le cours de la lune.
LUNG&i, loncbeon, mots anglais usités aujourd'hui en Franc» pour désigner le goûter ou repas accessoire, entre le déjeuner et le dîner, qui se prend ordinairement debout à l'imitation des Anglais.
LUNDI (du lat. lunœ cites, jour de la lune), 2e jour de la semaine, ainsi appelé par les anciens parce que la lune présidait à sa première heure. Le lundi, dans l'Église catholique, est appelé seconde férié et est consacré plus particulièrement au culte du St-Esprit ; mais c'est une dévotion libre. — On nomme lundi gras, le lundi de la semaine où finit le carnaval ; lundi saint, le lundi de la semaine sainte.
LUXE (du lat. luna), satellite de la terre. Elle décrit autour de cet astre une orbite elliptique dans l'espace de 27 jours 7b li3m 15s,5 : c'est ce qu'on appelle sa révolution sidérale. Elle emploie précisément le même temps à faire une révolution sur ellemême; c'est pour cette raison qu'elle présente toujours la même face à la terre. La lune n'est pas lumineuse par elle-même ; c'est ce qui fait que nous ne pouvons en apercevoir que la partie éclairée par le soleil {Voy. Liwe), et que dans le cours de sa révolution elle se montre à nous sous divers aspects ou phases. Lorsque la lune est en conjonction, c.-à-d. entre la terre et le soleil, elle tourne vers nous sa face obscure, et par suite est invisible : on dit alors qu'elle est nouvelle. En avançant sur son orbite, elle montre progressivement sa face éclairée par le soleil; elle se présente alors sous la forme d'un croissant d'abord très-délié, puis de plus en plus large. Parvenue à 90° du soleil, elle se montre sous la forme d'un demi-cercle : c'est le premier quartier. Lorsqu'elle esta 180° du soleil, ou, comme on dit, en opposition, elle apparaît comme un cercle complet: c'est la pleine lune. Elle décroît ensuite peu à peu en repassant par des phases inverses des premières; reparait sous la forme d'un demi-cercle quand elle est à 270° du soleil : c'est le dernier quartier, et redevient invisible, ou nouvelle, quand elle revient entre le soleil et la terre. L'opposition et la conjonction ont reçu le nom commun de syzygies. Les positions qui correspondent au premier et au dernier quartier s'appellent les quadratures. Les positions situées à égale distance des syzygies et des quadratures sont les octants. — La période de temps dans laquelle s'accomplissent les phases de la lune a reçu le nom de révolution synodique. Elle est un peu plus longue que la révolution sidérale, parce que pendant la durée, de cette dernière la terre se déplace elle-même sur son orbite, en sorte que la lune, après avoir accompli sa révolution sidérale, doit marcher encore
quelque temps pour se retrouver en conjonction. La durée de la révolution sj aodique est de 29 jours 12h Uttm 2S,8. On lui donne aussi le nom de lunaison ou de moi' 'unaire.
L'orbite lunaire est une ellipse dont la terre occupe un foyer : l'extrémité du grand axe de cette ellipse la plus voisine de la terr: s'appelle le périgée, l'autre extrémité est Yapogée. La distance de la lune à la terre, quand elle est au périgée, est de 56 rayons terrestres, 60 centièmes; sa distance à l'apogée est de 63 rayons, 16 centièmes; sa distance moyenne est de 60 rayons terrestre s environ, ce qui fait 384628 kilomètres ou 9 il 57 lieues. Le plan de cette orbite est incliné sur l'écliptique de 5° 8' 68" en moyenne. — La lune est de tous les astres celui dont le mouvement présente le plus d'irrégularités : d'abord le plan de son orbite oscille périodiquement autour de sa position moyenne; d'autre part les nœuds, c.-à-d. les points où elle rencontre l'écliptique, se déplacent avec le temps, dans le sens rétrograde de manière à accomplir une révolution complète en 18 ans 219 jours environ. Enfin la ligne des absides tourne elle-même dans le plan mobile de l'orbite, dans le sens direct, de telle sorte que la lune décrit non une ellipse, mais une spirale indéfinie qui ne peutêtre confondue avec une ellipse que dans une petite partie de son étendue. — Les principales inégalités du mouvement lunaire sont connues sous les noms d'eue'. h'o«, de variation, d'équation annuelle, etc. ( Voy. ces mots,. — La lune éprouve aussi dans son mouvement de rotation une sorte de balancement apparent qui fait varier légèrement sa partie visible : c'est que l'on appelle la. libration. Voy. ce mot.
Le rayon de la lune est les & du rayon terrestre; sa surface égale ^ de la surface terrestre, et son volume est le 49e de celui de la terre. Vue à la lunette, sa surface laisse apercevoir des taches brillantes ou obscures, qui ne sont autre chose que des vallées et des montagnes de dimensions considérables. Toutes ces montagnes sont des volcans éteints. Cependant certains astronomes affirment que quelques-uns seraient encore en activité. La lune n'a pas d'atmosphère : on le reconnaît d'abord à ce qu'on n'aperçoit pas de nuages à sa surface; mais aussi et surtout à ce que la durée calculée de l'occultation des étoiles par la lune a toujours été trouvée rigoureusement égale à la durée observée, ce qui ne serait pas si les rayons lumineux émanés des étoiles rencontraient, à la surface de la lune, une atmosphère qui les dévierait dans leur route. La lune est par suite inhabitable, au moins pour des êtres analogue? à ceux qui vivent sur la terre.
Les phases de la lune ont conduit la plupart des peuples de l'antiquité à prendre les lunaisons pour base de leur calendrier. Les Turcs et les Arabes emploient encore aujourd'hui une année lunaire de 12 mois composés alternativement de 30 et de 29 jours et formant en tout 35i jours. On appelle âge de la lunele temps écoulé depuis la dernière nouvelle lune : on le détermine pour un jour donné à l'aide de l'epacte ( Voy. ce mot). — Voy. aussi Calendrier.
On donne le nom d'éclipsés de lune à la disparition momentanée de cet astre par suite de l'interposition de la terre entre le soleil et lui. Les éclipses de lune ont lieu seulement à l'époque de la pleine lune {Voy. Éclipse). — Les marées sont dues à l'attraction combinée de la lune et du soleil ( Voy. Marée). — Pendant longtemps on a attribué à la lune une influence considérable sur les variations du temps, sur la végétation, sur la santé, etc. Aujourd'hui, beaucoup de ces croyances sont reléguées parmi les préjugés. D'autres, qui paraissent fondées à priori, ont besoin d'être étudiées plus à fond pour passer à l'état de faits scientifiques.
Il existe d'excellentes Tables de la lune qui permettent de déterminer le lieu de l'astre à un moment quelconque : Halley, Flamsteed, Euler, Clairaut, d'Alembert, Tobie Mayer, Burg, Burckhardt,