MIGRATION
•charbon sous l'action de la pression. Le microtasimètre se compose essentiellement d'un bouton plat de charbon serré entre deux disques de platine ; ces derniers sont munis d'appendices entre lesquels on peut placer un cvlindre d'une substance dilatable, qui agira sur l'appendice de chacun des disques, comme sur un bras de levier, pour serrer le bouton. Suivant que la compression est plus ou moins forte, l'intensité d'un courant qui traverse l'appareil «'•prouve des variations que l'on peut noter au galvanomètre. Si la matière employée se dilate sous l'action de la chaleur, l'appareil permet de mesurer les plus petites variations de température. Si le cylindre interposé est au contraire d'ime matière actionnée par l'humidité, comme la gélatine, on a un appareil qui dénote les plus faibles changements d'état hygrométrique.
" MICROTOME, appareil utilisé en Histologie pour étudier la structure intime des organes animaux ou végétaux. En principe, un microtome «st formé d'un rasoir, généralement fixe, lequel découpe, dans l'organe à étudier, des tranches extrêmement minces; à cet elfet, un mécanisme, variable avec les divers systèmes employés, fait avancer l'objet d'une quantité déterminée, et le jette sur le rasoir. A chaque mouvement, une coupe mince se trouve faite, se détache et sera ensuite soumise à l'examen microscopique.
MICROZOAIRES, syn. d'Infusoires. Voy. ce mot.
MICTION, MicTURiTioN (du lat. inicttim, de mingere et de )nicturire). En termes de Médecine, la miction est l'action d'uriner; la micturition, le besoin fréquent de rendre l'urine. Voy. rétextiox.
MIDAS, insecte. Voy. mvdas.
MIDI du lai.- médius dies). D'après son étymologie, ce mot signifie milieu du jour. On distingue le midi vrai, qui est l'inslaiit où le soleil vrai passe -au méridien, et le midi moyen, instant où passe au méridien le soleil fictif qui mesure le temps moven (Voy. jour). Les horlc^es marquent le midi moyen, tandis que les cadrans solaires donnent le midi vrai. L'intervalle de temps qui sépare le midi vrai du midi moven est dit Véquatwn du temps. L'heure du midi vrai est, pour un point donné de la terre, l'heure où les rayons du soleil arrivent le moins obliquement à sa surface, et où par conséquent leur efficacité est le plus grande. Cepentlant ce n'est pas à midi ou'a lieu généralement la plus forte chaleur de la journée, parce que dans les instants qui suivent, les rayons solaires ont encore ime efficacité très grande ; le maximum de la température a lieu à peu près vers 2 heures du soir.
En Géographie, le mot midi se prend comme synonyme de sud pour désigner celui des quatre points cardinaux qui est opposé au nord.
MIDSHIPMAN (de l'angl. m i</sAi^, milieu d'un vaisseau, et man, homme ; à cause de la place qui est affectée à ces officiers sur le pont d'un bâtiment), grade qui, dans la marine anglaise, répond à celui d'aspirant ou élève de marine dans la nôtre. Ce titre a été adopté dans la marine russe.
MIEL ;du lat. met], substance sucrée que les abeilles extraient des (leurs, et qu'elles emploient, après une éla- Iwraiion particulière dans leur estomac, à nourrir leurs larves. Le miel est un mélange de sucre semblable au sucre de raisin et de sucre incristallisable analogue à la mélasse. accoin|)agné d'un principe aromatique particulier. Il se trouve ilans les gâteaux que les abeilles construisent dans leurs ruches. Pour l'isoler, on expose ces gâteaux, sur des claies, au soleil ; la partie la plus pure en découle alors : c'est le miel vierge, ou miel blanc. En exprimant ensuite les gâteaux et en les soumettant à une chaleur plus lorte. on obtient une qualité de miel plus colorée et moins agréable, qui a l}esoin d'être puriiiée par le repos jet la décantation : c'est le viiel jaune. La nature des plantes dont les abeilles extraient le suc exerce une influence très marquée sur la qualité et les propriétés (lu miel : les abeilles qui butinent sur les plantes laromatiques de la famille des Labiées produisent des mieb excellents, tandis qu'elles ne donnent que des miels j|)eu agréables, comme ceux de Bretagne, lorsqu'elles vont se nourrir sur les fleurs de bruyère et de sarrasin. Les Iplantes vénéneuses, comme la juàquiame et l'aconit, fourliiissent des miels qui causent des vertiges et même le délire à ceux qui en mangent.
Les miels les plus estimés chez les anciens étaient ceux au mont Hymette (Atlique), du mont Ilybla (Sicile) et du
mont Ida (Crète). Chez nous, on distingue surtout les miels de Xarbonne, du Gâtinais, de la Saintonge, de la Bourgogne et de la Bretagne; parmi les miels étrangers, on estime ceux de Mahon et de Cuba.
Outre qu'il offre un des aliments les plus agréables, le miel est fréquemment employé en médecine comme adoucissant et comme laxatif. Quelquefois on l'aromatise et on le colore avec de l'extrait de roses rouges ou de violettes [mielrosat, miel violât), ou l'on y introduit des substances médicamenteuses [tniel scillitique, miel mercurial, etc.) : associé au vinaigre, il forme ïoxymel: délayé dans l'eau, il donne par la fermentation un liquide agréable, Y hydromel, fort en usage en Pologne, en Russie et en général dans les pays où l'on ne récolte pas de vin. Avant la découverte de l'Amérique, le miel tenait lieu de sucre. Les pâtissiers en font encore un grand usage ; il entre dans la préparation du pain d'épice, du cidre et de la bière.
Voy. ABEILLE, RUCHE.
MIELLAT ou miellée (de tniel), matière visqueuse et sucrée, plus ou moins liquide, et qui se trouve, soit en gouttes, soit en petites plaques, sur toutes les parties d'un grand nombre de végétaux, principalement sur la surface des feuilles : on la rencontre sur les feuilles du chêne, du pêcher, de l'abricotier, etc. On croit que le miellat est dû à une exsudation (Je la feuille ; d'autres l'attribuent à une maladie ou à la f^ùre des pucerons.
MIGNARDISE (de mignard; comme mignon), espèce A' Œillet [Voy. œillet). — Sorte de soutache enjolivée pour garnir les jupons et les robes.
MIGNONNE. Les Horticulteurs donnent ce nom à divers fruits (poires, pêches, prunes, etc.) remarquables par leur petitesse ou par leur beauté.
MIGNON NET, xignonn'ette (de mignon], noms vulgaires de plusieurs plantes qui n'ont d'autre rapport que d avoir toutes également de petites fleurs, telles que le petit Œillet de la Chine, le Réséda, la Drave du printemps, h Luzerne lupuline, la Saxifrage ombreuse, le Trèfle, etc. — Le Mignonnet blanc est le Trèfle des champs; le M. rouge, le Trèfle étalé.
viG\"os>ETTE, espèce de dentelle de fil de lin bkinc, 1res fine, très claire et très légère ; elle se fabrique sur l'oreiller avec des fuseaux et des épingles, de même que les autres dentelles. Les endroits où se fabrique surtout celte dentelle sont Fontenay , Gisors , Saint-Denis , Montmorency.
On donne encore ce nom au poi\Te concassiî en gros grains, dont on assaisonne les huîtres et un grand noinbre de pièces de charcuterie.
MIGRAINE (par corruption A'hémicranie; du gr. f,[X'.xpavîa, de r^^i, demi, et xpavtov, crâne), sorte de céphalalgie ou de mal de tête caractérisé par une douleur vive, lancinante, superficielle ou profonde, n'occupnt qu'»Jt côté de la tête, particulièrement l'une des régions teraptn raies et orbitaires, revenant par accès, sujette à des retoui-s périodiques réguliers, et compliquée de trouble des fonctions gastriques, mais ne présentant aucun danger. La migraine est souvent héréditaire, et alors elle commence quelquefois dès les premières années; plus ordinairement on y devient sujet vers l'âge de puterté. Les affections tristes, l'application profonde ou prématurée à l'étude, l'action du grand air sur les personnes qui vivent habituellement enfermées, les retours périodiques chez les femmes, en sont les causes les plus ordinaires. Elle a été attribuée à une paralysie ou une excitation du sympathique, à la névralgie des branches méningées du trijumeau. Une diète sévère, jointe à l'administration de la morphine, de l'antipyrine, le repos, le sommeil, semblent être les seuls remèdes véritablement efficaces.
Comme traitement préventif, l'hydrothérapie, les alcalins, les arsenicaux, les bromures sont utilement employés.
Arbre à la migraine. Voy. premve.
MIGRANE ou migr.*i>e, espèce de Crabe. Voy. calappe.
MIGRATION (du lat. migratio). I. En Zoologie, on entend ordinairement par migrations les voyages que certains animaux entreprennent à des époques soit pério<liques, soit irrégulières. Les Mammifères, sauf un très petit nombre de Rongeurs (Campagnol, Hamster, Lemming), de Ruminants (Bison, Antilopes), et les Dauphins parmi les Cétacés, n'émigrenl pas. C'est surtout chez les Oiseaux, les Poissons et certains Insectes, qu'on trouve les exemples de migrations les plus remarquables. Parmi les Oiseaux, Icn uns émigrcnt périodiquement, comme les liirondclles, qui
MIKANIE
MII.ITAIRE
partent en automne ; les Grues, les Cigognes, les Hérons, les Cailles, les Oies, les Canards, etc., qui partent deux fois par an, en automne et au printemps ; les autres émigrent à des époques irrégulières et fort espacées, comme les Becs-Croisés, les Casse-Noix, les Jaseurs, etc. : on leur donne à tous le nom d'oiseaux de passage. Il parait que la sensation que cause à ces oiseaux l'approche des froids de l'hiver, et le besoin de chercher la nourriture que le froid leur enlève, sont les causes principales de leurs migrations. Parmi les Poissons, les uns ipassent des fleuves dans la mer (Anguille) ou de la mer dans les fleuves (Saumon, Esturgeon) ; d'autres parcourent l'océan en divers sens (Hareng, Ma(|uereau, Thon, Anchois, Sardine, etc.) : les causes de ces migrations paraissent ducs surtout au besoin qu'ont les poissons de trouver des plages favorables pour frayer et pour offrir une pâture suffisante aux petits qui doivent éclore. Parmi les Insectes, les Orthoptères et quelques Hémiptères sont surtout migrateurs : on sait que les migrations des Criquets sont redoutées dans toute l'Afrique. — On cite encore parmi les animaux migrateurs certaines Tortues marines et les Gécarcins (qui appartiennent à la classe «les Crustacés) .
II. On désigne aussi sous le nom de migralions les changements de milieux qu'opère un même animal aux différentes époques de sa vie. Beaucoup d'Insectes, surtout parmi les Diptères, sont aquatiques à l'état de larves, aériens à l'état parfait. — Chez les Helmintiies, les milieux par lesquels doit passer l'animal pour parcourir les phases de son développement ne sont plus l'eau et l'air, mais autant d'espèces animales distinctes. Ainsi le Ténia de l'homme commence son existence dans les tissus du porc, et ne peut i'acliever que dans le tube digestif de l'homme ; le Cénure, qui donne le tournis au mouton, commence dans le cerveau de celui-ci une existence qui sera terminée dans les intestins du chien; les Distomes présentent plusieurs de ces stations : d'abord aquatiques, puis parasites d'un mollusque, aquatiques de nouveau dans une 3" période, de nouveau parasites d'un mollusque dans une 4°, ils n'achèvent leur existence que si cet hôte temporaire devient luimême la proie d'un oiseau aquatique bien déterminé, par exemple d un canard. A partir de là le cycle recommence.
Migrations des âmes. Voy. métempsycose.
Migrations des peuples. Voy. barbares et le nom de chaque peuple au Dict. d'Hist. et de Géogr. Voy. aussi