TRAVERSIN
TRAUMATIQUE (ilu gi". tpaujJLaTf-iô?), se ili{, on Médecine, (le ce qui a rapport aux plaies ou aux blessures : fièvre Iraumalique, tétanos traumatique, hémorragie traumatique, etc.
TRAVAIL (de l'ilal. travaglio, du lai. frahaculunt, machine pour contenir les clievaux vicieux). Le travail est, dans le sens le jjIus général, le déploiement de notre activité sous toutes ses formes, de nos facultés intellectuelles aussi bien que de nos forces physiques. « L'homme est né pour travailler comme loiscau pour voler », dit le livre de Job, pensée renfermée aussi dans ce vers de Voltaire : « Le travail est mon Dieu; lui seul régit le monde ». Platon et Aristote distinguaient le travail noble et libre (politique, guerre, arts et sciences) et le travail scrvile ou mcrcenan-e (production des objets nécessaires aux besoins du corps). Cette distinction était inspirée alors par l'existence de l'esclavage. Consulter les Mémorables de Xénophon. Le travail est d'ailleurs un des plus solides fondements de la moralité publique. — En Economie politique, le travail se définit « l'application des facultés de Ihommc à la productinn ». Il contribue à la valeur, mais n'en est pas le seul facteur : les socialistes seuls prétendent que celle-ci n'a d'autre origine et ne devrait avoir d'autre mesure que lui. On l'oppose aussi au capital qui le met en œuvre et le rémunère. A la vérité, capital et travail sont deux forces corrélatiTes, deux agents indispensables de la production et l'on a pu dire également avec justesse le capital-travail, pour désigner le travail ( Voy. gcvrier, salaire). — La division du travail augmente sa productivité. C'est Adam Sniilh qui a mis cette vérité en lumièi-e. De là la nécessite de la spécialité des professions et de la division des tâches. — Sous l'ancien régime, le travail était monopolisé entre les mains des maîtrises et des jurandes [Voy. ces mots et industrie, corporations). C'est la Révolution qui, achevant l'œuvre de Turgot, a proclamé le grand principe de la liberté du travail. Mais le socialisme, en voulant faire de tous les citoyens des ouvriers, est bientôt venu porter atteinte à ce principe, et lui a opposé celui du droit au travail. Louis Blanc s'en fit le défenseur; le gouvernement provisoire en 1848 le reconnut formellement et des ateliers nationaux furent organisés, qui furent bientôt dissous et qui coiilribuèrenl à amener les journées de Juin [Voy. atelier). Une première loi sur la réglementation du travail (22 mars 1841) avait fixé la journée à 10 heures pour les mineurs; elle a é(é complétée d'abord par la loi du 9 septembre 1848 et le décret du 17 mai 1851, puis par la loi du 19 mai 1874 d'après laquelle les enfants ne pouvaient être employés par des patrons avant l'âge de douze ans, ni soumis au travail de nuit ou aux travaux des mines ou carrières. Une loi de 1891 a fixé à treize ans le minimum d'âge pour l'entrée dans les ateliers et a prohibé le travail de nuit pour les femmes. Elle ne réalise pas complètement l'idéal des socialistes, qui demandent huit heures de travail. Le mouvement dit des huit heures a même été assez intense pour provoquer des troubles en Amérique. — Voy. au mot secours ce qui est dit sur les sociétés d'assistance par le travail. Consulter : De la liberté du travail, par M. Cli. Dunoyer (1845) ; Des lois du travail, de G. de Puynode (1845); le Droit au travail et le droit de propriété, par Proudhon (1848 et 1850); Du droit au travail, par L. Faucher (1848) ; De l'organisation du travail, par L. Blanc (1830 et 1850), par Wolowsky (1848), par Le Play 11870); V Histoire du travail par Fr. Passy (1874); l'Histoire des classes ouvrières en France, parM. E. Levasseur (4 vol. 1859-75) ; la Législation ouvrière en France et à l'étranger, par Maurice Dufourmentelle (1892); le Code ouvrier, par MM. André et Guibourg (1894) ; Fawcct, Travail et salaire: les Traités de législation industrielle de M. Bry, de M. Pic, etc. (1894).
Les marécliaux-ferrants appellent travail, dans le sens primitif du mot, une machine de bois à quatre piliers entre lesquels ils attachent les chevaux vicieux pour les contenir pendant qu'on les ferre ou qu'on les panse. A 1 aide de cette machine, on peut aisément maintenir un cheval, l'enlever, le suspendre suivant le besoin.
Travail d'enfant, succession de phénomènes violents et douloureux dont l'ensemble constitue la parturition iVou. ce mot). ^ ^ "
Travail mécanique d'un corps. Il se mesure à l'aide du produit du déplacement du corps par la force mise en jeu : pour un corps pesant, on mulliplie son poids par le
chemin parcouru suivant la vcriicalc. Le travail est apjx^lé moteur quand le |K)ids descend, il est résistant quand le poids moule. L'unité de travail ou hilogrammèlre est le travail d'un kilogramme élevé d'un mètre; 75 kilogrammètrcs jiar seconde forment le travail d'un clievalvapeur. Voy. ce mot et aussi force, moteur, puissance. Consulter llillairet. Transmission électrique du travail mécanique.
Travaux forcés, une des peines afflictives et infamantes prononcées par le Code pénal, peine qui a remplacé les galères. Les hommes qui y sont condamnes et qu'on nomme forçats, doivent être emplovés aux travaux les plus durs et les plus pénibles : ils traînaient autrefois à leurs pieds un boulet, ou ils élaient attachés deux à deux, avec une chaîne; ils subissent leur peine dans des colonies pénitentiaires [Voy. TRANSPORTATION ct au Dicl. d'Hist. et de Géogr. calédoxu; (nouv.-). Voy. aussi bagne]. Les femmes condamnées aux travaux forces subissent leur |)einc dans des maisons de force. Un distingue les T. forcés à temps (de 5 à 20 ans), qui emiiortent dégradation civique et interdiction légale, ct les T. forcés à perpétuité, qui, avant 1854, entraînaient la mort civile [Voy. mort).
Jusqu'en 1852, ceux qui y étaient condamnés étaient marqués (C. pén., art. 7, 22;. Dans le Code militaire, la peine des travaux publics remplace celle des Iravaux forcés. Elle est infligée aux déserteurs. Voy. DÉSEnrioN.
travaux publics, travaux qui intéressent la généralité des habitants d'un pays. On comprend sous ce nom tout ce qui concerne les grandes routes [ponts et chaussées), les chemins de fer, la police du roulage, les fleuves ct rivières navigables, la police de la navigation, les usines situées sur les cours d'eau navigables ou non navigables, les ports de commerce, les phares, les monuments publics, les dessèchements de marais, les mines ct minières, etc. Tantôt l'administration de ces travaux a formé une branche du ministère de l'Intérieur ou de celui du Commerce et de l'Agriculture, tantôt elle a eu une existence à part. — Consulter : Husson, Traité de la législation des travaux publics [iSi\y, Tarbé de Vauxclairs, Dictionnaire des travaux publics (1835), et les traités de Droit administratif de M. Ducrocq, Aucoc, etc. — On appelle marchés de travaux publics les contrats passés pour l'exécution de ces travaux entre l'administration ct les entrepreneurs. : ils sont de la compétence des conseils de préfecture (Loi du 28 pluv. an viii, art. 4). Voir Christophlc, Traité des marchés de travaux publics.
TRAVÉE (du lat. trabata, de trabs, poutre), espace compris entre deux poutres, et qui est rempli par un cer^ tain nombre de solives. On appelle : travée de comble, la dislance d'une ferme à l'aulrc sur deux ou plusieurs pannes; travée de balustres, de grille, un rang de baluslres ou (le barreaux entre deux colonnes, pilastres ou piédestaux. — Dans une Eglise, on nornme travées les galeries supérieures qui régnent au-dessus des arcades de la nef: dans un pont de bois, les parties de la charpente qui forment les arches et supportent le tablier du pont.
TRAVERSE (de travers], se dil, en général, de toute, pièce ou bande de bois ou de métal que l'on met en travers à certains ouvrages pour les assembler ou pour les aifermir. — Dans les Chemins de fer, on nomme ainsi des pièces de bois de chêne ou autre placées sur le sol perpendiculairement à la direction de la voie d'un chemin de fer, et sur lesquelles reposent les rails par l'intermédiaire des coussinets. On a fait de nombreux essais pour substituer au bois la tôle de fer ou d'acier. Les traverses métalliques sont très répandues en Allemagne, mais n'ont pas encore été adoptées définitivement en France.
En Fortification, on nomme traverse une masse de terre établie sur le terre-plein et les banquettes, transversalement à la direction générale du parapet ct destinée à arrêter les projectiles qui prennent celui-ci en enfilade, ainsi qu'à localiser les clfets de l'explosion des projecîtiles. Autrefois on donnait aux traverses une forte saillie en hauteur sur le parapet, mais cette disposition était défectueuse, car elle formait des points de mire pour l'ennemi : on n'emploie plus maintenant que des traverses ne dépassant pas la crêle. Souvent le massif de la traverse est creux et reçoit un abri blindé oîi on place les munitions.
TRAVERSIN. En Marine, on nomme : T. des bittes, um pièce de bois qui croise horizontalement les deux montants des bittes; T. d'écoutille; un morceau de bois volant que traverse l'écoutille par le milieu; T. d'élinguets, une