TRANSFORMISME
TILASITE. Fluoarséniate de calcium et de ma^ésiura, AzO*MgCaF. Masses granulaires à structure cristalline, éclat résineux, trouvées dans les calcaires dolomitiques de LSngban (Suède).
TOBERMORITE. Silicate de calcium hydraté, 3CaO. 5SiO*.i5H-U; trouve avec zéolithes àTobernïory et Bloodv- Bay. île de MuU et île de Sky (Ecosse).
TONALITE (col de Toha/," massif d'Adamello, Tyrol). Diorite quartzifire avec biotite (mica noir) et magiiéiite qui se rencontre au milieu des gneiss et des schistes micacés ou ardoiiiers du Tyrol ceutral.
TONOIWÉTRIE. Voy. ébcllioscopie.
TORRENSITE. Silicate-carbonaJe de manganèse hydraté, Si0^iIn,CO'Mn,^U*0. Masses brun clair ou gris rougeâtre, brunissant à l'air. Accompagne la rhodelite et la Iriedelite à la mine Torrcns, près Vieille-Aure (Hautes-Pyrénées}.
TOUNDRAS. Plaines marécageuses de la Sibérie septentrionale, uniformément-recouvertes de mousse avec çà et là quelques saules nains. Il ne s'y forme pas de tourbe parce que la température y est trop basse, on en retire de nombreux ossements de mammouth qui y ont élé enibuis à réjKique quaternaire.
TOURNAISIEN (de Tournai, Belgique). Calcaire carbonilérc marin, à erinoïdos, subcoralligène suivant les points et dont les couches les plus cristaUines fournissent le marbre petit granité de Belgique.
TOXALBUMINES. Voi/. toxines.
TOXODONTES. Ongulés fossiles à formes lourdes, aux pattes terminées par ~j ou 5 doigts: la dentition est complète, les canines sont faibles ou atrophiées; les molaires sont de forme variable Ils sont particuliers à l'Amérique du Sud et se rencontrent dans les dépôts tertiaires inférieurs de la Patagonie.
TOXOPHORE. Mot employé en pharmacoiJynamique pour désigner les groupements qui communiquent à un noyau dos propriétés toxiques.
TRAËZ. Dépôt littoral vaseux des côtes de Bretagne. La présence de nullipores (algues calcaires) en fait un niaérl calcaire très propre à l'amendement des terres, surtout quand on le drague en eau profonde et que la matière organique n'a pas élé détruite par un séjour trop prolongé à I air.
TRAGOCÈRE (du gr. Tpâvo;. bouc; xépa;, corne). Mammifère ongulé fossile de l'époque miocène, de la famille des antilopes, les cornes rappellent tout à fait celles de la chèvre dont il (litière par ses pattes de devant.
TRANSFORMATEUR. On appelle transformateur un appareil destiné à transformer un courant alternatif de grande force électromotrice et de faible intensité en un courant de même période mais de faible force électromotrice et de grande intensité [Voy. potentiel, volt, Dict.).
11 se compose en principe de bobines formées de fils isolés, et voisines les unes des autres; les unes à Gl long et fin, les autres à fil gros et court. On lance dans le fil lin le courant à transformer ; à cause de ses variations périodiques d'intensité, il produit dans le fil gros et court des courants d'induction de force électiomotrice beaucoup moindre. L'énergie transportée par le courant, qui est mesurée par le produit de sa force électromotrice et de son intensité, se retrouve presque entière (95 pour 100) dans le courant induit, lorsque l'appareil est Lieu construit. Puisque le produit reste constant, on voit que la force électromotrice du courant induit ayant diminué, l'intensité a augmenté en rapport inverse.
On se sert de ces appareils dans l'industrie pour le transport de l'électricité à dislance, parce que les pertes sont beaucoup moindres sur le fil de communication quand la force électromotrice est élevée et l'intensité faible, tandis que les machines ou les lampes destinées à utiliser ce courant fonctionnent mieux avec une grande intensité et une faible force électromotrice.
TRANSFORMISME. On croyait autrefois que, de tout temps, la terre avait été peuplée par les animaux et les
fiantes actuellement vivants, chacun d'eux ayant élé, à origine, l'objet d'une création particulière : « Tôt numeramus species, disait Linné, quot ab initia creavil infiniluni Eus » (Il existe actuellement autant d'espèces qu'en créa, dès le principe, l'Élre infini).
Mais quand les progrès de la Géologie eurent appris que l'histoire du Globe se composait de plusieurs périodes successives, et qu'à chacune de ces périodes correspon-
daient une faune et une flore spéciales, différentes de celles de la période précédente et de la période suivante, le vieux dogme chancela.
Cuvier essaya de le consolider : la succession des périodes ne se pouvait nier. Cuvier admit cette succession, mais supposa que chaque période s'était terminée par un cataclysme qui avait anéanti tous les êtres dans un bouleversement universel. Puis, la période suivante s'élant ouverte, un acte créateur avait jeté sur le globe alors désert une multitude d'espèces dilférenles de celles qui avaient vécu pendant la période précédente.
D'après cette théorie, dite cataclystienne, aucune forme vivante ne survivait au cataclysme final d'une période, et toute espèce animale ou végétale qui apparaissait au début dune période conservait, immuable, pendant toute la durée delà période, les caractères distinctifs qui lui étaient propres.
Mais les études paléontologiques ayant appris que beaucoup d'animaux avaient traversé toutes les périodes et existaient encore à l'époque actuelle, la théorie cataclystienne vacilla sur sa base. Elle selfondra complètement le jour où Charles Lyell, dans ses Principles of Geolngy, montra que, pour expliquer les transformations géologiques du globe, il n'était nullement nécessaire d'avoir recours aux cataclysmes imaginés par Cuvier, et que l'action lente, mais continue, des forces naturelles que nous voyons agir sous nos yeux rend bien mieux compte des phénomènes que les révolutions universelles et soudaines.
Il fallait donc trouver une explication plus conforme que la théorie cataclystienne à la réalité des faits observés.
Or, dès 1809, Lamarck, professeur de zoologie au Muséum d'histoire naturelle, avait constaté que beaucoup d'espèces animales ou végétales, placées dans certaines condition^ de milieu, peuvent s'adapter à ce milieu en éprouvant dans leur structure et dans leur forme des modifications prolondes. Ils prennent ainsi des caractères nouveaux qu'ils peuvent transmettre par hérédité à leurs descendants.
La variabilité des espèces étant un fait, Lamarck trouvait que l'adaptation et l'hérédité suffisaient à expliquer ce fait, et la succession des faunes et des flores dans l'histoire du globe n'était plus qu'une adaptation des êtres à des conditions d'existence nouvelles et successives.
Mais, en 1809, Cuvier régnait despotiquement sur les sciences naturelles. Il étouffa la voix de Lamarck, qui n'eut aucun retentissement dans le monde savant.
Le nom de Lamarck fut tiré de l'oubli, en 1859, par deux Anglais H. R. Wallace et Charles Darwin. Wallace et surtout Darwin donnèrent aux théories de Lamarck une base scientifique plus large que celui-ci n'avait fait.
Darwin, en effet, n'admet plus que l'adaptation et l'hérédité suffisent à expliquer la variabilité des espèces. Pour lui, le facteur principal de la variabilité est la sélection qui s'opère dans les générations successives d'une même espèce, sous l'influence de la lutte pour la vie et de la concurrence vitale. Cette sélection ne laisse peu à peu subsister que les individus qui possèdent au plus haut degré les caractères, les particularités d'organisation qui peuvent leur servir d'armes dans la lutte pour la vie et dans la concurrence vitale. C'est ce que Darwin appelait la survivance du plus apte.
Au début, Darwin regardait comme point de départ des transformations d'une espèce, les caractères individuels que présentaient fortuitement certains membres de cette espèce, caractères qui se trouvaient être, par hasard, favorables dans la lutte pour la vie. Mais, plus tard, Darwin a reconnu qu'il ne fallait pas faire au hasard la part si belle et que l'apparition de ces caractères favorables, chez certains individus, pouvait être le résultat d'une adaptation ( Voy. MOTATIOX.)
Adaptation, sélection, hérédité sonl donc les trois facteurs de la variation ou, comme on dit, de Vévolutiondes espèces vers des types plus perfectionnés, c'est-à-dire plus aptes à lutter contre les causes extérieures de destruction et à soutenir la concurrence vitale.
Si l'on admet la théorie transformiste, il devient alors facile d'expliquer la succession des faunes et des flores que l'on trouve superposées dans les couches terrestres. Les premiers êtres vivants, très inférieurs, qui ont apparu sur le globe, ont pullulé et se sont répandus sur toute la surface de la terre où ils ont nécessairement trouvé des