CHAISE
En France, on imite le chagrin avec des peaux de chèvre on (in mouton, sur lesquelles on imprime le pnùn au moyeu d'une planche de cuivre gravée qu'on fait chauller et passer ensuite avec la peau sous une presse à rouleau.
CHAH ou siuii (c.-à-d. oint), titre que portent les souverains de la Perse.
CHAI (comme quai, du b.-lat. cayum, enclos, qu'on dérive du latin cancillœ, barreaux), magasin au ras du sol, senant de cave pour les vins et les caux-de-vie.
CHAI A, oiseau Echassier. Voy. cha varia.
CHAILLE, nom donne en Franche-Comté à des sphéroïdes ou nodules irréguliers siliceux, formant des lits dans les couches oxfordicnnes et rauracicnnes, qui ont reçu le nom de terrain à ckailles.
CHAÎNE (du lat. catena), espèce de. lien compose d'anneaux entrelacés les uns dans les autres, et faits avec du fer, de l'acier, du cuivre, de l'argent, de l'or, du bois, de l'ivoire, des cheveux, etc., selon sa destination. — On nomme : C. catalane une chaîne composée d'anneaux ronds ou elliptiques, mis les uns dans les autres de manière que chaque anneau en renferme deux ; C. en gerbe, celle dont les maillons sont courbés en 8 ; C. en S, celle dont les maillons ont la forme d'un S; C. plate, une chaîne à mailles plates, flexible dans deux sens opposés, etc.
Les cliaîncs servent tantôt d'instrument de gêne ou de
i>réc"aution : en France les galériens étaient condamnés à a peine de la chaîne ; on donnait aussi le nom de chaîne a la troupe des condamnés qui partaient pour le bagne, parce que ces malheureux étaient tous attachés à une même cliaînc ; — tantôt de parure, de décoration, de marque de <Hgnité : telles sont les chaînes d'or, quelquefois garnies de diamants ou de pierres précieuses, que fabriquent les joailliers ; les chaînes d'acier, si longtemps à la mode ; les ehahies en cheveux tressées avec les cheveux d'une personne aimée ; la chaîne de la Toison d'or, celle que porte le lord-maire, à Londres; les chaînes des huissiers, etc.
Dans la Marine, on se sert souvent de chaînes de fer, au lieu de câbles. Voy. câble.
En Mécanique, on nomme : chaîne de Vaucanson une chaîne d'anneaux trapézoïdaux non fermés qui peuvent servir comme courroies métalliques pour transmettre le mouvement à des roues dentées; elles ne peuvent agir que dans un seul sens et n'offrent pas grande résistance ; chaîne de galle, une chaîne beaucoup plus résistante, formée de parties articulées à charnières pouvant se plier dans les deux sens; on les emploie quand il s'agit de transmettre avec une faible vitesse un effort considérable (appareils de levage, grues, etc.).
En Vélocipédie, les mécanismes de multiplication contiennent presque tous pour la transmission une chaîne métallique sans fin. Ainsi, dans les bicyclettes la multiplication se compose, en général, de deux roues dentées reliées par une criaîne sans fin, qui engrène sur elles. On emploie actuellement deux espèces de chaînes de transmission : la chaîne à maillons et la chaîne à roidcaux. La première se compose d'une série de maillons d'acier, pleins, reliés deux par deux par des couples de tiges d'acier, de façon qu'entre deux maillons consécutifs il y ait un intervalle qui servira de logement à une dent de la roue dentée : les dents des roues dentées ont, dans ce cas, un profil triangulaire. Dans la chaîne à rouleaux, les maillons sont remplacés par une série de petits axes ou tourillons autour desquels tournent des anneaux métalliques nommés rouleaux. L'intervalle entre deux rouleaux consécutifs est beaucoup plus grand que dans la chaîne précédente; aussi les dents de roues ont-elles un profil sensiblement rectangulaire. La chaîne à rouleaux est bien
{iréférable à la chaîne à maillons, car, dans le mouvement, es rouleaux roulent sur les dents et ainsi on remplace les frottements des maillons sur les dents par les frottements, beaucoup plus faibles, des rouleaux sur leurs axes.
Chaîne d'arpenteur, chaîne de fer longue de 10 m..
Si sert à mesurer le terrain : elle est ordinairement •mée de 50 liges de fer.
En termes de Tissage, la chaîne est l'assemblage des fils qui forment la longueur de la pièce mise sur le métier, et entre lesquels passe la tram
En Architecture, on nomme : chaînes de pierres un pilier élevé à plomb dans un mur de maçonnerie, soit pour fortifier le mur, soit pour porter l'aljout d'une poutre ; chaîne d'encoignure ou de liaison, celle qui forme l'enooigimre d'un bâtiment et ^ert à lier les deux côtés de
l'angle forme par le mur de pignon et par le mur de face.
Chaîne de montagnes. Voy. moxtagmc.
On nomme encore chaîne : une suite de personnes disposées de manière à faire passer rapidement de main en main un fardeau, des pierres, des seaux d'eau dans un incendie, etc. ; c'est ce qu'on appelle faire la chaîne; — une figure de danse dans laquelle les danseurs se donnent la main en passant, lorsque, dans une contredanse, ils traversent pour changer de place, ou lorsqu'ils doivent tourner en rond, etc.
En Théologie, on appelle Chaîne ou Catène une suite de remarques ou de dissertations faites par divers auteurs sur certains passages de l'Ecriture sainte ou des Pères de l'Eglise.
CHAÎNETTE (de chaîne). En Géométrie, on nomme ainsi la courbe qu'alfeclc un fil pesant suspendu librement par ses deux extrémités : cette courbe a des propriétés géométriques intéressantes. Voy. Fcxicui.AinE. • En termes de Couture, le point de chaînette est un point noue qui a l'apparence d'une chaîne. On brode au point de chaînette en faisant des points qui rentrent l'un dans l'autre de manière à former une sorte de lacs continu.
CHAINTRE, portion déterre qu'on laisse, sans la labourer, aux extrémités d'un champ ; elle sert au virage de la charrue, au passage des instruments agricoles, au déversement des eaux fluviales, etc.
CHAIR (du lat. caro). La chair proprement dite ou chai}- musculaire n'est autre chose que la parlio rouge des muscles ( Voy. muscles) ; mais, en général, chez l'homme comme chez les animaux, on étend le nom de chair à toutes les parties molles qui entourent les os [Voy. viande). — Ce que les artistes entendent par chairs ne s'applique qu'à l'apparence extérieure du corps, à la teinte ou couleur de la peau. — On appelle chair de poule l'aspect ?ue présente la peau de l'homme lorsque 1 impression du roid, la terreur, ou quelque autre émotion vive, y détermine des aspérités dues à la saillie des bulbes des poils, ce qui la fait ressembler à la peau d'une poule j)lumcp.
Dans certains fruits, on nomme chair le parenchyme, la partie succulente.
CHAIRE (du gr. xaBéSpa). On nomme ainsi dans les églises la tribune du prédicateur, et dans les écoles celle du professeur. — Dans l'église primitive, il n'y avait que l'évêque qui prêchât, et sa chaire, dite siège épiscopal, était placée au fond de l'abside. Plus tard on rapprocha la chaire du centre de la basilique ; elle occupa d'abord Vanibon ou jubé, puis fut placée sur le côté de la nef, à la place où nous la voyons aujourd'hui. On a déplové un grand luxe dans l'ornementation des chaires des églises catholiques : les unes sont en marbre et ornées de bas-reliefs, comme à Rome et dans presque toute l'Italie; les autres sont en bois sculpté : on cite en ce dernier genre celles de St-Etienne-du-Mont, de St-Germain-l'Auxerrois , à Paris; de Ste-Gudule, à Bruxelles, etc. — On appelle : Chaire de St Pierre le trône du Souverain Pontife; Fétc de la Chaire de St Pierre la célébration de la mémoire du séjour de St Pierre à Antiochc et à Rome : elle a lieu le 18 janvier et le 22 février.
Eloquence de la Chaire : elle comprend un grand nombre de genres : V Homélie, le Sermon, le Prône, la Conférence, le Panégyrique, VOraison funèbre, etc. ( Voy. ces mots). Il faut citer comme principaux orateurs de la chaire en France : Bossuet, Bourdaloue, Fénelon au xvii' siècle ; Fléchier, Massillon au xviii" s. ; Lacordaire, Dupanloup, Freppel au xix" s. On doit à l'abbé de Besplas et à l'abbé Maury des Essais sur l'éloquence de la chaire.
CHAIS. Voy. CHAI.
CHAISE (de chaire). Chez les anciens Romains on appelait chaise curule un siège d'ivoire sur lequel siégeaient les principaux magistrats [Voy. ccrule). — Chaise stercoraire, nom qu'on donnait à Rome, au dire de quelques historiens, à une chaise de marbre, probablement antique, et qu'on voyait à gauche et en dehors de la porte principale de la basilique de St-Jean-de-Latran. Jusqu'à l'avènement de Léon X, on aurait été dans l'usage, disent ces mômes historiens, de faire asseoir les papes sur cette chaise, le jour de leur exaltation, pour leur rappeler qu'ils étaient toujours sujets aux infirmités humaines. On récitait en même temps le psaume cxii, où il est dit que Dieu élève le pauvre de son fumier [de stercore) pour le placer au rang . des premiers de son peupla.
CHALAN
CHALEUR
Chaise à porteurs, espètc <lc siège fermé et couvert ■dans lequel on se faisait j)orler par deux hommes. L'usage en fui introduit de Londres en France, en 1CI7, par M. de Montbrun: auj. ces chaises sont passées de mode; cependant on s'en sert encore dans les localités où les voitures sont rares. — On donnait aussi le nom de chaise à une voiture légère à 2 ou 4 roues, à 1 ou 1 places et traînée par 1 ou '2 chevaux : ce nom, presque ahandoimé, est resté aux chaises de poste établies en 1604, sous le ministère de Colbert.
Chaise longue, espèce de canapé qui n'a de aossier qu'à l'une de ses extrémités, et qui est destiné aux malades auxquels il est défendu de marcher.
Chaise de Sanctorius. espèce de balance inventée par le médecin italien Sanctorius pour connaître par le poids la quantité d'aliments qu'on a pris dans un repas, et indiquer le moment où il faut mettre des bornes à son appétit. Yoy. à ce sujet la Medicina statica de Sanctorius (Venise, 1614), trad. en fr. par Lebreton, en 1722.
CHAISE, monnaie. Voy. cadière.
CHALAN ou CHALAND (orig. inc), bateau allège à fond plal, à côtés droits, et dont l'avant est eu saillie. Un le toue, •on le remorque, on le conduit à l'aviron. Quelques-uns ont un mât et portent des fardeaux considérables. On s'en sert pour transporter les marchandises dans les ports ou sur les rivières que ne peuvent pas remonter les bâtiments qui ont un grand tirant d'eau.
CHALA2E \du gr. /àXa^x, grêle), petite tumeur des paupières qui ressemble à un grain de grêle : on dit aussi chalazion. — Le botaniste Gaerlner a donné ce nom au point de ramification des nervures du tégmnent de la graine. — On nomme encore chalazes (tractus albuminost) deux •cordons qui maintiennent le jaune suspendu dans l'œuf d'oi- ■seau.
CHALCIDE, Chalcides, genre de Reptiles, de l'ordre des
■ Sauriens, voisins des Scinques et des Amphisbènes, et ca- .-raclérisés par un corps cylindrique très allongé, 4 pieds
rudimentaires ou très courts, une tète quadrangulaire, revêtue de plaques polyg:onales, le tronc et la queue garnis
■ d'écaillés quadrangulaires. L'espèce-type, le 6. de Lacé-
fèdc ou Seps [C. flavescens], se trouve dans le raidi de Europe. — Les anciens donnaient le même nom à une espèce de lézard au dos rayé de bandes cuivrées, qui n'avait rien de commun avec ce genre de Sauriens.
CHALCI DITES An g.-type Ckalcis), Chalcidix, tribu •d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères, famille des Puvpivores, renferme de fort petits insectes ornés souvent de couleurs métalliques très brillantes, et la plupart sauteurs. Les espèces du genre-type sont caractérisées par mie tarière saillante, un corps épais, mie tète large, et des ailes ■à une seule nervure bifurquée au milieu. Leurs larves TÏvent en parasites dans les galles, les chrysalides et les
• CBufs de certains insectes.
CHALCOGRAPHIE (du gr. yaXxôî, cuivre, et vpiçu, graver . art de graver sur cuivre ( Voy. gravure) ; — collection (le gravures. — La C. du Louvre, créée par Louis XIY
•en 1670 pour reproduire les travaux des grands maîtres et développer l'art de la gravure, put livrer au public dès 1699 des épreuves remarquables et d'un prix peu élevé.
•Cette institution se maintint florissante pendant tout le xviii" siècle. Abandonnée ensuite à des particuliers qui n'v
• apportèrent qu'un esprit mercantile, la chalcographie peinssait. si l'Etat n'en avait repris la direction. Depuis 1848
la Chalcographie n'a cessé de s'enrichir de nouvelles planches, ce qui porte à 6000 environ celles qu'elle peut mettre aujourd'hui à la dis|X)sition du public. Le dernier
■catalogue a été publié en 1881.
CHALCOLITHE. CHALCOPYRITE, etc. Voy. chalko.... CHÂLE du persan chûl], vêtement long ou carré, qui fit partie de la loilctte des femmes d'Europe, pendant les
•deux premiers tiers du xix' s. Il est complètement abandonné auj., sauf les châles noirs pour deuil; mais les Orientaux s'en servent toujours comme de turban, de manteau, de ceinture et quelquefois même de tapis. Il se fait (les châles de toutes les façons et de toutes les étoffes : imprimés, damassés, brodés, brochés, etc. ; carrés, longs dits boiteux, en écharpe, etc.; en laine, en soie, en coton, en laine et soie, en dentelle, etc. ; les plus beaux et les
fins recherchés sont les châles dits cachemires, soit de Inde, soil de fabrication européenne Les (irinci|iali's opérations que nécessite la fabrication du -cachemire Iranyais, dit broché, sont : 1» la mite en carte.
qui consiste à peindre sur un papier réglé le sujet de la broderie ; 2° le Usage et l'accrochage, opération compliquée qui^a pour but de mettre la carte en contact avec le métier ; 3° le lissage, qui se fait soil au lancé, soil par le spoulinage : dans le premier cas, pour obtenir un seul point de couleur, la navette doit faire le trajet de toute la laideur de l'étoffe ; on coupe ensuite à l'envers la partie du fil de trame devenue inutile, ce qui reste est retenu à l'endroit par le liage diagonal avec le fil de la chaîne; dans le second, qui se fait avec de petits fuseaux pointu» analogues aux spoulins [Voy. ce mot), on enchaîne ensemble les fils de trame, de manière à en faire une sorte de tricot si solide que, si l'on enlevait tous ceux de la chaîne, ils resteraient encore inséparables : dans les deux cas, le travail se fait à l'envers ; 4° le découpage : cette opération, qui donne au châle français le caractère qui le distingue du cachemire de l'Inde, consiste à enlever tous les hls devenus inutiles, afin d'en diminuer le poids; il se fait à la main |sur un métier mobile ou à la mécanique. Après le découpage, le châle, apprêté, lavé, puis calandre, est en état d'être livré à la consommation. — Pour le mode de fabrication des cachemires de l'Inde, voy.